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Le blog de afrohistorama.over-blog.com

L'ENDETTEMENT DU CONTINENT AFRICAIN = PAUVRETÉ ÉTERNELLE. Par Lamine Thiam

30 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

L'ENDETTEMENT DU CONTINENT AFRICAIN = PAUVRETÉ ÉTERNELLE. Par Lamine Thiam

 

Lamine-Thiam.jpgLamine Thiam


             Pour résumer, voici le CV de l’Afrique : après avoir été  colonisé, évangélisé puis vendu par les européens pour être esclavagé par les US, le continent africain se retrouve avec des centaines de milliards de dollars à payer. Apparemment, la banque Mondiale et le Fmi Lui ont prêté de l’argent avec des taux à vie. En d’autres termes, selon les données fournies par la banque mondiale en 2003, la dette extérieure des pays pauvres s’élevait fin 2002 à environ 2400 milliards de dollars. En réalité cette dette extérieure a augmenté de 50 milliards entre 2001 et 2002. En fait,  le calcul du montant de la dette est très complexe et les données lui concernant sont sujettes à des évaluations qui peuvent différer fortement selon le message que la Banque Mondiale et Fmi souhaitent diffuser. Entre 1980, année où débute la crise, et 2002, la dette extérieure des PED été multipliée par 4 passant d’environ 600 à 2400 milliards. L’explosion de la crise de la dette de l‘Afrique en 1982 constitue un moment fort du processus de mondialisation néolibérale lancé à partir d’octobre 1979 avec le relèvement brutal des taux d’intérêt. La gestion de la crise de la dette à partir de 1982 renforce la mondialisation/globalisation néolibérale en lui permettant de s’étendre à l’ensemble des continents. La crise de la dette participe directement du réaménagement des rapports de force entre pays de la Périphérie et pays du Centre, les premiers rentrant dans un cycle de dépendance renforcé. En dépit des sommes considérables affectées aux aides bilatérales et multilatérales, le flux des capitaux qui viennent d’Afrique vers les pays industrialisés, est plus important que le flux de ceux –ci vers les pays pauvres. En général, les taux d’intérêts qui s’appliquent au remboursement des capitaux empruntés par les pays du sud sont tellement élevés que ceux-ci en l’absence d’exportations suffisantes, doivent accroître systématiquement leur endettement pour pouvoir rembourser. Ils contractent de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes. Après l’Europe, l’Amérique, la Bm et le fmi, aujourd’hui c’est au tour de la Russie de Vlad le Putain avec l’aide d’un Victor Bouc-Bout, ils nourrissent les conflits d’Afrique d’armes de destructions massives que l’Union Soviétique avait stocké pour une guerre avortée contre les US. Et d’autre part de la Chine qui ambitionne de recoloniser ce peuple barbare mi-singe mi-cannibale. Mes condoléances à tous les enfants soldats, les femmes et les vieux qui vont mourir sous les balles de ces armes et/ou des machettes. Mes meilleures condoléances à tous ces africains qui meurent de faim encore et encore parce qu’ils n’ont pas $1 pour assurer leur basique survie. Et pendant ce temps, les pays du nord dépensent des milliards de dollars pour leurs chiens et chats. A vrai dire, vaut mieux être un chat noir ou un toutou qu’un africain. Et c’est loin d’être marrant. Mes meilleures condoléances à tous ces jeunes africains qui vont encore périr dans les océans- en tentant de fuir la misère et sauver leur dignité- sur des embarcations de fortune. Si l’Occident ne veut plus voir les africains dans leur Territoire, il doit impérativement leur donner ce qu’il leur doit et arrêter de leur demander à ce qu’ils ne lui doivent pas.   

Par Lamine Thiam

 

 

 

                           


 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=fIyPMzaK_Cc&feature=player_embedded

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Le professeur Nicolas Agbohou persiste et signe : Il faut, au plus vite, répudier le Franc CFA »

30 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Le professeur Nicolas Agbohou  persiste et signe : Il faut, au plus vite, répudier le Franc CFA »


Dans son livre, « Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique », l'économiste ivoirien, le professeur Nicolas Agbohou, Docteur en économie politique et enseignant en France, est en véritable croisade pour démontre et faire comprendre que les 15 pays de la zone CFA sont encore très loin d'avoir leur indépendance monétaire. Nous proposons ici, un extrait d’une interview qu’il a accordée au magazine Afrik. Il réaffirme sa thèse, selon laquelle le Franc français et la nouvelle monnaie européenne, l'Euro ainsi que le Franc CFA contribuent à l'appauvrissement structurel de l'Afrique, du moins maintiennent l'Afrique dans une pauvreté structurelle. Pour lui donc, il faut que l'Afrique répudie, au plus vite, le Franc CFA et adopte une nouvelle monnaie communautaire si elle veut réellement sortir du colonialisme et en finir avec la pauvreté.

Afrik : Votre livre est un véritable réquisitoire contre l'Euro et le Franc CFA. Pourquoi ces deux monnaies seraient-elles contre l'Afrique ?  


Nicolas Agbohou : Fondamentalement, les institutions financières qui gèrent le Franc CFA, les banques centrales, sont contre l'Afrique. Les conseils de l'administration de la BCEAO (Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest), de la BEAC (Banque des Etats d'Afrique centrale) et de la Banque des Comores, sont dominés par les Français qui bénéficient d'un droit de veto. Les Comores ne maîtrisent pas leur économie car il y a quatre Français à la Banque centrale et quatre Comoriens. Comme les décisions doivent être prises à l'unanimité ou au moins par cinq personnes, il suffit qu'un Français soit contre le projet pour que tout tombe à l'eau. Et puis, il ne faut pas que les Africains oublient que le Franc CFA est une monnaie française.


Mais au-delà de cet aspect, pourquoi le Franc est-il contre l'Afrique ?
 


Les Africains sont des êtres humains au même titre que les autres. A ce titre, il est important que les Africains soient libres de mener une politique monétaire qui réponde à leurs attentes. Les 15 pays de la zone franc sont obligés de laisser en dépôt en France 65 % de leurs recettes d'exportation appelées " réserves de change ". Ceci constitue la condition sine qua non pour garantir la stabilité de leur monnaie. Un pays comme le Niger, qui n'arrive pas à payer ses fonctionnaires, s'il exporte des produits, par exemple, pour une valeur d'un milliard de dollars, doit automatiquement laisser en France un dépôt de 650 millions de dollars. C'est absurde ! Pendant ce temps-là, les Nigériens meurent de faim ! Il y a également des dispositifs techniques qui font du Franc CFA un outil d'appauvrissement et de colonisation permanents.


Quels sont ces dispositifs ?
 


Il faut rappeler que Franc CFA, à l'origine, s'appelait « Franc des Colonies françaises d'Afrique ». Comme son nom l'indique, c'est la France qui en tire le plus grand bénéfice. Les principes qui régissent cette monnaie sont la libre transférabilité, la libre convertibilité et la centralisation d'échanges. A ce propos, il faut savoir clairement et précisément que : premièrement, la libre transférabilité favorise la fuite des capitaux africains ; et, deuxièmement, quand un pays ne possède pas d'épargne, il se retrouve avec une dette extérieure qui l'étrangle.


Qui sont les personnes qui exportent leurs capitaux ?
 


