Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 11:38
Paul Biya

Paul Biya

 

Qui pourra succéder à Paul Biya avant, en, ou après 2018?

 

 

      Pour ceux qui comme  nous observent la scène politique au Cameroun, il est une constante: la population dans son immense majorité s’est désintéressée de la politique.
Un phénomène qui trouve ses sources dans l’incapacité de l’opposition camerounaise traditionnelle à proposer des options pouvant conduire à un veritable challenge avec le regime au pouvoir en vue d’une alternance. Mais aussi et surtout, ce dédain est la conséquence d’un ensemble de pratiques de la part du regime en place qui tripote les textes à sa guise, finance ses actions avec de l’argent public et de la sorte, verrouille le processus électoral, etc.

Le camerounais lambda pense donc qu’il “ne sert à rien de s’impliquer en politique parce que tout est presque toujours joué d’avance”. Et le “presque” ici a toute sa place. Car même si l’accès au pouvoir semble être verrouillé pour quiconque ne fait pas partie du “cercle”, des pistes et des acteurs existent néanmoins pour porter ce changement.

A trois ans de la prochaine élection présidentielle, il semble que le moment soit venu réfléchir à qui pourrait sérieusement prétendre à la succession du vieux “Lion de Mvomeka’a”.

QUI POUR SUCCEDER A PAUL BIYA?

Des dauphins potentiels, il en existe par dizaine. La question n’est cependant pas de savoir qui pourrait succéder à l’actuel président du Cameroun au pouvoir depuis 32 ans, mais qui aurait charisme et  personnalité tout en étant suffisamment éloignée du régime actuel? Car pour le peuple camerounais dans sa majorité, le but est la rupture après plus de soixante ans de gestion à court terme.

Certains observateurs sont particulièrement dubitatif quant à la capacité de plusieurs anciens pontes du régime actuel à revenir aux affaires sous la casquette de chef de l’état.  A l’image de Marafa Hamidou Yaya ou Polycarpe Abah Abah dauphins longtemps annoncés qui croupissent en prison après avoir été rattrapés par des affaires aux relents politico-judiciaires, toute la classe dirigeante actuelle est mise au ban des prétentions présidentielles. Pour avoir “traîné” dans l’ombre du prince, tous sont comme qui dirait contaminés.

Et dans l’opposition traditionnelle alors? Le constat est amer. Tout d’abord parce qu’elle subit de façon collatérale les dommages liés à la “pourriture” du régime actuel. Pourtant représentée à l’Assemblée Nationale, cette opposition n’arrive jamais à faire bloc (en dehors des revendications à propos des hausses des salaires des élus etc…), à défaut de faire barrage à la main mise du Rdpc dans la promulgation des lois. Le camerounais moyen voit en cette inertie un assujettissement de toute l’opposition au parti au pouvoir, faisant son jeu en dénonçant le jour ce qu’elle encouragera la nuit. Ni John Fru Ndi, Adamou Ndam Njoya, Bello Bouba,…et leurs affidés comme Edith Kah Walla, Jean Jacques Ekindi… ne semblent convenir ou convraincre dans le recherche d’une veritable alternance. Ce spectacle désolant ferait croire qu’il n’existe personne pour porter le destin du Cameroun dès 2018. Que non!

LE DERNIER ESPOIR

A force de fouiller, et sonder les désirs des potentiels électeurs camerounais, il apparaît que deux choses peuvent ramener la sérénité dans le processus électoral.  Premièrement, que le parti au pouvoir cesse d’utiliser les moyens financiers de l’état pour ses actions et ses candidats. Ceci aurait pour conséquence des batailles à armes  égales avec les candidats de l’opposition et des résultats crédibles  Ensuite, qu’il émerge un candidat auquel on n’aurait pas grand chose à reprocher sur le champ politique actuel. Des noms sont avancés, avec en pôle position un certain Serge Espoir Matomba.
Ce jeune (il vient à peine de franchir le cap des trente cinq ans) chef de parti politique a réussi, à coup de discours incisifs à se frayer une place dans l’opposition camerounaise. Pourtant, malgré que son parti politique le Peuple Uni Pour la Renovation Sociale (PURS) n’ait que cinq années d’existence, Serge Espoir Matomba a réussi à se faire élire au conseil municipal de la mairie d’arrondissement de Douala IV qui compte plus d’un million d’habitants. Ceci témoigne de sa grande capacité de mobilisation et parfois de nuisance lors des actions qu’il mène souvent, actions appuyées par son électorat à majorité jeune. Chef d’entreprise qui partage sa vie entre Paris, Lisbone et le Cameroun, il est devenu au gré de ses interventions une figure incontournable dans les médias et forums locaux. Il a le mérite de s’être “construit” tout seul, n’ayant fait partie d’aucune formation politique, (pouvoir et opposition réunis) avant la création du PURS,  ce qui lui permet de jouir d’une virginité politique, qualité quasiment introuvable dans le landernau camerounais. Il se fait d’ailleurs appeler “le bébé prédateur politique” par les caciques et apparatchiks du monde politique local.

En conclusion, 2018 c’est déjà demain. Et s’il fallait voter pour une alternance au pouvoir, ils ne sont pas nombreux qui pourraient prétendre au vote des camerounais. Il y a un espoir, celui de voir grandir ce jeune loup aux dents longues, Serge Espoir Matomba.  Mais il est toujours possible de se tromper.

Achille Assako
Journaliste

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:31
Boko Haram : le bras armé de l’Occident pour détruire le Nigéria et chasser la Chine du Golfe de Guinée

Boko Haram : le bras armé de l’Occident pour détruire le Nigéria et chasser la Chine du Golfe de Guinée

 

       Les amis du Nigéria ne sont pas ceux qui, par une communication surfaite, proposent leur « aide » pour lutter contre la secte islamiste. Il s’agit plutôt d’embrasser l’ennemi nigérian pour mieux l’étouffer !

Premier pays producteur de pétrole en Afrique et sixième mondial avec 2,5 millions de barils par jour, le Nigéria a commis le « crime » de céder des puits de pétrole à la Chine. Une concurrence jugée insupportable pour les États-Unis, la France et l’Angleterre qui pompent le pétrole nigérian sans inquiétudes depuis 50 ans. De leur côté, les pétromonarchies arabes s’inquiètent d’un Nigéria trop puissant qui pourra ne plus se soumettre au diktat de l’Arabie Saoudite et du Qatar sur le marché du pétrole et du gaz. A l’image de l’Iran (2ème) et du Venezuela (5ème producteur de pétrole mondial) qui gèrent leur pétrole en toute souveraineté. Boko Haram est le cheval de Troie qu’utilisent les puissances impérialistes pour contrer la Chine et détruire la première puissance économique africaine qu’est devenu le Nigéria en le divisant en deux états comme au Soudan.

 

Quelques questions pour briser le tabou

Première puissance économique africaine depuis le premier trimestre 2014, premier pays producteur de pétrole en Afrique, le Nigéria qui conserve par ailleurs sa confortable position de première puissance démographique (180 millions d’habitants) du continent retient de plus en plus l’attention des médias. Seulement, dans les chaînes de télévision ou les colonnes des journaux, cette triple puissance qu’est le Nigeria est désormais réduite à un nom devenu son synonyme : Boko Haram. Présenté par les« grands »medias « presstitués » comme un groupe de « fous de Dieu », Boko Haram n’aurait pas d’autres visées que de créer un Califat dans une partie du Nigéria, à défaut de soumettre tout le pays à la loi islamiste, la Charia. Aucun lien avec les puissances impérialo-capitalistes engagées dans une lutte à mort pour conserver l’hégémonie mondiale face à la Chine. Et grâce à la grande communication faite autour de l’ « enlèvement » le 14 avril 2014 de plus de 200 jeunes filles (le nombre varie en fonction des sources) dans la localité de Chibok, la secte islamiste a acquis une renommée planétaire. Ses actions sont relayées autant que celles des autorités nigérianes sont censurées. Comme pour prouver aux yeux du monde que le président nigérian, Jonathan Goodluck n’a paradoxalement aucune chance !

