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Le blog de afrohistorama.over-blog.com

Cameroun : Certains africains ne veulent pas la mort de la françafrique...

27 Avril 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 Certains africains ne veulent pas la mort de la françafrique, selon Bruno Gain, Ambassadeur de France à Yaoundé. «La françafrique n'est pas morte... mais elle est moribonde».

 Mr-BrunoGAIN.jpg Bruno Gain, Ambassadeur de France à Yaoundé

 

ce qui est bien vivace, c'est un nouveau type de partenariat entre la France et les pays africains : un partenariat équilibré et solidaire ; un partenariat débarrassé des scories du passé tout en assumant pleinement une histoire partagée ; un partenariat soucieux de promouvoir le développement du continent, Et cette Françafrique-là, nous l'assumons pleinement. Diplomatiquement vôtre!

Circulez. Pas de grandes déclarations ici. Aurait pu dire trivialement un des deux majordomes suivant, en retrait, l'entretien entre le chef de la mission diplomatique française à Yaoundé et les journalistes du Quotidien Le Messager ce vendredi 20 avril 2012 à la résidence de France au Plateau Atemengue à Yaoundé. Mais le deuxième conseiller d'ambassade, Laurent Touzard, qui suivait de près cette interview, comme de nombreux lecteurs du Messager rompus à la tâche diplomatique, aux relations internationales ou même aux enjeux géostratégiques, trouveront, sans doute, dans cette transcription d'une heure et trente minutes d'échange avec Bruno Gain, du grain à moudre. Ou, du moins, des pistes pour scruter les relations, bientôt centenaires, entre la France et le Cameroun. Car le plénipotentiaire de Paris à Yaoundé depuis le 16 juillet 2009 n'a éludé aucune question des journalistes... Même pas celles liées à la nébuleuse Françafrique qui jalonne peu ou prou les relations entre l'Afrique et l'ancienne métropole. Dans un sens impressionnant de la répartie, ce Rémois a dit sa part de vérité sur la nouvelle donne que Paris voit concernant ses relations avec ses anciennes colonies.

Françafrique morte? Pas encore. Moribonde? Oui. Mais, surtout, relations décomplexées entre l'Afrique et la France, revendique l'ambassadeur de France à Yaoundé. Mais à l'épreuve de l'évocation des pesanteurs de cette relation, le diplomate reconnaît que certains visages de la vie publique française et africaine n'acceptent pas la normalisation de ces rapports.

Conscient peut-être des effets de cette nébuleuse sur la popularité de son pays au Cameroun, ce diplomate de 64 ans (correspondant aussi à l'âge de l'implantation des piliers de la Françafrique) se veut le légat d'une « nouvelle » France. Celle qui se veut «amie» des Camerounais au quotidien et ce, à travers des signes d'amour que sont le C2d, le projet de construction de plus de 1500 salles de classe au Cameroun ou même la délivrance de 85% de visas par rapport aux demandes des Camerounais afin de faciliter les échanges socioéconomiques et culturels.

Imperturbable malgré le bruit de la licorne qui côtoie d'autres animaux dans le vaste jardin qui jouxte la terrasse de sa résidence où il reçoit ses convives, Bruno Gain précise dans quel état d'esprit les Français du Cameroun appréhendent l'élection présidentielle française. S'il reconnaît à demi-mots qu'en fonction de la sensibilité du vainqueur, la politique extérieure française se module, il souligne que ce sont les principes républicains, notamment ceux de la Ve République qui gouvernent l'action de son pays à l'étranger et non pas les individus... Eh oui, vous avez bien lu... Allez voir ce que recommandait Charles de Gaulle ! Lisez plutôt



Comment vivez-vous du Cameroun, l'élection présidentielle française?

Je vis cette élection avec beaucoup d'intensité mais aussi avec une gravité mêlée d'inquiétude. L'Europe et la France traversent une crise économique et financière sans précédent. Les défis auxquels nous devons faire face sont considérables. Jamais sans doute depuis la naissance de la Vème République, les attentes mises sur un président n'auront été aussi fortes. Et l'on sent un électorat encore indécis, perplexe, hésitant, volatile, prêt à changer d'avis et à tourner casaque au moment même de mettre son bulletin dans l'urne. Chaque soir, j'essaye de suivre débats et interventions des candidats, en m'irritant du reste qu'il y soit aussi peu question de politique étrangère et de l'Afrique en particulier. C'est une campagne électorale dure, sans concessions mais je me réjouis de voir que chaque candidat puisse s'y exprimer avec autant de liberté et dans des conditions d'égalité somme toute acceptables même pour les plus petits d'entre eux.