Nicolas Agbohou : Certains dirigeants et ceux que j'appelle les néo-coloniaux. N'oubliez pas que la première décision que François Mitterrand avait prise, lors de son accession au pouvoir, a été d'interdire la fuite des capitaux. Là-dessus, l'Afrique est doublement pénalisée : non seulement, elle doit faire face à la fuite des capitaux ; mais en plus, elle est tenue de racheter sa propre monnaie. Plus clairement, les dirigeants africains arrivent à Paris avec des valises pleines de Francs CFA qu'ils échangent contre des francs ou des dollars. Mais, les Banques centrales africaines sont obligées de racheter ces Francs CFA que les dirigeants ont laissé en France et que la France ne veut pas conserver. Et, elles doivent le faire avec des devises fortes ! D'où les 65 % des recettes sur les exportations qui restent en dépôt, pour les opérations.


Pourquoi, selon vous, l'Euro est-il si contraire ou si opposés aux intérêts africains, du moins anti-africain ? En quoi est-il contre l’Afrique ?


Avant l'arrimage du Franc CFA à l'Euro, seule la France avait droit de regard sur nos économies. Maintenant c'est toute l'Europe ! Pis, les mesures draconiennes de Bruxelles sont incompatibles avec les besoins de nos économies. Voila pourquoi je persiste et signe qu’il faut, au plus vite, répudier le Franc CFA.


Que proposez-vous en échange ?
Aucun pays ne peut se développer sans indépendance monétaire. Nous avons besoin d'une nouvelle monnaie communautaire qui ne soit pas dirigée de l'extérieur. Il faut jeter à la poubelle les principes qui régissent le Franc CFA. L'Afrique a besoin d'une politique monétaire qui réponde à ses propres besoins et intérêts.


Interview réalisée par Mohamed Berkani.

Source : Dakar Actu

 

http://www.dailymotion.com/video/xkfblz_lpc-u-nicolas-agbohou-anniv-part1_news#


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Comprendre les dessous du coup d’état au Mali : Interview de Luc Banemeck.

30 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Comprendre les dessous du coup d’état au Mali : Interview de Luc Banemeck.  

 

Luc-banemeck3.jpg

 

Depuis plusieurs semaines aujourd’hui que le Mali s’est embrassé à partir du Nord, avec l’attaque des rebelles Touaregs, et aujourd’hui le coup d’état militaire. Qu’est ce qui se passe réellement au Mali, bon élève sur le plan démocratique de l’occident ? Pour répondre et comprendre les dessous de la crise Malienne, on a fait  appel à notre Stratégiste panafricaniste  Luc Banemeck.

 

Afrohistorama : Pouvez-vous nous dire ce qui se passe aujourd’hui au Mali, alors que juste à coté, au Sénégal voisin on vient d’élire un nouveau président de la république a travers un processus électoral  que tous les Africains considèrent comme exemplaire?

 

Luc Banemeck : En effet c’est un paradoxe de l’Afrique. Mais est ce que tous les Africains doivent-ils faire la même chose au même moment ? je dit non. On a souvent tendance à homogénéiser l’Afrique. Si l’Afrique c’est un même peuple sur le plan culturel. Sur le plan politique ou économique c’est une autre chose. Car ayant subit le formatage de différents pays Européens sur tous les plans, il faut donc pas s’attendre à une identité plurielle des comportements et des attentes. Donc ce qui se passe en ce moment au Mali et ce qui se passe au Sénégal est normal.

Qu’est-ce qui se passe réellement au Mali ?

 Depuis plusieurs  années, dans la partie septentrionale du Mali s’exerce une rébellion dite Touareg. Que revendique ces derniers. Le droit à l’indépendance, donc à la création d’un état, comme le fait le front Polisario au Maroc depuis le départ des espagnols. 

Cette situation qui ne date pas d’hier a toujours été dénoncée par plusieurs Maliens, comme le Dr Mariko, président du SADI (Solidarité Africaine pour la démocratie et l’indépendance), principal parti d’opposition Malien. Pur tout vous dire, le régime malien n’a jamais pris au sérieux cette rébellion qui d’année en année a pu se former et renforcer ses capacités militaires.

 

 

En dehors de cette rébellion, l’opposition Malienne dénonce également la situation politique économique et sociale du Mali et plus activement ces derniers mois, le part SADI a interpellé et mis en garde le régime d’Amadou Toumani Touré, alias ATT contre tous ces maux qui risquent de replonger le Mali dans l’obscurité et l’obscurantisme des époques Moussa Traoré, le dictateur Sanguinaire déposé début des années 90. ATT a fait le sourd.

Selon certaines sources et suivant la déclaration du chef des putschistes le capitaine Sanogo rien n’a été prémédité [ECOUTONS LE].

 Plusieurs militaires se sont rendus auprès du Ministre de la défense pour exposer leur situation dans le front nord, ce dernier n’a pas trouvé d’intérêt dans les revendications des soldats, Ce qui explique le début de la mutinerie.

C’est dans un souci patriotique et pour éviter un carnage qu’il (Capitaine Sanogo) s’est interposé pour calmer les militaires qui ne voulaient plus rien entendre.

Pour eux la capitulation dans le nord d’ATT n’est pas celle de l’armée malienne,  ils accusent même certains conseillers d’ATT de collusion  et d’intelligence avec les rebelles Touaregs, pour les militaires un tel comportement est un déshonneur pour le Mali et pour les nombreuses victimes civiles et militaires.

«Ce putsch militaire a été facile grâce à ce laxisme dont a toujours fait preuve ATT face à toutes les situations et notamment celles du nord qui ont rapidement dégénéré. Alors, aujourd'hui les évènements nous forcent la main. Et face à une situation dramatique de blocage, nous n'avons pas le droit de renoncer ou de nous abstenir ». Dixit  Dr Mariko

Parfois certain coup d’état sont salutaire pour un pays, d’autre pas. Celui du Mali renferme les ingrédients d’un coup d’état salutaire. Car le Dr Mariko est un panafricaniste reconnu par l’élite panafricaniste. Il ne saurait être taxé de vendu. Par conséquent, nous sommes tous derrière lui s’il soutien ce coup d’état, nous le soutenons aussi. Il ne faut pas chercher de midi à 14 heures.

Je rappelle àtout ce qui crions àl’insoutenable. Je leur dirais ceci : « la résistance à l’oppression » est un « des droits naturels et imprescriptible de l’homme ».

Ainsi peut-on résumer les articles 2, 10 et 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Le peuple Malien ne fait que résister à une oppression d’un régime qui n’a que trop durer. Les occidentaux qualifiaient le régime d’ATT de démocratique. Et vous connaissez lorsque ces derniers vous qualifient de démocratique, cela veut dire vous ne l’êtes pas (la Cote d’ivoire et de la Libye sont là pour nous rappeler ce que les occidentaux appellent démocratie en Afrique). Il ne faut jamais confondre entre la perception démocratique et la réalité démocratique.

La perception démocratique c’est lorsqu’un système présente toutes les apparences d’une démocratie  dans la forme sans en avoir dans le fond. C’est le cas de plusieurs pays Européens ou Africains.

Afrohistorama : Donc selon vous la situation actuelle du Mali était prévisible ?

Luc Banemeck : Tout à fait, elle n’est pas tombée du ciel, cette situation était prévisible. Vous ne pouvez pas laisser des bandes armées se mouvoir impunément pendant des années, dans le pays, sans conséquence. Le Dr. Mariko  a raison lorsqu’il parle de laxisme.

Cette situation était non seulement prévisible en raison de la présence de ces bandes armées, mais aussi de Al-Qaeda du dessert (AQMI) qui  est venu compliqué la donne.

