Centrafrique : Les vraies raisons de l’intervention française.
Centrafrique : Les vraies raisons de l’intervention française.
http://www.youtube.com/watch?v=YsGDarPGjwM#t=73
Le trouble jeu de
la France en Centre-Afrique : n'est-elle plus qu'une simple compagnie de CRS de l'Oncle Sam ?
Comme nous le craignions dans nos précédentes éditions, le scénario à l’ivoirienne semble dramatiquement se répéter en République Centrafricaine. Une fois de plus la France intervient
militairement avec le blanc-seing de l’ONU, pour officiellement mettre fin à des massacres de civils et « sauver des vies humaines », selon son super-président François Hollande et le Ministre
des Affaires Étrangères, le philanthrope Laurent Fabius.
Charitables déclarations et
louables intentions qui masquent difficilement la responsabilité et surtout l’implication de Paris, dans la déstabilisation de ce pays, majoritairement chrétien, livré à une rébellion
musulmane venue du Nord. Pourquoi en effet avoir tant tardé pour intervenir, alors que la France maintient sur place une force militaire et ne peut ignorer les affrontements meurtriers opposant
depuis de nombreux mois des groupes d’autodéfense de villageois, surnommés «
anti-balaka » (ou anti-machettes) à l’ex-rébellion Séléka. Une alliance de groupes hétéroclites arrivée justement au pouvoir en chassant l’ancien président Bozizé en mars 2012…
avec la bénédiction tacite de Paris ! Alors volonté politique ou impuissance diplomatique ?
Les enjeux de cette nouvelle opération militaire française, baptisée Sangaris,
semblent multiples.Bien que classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, en raison de son instabilité, la Centre-Afrique dispose de riches ressources en bois, or,
diamants et uranium. Les nouvelles forces armées centrafricaines qui ne sont en réalité qu’un ramassis de milices incontrôlées n’obéissant qu’à des seigneurs de la guerre locaux, mettent le pays
sous leur coupe réglée. Sous couvert d’intervention humanitaire et de sécurisation d‘une région, que la France a pourtant sacrément contribué à perturber depuis 2011, notamment en Libye et en
Côte-d’Ivoire, Paris cherche surtout à s’assurer du contrôle des ressources. Quitte pour cela à conforter un pouvoir minoritaire et illégitime, en désarmant des milices chrétiennes qui
chercheraient à se venger sur des populations musulmanes, notamment d’origine Peules, des multiples exactions, violences et pillages à répétition dont elles sont victimes. Rien de mieux en tout
cas pour attiser un conflit ethnico-confessionnel que de croire qu’un gouvernement d’obédience musulmane puisse diriger un pays comportant 80 % de chrétiens. À ce stade, ce n’est plus de
l’incompétence mais une réelle politique de tension permanente et les masques tombent enfin, malgré les grandes déclarations de principe prononcées lors du sommet sur la sécurité et la
coopération qui se tient actuellement .
Paris semble avoir lâché l’Afrique. Ou en tout cas s’être
mis en retrait au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français. La Françafrique semble avoir cédé
le pas à l’Américafrique comme le déclare Patrick Mbemko, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique.
Le projet est
dorénavant connu : remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale qui a débuté, et dont l’Afrique sera l’un des champs de bataille, au propre comme au
figuré. Aucun pays ne pourra rester neutre
et les chefs d’état africains n’ont guère le choix. Soit ils alignent leurs pays sur les visées atlantistes et ils se maintiennent au pouvoir. Soit ils passent outre et ils se retrouvent dans le
camp des parias, mis à l’index des nations « éclairées » et
s’exposant à des rébellions qui trouveront toujours, miraculeusement, les fonds nécessaires pour armer et entretenir une troupe de plusieurs milliers d’hommes, capables de mettre en échec les
armées nationales.
Le but est clair : verrouiller au plus vite le continent
africain face à l’avancée commerciale des pays émergents comme la Chine, la Russie ou le Brésil. Pour cela il faut s’approprier rapidement les terres agricoles, les ressources énergétiques ou
l’exploitation des richesses minérales. Mais il faut aussi contrôler les corridors d’évacuation comme la « route transversale » qui traverse l’Afrique D’est en Ouest, de l’Océan indien au
Pacifique et passe… par la république centrafricaine. Étrangement aucun expert médiatique français n’aborde ces questions. On se contente seulement d’appuyer la version officielle d’une urgence
humanitaire. Certains allant même jusqu’à dénier toute légitimité à la moindre réserve ou critique prononcée. Le syndrome rwandais oblige, la culpabilisation artificielle de la France joue
parfaitement son rôle de censure psychologique et politique.
Toutes ces guerres humanitaires dissimulent en réalité des opérations néo-coloniales qui n’en portent pas le nom. « L’intervention française sera rapide, elle n’a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », c’est la dernière déclaration d’Hollande-le-va-t-en guerre. Souhaitons-le en tout cas. Car comme personne ne semble se bousculer pour financer cette opération, ni l’ONU, ni l’Union Européenne, ni les sociétés privées qui pourtant tirent d’énormes bénéfices de leur situation sur place, il faut souhaiter effectivement que cette probable victoire tactique, ne se transforme en une défaite stratégique, faute de financements. À moins que comme, certains le supputent, Paris ne consente à supporter toute la charge financière.
La Hollandie en est réduite à rendre de martiaux services en échange d’une partie de sa dette, de son déficit ou de délais supplémentaires à titre de remerciements dans le cadre des relations économiques et politiques avec l'Afrique, espérant ainsi redorer l’image ternie de M. Bricolage.Les militaires français coûtent moins cher que les intérêts de la dette. On comprendrait dès lors plus aisément le retournement stratégique français général et son alignement sur des intérêts contraires aux siens. Comme l’écrivait François de La Rochefoucauld : « Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux ». fin de citation. Tout homme a son prix et il est indéniable en tout cas, que même en temps de crise financière, l’argent demeurera toujours le nerf de la guerre.