Stand up for Africa/ Levez-vous pour l'Afrique le 20 Aout 2011.
Stand up for Africa in Auguts the 20th in Washington DC / Levez-vous pour l'Afrique le 20 Aout 2011 à Washington DC.
Afrique-Chine : partenariat gagnant-gagnant ou décolonisation occidentale de l’Afrique ?
Afrique-Chine : Partenariat gagnant-gagnant ou décolonisation occidentale de l’Afrique ?
L'Afrique est Ruinée ? La Chine est Preneuse
L'Afrique, les puissances coloniales l'ont pillée jusqu'en 1960, avant de pérenniser leurs intérêts en y soutenant ses régimes les plus brutaux. L'aide, que l'on estime à 400 milliards de dollars pour toute la période 1960-2000 (400 milliards, c'est l'équivalent du PNB de la Turquie en 2007, mais aussi des fonds que l'élite africaine aurait cachés dans les banques occidentales), n'a pas produit l'effet escompté et aurait même, selon une théorie en vogue, empiré les choses.
Le dernier acte de la mondialisation se joue loin des yeux occidentaux. Ses acteurs ? Des milliers de migrants chinois qui s'installent partout en Afrique pour construire, produire et commercer. Serge MICHEL et Michel BEURET, avec le photographe Paolo WOODS, sont allés à leur rencontre.
Nous publions des extraits du prologue de leur livre, qui paraît mardi 20 mai 2011. La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, photographies de Paolo WOODS. © Editions Grasset & Fasquelle, 2008.
"Ni hao, ni hao".Nous marchions depuis dix minutes dans cette rue de Brazzaville quand une joyeuse pelote de petits Congolais s'est arrêtée de courir après un ballon pour nous saluer. Les Blancs, en Afrique, ont l'habitude des "hello mista", des "salut toubab" ou des "Monsieur Monsieur". Mais ces enfants, alignés et souriants au bord de la rue, ont enrichi le répertoire. Ils ont crié "ni hao, ni hao", bonjour en chinois, avant de reprendre leur jeu. Pour eux, tous les étrangers sont chinois.
Quelques centaines de mètres plus loin, une société chinoise était en train de construire le nouveau siège de la télévision nationale congolaise, un bâtiment de verre et de métal comme tombé du ciel dans ce quartier populaire. Et à l'entrée de la rue, cette même société érigeait une villa somptueuse pour un membre du gouvernement, sans doute en remerciement de l'attribution du chantier de la télévision.
En ville, d'autres compagnies chinoises mettaient la dernière main au nouveau ministère des affaires étrangères et de la francophonie et bouchaient les trous d'obus dans les bâtiments touchés par la guerre civile.
A 2 250 km au nord-ouest de là, dans la banlieue de Lagos, au Nigeria, l'usine Newbisco passait pour une malédiction. Fondée par un Britannique avant l'indépendance de 1960, cette unité de production de biscuits secs a changé souvent de mains, aucun propriétaire n'étant capable de la tenir à flot dans un pays où les exportations pétrolières et la corruption étouffent toute autre activité économique.
En 2000, son avant-dernier patron, un Indien, a revendu Newbisco en état de ruine à l'homme d'affaires chinois Y. T. CHU. Lorsque nous sommes entrés dans l'usine, un matin d'avril 2007, une odeur de farine et de sucre flottait dans l'air. Les tapis roulants charriaient chaque heure plus de trois tonnes de petits biscuits aussitôt emballés par des dizaines d'ouvrières. "Nous couvrons à peine 1 % des besoins du marché nigérian", a dit Y. T. CHU en souriant.
Les reporters rentrent souvent d'Afrique avec des histoires dramatiques d'enfants affamés, de conflits ethniques et de violences incompréhensibles. Nous avons bien sûr été témoins de tout cela lors de nos reportages en Afrique ces dernières années, mais, cette fois, au moment de commencer la rédaction de ce livre, ce sont les images d'une Afrique nouvelle qui nous passent devant les yeux : les enfants de Brazzaville qui saluent en chinois, l'usine de biscuits de Lagos ou encore l'autoroute construite au Soudan, que nous avons empruntée à l'été 2007.
Nous roulions depuis deux heures entre Khartoum et Port-Soudan lorsqu'un passage du livre de Robert FISK nous est revenu en mémoire. En 1993, c'est dans un village à gauche de cette route que le reporter britannique avait rendez-vous avec Oussama Ben LADEN, réfugié au Soudan après avoir appelé à la guerre sainte contre les Américains en Arabie saoudite. Pour remercier ses hôtes soudanais, il a expliqué à FISK qu'il allait construire une nouvelle route de 800 km entre la capitale et le grand port.
En 1996, le terroriste est obligé de fuir à nouveau, cette fois en Afghanistan, où il a développé d'autres projets que le génie civil. Qui allait terminer son chantier ? Les Chinois. Ils prévoient même de le doubler d'une voie de chemin de fer.
Arrivées massivement dans le pays dès le milieu des années 1990, les entreprises chinoises y ont déjà investi 15 milliards de dollars, en particulier dans les puits de pétrole qui fournissent aujourd'hui à la Chine jusqu'à 10 % de ses importations.
Pendant plus d'un an, nous avons parcouru des milliers de kilomètres et visité quinze pays pour raconter ce que la Chine fait en Afrique. L'idée nous trottait dans la tête depuis un certain temps, mais elle s'est imposée lors d'une rencontre impromptue avec LANSANA CONTÉ, le président de Guinée, à la fin octobre 2006. Cela faisait une dizaine d'années qu'il n'avait pas parlé à la presse étrangère.
Pourquoi accepter de nous voir, ce jour-là, dans son village natal, à trois heures de la capitale, Conakry ? Peut-être le besoin de prouver qu'il était encore vif, alors qu'on le disait à l'agonie et que le pays se laissait gagner par le chaos. De fait, la discussion fut assez sombre, malgré le décor ravissant de sa grosse villa donnant sur son lac privé. Le président a traité la plupart de ses ministres de "voleurs" et fustigé les Blancs "qui n'ont jamais cessé de se comporter en colons". Il a fait l'éloge d'une Guinée agricole et a paru accablé par la découverte off-shore de gisements pétroliers qui, à son avis, feront de la Guinée un pays plus corrompu encore.
Une seule fois, le visage présidentiel s'est éclairé : lorsque la discussion a glissé sur les Chinois. "Les Chinois sont incomparables" s'est exclamé le vieux général. "Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait".
La présence de Chinois en Afrique n'est plus une surprise. Ces quatre ou cinq dernières années, nous les avions vus progresser un peu partout lors de nos reportages en Angola, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Sierra Leone. Mais le phénomène a changé d'échelle. Tout se passe comme s'ils avaient d'un coup décuplé leurs efforts au point de pénétrer l'imaginaire de tout un continent, du vieux président guinéen, qui ne voyage plus que pour se faire soigner en Suisse, aux petits Congolais trop jeunes pour distinguer un Européen d'un Asiatique.
En quelques années, la Chine en Afrique est passée de sujet pointu pour spécialistes en géopolitique à un thème central dans les relations internationales et la vie quotidienne du continent. Et pourtant, chercheurs et journalistes continuent de brasser les mêmes chiffres macro-économiques : le commerce bilatéral entre les deux régions a été multiplié par cinquante entre 1980 et 2005. Il a quintuplé entre 2000 et 2006, passant de 10 à 55 milliards, et devrait atteindre 100 milliards en 2010. Il y aurait déjà 900 entreprises chinoises sur le sol africain. En 2007, la Chine aurait pris la place de la France comme second plus gros partenaire commercial de l'Afrique.
Ce sont là des chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte les investissements de tous les migrants. D'ailleurs, combien sont-ils ? Un séminaire universitaire organisé à la fin 2006 en Afrique du Sud, où la communauté chinoise est la plus nombreuse, avance le chiffre de 750 000 pour tout le continent. Les journaux africains, eux, se laissent parfois aller à évoquer "des millions" de Chinois. Du côté chinois, l'estimation la plus haute vient du vice-président de l'Association de l'amitié des peuples chinois et africains, Huang ZEQUAN, qui a parcouru 33 des 53 pays africains. Dans une interview au Journal du commerce chinois en 2007, il estime que 500 000 de ses compatriotes vivent en Afrique (contre 250 000 Libanais et moins de 110 000 Français).
Tous ces migrants-là, comme s'ils n'étaient qu'une armée de fourmis, n'ont pas de nom, pas de visage et restent muets. Le plus souvent, les journalistes se plaignent qu'ils refusent de parler. Et le ton des articles pour les décrire est inquiet, voire alarmiste, comme si l'arrivée d'une nouvelle puissance n'était qu'une calamité de plus pour le continent noir, aux souffrances déjà infinies.
Voyons les choses d'une autre façon. L'entrée de la Chine sur la scène africaine pourrait bien représenter, pour Pékin, son couronnement de superpuissance mondiale, capable de miracles aussi bien chez elle que sur les terres les plus ingrates de la planète. Et, pour l'Afrique, cette rencontre marque peut-être le rebondissement tant attendu depuis la décolonisation des années 1960, de son heure qui sonne enfin, du dernier espoir du président guinéen mais aussi des 900 millions d'Africains, le signal que plus rien ne sera comme avant. Passons les acteurs en revue.
Les Chinois d'abord. L'histoire, telle qu'on la raconte en Occident, veut qu'ils vivent depuis des millénaires une aventure tragique, essentiellement collective et confinée à l'intérieur de leurs immenses frontières. Un jour de décembre 1978, alors que l'empire du Milieu se remettait à peine des affres de la révolution culturelle, Deng XIAOPING leur a lancé un slogan révolutionnaire : "Enrichissez-vous".
Vingt ans plus tard, c'est devenu le credo d'un milliard 300 millions de Chinois et, pour une partie d'entre eux, c'est chose faite. Pour les autres, les ruraux surtout, la vie est devenue impossible. Depuis la nuit des temps en Chine, cette catégorie-là cherche à quitter sa terre pour un monde meilleur. La diaspora chinoise, dit-on, est la plus nombreuse au monde, avec 100 millions de personnes, et la plus riche.
Jusqu'en 2000, Pékin tentait encore de freiner le mouvement, afin de ne pas entacher l'image du régime. Aujourd'hui, il l'encourage, en particulier pour les braves qui veulent tenter leur chance en Afrique. Dans l'esprit des dirigeants chinois, et singulièrement dans celui du président, surnommé parfois Hu JINTAO l'Africain, l'immigration est même devenue une partie de la solution pour faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution. "Nous avons 600 rivières en Chine, 400 sont mortes de pollution, affirmait un scientifique dans Le Figaro, sous couvert de l'anonymat. On ne s'en tirera pas sans envoyer 300 millions de personnes en Afrique !" Ils sont pour l'instant des centaines de milliers à avoir fait le grand saut.
Et c'est ainsi que s'achève, dans le plus grand silence, l'une des dernières étapes de la mondialisation et la rencontre des deux cultures les plus éloignées que la terre puisse porter. En Afrique, leur nouveau Far West, les Chinois découvrent à tâtons les grands espaces, l'exotisme, le rejet, le racisme, l'aventure individuelle - voire intérieure.
Ils comprennent que le monde est plus complexe que ne le décrit le Quotidien du peuple. Ces migrants-là se retrouvent tantôt prédateurs, tantôt héros de leur propre histoire, conquistadors ou samaritains. Ils ont, bien sûr, tendance à rester entre eux, à manger comme chez eux, ils ne font pas l'effort d'apprendre les langues autochtones ni même le français ou l'anglais et affichent souvent une moue de dégoût à l'idée d'épouser les coutumes locales, sans parler d'une femme africaine !
A force de s'être enfermés derrière leurs grandes murailles durant des millénaires, les Chinois auraient perdu l'envie de s'adapter aux autres civilisations ou de cohabiter avec elles. Mais aucun ne reviendra indemne d'Afrique. Leurs voyages, leurs découvertes ébranlent désormais l'inertie de la Chine autant qu'a pu le faire, dans les années 1980, sa conversion au capitalisme. Ces Chinois-là feront naître de nouvelles idées, de nouvelles ambitions.
D'ailleurs, leur gouvernement, lui aussi, change depuis qu'il a intensifié sa présence en Afrique. Très attaché à sa devise de "non-ingérence" dans les affaires intérieures, il se rend compte progressivement qu'un soutien trop affiché à certains dictateurs peut lui causer un tort considérable. C'est ainsi que Pékin, après avoir été le plus sûr allié de Khartoum ou de Harare, tente aujourd'hui de freiner l'élan guerrier du Soudan au Darfour et n'aide plus Robert MUGABÉ, le dictateur zimbabwéen, qu'au compte-gouttes.
L'Afrique, ensuite. Les puissances coloniales l'ont pillée jusqu'en 1960, avant de pérenniser leurs intérêts en y soutenant ses régimes les plus brutaux. L'aide, que l'on estime à 400 milliards de dollars pour toute la période 1960-2000 (400 milliards, c'est l'équivalent du PNB de la Turquie en 2007, mais aussi des fonds que l'élite africaine aurait cachés dans les banques occidentales), n'a pas produit l'effet escompté et aurait même, selon une théorie en vogue, empiré les choses.
Il n'empêche, l'Afrique n'a survécu que grâce au sentiment de culpabilité des Occidentaux, qu'elle a fini par décourager. En faisant échouer tous les programmes de développement, en restant la victime éternelle des ténèbres, des dictatures, des génocides, des guerres, des épidémies et de l'avancée des déserts, elle se montre incapable de participer un jour au festin de la mondialisation.
"Depuis l'indépendance, l'Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c'était le but, elle ne s'y prendrait pas autrement", écrit Stephen SMITH dans Négrologie. Avant de poursuivre avec ces mots terribles : "Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n'est preneur".
Erreur, la Chine est preneuse. Pour alimenter sa croissance démesurée, la République populaire a un besoin vital en matières premières dont le continent regorge : le pétrole, les minerais, mais aussi le bois, le poisson et les produits agricoles. Elle n'est pas rebutée par l'absence de démocratie ni par la corruption.
Ses fantassins ont l'habitude de dormir sur une natte, de ne pas manger de la viande tous les jours. Ils trouvent des opportunités là où d'autres ne voient que de l'inconfort ou du gaspillage. Ils persévèrent là où les Occidentaux ont baissé les bras pour un profit plus sûr. La Chine voit plus loin.
Ses objectifs dépassent les anciens prés carrés coloniaux et déploient une vision continentale à long terme. Certains n'y voient qu'une stratégie, apprise de Sun Tsu : "Pour battre ton ennemi, il faut d'abord le soutenir pour qu'il relâche sa vigilance ; pour prendre, il faut d'abord donner".
D'autres croient sincèrement aux partenariats "gagnant-gagnant", ce leitmotiv de la propagande de Pékin. De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines.
Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo Brazzaville, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret.
Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens.
La Chine en Afrique est donc plus qu'une parabole de la mondialisation, c'est son parachèvement, un basculement des équilibres internationaux, un tremblement de terre géopolitique. S'y installe-t-elle au détriment définitif de l'Occident ? Sera-t-elle pour le continent des ténèbres la lumière providentielle ? L'aidera-t-elle à prendre enfin sa destinée en main ?
Pour répondre à ces questions, nous le savions, quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait aller sur place, sillonner l'Afrique de part en part, aller à la rencontre des Chinois et des Africains, se mettre dans la peau des uns et des autres ; il fallait écrire ce livre...
Par Patrick Eric Mampouya
Les 8 erreurs monumentales de Mamadou Koulibaly.
Il vaut mieux que Le Temps présente, pour respecter la transparence qu’il aime tant au point de mettre tous ses problèmes sur la place publique, les 8 erreurs du Pr Mamadou Koulibaly dans la gestion de cette crise postélectorale plutôt que cela nous tombe dessus.
Chaque chose a son temps, dit-on. Selon la règle de la vie, il y a un temps pour semer, il y a un temps pour récolter ; un temps pour lutter et un pour dire la vérité. Et les « vérités » du Président de l’Assemblée nationale, qui sortent maintenant, à l’heure où la France réalise ce que lui-même appelle la recolonisation du territoire ivoirien, par des bombardements et l’instrumentalisation des bandes armées de Ouattara, sont des vérités qui arrivent à contretemps. Ainsi, éclatant en dehors de leur cadre, de leur heure, ces « vérités » apparaissent fondamentalement plutôt comme des contre-vérités. Quels objectifs ? Quel agenda secret ? Quel dessein inavoué ? C’est cela, la problématique. C’est la trame de la réflexion de tous ceux qui n’ont pas attendu la dernière déclaration de Mamadou Koulibaly pour comprendre que l’homme a connu une profonde mutation au niveau de sa vision politique. Etant bien outillé pour savoir que le temps qu’il a choisi pour parler n’est pas un temps où l’on parle, mais où l’on construit, on se demande pourquoi alors a-t-il choisi ce temps pour parler. Quel est son agenda ? Où veut-il conduire la lutte ? On peut comprendre qu’il ait eu des frustrations en tant que numéro 2 du régime. Mais le jeu politique n’est-il pas ainsi ? Même Henri Konan Bédié, alors Président de la l’Assemblée nationale, a rongé ses freins pendant longtemps, attendant son tour, en tant que numéro 2 du régime Houphouët. C’est en cela, comme il aime poser ses problèmes sur la place publique, il convient de rappeler quelques une de ses erreurs monumentales.
Première erreur. Mamadou Koulibaly a toujours reproché à Laurent Gbagbo sa mollesse relativement à la France. Soit. Mais ce Gbagbo qu’il traitait de faible vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, est resté à Abidjan avec toute sa famille et ses proches, pour affronter la même France. Qui, avec l’Onu, a largué sur « sa tête », dans la nuit du 10 au 11 avril 2011, 150 bombes et obus. Et le « peureux » est resté là, stoïquement. Jusqu’au bout, Laurent Gbagbo a assumé pour la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi depuis ce 11 avril, il est entré dans une autre dimension. Ceux qui l’ont vu « mourir » le saluent, comme une icône, un véritable symbole de la lutte de libération pour l’Afrique. Où était-il alors lui, Mamadou Koulibaly, « l’intrépide », avec les siens ? Où était-il lorsque ça chauffait, lui le courageux ?
Quelle carte joue Koulibaly ?
Sa deuxième erreur c’est qu’en tant que numéro 2, il avait la possibilité de dénoncer les prises de positions « irrationnelles » de Gbagbo ou de démissionner en disant par exemple : « On lui parle, il n’écoute pas, il n’écoute personne, il nous conduit au suicide ». Il serait même sorti du Fpi que cela l’aurait grandi. Et Laurent Gbagbo l’a signifié clairement dans son communiqué du 30 mai 2011 : « il tient à relever que pendant toute la durée de la crise, aucune institution de l’Etat, aucune unité militaire n’a rejoint le camp de l’ennemi. Toutes les Institutions de la République lui sont restées loyales. Le peuple est resté soudé derrière les institutions qu’il incarne. Les composantes essentielles de notre pays ne pouvaient pas toutes se tromper en même temps». Mais en ne démissionnant pas, il est censé faire partie du sérail. En tant que tel, pour quelle raison n’était-il donc pas à la cérémonie de prestation-investiture du Président Gbagbo ? Mais non seulement il n’y était pas, alors qu’il court à celle d’Alassane Ouattara, mais c’est lui Koulibaly qui invite ses camarades à cette cérémonie du président du Rdr. Ouattara serait-il devenu aujourd’hui un meilleur symbole pour Koulibaly au point de faire la publicité de sa prestation de serment ?
Troisième erreur monumentale de Koulibaly. Alors qu’il était à l’abri avec sa famille au Ghana, où il n’avait pas à gérer la pression des bandes armées de Ouattara et de la coalition France-Onu, comment comprendre que ce soit la Licorne qui soit allée le chercher pour Abidjan ? Et cela, les habitants de son quartier (Rosier, programme 4) s’interrogent toujours. Ce quartier avait été littéralement assiégé, avec une centaine de soldats Frci à l’entrée, Frci qui y avaient d’ailleurs fait quatre ou cinq descentes musclées. Et c’est pendant cette période qu’il débarque avec les Blancs, à ses petits soins. Et le lendemain, il annonce à la télévision qu’il est venu aider le « Président Ouattara » à rétablir l’ordre constitutionnel. Que s’est-il passé pour qu’avant même qu’il ne parle, il s’affiche déjà avec les Blancs ?
Quatrième erreur monumentale. En plus du fait qu’il soit revenu en Côte d’Ivoire dans les bagages de la Licorne au moment où les gens pleuraient, Mamadou Koulibaly n’a jamais pu prononcer le nom de Gbagbo pour dire par exemple : « Libérez Gbagbo ! », comme si cela était lourd à prononcer. On sentait que cela n’était pas du tout dans ses préoccupations.
Cinquième erreur monumentale. Il a enterré trop top Laurent Gbagbo en célébrant la messe de requiem. Or, à notre sens, la question est de savoir si le rapt colonial dont Gbagbo est victime signifie sa mort politique et définitive. Non ! Bien au contraire, ce kidnapping de Gbagbo depuis ce 11 avril 2011 augure d’une nouvelle approche.
Sixième erreur monumentale. Ayant enterré trop top Laurent Gbagbo, il espère récupérer à moindres frais tous les instruments et plates-formes de lutte de celui-ci (Fpi, Cnrd…Lmp) pour se repositionner. C’est de ce point de vue que beaucoup s’interrogent si ce n’est pas pour lui ouvrir le chemin que Pascal Affi N’Guessan a été arrêté et mis en prison. Affi ne disait qu’il était prématuré d’aller offrir l’Assemblée nationale à Ouattara dans la mesure où sa vice Présidence et Laurent Gbagbo étaient en prison. Koulibaly ne jouerait-il pas sa propre carte en se présentant comme la « solution » ? Persuadé que son heure a sonné, ne serait-il pas en train de mener une course contre la montre en voulant tout boucler avant une éventuelle libération de Gbagbo ? De sorte que dépouillé de tout instrument, l’ancien Président libéré ne servirait plus qu’à inaugurer les chrysanthèmes ? Si dans son communiqué, Laurent Gbagbo a félicité Affi N’Guessan et le comité central du Fpi, sans citer Koulibaly, cela ne signifie-t-il pas, peut-être, qu’il ne se reconnait pas dans le combat du président par intérim de sa formation politique ? Peut-être oui. Peut-être non.
Mais à la lumière des actes de Mamadou Koulibaly, il est permis de s’interroger si, au regard de l’effritement du capital santé du Président Alassane Ouattara, les mêmes puissances étrangères ne le positionnent pas comme étant un des choix possibles (leur option dans le camp Gbagbo) pour représenter la Françafrique au cas où ? Les forces franco-onusiennes ne seraient-elles pas en train d’imposer subtilement aux Ivoiriens un schéma? Simple question.
Mamadou Koulibaly a tourné le dos à la Constitution
Septième erreur monumentale. L’on a vu Mamadou Koulibaly en 2005 se présentant comme le guerrier et l’homme de la Constitution qui ne permet aucun compromis sur la loi fondamentale. Or, cette même Constitution dit, relativement à la situation actuelle, que lorsque le Président de la République est dans une situation d’empêchement, le pouvoir est dévolu au Président de l’Assemblée nationale. Mais voilà que la Constitution lui donne le pouvoir, lui le constitutionnaliste inégalé, il refuse la voix constitutionnelle et vient légaliser le coup d’Etat français (par l’appui des Institutions : Assemblée nationale et Conseil constitutionnel). S’il avait accepté d’assumer ses prérogatives constitutionnelles, Mamadou Koulibaly serait resté à l’exil, aurait formé un gouvernement provisoire et rassemblé tout le monde (légalistes) autour de lui pour la suite de la lutte. Mais il a refusé ce schéma pour venir faire allégeance à Alassane Ouattara.
S’il reproche à Laurent Gbagbo de n’écouter personne, qui écoute-t-il-lui même ? Et si Gbagbo n’est pas rationnel, Ouattara dont il vante le programme est-il rationnel ? Bédié est-il rationnel ? A ces questions Koulibaly n’a pas encore montré de réponses. C’est pourquoi le sentant équivoque, les bases et les sections du Fpi élargies au Congrès national pour la résistance et la démocratie (Cnrd) ont rétabli l’ordre des priorités relativement au débat sur l’entrée ou non de leur parti au gouvernement Soro. Et signifié à leur nouveau leader que ses positions dans les médias mettaient le parti à mal.
Huitième erreur monumentale. Aujourd’hui, la priorité du Pr Mamadou Koulibaly, ce sont les législatives. Or, c’est du trompe-l’œil. Il y aura pas de législatives au sens démocratique du terme. Car pour réviser la loi sur le foncier votée à l’unanimité en 1998, la Constitution et opérer un certain nombre de reformes profondes, Alassane Ouattata veut un contrôle strict et absolu sur l’Assemblée nationale. L’une des missions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) appelées affectueusement par les Ivoiriens, « les Frères Cissé », mission pour laquelle Guillaume Soro est maintenu Premier ministre, est de terroriser les éventuels candidats, Lmp et même Pdci, afin qu’ils connaissent le score certifié de Laurent Gbagbo au Nord au cours de la récente présidentielle. Mamadou Koulibaly fait une erreur de penser que Ouattara va lui faire la faveur de ne pas recommander à ses hommes les intimidations, les les enlèvements, les brimades et le contrôle par la force des pv. Et cela, quelle que soit l’organisation que Mamadou Koulibaly mettra en place et le nombre de représentants qu’il enverra dans chaque bureau de vote. Soit il connait très bien cet agenda des Frères Cissé et y oriente ses camarades malgré l’insécurité, auquel cas, il joue la tactique de l’affaiblissement de Lmp, soit il ignore ce plan, alors il se présente comme un homme politique de peu de maturité. Ce qui serait également discutable.
Quoiqu’il en soit, le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, les militants du Fpi et de Lmp, ne comprennent pas toujours leur camarade Koulibaly. Selon la presse (L'Inter du 10 mai 2011), il se serait préoccupé de ceux des leurs détenus, affirmant à une réunion au Cnrd: « Laurent Gbagbo et son épouse ont déjà des avocats pour les défendre alors que ce n’est pas toujours le cas pour les autres prisonniers » Mais Koulibaly ne peut dire cela. S’il le dit, soit il décide d’induire intentionnellement en erreur l’opinion, insinuant qu’à l’heure de la détresse, Gbagbo et sa famille ont leurs avocats et oublié les autres, soit il n’est pas dans le secret des dieux. Parce que simplement, les avocats de Laurent Gbagbo sont également les avocats de tous les détenus dans cette affaire. Et ces avocats se sont rendus à Korhogo, Katiola, Bouna et à la Pergola et ont constitué un dossier pour tous les détenus identifiés de Ouattara.
Source : Le Temps . Suzanne Assalé
La guerre en Lybie, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars
La guerre en Lybie, le pouvoir américain et le déclin du système
des pétrodollars
by Mc Sinde
La campagne actuellement menée par l’OTAN contre Kadhafi en Lybie a suscité beaucoup de confusion, autant chez ceux qui ont lancé cette campagne inefficace que chez ceux qui l’observent. Beaucoup de personnes pour lesquelles j’ai habituellement du respect la conçoivent comme une guerre nécessaire contre un « méchant » – bien que certains aient choisi de voir en Kadhafi le « méchant » tandis que d’autres désignent ainsi Obama.
Au contraire, mon avis sur cette guerre est qu’elle est mal préparée et dangereuse – représentant une menace pour les intérêts des Libyens, des Américains, du Moyen-Orient et potentiellement du monde entier. Derrière la prétendue inquiétude concernant la sécurité des civils libyens réside une préoccupation plus profonde qui est à peine reconnue : la défense par l’Occident de l’économie globale des pétrodollars aujourd’hui en déclin.
La confusion qui règne à Washington, incarnée par l’absence de discussion sur un objectif stratégique prépondérant pour justifier l’implication des Etats-Unis dans ce conflit, est symptomatique du fait que le Siècle américain touche à sa fin, et ce d’une manière autant prévisible à long terme qu’erratique et hors de contrôle dans son déroulement.
Confusion à Washington et à l’OTAN
Concernant le soulèvement de la Lybie, les opinions à Washington varient entre celles de John McCain – qui aurait exhorté l’OTAN à apporter « tous les moyens disponibles d’assistance, excepté des troupes au sol», afin de renverser Kadhafi1 – et celles du député Républicain au Congrès Mike Rogers, qui a exprimé une grande préoccupation, y compris sur toute livraison d’armes à un groupe de combattants que l’on connait peu.2
Nous avons pu observer la même confusion à travers le Moyen-Orient. En Egypte, une coalition d’éléments non-gouvernementaux a contribué à préparer la révolution non-violente dans ce pays, tandis que l’ancien ambassadeur des Etats-Unis Frank Wisner Jr. s’est rendu en Egypte afin de persuader Moubarak de s’accrocher au pouvoir. Pendant ce temps, dans des pays qui étaient d’un intérêt majeur pour les Etats-Unis comme la Jordanie et le Yémen, il est difficile de discerner une quelconque politique américaine cohérente.
Au sein de l’OTAN également, il règne une certaine confusion qui menace occasionnellement d’éclater en conflit ouvert. Des 28 membres composant l’OTAN, seulement 14 sont impliqués dans la campagne libyenne, dont seulement 6 dans la guerre aérienne. Parmi ces derniers, seulement trois pays – les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France – offrent un appui tactique aérien aux rebelles combattant au sol. Lorsque de nombreux pays membres de l’OTAN gelèrent les comptes en banque de Kadhafi et de ses proches soutiens, les Etats-Unis, par un acte suspect et peu exposé dans la presse, ont gelé l’intégralité des 30 milliards de dollars de fonds du gouvernement libyen auxquels ils avaient accès (voire plus bas pour de plus amples détails sur ce sujet). L’Allemagne, nation la plus puissante de l’OTAN après les Etats-Unis, s’est abstenue lors du vote de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; et son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a depuis déclaré : « Nous ne verrons pas de solution militaire, mais une solution politique. »3
Un tel chaos aurait été impensable durant la période culminante de l’hégémonie des Etats-Unis. Obama semble paralysé entre son objectif déclaré – l’exclusion de Kadhafi du pouvoir – et les moyens dont il dispose, au vu de l’engagement couteux des Etats-Unis dans deux guerres, et du fait de ses priorités de politique intérieure.
Afin de comprendre la confusion des Etats-Unis et de l’OTAN au sujet de la Libye, nous devons observer d’autres phénomènes :
• L’alerte lancée par Standard & Poor’s concernant l’imminence d’un abaissement de la notation des Etats-Unis.
• La hausse sans précédent du prix de l’or au dessus du seuil des 1500 dollars l’once.
• Le blocage politique aux Etats-Unis au sujet des déficits de l’Etat fédéral et des Etats fédérés, et comment agir dans cette situation.
En pleine remise en question libyenne de ce qu’il reste de l’hégémonie américaine, et en partie comme conséquence directe de la stratégie confuse des Etats-Unis en Libye, le baril de pétrole a atteint les 112 dollars. Cette hausse de prix menace de ralentir ou même de renverser la reprise économique chancelante des Etats-Unis, et démontre en quoi – parmi de nombreuses autres raisons – la guerre en Libye n’est pas en train de servir les intérêts nationaux des Etats-Unis.
Depuis le début, la confusion au sujet de la Lybie a été évidente à Washington, particulièrement depuis que la secrétaire d’Etat Clinton a défendu une politique de non-survol, que le Président Obama a déclaré ne vouloir envisager qu’en option, et contre laquelle le secrétaire à la Défense Gates a lancé des mises en garde.4 Il en a résulté une série de mesures temporaires, au cours desquelles Obama a justifié une réponse américaine limitée en désignant les implications astreignantes des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.
Pourtant, malgré un enlisement s’installant au sein-même de la Libye, une série de nouvelles escalades graduelles ont été envisagées, de la fourniture aux rebelles d’armes, de fonds et de conseillers jusqu’à l’introduction de mercenaires, voire même de troupes étrangères. Le scénario américain commence de plus en plus à ressembler à celui du Vietnam, où la guerre a aussi débuté sur une échelle modeste avec l’introduction secrète d’opérateurs puis de conseillers militaires.
Je dois avouer que le 17 mars, j’étais moi-même hésitant concernant la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui établissait ostensiblement en Libye une zone de non-survol destinée à la protection des civils. Mais depuis lors, il est apparu que la menace contre les rebelles incarnée par les troupes et la rhétorique de Kadhafi était bien moindre qu’elle n’était alors perçue. Pour citer le professeur Alan J. Kuperman :
« […] Le Président Barack Obama a grossièrement exagéré la menace humanitaire afin de justifier une action militaire en Libye. Le Président a avancé qu’une intervention était nécessaire afin d’éviter un ‘bain de sang’ à Benghazi, seconde ville de Libye et bastion des rebelles. Mais Human Rights Watcha publié des données concernant Misrata, troisième ville la plus peuplée de Libye qui a été le théâtre de combats prolongés. [Ces données] révèlent que Mouammar Kadhafi n’est pas en train de massacrer délibérément des civils mais plutôt qu’il cible étroitement les rebelles armés qui combattent contre son gouvernement. La population de Misrata est d’environ 400 000 habitants. En presque deux mois de guerre, seulement 257 personnes – incluant des combattants – sont morts là-bas. Parmi les 949 blessés, seulement 22 – soit moins de 3 % – sont des femmes. […] De même que Kadhafi n’a jamais proféré la menace d’un massacre de civils à Benghazi, tel qu’Obama l’a prétendu. La mise en garde ‘sans pitié’ du 17 mars ciblait seulement les rebelles, comme il a été rapporté dans le New York Times, qui nota que le dirigeant de la Libye promît l’amnistie à ceux « qui jetteraient leurs armes ». Kadhafi a même offert aux rebelles une voie de détresse et une frontière ouverte avec l’Egypte pour éviter un combat ‘à l’issue amère’. »5
L’histoire des interventions toujours en cours des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan suggère que nous devrions nous attendre à un lourd bilan humain si l’actuel enlisement en Libye perdure ou donne lieu à des escalades supplémentaires.
Le rôle des intérêts pétroliers et financiers dans cette guerre
Dans American War Machine,j’écris comment :
« A travers une dialectique apparemment inévitable, […] la prospérité dans les Etats importants a encouragé l’expansion, et celle-ci a créé au sein des Etats dominants des disparités de revenus grandissantes.6 Dans ce processus, l’Etat dominant lui-même a été altéré, puisque ses services publics furent progressivement appauvris dans le but de renforcer des arrangements sécuritaires bénéficiant à peu de personnes tout en oppressant la majorité.7
Ainsi, pendant de nombreuses années, les affaires étrangères de l’Angleterre en Asie en sont arrivées à être conduites en grande partie par la Compagnie anglaise des Indes orientales […]. D’une façon similaire, l’entreprise américaine Aramco, représentant un consortium composé des majors pétrolières Esso, Mobil, Socal et Texaco, conduisit sa propre politique étrangère en Arabie, disposant de connexions privées avec la CIA et le FBI.8 […]
De cette manière, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont hérité de politiques qui, lorsqu’elles furent adoptées par les Etats métropolitains, devinrent inamicales à l’ordre public et à la sécurité. »9
Dans les derniers stades du pouvoir hégémonique, l’on observe de plus en plus d’interventions brutes menées pour des intérêts restreints, sabordant les efforts antérieurs aspirant à la création d’institutions internationales stables. Prenons en considération le rôle du raid Jameson – qui résultait d’une conspiration – dans la République sud-africaine des Boers à la fin de l’année 1895. Ce raid, conçu pour favoriser les intérêts de Cecil Rhodes, contribua à engendrer la Seconde Guerre des Boers.10 Ou envisageons la conspiration franco-anglaise avec Israël en 1956, fomentée dans une tentative absurde et vaine de garder le contrôle du Canal de Suez.
A présent considérons les efforts de lobbying des majors pétrolières comme étant des facteurs de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Vietnam (1961), en Afghanistan (2001) et en Irak (2003).11 Bien que le rôle des compagnies pétrolières dans l’implication des Etats-Unis en Libye reste obscure, il est quasiment certain que les réunions de la Commission d’études énergétiques de Dick Cheney ne traitaient pas seulement des réserves pétrolières sous-exploitées de l’Irak, mais également de celles de la Libye – estimées à environ 41 milliards de barils, soit environ un tiers des réserves de l’Irak.12
Ensuite, certains à Washington s’attendaient à ce qu’une rapide victoire en Irak soit suivie par des attaques similaires contre la Libye et l’Iran. Il y a quatre ans, le général Wesley Clarke a déclaré à Amy Goodman sur Democracy Now que peu après le 11-Septembre, un général au Pentagone l’informa que de nombreux pays seraient attaqués par l’armée des Etats-Unis. La liste incluait l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran.13 En mai 2003 John Gibson, directeur général de la division Services énergétiques de l’entreprise Halliburton, déclara dans un entretien avec l’International Oil Daily : « Nous espérons que l’Irak sera le premier domino et que la Libye et l’Iran suivront. Nous n’aimons pas être mis à l’écart des marchés car cela donne à nos concurrents un avantage déloyal. »14
Il est également de notoriété publique que la résolution 1973 de l’ONU imposant le 17 mars une zone de non-survol suivait de peu la menace publique proférée par Kadhafi le 2 mars d’exclure les compagnies pétrolières occidentales de Libye ; de même qu’elle suivait son invitation faite le 14 mars aux firmes russes, chinoises et indiennes à produire le pétrole libyen à leur place.15 De façon significative, la Chine, la Russie et l’Inde (rejoints par le Brésil, leur allié parmi les BRICS) se sont abstenus durant le vote de la Résolution 1973.
La question du pétrole est étroitement liée à celle du dollar, car le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale dépend largement de la décision de l’OPEP de libeller les achats du pétrole de l’OPEP en dollars. L’économie actuelle des pétrodollars se fonde sur deux accords secrets passés durant les années 1970 avec les Saoudiens pour recycler les pétrodollars dans l’économie des Etats-Unis. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et durable de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar U.S. ; le second sécurisait un soutien saoudien continuel pour la tarification de l’intégralité du pétrole de l’OPEP en dollars. Ces deux accords garantissaient que l’économie des Etats-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Depuis lors, le plus lourd fardeau a en fait été porté par les économies des pays les moins développés, qui doivent acheter des dollars pour leurs fournitures en pétrole.16
Comme Ellen Brown l’a relevé, d’abord l’Irak et ensuite la Libye ont décidé de défier le système des pétrodollars et de stopper leurs ventes de pétrole en dollars, peu avant que ces deux pays ne soient attaqués :
« Kenneth Schortgen Jr., écrivant pour Examiner.com, remarqua que ‘undefinedix mois avant l’entrée des Etats-Unis en Irak pour faire chuter Saddam Hussein, cette nation pétrolière avait entrepris la démarche d’accepter les euros au lieu des dollars pour son pétrole, et cela devint une menace pour l’hégémonie globale du dollar en tant que monnaie de réserve, et pour sa domination en tant que pétrodollar’.
Selon un article russe intitulé ‘Bombardement de la Libye – La punition de Kadhafi pour sa tentative de refuser le dollar U.S.’, Kadhafi a entrepris une même démarche audacieuse : il initia un mouvement destiné à refuser le dollar et l’euro, et appela les nations arabes et africaines à utiliser à la place une nouvelle monnaie, le dinar or. Kadhafi suggéra d’établir un continent africain uni, avec ses 200 millions de personnes utilisant cette monnaie commune... Cette initiative était perçue négativement par les Etats-Unis et l’Union européenne, le Président français Nicolas Sarkozy qualifiant la Libye de menace pour la sécurité financière de l’humanité ; mais Kadhafi continua d’appuyer la création d’une Afrique unie.
Et cela nous ramène à l’énigme de la banque centrale libyenne. Dans un article posté sur Market Oracle, Eric Encina observa :
‘Un fait très rarement mentionné par les politiciens occidentaux et les experts médiatiques : la Banque Centrale de Libye est à 100% détenue par l’Etat […] Actuellement, le gouvernement libyen fabrique sa propre monnaie, le dinar libyen, grâce aux installations de sa propre banque centrale. Peu de personnes peuvent remettre en question le fait que la Libye soit une nation souveraine avec de vastes ressources, capable d’alimenter son propre destin économique. Un problème majeur pour les cartels bancaires globalistes est que, pour faire des affaires avec la Libye, ils doivent passer par la Banque Centrale libyenne et par sa propre monnaie, un endroit où ils n’ont absolument aucun ascendant ou aucune capacité d’influence. Par conséquent, faire chuter la Banque Centrale de Libye (BCL) peut ne pas apparaître dans les discours d’Obama, de Cameron et de Sarkozy, mais cet objectif est certainement au sommet de l’ordre du jour globaliste consistant à absorber la Libye dans sa ruche de nations dociles.’ 17
La Libye n’a pas seulement du pétrole. Selon le FMI, sa banque centrale renferme environ 144 tonnes d’or dans ses coffres. Avec une telle réserve d’actifs, qui aurait besoin de la BRI [Banque des Règlements Internationaux], du FMI ou de leurs règles ? » 18
La proposition récente de Kadhafi d’introduire un dinar or pour l’Afrique ravive l’idée d’un dinar or islamique émise en 2003 par le Premier Ministre malaysien Mahathir Mohamad, ainsi que par des mouvements islamistes.19 Cette idée, qui contrevient aux règles du FMI et qui est conçue pour les contourner, a eu du mal à être concrétisée. Mais aujourd’hui, les pays stockant de plus en plus d’or plutôt que des dollars n’incluent pas seulement la Libye et l’Iran, mais également la Chine, la Russie et l’Inde.20
L’intérêt de la France à mettre un terme aux initiatives africaines de Kadhafi
L’initiative des frappes aériennes semble être venue initialement de France, avec un soutien précoce de la Grande Bretagne. Si Kadhafi était parvenu à créer une Union africaine soutenue par la monnaie et les réserves d’or de la Libye, la France, qui reste le pouvoir économique prédominant dans la plupart de ses anciennes colonies centre-africaines, aurait été la grande perdante. D’ailleurs, un rapport de Dennis Kucinich aux Etats-Unis a corroboré l’assertion de Franco Bechis en Italie, transmise par le Réseau Voltaire en France, selon laquelle « des plans pour déclencher la rébellion de Benghazi furent initiés par les services de renseignement français en novembre 2010. »21
Si l’idée d’attaquer la Libye provient de la France, Obama a rapidement soutenu les plans français visant à contrecarrer l’initiative africaine de Kadhafi avec sa déclaration unilatérale d’une urgence nationale, nécessaire pour geler l’intégralité des 30 milliards de dollars de la Banque de Libye auxquels les Etats-Unis avaient accès. (Cette opération fut rapportée de manière trompeuse dans la presse U.S. comme étant un gel des fonds du « Colonel Kadhafi, de ses enfants et de sa famille, ainsi que des membres importants du gouvernement libyen »22 Mais en réalité la seconde section du décret d’Obama visait explicitement « Toutes les propriétés et intérêts […] du Gouvernement de Libye, ses agences, ses représentants et ses entités sous son contrôle, ainsi que la Banque Centrale de Libye. »23) Alors que ces dernières années les Etats-Unis ont activement utilisé des armes financières, cette confiscation de 30 milliards de dollars, « la plus importante somme gelée par une sanction ordonnée par les Etats-Unis », avait un précédent : la confiscation –potentiellement illégale, et résultante certaine d’une conspiration – des actifs iraniens en 1979 au nom de la Chase Manhattan Bank alors menacée.24
Les conséquences, pour l’Afrique autant que pour la Libye, de ce gel de 30 milliards de dollars ont été clairement expliquées par une observatrice africaine :
« Les 30 milliards de dollars U.S. gelés par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale de Libye et ont été affectés en tant que contribution libyenne à trois projets clés qui auraient ajouté les touches finales à la fédération africaine – la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye ; l’établissement en 2011 du Fond Monétaire Africain qui devait être basé à Yaoundé avec un fonds de capitaux de 42 milliards de dollars ; enfin la Banque Centrale Africaine située à Abuja au Nigéria, qui lorsqu’elle commencera à imprimer de l’argent africain sonnera le glas du franc CFA grâce auquel Paris a réussi à maintenir son emprise sur certains pays africains durant ces cinquante dernières années. Il est aisé de comprendre la colère de la France contre Kadhafi. »25
Cette même observatrice énonce les raisons qui la portent à croire que les plans de Kadhafi pour l’Afrique ont été plus bienveillants que ceux de l’Occident :
« Ceci débuta en 1992, lorsque 45 nations africaines établirent la RASCOM (Organisation Régionale Africaine de Communications par Satellite) qui aurait ainsi fourni à l’Afrique son propre satellite et aurait réduit les couts des communications dans le continent. C’était à une époque où les appels téléphoniques vers et depuis l’Afrique étaient les plus chers du monde à cause de la redevance de 500 millions de dollars U.S. empochée par l’Europe pour l’utilisation de ses satellites – comme Intelsat – pour les conversations téléphoniques, incluant celles au sein d’un même pays.
Un satellite africain coutait seulement un payement unique de 400 millions de dollars U.S., et ainsi le continent n’aurait plus à payer une location de 500 millions de dollars annuels. Quel banquier n’aurait-il pas financé un tel projet ? Mais le problème demeurait – comment des esclaves, cherchant à s’émanciper de l’exploitation de leurs maîtres, peuvent-ils demander de l’aide à ces derniers pour obtenir cette liberté ? Sans surprises, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, les Etats-Unis et l’Europe ont seulement fait de vagues promesses durant 14 ans. Kadhafi mit fin à ces futiles appels aux ‘bienfaiteurs’ occidentaux et leurs taux d’intérêts exorbitants. Le Guide libyen mit 300 millions de dollars U.S. sur la table ; la Banque Africaine de Développement ajouta 50 millions de dollars de plus et la Banque de Développement de l’Afrique de l’Ouest 27 millions supplémentaires – et c’est de cette manière que l’Afrique obtint son premier satellite de communications le 26 décembre 2007. »26
Je ne suis pas en position de corroborer l’ensemble de ses assertions. Néanmoins, pour ces raisons et pour bien d’autres encore, je suis persuadé que les actions occidentales en Libye ont été conçues pour contrecarrer les plans de Kadhafi aspirant à instaurer une Afrique véritablement postcoloniale, et pas seulement ses actions contre les rebelles à Benghazi.
Conclusion
Je dois conclure de toute cette confusion et de ces déformations que les Etats-Unis sont en train de perdre leur capacité d’imposer et de maintenir la paix, aussi bien lorsqu’ils agissent seuls qu’avec leurs alliés nominaux. Je proposerais, si ce n’est au moins pour stabiliser et abaisser les prix du pétrole, qu’il est dans les meilleurs intérêts des Etats-Unis de se joindre à Ban Ki-Moon et au Pape pour appuyer un cessez-le-feu immédiat en Libye. Négocier un cessez-le-feu induira certainement des problèmes, mais l’alternative probable à mettre fin à ce conflit est le cauchemar de le voir inexorablement s’aggraver. Les Etats-Unis sont déjà arrivés à cette situation, avec des conséquences tragiques. Nous ne voulons pas subir des pertes similaires au nom du système injuste des pétrodollars, dont les jours pourraient d’ailleurs être comptés.
Ce qui est en jeu n’est pas seulement la relation des Etats-Unis avec la Libye, mais également avec la Chine. L’ensemble de l’Afrique est un espace où l’occident autant que les pays des BRIC investiront. Il est attendu qu’à elle seule, la Chine assoiffée de ressources investira annuellement 50 milliards de dollars en 2015, une somme (financée par le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine) que l’occident ne peut pas dépenser.27 La coexistence pacifique de l’Est et de l’Occident dépendra de la capacité occidentale à accepter une diminution graduelle de son influence là-bas, sans avoir recours à des stratagèmes fourbes (comparables au stratagème franco-anglais à Suez en 1956) visant à maintenir cette influence.
Dans le passé, les transitions d’hégémonie globale ont été marquées par des guerres, par des révolutions, ou par les deux en même temps. La prévalence, à l’issue de deux guerres mondiales, de l’hégémonie américaine sur l’hégémonie britannique constitua une transition entre deux pouvoirs qui étaient essentiellement alliés et culturellement proches. Le monde entier a un immense intérêt à s’assurer que la transition difficile vers un ordre dans lequel les Etats-Unis ne sont plus hégémoniques sera réalisée aussi pacifiquement que possible.
Pornographie au Stade de France lors de la nuit Africaine
HEUREUSEMENT QUE LE BOYCOTT A REUSSI POUR EVITER UNE HUMILIATION CROISSANTE A LA FEMME NOIRE

La NUIT AFRICAINE A PARIS : Un ECHEC RETENTISSANT LIE AU BOYCOTT DES ORGANISATIONS PANAFRICAINES
Mme Calixthe Beyala Ecrivain.
La NUIT AFRICAINE A PARIS : Un ECHEC RETENTISSANT LIE AU BOYCOTT DES ORGANISATIONS PANAFRICAINES
Il n'y a pas si longtemps, l'annonce d'un concert de Kofi OLOMIDE ou de tout autre star de la chanson Africaine et nous voilà nous ruant les pour acheter les billets et faire salle comble. Hier, la France fêtait la Nuit Africaine au Stade de France. Plus... des 3/4 du stade étaient vides. Que s'est-il donc passé pour ce peuple africain français, - ce peuple noir dont la légende prétend qu'il aime tant danser, secouer de l'arrière train, cet amuseur public numéro un, celui-là même qui, lorsqu'il ne distraie pas en tapant dans un ballon ou en sprintant avec vigueur, rit, rit et danse pour le plus grand bonheur du reste de l'univers, - n'aie pas répondu à ce magnifique rendez-vous du bonheur savamment concocté pour lui par des organisateurs scrupuleux ? Oui, c'était une première ! Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que la fête réussisse ! Que Rire et sueur s'entrelacent jusqu'à tard dans la nuit. Qu'à l'aube le bonheur se fige sur la face nègre. Que deux jours plus tard, le légendaire sourire banania soit toujours là à crisper les coins des lèvres, cette bouche noire si prompte à sourire malgré les milles malheurs quotidiennement vécus. Oui, les ingrédients étaient réunis à coups de publicité dans les grands médias français, des affiches géantes aux couleurs de la joie, des voix à la radio vantant la qualité de ses magnifiques chanteurs. Oh, que oui ! Grâce à la nuit Africaine on aurait tout oublié ! Les bombardements sur la Côte d'Ivoire ? Ce n’est pas si grave que çà, mon frère. La vie continue, n'est-ce pas ? Le bombardement sur la Libye et ses milliers, milliers des morts... Oh, que veux-tu que j'y fasse ? C'est la vie ! La vie continue, n'est-ce pas ? Voilà que pour la première fois, les organisations africaines françaises ont décidé de réagir. Elles en avaient marre de ces stars qui ne compatissent jamais aux douleurs des peuples ! Marre de ces artistes tout en ego et en paillettes qui jamais ne disent un mot plus haut que l'autre pour ne point froisser la susceptibilité du sponsor. Ces artistes toujours d'accord sur tout. Oui Monsieur. Merci Monsieur. Merci bwana de me permettre de chanter. Vous tuez ? Tuez donc, je ne suis qu'un artiste, moi ! Vous exploitez ? Exploitez donc, je ne suis qu'un artiste moi ! Ces artistes qui comme des canards ne se mouillent jamais même lorsqu'ils marchent sous une pluie torrentielle ! Alors, alors, les organisations africaines françaises ont lancé un mouvement de boycott de cette nuit Africaine, car ont elles estimé l'Afrique est en deuil, donc son peuple ne saurait chanter ou danser. Et elles ont eu raison, eh oui, raison ! Car le mouvement tout en sourdine a porté ses fruits au-delà de toute espérance. Hier soir, l'immense stade de France prévu initialement pour accueillir entre 70 et 80 000 personnes était vide, oui vide à en pleurer. L'événement lancé à grande pompe n'a réussi à réunir qu'entre 5 et 10 000 personnes tout au plus. Une première expérience, un avertissement pour dire à ceux qui nous manipulent que les donnes ont changé, que l'homme noir devient chaque jour plus conscient des enjeux. Une première pour dire aux artistes Africains, que le faite d'être artiste ne les dispense pas des combats de survie des peuples, qu'ils doivent certes chanter, mais aussi s'engager de manière claire auprès des populations pour qu'enfin advienne un monde meilleur, un monde où chaque nation est respectée, où chaque individu noir ou blanc trouve sa place... En deux mots comme en mille, un monde où il fait bon vivre ensemble.
Côte d’ivoire : Dernières nouvelles
2011-06-13 09:22:02 GMT: APRES LE COUP D'ETAT DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE LE 11 AVRIL 2011 POUR INSTALLER OUATTARA AU POUVOIR : ABDOULAYE WADE DECHAINE CONTRE KADHAFI 6 :
Au cours de la même visite, rappelle encore l’agence chinoise Xinhua, le guide libyen avait aussi suggéré aux Sénégalais de porter plainte contre la France pour demander réparation pour les anciens combattants qui se sont battus pour libérer l'ancienne puissance coloniale. Le dernier séjour du guide libyen à Dakar remonte au mois de décembre 2010 lors des festivals des Arts nègres. Mouammar Kadhafi, avait alors plaidé devant de nombreux jeunes et intellectuels africains pour une unité africaine avec une "armée africaine" et un "gouvernement". Les journalistes chinois, non sans surprise, soulignent qu’au « début des bombardements des occidentaux, le ministre sénégalais des Affaires étrangers, Madické Niang, a demandé l’arrêt des bombardements et de laisser l'Afrique régler le problème. Entre temps, le président sénégalais a changé de position en recevant à Dakar les membres du CNT au mois de mai et le Sénégal est devenu le premier pays africain à reconnaître le CNT comme " représentant légitime du peuple libyen ». Alors si vous croyez que le Sénégal est un pays ami, vous êtes avertis …
2011-06-13 09:20:13 GMT: APRES LE COUP D'ETAT DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE LE 11 AVRIL 2011 POUR INSTALLER OUATTARA AU POUVOIR : ABDOULAYE WADE DECHAINE CONTRE KADHAFI 5 :
Et pourtant, note l’agence de presse chinoise Xinhua, au double plan politique et culturel sans doute pour soutirer plein d’argent au Guide libyen, « Malgré tout, Abdoulaye Wade reste le premier soutien du guide libyen dans son aventure de créer les Etats-Unis d'Afrique et est souvent invité à des rencontres en Libye. Les guides religieux et coutumiers sénégalais sont invités à des manifestations à Tripoli (NDLR : avec l’argent du Guide). Sur le plan économique, la compagnie Oil Libya a fait son entrée au Sénégal en reprenant Mobil Sénégal. Au plan diplomatique, Kadhafi est venue, entre 2006 et 2011, plus de trois fois au Sénégal pour consolider son amitié avec son homologue sénégalais. Lors d'une visite en 2006 à Dakar, il est allé même jusqu'à demander aux parlementaires sénégalais d'élire à vie le président Wade. Difficile sans doute d’être Sénégalais avec un président gaga dont l’amitié au volume de votre portefeuille et qui bafoue la dignité de l’Afrique, lui le père du monument de la « Renaissance africaine » érigé à Dakar.
Source: infosCote divoire.net
...puis quelques jours, reste ouvert pour mettre aux habitants de ce camp d'effectuer leurs différentes courses et d'y recevoir de la visite.
Les gendarmes qui étaient de garde ce jour-là ont d'abord pris leurs visiteurs pour des frères d'armes appartenant aux forces de défense et de sécurité de l'armée nationale (FDS). Après vérification, ceux-ci vont se rendre compte qu'il en était rien. Sans attendre, un gendarme alerte ses camarades par ces mots "ce sont des frci". La réaction sera immédiate. Comme s'ils s'attendaient à cette visite, dans les secondes qui vont suivre, les éléments des frci seront encerclés et priés de quitter immédiatement les lieux. Ce qu'ils vont faire sans insister.
Avec la rapidité de la gazelle, les éléments des forces pro-ouattara vont embarquer dans leurs véhicules et rebrousser chemin sans avoir pris le moindre carburant.
Voici une scène qui montre bien que le régime de Ouattara n'a aucune véritable assise dans l'armée nationale. c'est la raison pour laquelle il s'appuit sur sa milice et le soutien des forces françaises stationnées en Côte d'Ivoire. Mais cela durera combien de temps?
(Source : cotedivoire-lavraie.over-blog.fr)
Source: Corimat
manifestation de soutien lancée par la communauté Malienne de Montreuil
Dimanche dernier a eu lieu une manifestation de soutien lancée par la communauté Malienne de Montreuil.
De nombreux Maliens mais aussi de nombreux riverains de toutes origines ont participé à cette manifestation.
Les faits :
Une quinzaine de Maliens dont (des citoyens français, maliens, des titulaires de titres de séjours provisoires, des personnes sans papiers) ont été surpris dans leur sommeil dans la nuit de dimanche 5 juin à lundi 6 juin par l'effondrement d'un immeuble sur leur maison.
Leur maison qui n'était pas squattée comptait 1 rez - de - chaussée et 1 étage.
Tous payaient un loyer. La maison était occupée depuis plus de 10 ans et elle était en bon état.
L'immeuble qui leur est tombé dessus durant leur sommeil était vide, dans un état de délabrement très avancé et en rénovation.
Les règles de sécurité les plus basiques n'ont pas été respectées, à commencer par l'installation de piliers de sécurité pour maintenir l'immeuble qui avait été complètement creusé par les travaux.
Au dires des tous les riverains, les travaux était réalisés dans des conditions de sécurité catastrophiques. Les riverains avaient même peur pour leurs enfants puisque l'immeuble est situé en face d'une école.
Les victimes et les poursuites :
Le bilan de 3 morts pourrait s'alourdir car certaines personnes sont dans état grave et d'autres pourraient rester handicapés à vie.
Les familles Fofana et Maïga composent les principales victimes de ce drame.
L'Amicale des Maliens de Montreuil ainsi que certaines familles et d'autres associations se sont constituées partie civile et ont décidé de poursuivre le Maire de Montreuil, le Préfet de Seine-Saint-Denis et le propriétaire de l'immeuble en travaux.
Notons ici que les familles qui occupaient le logement détruit demandaient depuis plus de 10 ans des logements à la Mairie de Montreuil, en vain, alors que ce sont des familles qui travaillent durs et présentent toutes les garanties financières requises.
Certaines des victimes n'ont toujours pas d'avocat, dû à des querelles et divergences de vues avec les associations qui les encadrent.
Il est à regretter que l'ampleur du drame n'ai pas réussi à réunir tout le monde mais gageons que l'union sacrée pourra se faire très bientôt.
Le Maire de Montreuil, Dominique Voynet ne s'est pas rendue à l'appel de la communauté Malienne ce dimanche. Elle a quand même envoyé une représentante de l'équipe municipale, très agressive et sur la défensive, qui continue à chercher dans l'orage qui a éclaté cette nuit - là les causes de l'effondrement de l'immeuble...Cela se passe de commentaires.
On ose à peine se demander si elle aurait fait de même si les victimes avaient été autres que des Noirs, Africains.
Une permanence de l'association des Maliens de Montreuil se situe dans la rue de la résistance à Croix de Chavaux.
En pièces jointes des photos du lieu du drame et de la manifestation de dimanche 12 juin.
Amaka A Ka
Afrikunie
From Cynthia McKinney: Eyewitness to NATO in Tripoli Tour
From Cynthia McKinney: Eyewitness to NATO in Tripoli Tour
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Hello!
I'm inviting you to please come and support this effort. At each stop, people who have traveled to Tripoli with me on various DIGNITY Delegation trips will be asked to speak and give their
impressions. We will present photos and as-yet unseen video. Proceeds from the tour will help me pay back the loan that got our Delegation to Tripoli and fund other peace work that
will include additional delegations.
Watch this interview of Michel Collon as he recounts the sordid history of our countries against people of color time and time again (thanks Rosemary for the reference): http://www.youtube.com/watch?v=gXFAsz6_W50&feature=player_embedded
Here are the tour dates and locations:
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The ANSWER Coalition is sponsoring a nationwide speaking tour featuring former Congressional representative and presidential candidate Cynthia McKinney, who is currently in Libya on her second fact-finding mission, will offer an eyewitness report exposing the truth that has been concealed by the western corporate media. Also speaking on the tour will be Akbar Muhammad of the Nation of Islam, former U.S. Attorney General Ramsey Clark and Brian Becker, National Coordinator of the ANSWER Coalition. McKinney and the other speakers will shed light on the devastating impact of the U.S./NATO bombing of Libya and the extensive civilian casualties that the White House, Pentagon and the media have persistently denied. McKinney is currently on her second trip to Libya during the NATO bombing. During her time there, she has visited several hospitals, and has conducted video interviews with doctors and the wounded. Under the guise of humanitarian intervention and protecting civilians, NATO has carried out a massive bombing of Africa's largest oil producer. McKinney's report shows how devastating the bombing has been for civilians in Tripoli and elsewhere. Major tour stops include:
Be a sponsor of this nationwide speaking tour featuring Cynthia McKinney. Funds are urgently needed. Please circulate this statement widely via email and social networking websites:
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A.N.S.W.E.R. Coalition
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