Dans une nation, il faut toujours faire des choix.  Parmi ces choix il y a la sécurité des biens et des individus. Ici on peu très bien constater que le choix de la sécurité était reléguer au dernier plan sous des faux prétexte du genre ces groupes armées ne représentent rien sur le plan militaire, ou le Mali doit d’abord développer son économie etc.…

Mais, pour toute personne qui fait de la prospective. Avoir des bandes armées dans un pays est plus dangereux qu’avoir une économie en lambeau. Puisque tous les efforts consentis seront anéantis par ses bandes armées.  De plus ces bandes peuvent passer sous le contrôle de l’ennemi à tout moment. Et vous connaissez les conséquences lorsque l’ennemi est de l’intérieur.

Afrohistorama : je souhaite que l’on revienne sur ce coup d’état, qui jusqu'à présent n’est pas soutenu par les hauts responsables de l’armée Malienne. Quelles sont selon vous les raisons de leur mutisme ?

Luc Banemeck : C’est tout à fait normal dans les dictatures Africaines, les hauts gradés ne font jamais des coups d’états, parce qu’ils sont gavés par le régime qui leur donne tout ce donc ils ont besoin pour acheter leur conscience. Je pense que c’est ce qui explique leur mutisme.

Afrohistorama : Il y a aussi le mutisme de l’ancien président Alpha Omar Konaré. Qu’est –ce que vous en pensez ?

LucBanemeck : Son silence est révélateur des reproches qu’il doit faire à l’ endroit d’ATT. Ne pas venir à la rescousse d’ATT confirme bien ce que je disais plus loin que ATT jouait les démocrates, mais il n’en était pas un.

Afrohistorama : Beaucoup d’Africains accusent la France d’être derrière ce coup. Qu’en pensez-vous ?

Luc Banemeck : Je pense que la France n’est pas derrière ce coup. Comme dans le cas de la Tunisie. Elle essaie de rattraper la situation en donnant l’impression. La déclaration de son ministre des affaires étrangères Alain Juppé qui demande aux Mutins d’organiser des élections, alors qu’ils ont suspendu la constitution est un message codé qu’il envoie. En leur disant  Eh! Les gars si vous avez besoin de nous on est là. On prend acte de ce que vous avez fait. ATT on oublie. Comme disait De gaule Charles «les nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts ». Si la France pouvait récupérer ses otages avec la junte est ce que ce n’est pas intéressant pour elle de coopérer ? Il faut toujours regarder ce qui est bon pour vous à l’ instant t et t+1.

Afrohistorama : Mais qu’est ce qui explique la radicalisation de la France après ?

Luc Banemeck : Je crois que les militaires maliens n’ont peut-être pas  accepté son offre.

Afrohistorama : Qu’est ce qui permet de dire que la France n’est pas derrière ce coup ?

Ce qui me permet de dire que la France n’est pas derrière ce coup d’état s’explique par le fait que :

-         Les touaregs qui combattent le régime central de Bamako aujourd’hui sont pour la plupart des kadhafistes. Or lorsqu’on sait l’implication de la France dans la guerre contre la Libye, une alliance France-rébellion Touareg serait contre nature et contre productive ;

-         La deuxième raison tient au fait que la Libye est en proie aujourd’hui à une décomposition politique et aux violences de toutes natures. Or en allant faire la guerre à Kadhafi, les occidentaux ne sont pas parti pour une partie de plaisir, c’étaie pour le pétrole libyen. Pour mieux l’exploiter, ils ont besoin de la stabilité en Libye. Un Mali déstabilisé c’est une Libye déstabilisé davantage.

 

Pour toutes ces raisons je peux en déduire que la France n’est pas derrière. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a mis en branle ses agents diplomatiques de la CEDEAO.

Afrohistorama : En effet suite à ce putsch, les présidents de la CEDAO donc une grande partie est composée de putschistes et dictateur sanguinaires s’est réuni pour essayer d’apporter une solution à la crise. Ces dernières ont adopté la position de la France, à peu de chose prés. Pas de retour d’ATT et son remplacement par le président de l’assemblée nationale. Que vous inspire cette décision ?

Luc Banemeck : Cette décision inspire le mépris. On ne peut pas être dictateur et putschiste et venir donner des leçons à un autre putschiste, sauf pour lui informer sur la manière de pérenniser son pouvoir.

Cette décision devait également permettre de positionner Mr Ouattara qui a besoin d’une reconnaissance Africaine qui lui manque énormément. Aujourd’hui ce n’est pas parce que les occidentaux te reconnaissent, que le peuple Africain le fera. La société civile Africaine est devenu mature.

Ses décisions sont l’émanation des occidentaux. Et la majorité des présidents sont soit dictateurs sanguinaires, soit apparent-démocrates. En plus c’est une organisation qui est financé par l’union Européenne. Vous voyez donc qu’ils ne sont pas crédibles. D’ailleurs les Maliens l’on bien démontré en refusant leur atterrissage  sur Bamako.

Depuis l’attaque de la Côte d’ivoire par les forces étrangères, beaucoup d’Africains ont bien compris le jeu des occidentaux qui agissent a travers des hommes de paille. Avant lorsqu’on expliquait au grand nombre cette situation, ils vous prenaient comme un illuminé. La Côte d’ivoire est venu confirmer nos dires, tout le monde voit aujourd’hui quel peut être le danger de laisser l’étranger s’impliquer dans les affaires intérieures du pays.

Je pense que la réaction Malienne est noble et lourde conséquence pour la suite. C’est aussi un message adressé à la communauté internationale des états occidentaux et à leurs «souffifres d’Afrique». Nous avons des problèmes oui, mais nous n’avons pas besoin de vous pour les résoudre. L’expérience a toujours démontrée que lorsqu’on les implique, la situation s’envenime. Ils se mettent  à soutenir les deux cotés.  

Afrohistorama : A vous entendre, on dirait que vous êtes pour les coups d’états.

Luc Banemeck : Je suis pour et contre. Je m’explique : Je suis pour lorsqu’il s’agit d’une démocratie apparente comme celle du Mali ou de plusieurs autres pays Africains et surtout lorsqu’il est réalisé sans le soutien étranger. Je suis contre lorsqu’il s’agit d’une démocratie réelle qui tient compte des aspirations du peuple et qui n’est pas soumis à l’intérêt étranger. Je suis pour un coup d’état à géométrie variable.

Afrohistorama : Pensez-vous qu’ATT n’était pas démocrate ou n’a-t-il pas vu venir ?

Luc Banemeck : Je pense qu’ATT a eu des bonnes intentions au départ lorsqu’il est arrivée à la tête du Mali, mais qu’avec le temps, et avec l’usure du pouvoir comme la majorité des présidents Africains qui durent au pouvoir.  Il est devenu un dictateur subtil dépourvu de vision.

Il a manqué de vision parce que, depuis l’apparition de l’AQMI, il devait sentir le danger venir. Et lorsqu’on sait qu’AQMI est un bras armé des forces occidentales, on peut comprendre que même le guide Kadhafi n’a pas vu venir.

En fait AQMI a été installée dans le désert pour préparer la conquête de la Libye, et  pour facilité l’installation  d’une base d’Africom. Cette stratégie participe de l’encerclement des avancées économique de la Chine populaire en Afrique. Il ne faut pas oublier qui contrôle l’Afrique, contrôle le monde. Ce que les États-Unis essaient de faire, c’est  ce qu’ils ont fait au proche orient à la fin des années 1950. Autrefois c’étaient les pays Européens qui contrôlaient le proche orient. N’arrivant plus à le faire les USA sont rentrés dans la danse et on sait ce qu’il en est aujourd’hui. Selon moi AQMI c’était que diversion.

Vous pouvez donc voir à quel point, ATT à manquer de vision, cette absence de vision  s’est prolongée  même après la chute de kadhafi.

