Rencontre historique de Foumban : La coalition de l’opposition en téléchargement, et les sept points qui permettront à l’opposition de l’emporter en 2025. par Luc Banemeck
Pour que l’opposition camerounaise ait une réelle chance de gagner l’élection présidentielle d’octobre 2025, plusieurs actions stratégiques et urgentes sont à mettre en œuvre face à un environnement extrêmement défavorable.
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- Unité et candidature unique
L’opposition souffre d’une forte division, avec une multiplication de candidatures qui dilue l’impact des forces anti-pouvoir en place. Les expériences passées montrent que la fragmentation des voix profite avant tout au président sortant et à son parti, le RDPC.
Il est donc crucial de surmonter les intérêts individuels et divergences idéologiques pour rallier plusieurs partis et personnalités autour d’un projet commun et, idéalement, d’un candidat unique
- Mobilisation citoyenne et de la jeunesse
Malgré la fatigue démocratique, la jeunesse camerounaise manifeste une volonté croissante de changement. L’opposition doit aller au-delà des discours pour proposer un projet enthousiasmant, crédible et inclusif, capable de mobiliser massivement les électeurs surtout parmi les jeunes, les femmes et les groupes urbains.
- Surmonter la répression et sécuriser le vote
La répression du climat politique, les menaces et obstacles à l’inscription sur les listes électorales (radiations arbitraires, intimidations), ainsi que la surveillance des militants demeurent des défis majeurs.
Il faut donc créer des comités citoyens indépendants pour surveiller le processus électoral, documenter les violations, et déployer des observateurs pour sécuriser chaque étape du scrutin.
- Combattre la stratégie du régime de division
La multiplication de "candidats marionnettes" semble orchestrée pour semer la confusion et diviser l’opposition. Une campagne de sensibilisation doit exposer ces manipulations pour clarifier auprès de l’opinion le vrai rapport de force.
- Plaidoyer international
La communauté internationale, souvent silencieuse, doit être sollicitée pour mettre la pression sur le pouvoir afin de garantir un minimum de transparence, d’ouvrir l’espace politique et d’accompagner une éventuelle alternance démocratique par des missions d’observation crédibles.
- Sensibilisation et lutte contre le découragement
La démobilisation des militants doit être combattue par une pédagogie civique, la réassurance face aux risques de manipulation du scrutin, et un discours positif valorisant la possibilité d’alternance pacifique.
- Anticiper les fraudes et préparer la contestation
L’histoire récente du Cameroun montre que le pouvoir n’hésite pas à manipuler le processus électoral. L’opposition doit anticiper, former ses représentants de bureaux de vote et préparer une organisation solide, capable de documenter et, si nécessaire, contester les résultats de façon coordonnée et pacifique.
En résumé, sans unité réelle, sans stratégie nationale claire contre la répression et la fraude, ni mobilisation massive, l’opposition aura beaucoup de mal à gagner en 2025. Mais en surmontant ses divisions et en s’appuyant sur la soif de changement d’une partie importante de la société, elle peut faire vaciller l’équilibre établi depuis plus de quarante ans.
Par Luc Banemeck Analyste des investissements Stratégie des organisations
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