Alain Juppé, salué à Tunis, hué à Bamako.
Alain Juppé, salué à Tunis, hué à Bamako.


Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, souhaite une saisine de la Cour pénale Internationale concernant la Syrie. Ce qui n’est pas gagné puisque comme il le signale lui-même, la Syrie «n’est pas un Etat partie » de la Convention de Rome qui établit la CPI.
Par contre, M. Juppé pourrait aller se présenter volontairement devant la CPI pour répondre du sort que son pays a fait subir à la Libye: de nombreuses pertes humaines que les humanitaires dans son genre ne se casseront pas la tête à décompter. Contrairement aux dégâts matériels qui eux sont potentiellement sources de juteux contrats avec un marché évalué à 200 milliards de dollars.
C’est ce même Juppé qui vient d’aller faire le beau au mali où il a été accueilli comme il se doit par une population qui accuse le gouvernement français d’agir en sous-main pour nuire au Mali, notamment en attisant la sédition au nord du pays.
Le Mali qui était d’ailleurs opposé à l’intervention militaire étrangère en Libye et qui paye aujourd’hui, comme s’autres pays de la région, le prix de la guerre livrée par l’OTAN.
Je vous reproduis ci-dessous intégralement le papier que consacre le Journal du Mali à la visite de M. Juppé.
Mali : « Alain Juppé n’est pas le bienvenu ! »
Par Issa Fakaba SISSOKO – 27/02/2012
C’est une manifestation de colère de certains activistes qui a accueilli dimanche l’arrivée à Bamako du ministre français des Affaires étrangères.
Après le Bénin et le Burkina Faso, le chef de la diplomatie française,
Alain Juppé, a bouclé ce dimanche 26 février une visite sommaire de quelques heures dans notre capitale. Reçu par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, M. Juppé était, dit-il, venu « rassurer
les autorités maliennes face la crise du Nord et assurer de la disponibilité de la France à l’Etat malien dans la résolution de la rébellion ». C’est du moins ce qu’il a révélé aux journalistes à
sa sortie d’audience à Koulouba.
Mais le discours est loin de convaincre certains militants des organisations politiques et de la société civile, qui l’ont accueilli par des slogans hostiles. C’était à la faveur d’une
manifestation organisée par le Collectif « Touche pas à ma Constitution » et la jeunesse SADI, principal parti d’opposition. La marche, qui a quitté l’Ambassade de France pour le Musée national
de Bamako, a enregistré la participation de nombreux leaders de la société civile, dont le président de la Coalition des Alternatives, Dette et développement (CAD-Mali), un mouvement
altermondialiste réputé proche de la gauche.
Les manifestants, qui scannaient des slogans hostiles à la France, ont dénoncé ce qu’ils appellent « l’ingérence » de l’ex colonie dans les affaires intérieures du Mali. « La question de la
rébellion est un problème maliano-malien, et nous ne comprenons pas l’intérêt accordé par la France à cette crise. Pire, l’insistance de celle-ci à imposer au Mali à déposer les armes après avoir
été attaqué par des groupes d’assaillants, donne matière à réfléchir », a déclaré le président de la CAD-Mali, Sékou Diarra. Qui s’interroger sur « l’attitude ambigüe de la France ».
Dans un contexte de fortes suspicions
La visite du ministre français des Affaires étrangères au Mali intervient dans un contexte très difficile dans les relations entre les deux pays à propos de la question du Nord. A Bamako, comme
dans les grandes villes du pays, les commentaires vont bon train quant au rôle présumé de l’ancienne colonie en faveur des rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).
Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs à s’accorder que la France a de bonne raisons d’attiser le feu sur le sol malien. Si M. Juppé s’en est défendu ce dimanche face aux journalistes,
certains analystes sont formels : « Contrairement aux déclarations officielles, les autorités françaises n’apportent rien au Mali pour la résolution de la crise au nord. Bien au contraire, elles
veulent tirer profit de la résurrection de la rébellion dont les leaders politiques bénéficient de tout le confort nécessaire à Paris, et des manifestations de colère des populations pour régler
leurs comptes avec le président Amadou Toumani Touré « coupable » d’ avoir refusé d’accéder à des sollicitations de Nicolas Sarkozy comme l’installation d’une base militaire française à Sévaré
».