Afrohistorama : Pourquoi cette absence de vision s’est-elle prolongée ?

 Luc Banemeck : La Libye  à la chute du régime du guide Mouammar kadhafi était devenu un grand supermarché ouvert d’armement ou tout le monde pouvait venir se servir gracieusement. En tant que voisin de la Libye, les choses étaient encore plus faciles. Il a plutôt laissé les Touaregs le faire, et aujourd’hui les maliens subissent les conséquences.

Afrohistorama : À vous entendre ATT a joué les aveugles ?

Luc Banemeck : Pire,  un aveugle peut sentir les choses venir, mais lui n’a rien senti du tout.  Depuis l’attaque de Laurent Gbagbo ou il a joué  une partition trouble en oubliant que la Côte d’ivoire était la colonne vertébrale économique du Mali.

Dans la guerre en Libye il a refait la même chose. Bref il a joué contre les intérêts du peuple malien. La crise d’aujourd’hui est le résultat de ce manque d'analyse géostratégique et de vision.

Afrohistorama : Comment voyez-vous l’avenir de cette junte ?

Luc Banemeck : Comme tout militaire qui se respecte, elle ne sera pas différente des autres. En revanche je souhaite qu’elle soit éclairée comparativement aux juntes que nous avons connues jusqu'à présent sur le continent.

Afrohistorama : Qu’entendez-vous par éclairée ?

Luc Banemeck : Une junte éclairée est une junte qui met au cœur de sa politique l’unité nationale, la construction du pays et non la dépendance vis-à-vis de l’étranger. N’oubliez pas que  la junte de Thomas Sankara fut une junte éclairée. C’est aussi le cas des juntes militaires asiatiques. Peut-être que le capitaine Sanogo donnera l’exemple. Il ne sera pas un Dadis Camara, mais un Thomas Sankara.

A Suivre…

 Interview réalisé par Gabriel Ayi

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Putsch au Mali : DECLARATION DE LA SECTION FRANCE DU PARTI SADI.

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Putsch au Mali : DECLARATION DE LA SECTION FRANCE DU PARTI SADI.

 

Parti-Sadi.pngLa section France du parti Sadi prend acte avec stupeur et tristesse du coup d'État militaire.

 

Depuis des années, le parti Sadi a dénoncé la situation politique économique et sociale du Mali et plus activement ces derniers mois, Sadi a interpellé et mis en garde

le gouvernement et son incapacité sur la terrible situation au nord Mali qui a fait de nombreuses victimes et déshonoré notre République.

 

Les mutins, n'ayant rien prémédité, ont dans un sursaut patriotique et face à l'injustice les frappant qu'ils semblent avoir réagi. Ce putsch militaire fut facile grâce à ce laxisme dont a toujours fait preuve ATT face à toutes les situations et notamment celles du nord qui ont rapidement dégénéré. Alors, aujourd'hui les évènements nous forcent la main. Et face à une situation dramatique de blocage, nous n'avons pas le droit de renoncer ou de nous abstenir.

 

 

Nous devons exiger, sans délais, le retour à l'ordre constitutionnel et à la mise en place d'un programme politique répondant aux aspirations légitimes: résolution de la crise au nord, la lutte contre la corruption à tous les niveaux, l'application des lois et la justice pour tous les maliens, la défense de l'emploi, le droit à l'instruction, l'éducation et la santé pour tous les maliens.

 

Pour ce faire, nous avons le devoir d'accompagner le comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l'autorité de l'État (CNRDRE) avec l'ensemble de la classe politique et de la société civile maliennes.

 

Nous ne pensons pas que précipiter les élections comme d'ailleurs le souhaite la France au nom de quoi et pourquoi une telle ingérence? soit une bonne solution. Déjà le processus électoral devant nous amener au scrutin dans un mois était décrié car particulièrement mal préparé. Et puis une élection peut -elle se tenir alors qu'une partie du pays est en guerre? Seule une partie du Mali, le sud, pourrait voter dans ce cas. Ce n'est ni honnête, ni réaliste.

 

Le renversement de la dictature militaire le 26 mars 1991 avait pour ambition ne le perdons pas de vue le changement et l'assainissement des administrations civiles et militaires.

Par Mohamed DIARRA

http://www.partisadi.net/

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Message de félicitation de la FETAF à Maître Abdoulaye Wade président sortant de la république du Sénégal.

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 FETAFFETAF

Agence spécialisée de l’OUSA

Membre observateur à l’Union Africaine

fetaf91@yahoo.fr

59 bis rue Louis Joyeux 

91100 Corbeille Essonnes

tél : 00 33 1 75 66 47 39 - cel : 00 33 6 99 18 07 19  

 

Message de félicitation de la FETAF  à Maître Abdoulaye Wade président sortant de la république du Sénégal.  

                                                                                                                  

                                                                                               Paris, le 26 Mars 2012                                                 

A Maître Abdoulaye Wade

Excellence, Monsieur le président,

Permettez-nous de vous rendre un hommage profond, à la hauteur de votre digne et exemplaire comportement, face au dessein politique que vient de sceller le verdict des urnes.

Intransigeant, quand il s’agit de défendre vos convictions et vos droits, comme nous avons pu le mesurer, avec cette double bataille politique et juridique que vous avez remportée, à la faveur de la décision de la Cour Constitutionnelle, la plus haute et vénérable constitution de votre pays, vous venez, disons-nous, d’administrer à votre classe politique, à l’ensemble de votre peuple, voire à la communauté internationale, une belle leçon de pédagogie politique et d’humilité citoyenne.

Sous votre magistère - en tout cas en ce qui nous concerne – des idéaux tels que ceux du panafricanisme ont refleuri, au grand dam des contempteurs de l’évolution politique du continent africain.

Ces idéaux, qui ont comme noms : Etats Unis d’Afrique, Diaspora Africaine - en l’érigeant en 6 ème région du continent - et celui du Monument de la Renaissance Africaine, auquel il faut ajouter la bataille contre les APE et l’assistance à Haiti, lors du drame qui a touché son peuple, resteront dans l’histoire, votre marque de fabrique.

Nul doute que le souffle, ainsi donné pour l’émergence d’une Afrique unie, fière de son passé, confiante en son avenir et généreuse dans sa quête d’un monde plus solidaire ne s’estompera pas…

Le Sénégal, votre pays, l’Afrique, votre patrie, viennent de faire preuve de maturité. Tous les démocrates vous en seront gré, a jamais.

Avec notre gratitude, recevez, Excellence, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

                                                                                 Pour la FETAF,

                                                                                  Le Président

                                                                              Sidi Tidiane Gueye

                                                                                                                         

 

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La réunion des chefs d’états de la CEDEAO adopte la position française. A savoir pas de retour d’ATT. Les putschistes doivent organiser les élections.

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

La réunion des chefs d’états de la CEDEAO adopte la position française. A savoir pas de retour d’ATT. Les putschistes doivent organiser les élections. 

                              cedeao.jpg

                                  CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest)

 

                Ouattara, la CEDEAO et les manœuvres françaises au Mali.

 

               A DÉFAUT d’avoir d’une base française au Mali, nous risquons - avec ou sans l’aile protectrice de la force Licorne ? D’avoir les troupes d’Alassane Ouattara, « l’élu « ivoirien de Sarkozy, à nos frontières Sud. Car, voyez-vous, la CEDEAO réunie en urgence a décidé d’agir pour ramener le Mali dans l’ordre démocratique. Bien sûr et comme par hasard la CEDEAO, à l’image de la France, ne demande pas le retour d’ATT au pouvoir, mais des élections le plus vite possible. ATT est selon le calendrier français, un homme politiquement mort après avoir refusé de faciliter une présence militaire française sur le sol de son pays. 