Est-ce la première fois que personnellement, vous prendrez part au vote étant à l'étranger?

Je ne me souviens pas avoir voté à l'étranger pour un scrutin présidentiel. Ce sera donc pour moi une première. J'aime le rituel républicain de ces journées d'élection en France, la nostalgie que l'on éprouve dans les écoles communales où sont souvent installés les bureaux de vote, l'excitation du dépouillement lorsque le scrutin est clos... Si je n'ai jamais voté à l'étranger, j'ai en revanche commencé ma carrière à New-York par le suivi d'un scrutin présidentiel. J'y avais suivi avec fièvre en 1976, en tant que jeune diplomate, la Convention du Parti démocrate qui s'était tenue au Madison square garden et avait adoubé Jimmy Carter comme candidat aux élections présidentielles. Il avait ensuite terrassé son adversaire républicain, Gerald Ford. Je participerai également en mai prochain aux élections législatives.

Pour la première fois en effet, les Français résidant à l'étranger seront appelés à élire 11 députés qui les représenteront à l'Assemblée nationale. Le Cameroun fait partie de la 10ème circonscription qui regroupe les Français résidant dans 49 pays et couvre une vaste zone géographique allant du Liban à Madagascar. C'est un acquis démocratique pour tous les Français expatriés ou résidant hors de France qui devaient jusqu'à présent se contenter d'une représentation, certes précieuse et utile, à l'Assemblée des Français de l'Etranger ainsi qu'au Sénat.


Comment le scrutin se déroule techniquement sur le territoire camerounais?

Nous disposons de 4 bureaux de vote au Cameroun: 2 à Douala, 1 Yaoundé et 1 à Garoua. La réglementation est extrêmement précise — voire tatillonne ! - en ce qui concerne l'organisation pratique du scrutin, depuis la taille et l'emplacement de l'affichage électoral, jusqu'à la disposition des tables et des urnes en passant par la présentation des bulletins de vote où l'accès du bureau de vote aux handicapés. C'est l'accumulation de toutes ces prescriptions réglementaires qui font la difficulté de l'exercice. L'enfer est dans les détails!


Combien de ressortissants français sont attendus dans les urnes au Cameroun?

Au Cameroun, 3733 électeurs se sont inscrits sur nos listes électorales: 2076 pour Douala, 1657 à Yaoundé et Garoua qui sont regroupés dans une seule circonscription consulaire. Il est difficile d'anticiper le taux de participation mais si l'on en juge par le nombre de procurations qui ont d'ores et déjà été établies, ce taux ne devrait pas être négligeable.


Comment les états-majors de campagne des différents candidats déploient-ils leurs équipes au Cameroun?

Même dans des pays lointains comme le Cameroun, les principaux candidats n'ont pas omis de désigner un représentant, lequel a ensuite a pu proposer des assesseurs qui veilleront concrètement au bon déroulement du scrutin dans chaque bureau de vote. C'est une responsabilité importante. S'il y a eu quelques réunions électorales organisées par certains partis politiques à Douala ou Yaoundé, les candidats, en revanche, ne se sont pas personnellement manifestés à ma connaissance.


Quel est le rôle de l'ambassadeur et des autres diplomates, avant, pendant et après le scrutin?

En ma qualité d'ambassadeur, j'assume la direction et la responsabilité des opérations de vote. Bien entendu, le consul général à Douala et le chef de la section consulaire de l'ambassade à Yaoundé agiront en mes lieux et place par délégation de compétences, en tant que de besoin. Plusieurs dizaines d'agents ont par ailleurs été mobilisés pour assurer un déroulement optimal des opérations dans chaque bureau de vote qui sera ouvert de 8 à 18 heures.


La présidentielle française est souvent l'occasion de remettre sur la table la question de la Françafrique. La considérez-vous comme une nébuleuse comme certains officiels africains le laissent entendre?