Mais est-ce une surprise si ces médias « oublient » systématiquement de vous dire à qui profitent en dernier ressort les crimes commis par la secte Boko Haram ? Pourquoi notre grande presse garde-t-elle un silence complice sur les origines des fonds et des armes lourdes qui permettent aux adeptes de Boko Haram de semer la mort au Nigeria, et bientôt au Cameroun ? Pourquoi les médias qui arrosent le monde ne diffusent-ils pas ce câble de Wikileaks qui citait nommément l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique à Abuja, Terence P. MacCulley comme le coordinateur des actions de déstabilisation du Nigéria ? Face à la redéfinition des équilibres géostratégiques imposée par la pénétration de la Chine en Afrique, Boko Haram comme la Séléka en République centrafricaine est devenue une arme redoutable pour préserver la mainmise des multinationales occidentales sur les matières premières et accélérer la mise en place d’Africom, le Commandement militaire étasunien pour Afrique.

 

BokoHaram : à qui profitent les crimes de la secte islamiste ?

Pour envahir l’Irak et tuer son président au nom du pétrole, les Etats Unis d’Amérique de Georges Bush ont trompé la planète entière en affirmant que Saddam Hussein, devenu l’ennemi à abattre détenait des Armes de destruction massive. Colin Powell est allé plus loin en sortant des tubes à essai qu’il a présentés en mondovision comme les échantillons de ces armes à la disposition de Saddam Hussein. 10 ans après, tout le monde a constaté qu’il s’agissait d’un gros mensonge made in Washington.

En 2011, une vidéo sur le chef de guerre congolais Joseph Kony postée sur You Tube et largement commentée dans les médias a été regardée dit-on par plusieurs millions d’internautes. Stupéfaits par les crimes de Joseph Kony, les internautes du monde entier ont juré la perte de Kony. En retour, les EU ont proposé leur aide pour officiellement traquer les troupes de l’Armée de Résistance du Seigneur que commande l’ « invisible » Kony. Trois ans après, le résultat est le suivant : Joseph Kony est toujours en fuite. Mais au nom de sa traque, les USA ont installé des bases militaires en République démocratique du Congo, en Ouganda, en République centrafricaine, etc.

Autrement dit, à travers cette campagne, Washington a solidement installé les bases militaires dans cette partie de l’Afrique particulièrement riche en minerais précieux et très sollicités par la Chine qui en a grand besoin pour son industrialisation.

 

Le Nigéria fait son entrée dans la gueule du loup

Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) depuis 1971, le Nigeria garde le record de putschs en Afrique. Le pays a connu plusieurs groupes irrédentistes parmi lesquels le Mouvement pour la Survie du peuple Ogoni (Mosop) que dirigeait l’écrivain Ken Saro-Wiwa (pendu en 1995), le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (Mend). Le Mosop et le Mend avaient des revendications clairement formulées : gestion inclusive des ressources pétrolières. Les membres des deux organisations faisaient recours aux moyens légaux descendant dans la rue pour manifester mais n’hésitaient pas à prendre les armes pour s’attaquer au pouvoir central ou aux compagnies pétrolières, sources de leurs malheurs.

 

BokoHaram : un fantôme à plusieurs facettes

Crée à Maiduguri par Mohamed Yusuf en 2002, au lendemain des attentats du 11 septembre, Boko Haram évolue au gré des événements politiques nigérians et des orientations géostratégiques dessinées par les grandes puissances occidentales.

De 2002 à 2006, la secte s’inscrit dans la logique de recrutement-endoctrinement. Néanmoins, elle effectue quelques actions de violence comme pour prouver sa capacité d’action et se faire connaître. De 2006 à 2009, au fur et à mesure que le sudiste Olusugun Obasanjo s’obstinait à modifier la constitution (2006) pour briguer un troisième mandant à la tête du Nigeria, Boko Haram franchit un pallier dans la violence.

Les Etats de Bauchi, Wudil, Potiskum ,Maiduguri, Borno, Yobe, Kano deviennent le théâtre des violences incessantes. Celles-ci ont fait des morts aussi bien dans les rangs des forces de sécurité que dans la population civile et les adeptes de la secte. Son fondateur a d’ailleurs été exécuté en juillet 2009. Mais, comme cette hydre mythologique dont une tête coupée en faisait renaître 1000, Mohamed Yusuf n’est pas mort avec Boko Haram.

 

Quand Boko Haram s’invite dans la lutte pour le pouvoir entre le Nord et le Sud

Il est un élément qui permet de comprendre le versant nigéro-nigérian du phénomène Boko Haram. Entre 2006 et 2007, le président nigérian d’alors, Olusegun Obasanjo use de tous les stratagèmes pour écarter le candidat favori du Nord à la présidentielle.

Atiku Aboubacar qui a pourtant été son vice-président de 1999 à 2007 est tantôt accusé de corruption, tantôt exclu du parti au pouvoir, le Parti Démocratique Populaire (PDP). Déçu, il quitte le PDP et se présente sans succès à l’élection présidentielle de 2007 sous la bannière du Parti populaire de Tout le Nigéria (ANPP).

Finalement, c’est le malade Umaru Yar’Adoua qui succède à Obassanjo. Yar’Adoua est certes du Nord, mais il n’a pas le poids politique, encore moins le soutien populaire dont jouithttp://cdncache1-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png le richissime Atiku Aboubakar que l’entourage d’Obassanjo trouve trop proche de Washington. Ce qui est sûr c’est que depuis cette brouille de plus et peut être de trop entre le Nord et le Sud, Boko Haram est devenu plus violent que jamais. S’attaquant aux écoles, églises chrétiennes et autres lieux publics. Avec ce nouveau redéploiement, l’on constate que la secte devenue le cheval de Troie de l’élite du Nord Nigéria dispose désormais d’armes lourdes. Ses troupes aujourd’hui estimées à 30 000 hommes, sont plus disciplinées, semblent plus entraînées. Bref elles sont devenues plus « professionnelles » ! Ceci fait immédiatement penser au deash en Irak c’est-à-dire une arme de chantage manipulée par des intérêts occultes...

 

        Finalement, le 5 mai 2010, à la mort du président nordiste OumarouYar’Adoua qui n’a pas fini son mandat, le pouvoir revient au Sud avec l’élection de Jonathan Goodluck, originaire de la région pétrolifère du Delta du Niger. Les musulmans du Nord se sentent une fois de plus floués. Ils estiment que la bande à Jonathan Goodluck et Obassanjo a violé l’accord tacite qui veut que non seulement le Nord et le Sud dirigent le pays à tour de rôle, mais aussi qu’il revient à chaque partie de choisir son candidat-président.

Une disposition que le parti au pouvoir aurait violé aussi bien en 2007 qu’en 2011. On comprend par là pourquoi à l’approche de l’élection présidentielle de 2015, Boko Haram multiplie les actes de terreur qui visent sur le plan interne à fragiliser le président sudiste Jonathan Goodluck.

Pour cette mission, les grands médias jouent un rôle déterminent. Ils font une communication sélective qui consiste à communiquer sur les actions de Boko Haram et à passer sous silence les actions des forces de sécurité nigérianes qui ont fait leurs preuves à plusieurs reprises. En 2009 par exemple, l’armée nationale a infligé une cinglante déculottée aux membres de la secte, tuant son fondateur Mohamed Yusuf et un millier de ses combattants. Dans une lettre datant du 9 août 2009, Sanni Umaru qui s’est présenté comme le successeur de Mohamed Yusuf a reconnu la perte de plus de 1 000 hommes par Boko Haram. Certes gangrené par la corruption, le gouvernement fédéral n’est pas (pour l’instant) l’éléphant mort que vous présente votre téléviseur !

Le Nigéria est confronté à la guerre de quatrième génération et dans celle-ci, la guerre de l’information est un pilier central. Les mediamensonges des journaux et télévisions « presstitués » deviennent des obus de mortier qu’on tire du matin au soir. Notre poste de télévision devient un fantassin de l’ennemi installé dans notre propre salon, tirant jour et nuit en direction de notre cerveau !

Avec les financements de l’élite du Nord et ceux des acteurs extérieurs, la secte islamiste s’est suréquipée et dispose désormais d’armes lourdes ainsi que des chars. Outre les soutiens financiers et logistiques, ces islamistes terroristes bénéficient d’importantes complicités dans l’administration et dans les forces de sécurité. Ce sans quoi il n’aurait jamais été possible d’enlever plus de 200 filles dans un établissement scolaire et disparaitre sans être appréhendé. Parmi les financiers de Boko Haram, le Qatar et l’Arabie saoudite sont en tête de peloton bien sûr pour le compte de l’empire certes mais avec l’avantage de déstabiliser un acteur majeur et futur rival sur le marché du pétrole et du gaz. En 2050, le Nigéria seule aura environ 400 millions d’habitants, soit la troisième puissance démographique du monde. Cela n’arrange pas les affaires de beaucoup de gens...