 

À tous les naïfs qui se demandaient pourquoi avoir précipité son départ par un coup d’Etat aléatoire, alors qu’il devait quitter le pouvoir dans quelques semaines seulement et pourquoi la France a fourni tant d’efforts pour paraître aussi distante de ce coup d’Etat qu’elle a inspiré, il y a lieu de rappeler qu’ATT représentait des forces politiques et sociales qui ont pesé de leur poids et dans son refus d’une base française et dans son évolution à l’endroit de l’Algérie et de la démarche globale pour la solution des problèmes à l’origine de l’instabilité du Nord Mali. Il apparaît aujourd’hui clairement – et à la lumière des déclarations officielles françaises – qu’il faut vite passer à l’après-ATT.

 

 Et donc, que ce coup d’Etat devait éloigner des centres de décision ces forces (que représente ATT, NDLR), les neutraliser et les empêcher ainsi qu’ATT lui-même de peser sur les prochaines élections et par là, de faire élire un ATT bis qui. Que reproche fondamentalement la France à ATT ? De s’éloigner des conclusions de la conférence antiterroriste du G8 qui s’est tenue les 13 et 14 octobre 2010 à Bamako à l’instigation de la France, en l’absence de l’Algérie et en présence du Maroc. Chacun peut comprendre que les dirigeants maliens aient été séduits, en octobre 2010, par la force de frappe financière, économique et militaire du G8. La conférence a promis beaucoup d’aide au Mali, l’a décidé à accepter des instructeurs étrangers tout à fait capables d’influencer les officiers «réceptifs «, l’a persuadé d’accepter la tutelle politique de la CEDEAO en contrepartie de promesses de développement. Bref, c’est la victoire totale de la France qui isole l’Algérie, introduit son allié marocain, s’assure une influence militaire et accrue dans un pays qui lui échappait totalement en 1960.

 

 En moins d’une année les dirigeants maliens avec ATT en tête s’aperçoivent que les promesses du G8 n’étaient que du vent et se rapprochent de nouveau de l’Algérie car l’unité du Mali était en danger sous le poids des problèmes socio-économiques qui alimentaient les conflits au Nord Mali jusqu’au risque de sécession. Pour la France, Il fallait stopper cette correction au plus vite et empêcher ATT et ses soutiens de lui imposer une continuité en influant sur le choix électoral. Ce coup d’Etat avait ce seul but. En demandant des élections au plus vite, la France récupère pour elle un pays politiquement vacant entre un putsch et des élections. Comment s’en assurer ? Rien de plus qu’en utilisant la CEDEAO dirigée par l’obligé de la France, le supplétif Ouattara et non moins élu de la MINURSO et de la force Licorne. Avec la précipitation de Ouattara à jouer le Matamore, la France rafle la mise, mais a-t-elle à ce point sous estimé l’intelligence et la détermination des forces patriotiques maliennes ?

 

Mohamed Bouhamidi

Source : Le Jeune Indépedant

 

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Message de félicitation de la FETAF A Macky Sall Candidat élu à la Présidence de la République du Sénégal

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

            

Message de félicitation de la FETAF A Macky Sall  

Candidat élu à la Présidence de la République du Sénégal 

 

                                                                           Paris, le 26 Mars 2012 

                                                               

                                                               A Macky Sall

Candidat élu à la Présidence de la République du Sénégal 

  

Excellence, Monsieur le président, 

Le suffrage universel vient de vous porter à la tête de votre pays, à l’issue d’une élection libre et transparente et je vous en félicite chaleureusement.

Vous devez être fier de présider aux destinées d’un pays qui vient d’administrer à l’ensemble de l’Afrique, voire au monde, une maturité politique exceptionnelle.

La Fédération des Travailleurs Africains en France et en Europe (FETAF), conscient de l’intérêt que vous portez aux conditions de travail et de séjour des travailleurs immigrés, attend de vous, une collaboration totale et permanente dans l’intérêt de ses mandants et de l’ensemble des peuples d’Afrique.

Je vous présente mes sincères encouragements pour mener à bien vos projets, ceux pour lesquels le peuple sénégalais vous a élu et auxquels vous voulez consacrer votre tout nouveau mandat.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

 

                                                         Pour la FETAF, Le Président

                                                              Sidi Tidiane Gueye

 

TAF

FETAF.pngAgence spécialisée de l’OUSA

Membre observateur à l’Union Africaine

fetaf91@yahoo.fr

59 bis rue Louis Joyeux 

91100 Corbeille Essonnes

tél : 00 33 1 75 66 47 39 - cel : 00 33 6 99 18 07 19  

 

 

 

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Dans les affaires des "biens mal acquis" des présidents Africains, Je prends l’engagement de ne jamais faire d’obstruction.François Hollande

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Interview de François Hollande : Dans les affaires des "biens mal acquis"  des présidents Africains,  Je prends l’engagement de ne jamais faire d’obstruction. On espère que ce n’est pas de la parlotte. Mr Hollande Les africains vous jugeront a travers vos actes.

 

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Dans une interview exclusive à Afrik.com, François Hollande candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle française, affirme une vision novatrice des relations entre la France et l’Afrique. Selon lui, « le temps du paternalisme et de la condescendance est derrière nous » et il faut, dès demain, avoir « des relations avec l’Afrique entre égaux, entre partenaires de même rang ».

Afrik.com : Nicolas Sarkozy vous reproche votre « manque d’envergure internationale » et dans votre dernier livre, l’Afrique est bien peu présente. Qu’est ce que l’Afrique évoque pour vous et quels sont vos rapports avec ce continent ?

François Hollande : L’Afrique est pour moi un continent d’avenir. Je ne sous-estime pas l’ampleur des défis à surmonter, mais je crois dans le potentiel de ce continent, dans son dynamisme, dans sa jeunesse. La dernière décennie a d’ailleurs permis un redémarrage économique, après une vingtaine d’années plus difficiles. Vous m’interrogez aussi sur mes liens personnels avec le continent. Lorsque j’étais Premier secrétaire du parti socialiste, comme aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle, j’ai toujours été engagé aux côtés de ceux qui se battent pour l’instauration de la démocratie et la défense des droits humains sur le continent : je continuerai demain à le faire.

Afrik.com : Selon la Banque mondiale et le FMI, au cours des quinze prochaines années, la croissance annuelle des pays africains sera supérieure à 5% par an. Dans les pays occidentaux, les prévisions son plutôt moroses. Cela ne doit-il pas modifier le regard que la France porte sur l’Afrique ?

François Hollande : Vous avez raison de dire que la croissance économique en Afrique devrait être relativement élevée dans les prochaines années, comme elle l’est d’ailleurs depuis dix ans. Cela reste toutefois insuffisant au regard de la croissance démographique. Les inégalités restent aussi trop lourdes. Je n’ai pas l’intention de diminuer l’effort de solidarité internationale de la France, bien au contraire. Dans le même temps, le regard français sur l’Afrique doit changer. Le temps du paternalisme et de la condescendance est derrière nous. Nous aurons demain des relations avec l’Afrique entre égaux, entre partenaires de même rang. L’Afrique doit être respectée et considérée comme un acteur de premier plan.
Concernant la France et l’Europe, il est vrai que la situation économique du continent n’est pas satisfaisante. C’est pourquoi j’ai placé au cœur de ma campagne, la relance de la croissance européenne pour créer des emplois, en investissant dans la préparation de l’avenir. Je constate avec satisfaction que cette idée progresse rapidement en Europe, mais aussi auprès de nos partenaires internationaux qui attendent que l’Europe prenne sa part de la reprise mondiale.