Si je vous disais que je n'ai jamais entendu parler de ce concept vous me feriez passer pour un plaisantin ! La Françafrique, c'est la tarte à la crème, comme on dit, de tous les journalistes qui écrivent sur l'Afrique francophone. De quoi veut-on parler lorsque l'on évoque ce concept ? De cette nébuleuse de relations ambiguës, complaisantes et parfois occultes auxquelles vous faites allusion ? Alors oui, ce mode de relations est en voie de disparition. Le président Sarkozy l'avait annoncé dans un discours à Cotonou en 2006, alors qu'il n'était encore que ministre de l'Intérieur. Il faut débarrasser la relation franco-africaine de réseaux d'un autre temps, disait-il en substance ; des émissaires officieux qui n'ont d'autres mandats que ceux qu'ils s'inventent... Cette Françafrique est-elle morte aujourd'hui? Je dirai qu'elle est moribonde ; que ce type de relations a laissé place à des relations décomplexées, transparentes et fondées sur un partenariat d'égal à égal respectueux des souverainetés nationales. Oui, la Françafrique que vous avez en tête à vécu. Ses derniers grognards se retirent les uns après les autres et il est hors de question de «retourner à la case Foccart» pour reprendre le titre d'un article de Jeune Afrique... Je ne connais du reste pas un seul candidat au scrutin présidentiel qui n'adhère à l'idée d'une rupture avec ces pratiques dépassées. C'est aujourd'hui enfoncer une porte ouverte que de clamer que l'on veut rompre avec cette Françafrique. En revanche, ce qui est bien vivace, c'est un nouveau type de partenariat entre la France et les pays africains : un partenariat équilibré et solidaire ; un partenariat débarrassé des scories du passé tout en assumant pleinement une histoire partagée ; un partenariat soucieux de promouvoir le développement du continent, Et cette Françafrique-là, nous l'assumons pleinement.


Alors vous êtes au moins au courant que de nombreux réseaux se tissent généralement entre Etats d'Afrique francophone et les grands candidats en France pour éventuellement resserrer les rapports entre la France et ses anciennes colonies?

Quoi de plus naturel que de vouloir resserrer les rapports entre la France et les pays qui ont cheminé avec elle à un moment de leur histoire! Quoi de plus démocratique que de vouloir nouer un dialogue avec des candidats qui briguent la magistrature suprême et peuvent dès lors être amenés à gérer la relation entre ces pays ! Mais nous faisons la même chose au Cameroun. Croyez-vous que cette ambassade se contente des relations — excellentes au demeurant — que nous entretenons avec le gouvernement et le parti majoritaire? Il est bien normal, là aussi, que nous soyons à l'écoute des représentants des partis de l'opposition républicaine, c'est-à-dire celle qui récuse la violence comme moyen d'expression politique ; normal que nous dialoguions de manière sereine avec la société civile ou les institutions religieuses. C'est ce type de relations apaisées qui est la pierre de touche de tout régime démocratique.


La presse locale estime que le président camerounais, Paul Biya, courtise le candidat Hollande, annoncé favori, en ce moment. N'est-ce pas là un signe que des choses s'inscrivant dans le sillage de la Françafrique se font en douce?

Le président Biya est bien entendu libre de nouer les relations qu'il estime opportunes avec toute personne de son choix, y compris M. François Hollande et je ne vois pas au nom de quoi il faudrait s'en offusquer ou y voir une résurgence de la Françafrique. Lorsqu'un chef d'Etat s'entretient avec un leader de l'opposition d'un pays ami, il le fait habituellement, non pas à la dérobée, mais sans ostentation. C'est une question de courtoisie. Et si des collaborateurs du chef de l'Etat se rapprochent du candidat Hollande, quoi de plus naturel puisqu'il s'agit de l'un des principaux prétendants en lice.


De nombreux observateurs estiment que si le président Sarkozy n'a pas effectué de visite à Yaoundé, son homologue camerounais est en droit de tenter de resserrer les liens avec son principal challenger. Qu'en dites-vous?

Je suis consterne que l'on veuille systématiquement réduire la relation franco-camerounaise à la seule dimension des échanges de visites présidentielles. Ceci n'a pas de sens. Les relations entre nos deux pays sont denses, fortes et prospères dans tous les domaines. Le dialogue politique est constant. Ces rapports s'appuient sur une histoire et des valeurs partagées. Si le président Sarkozy n'a pas été en mesure d'effectuer une visite à Yaoundé comme il l'aurait souhaité, c'est parce que son agenda et l'actualité internationale ne le lui ont pas permis. Tout simplement.


Seulement, on sent bien au regard des positions de Chirac et de Sarkozy au sujet de la guerre en Irak ou en Côte d'Ivoire que la politique extérieure de la France change en fonction de la personnalité qui est en poste à l'Elysée. Partant de ce postulat, peut-on estimer que les dirigeants d'un Etat africain se disent qu'il vaille mieux qu'untel plutôt qu'un autre emporte la présidentielle?

Je ne partage pas totalement votre analyse. Un examen attentif de la politique étrangère de la France sous la Vème République montre au contraire une très grande continuité dans ses orientations. Les alternances entre la droite et la gauche n'ont jamais eu d'incidences majeures sur ses choix diplomatiques qui sont toujours restés empreints d'une très grande constante que ce soit sur l'Europe, le Moyen-Orient, les relations transatlantiques ou nord-sud. Peut-être y-a-¬t-il eu des inflexions plus marquées, par exemple sur la question de la défense européenne et du rapport avec l'Otan, mais elles ont alors été dictées par des évolutions difficilement prévisibles, à l'instar de la chute du Mur de Berlin et de l'effondrement du monde communiste. La politique étrangère a toujours été l'apanage du chef de l'Etat dans le cadre d'une Constitution qui est d'une grande plasticité. L'un de mes maîtres à l'université aimait à dire qu'elle avait été «taillée sur mesure pour le Général de Gaulle et en prêt-à-porter pour ses successeurs». Cela dit, même en période de cohabitation droite/gauche, personne n'a remis en cause ce postulat d'une prééminence du président pour le pilotage des relations extérieures.

Je pense que la meilleure conduite à tenir pour ces dirigeants serait surtout de se dire qu'ils traiteront avec le président que les Français se seront choisis, sans présupposer qu'untel serait plutôt meilleur qu'un autre. Quel que soit le futur occupant du palais de l'Elysée, la France continuera d'être un acteur et un partenaire majeurs pour l'Afrique. Dans l'avenir que la France se constitue aujourd'hui, le continent africain est appelé à jouer un rôle de premier plan. Par les hommes d'abord, compte tenu du brassage des hommes et des phénomènes migratoires qui métissent considérablement les deux espaces. Et par l'économie ensuite eu égard au formidable potentiel du continent dans le contexte de relations mondialisées. Nous sommes arrivés au «Temps de l'Afrique» pour reprendre le titre d'un ouvrage de Jean-Michel Severino, l'ancien patron de l'Afd, qui est l'un de mes livres de chevet. Et aucun dirigeant français ne saurait rester aveugle au formidable jeu de forces qui l'animent.


Hollande favori, cela fait le bonheur des ressortissants des pays africains de France qui estiment que la gauche est plus flexible sur la politique d'immigration en France. Ce jugement est-il fondé?

Il y a en effet le préjugé selon lequel la gauche aurait une position plus flexible sur les politiques d'immigration. C'est une affirmation qui doit toutefois être nuancée. Nous nous souvenons tous de la formule de Michel Rocard affirmant que «la France ne pouvait pas se charger de toutes les misères du monde». Et puis il y a le poids des réalités économiques et sociales qui impose aux gouvernements, qu'ils soient de droite ou de gauche, de réguler les flux migratoires. Sans doute un gouvernement de gauche éviterait-il des faux pas tels que la première mouture de la circulaire sur le premier emploi des jeunes diplômés étrangers en France qui a suscité - à juste titre - tant de débats. Mais quels que soient les habillages politiques, le futur gouvernement devra faire preuve de réalisme et de prudence d'autant qu'il s'agit d'un domaine où se développe de plus en plus une solidarité au sein de l'Union européenne. Aucun des Etats membres ne peut en effet se permettre de développer une politique migratoire qui soit en complet décalage ou en rupture avec celle de ses voisins.


Existe-t-il, par exemple, des consignes de Paris en matière de visas de circulation?

Il y a bien entendu des règles qui s'appliquent à tous les pays qui font partie de la zone Schengen. Mais sur certains points, ces règles peuvent s'interpréter avec plus ou moins de souplesse. Nous disposons d'une marge d'appréciation et c'est tant mieux. Ainsi, contrairement à une idée largement répandue au Cameroun, la France est l'un des pays les plus ouverts de la zone, sinon le plus ouvert. En 2011, 9.051 demandes de visas ont été déposées. Sur cet ensemble, 15% des demandes ont fait l'objet d'un refus. Oui, vous avez bien entendu : le taux de délivrance de visas est de 85%! Et je peux affirmer sans aucune crainte d'être démenti que ce taux est le meilleur de tous les pays Schengen. Si certains Camerounais essuient un refus, c'est généralement qu'ils n'ont pas été en mesure de présenter les pièces demandées (sans parler des documents falsifiés...) ou qu'ils n'ont pas été en mesure de présenter un minimum de garanties financières ou d'indications précises quant à leur lieu de séjour. L'affirmation selon laquelle la France serait une forteresse et qu'obtenir un visa serait un tour de force relève ainsi des idées reçues. Cela fait partie des contrevérités qui ont la vie dure. Non seulement notre pays n'est pas une citadelle, mais certains pourraient même nous reprocher d'être une passoire! Pour le seul mois d'avril dernier, 35 ressortissants Camerounais munis de visas ont choisi de ne pas revenir au pays et séjournent donc en France dans l'illégalité... Pour autant, ceci ne nous empêche pas de rester ouverts!


On sent pourtant qu'en fonction de la sensibilité politique de chaque ministre de l'Intérieur, le rythme des refoulements oscille. Pourquoi donc cela?

Il s'agit là aussi d'une idée préconçue. Il n'y a aucune variation dans le pourcentage d'exécution des arrêtés de reconduite à la frontière en fonction de la sensibilité politique des ministres de l'Intérieur. En revanche, il y a une constante : la très grande difficulté de mise en œuvre de ces reconduites compte-tenu de la multiplicité des voies de recours auxquelles peuvent prétendre les demandeurs d'asile déboutés et autres étrangers en situation irrégulière. Il ne s'agit pas de le déplorer ni de s'en féliciter. C'est un simple constat.

Il y a par ailleurs, quelque chose d'exceptionnel qui se fait avec le retour de Français d'origine camerounaise ici. J'en veux pour preuve, cet entrepreneur qui entend créer des plantations dans le département du Moungo, région du Littoral.


Mais il y'en a d'autres qui rencontrent plutôt des malheurs à l'instar de Michel Thierry Atangana...

Le cas Atangana que nous suivons attentivement est préoccupant en effet. Ce ressortissant français incarcéré depuis 15 ans bénéficie de l'assistance consulaire de l'ambassade de France à Yaoundé. Le dossier de l'accusation ne nous paraît pas assez fourni. Je garde confiance en la justice camerounaise qui dira le droit. Mais puisque le procès est en cours et que nous ne souhaitons pas nous ingérer dans une procédure judiciaire du Cameroun, nous veillons pour l'instant que ce compatriote vive pendant son incarcération dans des conditions humaines.


Il y a quelques années, une étude d'une Fondation, Paul Ango Ella notamment, révélait que la France n'était pas très aimée des Camerounais. Y a-t-il aujourd'hui des évolutions?

Comme vous le savez peut-être, j'adore sillonner le Cameroun et me rendre sur le terrain pour aller à la rencontre des Camerounaises et des Camerounais et mieux comprendre leur culture, leurs attentes et leur préoccupation. J'y ai toujours trouvé un accueil des plus chaleureux. J'ai la faiblesse de penser, à travers le prisme de ces multiples contacts, que la France tient en effet une place de choix dans le cœur de chacun. Nous sommes tous conscients des difficultés du passé, des erreurs et injustices qui ont pu être commises au cours de notre histoire commune. Mais j'ai la conviction que cela n'empêche pas une relation forte entre nos deux pays, une relation de nature presque familiale où l'affection est si forte qu'elle permet parfois un langage de vérité ou des tensions toujours surmontées. Et puis n'oublions pas le poids de la diaspora, cette diaspora constructive qui a tant cherché à resserrer ces liens avec la mère-patrie ces derniers temps, tous ces Camerounais résidant de longue date en France et tous ces Français d'origine camerounaise qui contribuent à tisser cette relation si puissante entre nos deux pays. Certes, il y a eu des incompréhensions l'an dernier, au plus fort des crises ivoirienne et libyenne ; mais elles sont restées sans incidences durables, me semble-t-il, sur le fond de cette relation affective et affectueuse. Evitons toutefois de parler d'amour. Pierre Reverdy disait en effet «qu'il y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour». Nous nous efforçons d'en prodiguer autant que faire se peut...

Source : Le Messager

 

Source : Le Messager

 

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