En clair, arguent de nombreux spécialistes de la question, ces refus, passés pour une défiance de la très grande France, viennent s’ajouter à un autre contentieux entre le président malien et son
homologue français : celui de la non signature par le Mali de l’ « Accord de réadmission des expulsés ». En dépit des pressions, notre pays est resté sur cette position depuis 2006 alors que la
France a déjà fait signer le fameux « Accord » par 8 pays d’Afrique dont le Burkina Faso et le Sénégal ainsi que l’Ile Maurice. Dans ce bras de fer, ATT est adossé à un soutien total de tout le
pays dont la population expatriée est à 4 millions de ressortissants, 3 millions d’entre eux étant installés en Afrique et 200 000 en Europe, dont 100 000 en France, selon les
estimations.
« Il allait donc de soi que le président Sarkozy prenait très mal que le chef de l’Etat malien affichait ses soutiens à Kadhafi quand la France planifiait la mise à mort du dirigeant libyen »
expliquent d’autres commentaires. Pour qui, « les manifestations de très grande envergure menées à Bamako ont sonné à Paris comme la dernière provocation du président ATT à qui il faudra rendre
la vie impossible durant les derniers mois de son dernier mandat ». Bref, pensent certains, « il allait finalement de soi que Sarkozy et son pays soient aujourd’hui derrière tous les projets de
déstabilisation du pouvoir au Mali ».
En attendant que toute la lumière soit faite sur l’éclatement de la rébellion au Nord, les commentaires vont bon train, et chacun y va de son argumentaire. Mais Alain Juppé, lui, est retourné en
France avec l’image qu’une importante partie de la population malienne désapprouve sa présence sur le sol malien en cette période.
Source : alterinfo
L'universitaire Jean Bricmont dénonce le fait que les Médias mainstream en Europe réduisent le débat d’idée à des questions d’image, et limitent le spectre.
L'universitaire Jean Bricmont dénonce le fait que les Médias mainstream en Europe réduisent le débat d’idée à des questions d’image, et limitent le spectre.
Lettre à une journaliste par jean Bricmont

Dans cette tribune publiée sur le site belge Investig’action, l’universitaire Jean Bricmont dénonce le fait que les médias mainstream en Europe réduisent le débat d’idée à des questions d’image, et limitent le spectre de l’expression et de la pensée à un politiquement correct qu’ils auraient eux même préalablement défini. Tels les sophistes de l’antiquité, les journalistes occidentaux ne s’embarrassent plus de considérations quant à l’éthique, la justice ou la véracité des faits. Ils font le choix de se mettre au service d’un système de communication militaire, et développent des raisonnements dont le but est uniquement l’efficacité persuasive, et non la vérité.
Une journaliste (dont je ne mentionnerai ni le nom ni le journal pour lequel elle travaille) m’a posé une question à propos de mon « soutien aux dictateurs » (en particulier Assad), de l’ingérence dans les affaires intérieures de pays comme la Syrie que ce soutien représenterait, de mes liens avec l’extrême droite ainsi qu’avec des sites « conspirationnistes » et de la « caution » rationaliste et progressiste que je leur apporterais.
Voici ma réponse :
Vous soulevez deux questions importantes : mon « soutien aux dictateurs » et mes « liens avec l’extrême droite ». Ces questions sont importantes, non parce qu’elle seraient pertinentes (elles ne le sont pas), mais parce qu’elles sont au cœur de la stratégie de diabolisation des modestes formes de résistance à la guerre et à l’impérialisme qui existent en France. C’est grâce à ce genre d’amalgames que mon ami Michel Collon a été interdit de parole à la Bourse du travail à Paris, suite à une campagne menée par de soi-disant anarchistes.
Tout d’abord, puisque vous parlez de rationalisme, pensons au plus grand philosophe rationaliste du 20ème siècle : Bertrand Russell. Que lui est-il arrivé lors de la Première Guerre mondiale, à laquelle il était opposé : on lui a reproché de soutenir le Kaiser évidemment. L’astuce qui consiste à dénoncer les opposants aux guerres comme soutenant la partie à laquelle on fait la guerre est vieille comme la propagande de guerre. Dans les dernières décennies, j’ai ainsi « soutenu » Milosevic, Saddam Hussein, les talibans, Kadhafi, Assad et peut-être demain Ahmadinedjad.