Afrik.com : Votre conseiller en matière de droits de l’Homme, William Bourdon, est aussi un des fondateurs de Sherpa, l’association à l’origine de l’action en justice contre plusieurs présidents africains (ndlr : Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale et le défunt Président gabonais Omar Bongo Ondimba) dans le cadre de l’affaire dit des "biens mal acquis". Cela signifie-t-il que si vous êtes élu président de la République, la France serait moins conciliante envers ces chefs d’Etats africains ?

François Hollande : Si je suis élu président de la République, je serai le garant de l’indépendance de la justice. Je prends donc l’engagement de ne jamais faire obstruction à des affaires judiciaires en cours. Je crois aussi dans les vertus de la transparence. C’est pour moi un gage de modernité et de démocratie. C’est pourquoi je me réjouis de la campagne "Publiez ce que vous payez", mais aussi de l’Initiative sur la transparence des industries extractives et des projets visant à ce que les grandes entreprises publient leurs comptes détaillés par pays. L’opacité des flux financiers, en Afrique comme en Europe, est à l’origine de pertes fiscales importantes pour nos deux continents. Nous devons mieux réguler l’activité des multinationales afin de nous assurer qu’elles respectent bien la législation fiscale de chaque pays, mais aussi que les fonds versés à tel ou tel Etat atteignent bien les caisses du trésor national.

Afrik.com : Les pays africains sont des pays dont la population est jeune et cette jeunesse ne supporte plus les relations incestueuses générées par la Françafrique. Comment pensez-vous redorer l’image de la France auprès de ces jeunes Africains, notamment dans les pays francophones ?

François Hollande : Je crois en effet, comme beaucoup d’Africains, que la "Françafrique" doit disparaître. Je m’engage par exemple à ce que disparaissent les fameuses « officines », et à n’avoir qu’une seule politique, confiée à notre diplomatie et seulement à celle-ci.
Il me semble aussi que la France doit travailler davantage avec l’Union africaine, en particulier pour la résolution des conflits armés ou des crises politiques. Nous devons donc renforcer notre partenariat avec l’UA, mais aussi avec les organisations sous-régionales, dont la légitimité est précieuse lorsqu’une intervention devient nécessaire.
En matière de migrations, il est évident que le quinquennat qui s’achève a nui à l’image de la France, par une politique des visas souvent humiliante, des situations traitées aléatoirement, des droits rognés. Redorer l’image de la France passera donc aussi par une nouvelle politique migratoire, ferme contre l’immigration irrégulière mais juste et sécurisante pour l’immigration légale. En ce qui concerne l’immigration économique, j’ai proposé qu’un débat parlementaire permette de définir les orientations liées aux besoins de notre économie, après concertation avec les acteurs concernés. En outre, les étudiants étrangers constituent une chance et je rejette totalement le principe de la circulaire du ministre de l’Intérieur, qui vise à rejeter ces forces vives. Les étudiants étrangers sont, pourtant, les meilleurs ambassadeurs de la France dans le monde. La France doit attirer et accueillir les talents. Je retirerai donc cette circulaire.

Afrik.com : Nicolas Sarkozy avait fait beaucoup pour l’image de la « diversité » en nommant des exemples issus de l’immigration à des postes importants de son gouvernement : Rama Yade, Rachida Dati, Fadela Amara …. Si vous étiez élu, y aurait-il aussi des nominations symboliques de ce type ?

François Hollande : Je constate que les trois personnes que vous citez ne sont plus au gouvernement. Ma méthode sera différente et s’inscrira dans la durée. Depuis des années, le Parti socialiste a fait émerger dans ses rangs de jeunes élus de toutes origines. Beaucoup ont fait leurs gammes au niveau municipal, départemental, régional et national. Cette diversité est aujourd’hui notre richesse, et nous l’accentuerons d’ailleurs aux prochaines élections législatives. Si les Français en décident ainsi, la prochaine Assemblée nationale sera donc fortement renouvelée, diversifiée et féminisée. Mais le prochain gouvernement, si je suis élu Président de la République, fera lui aussi une place significative à de nouvelles personnalités, de toutes origines. Les personnes que je choisirais, si j’étais élu, auraient déjà une expérience, des compétences, un parcours politique. Elles auront donc vocation à rester au gouvernement, pas à y faire une brève apparition.

Afrik.com : Que pensez-vous de la manière dont les thèmes religieux ressurgissent actuellement dans le débat politique ? N’est-ce pas contraire à la tradition républicaine, laïque et tolérante de la France ?

François Hollande : J’y vois une tentative, souvent grossière, de diversion. Le candidat sortant cherche à flatter un électorat intolérant, pour assurer sa présence au second tour en récupérant des voix par un rapprochement de ses positions avec celles de l’extrême droite. La majorité sortante tente à l’évidence de masquer ses résultats économiques désastreux - 10% de chômage, déficit élevé, dette explosive - par la désignation de boucs émissaires. Malheureusement, cette dérive n’est pas aussi récente que votre question semble l’indiquer. Les deux derniers ministres de l’Intérieur ont eux aussi eu des déclarations sur les étrangers et les civilisations - jugées inégales qui procèdent de la même logique. Les nouvelles déclarations du Président sortant sur la viande halal, puis celles du Premier ministre sur les rites d’abattage, semblent confirmer cette stratégie de la peur de l’autre, de la division. Après avoir jugé ce thème peu important, lorsque l’extrême droite tentait de lancer la polémique, la majorité actuelle s’en est finalement elle aussi saisie. Je crois effectivement que la France devra renouer avec sa tradition républicaine, laïque et tolérante. C’est pourquoi je m’engage à être un Président de rassemblement, et non de divisions et de polémiques stériles.

Afrik.com : Pensez-vous que l’homme africain est « entré dans l’histoire » ?

François Hollande : L’histoire de l’Humanité a commencé en Afrique. Le tristement célèbre "discours de Dakar", auquel vous faites référence, révèle de terribles préjugés. Je souhaite de mon côté que nous nous tournions résolument vers le 21e siècle et dépassions les clichés d’antan. L’Afrique mérite mieux que cela.

Source:afrik.com

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Affaire du bébé volé - Vincent Sosthène Fouda: «Si je meurs, d’autres se lèveront pour que la lumière soit faite sur cette affaire».

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Affaire du bébé volé - Vincent Sosthène Fouda: «Si je meurs, d’autres se lèveront pour que la lumière soit faite sur cette affaire».


                      Sosthene Fouda

                                 Vincent Sosthene Fouda

 

                 De passage dans la capitale économique Douala, le candidat recalé à la dernière élection présidentielle, dans une interview exclusive à la Nouvelle Expression, fait le point sur la dernière actualité sur l’affaire Vanessa Tchatchou pour laquelle il combat depuis un moment.


De passage dans la capitale économique, le candidat recalé à la dernière élection présidentielle, dans une interview exclusive à la Nouvelle Expression, fait le point sur la dernière actualité sur l’affaire Vanessa Tchatchou pour laquelle il combat depuis un moment.

Vous avez été vendredi passé une nouvelle cible de la police à Yaoundé. Qu’est ce qui s’est passé ?

Nous avons appelé à manifester le vendredi 16 mars 2012, dans ce que nous avons appelé «opération colombe», c'est-à-dire une marche citoyenne, patriotique et humaniste devant l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso. Et aux environs de 15h, alors qu’on se déployait pour commercer la manifestation, nous avons été interpelés par les forces de police qui étaient armées jusqu’aux dents, lesquelles nous ont brutalisés. Il y avait le Pr Alain Fogue qui est aussi président d’un parti politique, le secrétaire à la communication de l’Afp de Ben Muna, et moi-même et quelques journalistes. Il est important de préciser que nous avons été interpelés de manière extrêmement brutale. Je dois dire que j’ai été particulièrement brutalisé parce que l’on m’a tiré par terre alors que je n’opposais aucune résistance. Au Commissariat central, j’ai été correctement molesté, insulté. L’on me demandait de marcher comme je voulais marcher sur l’hôpital gynéco, tout en me tapant. Ce sont des attitudes qui me surprennent pour notre police nationale, parce que l’une de ses missions ou la principale mission de la police, est une mission d’encadrement et de protection. Nous avons plutôt rencontré les éléments de la police nationale qui étaient prêts à donner la mort et à humilier ; je le déplore.

Qu’est-ce que les policiers ont dit à votre arrivée au commissariat ?

Je suis arrivé au commissariat comme je vous ai dit, nous étions quatre dont Louis parfait Voum, chargé de la communication de l’Afp (Alliance de forces progressistes, ndlr), Okalla Ebodé qui est du parti d’Alain Fogue, et le Pr Alain Fogue, qui en dehors d’être universitaire, donne des cours à l’école de guerre de Yaoundé. Aussitôt que j’étais descendu du car de la police, j’étais roué des coups. A la fin de ces coups, l’on nous a entendus sur procès verbal. J’ai refusé de faire une déposition parce que j’en ai déjà fait six dans ce commissariat-là. Par la suite et au bout de deux heures de temps, nous avons été conduits auprès du délégué régional à la sûreté nationale pour le Centre qui nous a tenus un langage que je juge d’un autre siècle. Il nous parlait en père de famille en nous disant que le linge sale se lave en famille. Il m’a dit qu’un père ne demande jamais pardon à son fils et qu’il fallait que je me calme et faire confiance à la justice camerounaise ; que nous ne devons pas humilier le nom du Cameroun. Pas une seule fois, il n’a pensé à l’établissement de la vérité et de la justice dans cette affaire Vanessa Tchatchou. Je dirais aussi qu’il a tenté d’expliquer aux autres qui étaient présents, que Vincent Sosthène Fouda est instrumentalisé ou alors il a un agenda caché et que cet agenda caché, est qu’il cherche à obtenir un statut de réfugié politique en France ou aux Etats-Unis, et que pour cela il voudrait montrer que le Cameroun est un Etat de non droit.

Bien évidemment, il s’adressait aux adultes qui ne sont pas tombés dans ce panneau-là. J’ai l’impression d’ailleurs que ce qui est en train de se passer c’est que l’on tente par tous les moyens de m’isoler de ce combat, afin de faire disparaître le dossier Vanessa Tchatchou. On m’a fait par exemple écouter les enregistrements de Shanda Tomé qui dit des choses par très agréables sur ma personne en pensant que je devais réagir, ou alors en tentant d’utiliser, je vais utiliser une expression qui avait été utilisé dans les années 1985 «Bamilékiser» le conflit. Vous vous souvenez de la fameuse affaire de la «bamilékisation» de l’Eglise catholique au Cameroun ; j’emploie ce néologisme là parce qu’on voudrait que cette affaire soit une affaire des Bamilékés, que les Bamilékés eux-mêmes ne soient pas disposés à accueillir Vincent Sosthène Fouda dans une affaire qui est la leur. De l’autre côté, on a une communauté béti qui ne verrait pas d’un bon œil qu’un de ses fils s’intéresse à une affaire bamiléké. Donc, le pouvoir essaie par tous les moyens de faire croire ça. Vous savez que plus de la moitié des camerounais a moins de 40 ans ; ils se rencontrent à l’école, dans les débits de boisson, dans les stades de foot. Ils ne posent pas la question de savoir de quelle tribu vous venez. Ils se rencontrent simplement sur le plan humain, tissent des affections en dehors de toute considération linguistique, ethnique etc. L’affaire Vanessa Tchatchou a ceci de particulier qu’elle met en scène, même si l’autre partie est invisible, une jeune fille de 17 ans, originaire du village Bangou dans les Hauts plateaux dans la Région de l’Ouest, et un jeune de 23 ans, originaire de la Région du Nord, lesquels se sont rencontrés juste par amour et veulent vivre cet amour. Leur pêché aujourd’hui, c’est d’aimer le fruit de leurs entrailles. Ceux qui nous gouvernent n’ont pas encore compris ça, parce qu’ils sont d’une autre époque.

Sous votre impulsion, un nouveau test d’Adn vient d’être réalisé en Suisse. Et le résultat qui en sort atteste que l’enfant que porte la magistrate, a un lien de paternité avec Vanessa Tchatchou à 99,99%. Avez-vous des arguments pour justifier une telle procédure qui tend à être mise en doute ?

Il faut savoir que je connais la magistrate depuis le mois de janvier. Nous nous sommes rencontrés, nous avons mangé ensemble. Ça sera peut-être surprenant de vous le dire ; il est même né entre nous une certaine sympathie. Cette femme là m’a ouvert les portes notamment pour savoir qu’il y a un véritable trafic d’enfants dans notre pays. Elle m’a donné les noms des médecins, des délégués qui sont impliqués dans le trafic des nourrissons au Cameroun. Et quand elle m’a présenté l’enfant et bien évidemment, elle a voulu se protéger ; parce que cette magistrate dans un premier temps, m’a dit qu’elle avait vraiment fait un enfant. Celle-ci m’a présenté les documents légaux qui attestent que les examens prénataux ont été suivis, puis elle a pris un congé de maternité pour attester qu’elle avait accouché. Par la suite, elle m’a présenté les papiers aussi vrais que les premiers qu’elle a adopté un enfant.

Dans la même logique, elle m’a expliqué : «vous comprenez Pr, j’ai été enceinte, j’ai fait une fausse couche». Il y a déjà trois versions des faits. Et quand j’ai eu l’enfant dans mes bras, j’ai simplement recueilli quelques mèches de cheveux, j’ai fait des photos aussi, lesquelles j’ai données à qui de droit. Ça il faut le relever que Vincent Sosthène Fouda a fait des photos et a remis à qui de droit, et nous demandons à qui de droit de rendre publiques ces photos. Une fois que les autorités rendront publiques ces photos, nous pourrons commencer le débat. Le pouvoir en place est capable de dire que les photos n’ont jamais existé. Et je ne voudrais pas qu’on dise que j’ai jeté en pâture un nourrisson. Pour me résumer, je dois dire que les autorités savent que j’ai les photos, que j’ai fait ces prélèvements-là. Pour Vanessa, il n’y avait aucune difficulté puisque nous avons prélevé sa salive. Nous avons fait ce qu’on appelle des échantillons que nous avons scellés. Puis nous les avons amenés en Suisse et le centre universitaire Vaudois de Lausanne, a rendu le 2 mars dernier son verdict qui indique clairement qu’il y a un lien. En fait, les prélèvements sont anonymes : c’est juste marqué échantillon A, échantillon B. Ils ont donc réussi à démontrer qu’il y a un lien de filiation ou de parenté entre le sujet A prélevé et sujet B prélevé. C’est-à-dire A qui est Vanessa et B qui est l’enfant que porte la magistrate. Ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est un laboratoire. Les médecins qui ont réalisé le test sont là, ils se sont déjà prononcés même s’ils n’ont pas vocation à le faire ; ce sont des scientifiques. Voilà quelle est la situation aujourd’hui. Il y a une Ong canadienne qui est disposée à venir au Cameroun réaliser ce test pour que la lumière soit faite définitivement sur ce problème.