La dimension occidentalo-impérialiste : fragiliser le Nigeria et écarter la Chine

Les puissances sont jalouses de leur position et des privilèges y afférents. Elles s’emploient à freiner toute concurrence, aussi petite soit-elle. En tant que triple puissance (démographique, économique et pétrolière) africaine, le Nigéria s’est involontairement attiré des ennemis hors du continent. Pour ne pas arranger les choses, l’ancien président Olesugun Obasanjo a commis le « crime » de briser le monopole des entreprises occidentales dans l’exploitation des vastes gisements de pétrole du Nigéria en ouvrant les puits au Chinois.

En effet, pendant plus d’un demi-siècle les compagnies pétrolières françaises, anglaises et étasuniennes ont régné en maîtres imperturbables dans la production pétrolière au Nigéria. Et puis, coup de théâtre ! En avril 2006, le président Obasanjo qui n’a pas reçu l’appui des Occidentaux dans sa tentative de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir se fâche et se tourne vers la Chine. Au grand dam de Shell, Texaco, Chevron..., les autorités nigérianes annoncent en grandes pompes avoir signé un contrat d’exploitation avec la compagnie pétrolière China National Offshore Oilhttp://cdncache1-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png Corporation (CNOOC) pour plus de deux milliards de dollars avec une prévision de production de 225 000 barils jour. Dans la même logique, le président Obasanjo a négocié un prêt d’un milliard de dollars auprès du gouvernement chinois afin de financer la réhabilitation des voies ferrées du Nigéria et acheter du matériel roulant. La partie chinoise se donne deux ans pour produire son premier baril de pétrole au pays de ken Sarowiwa et de Wole Soyinka.

Ce rapprochement Abuja-Pékin crée des insomnies dans les capitales occidentales. Perdre le contrôle du Nigéria qui produit 2,5 millions de barils par jour est un coup dur pour Paris, Londres et Washington. D’autant plus que le Nigéria et son voisin le Cameroun constituent une sorte de glacis stratégique incontournable pour le contrôle du Golfe de Guinée.

De leur côté, l’Arabie Saoudite et le Qatar s’inquiètent de voir le premier producteur africain de pétrole s’affranchir de leur tutelle. L’Iran, deuxième producteur de l’or noir au monde se moque des directives éditées par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Le Venezuela, cinquième producteur mondial de pétrole s’est affranchi des directives des monarchies arabes et de l’impérialisme occidental depuis plus d’une décennie. Il gère son pétrole en toute souveraineté. Or, ad vitam aeternam, ces pétromonarchies entendent être le centre de régulation du marché du pétrole mondial. Ce qui est le seul lot de consolation que leur laisse l’impérialisme occidental.

Face aux velléités souverainistes du Nigéria, les réactions ne se font pas attendre. Chez l’Oncle Sam, on le sait, la meilleure défense c’est l’attaque ! L’administration étasunienne lance précipitamment son Commandement militaire pour l’Afrique en 2008, année où la China National Offshore Oilhttp://cdncache1-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png Corporation (CNOOC) démarrait ses activités pétrolières dans le premier pays producteur de pétrole en Afrique. Dans la précipitation, les EU n’attendent pas l’obtention d’un accord de siège pour lancer l’Africom. Il faut faire quelque chose. Point besoin d’attendre qu’un pays africain accepte d’abriter Africom pour le lancer. Six ans après son lancement, ce Commandement militaire étasunien pour l’Afrique est toujours basé à... Stuttgart en Allemagne.

Certains peuvent toujours y voir une simple coïncidence. Mais, cela n’enlève rien sur le fait que le Commandement militaire étasunien pour l’Afrique ne vise pas à lutter contre le terrorisme comme l’indique le discours officiel. Africom est le bras militaire de la diplomatie étasunienne pour contrer l’émergence d’une puissance endogène et surtout écarter la Chine de Afrique. Pour éviter que l’Empire du milieu ne s’empare de leur place de première puissance économique mondiale, les EU, incapables de fermer les industries chinoises, empêchent que celles-ci puissent accéder aux matières premières qui leur sont indispensables.

La CIA à l’œuvre

S’appuyant sur les câbles de Wikileaks, l’organisation Greenwhite Coalition affirme que pendant plusieurs années, les EU ont déployé les gros moyens pour déstabiliser le géant d’Afrique. En fouillant dans sa mémoire, le pays de Georges Bush a constaté que les troupes de l’Ecomog (EconomicCommunity of West African States Monitoring Group), la force militaire de la CDEAO (Communauté de développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest), majoritairement constituée de militaires nigérians avait jouéhttp://cdncache1-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png un rôle important (institution de cessez-le-feu) dans les guerres civiles au Libéria et en Siéra-Léone dans les années passées.

Craignant que le Nigéria utilise l’Ecomog pour supplanter l’influence des grandes puissances dans la sous-région, le président Georges Bush, fonde l’Acri (Africa Crisis Response Initiative ) en 2004. Avec l’aide de la CIA, l’Acri recrute des jeunes islamistes qu’elle forme à la collecte du Renseignement, au maniement des armes, aux techniques de survie. Les jeunes formés sont mis à la disposition de la secte BokoHaram qui s’en sert pour semer la mort !

Greenwhite Coalition constate également que la CIA a installé les camps d’endoctrinement et de formation le long des frontières poreuses du Nigéria, du Cameroun, du Tchad et du Niger. Bien plus, un autre câble diplomatique étasunien révèle que pour conduire la déstabilisation du Nigéria, l’ambassade étasunienne au Nigéria est devenue un véritable laboratoire. Pour mieux mener le sinistre projet, Washington n’a pas trouvé mieux que Terence P. MacCulley pour occuper le poste d’ambassadeur dans ce pays. Terence P. MacCulley n’est pas un diplomate comme les autres. En plus d’être le coordinateur de la politique étrangère d’Africom, il est l’un des architectes de l’Africa Crisis Response Initiative. Son expérience est mise à contribution pour fragiliser le pouvoir fédéral afin de justifier l’intervention des pays de l’OTAN.

Il n’aura échappé à personne que les attaques de la secte islamiste se font désormais avec une précision digne d’une armée professionnelle bien entrainée ! Elle dispose d’un effectif que la rançon issue du marchandage des otages ne peut payer. Car pour enrôler, nourrir, équiper et soigner des milliers de combattants comme c’est le cas de Boko Haram, il faut avoir des financements importants et réguliers. Or le business des otages n’obéit pas à cet impératif.

Quand Michelle Obama fait le marketing des drones étasuniens au Nigéria

Pour mieux comprendre l’implication des EU dans la déstabilisation du Nigéria, il faut revisiter les derniers évènements qui se rapportent à ce pays. Le dernier en date est incontestablement la campagne « Bring Back our Girls », lancée personnellement par la première dame des Etats Unis d’Amérique. Restée en retrait pendant les six premières années de présidence de son mari, Michelle Obama s’est muée en mascotte du complexe militaro-industriel étasunien. En lançant la campagne Bringbackourgirls sur facebook, elle a légitimement attiré l’attention du monde sur le sort des 200 filles enlevées par la secte islamiste.

Mais, ce qu’on ne dit pas c’est que Michelle Obama a trouvé un nouveau ciel pour les drones étasuniens et un nouveau terrain d’actions pour les Marines et autres forces spéciales étasuniennes. Au nom de la recherche des 200 lycéennes, le président étasunien a décidé l’envoi de 70 militaires au Tchad.

Obama en a profité pour renforcer les effectifs militaires de son pays au Nigeria. Jusqu’en mai 2014, 50 soldats étasuniens étaient régulièrement affectés à l’ambassade des EU au Nigéria. 20 Marines y assuraient la formation des militaires locaux. La campagne lancée par Michelle Obama a permis d’accroitre ce nombre.