En réalité, je ne soutiens aucun régime-je soutiens une politique de non ingérence, c’est-à-dire que non seulement je rejette les guerres humanitaires, mais aussi les élections achetées, les révolutions colorées, les coups d’Etat organisés par l’Occident etc. ; je propose que l’Occident fasse sienne la politique du mouvement des pays non alignés, qui, en 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, souhaitait « renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la Charte des Nations Unies » et réitéraient « le rejet par le mouvement des non alignés du soi-disant droit d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la Charte des Nations Unies ou dans le droit international. » C’est la position constante de la majorité de l’humanité, de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Amérique Latine, de l’Union africaine. Quoi que vous en pensiez, cette position n’est pas d’extrême droite.
Comme j’ai écrit un livre sur ce sujet (Impérialisme humanitaire Aden, Bruxelles), je ne vais pas expliquer en détail mes raisons ; je noterai simplement que si les Occidentaux sont tellement capables de résoudre les problèmes de la Syrie, pourquoi ne résolvent-ils pas d’abord ceux de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Somalie ? Je ferai également remarquer qu’il y a un principe moral élémentaire qu’il faudrait respecter quand on s’ingère dans les affaires intérieures des autres pays-en subir les conséquences soi-même. Les Occidentaux évidemment pensent qu’ils font le bien partout, mais les millions de victimes causées par les guerres d’Indochine, d’Afrique australe, d’Amérique centrale et du Moyen-Orient voient sans doute les choses différemment.
Pour ce qui est de mes liens avec l’extrême droite, il y a deux questions distinctes : que veut-on dire par liens et que veut dire extrême droite ? Je ne demanderais pas mieux que de manifester avec toute la gauche contre la politique d’ingérence, comme je pense qu’elle devrait le faire. Mais la gauche occidentale a été complètement convaincue par les arguments en faveur de l’ingérence humanitaire et, en fait, critique très souvent les gouvernements occidentaux parce qu’ils ne s’ingèrent pas assez à leur goût. Donc, les rares fois où je manifeste, je le fais avec ceux qui sont d’accord pour le faire, qui ne sont pas tous d’extrême droite, loin de là (à moins évidemment de définir comme étant d’extrême droite le fait de s’opposer aux guerres humanitaires), mais qui ne sont pas non plus de gauche au sens usuel du terme, vu que le gros de la gauche appuie la politique d’ingérence. Au mieux, une partie de la gauche se réfugie dans le « ni-ni » : ni l’Otan, ni le pays attaqué au moment donné. Personnellement, je considère que notre devoir est de lutter contre le militarisme et l’impérialisme de nos propres pays, pas de critiquer ceux qui se défendent par rapport à eux, et que notre position n’a rien de neutre ni de symétrique, contrairement à ce que suggère le slogan « ni-ni ».
Par ailleurs, j’estime avoir le droit de rencontrer et de parler avec qui je veux : il m’arrive de parler avec des gens que vous qualifieriez comme étant d’extrême droite (même si je ne suis, dans la plupart des cas, pas d’accord avec cette qualification), mais bien plus souvent avec des gens d’extrême gauche et plus souvent encore avec des gens qui ne sont ni l’un ni l’autre. Je m’intéresse aux Syriens qui sont opposés à la politique d’ingérence, parce qu’ils peuvent me fournir éventuellement des informations sur leur pays allant à l’encontre du discours dominant, alors que je connais évidemment, à travers les médias, le discours des Syriens pro-ingérence.
Pour ce qui est des sites, je m’exprime là où je peux — de nouveau, si le NPA, le Front de gauche ou le PCF veulent m’écouter ou même débattre de façon contradictoire avec moi sur la politique d’ingérence, je suis prêt à le faire. Mais ce n’est pas le cas. Je note que les sites « conspirationnistes » comme vous dites, sont bien plus ouverts puisqu’ils savent en général que je ne partage pas leurs analyses, en particulier sur le 11 septembre, et m’acceptent quand même. Par ailleurs, les individus que je connais et qui publient sur ces sites ne sont nullement d’extrême droite et le simple fait d’être sceptique par rapport au récit officiel sur le 11 septembre n’a rien, en soi, d’extrême droite.
Le monde est bien trop compliqué pour garder une attitude « pure », où l’on ne rencontre et parle qu’avec des gens de « notre bord ». N’oublions pas qu’en France c’est la Chambre élue lors du Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain (après l’exclusion des députés communistes, et avec le concours des sénateurs). Et l’opposition à la collaboration réunissait les staliniens (à l’époque les communistes l’étaient vraiment) et les gaullistes, dont beaucoup étaient, avant guerre, très à droite. La même chose se produisait pendant la guerre d’Algérie ou du Vietnam, l’opposition à celles-ci rassemblant, entre autres, communistes, trotskistes, maoïstes, chrétiens de gauche, pacifistes-à propos, est-ce que Staline, le FLN algérien et Ho Chi Minh étaient démocrates ? Avait-on tort de les « soutenir », c’est-à-dire de s’opposer avec eux au nazisme ou au colonialisme ? Et dans les campagnes anticommunistes des années 80, la gauche des droits-de-l’homme ne faisait-elle pas cause commune avec toute une série de nationalistes extrêmes ou d’antisémites (Soljenitsyne par exemple) ? Et aujourd’hui, les partisans de l’ingérence en Libye et en Syrie ne font-ils pas cause commune avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et une série de mouvements salafistes ?
Ensuite, j’ai un problème avec la définition « d’extrême droite ». Je sais bien ce que vous entendez par là, mais pour moi ce qui compte, ce sont les idées, pas les étiquettes. Agresser des pays qui ne vous menacent pas (ce qui est l’essence du droit d’ingérence) pour moi c’est une idée d’extrême droite. Punir des gens à cause de leurs opinions (comme le fait la loi Gayssot), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Enlever à des pays leur souveraineté et par conséquent le fondement de la démocratie, comme le fait de plus en plus la « construction européenne », pour moi c’est une idée d’extrême droite. Dire « qu’Israël est très critiqué parce que c’est une grande démocratie », comme s’il n’y avait pas d’autre raison de critiquer Israël, pour citer celui pour qui presque toute la gauche votera au 2ème tour (François Hollande), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Opposer de façon simpliste l’Occident au reste du monde, en particulier à la Russie et à la Chine (comme une bonne partie de la gauche le fait aujourd’hui au nom de la démocratie et des droits de l’homme), pour moi c’est une idée d’extrême droite.
Si vous voulez trouver un endroit où je serais sans hésitation en accord avec la « gauche », voyagez un peu, et allez en Amérique latine. Là vous verrez toute une gauche qui est anti-impérialiste, populaire, souverainiste et démocratique : des dirigeants comme Chavez, Ortega et Kirchner sont élus et réélus avec des scores impensables ici, y compris pour la « gauche démocratique », et ils font face à une opposition médiatique bien plus dangereuse qu’un simple Faurisson (cette opposition va jusqu’à appuyer des coups d’Etat), mais qu’ils ne penseraient jamais interdire.
Malheureusement, en Europe et surtout en France, la gauche a capitulé sur beaucoup de choses, la paix, le droit international, la souveraineté, la liberté d’expression, le peuple, et le contrôle social de l’économie. Cette gauche a remplacé la politique par la morale : elle décide, dans le monde entier, qui est démocrate et qui ne l’est pas, qui est d’extrême droite et qui est fréquentable ou non. Elle passe son temps à bomber le torse en « dénonçant » les dictateurs, leurs complices, les phrases politiquement incorrectes, ou les antisémites, mais elle n’a en réalité aucune proposition concrète à faire qui puisse rencontrer les préoccupations des populations qu’elle prétend représenter.
Ces abandons multiples de causes progressistes ouvrent effectivement un boulevard à une certaine extrême droite, mais la faute en incombe à ceux qui ont accompli et accepté ces changements, pas à ceux qui tentent modestement de résister à l’ordre du monde.
