Cameroun : Code électoral unique, le régime de Yaoundé et l’opposition alimentaire déterminés à tromper les camerounais.
Cameroun : Code électoral unique, le régime de Yaoundé et l’opposition alimentaire déterminés à tromper les camerounais.

Ce nouveau projet de code électoral du gouvernement, nul besoin de le prouver pose un véritable problème d’éthique du fait qu’il ne respecte pas les règles élémentaires démocratiques susceptibles d assurer une élection libre, transparente. Pas plus qu’il ne se veut consensuel pour la simple et bonne raison que, non seulement il ne tient pas compte des avis de l’opposition, mais aussi et surtout laisse paraitre en filigrane une ruse du pouvoir visant à faire endormir l’opposition afin de la prendre de cours. Qu’est ce que les camerounais attendent d un nouveau code électoral unique:
- Un scrutin à deux tours ;
- La responsabilité pénale des personnes coupables de délits électoraux ;
- Une commission électorale indépendante à l opposée d’ELECAM qui est l’émanation du régime ;
- Le dépouillage des urnes au lieu même dans le bureau de vote.
Or que fait le régime de Yaoundé ? Il joue avec l’avenir des camerounais en proposant un projet de loi de plus de 200 articles à débattre en trois jours par une assemblée nationale constituée de 153 députes acquis au régime sur 180. Le Cameroun mérite mieux que cela.
Le Cameroun a des problèmes pour faire venir des investisseurs aujourd’hui. Ce n’est pas parce que les camerounais ne sont pas travailleurs, ou que le pays ne recèle pas de matières premières. C’est tout simplement parce que la notation démocratique du pays par les agences que consultent beaucoup d’investisseurs nous classe parmi les mauvais élèves en matière de démocratie et de bonne gouvernance. En d’autres termes, le Cameroun est une poudrière mieux, une cocotte minute en puissance. La population est frustrée.
Pour investir dans un pays où règnent la dictature et le non droit il faut être un aventurier ou un investisseur ayant la protection de son Etat. Dans la loi économique plus un objet est rare plus il coute cher. Donc moins il ya d’investisseurs choisissant le produit appelé Cameroun, plus la demande de retour en investissement pour ceux qui s’y aventurent est élevé.
Comment comprendre cette myopie du gouvernement qui est entrain de mener le pays à l’abime complet.
Car selon certaines sources, le gouvernement vient de déposer un projet de loi portant modification du
code électoral à l’Assemblée Nationale et les députés ont trois jours pour le discuter et l’adopter. Est-ce vraiment sérieux pour un sujet aussi important pour l’avenir d’un pays ?
Cet avant projet de code électoral est un acte lourd de conséquences pour le Cameroun, car il signera son maintien dans le terreau du sous développement.
Mais à qui la faute ? Est-ce la faute à un gouvernement qui a totalement perdu la réalité et les liens avec le peuple ou à l’opposition qui n’arrive pas s’entendre sur l’essentiel.
Je pense que la faute incombe aux deux. Si l’opposition est divisée même sur l’essentiel. Alors l’espoir d’un changement véritable s’éloigne pour les camerounais qui y espéraient déjà et comptaient sur l’organisation des prochaines élections.
Si l’opposition camerounaise voulait réellement le pouvoir ou bien changer les conditions d’accession, je crois qu’elle aurait organisé des assises nationales pour discuter d’un code électoral unique de l’opposition qu’elle aurait soumis au gouvernement.
Sur le plan tactique, l’opposition pèche beaucoup, Car parler d’une seule voix à travers un document aurait stoppé net les velléités de manipulation du code électoral tel que nous allons le constater dans les prochains jours; et cela n’aurait pas permis au régime de le faire sans réellement en tenir compte. Mais le fait que chacun soit parti rencontrer le premier ministre de manière isolé sans un code électoral consensuel de l’opposition abouti aujourd’hui à ce résultat d’un code qui n’est ni éthique ni démocratique.
L’opposition camerounaise est soit manipulée par le gouvernement, soit elle manque de vision et de stratégie.
Elle doit comprendre que face à un système, il faut un autre système. Comme tout gouvernement le régime est cohérent avec lui-même, et agit exactement comme tout gouvernement sans concurrent.
Si le gouvernement ose déposer un tel projet, c’est tout simplement parce qu’en face il n’y a pas du répondant.
On ne comprend plus ce que l’opposition veut. Comment jusqu'à présent elle n’arrive pas à comprendre qu’il ne faut plus jouer solo avec le régime RDPC. Le code électoral n’est pas l’élection d’un individu à la magistrature suprême. Donc si elle ne peut même pas se mettre d’accord sur un minimum, surtout à un moment aussi important, c’est grave.
Le gouvernement est responsable et l’opposition également.
Quant au régime de Yaoundé on constate qu’il a réellement un problème éthique pas seulement au niveau des élections. On dirait que certains veulent le maintien du pays dans les difficultés qu’il connait aujourd’hui. Si tel n’est pas le cas, comment comprendre de tels agissements ?
A L’OPPOSITION CAMEROUNAISE : Pour répondre à cette initiative du gouvernement qui n’est pas de nature à créer l’apaisement dans le pays. Vous devez dés maintenant vous associer, et cela très rapidement afin d’émettre un projet commun de code électoral unique de l’opposition au code gouvernemental. Cela pourra décrédibiliser les réfractaires aux yeux des camerounais et finira par les classer parmi les partis alimentaires, et créer l’espoir du peuple camerounais qui en a besoin.
Par Gabriel Ayi