Rappelez-vous la campagne lancée pour nous avait-on dit, traquer Joseph Kony. Elle a permis aux EU de quadriller le Congo, l’Ouganda, la RCA… “ Brink Back our Girls ” permet de quadriller l’Afrique de l’Ouest. Etablissant l’axe Mogadiscio-Ouagadougou, avec douze pays sous la botte de Washington. A ce jour, 29 pays africains ont accordé le droit aux EU d’utiliser leurs aéroports. Et n’oubliez jamais que les forces spéciales sont toujours précédées des hommes de Renseignements qui collectent certes des données utiles pour les militaires, mais font de l’espionnage économique et industriel au service de l’Empire. On voit à qui profite les crimes de Boko Haram en dernier ressort. La guerre c’est le plan !

Boko Haram : un pokerhttp://cdncache1-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png menteur très rentable

En français, Boko Haram veut dire : « l’école interdite ». Boko renvoie au livre Book et Haram veut dire interdit. Son contraire est Halal. Plusieurs « spécialistes » et « experts » de Boko Haram préfèrent la traduction suivante : « L’éducation occidentale est un péché ».

Cependant, il est étonnant de constater que Boko Haram ne s’attaque pas aux intérêts des Occidentaux qui sont pourtant ses ennemis objectifs si l’on en croit la traduction des « experts ». Au Nigéria, les grandes marques occidentales ne manquent pourtant pas. Les plus visibles dictent la loi dans le pétrole qui est la principale source en devises du pays.

Au lieu de s’attaquer à elles pour confirmer le caractère Haram de l’Occident, la secte préfère s’en prendre aux Nigérian(e)s dont le crime inexpiable serait d’être chrétien(e)s ou de fréquenter une école laïque. Aboubakar Shekau n’a-t-il pas revendiqué l’enlèvement des 200 filles dans une vidéo ? Quelle incohérence ! Boko Haram est donc ce que son nom n’indique pas. Autrement dit Boko Haram n’est pas ce que vous en savez.

Contrairement à Boko Haram, le Mouvement pour la Survie du Peuple Ogoni et le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger s’opposaient ouvertement aux intérêts de l’Occident. Les deux organisations s’en prenaient directement aux multinationales pétrolières et à leurs relais nigérians. En 1992, trois ans avant sa pendaison à Port Harcourt le 10 novembre 1995 par le régime de Sani Abacha, l’écrivain Saro-Wiwa (assassiné avec 8 autres militants du Mosop) indexait les compagnies pétrolières en termes : « L’exploration pétrolière a transformé le pays ogoni en immense terrain vague. Les terres, les rivières et les ruisseaux sont en permanence entièrement pollués ; l’atmosphère est empoisonnée, chargée de vapeurs d’hydrocarbures, de méthane, d’oxydes de carbone et de suies rejetés par les torchères qui, depuis trente-trois ans, brûlent des gaz vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout près des zones d’habitation. Le territoire ogoni a été dévasté par des pluies acides et des épanchements ou des jaillissements d’hydrocarbures. Le réseau d’oléoducs à haute pression qui quadrille les terres cultivées et les villages ogoni constitue une dangereuse menace ». Poursuivi par les familles des victimes pour complicité dans l’élimination de Saro-Wiwa et ses compagnons, le pétrolier Shell a accepté de payer 15,5 millions de dollars en juin 2009.

La rançon de la mauvaise gestion

Si BokoHaram recrute avec tant de facilité au Nigéria, c’est aussi parce que les dirigeants successifs de ce pays se sont illustrés par une redistribution inéquitable des ressources pétrolières. Exemple : l’écart entre le taux de scolarisation au Sud et au Nord du pays est abyssal. Pareil pour la couverture sanitaire. Tenez ! Sur 100 000 femmes qui enfantent au Nigéria, 1 800 meurent au Nord contre 80 dans le Sud du même pays. Face à cette misère entretenue par les hommes politiques généralement empêtrés dans les affaires de corruption et de détournement de deniers publics, les populations des zones lésées sont réceptives aux manipulations.

Pour attirer le maximum de personnes qu’il a finalement converties au djihad, Mohamed Yusuf, le fondateur de Boko Haram insistait dans ses prêches sur ces inégalités. Il pointait le pouvoir fédéral comme étant la cause du chômage des jeunes. Et ces derniers étaient nombreux qui attendaient leur premier emploi après plusieurs années d’études universitaires. En usant de tous les subterfuges pour écarter le nordistes, Atiku Aboubakar et placer le malade Omaru Yarad’oua, Olesugun Obasanjo à renforcé le clivage Nord-Sud et Boko Haram prospère au Nord parce qu’il a le soutien de l’élite nordiste. Les Nordistes sont prêts à tout pour qu’un sudiste ne remporte pas l’élection de 2015.

L’issue de cette consultation électorale déterminera probablement le cours de l’histoire du Nigéria. Si un ressortissant du Sud gagne, les actes terroristes de Boko Haram vont vraisemblablement se multiplier. Un rapport circonstancié du National Intelligence Council des EU évoque d’ailleurs une probable partition du Nigéria en 2015. Par contre si un nordiste l’emporte, les données pourront changer. Les musulmans verront l’arrivée d’un des leurs à la tête de l’Etat fédéral comme la correction d’une injustice. Comme un instrument au service de l’élite nordiste du Nigéria, BokoHaram aura atteint l’une de ses missions historiques. Mais, puisqu’elle est aussi et surtout au service des puissances étrangères, Boko Haram pourra migrer vers un autre pays exactement comme l’ont fait les djihadistes takfiri abandonnant la Lybie conquise pour la Syrie de Bachar Al-Assad. En clair, ses combattants pourront être envoyés sur un nouveau front pour une mission similaire : contrer la Chine et obtenir des contrats léonins pour les multinationales occidentales.

Après le Nigéria, le Cameroun ?

Le Cameroun est la cible idéale pour les puissances impérialistes occidentales. Pourquoi le Cameroun de Paul Biya ? Comme le président centrafricain François Bozizé renversé par une coalition rebelle en mars 2013, le malheur de Paul Biya c’est d’avoir décidé de diversifier les partenaires économiques du Cameroun. Ainsi, ce pays considéré depuis près d’un siècle comme bastion imprenable de la France a largement ouvert ses portes à la Chine. En 10 ans, l’Empire du milieu a supplanté la France dans l’économie camerounaise. Gagnant progressivement tous les grands marchés : construction des barrages de Mekin et M’mvelle, construction de l’autoroute Douala-Yaoundé, construction du Complexe industrialo-portuaire de Kribi, etc.

Le Cameroun, c’est aussi le verrou du golfe de Guinée et la gâchette de toute l’Afrique. On l’appelle « l’Afrique en miniature ». Déstabiliser ce pays c’est la garantie de mettre le feu à tout le Golfe de Guinée. Déjà, depuis plus de deux ans, les incursions de la secte nigériane ont presque totalement détruit le commerce de bétail dans le nord du Cameroun alors que la misère sociale est justement la raison essentielle pour laquelle la secte recrute si facilement ses djihadistes. La stratégie du chaos est donc bien en marche. Jusqu’ici, les seuls otages occidentaux attribués ou revendiqués par la secte nigériane Boko Haram ont été enlevés au...Cameroun.

Le 19 février 2013, une famille française constituée de Tanguy Moulin-Fournier et son épouse, leurs quatre fils et Cyril le frère de Tanguy sont enlevés à l’extrême-Nord du Cameroun. En visite en Grèce, François Hollande réagira tout de suite en indiquant que cette famille est entre les mains de Boko Haram. Boko Haram n’avait encore fait aucune revendication de ce rapt. Il a fallu attendre le 21 pour qu’Aboubakar Shekau revendique l’enlèvement. En novembre de la même année 2013, un autre Français, Georges Vandenbeusch, 42 ans est enlevé à Nguetchewé, localité du Nord-Cameroun. Le Conseil épiscopal du Cameroun n’a signé aucun communiqué rendant public cet enlèvement. L’instance est restée tout aussi muette après la libération de Vandenbeush le 31 décembre. Ce qui est inhabituel. Lorsqu’un prêtre catholique est en difficulté, le Conseil épiscopal prend officiellement position en condamnant l’acte. Ce qui n’a jamais été le cas pour Georges Vandenbeusch qui était pourtant présenté comme prêtre catholique. Le 5 avril 2014, les prêtres italiens Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri, ainsi qu’une religieuse canadienne sont enlevés à Tchère, à environ 20 kilomètres de Maroua, capitale de la Région de l’Extrême-Nord Cameroun. L’enlèvement est attribué à la secte islamiste. On dirait que BokoHaram ne voit les Occidentaux qu’au Cameroun !

En fait, à travers ces enlèvements, la secte islamiste et ses financiers impérialistes veulent faire passer dans l’opinion internationale que le régime de Yaoundé est incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens et des étrangers et ainsi préparer les esprits à une future occupation militaire du pays comme en Centrafrique.

Une nouvelle carte de l’Afrique se dessine. Les frontières issues de la colonisation n’arrangent plus ceux qui les ont tracées à l’époque. Des informations sérieuses parlent de la constitution d’un nouvel état regroupant le nord du Nigéria, du Cameroun, de la Centrafrique et le sud du Tchad et qui sera un émirat islamique comme celui qui se prépare en Irak.

Finalement, la guerre contre Mouammar Kadhafi en Libye n’est pas différente de celle qui a plongé le Mali dans le chaos. La différence entre le renversement de Laurent Gbagbo en Côte-D’ivoire et de celui de François Bozizé en Centrafrique c’est l’identité des présidents renversés. Au Nigéria, les actions de Boko Haram servent les mêmes intérêts que ceux de la Séléka en République Centrafrique. Par ces temps de faillite économique en occident, les pays de l’Otan, conduits par le nouveau couple anthropophage : EU-France veulent endiguer la pénétration chinoise et reprendre les énormes ressources naturelles disponibles dans cette partie du monde.

Il est également question de déstructurer le continent africain qui sera tout de même la première puissance démographique mondiale en 2050 avec deux milliards d’habitants. Dans cette troisième guerre mondiale qui est la lutte pour l’hégémonie planétaire, tout Etat souverain est un danger pour l’Occident et tout Etat très grand doit être divisé en entités plus facilement manipulables comme au Soudan, et comme prévu pour l’Irak.

La guerre risque d’être longue et large. La campagne d’occultation des vraies causes aussi. Et la grande force de l’impérialisme est de toujours faire porter la responsabilité de ses guerres par d’autres. Ce qui complique évidemment la compréhension des causes profondes et des objectifs finaux des conflits contemporains. Face à cela, le choix devient simple pour les africains : soit combattre pour leur libération définitive et travailler pour devenir la puissance émergente du 21ème siècle, ou alors accepter une recolonisation directe qui cette fois est bien partie pour durer 1000 ans !

Par Carlos BAKE, Olivier A. NDENKOP

 

Source : “Le Journal de l’Afrique n° 003″, 24 octobre 2014, Investig’Action

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 07:40
Etienne Tchisekedi Leader de l'opposition en RDC

Etienne Tchisekedi Leader de l'opposition en RDC

Appel solennel d’Etienne Tshisekedi  aux congolais : Il est temps de mettre fin au régime arbitraire de Kabila.

 

L’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi a appelé mardi à une mobilisation des Congolais pour forcer le “régime finissant” du président Joseph Kabila à quitter le pouvoir, alors que Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), connaissait une seconde journée consécutive de violences contre une nouvelle loi électorale qualifiée de “coup d’Etat constitutionnel” par l’opposition.

Je lance un appel solennel à notre peuple de demeurer mobilisé, de manière permanente, pour contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir en utilisant tous les moyens que nous confère l’article 64 de la Constitution congolaise“, a affirmé M. Tshisekedi, qui préside le principal parti congolais d’opposition, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), dans un communiqué adressé à l’agence Belga.

Cet article stipule que “tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution” datant de 2006.

Le régime d’imposture en place à Kinshasa ne cesse de multiplier les actes irresponsables de provocation, plongeant ainsi la nation (congolaise) dans une impasse totale qui risque d’installer un climat de chaos généralisé“, a ajouté M. Tshisekedi, 82 ans, qui séjourne en Belgique depuis le mois d’août dernier pour poursuivre sa convalescence.

Etienne Tshisekedi est  un vétéran de la politique congolaise – il avait été ministre de la Justice en 1960, peu après l’indépendance de l’ex-Congo belge avant de devenir opposant au maréchal Mobutu Sese Seko puis à Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel chef de l’Etat. Il s’était auto-proclamé vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2011 et ses partisans le qualifient de “président élu” de la République démocratique du Congo (RDC). Mais les résultats officiels de ce scrutin controversé et entaché de fraudes avaient donné la victoire au président sortant Joseph Kabila.

Source : http://popafro.com

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 14:10
Josqeph Ouabari Mariotti Président

Josqeph Ouabari Mariotti Président

Communiqué de  presse

L'Association   CONGO  YA  SIKA

 

 

          L'Association   CONGO  YA  SIKA   qui  en appelle, depuis   toujours,   à  la construction    de  l'Union des Forces de l'Alternance   se  réjouit   de la   nouvelle   dynamique   patriotique et nationale  actée  dans  leur  Déclaration  du 13 janvier  2015  à Brazzaville   par les Partis politiques,  les Mouvements, Associations  de  la société civile et les Personnalités  indépendantes  opposés   au  changement   de la Constitution congolaise  du 20 janvier  2002, suite au  message à la   nation   du   président  de la République  du Congo.

        Ce combat    légitime   et noble   doit être gagné par le  peuple,  la république, la démocratie   et la   nation     afin   que  se   reconstruisent   au Congo  la flamme   de  la  liberté,   de  la  prospérité  et  du bien être  de la  population   dans   la  concorde et  et  la paix.

         L'Association  CONGO   YA SIKA    s'adjoint   aux   signataires de  la   Déclaration  du 13  janvier 2015 qui   en "appellent  au  président   de la République   du Congo   à renoncer    à son projet de  changement de la    Constitution de 2002  par intérêt personnel et l'invitent  à donner la priorité au Congo   et  à bien  vouloir convoquer dès maintenant, en ce ce début  d'année 2015,  un vrai   dialogue politique   national, articulé autour  d'un point  fondamental: la  gouvernance électorale."  

        L'Association  CONGO  YA SIKA   adhère,   comme   le  proposent  les   signataires de la Déclaration  du  13  janvier 2015,   à  la formation  d'un   large Front  uni  contre   la violation  de l'ordre constitutionnel  actuel et contre  un   troisième  mandat de l'actuel  chef de l'Etat  congolais.   

         L'Association  CONGO YA  SIKA   se  dit  disponible avec  d'autres   formations   politiques et  de  la société  civile  pour   représenter  en  Europe  la ligne  politique  des  signataires   de la  Déclaration   du   13  janvier 2015. Elle  s'engage à   donner   une dimension  internationale au soutien   de ce combat    pour   l' alternance  démocratique, le  respect   de  la  constitution,   l'affirmation démocratique de  la  gouvernance  électorale   et  la  promotion   du Front  uni  contre  la violation de  l'ordre  constitutionnel   en  vigueur   et  contre  un  troisième  mandat de Mr Sassou  Nguesso.

        

 

Fait   à  Paris   le  19   janvier  2015

 

 

Pour  l'Association  CONGO  YA  SIKA

 

Le  Président

 

Ouabari Mariotti

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 23:43
COMMENT PRETORIA A REFUSE LE PUTSCH CONTRE MUGABE

L'INGERENCE DE L'OCCIDENT EN AFRIQUE : COMMENT PRETORIA A REFUSE LE PUTSCH CONTRE MUGABE
Thabo Mbeki fait de graves révélations

 

             Devoir de mémoire ! Désormais qu’il est libre de sa parole, n’étant plus aux affaires, le successeur de Nelson Mandela se fait un devoir de témoigner et d’enseigner les plus jeunes sur les réalités géopolitiques qui enserrent le destin du continent africain.

A l’occasion d’une récente interview accordée à l’émission «Talk to Al Jazeera », Thabo Mbeki a fait un certain nombre de révélations. Il a expliqué que son pays a été l’objet de fortes pressions du Premier ministre Tony Blair qui lui demandait de coopérer dans le cadre d’une invasion militaire du Zimbabwe, dont l’objectif était de renverser Robert Mugabe et de le remplacer par Morgan Tsvangirai.

“Il y a un chef des forces armées britanniques (Lord Charles Guthrie) qui a dit qu’il avait dû résister aux pressions du Premier ministre d’alors du Royaume-Uni Tony Blair qui lui demandait de mettre en place un plan militaire visant à renverser physiquement Robert Mugabe. Nous savons cela parce que nous avons subi les mêmes pressions nous invitant à coopérer dans un tel schéma. C’était un schéma de changement de régime, qui devait éventuellement passer par l’utilisation de la force militaire. Nous avons dit non. (…) Vous venez de Londres et vous dites que vous n’aimez pas Robert Mugabe pour des raisons qui vous sont propres. Les gens à Londres ne l’aiment pas et disent qu’ils vont l’enlever et mettre quelqu’un d’autre à sa place. Mais au nom de quoi cela devient-il une responsabilité britannique de décider qui dirige le Zimbabwe ? (…) Nous avons dit non. Laissons les Zimbabwéens s’asseoir et se mettre d’accord sur ce qui est bon pour leur pays”, a révélé Thabo Mbeki.

Le président de l’Association des vétérans de guerre du Zimbabwe Jabulani Sibanda a commenté les propos de l’ancien président sudafricain. “Ce que dit Thabo Mbeki est vrai. Ce qui arrive en Afrique du Nord [ndlr : Libye] et au Moyen-Orient [ndlr : Syrie], c’est la même stratégie qu’ils voulaient employer en Afrique australe. La seule différence est que cette stratégie qui a marché au nord de l’Equateur, à en juger par l’histoire des coups en Afrique du Nord, n’a pas fonctionné au sud de l’Equateur où ils ont eu des problèmes avec leur stratégie parce que la majorité des partis au pouvoir sont des anciens mouvements de libération et ont déjà résisté à de tels mouvements”, a-t-il affirmé le général à la retraite Mark Nyambuya. Les officiers supérieurs maliens, ivoiriens, camerounais ou centrafricains peuvent-ils se bomber le torse comme Mark Nyambuya ?

T.Kouamouo

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 19:13

Cameroun :la liberté ne sera pas octroyée à crédit , et l’alternance ne passera pas par les élections selon l'historien Achille Mbembe.

                  

          Enseignant d'histoire et de sciences politiques à l'université Witwatersrand de Johannesburg, il analyse l’actualité autour de la présidentielle.
 


La France a qualifié l’élection au Cameroun « d’acceptable ». C’est le terme employé par le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Que vous inspire ce genre de commentaire ?


Ce genre de commentaire est typique des rapports que la France officielle entretient avec l’Afrique, et notamment avec ses anciennes colonies. Elle est prête à y accepter des choses qu’elle n’accepterait pas s’il s’agissait de la France elle-même. Cette attitude est très ancienne et elle ne m’étonne pas du tout. Les élites gouvernantes françaises ont grand intérêt à ce que perdure en Afrique centrale en particulier, un ensemble de satrapies au Congo, au Cameroun, au Gabon, au Tchad qui sont devenues des chiens de garde des intérêts français en Afrique.
Mais la France sait aussi revoir ses amitiés, lorsque la situation l’exige et lorsque les systèmes deviennent trop instables. Elle appuie les transitions démocratiques comme en Guinée. Alors, est-ce à dire que le régime de Paul Biya est suffisamment stable pour éviter les crises majeures dans ce pays?
Il n’y a pas de danger immédiat dans la mesure où le régime camerounais en particulier, est parvenu à émasculer la société civile. L’alternative politique au Cameroun dans les circonstances actuelles ne sera pas le produit des élections.

Cette destruction de la société civile camerounaise est-elle le fait du régime de Paul Biya ou le produit de la décolonisation ?


Le Cameroun a été depuis les années de la colonisation, et surtout depuis la guerre d’indépendance dans les années 50, un des laboratoires privilégiés de l’autoritarisme postcolonial à la française. C’est dans ce pays qu’ont été expérimentées, d’abord les techniques de la guerre contre-révolutionnaire que l’on a en suite disséminées en Algérie. C’est également dans ce pays qu’au cours des années Ahidjo et Biya, que l’Etat postcolonial a repris à son compte un ensemble de techniques se rapportant à la fois à la mise en place d’un système clientéliste parmi les plus corrompus de la planète, la division des forces sociales en terme ethnique et la décapitation presque systématique de l’intelligentsia et des associations. M. Biya y a ajouté un zeste de machiavel à l’africaine à travers un style de gouvernement que moi j’appelle le gouvernement spectral, le gouvernement par l’inaction et par l’immobilisme. Il n’a même pas besoin d’être sur place. D’ailleurs il passe l’essentiel de son temps dans un hôtel luxueux à Genève ou alors dans son village.

Alors, comment s’y prend-t-il pour diriger son pays en étant la plus part du temps à l’étranger ou dans son village ?


Mais il s’est entouré d’à peu près une centaine de vieillards, qui à leur tour contrôle la majorité des cadets sociaux, des femmes et des jeunes.
Pourtant dans les années 90 l’opposition et notamment le Sdf représentait une force réelle. Alors comment expliquez-vous le déclin de cette opposition ?
Mais M. Biya a mis en place un rouleau compresseur qui a permis de faire imploser le Sdf. Le Sdf paye d’autre part, son propre aveuglement et son incapacité à analyser objectivement les transformations de la société camerounaise, à s’engager dans une lutte politique sur le long terme. Et donc nous avons à faire aujourd’hui à une opposition imbécile, qui ne sait pas faire masse et qui a perdu énormément de sa crédibilité.

Comment expliquer que ce système ne génère pas une contre violence. Une violence en réaction ?


Je dirais que c’est à cause des traumatismes historiques. Le Cameroun a été le seul pays en Afrique subsaharienne où la lutte pour l’indépendance ait emprunté le chemin de la lutte armée. Cette lutte a été écrasée pendant des décennies jusqu’à l’assassinat d’Ernest Ouandié au début des années 70. L’Etat d’urgence proclamé à l’époque coloniale s’est prolongé longtemps après les indépendances.
Paradoxalement, c’est aussi un pays ou la parole est relativement libre ou la presse foisonne ou les médias se multiplient ; il existe même une petite société civile malgré tout... et malgré tout on a le sentiment que le débat n’existe pas vraiment notamment le débat politique...
Mais c’est une société qui a du mal à faire corps. Les formes d’identification ethniques, sectaires ont été aggravées au cours des 30 dernières années. Il existe une masse énorme de jeune sans emplois ; c’est une société également ou les gens ne veulent pas prendre le risque de mourir pour des causes qui leur sont chères. Comme partout ailleurs en Afrique, ils estiment que la liberté peut leur être octroyée à crédit. Et tant que c’est le cas, tant que cette mentalité persiste M. Biya peut dormir absolument tranquille.


Interview retranscrite par Jean De Dieu Bidias (Stagiaire)

Source : Rfi

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 19:08

Congo Brazzaville : Communiqué   final

FEDERATION  AUTONOME   UPADS  FRANCE   EUROPE

Paris

  

  Conférence-débat  sur  la Riposte des  forces  démocratiques  et patriotiques  congolaises face   aux  enjeux  politiques  actuels  au Congo Brazzaville Paris- Maison de  l'Afrique -11 janvier 2015.   

 

            Dans les  circonstances  actuelles   de douleur  et   de deuil qui  frappent  la communauté   nationale  française,  la Fédération  autonome UPADS  France Europe exprime   sa  solidarité   inconditionnelle   aux   familles  éprouvées et  au  peuple français et  se joint   à  toute  initiative  républicaine qui  condamne  tout  acte de   barbarie et  de  haine. Elle   réaffirme  son soutien  a  la défense  des valeurs démocratiques et  aux libertés  d'expression.

              La   Fédération  autonome UPADS France Europe  a  organisé  ce  11 janvier 2015 à  la  Maison de l' Afrique -Paris  une  conférence  débat sur  le  thème  de la  "Riposte   des  forces  démocratiques  et patriotiques  congolaises face   aux  enjeux  politiques  actuels  au Congo Brazzaville".

             La  thématique  en débat   est  liée  à  la nouvelle  donne  créé   au   Congo Brazzaville  par  Mr Sassou Nguesso,  le 31 décembre  2014,  dans son message  à  la  nation  congolaise,  révélant  son  intention  masquée de  changer  de  constitution  pour   s'octroyer un  troisième  mandat illégal  alors   que  la constitution  du 20 janvier 2002  le lui  interdit  formellement.  

            Les  débats   sur  la   thématique  se sont   déroulés   dans un  esprit  républicain  et fraternel. Il  en  ressort que  le  pouvoir  de Brazzaville,  après  avoir longtemps  rejeté   le  projet  camouflé de  changement  de constitution,  s'est  aujourd'hui   mis à  découvert. Les   travaux   du  Comité Central  du PCT  de décembre  2014  illustrent  cette  orientation  reprise   de manière  malicieuse   par Mr Sassou Nguesso  qui parle  plutôt  d'un  débat   sur  l'avenir  institutionnel   du Congo.  Et   pourtant,  la totalité  du  peuple  congolais, face   à  la profondeur  de  la  crise structurelle  du   pays,  exige une  clarification  nationale  souveraine et  substantielle  qui passe par une  rupture d'avec  la situation  actuelle de régression,  d'appauvrissement   et de  précarisation  de la vie  quotidienne des congolais. 

           La   crise   qui   tient  le Congo dans l'impuissance  est  une crise de   direction  politique et  morale, de   modèle de la gouvernance  et   des  valeurs sous jacentes  à  ce  modèle.  En aucun  cas,  une  crise  institutionnelle. 

           Du   fait de l'incapacité organique du  pouvoir  à  juguler  cette  crise,  se  dessine   une fracture   politique et sociale entre  ce   pouvoir et  le  peuple  congolais. D'où  l'intérêt  d'une  riposte  par   les  forces  démocratiques  et  patriotiques   pour  sauver  la nation   des   tendances  qui voudraient  la  détruire.

          La  riposte  en question,  c'est   d'abord  de  contraindre  par  le  rassemblement  populaire, assumé et   déterminé, en  expression  dans le pays,   le pouvoir de Brazzaville  à  s'aligner  sur la  problématique  du Congo.  

              Cette   problématique  procède:

  a) du  respect  scrupuleux de  la constitution  du  20 janvier 2002 

  b) de  la fin  du  mandat    présidentiel  de Mr Sassou Nguesso

  c) de la pacification  de la  succession  du  pouvoir  qui  passe   par  l'organisation  d'élections   démocratique  et  transparentes  du  nouveau   président  de la république du Congo, successeur  légal   de Mr Sassou Nguesso

  d) de l'affirmation   de l'unité  nationale et  du renforcement  du  caractère républicain   de la force publique  qui  fondent la garantie de  la pacification   de la   passation  du  pouvoir entre  l'ancienne  légitimité   détenue  par  Mr Sassou Nguesso et  la   nouvelle  qu'incarnerait  le  nouveau  président  de la république, élu  démocratiquement.

          Pour   rendre  réalisable et  effective  cette  problématique  du Congo   dans le  contexte politique actuel,  la  clé  réside dans  la   structuration   de l'Union  des Forces de l'Alternance et  du Changement,  base  essentielle   pour  construire  l'avenir du Congo  et pour interrompre  le  règne  politique  du  pouvoir   injuste   de Mr   Sassou Nguesso. 

          La  Fédération  autonome UPADS France Europe  en  appelle  à  la  lucidité, au  courage et  à l'esprit  républicain  des  patriotes  et  démocrates  congolais de  l'intérieur du Congo  et de la diaspora   pour que  l'Union des  Forces   de l'Alternance et  du Changement  existe  dans  les faits  et  s'approprie   cette    problématique du Congo.

          La   Fédération  autonome UPADS  France  Europe   croit  en  la reconstruction  organisationnelle  de l'UPADS  pour  reconquérir   sa place de  parti  leader  sur  l'échiquier  politique   congolais. Elle   reste  une  alternative  et une offre  politique  décisives  pour le changement  au Congo Brazzaville.  

         Aujourd'hui,  la légitimité   historique, politique  et symbolique    au Congo  n'est  pas du  côté   du  pouvoir  finissant  de Mr sassou Nguesso   mais du côté  du  peuple  rassemblé  dans  la nation  et la république. A l'Union des  Forces  de l'Alternance et  du Changement  dont  la Fédération autonome UPADS France Europe  est  l'une  des  composantes  de  saisir  la portée  de  cette   nouvelle  recomposition  politique. 

  

           Fait   à  Brazzaville  le 11  janvier 2015

 

 Pour   la Fédération  autonome UPADS France Europe

 

                Le 1er   Secrétaire de  la  Fédération 

 

                          Ouabari  Mariotti

     

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 18:47
Marie Louise Eteki Otabela

Marie Louise Eteki Otabela

Manifeste des Femmes du Cameroun* contre la loi Boko - Haram.

 

 

Lettre ouverte à Son Excellence  Paul Biya, Président de la République

D’une tradition de rébellion...à la loi sur « le terrorisme » : parole de femmes !

Manifeste des Femmes du Cameroun* contre la loi Boko - Haram

Décembre 2014

 

Excellence,  Monsieur le Président,

 

N’ayant pas réussit à vous empêcher de promulguer cette loi avec les nombreuses protestations qui se sont élevées  de votre Peuple, protestations que vous avez balayé  le 31 décembre d’un revers de la main en les qualifiant « d’esprits mal intentionnés », au nom des femmes camerounaises, nous vous  adressons cette lettre pour vous annoncer  que  trois distinguées*(1) d’entre nous vont organiser la mobilisation générale au Cameroun pour la libération de notre pays.

 

D’une tradition de rébellion...

Depuis toujours les femmes camerounaises ont individuellement ou en groupe, pensé, lutté, et organisé des espaces de mieux vivre dans leur quotidien. Que ce soit dans le passé ou dans la société moderne, s’occuper de son foyer, élever ses enfants, prendre en charge des membres de la grande famille, soutenir le mari dans son ascension sociale par le travail productif aux champs, à l’usine, dans les plantations industrielles, en ville dans le commerce des produits alimentaires ou dans le travail de bureau, ont toujours été pour elles un combat permanent. Quelle qu’ait pu être la forme de ce combat, il s’est toujours inscrit dans un ordre patriarcal dominant.

Vivre dans cette société, surtout organisée pour l’épanouissement des hommes, y réussir à préserver une certaine intégrité physique et morale, équivaut pour les femmes à se faire violence .Alors périodiquement, à titre individuel ou collectif, cette violence s’exprime  par des scènes de ménages ou par des rebellions organisées. Ainsi les rebellions des femmes dont parle Peter Geschière*(2).

Avec  l’économie monétaire et l’expansion des cultures de rente, ces modes de rébellion traditionnels sont devenus des « mascarades » cachant des mécanismes de reproduction de l’ordre social dominant. Les femmes devaient, pour être acceptées dans la nouvelle société, prouver qu’elles valaient les hommes.

...à la loi sur le « terrorisme »*(3)

Un pas de plus est alors franchi avec les guerres d’Indépendance, les Africaines étaient convaincues que l’indépendance nationale serait pour elles aussi la fin de la servitude en tant que femme. Au Cameroun par exemple, elles ont été jusque dans le maquis, sacrifier leur vie. C’est ainsi que nous devons à nos aînées certains acquis législatifs : sur le plan politique, être considérées comme des citoyennes à part entière ; sur le plan économique, l’indépendance n’est plus un leurre ; sur le plan social surtout : aller à l’école n’est plus un privilège mais un droit ; les mariages forcés sont punis par la loi, et la polygamie est un choix...

Qui sont les femmes camerounaises et où en sont-elles aujourd’hui ? Une population de femmes en majorité « analphabètes », certes mais des femmes laborieuses, des femmes intellectuelles et des femmes professionnelles qui entendent  prendre la relève d’un pouvoir mâle à bout de souffle...

Des femmes d’origine étrangère, anciennes militantes féministes qui n’acceptent pas que l’ordre néocolonialiste leur interdise de continuer leur militantisme en Afrique sous prétexte qu’en leur qualité de coopérant (e)s  ou de « femmes de coopérants », elles n’ont pas à se mêler de la politique dans un pays africain.

Des jeunes femmes camerounaises, nos enfants qui, ayant peut-être  inscrit quelque part dans leurs chromosomes, cette tradition millénaire de rébellion, refusent ce discours social aliénant. Votre dernière sortie a particulièrement choqué la Nation entière ! Nous  attendions un discours d’apaisement. Vous n’avez parlé que de votre loi sur le terrorisme, de votre guerre contre une nébuleuse... Vous êtes apparu comme  le terroriste  en chef : nous refusons aujourd’hui  ce genre de discours.