Par jean Bricmont
Source : Investig’action
Les USA font pression pour garder le contrôle d'Internet.
Les USA font pression pour garder le contrôle d'Internet.

La Russie, la Chine et d'autres membres de l'ONU souhaitent que les Nations unies récupèrent la gestion du réseau Internet, contrôlé par des organismes américains.
Le 27 février, les 193 États membres de l'Union internationale des télécomunications (ITU), organe de l'ONU, entameront des négociations sur un nouveau traité concernant la gouvernance d'Internet. Cette gouvernance est aujourd'hui l'affaire de plusieurs organisations à but non lucratif, essentiellement américaines mais indépendantes des États-Unis comme l'Icann, l'IETF ou l'Internet Society. Ces instances régulent notamment les noms de domaine, les adresses IP et déterminent les évolutions techniques du réseau.
Certains États souhaitent remettre à plat cette gouvernance à domination américaine. La Russie, la Chine, l'Ouzbékistan et le Tajikistan ont déposé, en septembre dernier, une résolution à l'Assemblée générale de l'ONU afin d'instaurer un «code de conduite» en matière d'échange d'informations dans le monde. Ils estiment que «l'autorité politique pour les problèmes publics liés à Internet est le droit souverain des États». En juin 2011, Vladimir Poutine a rencontré Hamadoun Toure, secrétaire général de l'ITU, et lui a fait part de ses inquiétudes. «Si nous parlons de la démocratisation des relations internationales, je pense qu'il est essentiel qu'il y ait un contrôle mondial sur les échanges d'informations. C'est certainement une priorité dans l'agenda international», a déclaré le premier ministre russe.
Parallèlement, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud ont appelé en septembre 2011 à la création d'un organisme mondial pour contrôler Internet. Ce nouvel organisme lié aux Nations unies intégrerait et superviserait les institutions déjà chargées de la gouvernance d'Internet et arbitrerait les différends pouvant naître entre les États concernant le réseau.
Une gouvernance collégiale impossible?
Ces négociations sont loin de ravir les autorités américaines. Pour Robert McDowell, membre de la Commission fédérale des communications (FCC), «toute tentative d'étendre les pouvoirs intergouvernementaux à Internet devrait être rejetée». Dans une tribune publiée mardi sur le site du Wall Street Journal, il juge que le transfert de compétences à l'ONU risque de porter atteinte à la liberté d'Internet. Selon lui, le fonctionnement actuel «sans entraves», né d'un consensus multipartite, a accompagné les révoltes des peuples contre des régimes dictatoriaux.
D'après Bernard Benhamou, spécialiste des questions de gouvernance d'Internet, interrogé par Le Figaro, «tout ce qui peut sembler donner des pouvoirs à une organisation intergouvernementale de haut niveau, comme l'ONU, inquiète les États-Unis», qui perdraient de l'influence. Mais «la vraie question est bien de savoir s'il est possible d'imaginer une gestion collégiale qui ne soit pas un risque pour les ressources d'Internet». «Si on reprend le principe d'une voix par pays, une majorité d'États non démocratiques pourraient exiger un rôle croissant», décode cet expert. Selon lui, «il y a un risque de dérive et de fragmentation d'Internet, une remise en cause des trois principes fondamentaux: la neutralité, l'ouverture et l'interopérabilité des réseaux».
Robert McDowell reconnaît cependant que des évolutions dans la gouvernance d'Internet sont souhaitables. «Se contenter de dire non à toutes les modifications apportées à la structure actuelle de gouvernance d'Internet pourrait être une mauvaise proposition», estime-t-il. Le représentant américain ne se risque toutefois pas à donner de proposition que les États-Unis seraient prêts à accepter. D'après un mémo publié le mois dernier par l'administration américaine, ces évolutions n'interviendront quoi qu'il en soit pas à court terme. Pour Milton Mueller, professeur à l'université de Syracuse et expert de la gouvernance d'Internet, ce statu quo serait paradoxalement «une bonne nouvelle» pour les partisans d'un Internet ouvert et décentralisé.
Par Igaro Geoffroy Husson
Crédits photo : Dirk Thomas Meffert/ASSOCIATED PRESS
Cameroun : Paul Eric Kingue (PEK) condamné à perpétuité le 29 février 2012 ...
Cameroun : Paul Eric Kingue (PEK) condamné à perpétuité le 29 février 2012 pour avoir dénoncé la pollution de la nappe phréatique à Penja par la société les Plantations du Haut Penja (PHP). Ou sont les écologistes ?
Paul Eric Kingue. Ex-Maire de Mbanga
Le verdict dans le troisième procès vient donc d’être rendu public à Nkongsamba : Paul Eric Kinguè est condamné à la prison à perpétuité dans l’affaire du soi-disant détournement d’argent pour avoir fait installer l’eau courante dans les locaux de sa commune de Njombé et Penja.
Ce n’est pas vraiment une surprise, car nous pensions bien, et PEK en premier, qu’on ne lui ferait aucun cadeau. De plus, étant donné qu’il n’avait jamais été entendu, que l’instruction avait été menée uniquement à charge et que ni lui ni sa défense n’avaient été invités au procès, et qu’enfin la requête en annulation de ce procès pour défaut évident de procédure avait été dans un premier temps ignorée puis ensuite refusée, nous avions écrit que nous nous attendions à une peine maximale.
C’est fait.
PEK ne se montre pas pour autant déstabilisé. Cette condamnation est tellement lourde qu’elle en est grotesque. C’est tout simplement une nouvelle preuve que PEK n’est pas condamné pour les fautes qui lui sont reprochées, mais bien pour des motifs encore plus haineux que politiques ou idéologiques.
Grotesque et révoltant.
Par cette condamnation qui dépasse de loin l’entendement, les ennemis de PEK se ridiculisent encore plus aux yeux du monde, si c’était encore possible.
Evidemment, il faudra faire appel de cette décision de Justice (le terme Justice est-il ici correct ?). Soucieux du détail pratique, nous attendons avec inquiétude le montant de la caution qu’il faudra verser dans de brefs délais pour faire appel et éviter que cette monstrueuse condamnation soit effective.
Comme PEK, loin d’être déstabilisés, nous nous sentons renforcés dans la justesse du combat que nous menons à ses côtés. Courage, PEK, tu n’es pas seul.
Vous pouvez soutenir la défense de PEK par votre contribution au compte :
AFD (AFD International) – IBAN :BE18 132 5227257 65 - BIC : BNAGBEBB avec mention : « pour PEK ». ( visible sur le site http://afdinternational.org/ )
PEK est aujourd’hui totalement désargenté et tout se paye en prison :
KINGUE PAUL ERIC – IBAN : CM21 10005 00002 02721171501 50 BIC(ou SWIFT): CCEICMCXDLA Afriland First Bank agence de Douala Bonanjo
Rejoignez le Groupe de Soutien à PEK, contact: luxjeux@pt.lu
Pour comprendre les origines de l’affaire PAUL ERIC KINGUE : LIRE
Par Hubert.
Cameroun : Les affaires Paul Eric Kingue, Enoh Meyomesse et Vanessa Tchatchou plaidées par VSF (Vincent-Sosthène Fouda) devant l’Union Européenne.
Cameroun : Les affaires Paul Eric Kingue, Enoh Meyomesse et Vanessa Tchatchou plaidées par VSF (Vincent-Sosthène Fouda) devant l’Union Européenne.

Deux membres de la plateforme ENOH! Ont frappé à la porte de l'EU, et ont été reçus aujourd'hui, 28 février par Marc Jutten, le conseiller en chef du président du Parlement Européen en matière de politique étrangère. C'est lui qui a dirigé la rencontre entre Vincent, Hughes et les parlementaires socio-chrétiens, les plus nombreux du parlement européen. Quatre dossiers ont été abordés, Vanessa, Enoh, Paul Eric Kingue, et la liberté des medias au Cameroun. Des dossiers ont été remis sur Kingue et Enoh. Promesse a été faite d'organiser une conférence sur le trafic d'enfants au Cameroun, et des appels téléphoniques ont été faits avec l'ambassadeur allemand au Cameroun tout comme le représentant de l'EU pour le suivi sur place.
Par N. Patrice