A qui avez–vous remis ces résultats ?

Nous avons une copie de ces résultats à l’avocat de Vanessa Tchatchou ; une copie au parlement européen et bien évidemment une copie à qui de droit (aux autorités).

Quelle est la suite que vous réservez à votre combat ?

Le prochain combat va m’amener dans les prochains jours au parlement américain. Je serai reçu mardi prochain par un certain nombre de députés américains pour parler du trafic des nourrissons au Cameroun. Et jeudi prochain, je serai reçu à la chambre de Commune à Ottawa au Canada où je dois également présenter le dossier de trafic de nourrissons et bien en filigrane l’affaire Vanessa Tchatchou.

Est-ce que votre sécurité est menacée ?

Je ne suis plus en sécurité dans ce pays quand je peux me faire tabasser par la police qui est censée assurer ma protection. Mais il faudrait que le Cameroun sache que pour une fois, le sang des martyrs au Cameroun va faire des conversions. Si je meurs, d’autres se lèveront pour que la lumière soit faite sur cette affaire, parce qu’on ne peut pas empêcher à la lumière du jour de se lever.

 

Par Bernard Tchami 

Source : La Nouvelle Expression 

 

Vanessa T

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Cameroun, crise énergétique majeure: Le retour à la lampe tempête pour au moins 50% de la population ?

28 Mars 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Cameroun, crise énergétique majeure: Le retour à la lampe tempête pour  au moins 50% de la population ?

 

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Mise au point : Cet article date de 2003. Il ya plus de 9 ans. Au lieu de refaire un autre. Nous le ressortons parce que c’est ce que vivent aujourd’hui les populations de Douala et surtout de la localité de Bonaberi.

 

Les problèmes d’électricité que vivent les populations de Douala  la capitale économique et ses environs ces derniers jours ont dépassé le simple cadre des délestages et des pannes. Des menaces des lendemains sans électricité planent sur la capitale économique et une bonne partie du Cameroun...

 

 

La population de Douala (Bonaberi) et ses environs est en proie, depuis une semaine, à la dictature des moustiques et de la chaleur. Le courant électrique tend à être ici un luxe. Les délestages que leur fait subir Aes-Sonel depuis plus d’un an ont perdu tout visage humain. Ils sont devenus plus que sauvages. Désormais sans normes et sans calendriers permanents. Ils se font de jour comme de nuit, n’importe quand et n’importe comment, simultanément ou intermittemment, dans tous les quartiers. Des changements à la fois brusques, brutaux et rapides qu’Aes-Sonel, en charge de la production, du transport et de la distribution de l’électricité au Cameroun, ne daigne expliquer aux usagers.

La situation est d’autant plus incompréhensible que les populations habituées à vivre 5 heures sans énergie électrique par semaine, en sont maintenant à des jours entiers. Il est devenu très difficile aujourd’hui à Douala d’avoir une journée entière d’éclairage. Si les centres hospitaliers, les grandes surfaces, les Pme, les ménages futés, etc. se sont dotés de groupes électrogènes, de minuteries ou d’horloges, le reste de la population trinque et ne sait plus à quel saint se vouer face à ces perfusions énergétiques qui portent de sérieux coups non seulement à l’économie nationale, mais aussi à la société. Des milliers d’élèves et étudiants qui doivent aborder les examens de fin d’année sont sans voix jusque là.


Aes-Sonel en panne sèche

Les problèmes du secteur électrique deviennent de plus en plus complexes pour Aes-Sonel qui, au début de l’année 2002, a initié un système de rationnement qui devait s’étendre sur tout le pays pour permettre le passage de la période des basses eaux et assurer l’alimentation continue des populations. D’où ces nombreux plans de délestages diffusés dans les médias mais qui, au fil des jours, ne servent à rien parce que non suivis par le concessionnaire.
C’est dire combien Aes-Sonel éprouve d’énormes difficultés à assurer la production et la distribution du courant électrique dans un Cameroun où la demande, sans cesse croissante, avoisinerait les 8% par an. Les raisons étaient alors très vite trouvées derrière lesquelles s’abrite Aes-Sonel. On a accusé la vétusté de l’appareil de production dont plusieurs maillons importants n’avaient pas subi des programmes normaux d’entretien et de renouvellement. On a même parlé de l’absence d’investissement dans l’accroissement des capacités de production.
Mais ce qu’on oublie très souvent c’est qu’Aes-Sonel connaît un véritable problème de gestion prévisionnelle de l’eau. C’est, à en croire un cadre de cette entreprise à Edéa, ce qui est à l’origine de tous les désagréments connus par les populations. En balayant d’ailleurs du revers de la main l’hypothèse de pannes mécaniques que la direction de Aes-Sonel avance, il avoue que “les barrages de retenue et hydroélectriques sont actuellement vides au point que s’il ne pleut pas abondamment dans les prochains jours, une bonne partie du Cameroun sera dans l’obscurité”. Ce n’est pas une simple menace car notre source poursuit: “Nous avons lâché il y a quelques jours la dernière réserve à niveau. Une réserve généralement peut tenir en une semaine. Or le lit naturel de la Sanaga ne peut faire fonctionner qu’un seul groupe turbo-alternateur de 24 Mw. Le seul barrage d’Edéa en compte une quinzaine et Song Loulou en a 8 mais de 48 Mw”.

A Aes-Sonel, l’heure est aux “grandes prières et incantations pour qu’il pleuve abondamment, surtout dans la partie Ouest du Cameroun. Depuis quelques années, Edéa tourne avec l’eau venant du barrage de retenue de Bamendjing”, relève notre interlocuteur. Qui pense d’ailleurs que les programmes de délestages ont été “mal conçus, d’où leur échec”, Selon ce cadre qui a requis l’anonymat, “Aes-Sonel aurait dû réduire davantage la consommation en eau en augmentant dès le départ le nombre d’heures de délestage. Or ils (les cadres qui ont conçu ces plans ndlr) ont voulu jouer avec le feu”. Et les résultats sont là. Il y a jusqu’à Alucam qui en souffre. La consommation normale d’Alucam d’environ 175 Mw a été ramenée à près de 100 Mw depuis les dernières ententes entre cette entreprise et Aes-Sonel, après avoir avoisiné l’an dernier 60 Mw décidés unilatéralement par Aes-Sonel. Alucam s’était sentie abusée et a porté l’affaire devant le tribunal où Aes-Sonel a été sommée de payer environ 30 millions de Fcfa de dommages à Alucam qui, de sources bien informées, ne serait plus prête à aller en deçà des 100 Mw qui lui sont destinés actuellement.

De quoi demain sera-t-il donc fait? Il est de plus en plus démontré que Aes-Sonel est dépassée par les événements. Le 13 mai, Justin Ndioro, le Pca de Aes-Sonel a exprimé ses “vives inquiétudes face au rendement de distribution actuellement chiffré à 65%”. Il était face aux syndicats de l’énergie électrique à Douala qui ont exprimé le voeu de voir dès le 1er juillet prochain les 5% de l’actionnariat salarié rétrocédés aux employés de Aes-Sonel dont le processus de convention serait bloqué par le ministre de l’Emploi du travail et de la prévoyance sociale, selon le rapport qui a sanctionné la rencontre.

Quoi qu’il arrive, les populations sont victimes d’un manque de politique énergétique nationale qui aurait dû, dans un système logique, précéder le processus de privatisation de la Sonel.


Par Noé Ndjebet Massoussi 

Source : Le Messager 

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