 

 

La Patrie en danger !  

C’est pour cela que nous, membres du Mouvement des femmes au Cameroun (à travers nos centaines de milliers d’associations), nous vous adressons cette lettre ouverte pour vous rappeler juste trois vérités :                                                                                                                                                                       

1°- il est établi que les deux sexes sont égaux dans tous les domaines significatifs et que cette égalité doit être enfin reconnue publiquement : votre Etat a ratifié la Convention des Nations-Unies à cet effet en 1994 et vous venez de violer cette CEDF* (4).

2°-Que le combat personnel équivaut au combat politique, c'est-à-dire « que l’échelle de valeurs d’une société est identique dans les domaines privé et public »*(5) et qu’il n’est donc pas normal que le sexe masculin exerce seul, le contrôle de la vie publique comme de la vie privée en dépit du mythe du partage des pouvoirs : d’ailleurs, vous avez  confisqué tous les Pouvoirs dans notre pays !

3°-Que ce sont les femmes, nous, la majorité des citoyens de ce pays qui ont fait de vous « président de la République » en vous déléguant une partie de notre Souveraineté populaire, vous faisant confiance que vous allez renégocier cette Souveraineté nationale en institutionnalisant un Etat de droit, afin de nous sortir définitivement de nos tribus pour vous soutenir dans votre projet de Construction économique du Cameroun. Monsieur le Président, nous sommes au regret de vous dire que vous nous avez trompées,  au propre et au figuré...Vous nous avez trahies avec des promesses, des engagements non-tenus depuis 32 ans ! Vous avez trahi votre Peuple...

Vous n’allez pas maintenant contribuer à nous assassiner, nous et nos enfants que nous mettons au monde en donnant nos corps et en sacrifiant nos vies pour les élever si difficilement !

C’est pour cela que l’objectif fondamental de cette lettre ouverte n’était pas seulement de vous demander de ne pas promulguer cette loi sur le terrorisme et maintenant de l’abroger  mais d’amener les femmes camerounaises à s’organiser en vue d’un changement radical de notre société.

C’est pourquoi, les milliers, peut-être même les millions de femmes camerounaises, vos mères, épouses, sœurs et...vos filles qui vont signer cette lettre, conscientes de la nature politique de notre détresse, refusent « votre loi » dont l’objectif véritable est de tuer l’âme immortelle du Peuple Camerounais.

Parole de femmes !

 a signé : Marie louise Eteki-Otabela ;

 

 

1-Mme Eteki-Otabela Marie Louise, PH.D. Science Politique, Prix d’Excellence Pearson, 1989-90 

    Mme Henriette Ekwe, Journaliste, Prix du courage féminin, Washington 8 mars 2011

    Me Alice Nkom, Première femme avocate au Barreau du Cameroun, Prix Défense des D.H aux

           USA 2012, et Prix Amnesty International à Berlin 2014

2-Dans « Femmes du Cameroun, mères pacifiques, femmes rebelles » sous la dir. De J.C. Barbier, Orstom-Kathala, 1985       

3- Cf. L’analyse politique de cette loi par Marie Louise Eteki-Otabela dans Le Messager du 22 déc. 2014, p.8

4-Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’ égard des femmes dont le protocole additionnel n’a été ratifié  qu’en 2005 !

5-Dans Marilyn French : La Fascination du pouvoir, Fagar, Paris, 1987     

(*) Cette Lettre est inspirée  du Manifeste des Féministes du Cameroun, Publié par l Institut Canadien de Recherche sur les femmes : ICREF-Ottawa, déc. 1994.

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 18:15

Choc des photos : Bokassa 1er l’empereur réincarné en Boni Yayi  président du bénin à Paris lors de la manifestation je suis Charlie.

Choc des photos : Bokassa 1er l’empereur réincarné en Boni Yayi  président du bénin à Paris lors de la manifestation je suis Charlie.

L'empereur déchu Bokassa 1er  à gauche lors du décès du Général De Gaulle à Paris

Yayi Boni à Droite et actuel président du Bénin lors de la manifestation " Je suis Charlie" à Paris

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans politique
commenter cet article
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 17:59
Jean Ping (Ex-président de la commission de l'Union Africaine) et actuel opposant au régime

Jean Ping (Ex-président de la commission de l'Union Africaine) et actuel opposant au régime

Gabon : La maison de Jean Ping Vandalisée par les sbires du régime dictatorial de Libreville..

 

 

Sous la houlette de certains cadres de ce régime dont Hervé Opianga, homme de main du Président; une horde de vandales, s'est permise d'attaquer et de saccager une partie de mon domicile, ce matin, à Libreville.
Ces bassesses immondes et ce vandalisme politique auxquels le régime actuel nous habitue, ne sauront éteindre le feu de nos convictions. À contrario, elles le rendront plus vif, plus valeureux.

Vous corrompez la faim, vous financez la misère et vous souillez l'avenir de cette valeureuse jeunesse des quartiers qui dans la couleur de vos billets, trouvent le moyen de combler le manque de Tout: d'éducation, de liberté, de nourriture et surtout manque de pouvoir espérer à autre chose que le malheur social dont vous êtes seul responsable.

Immense est ma peine lorsque je vois que du haut de vos pyramides sans sommets, vous ne trouviez comme unique procédé que de mettre au service de vos ignobles intérêts, une jeunesse que vous méprisez, puis condamnez vous-même à la misère.

Quel désaveu terrible !!Vous profanez votre propre peuple. C'est une nouvelle fois la mise en lumière de votre criante inaptitude à ne savoir "diriger" autrement que dans le silence, le fer et le feu.

Vous ne pouvez pas salir mes idéaux de paix et démocratie, en saccageant la maison qui a vu grandir mes enfants.

Vous ne répondrez jamais au cri d'alarme du peuple Gabonais par la violence et la terreur.

Vous ne souillerez pas les valeurs de ce merveilleux pays, qui vous échappe, en polluant et viciant les valeurs de la République Gabonaise et les principes mêmes de la démocratie - qu'étrangement vous défendiez à Paris lors de la marche de soutien aux victimes des attentats.

Avant de soigner le malheur des autres, guérissez les plaies sociales qui gisent sous vos yeux!! On ne dénonce pas la le terrorisme à Paris, lorsque tous les jours au Gabon vous faîtes germer les fruits de la division et de la peur.

Le peuple n'est peuple que lorsqu'il est libre.
Ne vous a t-on pas appris cela lors de la marche à Paris?

Je vous salue

Jean Ping

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire - dans Politique
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • : AFROHISTORAMA Toute L’histoire sans histoire. CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR ET VOIR.
  • Contact

EVENEMENT

 

PROSPECTUS.jpg

 

Invitation: DEVOIRE DE MEMOIRE

Expo um1

CITOYENS

POUR LA MEMOIRE DU CAMEROUN

Affiche-semaine des heros et martyrs  

Renseignements:

Email : neuronesnews@gmail.com 

Mobile : 0033 (0)6 26 29 43 29

______________________________________________

 

Cote d'Ivoire le coup d'etat

 

 

Recherche

DIVERS

 


L’Observatoire des Elections

de la Diaspora Camerounaise

(OEDC)

OEDC-copie-1.jpg


Email: oedc-info@oumarou.net

 Google+:

observatoirelectioncameroun@gmail.com

 

France:0033(0)6 26 29 43 29

Belgique:0033(0)4 83 69 23 12

 

Skype: oelection-cameroun

Facebook: observatoire des élections

de la diaspora camerounaise

 

 

  ........................................................................................

Image historique

Artistes-et-ecrivains-noirs-en-1956.jpg

1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

----------------------------------------------------------------------

LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

------------------------------------------------------------


annonces

 

 


code noir

  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

Solomon-290x217

 

Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

link

  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

  affiche-contre-l-esclavage-monetaire_001.jpg

 

images divers5

 

Affirmation

 

   ONU-complice-du-genocide-au-kongo.jpg

 

      Logo-Afrohistorama

      AFROHISTORAMA TV

 

  La-pensee-Africaine-Mbombog-Bassong.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

 ----------------------------------------------

 

 

simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

---------------------------------------------------------------------------

 

Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine