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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 16:43

Bassek Ba Kobhio: «L’après Biya m’inquiète... J’ai peur de l’ivoirisation du Cameroun »

Bassek-ba-kobhio.jpg

Il est connu comme cinéaste. Mais, l’auteur de « Sango Malo » est aussi un observateur et un analyste politique averti. Dans l’entretien qui suit, il commente les principaux sujets qui font l’actualité politique.

Bassek Ba Kobhio, êtes-vous inscrit sur une liste électorale ?

Non, ou si vous voulez, pas encore.


Et pourquoi ?

D’abord il faut rappeler que je suis d’idéologie anarchisante. Cela a expliqué longtemps que je n’aie jamais été tenté par le vote. Mais l’anarchie a beaucoup évolué depuis Jean-Paul Sartre, et là, si je ne suis pas encore inscrit, c’est que comme beaucoup de Camerounais, je m’interroge sur le sérieux et le niveau de crédit qu’on pourrait accorder à cette « biométrisation » du système électoral. Dès lors que je serai convaincu que la biométrie ouvre la voie à des élections où la garantie d’« un homme, une voix et une voix seulement », est assurée, je m’inscrirai. Dès que la preuve aura été faite qu’il en est ainsi, vous verrez les bureaux d’inscription déborder de monde. Ce ne sera peut-être pas pour cette fois-ci, mais il est incontestable que les Camerounais aiment la politique et qu’ils n’attendent que ça pour le prouver.


On a désormais un nouvel organe chargé de conduire le processus électoral, il y a la biométrie, un code électoral. Ce n’est pas suffisant pour penser qu’il y aura du mieux dans le déroulement des élections ?

Elecam n’est pas nouveau. L’évolution de la dénomination ne change pas la réalité. A mon avis, il n’y a que deux voies pour rassurer tout le monde : soit on prend officiellement et équitablement des membres de partis politiques qui représentent leur mouvement, des politiques qui assument leur militantisme, soit on prend des membres libres de toute appartenance -on les connaît-, pour constituer Elecam.


Quelle est la formule qui vous arrangerait ?

Je serais pour la deuxième formule. En attendant, actuellement, nous n’avons ni l’une ni l’autre. Même lorsqu’il a fallu adjoindre aux militants sortis des rangs du Rdpc des personnalités venues de la société dite civile, il y a certes eu un Titi Nwel et quelques autres, mais on a aussi choisi en connaissance de cause, des colleurs d’affiches du parti au pouvoir. Et puis, s’agissant du sérieux de l’affaire, permettez-moi d’être surpris d’apprendre qu’il y a des kits qui ont disparu. Qui les a volés ? Qui peut les voler au Cameroun au point que la police camerounaise ne les retrouve pas ? Cela m’interroge. Pas vous ? J’espère d’ailleurs que cette information n’est pas vraie, mais vous savez que nous sommes dans un pays où même les boîtes noires des avions sont muettes après un accident, alors on est enclin à croire à l’incroyable.


En quatre mois, Elecam dit avoir inscrit environ 3 millions d’électeurs, soit moins de la moitié des estimations au moment du lancement. Qu’est-ce qui peut justifier ce faible nombre d’inscrits ?

Nous sommes dans un pays où la population aime la politique, où le peuple est totalement acquis à l’idée de démocratie depuis les origines. Aux élections de 1957, il y avait près d’un million d’électeurs qui marchaient parfois cinq à six heures à pieds pour aller voter. Nous n’avons pas à faire à un manque de volonté. Le seul problème des Camerounais, c’est d’être certains que lorsqu’ils votent, le bulletin qu’ils mettent dans l’urne influence le résultat final. Face aux élections, il y a deux espèces de citoyens camerounais aujourd’hui : il y a les militants du Rdpc qui se disent que dans tous les cas, les élites règleront ça, chacun dans ses urnes, et il y a les autres, qui se disent que dans tous les cas, tout est plié. Conséquence aucune des deux espèces ne se préoccupe de s’inscrire. Il faut un nouveau pacte de confiance entre la classe politique et la population. Ce n’est pas la carte d’identité qui fait problème comme on l’a fait croire au président de la République. La carte d’identité gratuite nous fait courir d’ailleurs un problème peut être plus épineux. Il semblerait que ceux qui en profitent le plus sont les Nigérians qui règlent une fois pour toutes la question de leur séjour au Cameroun. D’aucuns pointent également du doigt la faiblesse des partis politiques, qui ne proposent pas aux Camerounais, des solutions à leurs problèmes réels…

Il y a, c’est vrai, un problème d’offre politique et idéologique au Cameroun aujourd’hui. Comment concevez-vous qu’il n’y ait pas un véritable parti de gauche ? Je ne parle pas de la gauche en acculturé français ou européen, je parle d’un parti qui prendrait en compte les préoccupations des paysans, des ouvriers, des femmes, des minorités, des laissés pour compte ? Comment comprendre qu’il n’y en ait pas un qui fasse de l’écologie une préoccupation primordiale ? Bien sûr le Sdf est membre de l’Internationale socialiste, mais cette Internationale n’a plus rien de socialiste depuis plus de 50 ans. C’est devenu un fourre-tout. Mais je n’accuse pas les partis politiques. Il faut même parfois leur tirer un coup de chapeau. Etre dans l’opposition pendant 20 ou 30 ans n’est pas chose aisée. Je parle des quatre ou cinq partis qui résistent au temps, et pas des 200 partis politiques saisonniers que l’on dénombre souvent.
Il faut aussi reconnaître que depuis 1990, la classe politique camerounaise ne s’est pas beaucoup renouvelée ; Paul Biya est toujours à la tête du Rdpc, Fru Ndi, Ndam Njoya, Bello Bouba, etc.

C’est un très gros problème. Ce sont en fait, tous, des partis qui fonctionnent sur le modèle du parti unique. C’est un problème. Dans tous ces partis politiques, vous avez le même président depuis leur création, et des membres du bureau politique qui sont là depuis 20 ou 30 ans. Cela pose un problème d’intéressement des jeunes à la chose politique. Je pense qu’il faut renouveler le débat, la pensée, les modes de fonctionnement, et ça passe aussi par le personnel.


Et quelle est la responsabilité de la société civile dans l’animation de l’espace politique au Cameroun ?

Elle est très grande. Mais j’ai un gros problème avec ce qu’on appelle société civile au Cameroun. Quand vous avez des gens qui sont désignés par des ambassades étrangères comme étant la société civile, je ne suis pas sûr que cela réponde aux attentes internes de la société. La société civile, c’est comme l’engagement politique. Cela s’apprécie sur la durée. Et lorsqu’on vous prend des gens que l’on présente comme la société civile, vous vous rendez compte, à la première occasion, que ce sont des militants soit du parti au pouvoir, soit d’autres partis qui, le temps d’un discours, font diversion. Je ne crois pas beaucoup à cette société civile désignée. Je crois à des gens qui développent une activité intellectuelle sur la durée, des gens qui ont un projet de société connu, n’ayons pas peur des mots, des gens qui défendent une idéologie claire.


Revenons au président Biya qui a célébré ses 30 ans de pouvoir en novembre 2012. Etiez-vous de la fête ?

Je n’y ai pas été invité. Mais je constate comme vous que le temps passe, et plus il passe, plus l’avenir et le devenir du Cameroun me préoccupent. Ils ne me semblent pas sereins lorsqu’on voit ce qui se passe autour de nous, en Afrique.


Qu’est-ce qui vous inquiète ?

Soyons clair, l’après-Biya, puisqu’il y en aura bien un, m’inquiète. Je n’ai pas le sentiment que les institutions qui sont déjà mises en place soient de nature à assurer une alternance paisible au Cameroun. Le problème, ce n’est pas l’opposition. Le problème, c’est le Rdpc. L’opposition, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas assez outillée pour créer un désordre systémique au Cameroun. Les grands barons militants du Rdpc, si. Quand vous voyez la virulence des textes que publient les camarades d’hier de Marafa contre lui, quand vous voyez les coups qu’ils se donnent entre eux, cela inquiète. Je m’inquiète des gens qui, à l’intérieur du Rdpc, ont acquis des fortunes, ont des gens qui leur sont redevables, qui peuvent aligner des colonnes, qui peuvent, demain, casser la baraque.


Pourquoi ne vous a-t-on pas beaucoup entendu en 2008 lorsque le président Biya a fait modifier la constitution pour s’éterniser au pouvoir ?

Vous plaisantez ! J’ai dit, à cette époque, toute mon opposition à cette modification. Je me suis exprimé dans la presse et partout où j’en ai eu l’opportunité. Je me suis opposé à la levée du verrou de la limitation des mandats dans la Constitution. Je l’ai dit. Finalement quand cela a été fait, j’en ai pris acte, comme tous les Camerounais. Et j’ai immédiatement pensé que Biya se devait de nous protéger de certaines catastrophes socio-politiques que nous voyons dans d’autres pays. De la même manière que Ahidjo l’avait fait avant lui... Quand Ahidjo quitte le pouvoir en 1982, je ne sais pas ce que serait devenu le Cameroun si les choses n’avaient pas été assez claires. On savait très bien que le Premier ministre succéderait au président. Il l’a respecté et y a tenu contre ses tout proches. Cela a d’ailleurs réconcilié son histoire personnelle avec beaucoup de Camerounais.


Vous suggérez que le président décide à la place des Camerounais ?

Non, ce n’est pas ce que je dis. Je préconise qu’il laisse des institutions très claires, qu’elles soient mises en place et que dans son parti, les choses soient tout autant claires. Il y a, au Cameroun, tellement de prétendants dans les chaumières qu’on pourrait avoir de grosses surprises demain. Un ami me disait l’autre jour que j’étais trop pessimiste sur ce point. Je voudrais, le moment venu, qu’il ait eu absolument raison.


Après les Grandes ambitions, le président Biya a lancé les Grandes réalisations. Vous-y croyez ?

Certaines réalisations ont commencé dont certaines sont des projets assez anciens. Tant mieux. Mais on a une impression générale de retard sur de nombreux secteurs, dont particulièrement l’énergie, qu’on se demande pourquoi il a fallu tant attendre. En même temps, ce ne sont pas les réalisations en tant que telles qui m’intéressent. C’est la philosophie qui les sous-tend. Je n’ai pas l’impression qu’il y a une philosophie politique ou idéologique qui sous-tend tout ce qui est en train d’être fait. Il faut faire attention d’avoir simplement un agrégat de réalisations qui ne soient pas portées par des valeurs idéologiques. Ce n’est pas simplement un pont ou un barrage qui font la République. C’est aussi et peut-être d’abord l’esprit, la pensée sur lesquels se fondent des objectifs, qui la constituent plus sûrement. Quelle est l’idéologie qui sous-tend, aujourd’hui, toutes ces réalisations ? Quelle société voulons-nous pour nos enfants ? Paul Biya a posé cette question fondamentale il y a une dizaine d’années : la réponse me semble toujours attendue.


En 2005, vous affirmiez que le président Biya devait songer à partir. Sept ans plus tard, votre position a-t-elle changé ?

En 2005, je précisais qu’il doit songer à partir, en organisant sa succession. Je le dis aujourd’hui davantage encore. Nous sommes tous des hommes. Tout peut arriver à tout moment. Pour nous épargner des événements du Mali ou de la Centrafrique, je préfère que les choses tant structurelles que de personnes soient claires. Je sais qu’au Cameroun, on pense que si un successeur est simplement esquissé, tout le monde va tirer sur lui. Mais quand Ahidjo a choisi Biya, 10 années se sont écoulées. Des gens comme Ayissi Mvodo n’étaient pas d’accord et pensaient même que c’était un choix de pacotille. Mais, cela nous a épargné de graves problèmes dans ce pays. Il faudrait, aujourd’hui, nous présenter un schéma clair. Surtout que les institutions qui peuvent nous garantir une transition pacifique n’existent pas vraiment. C’est de la « malianisation » ou de l’ « ivoirisation » du Cameroun que j’ai peur. Il faut savoir que, si la Côte d’Ivoire a connu ce que l’on sait, c’est parce que Houphouët Boigny n’a pas été très clair dans ses choix de personnes. Ouattara et Bédié, aujourd’hui réunis pour des besoins de stratégie politique sous les conseils de la France, voilà d’où vient en réalité la crise ivoirienne. Si la réalité démocratique était déjà avérée, je n’afficherais pas cette crainte. Le problème est que malgré le pluralisme affiché, nous sommes encore totalement dans un comportement de groupes de partis uniques, avec la porte ouverte à toutes les aventures.


Qu’est ce que Paul Biya a réussi en 30 ans de pouvoir ?

La principale réussite, mais elle ne peut pas être attribuée à un seul individu, c’est l’absence de conflits sociaux ou politiques qui aient débouché sur des conflits armés. Encore qu’on a eu avril 84. C’est une réussite collective. Je voyage beaucoup, et vous ne pouvez pas savoir ce qu’une guerre civile peut coûter à un pays. La paix, la démocratie, le bien-être collectif cheminent-ils ensemble au Cameroun ? Je ne dirai pas oui, mais au moins quand une sirène résonne en pleine nuit à Yaoundé, on ne se met pas aux fenêtres pour savoir quel est le groupe militaire qui la provoque. Et puis pour lui-même il a une réussite, il a duré. C’est une appréciation quantitative, pas qualitative.


Et les échecs des 30 ans de règne du président Biya ?

Lorsqu’un président vous dit, 30 ans après son arrivée au pouvoir, qu’il engage des Grandes réalisations, il y a problème. Il s’est certainement rendu compte qu’on ne peut pas continuer avec un seul pont à Douala par exemple. Des fois je me dis, si ce pont s’écroule, qu’est ce qu’on fait ? L’offre énergétique est extrêmement faible. Il y a des pays en Afrique, où personne ne vous croirait si vous dites qu’à Yaoundé nous n’avons pas d’eau, alors que le Cameroun est un scandale en matière d’eau et d’électricité potentielles, etc. Il faut donc souhaiter que les Grandes réalisations rattrapent ces grands retards.


En 30 ans, il a plus réussi ou plus échoué ?

Durer, c’est déjà quelque chose en politique. C’est difficile de mettre sur la balance ce qu’on a réussi et ce qu’on a échoué. Le bilan politique n’est pas une affaire d’arithmétique. J’ai l’impression quand même que le recrutement de 25 000 jeunes, ce n’est pas un signe de succès. C'est-à-dire qu’il y a une génération de jeunes qui n’a pas pu travailler durant des années, et à un moment donné on se rend compte qu’il faut la mettre n’importe où, parce que ces jeunes-là constituent une poudrière à retardement. Quand nous sommes obligés de regarder la Can à la télévision sans équipe en Afrique du sud parce que nous sommes éliminés par un pays de 500 000 habitants, cela pose un problème, puisqu’en plus, cet échec se renouvelle et les gérants de ce bilan restent en place. Quand un pays n’a pas une salle de cinéma dans tout le pays, ça me pose un problème. Mais c’est aussi notre bilan à tous, même si le président en est le premier comptable. Nous avons beaucoup de secteurs où on aurait pu faire mieux.


Le président Biya s’est rendu en France pour une visite officielle et c’est célébré par ses partisans comme une grande victoire…

Il ne faut pas non plus être puéril. Les relations entre les Etats sont des rapports d’intérêt. La France peut-elle vraiment ignorer le Cameroun aujourd’hui en Afrique ? Je ne le pense pas. La France a ses intérêts qu’elle défend. Un pont sur le Wouri pour une société française passe avant tous les Michel Atangana Thierry. Maintenant, quelle victoire pourraient célébrer les partisans de Biya ? Ce n’est pas sur une visite qu’on juge les affinités politiques. Vous savez que j’ai plus d’amis dans la gauche française que dans la droite. Ce que cette gauche ne pourra pas faire en France, à savoir une politique économique et sociale de gauche, elle cherchera à le rattraper ailleurs, et surtout en Afrique, au moins au niveau du discours : les droits de l’Homme, le respect des règles démocratiques pour la dévolution des pouvoirs en cas d’alternance, etc. les socialistes y feront davantage attention pour calmer leur opinion et leurs intellectuels.


Comment appréciez-vous l’entrée dans l’opposition de Maurice Kamto, ancien ministre et désormais président du Mrc ?

L’offre politique au Cameroun est très faible. On ne voit pas très bien quelle différence il y a entre telle et telle autre formation politique. J’ai discuté avec lui dans un avion venant de Paris, il ne m’a pas dit qu’il créait un parti politique, alors qu’il allait le faire un mois plus tard. Je comprends qu’il ait acquis la phobie de la trahison, alors on cache ses intentions. Mais depuis la faculté, il aurait dû me connaître davantage. Je lui aurais demandé ce qu’il apporte de nouveau. Je lui aurais demandé de me décrire son projet de société par rapport à celui des autres, s’il en a et s’ils en ont. Moi j’aurais cru, Maurice Kamto démissionnant, qu’il retournerait au sein du parti dans lequel nous l’avions vu en 92. Il était apparu à la télévision avec l’écharpe du Sdf. Je ne suis pas sûr que la multiplication des partis politiques soit la solution. A sa décharge, on pourrait dire qu’en rentrant dans le Sdf, les barons du parti unique dans ce mouvement-là ne lui auraient pas fait la place qu’il aurait dû avoir. Il est quelque part une victime du syndicat des partis politiques qui s’organisent pour empêcher qu’il y ait des candidatures indépendantes dans ce pays. Ce qui oblige à être dans un parti ou à en créer.


A-t-il des chances de s’en sortir dans l’arène politique camerounaise ?

Maurice Kamto est quelqu’un de très intelligent. Nous n’étions pas dans la même faculté à l’université, mais nous connaissions les étudiants brillants du campus. Il en était un. En plus, il s’est bâti un CV solide, à la fois à l’université et dans le dossier Bakassi. S’il veut être leader politique, avoir des milliers de gens qui viennent et votent pour lui, ça va être très compliqué parce que ça demande du temps. Créer un parti, l’implanter dans tout le pays, avoir des représentants dans tous les bureaux de vote, ce n’est pas quelque chose de facile. J’ai l’impression que ça va être très compliqué pour lui de se faire une place dans cette jungle alors que les échéances approchent. Par contre, Il peut apporter de la crédibilité à un mouvement. Vous savez, on crée un parti pour se battre seul, ou pour apporter sa structure dans un plateau de mariage éventuel, le moment venu.


L’opération Epervier vous semble-t-elle efficace pour lutter contre la corruption ?

Il n’y a aucun Camerounais honnête qui pourrait s’opposer à l’opération Epervier en elle-même. C’est une opération salutaire. Ne comptez donc pas sur moi pour dire que Biya a mal fait de l’engager.


Même si certains estiment qu’il s’agit d’une opération «d’épuration politique» ?

L’épuration politique peut renvoyer à deux choses : soit vous ne vous reprochez rien, mais le prince a décidé de vous incriminer parce que prévaut la raison du maître et parce que vous le gênez. Cela est incontestablement détestable. Soit vous vous savez coupable, mais vous vous dites que vous n’êtes pas seul dans ce cas, et que simplement le prince choisit de couper certaines têtes, et d’en exonérer d’autres. Cela n’est certainement pas juste, mais ça ne fait pas de vous un innocent. Pour des non exégètes du droit, et j’en suis un, me basant uniquement sur les faits qu’on a voulu nous rapporter, Marafa pourrait relever de la seconde catégorie. Il ferait partie des seuls condamnés qui ne seraient cependant pas seuls coupables. Ça ne l’innocente pas obligatoirement.


Marafa Hamidou Yaya a justement décidé de ne pas se laisser faire avec les lettres qu’il publie depuis sa cellule. Cette stratégie vous semble-t-elle payante ?

Payante pour lui, certainement : à défaut d’être élargi, il s’est définitivement forgé une forte stature politique. C’est incontestable. Mais les difficultés du moment ne peuvent pas faire qu’un incriminé soit automatiquement blanchi. Les textes qui régissent les élections au Cameroun, la manière dont les choses se passent dans et derrière les urnes, la manière dont la vie politique se gère aujourd’hui, etc. on ne peut pas dire que Marafa n’a rien eu à y voir. Il a contribué, et à un très haut niveau, à la mise en place de cette armature-là. Il vit certainement un retour de boomerang.


Avec un certain courage quand même…

Marafa est un homme du Nord, un musulman. A certains moments, dans l’islam, la vie n’a pas le même goût qu’ailleurs. Marafa a décidé de se lancer, de casser ce qu’il faut casser. Il ne mourra pas seul ou alors il mourra debout. Ses camarades d’infortune qui sont de la forêt, qui ont un grand instinct de survie, se taisent eux. Ce n’est pas parce qu’ils ont moins de révélations à faire que Marafa. Seulement, nous avons de notre côté un rapport jouissif à la vie. Marafa a décidé de ne pas mourir sans arracher des branches d’arbre. Mais, les révélations qu’il fait aujourd’hui, il aurait dû les faire plus tôt, en démissionnant par exemple. Garga Haman a démissionné, et personne depuis ne remet en question ses poussées d’acrimonie. D’attendre d’être démissionné pour sortir tout cela, gâche le geste, même si ces textes aident à comprendre le Cameroun.


Il a écopé de 25 ans d’emprisonnement ferme, mais se projette résolument vers l’avenir avec un projet politique pour le Cameroun. C’est sérieux, ça ?

Mandela a fait 27 ans en prison. Il y a beaucoup de gens qui sortent de prison pour prendre le pouvoir. Ange Patassé est même revenu d’exil pour le prendre en Centrafrique. Nul ne sait ce que sera le Cameroun dans deux, trois ou quatre ans. Je pense que Marafa s’inscrit dans l’avenir, inévitablement. A défaut d’accéder au pouvoir, il peut être un appoint décisif pour quelqu’un d’autre, de la même manière que je l’estimais pour Kamto, en engrangeant les dividendes de la manœuvre. La vie des nations est quelque chose de très mystérieux. En politique, personne ne peut préjuger de ce que sera fait le lendemain.


Dans une interview qu’il a accordée à un journaliste basé en France, Marafa estime que le président Biya fait courir un grand danger à ce pays quand il ne se presse pas à mettre en place les institutions créées par la Constitution du 18 janvier 1996…

Pourquoi le dit-il aujourd’hui ? Pendant près de 20 ans, il était aux affaires. Et ces textes ont été adoptés à ce moment-là. Où était-il ? Il aurait dû se désolidariser à ce moment là. Les temps vont être très compliqués dans les prochaines années. Vous aurez des gens qui voudront, soit sauter du navire, soit y embarquer. Cela ne fait que commencer. Mais les Camerounais qui n’ont pas la mémoire courte ne l’accepteront pas ! Que des gens qui ont mis en place et construit l’armature nous fassent croire que Paul Biya a fait tout ça tout seul dans son bureau, ça va être difficile de nous le faire gober. Quand on a été secrétaire général de la présidence, ministre de l’Administration territoriale, j’ai de la peine à penser que, même en Corée du Nord, on puisse dire qu’on n’a pas eu sa main mêlée aux décisions qui ont été prises.


Quand on vous écoute, on a l’impression que le Cameroun est dans une impasse. Dans ces conditions, comment voyez-vous l’alternance ?

On me dira ce qu’on veut, mais mon problème est que je veux le moins de casses possibles. Après Biya, il sera impossible que quelqu’un installe un système qui dure 30 ans. Je crois qu’après Biya, même les élections feront foule. Je suis inquiet pour l’alternance au Cameroun. C’est pour cela que je pense que pendant qu’il est là, il faut qu’il s’implique personnellement pour que l’alternance commence à avoir un cadre. Ne serait-ce que pour que les gens commencent à s’habituer, à penser à autre chose. Son cas personnel est assez parlant. Sinon, j’ai peur. Il y a tellement de capitaines et de colonels dans ce pays qui rêvent de pouvoir! Regardez comment un capitaine a foutu le désordre au Mali, un pays qui avait déjà connu deux fois l’alternance, à deux mois des élections. J’ai donc peur qu’un caporal se lève pour nous dicter sa loi. Ce serait la pire des choses. Que Paul Biya dise au moins aux siens : « Je porte mon choix sur tel. » Cela pourra nous aider, ne serait-ce qu’au sein du Rdpc. Regardez le Ghana. Un président est mort, un autre est arrivé le lendemain d’abord intérimaire, puis il y a eu des élections, il a été élu. Tout ça en quelques mois. C’est vers cela qu’il faut aller. Car le grand danger de ce pays, je le répète, ce n’est pas l’opposition, ce ne sont pas les sécessionnistes du Nord-ouest, c’est l’intérieur du Rdpc.


Vous parliez tout à l’heure du Mali, qui est en train d’être libéré par l’armée française. Vous êtes satisfait ?

Certainement. Les Djihadistes sont d’un obscurantisme tellement obtus que ça ne doit faire de mal à personne, à part eux, que la France se soit mise en travers de leur chemin. Mais la question malienne m’inspire trois réflexions distinctes :

1/ La démocratie la plus approximative est meilleure à tout pouvoir de la force tel que le capitaine Sanogo dont je me demande aujourd’hui où il se terre, voulait l’instaurer, alors qu’il s’est retrouvé incapable d’aller arrêter les Djihadistes.

2/ L’histoire retiendra que la première participation de la France à une guerre de libération en Afrique a eu lieu en 2013, aux portes du désert malien. Ça ne fera pas oublier l’Algérie, ça n’excuse pas la guerre coloniale du Cameroun, ça n’efface pas la Libye ou la Côte d’Ivoire, mais ça réconcilie la France avec elle-même et avec la déclaration universelle des droits de l’Homme.

3/ L’Afrique politique sera pour longtemps encore ridicule. La guerre est pratiquement finie au Mali, mais les généraux de la Cedeao, plus habitués des palais et des hôtels luxueux que du chaud terrain, continuent à dessiner des plans de bataille qui ne serviront peut-être plus jamais. Alors que l’on sait que dans tous ces pays qui disent attendre de l’argent, s’il s’était agi de casser de l’opposant à coups de milliards, leurs dirigeants auraient depuis trouvé l’argent nécessaire. Le dur de la guerre s’achève, on attend, on attend, la Missa ne vient pas … L’Afrique noire est mal partie, déplorait René Dumont, il était très optimiste, elle n’est simplement pas encore partie.

Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne

Source : Le Jour

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 21:00

Nous irons au-delà de Kidal et nous irons chercher nos adversaires partout où ils iront. »Dioncounda Traore.

 

Une grande partie de la mission des forces maliennes et françaises visant à reconquérir le Nord-Mali, tombé sous le contrôle de groupes islamistes armés, a été accomplie mais le plus dur reste peut-être à faire, estime le président malien par intérim Dioncounda Traoré dans une interview

.dioncounda-traore.jpg Le président malien par intérim Dioncounda Traoré

« Je pense que si les choses continuent de la manière dont elles ont commencé, je pense que dans un mois au maximum nous arriverons à être présent partout », dit-il dans une interview accordée à RFI qui sera diffusée jeudi. « Nous irons au-delà de Kidal et nous irons chercher nos adversaires partout où ils iront. » « Une bonne partie de la mission est accomplie mais je ne sais pas si le plus dur est fait, parce qu’une chose est de reconquérir les territoires occupés et une autre chose est de réorganiser la vie et de faire en sorte que les gens qui ont vécu ensemble pendant des siècles réapprennent à vivre ensemble », souligne Dioncounda Traoré.

Revenant sur l’absence de combats lors de la « libération » de Gao et de Tombouctou, le chef de l’Etat par intérim a estimé que cela jetait le flou sur la stratégie des islamistes, qui se sont sans doute repliés dans le massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas, près de la frontière algérienne. « Ce n’est ni bon signe ni mauvais signe parce que nous ne savons pas exactement pourquoi il n’y a pas eu de combat, qu’est ce que l’adversaire mijote », dit-il. « Probablement ils se sont retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés et ils ont dû se retirer pas très loin de ces agglomérations, alors qu’est-ce qu’ils vont faire ensuite, on ne le sait pas encore. »

Source : Bameda.Net

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:56

Une partie de la région de Kidal vendue à l’Algérie, selon l’ancien ministre de l’Agriculture, Seydou Traoré

seydou-Traore.jpg

Comment peut-on vendre une partie d’un pays souverain à un autre pays ? Difficile d’y croire !  Mais lorsque cela a été publiquement affirmé et par un ancien ministre de surcroît, cela donne vraiment matière à réflexion. En tout cas, l’ex-ministre Seydou Traoré l’a affirmé au cours des échanges sur la problématique de sortie de crise organisée par le COREN dans la salle de réunion du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT).

Avec cette déclaration, on comprend aisément pourquoi l’Algérie n’a jamais voulu être au premier plan dans la crise malienne de peur de voir ses intérêts (fictifs) au Mali lui échapper. Au cours de son exposé, le ministre n’est pas passé par quatre chemins pour affirmer haut et fort qu’une partie de la région de Kidal a été vendue à l’Algérie et que cette partie regorge de ressources naturelles telles que le gaz et le pétrole. «Oui, je faisais partie de ce gouvernement et j’assume mes propos…», ajoute l’ancien ministre Seydou Traoré sans frémir. Mais de quoi s’agit-il en fait ?

Les patrons algériens se frottent les mains

Si la crise malienne prenait une autre tournure, l’Algérie allait simplement crier sur tous les toits que le Mali lui doit de l’argent, à défaut de dire qu’il a déboursé une faramineuse somme pour un deal avec l’ancien régime. Les Maliens doivent des milliards de FCFA à l’Algérie. Et comme aucun Malien ne sait exactement ce qui se passe dans les couloirs de la diplomatie, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer les dégâts. Malgré la présence des terroristes sur le sol malien, le régime déchu n’avait pas daigné mettre la pression sur l’Algérie afin que ce pays s’implique davantage dans la rébellion touarègue du MNLA et l’aider à combattre les éléments d’AQMI qui, en réalité, ne sont que des Algériens de l’ex-GSPC (Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat) et du FIS (Front Islamique pour le Salut). Lire autres newss sur maliweb.net. Le silence entre les deux Chefs d’Etat (malien et algérien) pourrait se résumer dans ces propos de l’Algérie : «Nous sommes très contents de la collaboration entre nos deux pays parce que le Mali va nous faire gagner beaucoup d’argent et en contrepartie, nous lui fournirons des aides dans le volet humanitaire et des prêts en échange d’une partie de la ville de Kidal».

Quand l’ancien régime vend le Mali

Lorsqu’un ancien ministre tient de tels propos, cela donne à réfléchir. Est-ce une confession de sa part ou est-ce parce qu’en son temps, il  était obligé de se taire pour…nrecevoir lui aussi sa «part du gâteau» issue de cette vente ? Ou bien l’ex- ministre trouve-t-il que le moment est enfin venu pour lui de dénoncer la mauvaise gestion dudit régime dont il a pourtant fait partie ? Ce qui ne lui confère ainsi aucune crédibilité : c’est plutôt une trahison envers le peuple malien.

Mais au fait, quelles sont les motivations réelles qui ont poussé les autorités d’alors à céder cette partie de Kidal à l’Algérie ? Quelle était l’origine de ce deal entre les deux Chefs d’Etat malien et algérien ? On ose croire que l’ex-ministre Seydou Traoré aura à fournir plus de détails sur ces questions car   avec sa «confession» du ministre, il est indiqué de revoir à fond les contrats de partenariat signés entre les deux pays à l’époque. Si cette affirmation de l’ex-ministre de l’Agriculture s’avérait fondée, ATT et ses collaborateurs doivent rendre des comptes aux Maliens à qui, ils n’ont jamais fait le bilan des précédentes privatisations.

Par Paul N’Guessan

Source :Bameda.net

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:55

La diaspora camerounaise est-elle la plus imbécile de l’Afrique ? Entre tous les « présidents fondateurs  d’associations» et les renifleurs d’odeurs d’oignons du régime de Yaoundé, un constat d’échec s’impose.

Manif10

  • La diaspora camerounaise et le syndrome de l’«envoûtement collectif» - Tous des «présidents-fondateurs»
  • La quête de l’innovation a conduit de nombreux pays africains, soucieux d’améliorer leurs système de gouvernance, à opter pour la formation des jeunes et le renforcement des capacités des cadres de tous les secteurs prioritaires de vie de la nation.

La quête de l’innovation a conduit de nombreux pays africains, soucieux d’améliorer leurs système de gouvernance, à opter pour la formation des jeunes et le renforcement des capacités des cadres de tous les secteurs prioritaires de vie de la nation. La dispersion des peuples dans l’étymologie du terme diaspora est consubstantiel à l’existence des personnes à la recherche de justice et du bien-être perdu. La diaspora camerounaise qui a suivi cette logique jusqu’à la fin des années 90, connait aujourd’hui une évolution très complexe à repenser.
Les clivages politiques et ethniques qui ont mis en péril l’unité nationale, ont été malicieusement transposés partout où vivent les Camerounais de l’extérieur. De Bruxelles à Francfort en passant par Paris, Milan, Montréal, les camerounais ont, dans leur écrasante majorité, conservé les habitudes socio-anthropologiques héritées de leur région de départ. La mode est à la promotion des associations d’idéologies ethnico-tribales, qui contrastent avec les réalités démocratiques des pays hôtes. Plus contrastant encore, c’est le modus operandi des personnes censées animer ces associations, qui reproduisent systématiquement ce qu’ils reprochent au régime qu’ils disent parfois à raison les avoir bâillonnés, ulcérés et martyrisés.


Le mauvais héritage de la diaspora

Le paysage politique et associatif camerounais est contrôlé par des personnes à la sénilité avérée. Ils sont pour la plupart anciens transfuges de l’union camerounaise (U.C.), de l’union nationale camerounaise (U.N.C.) et du Rassemblement du Peuple Camerounais (R.D.P.C.). Le retour à la démocratie, il y a une vingtaine d’années, nous semble avoir fait beaucoup de mal à notre pays, en ce sens qu’il n’a pas fait des démocrates mais des « présidents-fondateurs » qui, pour l’intellectuelle Maman, sont des sortes de politiciens par embuscade, qui ont naïvement pensé que la popularité sans stratégie dans la conquête du pouvoir, sans vision aurait suffi pour être aux affaires. Désillusionnés au fils du temps face à l’habileté et au cynisme du régime policier de Yaoundé, ils ont très vite déchanté, soit en signant des plates-formes d’action gouvernementale, véritables phagocytoses politiques, soit en organisant autour d’eux des systèmes de racket qui constituent aujourd’hui leur seule survie politique.

Le blocage de l’éclosion de la démocratie véritable au Cameroun n’est plus l’apanage des seuls conservatistes du régime. La fermeture du jeu de l’alternance à l’intérieur des partis de l’opposition a favorisé le pluralisme politique plutôt que la démocratie. Tout ceux, victimes du 8-2, et de tous les autres mécanismes d’exclusion, ont très souvent créé des partis politiques, oubliant de mémoire que, la naissance d’un nouveau parti politique, dans le système électoral actuel à un tour, augmente l’espérance de vie au pouvoir de Paul Biya.


Diaspora: tous des « présidents-fondateurs »

A la tète de chaque association, on trouve un « président-fondateur », ce type de personnage qui vient vers vous, dans un prosélytisme politique savamment huilé, vous exposer un projet bien conçu et ambitieux, vous proposant de vous mettre ensemble pour changer le monde et chasser le dictateur. Ambition sans doute légitime dans un environnement favorable à l’expression des libertés. Le Camerounais de la diaspora, à âge égal et à égal diplôme, n’est peut-être pas le plus intelligent, mais à quand même beaucoup de facilité (facile accès aux technologies de l’information et de la communication, bibliothèques…) et une bonne marge de manœuvre qui peut lui permettre d’être plus prompt à se mouvoir.

Les associations des camerounais de la diaspora contre le régime de Yaoundé se sont multipliées comme des champignons ces 20 dernières années, tout à l’image de nos trois cent partis politiques, comme si l’environnement ne devrait avoir d’influence sur nous que dans l’apprentissage, jamais dans l’action. La récente visite de travail de Paul Biya en France démontre à souhait le « fractionnement malétictif » des associations de la diaspora qui disent combattre un même régime mais n’arrivent jamais à fédérer leurs efforts. Le droit de réponse publié il ya quelques jours, sur le site www.cameroun-info.net par le président de l’une des ex-fractions du « CODE »ne nous éloigne pas de toute la cacophonie, le clientélisme et bien d’autres mots qui y règnent. Le fonctionnement de nos associations donne raison à ceux qui pensent que Paul Biya reste le meilleur risque pour le Cameroun, sinon comment comprendre que des hommes pour la plupart bien formés et issus de tous les secteurs d’activité, restent englués dans des querelles de bas étage, des guerres de positionnement et des egos surdimensionnés, comme seul notre pays en a l’exclusivité.

Quitte à constituer le cheval de Troie des hiérarques du régime qui, las de voir le créateur survivre à l’horloge biologique, sont prêts à tout instrumentaliser pour le fragiliser et le voir clamser, ces activistes gagneraient à repenser leurs stratégies qui ne nous semblent pas aller dans le sens d’une dévolution pacifique et immédiate du pouvoir. La cyber-opposition, expression utilisée de façon très péjorative aujourd’hui, s’explique par le très grand désaveu du système en place observé dans le forum mais qui ne se matérialise pas sur le terrain, où les manifestants sont très souvent recrutés parmi ceux que nous appelons avec un zeste d’humour les « exilés de Bruxelles », c’est-à-dire ces Camerounais, quelques fois sans papiers, qui se découvrent seulement dans la manif, des persécutions que leur aurait infligées le régime à une date dont le dernier souvenir se trouve dans les coupures de journaux.

Les récentes élections très contestées au sein d’une l’association des Camerounais du Canada et dans de nombreuses associations de la diaspora sont symptomatiques du mode de fonctionnement que les présidents mettent sur pied pour s’éterniser à leur tête. Ceux-là même qui sont élus dans les règles de l’art ont mis sur pied des mécanismes de gestion patrimonialiste. « C’est notre chose », peut-on entendre honteusement dire, les autres n’étant là que pour les aider à accomplir leurs desseins. A l’analyse, la démocratie sans démocratie est vaine. Si on doit rester ad vitam aeternam à la tête des associations parce qu’on les a créées, on en fait un projet privé-familial qui ne mérite plus l’adhésion de tous. Il n’y a pas que Paul Biya !, nous sommes tous des «présidents-fondateurs» et notre démocratie, c’est la démocratie des autres, notre rêve, c’est celui des autres.


Une refondation est possible

Refonder nos associations sous-entend aussi leur donner un statut cohérent au combat qu’on veut mener. Si les associations qui sont membres de la société civile ont le droit de poser les problèmes d’ordre existentiel de l’espèce humaine (droit de l’homme, famine, développement…), elles ne sont en rien fondées de demander le départ d’un président fut-il mal élu, parce qu’elle n’ont pas pour vocation de solliciter les suffrages des électeurs, quitte à se muer en parti politique et gagner en crédibilité. La dévolution du pouvoir, quand on est démocrate, passe par les urnes. Ne nous trompons pas de combat. Il revient à chacun de nous, de contribuer à la socialisation politique du « peuple d’en bas » qui constitue l’essentiel du corps électoral, non plus par le seul biais de l’internet auquel seulement 7% des Camerounais ont accès, mais aussi et surtout par les actions concrètes sur le terrain. En radicalisant le débat politique, on joue le jeu du régime qui, dans sa stratégie de l’usure, sait bien récupérer à son compte ce type d’erreur politique et stratégique. Célestin Ndjamen nous semble l’avoir compris…

En réalité, manifester à Bruxelles, à Paris… n’apporte rien de façon substantielle au quotidien des Camerounais, à contrario, elle (la manifestation) sert d’outil de chantage diplomatique à l’occident qui sait très bien s’en servir au demeurant, donnant l’impression d’avoir satisfait les désidératas des manifestants. En 2009, pendant l’opération « lançons les tomates pourries à Paul Biya », c’est François Hollande, alors haut cadre et député PS, qui était descendu recueillir les doléances des activistes des « CODE, CCD », en leur promettant d’en parler en session à ses pairs à l’assemblée nationale. Quelle posture a t-il aujourd’hui ? Sortons de l’envoûtement hérité des politiques et de nos habitudes socio-anthropologiques et rebâtissons une nouvelles diaspora encore plus crédible et plus conquérante.

Par Narcis Bangmo

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:51

Déclaration des évêques du Cameroun sur l'avortement, l'homosexualité, l'inceste et les abus sexuels sur mineurs.


Prostitues Camerounaise

«Nous, évêques de l'église catholique romaine qui est au Cameroun,
Réunis à Sangmélima, dans le cadre du 36e séminaire annuel des évêques du Cameroun du 5 au 12 janvier 2013,

Conscients du climat général, « mondial », climat de permissivité, d'oubli de Dieu, de la création, de la nature telle que Dieu l'a créée et voulue pour notre bonheur, climat que subissent les familles et face auquel elles s'engagent à résister, à se protéger et à défendre avec courage les valeurs humaines et divines,

Après avoir constaté notamment la prolifération et la banalisation des avortements provoqués dans notre pays, malgré la législation en vigueur,
Notant aussi, avec souffrance, que sous le prétexte du respect des droits de l'homme et du principe de non-discrimination, des organisations internationales tendent à imposer aux pays africains et au monde, des législations pour la reconnaissance des orientations sexuelles contraires à la nature, à notre entame et à notre foi, telles que l'homosexualité, les mariages homosexuels avec possibilité d'adoption des enfants par ces « couples »,

Déploient par ailleurs, la multiplication dans nos métropoles, nos quartiers, nos villages et nos familles des victimes d'actes incestueux souvent en lien avec une mentalité permissive et la présence de réseaux qui imposent dés pratiques inhumaines, contre nature, abjectes et criminelles sans oublier les nombreux abus sur mœurs,

Tenant compte du plan de Dieu sur la création tout entière, de l'humanisme qui en découle, de sa miséricorde infinie pour le pécheur et de notre mission de salut de tout homme et de tout l'homme en Jésus-Christ.

Au nom de l'église, experte en humanité, nous évêques du Cameroun déclarons unanimement ce qui suit:


I - AU SUJET DE L'AVORTEMENT PROVOQUE

• La vie humaine est sacrée et inviolable de sa conception à sa fin naturelles. Il faut la respecter de façon constante et inconditionnelle, (cf. catéchisme de l'église catholique (CEC) n°2270).

• L'embryon humain jouit de la dignité de la personne humaine. Tuer un embryon, c'est tuer une personne et détruire une vie, (cf. CEC n° 2274).
£ La grossesse quelle qu'elle soit n'est ni une maladie ni un malheur dont on doit se débarrasser, mais un don de vie à l'humanité à préserver avec grand soin.

• Les familles, le corps médical et les organisations sociales, civiles et religieuses doivent soutenir les familles ou les couples perturbés par des grossesses non désirées, des grossesses précoces, illégitimes, à risque ou issues d'un viol, pour sauver ces enfants à naître et leur offrir une vie humaine.

• Les communautés de croyants, les organisations sociales, les établissements scolaires et universitaires, les familles doivent organiser et assurer de façon constante, la prévention contre l'avortement provoqué par la formation et l'information des jeunes, des familles et de toute k société.

• Aux chrétiens, nous demandons une relecture approfondie dans les communautés ecclésiales, les familles, les associations et les établissements scolaires et universitaires de notre lettre Pastorale sur l'avortement provoqué de 1979 qui garde toute son actualité : « respectons la vie de l'enfant qui n'est pas encore né. Soyons fidèles à Dieu le père de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui aime tous les hommes, et spécialement les plus faibles et les sans-défenses » (p. 20).

Avorter ou faire avorter sont des crimes considérés comme des homicides directs et volontaires. Ce sont des péchés graves punis par l'excommunication dont l'absolution est réservée au pape, à l'évêque du lieu ou aux prêtres dûment mandatés. (cf. CEC n°1463), Ia patte de la miséricorde de Dieu étant toujours ouverte, les prêtres doivent accompagner dans la prière, le suivi spirituel et la compassion ceux qui viennent se réconcilier avec Dieu et l'église


II- AU SUJET DE L'HOMOSEXUALITE

• L'homosexualité concerne les hommes et les femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante; envers des personnes du même sexe. Le débat sur l'homosexualité pose la question de la sexualité dans sa dignité, son sens, son langage et sa finalité.

• Face aux revendications des droits multiformes des promoteurs de l'homosexualité : droit au mariage légal, à l'adoption des enfants,. à la fondation d'une famille, à la procréation médicalement assistée etc., revendications qui s'appuient sur plusieurs concepts dont le principal est l'idéologie du Genre ou Gender (anglo-saxon) qui s'oppose à la conception classique des notions de famille, de genre et de procréation.

• Face aux abus sémantiques destinés à fausser la valeur des réalités et le sens réel des notions de famille, de conjoint, de sexualité, de mariage de procréation.

• Pour la dignité humaine et le salut de l'humanité tout entière en Jésus-Christ,


Nous, évêques du Cameroun, déclarons unanimement ce qui suit:

• L'église, mère et éducatrice enseigne la sacralité de l'identité sexuée de l'homme et de la femme créés à l'image de Dieu (Gn 1,26), celle de la dignité de leur sexualité et du mariage qui fonde leur famille.

• La personne humaine est créée homme et femme « Homme et femme, il les créa » (Un 126). Cette différence invariable fonde leur relation et leur complémentarité et s'accomplit dans les liens du mariage.

L'homosexualité falsifie l'anthropologie humaine et banalise la sexualité, le mariage et la famille, fondement de la société. Dans la culture africaine, elle ne fait pas partie des valeurs familiales et sociales. Elle est une violation flagrante de l'héritage que nos ancêtres, fidèles à l'hétérosexualité et à la famille, nous ont légué. Dans l'histoire des peuples, les pratiques d'homosexualité n'ont jamais donné lieu à une évolution sociétale mais ont toujours été les signes évidents de k décadence implosive des civilisations. De fait, l'homosexualité oppose l'humanité à elle-même et la détruit.

• L'identité profonde de la sexualité est méconnue, détournée et pervertie hors des rapports de conjugalité de l'homme et de la femme. Par conséquent, les actes vécus dans le cadre de l'homosexualité ne sont pas «sexuels», mais «des rapports contre nature » (Rm 1,26).

• Le mariage est une institution qui légitime les relations sexuelles et la filiation pour la fondation d'une nouvelle famille. C'est l'union d'un homme et d'une femme qui s'engagent à fonder une famille et à vivre unis dans l'amour. L'union homosexuelle n'est pas un mariage ; elle fausse le sens du mariage en le réduisant à un lien stérile, hédoniste et pervers, « l'infamie d'homme à homme » (Rm, 1, 26).

• L'homme et la femme ont le droit naturel d'assumer chacun la spécificité de leur nature c'est un droit invariable, irréductible et structurant qui est à considérer dans le-cadre du couple, de la sexualité et de la famille comme la base de la paternité chez un homme et de la maternité chez une femme. L'orientation «libre» de la sexualité brandie par les promoteurs de l'homosexualité est une négation de ce droit.

• Tout enfant, garçon ou fille, a le droit de vivre son identité en lien avec une mère, un père. Les promoteurs de l'homosexualité qui réclament le droit d'adoption veulent ignorer ce droit primordial nécessaire à l'équilibre de l'enfant.

• En fait, l'homosexualité n'est pas un droit de l'homme mais une aliénation qui nuit gravement à l'humanité parce qu'elle n'est fondée sur aucune valeur propre à l'être humain ; «c'est une abomination » (Lev 18, 22) comme l'atteste la tradition biblique. La rejeter n'est en rien une discrimination mais une légitime protection des valeurs constantes et millénaires de l'humanité face à des vices contre nature ; car le droit à la différence n'est justifié que s'il est humainement fondé.


Fidèles à cet enseignement constant du magistère qui déclare intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle les actes d'homosexualité (cf CEC n°2357),

Nous, évêques du Cameroun, réitérons notre désapprobation de l'homosexualité et des unions homosexuelles. Exhortons, à cet effet, tous les croyants et les personnes de bonne volonté à rejeter l'homosexualité et le soi-disant «mariage homosexuel » et à accompagner cependant ceux qui sont enclins à l'homosexualité et les homosexuels dans la prière, le suivi spirituel et la compassion en vue de leur conversion.


III-AU SUJET DE L'INCESTE

Des cas d'inceste signalés dans les familles sont des drames de grande souffrance et de désespoir profond Ce fléau détériore les relations entre proches parents.

Face à la malice morale de l’inceste, un vrai désarroi humain et social qui prend de plus en plus de l'ampleur dans notre société,

Dans le souci pastoral de protéger et de promouvoir la famille et ses valeurs humaines et spirituelles,

Nous, Evêques du Cameroun, rappelons unanimement ce qui suit :
La consanguinité est sacrée,

L'inceste « désigne des relations intimes entre parents ou alliés, à un degré qui interdit entre eux te mariage » (CEC n 2388). C'est la violation de l'interdit des relations sexuelles et donc de mariage entre deux personnes liées par la consanguinité c'est-à-dire par la parenté naturelle, la parenté légale et par l'affinité directe, L'interdit d'inceste est universel. La société l'a prévu pour renforcer la cohésion familiale, Yahvé Dieu interdit aux Israelites les unions entre consanguins, (cf. Lev 18,6-18).

Le code pénal camerounais punit l'inceste (art. 360)

L'interdit de l'inceste est de droit naturel,

L'inceste brise gravement la consanguinité et l'affinité directe et détruit l'équilibre de la famille.

Les enfants nés des nippons incestueux, souffrent d'une crise d'identité qui traumatise leur personnalité.


Nous condamnons énergiquement:

Cette affreuse abomination qui détruit le tissu familial, souille leurs auteurs (cf. 1Co 5, tee), entraîne la malédiction des personnes incestueuses (Dt 27,20) et peut provoquer des malheurs allant jusqu'à la mort des coupables s'ils ne sont pas purifiés (cf. Lv 20, 11).


Nous exhortons avec insistance:

Toutes les familles, tribus, ethnies à respecter scrupuleusement la consanguinité et l'affinité et à faire connaître à leurs descendants les liens de parenté qui les unissent.

Toute la société et les autorités dans leur diversité à protéger la consanguinité, fondement de la famille humaine.

Tous les fidèles, les prêtres, religieux et religieuses k accompagner dans la prière, le suivi spirituel et la compassion les victimes et les auteurs des actes incestueux en vue d'une vie nouvelle dans le Seigneur.


IV - AU SUJET DES ABUS SUR MINEURS

Les abus sur mineurs sont variés et prolifèrent dans notre société. Nous dénonçons outre le vol et la vente d'enfants tous les abus sexuels notamment : la pédophilie, le viol, l'inceste, l'agression sexuelle, l'exhibitionnisme, le harcèlement sexuel, la pédopornographie, les attentats à la pudeur, la prostitution d'enfants. Ces outrages d'une personne mineure sont unanimement condamnés par les Saintes Ecritures, les nations et punis par la loi.


Nous, Evêques du Cameroun,

Conformément à la législation en vigueur dans notre pays, la tradition africaine si attachée à la sacralité de l'enfant,

Suivant surtout l'exemple de Jésus-Christ qui a béni les enfants et nous a recommandé : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits » « (Mt 18,10) car « Ce qui vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40),

Condamnons unanimement les abus sur mineurs sous toutes les formes.
Exhortons la société à accentuer la protection des mineurs à tous les niveaux, à dénoncer et à combattre avec fermeté les auteurs de ces crimes tout en leur assurant un suivi médical Appelons les parents à couvrir leur enfant d'affectation et de respect, à leur garantir une bonne éducation et à les préserver de ces abus à l'intérieur comme à l'extérieur du milieu familial, Demandons aux éducateurs de protéger les enfants, de les informer sur les abus qui les menacent et sur les conduites face à toute agression. Chers fidèles du Christ, hommes et femmes de bonne volonté, à la suite de Jésus-Christ qui déclare : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10,10), unissons-nous dès ce Carême 2013 pour protéger et promouvoir la culture de la vie dans notre pays et dans le monde.»

Fait à Sangmélima, le 12 janvier 2013
Pour les évêques du Cameroun,
Mgr Joseph ATANGA Président de la CENC, Archevêque de l’Archidiocèse de Bertoua.

Source : Cameroon Tribune

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:50

Vidéo des Islamiste lampistes du Mali, les coupeurs de bras ont disparu comme par enchantement et les terroristes du MNLA protégés.


Cliquer sur le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=vMZNtIM2gNI&feature=player_embedded

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:47

LA GUERRE DE RECONQUETE DU MALI
arms-somalia
La crise économique paupérise les pauvres 

La conjoncture malienne n’est pas aussi complexe que l’on voudrait nous le laisser imaginer. Quels sont les ingrédients et la recette de cette bouillabaisse Françafrique ?

La crise économique systémique qui sévit durement dans les pays d’Afrique depuis 2008 a jeté les paysans, les ouvriers et les artisans dans la misère et dans les ornières de l’exil plein de péril. Les puissances impérialistes continuent de rapatrier les profits et d’acheminer les matières premières vers les métropoles cupides, mais elles ne veulent rien entendre des souffrances qu’elles infligent à ces peuples désespérés et elles font tout pour que ces pestiférés demeurent dans ces contrées qu’elles ont affamées et sinistrées.

En conséquence, les marchés, les places publiques, les quartiers, les fleuves et les sentiers d’Afrique sont encombrés d’hommes désœuvrés, en transhumance entre le Sud paupérisé et le Nord, «marche pied» vers l’Europe, cet Eldorado inhumé. Cette main d’œuvre bon marché est prête à tout pour ravitailler leur famille demeurer au foyer. 

L’offre de service en bras armés – flibustiers engagés – métayers fusiliers – a de beaucoup augmenté depuis quelques années, au point d’engorgée les agences de recrutement et de renseignement de l’OTAN et de leurs sous-traitants – djihadistes, islamistes, intégristes – et autres pestiférés de cet univers de mercenaires sous-payés. 

Le recrutement des exécutants

Tantôt, l’aspirant «terroriste» est recruté et embauché pour un coup fourré de courte durée – cahier des charges spécifié – solde déterminée et autorisation de se payer à même ce qu’il pourra voler aux populations exécutées, ce qui comprend la permission de violer des femmes pour se rassasier. Souvent, ces flibustiers de la modernité s’emparent d’armes sophistiquées pour se préparer à honorer le prochain contrat qui sera attribué par l’OTAN, les États-Unis ou la France. Ils doivent penser à s’équiper pour la prochaine équipée. 

Parfois le futur «terroriste» est embauché pour un temps indéterminé. Sa foi dans le Coran étant garant de son recrutement, de son entrainement et de son réengagement. Lavage de cerveau, rhétorique euphorisante anti Occident et le militant est prêt à donner sa vie pour son gourou du moment. En effet, les monopoles miniers criminalisés, les pétrolières polluantes et prévaricatrices, les entreprises manufacturières prédatrices, les représentants des gouvernements néo-colonialistes, les camps militaires retranchés, menaçants comme celui de la banlieue d’Abidjan (43e Bima), tout l’environnement social concourent à accréditer l’idée que l’Occident occupe et vide le continent africain de ses ressources, de sa plus-value et de ses biens.

C’est si vrai que les services secrets américains, français, britanniques, russes s’appuient sur ces sentiments d’aversion-répulsion pour recruter et enflammer le continent africain ravagé. 

Les coups d’État approuvés par la «communauté internationale» 

Quand un coup de force tordu est terminé, comme en Libye l’été dernier, en Côte d’Ivoire l’année qui a précédée, ces mercenaires – corsaires du désert regroupés en bandes armés anarchiques – sont remerciés par leurs sponsors, mais ils ne désarment pas pour autant. Ils errent à la recherche d’un nouvel engagement, d’un nouveau théâtre d’opération ou l’OTAN, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France ou les États-Unis voudront bien les exfiltrer – les aéroporter – pour une nouvelle «guerre humanitaire». Préférablement loin de la Syrie ou le gouvernement local tient bon et extermine les terroristes infiltrés dans le pays mortifié. 

S’ils ne sont pas recrutés, s’ils ne sont pas de corvée, les «djihadistes» de service et les mercenaires sans foi ni loi errent dans le désert en quête de nouvelles proies à leur propre compte, tels des seigneurs de guerre… 

Pendant ce temps au Mali

Pendant ce temps au Mali le gouvernement national fantoche de ce pays artificiel dont les frontières ont été dessinées par la France impérialiste il y a cinquante années passées – quand Paris peinait à massacrer les peuples d’Indochine et d’Algérie et ne disposait pas d’assez de troupiers pour exterminer la moitié du continent africain colonisé – en mars 2012, le gouvernement malien était renversé par une révolte de palais à Bamako. Un petit capitaine obscur et imprévisible (major Sanogo) démettait le Président Touré et assignait un nouveau-ex-président, Monsieur Traoré, puis congédiait le Premier Ministre pendant que la bourgeoisie compradore malienne se remplissait les poches à même les «aides» internationales, la solde des soldats détournées, le trafic de drogues, la vente d’armes et autres activités illicites comme toutes les autres bourgeoisies patriotiques d’Afrique sponsorisées par l’Occident, la Russie et la Chine concertà ©es. 

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA et Ansar Dine) trouvèrent approprié de profiter de la déliquescence de l’État fédéral malien pour s’emparer du contrôle du Nord du pays désertique, sous développé, affamé et oublié par Bamako l’éloignée (1). 

Et voilà qu’une caravane de mercenaires terroristes désœuvrés, saqués, passait par-là, de retour de sa croisade de rapine assassine à Tripoli et à Benghazi. Les damnés armés jusqu’aux dents par les soins de la France et de l’OTAN, se trouvèrent disposés à saccager ce pays meurtri dont l’armée nationale laminée n’avait nullement l’idée de se sacrifier pour la patrie des pourris de Mopti et pour préserver les intérêts d’AREVA, de TOTAL, de Sahara Mining, de MDL d’Australie et d’OROMIN du Canada et pour que la France mette la main sur 5% environ de la production d’or dans le monde (production d’or au Mali).

Voici que l’armée malienne de service, ses généraux trafiquants et son capitaine gourmand avaient besoin du soutien de la «mère patrie» pour rétablir l’autorité impérialiste sur leur pays failli. Aussi, une coalition de circonstance fut vite rameutée par la CEDEAO sous la houlette de monsieur Ouattara, le présidentié reconnaissant, co-présidé par Compaoré le dictateur avéré et gracié. Hollande fier de son blanc-seing lança ses hordes meurtrières, bombardiers, blindés motorisés, bombes à fragmentation et drones nouvellement équipés aux trousses des populations désarmées et des mercenaires déglingués et des Touaregs révoltés (MNLA et Ansar Dine) et surtout à la reconquête française des mines d’or maliennes de la Françafrique. 

Les «islamistes» de service comprenant enfin le message de leur ex-employeur et futur créancier se retranchèrent dans les montagnes de l’Adrar et de Gouma où ils seront peut-être contenus si les soldats de la force d’intervention africaine se résignent à compléter leur formation et à se présenter au front afin de défendre l’impérialisme français au Mali. 

Les meurtriers motorisés d’hier, aujourd’hui retranchés dans les montagnes du Sahel, seront probablement bombardés par les Rafales de la Françafrique, histoire de leur faire observer qu’ils n’ont pas mission d’occuper ou d’administrer les populations et les mines d’or des néo-colonies faillies. Ces tâches bancales sont assignées aux marionnettes désignées et à leurs armées subventionnées après élections truquées, où l’Élysée tranche qui est élu et qui est battu. Que ces mercenaires poltrons «terroristes-islamistes» de service attendent patiemment leur prochain ordre de mission pour attaquer le Niger, le Tchad, la Mauritanie, ou qui sait, l’Algérie, que l’OTAN ou la France leur assigneront en temps voulu.

Pour ce qui a trait aux révoltés Touareg, ils peuvent se maintenir sur leurs terres ancestrales s’ils sont obéissants-repentants, et à condition qu’ils n’embêtent personne et surtout pas les minières (or et uranium) monopolistes qui exploitent la force de travail local et spolient les ressources nationales (2). 

De quel côté se ranger ?

Au milieu de ce salmigondis l’intellectuel Samir Amin se défend d’appuyer l’impérialisme français mais se prononce en faveur de l’intervention des impérialistes français qui ont bien raison, dit-il, de réprimander leurs terroristes au chômage et de reprendre le contrôle de leur néo-colonie faillie, mais sans la maintenir comme un État client dominé et exploité suggère-t-il (3). Mais, pourrait-on rétorquer, c’est exactement le but recherché, replacer la néo-colonie en État de marche en tant que courroie de transmission entre les puits de mine et les usines en France métropolitaine. 

Deux intellectuels protestent outrés contre leur ami Samir Amin qu’ils réprimandent vertement. Au nom de la «souveraineté» malienne – inexistante comme nous venons de le constater – et au nom de la fraternité entre la bourgeoisie malienne dominée et les capitalistes monopolistes français dominants et occupants, ils écrivent : «(…) et si ces sommes considérables (30 millions d’euros d’effort de guerre français au Mali. NDLR) étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux «islamistes», ou aux séparatistes Touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d'ailleurs, comme espace politique pour intervenir?» (4). 

Deux questions confrontent ces internationalistes. Pourquoi dénoncer la lutte de libération nationale que mène la bourgeoisie Touareg de l’Azawad et pourquoi dans ce conflit prendre parti en faveur de la bourgeoisie malienne compradore du Sud contre celle du Nord ? Question encore plus importante : que resterait-il comme espace aux impérialistes français pour spolier la plus-value des ouvriers, la rente foncière des paysans, le profit des artisans et les ressources naturelles du Mali si la France se mettait tout à coup à affecter les crédits de l’État bourgeois français au développement et à la coopération fraternelle ? L’État français bourgeois ne verse pas le sang de ses soldats et ne débourse pas de tels montants pour aider le Mali à devenir prospère et indépendant. Si c’était le cas il lui suffirait de se retirer du Mali et d’abandonner à son sort la bourgeoisie compradore qu’elle y a implantée et de cesser d’armer ses flibustiers (5). 

Comme vous le comprenez cette guerre de la diplomatie de la canonnière Françafrique au Mali est une querelle de famille entre petits et grands bandits et leurs thuriféraires tous divisés sur les modalités de sujétion du peuple malien. L’Islam, la souveraineté nationale, la coopération équitable et fraternelle, la démocratie, l’emploi, le développement social, la croissance économique, le prix des produits agricoles et le peuple malien ne comptent pour rien dans cette échauffourée entre vauriens. 

Les progressistes et les internationalistes du monde entier n’ont qu’à se ranger du côté des paysans, des artisans et des ouvriers du Mali et de leurs familles, la grande majorité de la population malienne qui ne veut pas de cette guerre, ni de l’arbitraire. Souhaitons que les différents peuples regroupés dans cette fédération hétéroclite appelée Mali sauront s’unir et s’armer, et comme l’immense peuple algérien en 1962, chasser la puissance néocoloniale, ses terroristes-islamistes sous-traitants et les larbins nationaux stipendiés. 

La France hors du Mali.

Le Mali aux peuples du Mali.

Fraternité entre tous les peuples du Mali, aucun n’est ennemi.

Solidarité dans l’adversité entre tous les ouvriers du Mali.

Par ROBERT BIBEAU

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 16:35

 


      GLÔGLÔ de PANAME - la nouvelle rubrique des bons plans.


 

Mahely BAH participe musicalement à la projection conférence débat du film de Sylvestro Montanaro sur la Côte d'Ivoire, annoncé dans GLÔGLÔ de Paname 

GLÔGLÔ de PANAME - la nouvelle rubrique des bons plans, présentée par la ravissante Salome DICKA. Les Glôglô en date, c'est donc : 


-  "Grande Braderie des Créateurs". Samedi 9 et Dimanche 10 Fevrier 2013, au Bateau BOER II, de 11h à 19h. Entrée libre. Restauration.


-  Le 11ème édition du Festival International du Film des Droits de l'Homme de Paris dans neuf lieux de Paris et d'Île-de-France, du 5 au 12 février. Le salon Anticolonial à la Bellevilloise, 20 rue Boyer, M° Ménilmontant, samedi 16 et dimanche 17 février. 


-  Projection-conférence-débat du film "LA FRANCE EN NOIR" de Sylvestro Montanaro (réalisateur italien) sur la Côte d'ivoire avec la participation musicale de Mahely BAH Chanteuse de Reggae ivoirienne. A la Sorbonne 13 rue Santeuil, Paris 5ème, M° Censier Daubenton Ligne 7

http://www.youtube.com/watch?v=1saS9tmpKGA&feature=youtu.be

 

 

 


 

 


 

 

 


 


 

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:44

Cameroun : Pourquoi ELECAM fonctionne t-il dans l’illégalité ?

Elecam

Imposture: Elecam de nouveau dans l’illégalité

Les membres du conseil électoral d’Elections Cameroon ont pris part le 31 janvier 2013, à l’hôtel Mont Febé de Yaoundé, à la toute première session ordinaire de l’institution, sans avoir au préalable prêté serment. Une violation flagrante de la loi n°911/PJL/AN du 13 avril 2012, portant code électoral

Les membres du conseil électoral d’Elections Cameroon ont pris part le 31 janvier 2013, à l’hôtel Mont Febé de Yaoundé, à la toute première session ordinaire de l’institution, sans avoir au préalable prêté serment. Une violation flagrante de la loi n°911/PJL/AN du 13 avril 2012, portant code électoral 

Il y avait du beau monde dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé jeudi 31 janvier 2013. Ceci, à l’occasion de la tenue de la toute première session ordinaire d’Elections Cameroon (Elecam), pour le compte de l’exercice 2013. Le nouveau membre de cette institution nommé par le chef de l’Etat aurait ainsi fait son baptême du feu, aux côtés des anciens reconduits par décret présidentiel. Mais cette rencontre s’est tenue en violation de la loi n°911/PJL/An portant code électoral, adopté le 13 avril 2012 par les députés à l’Assemblée nationale. L’alinéa 6 de l’article 12 de cette loi stipule clairement que : « Avant leur prise de fonctions, les membres du conseil électoral prêtent le serment suivant devant le conseil constitutionnel : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité, dans le respect de la constitution et des lois en vigueur garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation sur les questions relevant des compétences d’Elections Cameroon ». 

Amadou Gouroudja nommé par décret présidentiel signé le 30 décembre 2012 et rendu public le 8 janvier 2013, aurait ainsi pris part à cette rencontre sans avoir prêté serment. Une irrégularité grave. De même, les autres membres reconduits devraient, comme le veut la loi, prêter de nouveau serment avant de reprendre fonction. Toutes ces dispositions ont été foulées au pied par Samuel Fonkam Azu’u et Cie. Et au niveau d’Elecam, les justifications ne manquent pas. « La seule personne qui doit prêter serment c’est celle qui a été nouvellement nommée comme membre du conseil électoral pour remplacer Pauline Biyong. Les autres n’ont plus besoin de se mettre à cette exigence parce qu’ils ont prêté serment une fois déjà. Même si le nouveau membre était dans la sale, c’est que c’était simplement pour observer. Il ne peut pas travailler activement s’il n’a pas prêté serment », se défend une source interne à Elecam. « Lui seul doit prêter serment. Parce que les autres sont les anciens qui l’avaient déjà fait. En attendant, il ne peut pas participer activement aux travaux. Il peut y prendre part comme simple observateur. Il est possible qu’il ait été présent dans la salle. Mais comme on ne le connait pas encore, il est difficile de l’affirmer», se défend une source interne à Elections Cameroon. 

Mais cette justification tranche nette avec les habitudes, et la loi. Car même le chef de l’Etat quelque soit le nombre de fois qu’il est reconduit, doit prêter serment avant de servir la Nation. La loi ne précise d’ailleurs pas que les membres reconduits sont exemptes de ce rituel. On se souvient très bien qu’après leurs nominations par décret présidentiel n° 2011/204 du 07 juillet 2011, Monseigneur Watio Dieudonné, Tsanga Delphine, Biyong Pauline, Titi Nwel Pierre et Tiku Tambe Christopher avaient dûment prêté serment devant la Cour suprême siégeant comme conseil constitutionnel avant de prendre fonction à Elecam. Alors pourquoi marginaliser Amadou Gouroudja, qui a pourtant été nommé comme tous les autres membres ? 

En tout état de cause, des observateurs avertis de la scène politique camerounaise analysent ce manquement comme un très mauvais présage pour cet organe chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral et référendaire au Cameroun. Cette irrégularité vient d’ailleurs s’ajouter à la polémique balancée dans l’opinion publique nationale par les décrets antidatés du chef de l’Etat, portant renouvellement du mandat des membres d’Elecam, et celui portant nomination de nouveaux membres de cette institution. Signés le 30 décembre 2012 (un dimanche), ces deux décrets n’avaient été rendus public que le jeudi 8 janvier 2013. 

Malgré cette illégalité, les membres du conseil électoral ont tenu leur première session ordinaire de l’année 2013 hier à Yaoundé. A l’occasion, Samuel Fonkam Azu’u a fait une évaluation du niveau des inscriptions biométriques sur les listes électorales.

Par Joseph Flavien KANKEU 

Source :Le Messager

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:32

Un prince saoudien arrêté avec 2 tonnes de cocaïne et qui finance la guerre en Syrie.

 


                  


Si vous n'arriver pas à lire la vidéo, cliquer le lien ci-dessous.

 

http://www.youtube.com/watch?v=qoqqtXTMvjI

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

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ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
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2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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  Libérez Gbagbo:
 

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Massacres en Côte d'Ivoire       

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine