Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 15:17

Cameroun : Iya Mohammed l’éternel président de la FECAFOOT et de la société nationale de coton rattrapé par la justice Camerounaise. Plus de 9 milliards détournés. L’heure des comptes et des révélations a sonné. 

Iya-Mohammed.jpg


           Le Directeur Général de la Société de Développement du Coton (Sodecoton) est frappé d'une déchéance de 7 ans consécutive à «20 fautes de gestion» à lui attribuées par le Consupe. En réalité, c'est davantage lya, le Président de la Fécafoot qu'lya le Dg de la Sodecoton qui est visé par cette sanction kafkaïenne. 

Iya Mohammed a été victime d'un tacle irrégulier de la part du Contrôle supérieur de l'Etat (Consupe) alors qu'il courrait balle au pied vers un nouvel plébiscite à la Présidence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot)». C'est le sentiment le plus partagé depuis vendredi dernier. Ce jour-là, le Consupe sous la plume du Ministre Délégué Eyebe Ayissi, publiait un communiqué dont les principaux termes sont: «Le Conseil a retenu, à l'encontre de [M. Iya Mohammed, Dg de la Sodecoton] vingt (20) fautes de gestion ayant induit un préjudice financier évalué et à lui imputé. (...). Le Conseil a décidé: - de constituer M. IYA Mohammed débiteur envers ladite entité de la somme de 9 052 078 692 (neuf milliards cinquante-deux millions soixante-dix-huit mille six cent quatre-vingt-douze) de FCFA, représentant le préjudice financier subi par la susdite entité, de son fait; - de lui infliger une amende spéciale de 2 000.000 (deux millions) de FCFA, pour l'ensemble des fautes de gestion commises, dans le cadre de la présente affaire». Et le communiqué d'enfoncer le clou, confirmant ainsi la thèse d'une épuration menée contre la personne d'Iya Mohammed: «prononce à son endroit une déchéance valant interdiction, pour une durée de sept (07) ans, d'être responsable de l'administration ou de la gestion des Services publics ou des Entreprises d'Etat, à quelque titre que ce soit».

C'est quoi la «faute de gestion» dont parle le Consupe? On a beau lu et relu le communiqué qu'on ne tirera aucune précision sur ces fameuses fautes de gestion. Cependant, on en apprend que la gestion de la Sodecoton durant la période 2005 à 2010 a été passée au peigne fin par les inspecteurs d'Etat. C'est leur rapport qui a donné lieu à la session du 27 mars 2013, laquelle s'est soldée par le verdict partial que l'on connait depuis vendredi dernier. Partial parce qu'aucun passage du communiqué ne fait mention ces arguments de défense produits par le Directeur Général de la Sodecoton. Si jamais Iya Mohammed a été entendu, pourquoi faire abstraction des explications qu'il aurait fournies à la mission d'enquête? «Autant l'opinion a le droit d'être mis au courant des griefs que le Consupe porte à la gestion de la Sodecoton, autant l'opinion a le droit d'être informée des justificatifs présentés par le Directeur Général et les autres personnes incriminées. Faire à ce niveau de la rétention de l'information s'assimile à une volonté délibérée de porter atteinte à la réputation d'autrui», a expliqué, à La Météo, un expert des procédures judiciaires.

Certains observateurs ne manquent pas de faire savoir que faute de gestion ne veut pas dire malversations financières. Et les décisions du Consupe sont susceptibles de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême. De quoi doucher l'enthousiasme de ces ambitieux masqués qui rêvent du scénario selon lequel une arrestation de l'actuel Dg de la Sodecoton créera de facto et par ricochet une vacance à la tête de la Fécafoot, qui leur sera profitable.


Coton sport de Garoua

Selon des sources concordantes, les supposées «fautes de gestion» pointées par le Consupe porteraient, entre autres, sur le financement de l'équipe de football Coton Sport de Garoua. «Le Consupe a estimé que Coton Sport n'a pas de base juridique», confie une source introduite. Seulement, certains inspecteurs d'Etat ayant été de la mission à la Sodecoton disent, sous cape, ne pas se reconnaître totalement dans les termes du communiqué rendu public vendredi dernier.

Concernant le statut de Coton Sport de Garoua, des sources proches du Conseil d'administration de la Sodecoton affirment unanimement que cette équipe phare du championnat de première division a bel et bien une existence légale et est la propriété, non pas d'un individu quel qu'il soit, mais de la société.

Rappelons que Coton Sport de Garoua voit le jour en 1989, cinq après la nomination d'Iya à la Direction générale de la Sodecoton. Cette équipe, force est de le reconnaître, est l'une des meilleures ambassadrices du championnat local sur la scène continentale. Non seulement sa gestion est professionnelle, offrant de salaires conséquent à ses sociétaires, Coton sport de Garoua dispose d'un véritable Complexe sportif donnant ainsi de la Sodecoton dont le club est la propriété, l'image d'une société citoyenne, s'impliquant tant dans le développement de l'agriculture cotonnière que de l'épanouissement de la jeunesse via le football.

A propos de l'état de santé de la Sodecoton, plusieurs économistes sont d'avis que les chiffres de l'entreprise sont bon malgré la conjoncture marquée par l'écoulement du coton) pourtant subventionné par l'entreprise de Garoua, vers le Nigeria en raison des coûts alléchants pratiqués par ce pays voisin. Autres chiffres qui témoignent de la compétence managériale d'Iya Mohammed: En 2003, la Sodecoton était la 3e entreprise du Cameroun après la Sonara et les Brasseries du Cameroun. Elle était aussi classée 8e parmi les entreprises africaines les plus performantes. Cette entreprise à mi-chemin entre le privée et le public a un chiffre d'affaires évalué à 95 milliards de FCFA et emploie plus de 2000 employés. Selon une source crédible, la géographie du capital de la Sodecoton est la suivante: 59 % d'actions appartenant à l'Etat, 11% appartenant à un opérateur privé camerounais qui serait Baba Ahmadou Danpullo, 30 % à la Compagnie française pour le développement des textiles (Cfdt). Un conseil d'administration aux membres aussi cosmopolite qu'indépendant qui a toujours renouvelé son quitus à la gestion d'Iya Mohammed, à la suite d'un examen minutieux des comptes. Rappelons que la Sodecoton ne possède plus de plantations de coton) mais travaille en partenariat avec les producteurs camerounais qui sont tout autant satisfaits, pour la grande majorité, des facilités en termes de semences, d'engrais, de formation que met à leur disposition l'entreprise de Garoua.
 

Par René Atangana, et Nadine Bella

Source : La Météo 

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 15:07

INVITATION

Cameroon flag

Conférence-Débat

 

"EN FINIR AVEC L’ETAT DE NON-DROIT AU CAMEROUN"

Organisée par

 

Conseil des Camerounais de la Diaspora

 

SAMEDI 06 AVRIL 2013 Heure : 18h30 à 21h30

 

 

La Diaspora Progressiste Camerounaise, à travers le CCD (Conseil des Camerounais de la Diaspora) membre du Front Uni, vous invite à assister à la conférence-débat qui se tiendra à Paris. Nous clôturerons cet évènement autour d’une Galette de l’amitié et de la fraternité.

Le thème consacré à ce débat est:

"EN FINIR AVEC L’ETAT DE NON-DROIT AU CAMEROUN" :  

Dans la foulée de la convocation des sénatoriales le 14 avril 2013 ; 4 sous-thèmes seront exposés:

-Diaspora et questions politiques

-Politique et Alternance

-Un processus démocratique est-il possible au Cameroun ?

-Quelle solution pour le Cameroun ?

Conférenciers : Représentants Associations - société civile & Hommes politiques  

Invités spéciaux : Artistes musiciens, Journalistes, Sportifs

 

Modérateurs : Général Robert Wanto & Commissaire Junior ZOGO  

 

Lieu

 

Lieu : AGECA 177 Rue de Charonne 75011 Paris, Métro Alexandre Dumas Ligne 2  

 

Contact

 

   Emails : concamed@yahoo.fr / ccd.relais@gmail.com          Site web : www.concamed.com

                                            ( : 06 30 19 50 61 / 06 50 95 80 36

 

  

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:55

Cameroun: Richard Djif pris en otage depuis 10 jours suite à la production d’un film intitulé : Les derniers prédateurs (les derniers salopards).

 Richard-Djif.jpg

 

Cameroun : Nous exigeons la libération de Richard Djif, en même temps que celle de la pensée et de la créativité artistique !

 

Il y a quelques jours, l’opinion publique camerounaise apprenait avec émoi et désarroi la disparition de Richard Djif, cinéaste et artiste polyvalent, manifestement enlevé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 2013, à son lieu de résidence au quartier dit Bonamoussadi, à Yaoundé.

A l’origine de cet acte ignoble et lâche, la sortie et la diffusion de son film intitulé : 139… LES DERNIERS PRÉDATEURS, qui met en scène les dérives d’un pouvoir totalitaire vieux de 139 ans, dans un pays imaginaire nommé le Chimpanz. Le jeune réalisateur Djif et les principaux acteurs du film recevaient, depuis quelques semaines, des messages de menaces leur intimant l’ordre d’arrêter immédiatement la diffusion du film.

Cet enlèvement survient dans un contexte de crispation autoritaire du pouvoir camerounais, observable depuis quelques années déjà, par des entraves à la libre diffusion des oeuvres de l’esprit - et tout particulièrement des productions cinématographiques - au moyen de la censure pure et simple et de l’interdiction des séances de projection des films et documentaires qui « dérangent ». Ce qui est en effet mis en cause dans ces oeuvres, au-delà de l’alibi autoritariste du « trouble à l’ordre public », c’est leur charge critique (réelle ou supposée) à l’égard du régime Biya, au pouvoir depuis 1982, ou de quelques multinationales installées au Cameroun et qui sont des alliés objectifs du régime.

Quelques exemples :

Avril 2011 : un festival du film sur les droits de l’Homme organisé à Yaoundé et qui avait reçu toutes les autorisations requises est finalement interdit quelques heures avant la cérémonie d’ouverture. Motif invoqué : « Absence du visa de Madame le ministre de la Culture sur l’ensemble des films à projeter ».

Toujours en avril 2011, le documentaire « La Banane» est interdit de diffusion. Réalisé par Franck Bieleu, le documentaire décrit la véritable condition de forçats à laquelle sont réduits les ouvriers camerounais des bananeraies de Penja, appartenant à l’entreprise française PHP, mais aussi la subordination et la complicité passive ou active des autorités politiques et administratives camerounaises à l’égard de la PHP.

Août 2011 : Ama Tutu Muna, ministre de la Culture et présidente de la « Commission nationale de contrôle des oeuvres cinématographiques et des enregistrements sonores », aussi appelée (sans honte ni pudeur), « Commission de censure » interdit formellement «l’exploitation ou/et l’importation du film « Le Correspondant » sur l’ensemble du territoire camerounais ». Le film mis en cause est un long métrage de fiction réalisé par Henri Fotso. Il met en scène un jeune journaliste africain envoyé en mission sur une île pour 2

 

couvrir des élections générales devant aboutir à la mise sur pied d’un nouveau parlement et à la désignation d’un nouveau Premier ministre. Est-ce le thème de « l’alternance politique » qui avait suffi à effaroucher les membres de la « commission de Censure » ? Toujours est-il que quelques cadres du ministère de la Culture soufflèrent au réalisateur qu’il valait mieux introduire une requête auprès de la commission de censure et « attendre que les élections [présidentielles d’octobre 2011] passent »i...

Ce mois de mars 2013, c’est un film récent du réalisateur Jean-Pierre Bekolo intitulé « Le Président. Comment sait-on qu’il est temps de partir ? » qui est frappé de censure. L’interdiction n’a pas encore été formellement signifiée au réalisateur ; mais l’Institut français de Yaoundé, dans un geste d’une stupéfiante complaisance avec la répression des libertés individuelles et collectives, a déjà annoncé la couleur en refusant de projeter le film au prétexte que le réalisateur n’a pas « obtenu les droits de diffusion au Cameroun ». Ce qui veut dire, en plus clair, que le film n’aurait pas reçu le quitus de la « commission de censure ».

La dérive autoritaire  

Mais loin de se limiter au domaine du cinéma, la persécution de la pensée critique continue de gagner tout l’espace publique, sous diverses formes. Dans le domaine des lettres, le cas de l’écrivain et essayiste ENOH MEYOMESSE est l’exemple le plus éloquent de la dérive autoritaire du pouvoir camerounais pour lequel le droit n’a plus rien à voir avec la justice mais sert surtout à déguiser le délit d’opinion en délit de droit commun et à couvrir l’infamie. ENOH MEYOMESSE a ainsi été arrêté le 22 novembre 2011, puis torturé et emprisonné au prétexte qu’il se serait trouvé à la tête d’un gang de malfrat… La parodie de justice qui s’en est suivie a abouti à la condamnation de l’écrivain à sept ans de prison ferme, malgré les protestations indignées de l’opinion publique nationale et internationale.

Dans les universités, l’on mène une répression brutale contre les rares mouvements étudiants qui se veulent autonomes. En août 2012, quatre étudiants, membres de l’Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun (Addec) ont été condamnés à un an de prison avec sursis pendant trois ans, pour avoir projeté d’organiser une manifestation au sein du campus de l’Université de Yaoundé II. Ils réclamaient le départ du recteur véreux qui dirigeait alors cette institution.

Depuis février 2013, ce sont des leaders et membres de la University of Buea Students Union (UBSU) qui ont cette fois été arrêtés, torturés et incarcérés à la prison centrale de la ville, avant d’être traduits devant les tribunaux. Ils sont coupables de s’être opposés au choix des plus surréalistes de la Vice Chancellor de faire élire les représentants des étudiants par un collège d’enseignants. Minang Roger, le président de l’UBSU lui-même, kidnappé le 14 février 2013 et détenu par la suite à la prison centrale de Buea pendant plusieurs semaines, n’a pu recouvrer la liberté qu’après avoir payé une amande de 500 000 Fcfa, comme l’avait ordonné des juges manifestement aux ordres. Quelques-uns des procès contre ces étudiants sont actuellement en 3

 

cours. Ils comparaitront de nouveau le 4 avril prochain, les plaignants étant la Vice Chancellor et le gouverneur de la région du Sud-Ouest.

L’on pourrait aisément allonger cette triste chronique des entraves aux libertés individuelles et collectives qui n’épargne pas les organisations politiques, comme on l’a vu avec l’incarcération et l’inculpation récente de deux leaders politiques upécistes, à douala, pour avoir voulu tenir une manifestation publique pourtant régulièrement déclarée.

Ce n’est donc pas uniquement la créativité intellectuelle et artistique qui est en péril mais la liberté, la démocratie et la justice. Et c’est dans ce contexte général où le zèle autoritaire le dispute au grotesque et à la bouffonnerie que la censure des oeuvres cinématographiques jugées politiquement « incorrectes » s’est systématisée. C’est dans cette lancée d’excision de la créativité artistique qu’il convient d’inscrire les menaces reçues par Richard Djif après la sortie de son film et le kidnapping qui s’en est suivi.

Une brutalité aveugle et injustifiable.  

Richard Djif et certains membres de l’équipe de tournage du film avaient reçu plusieurs messages de menaces entre le 16 et le 23 mars sur leurs téléphones portables. Quelques extraits :

«M. Fofié Djimeli ; vous n’avez plus de temps pour courir. Renoncez à la déstabilisation. Votre film est fait pour ça. Deuil signalé » ; « que vos manipulateurs osent se dévoiler. Votre film est belliqueux, il devient dangereux pour la paix sociale. Gardez le dans vos vidéos clubs….si vous le passez dans les ménages vous payerez cher ou alors vous êtes aussi immortels.» ; « Monsieur FOUOFIE DJIMELI et compagnie, votre longévité nous pose aussi un problème. Creusez notre tombe, vous y arriverez avant. » ; « M. FOUOFIE DJIMELI, journalistes et politologues n’y pourront rien. Vous serez écrasés. Retirez cette merde de la circulation. Attention ! Attention ! Attention ! » ; « M. FOUOFIE DJIMELI, vous n’avez pas plus assez de temps pour courir, renoncez à la déstabilisation. Votre film est fait pour ca. Deuil signalé » ; ou encore « M. FOUOFIE DJIMELI, ton cercueil ne sera pas de trop. Les amis de NJAWE et autres ADDEC feront le déplacement du cimetière. Le film du complot s’arrêtera et notre longévité survivra. »

Le 26 mars, soit deux jours après la disparition du cinéaste, les acteurs du film recevaient cet autre sms : « Nous détenons les pièces du complot contre la paix à E12 [le numéro de chambre de R. Djif]. Lâcher prise ? Bastos ne payera pas. Ni Njawe ni l’ADDEC, ni les étrangers ne sauveront le Bamiléké Fouofié Djimeli, le sale Bangam. Patientons, les vagues vont et reviennent ».

Ces messages ne laissent aucun doute sur le fait que c’est la diffusion du film « 139… Les derniers prédateurs » qui est en cause. Dès lors, on est légitimement fondé à demander des comptes au gouvernement camerounais et à le tenir comptable de l’intégrité physique et de la vie de Richard Djif, introuvable depuis la nuit du 23 au 24 mars dernier. 4

 

Le recours au procédé de l’enlèvement peut paraître déroutant, inédit et surprenant au premier abord. Il convient cependant de le replacer, lui aussi, dans le registre auquel il appartient – l’action semi-clandestine - et de rappeler que ce type de procédé n’est, en fait, pas nouveau. En matière de répression politique au Cameroun, l’action clandestine a souvent complété la répression officielle, lui donnant un prolongement dans la perpétration du crime et la diffusion d’une forme de terreur impossible à justifier et à assumer légalement.

C’est ici qu’il convient de souligner que le jeune cinéaste Richard Djif est aussi étudiant en Master 2 en « Arts du spectacle » à l’Université de Yaoundé I et proche de l’Addec. Lors de la grève étudiante d’avril-mai 2005 qui avait paralysé plusieurs universités d’Etat du pays, il s’était fait remarquer par une abondante production de poèmes sur les thèmes de la liberté, de la résistance et de l’espérance qui avait frappé l’imaginaire de la communauté étudiante et ajouté à la dimension éthique et esthétique du mouvement.

Or l’on sait que depuis les années 1990 dites « de braise », l’Université camerounaise n’a cessé d’être infestée de milices à la solde d’un bon nombre de caciques du régime en place. Le quotidien Le Messager, n°1999 du mercredi 02 novembre 2005, avait consacré un important dossier à cette « milicisation » des campus universitaires par des pontes du régime Biya. Le Messager avait notamment publié une série de correspondances de Jean Messi, ancien recteur des Universités de Yaoundé I et de Ngaoundéré, adressées à de hauts responsables de l’Etat (au ministre de l’Enseignement supérieur, au ministre de la Culture, au Premier Ministre et au Président de la République, entre autres) et membres du RDPC, le parti au pouvoir. Jean Messi y affirmait avoir « créé et animé des milices [tribales] à l’Université » entre 1993 et 1998, pour briser la contestation étudiante et protéger le régime en place, aidé en cela par son ancien secrétaire particulier.

Ces groupuscules clandestins fascisants sont régulièrement activés, en cas de besoin, pour défendre le « pouvoir ethnique », prétendument menacés par des contestataires « venus d’ailleurs ». C’est ainsi qu’en avril et mai 2009, l’Addec avait été inondée de lettres d’intimidations et de menaces signées d’un groupe jusque-là inconnu : « Action Directe Républicaine ». Quelques jours plus tard, lors d’une marche silencieuse organisée au sein du campus de l’Université de Yaoundé I par le syndicat étudiant, les auteurs de ces menaces n’avaient pas hésité à apparaître publiquement, un de leurs responsables ayant multiplié les actes de provocation et abreuvé les manifestants d’insultes et de menaces de mort, promettant que la prochaine action de cette nature leur serait « fatale ». Tout ceci sans être inquiété par les autorités universitaires.

Le quotidien Mutations, dans sa livraison n° 2401 du 12 mai 2009 avait rendu compte de ces faits, en publiant en page 4 une photographie de cet individu dont on apprit plus tard qu’il n’était autre que… l’ancien secrétaire particulier du recteur Jean Messiii dont ce dernier, dans ses fameuses lettres déjà évoquées, loue l’engagement actif dans l’activation régulière des milices tribales en milieu universitaire.

Il ne serait donc pas surprenant que la disparition de Richard Djif soit l’oeuvre de groupuscules occultes, agissant dans l’ombre de quelques barons du pouvoir camerounais. Du reste, leur rayon 5

 

d’action privilégié a toujours été la zone de résidence universitaire de Ngoa Ekelle où vit Richard Djif.

Nous engageons la responsabilité du gouvernement camerounais  

Dans un tel contexte de brimade, où les libertés fondamentales, la liberté de penser et celle de créer des artistes sont mises en péril par le recours à des moyens aussi extrêmes que l’enlèvement, et où la violence répressive est désormais aussi aveugle que disproportionnée, nous, les citoyens camerounais signataires de cette déclaration, engageons directement la responsabilité des autorités camerounaises dans la disparition du cinéaste Richard Djif.

Il s’agit d’un fait d’une extrême gravité dont l’horreur et l’insoutenable barbarie sont accentuées par le fait qu’il intervient en période d’accalmie; en l’absence de tout mouvement d’humeur, de toute effervescence sociale et de toute volonté de l’artiste d’en fomenter. Si l’intégrité physique et la vie du cinéaste Djif venaient à être mises en péril – ce que nous n’osons encore imaginer –, cet épisode marquerait alors le franchissement d’une nouvelle ligne rouge, la dernière sans doute, dans cette forme de guerre que le régime Biya semble mener contre l’intelligence et les ressources de l’esprit des Camerounais.

Les Camerounais(es) ne l’accepteront pas ! L’humanité dans son ensemble, attachée au respect de la dignité humaine et des libertés fondamentales, à la liberté de penser et de créer ne le tolèrera pas.

Nous exigeons et attendons du gouvernement camerounais qu’il réponde impérativement de la disparition de Richard Djif. Qu’il mette tout en oeuvre pour qu’il soit retrouvé et la lumière faite sur cet acte ignoble. Que les responsables de cet acte qui vise à faire peur aux créateurs d’oeuvres artistiques et à briser toute velléité de production d’un art critique soient arrêtés et sévèrement punis. Que la protection des artistes et des intellectuels soient assurée et leur liberté garantie.

Nous exigeons que la « Commission de censure » des oeuvres cinématographiques et des enregistrements sonores du ministère de la Culture, structure honteuse et scandaleusement rétrograde, soit abolie sans délai, ainsi que le régime d’autorisation préalable auquel les productions cinématographiques sont soumises au Cameroun. Car il s’agit bien là d’un vestige de l’époque des tristement célèbres « ordonnances contre la subversion ».

Le Cameroun n’est pas un « hors-monde ». Ici comme ailleurs, ce ne sont pas le Droit, la Liberté et la Justice qui reculeront devant la crapulerie, l’imposture et l’ignominie. Les Camerounais d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, savent combien leur histoire se façonne dans la rencontre, le métissage et l’ouverture. Fiers d’hériter et de bâtir une nation plurielle et cosmopolite, ils ne céderont pas aux abjectes éructations des avortons de la haine et aux soutiers du divisionnisme – de quelque bord qu’ils soient.

Nous exigeons la libération de Richard Djif, en même temps que celle de la pensée et de la créativité artistique ! 6

i Quotidien Le Jour du 3 août 2011.

ii Voir : Addec, Rapport sur l’état des droits de l’Homme dans les universités Camerounaises, juin 2009, p.9.

1er avril 2013

http://www.facebook.com/EnsembleLiberonsLeCineasteRichardDjiff ; vous pouvez aussi nous suivre sur #EnsembleLibéronsLeCinéasteRichardDjiff

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:56

Résolution de la crise en République centrafricaine – L’Union africaine s’oppose à la France.

dlamini-zuma-bo.jpg

Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l’Union africaine. 

 

La diplomatie du pays de François Hollande protège les rebelles brutaux de la Séléka, ce qui a le don d’agacer les représentants de l’Union africaine à la Maison de Verre à New York. Jusqu’à quand l’ONU considèrera-t-elle normale le fait qu’une ancienne puissance coloniale continue de rédiger les résolutions sur ses ex-possessions ? Le débat sur la future force onusienne au Mali remet cette question au goût du jour. 

Qui a dit que la France officielle n’était pas la marraine officieuse des rebelles de la Séléka ? En tout cas, les débats à la Maison de Verre de l’ONU à New York sont des grands moments de vérité. Selon le site d’investigation Inner City Press, toujours très bien renseigné, la France, «qui tient le stylo» pour rédiger les résolutions du Conseil de sécurité sur son ancienne (?) colonie, a refusé d’avaliser le communiqué de l’Union africaine comportant une liste de sept leaders de la Séléka, y compris le porte-parole du mouvement basé en France. L’Union africaine veut en effet que les personnes figurant sur cette liste soient frappés par une interdiction de voyager et un gel de leurs avoirs. Il est piquant, soit dit en passant, de remarquer que Paris, si prompte à militer pour ce type de sanctions vis-à-vis du président Gbagbo et de ses proches, se «braque» dès qu’il est question de les infliger à des chefs de guerre qui se signalent par des pillages insensés, des violences et destructions dirigées contre les organes de presse (selon le Comité de protection des journalistes) et l’utilisation notoire d’enfants-soldats.

 

Le refus de la France d’exercer ce que le Rwandais Olivier Nduhungirehe appelle une «forte pression» sur la Séléka a conduit à un désaccord manifesté par l’absence de déclaration télévisée à la suite de la réunion du Conseil de sécurité lundi. La France, qui rédige toujours les communiqués et résolutions sur les pays de son pré carré, a refusé d’aller «aussi loin» que le voulait l’Union africaine et le Rwanda en ce qui concerne les sanctions contre la Séléka. En clair : Paris veut se contenter d’une condamnation de façade contre des entrepreneurs politiques qui, comme le montrent certaines photos diffusées sur les réseaux sociaux, sont très proches de ses militaires sur le terrain. Au final, le communiqué qui devait être envoyé aux journalistes plus tard par courrier électronique ne l’a pas été…  et le porte-parole de la délégation française, qui devait le diffuser, a «disparu» comme le raconte le site Inner City Press.

«Vestiges du colonialisme» et «conflits d’intérêt»

Sur le Mali également, la France est critiquée dans les couloirs de la Maison de Verre. Et pour cause : alors qu’une résolution est en cours de rédaction pour encadrer la création d’une Mission des Nations unies au Mali, Paris veut à tout prix imposer le schéma expérimenté en Côte d’Ivoire, où une force française sous commandement français est déployée «parallèlement» à des Casques bleus «classiques». Rappelant que Hervé Ladsous, l’actuel responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU est le quatrième d’une série de Français dirigeant ce département stratégique les uns à la suite des autres, Inner City Press estime que l’ONU est devenue le lieu où s’expriment «vestiges du colonialisme » et «conflits d’intérêts».

Hier, au cours d’une conférence de presse au siège de l’ONU, le représentant de la France, Gérard Araud, a en tout cas réfuté la comparaison entre les schémas ivoirien et malien… et a tout de même concédé que la question «qui va payer pour le déploiement au Mali» est une bonne question. A priori, la résolution sur la force onusienne au Mali – qui devient centrale pour un François Hollande qui veut éviter le spectre de l’enlisement sur lequel Nicolas Sarkozy joue déjà – doit être votée au cours du mois d’avril. D’ici là, les marchandages diplomatiques iront bon train. Et la situation désastreuse des droits de l’Homme et du secteur de la sécurité dans une Côte d’Ivoire pourtant prise en main par Paris, participera à donner des arguments à ceux qui veulent que l’on cesse de croire que Paris sait forcément ce qui est bon pour ses anciennes ( ?) possessions africaines.                                                                 Par Théophile Kouamouo                                                                                                         Source : Nouveau courrier

 

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:35

Analyse et proposition Pour une résolution multilatérale du conflit en République Centrafricaine par Claude Yabanda* et Narcisse Arido**
avec le groupe Afrique EELV

Drapeau-centrafricain.png

 

  

Depuis décembre 2012, une nouvelle vague de rébellions armées alliées sous le nom de Séléka a montré sa capacité à contrôler militairement la République Centrafricaine (RCA). L’accord de cessez-le-feu signé le 11 janvier 2013 à Libreville avec le pouvoir de François Bozizé est fragile. Comment la RCA en est-elle venue à cette situation d’instabilité chronique ? Quelles sont les motivations économiques et sociologiques des rebelles ? Analyse et propositions pour une sortie de crise pacifique impliquant la communauté internationale et notamment les pays de la sous-région. 

Ancienne colonie française de l’AEF[1], l’Oubangui-Chari[2] située au centre de l’Afrique, la République Centrafricaine (RCA) partage ses frontières avec le Tchad (au nord), le Soudan (nord-est), le Sud-Soudan (est), la République Démocratique du Congo et la République du Congo (sud), enfin le Cameroun (ouest). Depuis son accession à l’indépendance, la RCA s’est très vite démarquée par une particularité dans la gestion de l’Etat : les armes sont devenues le mode d’accession exclusif à la magistrature suprême. Sur les cinq présidents que le pays a connus, trois sont des officiers supérieurs des Faca[3], et les deux autres des civils qui n’ont pas hésité à utiliser les armes soit pour accéder au pouvoir (David Dacko[4]), soit pour préserver un régime démocratique vacillant qui avait montré ses limites en matière de bonne gouvernance (Ange-Félix Patassé[5]).

Pire : à partir du premier coup d’Etat manqué de François Bozizé en octobre 2002, la scène politique centrafricaine enregistre un phénomène nouveau qui ne cesse de prendre de l’ampleur : la présence quasi régulière de mouvements de rébellions sur tout ou parties du territoire, rébellions récemment coalisées sous le nom de Séléka (« Alliance » en sango, la langue officielle du pays avec le français). En effet, la mauvaise gouvernance du régime de président François Bozizé a engendré une déliquescence politique et socioéconomique de la RCA sans précédent. Son mépris de l’opinion nationale et de la communauté internationale, sa politique belliciste à l’intérieur du pays, enfin sa gestion kleptocrate au profit de sa famille et de quelques amis nationaux et étrangers, alimente l’émergence constante de diverses rébellions.

Du Dialogue national inclusif de 2003 aux Etats généraux de la Défense, en passant par le programme DDR[6], le Président de la République a de fait érigé la trahison de ses engagements et l’inégalité sociale et territoriale en mode de gestion commune, ce qui rend très difficile l’application de solutions susceptibles de conduire à une paix démocratique. Il s’ensuit une perte de souveraineté nationale d’une part (vis-à-vis d’autres Etats de la sous-région et de groupes mafieux), la disparition du patriotisme d’autre part.

Face à cette impasse, nous tenterons un rappel historique des faits politiques en République Centrafricaine (I), puis nous essaierons de cerner les jeux et enjeux de l’actuelle rébellion militaire (II). Enfin, nous envisagerons quelques perspectives pour une sortie de crise (III).

  

 

 

I. Mars 2003 – janvier 2013 : de la transition à l’impasse

L’espoir populaire qui a accompagné le coup d’Etat du 15 mars 2003[7] va très vite céder la place à l’inquiétude. Bénéficiant de l’euphorie suivant la chute du régime impopulaire du président Ange-Félix Patassé, le nouveau président François Bozizé rompt presque immédiatement avec le consensus qui régit la transition politique : il réussit à tromper l’opposition politique et la société civile, respectivement en charge du gouvernement (Abel Goumba) et du Conseil National de Transition (Nicolas Tiangaye), et en même temps il trahit ses engagements vis-à-vis de nombreux combattants qui l’ont porté au pouvoir. Il s’ensuit quatre conséquences majeures.

1. L’enracinement de la culture de rébellion militaire. Déjà dans les années 1990 après le coup d’Etat manqué contre le régime du président André Kolingba (1981-1993) orchestré par les généraux Mbaïkoua et Bozizé, le pays enregistre le premier mouvement insurrectionnel. Mais si cette première expérience est vite neutralisée, la rébellion militaire initiée en octobre 2002 par le général Bozizé va réussir à prendre le pouvoir d’Etat. Dans ce jeu de conquête du pouvoir par les armes, nombreux sont les acteurs qui se rencontrent mais qui, parfois sous l’équilibre de jeux d’intérêts personnels, changent de camp. Le sacrifice du consensus politique de mars 2003, aggravé par une violence militaire aveugle et démesurée du nouveau pouvoir[8], suscite des mécontentements : très vite, les combattants trahis vont reprendre les armes. De 2006 à 2008, une constellation de mouvements militaires naît dans la partie Nord-Est et surtout dans le nord de la RCA. Les acteurs de ces différents mouvements – UFDR, FDPC, GAPLC, CPJP, MLCJ, APRD, etc. - sont pour la plupart des anciens alliés du président Bozizé, et non des aventuriers coupeurs de route comme le pouvoir veut faire croire à l’opinion nationale et internationale.

Avec le Dialogue politique inclusif de décembre 2008, le pays enregistre une accalmie qui, malheureusement, sera rompue avec l’échec du programme DDR et surtout des violations à répétition des accords du Dialogue par le pouvoir. Face à la série de dérives du régime Bozizé qui fait de la Centrafrique un Etat en faillite et, face au risque de naissance d’une monarchie démocratique[9] entérinée par une modification constitutionnelle, une nouvelle coalition de rébellions militaires composée de trois des principaux anciens groupes rebelles se forme en effet sous le nom de Séléka. Cette coalition, avec un rapport de force militaire qui lui est rapidement favorable, demande la démission du président de la République.

2. Le manquement avéré de la bonne gouvernance du régime de François Bozizé. Celui-ci n’est plus à démontrer depuis son accession au pouvoir : il admet la référence familiale ou le copinage comme mode de gestion de la République. Les ministères de souveraineté (Défense, Finances, Mines et énergie, etc.) sont tenus par le fils et les proches parents qui, malheureusement, n’ont pas le profil approprié. On assiste dans tout le pays à une promotion de la médiocrité et les élites centrafricaines sont contraintes soit à épouser cette idéologie, soit à prendre le chemin de l’exil. Les menaces sous couvert des attributs de l’Etat constituent le mode normal de gestion, avec l’asservissement de l’armée nationale au service de la famille Bozizé. Conséquence : l’impunité s’enracine dans le pays, elle est même érigée en norme de comportement pour s’enrichir rapidement si on est au pouvoir. Nous assistons à la déchéance de l’Etat. Il s’ensuit, début 2013, une paupérisation sociale sans précédent dans l’histoire de la République Centrafricaine.

3. L’alarmante situation économique, sociale et sanitaire. La politique sociale du gouvernement n’a jamais été focalisée que sur le paiement des salaires. Or sur une population d’environ 4 millions d’habitant/es, le pays ne compte que 26 000 fonctionnaires gagnant un smic miséreux au milieu d’un secteur privé quasi inexistant. Des foyers de malnutrition s’installent partout dans le pays, même dans des zones qui n’ont jamais été touchées par des crises militaires. Tel est le cas de la ville de Berberati, située à l’ouest et réputée pour ses diamants et ses forêts.

D’ailleurs, Médecins Sans Frontières n’a pas manqué d’alerter sur la situation socio-sanitaire du pays. Dans son dernier rapport intitulé « République Centrafricaine : une crise silencieuse » (décembre 2011) [10], l’organisation estime que la RCA est en proie à une urgence médicale chronique, dans une situation « hors contrôle ». « L’aide médicale actuelle ne suffit pas à répondre à l’ampleur des besoins sanitaires des populations. La RCA détient la deuxième espérance de vie la plus faible du monde soit 48 ans, et le 5e taux de mortalité par maladies infectieuses et parasitaires le plus élevé au monde. Les taux de mortalité dans plusieurs régions de la RCA sont la conséquence d’épidémies saisonnières, d’une économie en panne, ainsi que des conflits mal gérés, des déplacements de populations et d’un système de santé très faible. Tous ces facteurs ont eu des conséquences catastrophiques sur la santé des populations et freinent le développement », conclut Olivier Aubry, chef de mission MSF pour la Centrafrique.

En dépit de cette réalité alarmante, le gouvernement centrafricain s’est désengagé des systèmes de soins en allouant un crédit budgétaire à la santé inférieur à celui de la sécurité présidentielle (garde pléthorique, ethnique, incompétente et composite[11]). Au-delà, les dignitaires actuels du régime affichent avec arrogance leur train de vie opulent en contradiction flagrante avec la réalité marquée par la souffrance et la famine de la population.

Dans le domaine économique, le tableau général est sombre, d’ailleurs le président de la République l’a reconnu et n’a pas hésité par ironie à demander aux populations que son système a paupérisées de prier afin d’obtenir une manne divine ! Une journée nationale de jeûne avait été observée sur ordre présidentiel fin 2012. Les édifices publics tombent en ruine, aucun projet de grands travaux n’est en vue devant le délabrement des ponts et chaussées. L’électricité est devenue une denrée rare dont seuls les secteurs du président de la République, du président de l’Assemblée nationale et de quelques ministres proches et influents peuvent jouir, tandis que le Centrafricain lambda est contraint à seulement quelques heures de consommation irrégulièrement programmées. Les rares entreprises encore présentes n’échappent à cette programmation. Les réseaux routiers demeurent quasi inexistants, avec des ponts qui ne cessent de s’effondrer jusque dans la capitale Bangui[12].

4. La déliquescence programmée des Forces Armées Centrafricaines. L’armée centrafricaine traverse une crise structurelle programmée par le pouvoir. Cette armée nationale (Faca) comporte des hommes de troupe compétents et des officiers valeureux formés dans des grandes écoles et académies militaires extérieures de renom. Mais le président de la République n’ayant pas confiance en elles, il les dépouille au profit d’une garde présidentielle qui parade en ville avec des arsenaux de guerre. Les Faca sont également inféodées à tous les niveaux et enregistrent des lacunes de permanence dans la préparation et la projection. L’instruction militaire a disparu depuis 1996. La déchéance de l’armée a commencé depuis longtemps : le service de sécurité militaire est basé sur les délations, flagorneries, règlements de compte et autres fiches mensongères. C’est en toute conscience que François Bozizé, ancien chef d’Etat major, a programmé l’affaiblissement de cette armée républicaine. Car il sait qu’une armée centrafricaine en état de fonctionnement ne saurait tolérer durablement ses dérives politiques.

 

Bizize.jpg

François Bozizé, président de la République Centrafricaine depuis mars 2003

 

II. La dynamique actuelle de la rébellion militaire : entre stratégie et jeu pour exister en Centrafrique

Face à cette incurie de l’Etat, la République Centrafricaine enregistre aujourd’hui deux catégories de mouvements de rebellions militaires actives qui n’ont encore pas ouvertement de convergence sur le terrain. La première est le résultat direct de la mauvaise gouvernance actuelle : elle est dirigée par d’anciens frères d’armes du président Bozizé abusés et sacrifiés ainsi que par d’anciens membres des FACA. La seconde résulte d’une transnationalisation de la violence illégitime dans un pays fébrile et incapable de garantir la sécurité et les biens de sa population : elle est incarnée par la LRA (Lord Resistance Army) du pasteur ougandais Joseph Kony (est du pays) et par des déserteurs autrefois fidèles à l’ancien rebelle tchadien Abder Kader Baba Laddé (Nord-Centre) qui peuvent facilement être sollicités par les protagonistes centrafricains dans le différend actuel.

Objectifs et stratégie des rebelles. En décembre 2012, une alliance d’anciens mouvements rebelles se forme sous le nom de Séléka et, à partir de territoires du Nord/Nord-Est, se met à gagner du terrain en direction de Bangui en mettant à peu près chaque fois en déroute les Faca. Cette rébellion comporte plusieurs centaines d’enfants soldats. Comme la plupart des mouvements armés observés dans la région depuis une vingtaine d’années, le Séléka se livre à de nombreux pillages, notamment dans les villes de Bambari et Kaga-Bandoro où les installations économiques et les domaines religieux sont particulièrement touchés.

Qui sont ces rebelles ? Selon Roland Marchal, chargé de recherches au CNRS et à Sciences Po Paris, ce mouvement « s’est formé par des factions diverses vers 2006 » comme l’UFDR (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement) dirigé par Michel Am Nondroko Djotodia, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP-Fondamentale) de Mohamed Moussa Dahfane ou encore le Front démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) emmené par Abdoulaye Miskine. Ces factions ont ensuite été rejointes par d’autres leaders. Selon ce spécialiste de l’Afrique centrale, « ces hommes ont pour socle commun d’être des ’’musulmans sociologiques’’, c’est-à-dire plus parce qu’ils sont nés musulmans que par conviction. Et de vouloir renverser le président centrafricain François Bozizé »[13].

Quelles sont, en effet, leurs motivations ? Sur le terrain, le chef d’état-major du Séléka, le général Issa Issaka, explique : « Notre zone est enclavée : nous n’avons pas de pistes, nous n’avons pas de puits, nous n’avons pas d’écoles. C’est pour cela que nous avons décidé de prendre les armes »[14]. A Paris, le porte-parole du Séléka en France, Jean-Paul Bagaza, affirme que la coalition souhaite « simplement que le président Bozizé respecte les accords signés à Libreville en 2008. Il y avait deux points essentiels : le désarmement et l’insertion dans l’armée centrafricaine de tous les anciens belligérants »[15].

Après avoir menacé la capitale Bangui à la fin du mois de décembre, les rebelles acceptent des négociations avec François Bozizé, qui aboutissent à un accord signé sous l’égide de la CEEAC[16] à Libreville (Gabon) le 11 janvier 2013[17]. Celui-ci prévoit un partage du pouvoir : François Bozizé reste président jusqu’à la fin de son mandat en 2016, mais la primature échoit à l’opposition en la personne de Nicolas Tiangaye. Un gouvernement de transition est mis en place pour douze mois : sur trente ministères, la majorité sortante n’en conserve que douze, et quatre ministères sont proposés à la société civile. Ce gouvernement devra organiser des élections législatives anticipées.

Mais cet accord est fragile : dès le 20 janvier, des éléments du Séléka ont repris les armes dans l’Est du pays. Un peu de subtilité stratégique ont en effet permis aux différents groupes rebelles de garder une possibilité de réponse appropriée au pouvoir qui, d’ailleurs, ne cesse de se fragiliser. De plus, prenant conscience de l’axe Ndjamena-Bangui – 400 soldats tchadiens continuent de former l’ossature de la Micopax, force d’interposition de la CEEAC en place jusqu’en 2014 -, les rebelles ont réussi à se garantir de solides bases arrières indépendamment du Tchad : on assiste désormais à une nouvelle cartographie géopolitique des conflits internes en Centrafrique.

Un risque de régionalisation du conflit. La RCA est un pays laïc à forte dominance chrétienne. L’épicentre de la crise actuelle et la majorité des acteurs sont de cultures musulmanes. L’armement et la logistique ne peuvent être ressortis des anciens stocks des rebellions, il s’ensuit la présence d’acteurs invisibles qui ont financé et qui attendent la contre partie au détriment des peuples centrafricains paupérisés et martyrisés. « Savoir si ce sont leurs amis, une partie de la diaspora centrafricaine qui a payé ou s’il y a derrière des aides d’Etat ou des alliances avec des grands commerçants soudanais mais également tchadiens c’est quelque chose que l’Histoire nous apprendra », poursuit Roland Marchal[18].

De plus, la naissance d’un nouvel Etat voisin, le Sud-Soudan, à l’est de la Centrafrique pourrait donner des idées sécessionnistes aux leaders du Séléka. Le Nord-Est de la RCA regorge en effet d’importantes ressources aurifères et pétrolières récemment découvertes, le gisement de Birao ayant été mis en exploitation en janvier 2011. Un rapprochement avec le Sud-Soudan serait également possible concernant l’exploitation des ressources en uranium : la mine de Bakouma, dans le sud-est du pays, est aujourd’hui exploitée par Areva qui toutefois traîne les pieds devant l’instabilité chronique du pays.

Si elle s’enlisait, cette crise militaro-politique pourrait donc prendre une dimension sous régionale voire régionale avec la présence de la LRA et des éléments de Baba Laddé. Enfin, la proximité du foyer de l’extrémisme djihadiste Boko Haram qui sévit au Nigeria est une piste non négligeable d’insécurité. Un cocktail d’insécurité est plausiblement ouvert en Centrafrique où les jeux et les enjeux dépassent le simple intérêt national.

De même, la multitude des troupes pour « l’interposition » témoigne à suffisance de la question des jeux d’intérêt au détriment du peuple centrafricain. Pour un appui à la formation-instruction des forces de la défense qui comptent à peine 3 150 hommes[19] (gendarmes et militaires compris), l’Afrique du Sud a-t-elle besoin d’envoyer un premier contingent de 200 hommes et d’en pré-positionner 200 autres ? Des jeux d’intérêt internationaux se découvrent en Centrafrique à cause d’un pouvoir qui n’hésite pas à brader la souveraineté et les richesses du pays. A terme, un germe de balkanisation et de remise en question des frontières est à prévoir si des dispositions politiques ne sont pas prises. L’échec de la transition pacifique issue de l’accord de Libreville se solderait en effet par la perpétuation du pouvoir Bozizé ou par une prise de pouvoir du Séléka, dont la composition hétéroclite ne fournit aucune garantie pour une gestion cohérente de l’Etat.

 

 

III. Perspectives pour une sortie de crise pacifique

Dans ce contexte, deux pistes d’action peuvent notamment être fournies.

La solution à la crise centrafricaine doit désormais être régionalisée, en passant notamment par le Copax (Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale) : il faut en effet trouver une solution politique durable impliquant l’ensemble des pays de la sous-région en vue d’éviter la contagion violente. Le mécanisme de sécurité collective de la CEEAC est un outil pertinent à cet effet, qui porte en lui les germes d’une doctrine africaine de sécurité et de défense en sous-traitance du pacte de l’Union Africaine et de la charte de l’ONU.

Sur le pilier de l’acceptation du « droit d’ingérence », justifiant de devoir d’assistance mutuelle en cas de péril humanitaire d’un des Etats membres, les chefs d’Etat de la sous-région doivent prendre leurs responsabilités pour faire rayonner une première fois cette institution sous-régionale. Il en va de l’intérêt de sécurité sous régionale et de la relance démocratique, économique, politique et sociale d’un pays frère victime de la turpitude de son dirigeant actuel.

La communauté internationale doit œuvrer pour que l’impunité cesse dans ce pays qui à tant souffert depuis l’année 1996, où les bourreaux du peuple d’hier sont investis des attributs de l’Etat et continuent de narguer leurs victimes, la communauté nationale et internationale.

Il y a des crimes imprescriptibles qui sont commis en continu, sans aucune inquiétude en plein XXIe siècle en Centrafrique, alors qu’il existe une justice internationale. L’enquête de la CPI sur les violations graves des droits humains (et notamment les viols massifs) survenus lors de la rébellion de François Bozizé et la répression mise en œuvre par Ange-Félix Patassé entre octobre 2002 et mars 2013, n’a pour l’heure mis en cause qu’un seul accusé, Jean-Pierre Bemba, un RD-Congolais alors que des responsables centrafricains devraient bien sûr être suspectés. Pendant ce temps, le pouvoir procède à la distribution d’armes blanches à Bangui en désignant des ennemis. Cette propagation de la violence est bien sûr gravissime, d’autant qu’elle se double de manipulation : peut-on combattre la rébellion Séléka bien armée avec des machettes ?

Dans ce contexte, l’intervention armée de la France au début du mois de janvier 2013, en relation avec les Etats de la CEEAC et la Présidence de l’Union Africaine, a eu une utilité du point de vue centrafricain : sécurisant l’aéroport ainsi que les citoyens et intérêts français à Bangui, elle a aussi dissuadé les rebelles de s’emparer de la capitale militairement. En même temps qu’elle interposait sa force armée entre les belligérants, la France faisait pression politiquement sur le président François Bozizé pour qu’il ouvre des pourparlers avec la Séléka, en s’engageant à ne pas se représenter au-delà du terme (2016) de son actuel mandat.

Comment encourager le succès de cette négociation politique ? Les écologistes doivent avant tout veiller à favoriser une résolution pacifique du conflit en RCA. Cela passe par une régionalisation officielle de la sortie de crise et par un effort accru de la communauté internationale en ce qui concerne la lutte contre l’impunité des violations graves des droits humains. Au-delà, une politique de co-développement écologique visant au moins l’autosuffisance alimentaire doit être pensée en termes assez urgents : il s’agit de donner aux responsables du pouvoir centrafricain un autre horizon d’échanges économiques avec le reste du monde que la trop classique vente moyennant commissions des ressources naturelles de leur pays.

 

Claude Yabanda*,Consultant Télécom et NTIC, ancien Haut Commissaire, ancien Chef de Cabinet Particulier du Vice-Président de la République du Gouvernement de Transition (2003-2005)
Contact : 06 78 09 71 81  / 
claudeyabanda@yahoo.fr
et
Narcisse Arido**, Spécialiste de problèmes de stratégie, défense, sécurité et gestion des conflits, ancien membre des Forces Armées Centrafricaines, doctorant en droit et chercheur au Collège Interarmées de Défense (« Ecole de guerre »).


[1] L’Afrique Equatoriale Française correspond aujourd’hui à l’espace CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) hormis les républiques du Cameroun et de Guinée Equatoriale. Avant l’indépendance, en effet, le Cameroun bénéficiait de statuts particuliers et la Guinée Equatoriale était une colonie espagnole.

[2]L’Oubangui-Chari devint le 13 août 1960 la République Centrafricaine.

[3] Forces Armées Centrafricaines : l’empereur Jean-Bedel Bokassa dit Bokassa 1er, le général d’armée André Kolingba et le général d’armée François Bozizé ont tous pris le pouvoir par un coup d’Etat militaire.

[4] Le régime Dacko 1 (1959-1965) advient par le tout premier coup d’Etat constitutionnel en Centrafrique contre Abel Goumba, dauphin constitutionnel du président  fondateur de la RCA Barthélemy Boganda mort dans un crash d’avion le 29 mars 1959. Le régime Dacko 2 (1979-1981) est installé par un coup d’Etat militaire organisé et exécuté par l’armée française (opération « Barracuda ») pour évincer l’empereur Bokassa 1er.

[5] Le régime du président Patassé (1993-2003) a fait face successivement, de 1996 à 2001, à trois mutineries militaires sur des revendications corporatistes et politiques et à deux tentatives de coups d’Etat militaire par des mouvement de rébellion qui ont suscité des interventions de forces étrangères.

[6] Désarmement, Démobilisation et Réinsertion.

[7] 15 mars 2003, renversement de régime du président Patassé par la rébellion du général Bozizé, son allié de longue date et ancien chef d’Etat major des armées.

[8] Naissance du phénomène des « libérateurs », militaires compagnons de maquis du général président, qui tuent, pillent, violent en toute impunité.

[9] Au niveau de l’Assemblée Nationale, sur 104 députés 99 sont du parti au pouvoir avec une présence remarquable de la famille Bozizé et proches parents, amis et connaissances.

[10] www.msf.fr/actualite/publications/rapport-republique-centrafricaine-crise-silencieuse

[11] Au sein de cette sécurité présidentielle hyper-équipée au détriment de l’armée nationale se trouvent aussi bien des contingents de l’armée tchadienne repartis depuis peu, des mercenaires  sud-africains et français du général en retraite Perez, ancien conseiller militaire du général Bozizé à l’époque ou il était chef d’Etat major de l’armée.

[12] Depuis des années des grosses infrastructures (ponts) s’écroulent faute d’entretien. La liste est longue, y compris en plein cœur de Bangui.

[13] www.metrofrance.com/info/centrafrique-qu-est-ce-que-le-mouvement-rebelle-seleka/mllA!KJq8JPTTIkrrM/

[14] www.rfi.fr/afrique/20130119-rca-le-terrain-guerre-s-est-assoupie-tiangaye-seleka

[15] www.metrofrance.com/info/centrafrique-qu-est-ce-que-le-mouvement-rebelle-seleka/mllA!KJq8JPTTIkrrM/

[16] Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale qui outre les Etats de la CEMAC, comprend également l’Angola, le Burundi, la RD Congo, Sao-Tomé et Principe.

[17] www.afrik.com/centrafrique-gouvernement-et-rebelles-signent-un-accord-de-paix-a-libreville

[18] www.metrofrance.com/info/centrafrique-qu-est-ce-que-le-mouvement-rebelle-seleka/mllA!KJq8JPTTIkrrM/

[19] Chiffre donné par l’hebdomadaire Jeune Afrique n° 2709

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:33

CAMEROUN : Participer à la campagne pour dire NON! au Sénat et OUI! à l'Eau, l'Electricité et l'Emploi! TOUS LES VENDREDI JUSQU’AU 20 MAI 2013.

 elecam L2-150x150

 

 

Chers amis, Aujourd'hui, le CPP a lancé la campagne pour dire NON! au Sénat et OUI! à l'Eau, l'Electricité et l'Emploi!

 

Ce que chaque Camerounais devrait faire:

 

-          Porter du NOIR tous les vendredis pour communiquer que vous êtes CONTRE ce Sénat et POUR les services  de base fournis aux Camerounais.

 

-          Informer tous vos amis et votre famille. Envoyez des courriels, envoyer des sms, postez sur votre page Facebook, poster sur votre page web.

 

-          Soutenir la campagne dans les médias, dans les campagnes privées, sur tous ses groupes sociaux sur Internet

 

-          Écrire des articles, faire des posts sur  facebook ou sur son blog où vous serez vêtus en Noir tous les vendredis jusqu'au 20 mai. Envoyez-nous  une copie ainsi qu’à tous vos amis.

 

-          Organiser des «Soirée en Noir pour le Cameroun" avec des amis, prendre des photos, les poster sur Internet et créer le buzz.

 

    Chaque camerounais et ami du Cameroun doit s'impliquer dans ce mouvement!

 

 

C'est la première étape pour construire le pouvoir populaire nécessaire pour parvenir à un changement de gouvernance au Cameroun.

 

AGISSEZ! Rejoignez-nous. Levons-nous pour le Cameroun.

 

 

    Kah Walla

    Managing Director, STRATEGIES!

    President, Cameroon People's Party

    +237 94 94 90 75

 

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:31

Panique en Outtardie : Le PDCI-RDA se rapproche du FPI de Laurent Gbagbo en vue de faire partir Le régime dozocratique de Côte d’ivoire.

Bedie.jpg

                         Henri Konan Bédié Leader du PDCI RDA

 

 

 Le Pr Miaka Ouréto, président intérimaire du Front populaire ivoirien (Fpi) a raison : Alassane Ouattara et tout son système ont une peur bleue du Fpi. Et quand à cela s’ajoute l’idée de voir le Pdci-Rda se rapprocher du Fpi de Laurent Gbagbo en vue de faire partir Ouattara du pouvoir, c’est la panique, un tournis violent qui s’empare de tout le sommet de l’Etat. A preuve, c’est le président de la jeunesse du Rdr, le député d’Abobo Karamoko Yayoro qui a enfoncé le clou récemment en redoutant un possible rapprochement du Pdci d’Henri Konan et le Fpi de Laurent Gbagbo.
A la Rue Lepic l’on est conscient que l’alliance des Houphouétistes contre Gbagbo a fini de produire les effets escomptés. Le Fpi n’est plus au pouvoir. Mais il se pose à eux la lancinante question de la gestion en couple du pouvoir. Ouattara et ses partisans estiment que bien qu’étant membre du Rhdp, le Pdci ne se fait aucun scrupule à critiquer ouvertement et vertement le pouvoir. Pour eux, même à la périphérie du pouvoir Rdr, le Pdci participe à la gestion du pays et doit donc la boucler.
Dénoncer le non respect du pacte de Yamoussoukro et l’invasion des ministères et autres directions par les seuls militants du Rdr au détriment du principal allié qu’est le Pdci, «c’est se comporter comme un parti d’opposition, notamment le Fpi», tranchent les républicains. Ils vont jusqu’à affirmer que «c’est d’ailleurs le double langage soudain et le manque de solidarité du parti de Bédié qui est à la base de la dernière dissolution du gouvernement.» Que Bédié nous le dise, s’il s’est fait de nouveaux amis, qu’il ait l’honnêteté de le dire à Ouattara, au lieu de lui faire des enfants dans le dos, nous confiait le jeudi dernier un cacique du parti au pouvoir. Qui revendique une proximité notoire avec le chef de l’Etat.
Pour ce dernier, quand le Pdci relève que des candidats du Rdr ont continué à déposer leurs dossiers de candidatures à la Cei au-delà du délai imparti, c’est une façon déguisée

d’accuser déjà le parti au pouvoir de fraude. «C’est un discours qui prouve que notre allié est devenu notre ennemi, pour s’être fait un autre ami qui n’est autre que le Fpi», estime notre interlocuteur.
«Des cadres du Pdci accusent le Rdr d’être hégémonique et d’être à la base de la rupture du consensus au sein du Rhdp concernant les régionales. Dans nos bases, les militants ne se font plus d’illusion. Pour eux, le Pdci a un calendrier et un agenda secrets, dans la perspective de la présidentielle de 2015. Vous vous souvenez de la déclaration fracassante du président Bédié luimême, au dernier bureau politique du Pdci. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Il y a du Fpi dedans», se convainc ce haut cadre du parti au pouvoir.

Comme lui, d’autres proches de Ouattara, pour ne pas dire Ouattara lui-même, voient une possible recomposition du paysage politique ivoirien à l’orée des joutes électorales de 2015, avec la réémergence du Front patriotique (alliance Fpi-Pdci) pour balayer Ouattara. Et cette idée, à elle seule, donne déjà l’insomnie au sommet de l’Etat.
Barthélemy Téhin

Source : http://nouvelles.abidjantv.net

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:29

Au Cameroun il ne fait pas bon d’être réalisateur de film traitant de la dictature, des élections truquées et de la longévité au pouvoir. Un réalisateur qui a osé traité de ses sujets est porté disparu.

Prisons-cameroun1

Le 22 mars, le comédien camerounais Alain Bomo Bomo qui avait rendez-vous à Yaoundé avec le réalisateur Fofié Djimeli Richard (Richard Djif) a trouvé la chambre de ce dernier complètement saccagée et n'a depuis plus de nouvelle du réalisateur. Aucun autre de ses proches n'a pu en obtenir depuis 4 jours.

Au Cameroun, également, le cinéaste Jean Pierre Bekolo Obama , qui bénéficie de la double nationalité,  française et Camerounaise, a vu la diffusion de son dernier film « Le Président, comment sait-on qu’il est temps de partir ? » menacé d'interdiction.

Aux dernières nouvelles le film qui n'est pas sorti n'était pas encore interdit. En revanche l'ambassadeur de France au Cameroun a lui devancé l'appel et fait interdire une projection du film à l'institut culturel français.

En réponse à une lettre de protestation du cinéaste Jean-Pierre Bekolo le diplomate français persiste et signe, invoquant pour se justifier la réglementation française en la matière. Le problème est qu'il ne connait pas, ou ne veut pas connaître, la réglementation française en matière d'interdiction. L'interdiction, ou l'imposition d'une limite d'âge imposée par la commission délivrant le visa d'exploitation (de censure), n'a d'incidence que sur les films rentrant dans le système commercial générant des recettes dont une partie, sous forme d'une taxe spécifique la TSA, sera versée au CNC. Á charge pour cet organisme de redistribuer cette taxe, perçue sur tous les films (français et étrangers), aux différents intervenants de l'industrie cinématographique française en général et aux producteurs des films français ayant obtenu l'agrément en particulier. Pour les autres films qui ne rentrent pas dans ce circuit spécifique (films pornographiques entre autres qui sont de fait interdits aux moins de 18 ans) et dont les producteurs ne bénéfécient pas de la redistribution de cette TSA, ils ne sont soumis qu'à la loi qui régit en France la présentation au public d'oeuvres littéraires, cinématographiques, picturales, etc… Seuls sont formellement interdits les appels à la haine raciale, à la haine de l'autre en général, à la violence,…

En aucun cas le film de Jean-Pierre Bekolo ne peut rentrer dans cette catégorie. L'ambassadeur français invoque donc, à torts et en jouant sur la confusion, la réglementation française pour interdire la projection du film de Jean-Pierre Bekolo. Soit l'ambassadeur français au Cameroun ignore la loi française et il est temps de le remplacer par quelqu'un de compétent, soit l'ambassadeur français au Cameroun devance la censure du Gvt de Paul Biya (au pouvoir depuis 1982 grâce en partie au soutien de la France ancienne puissance coloniale), auquel cas il faut s'interroger, au delà des discours de rupture d'avec un passé récent, sur la réalité de ce qu'est la politique française en Afrique.

Il est également utile de rappeler, pour ne prendre que cet exemple, que le festival de Cannes, où Jean-Pierre Bekolo avait été remarqué, ne s'est heureusement jamais posé la question de l'interdiction des films chinois, iraniens,… avant de les projeter.

En attendant la vie de 2 cinéastes est en danger dans un pays où la France a plus que ses entrées.

Par Richard Malbequi

(Producteur du prochain film de Jean-Pierre Bekolo)

http://cameroon-info.net/stories/0,42816,@,longevite-au-pouvoir-de-paul-biya-un-film-de-jean-pierre-bekolo-cree-la-panique-.html

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=10269

http://www.camer.be/index1.php?art=25171&rub=14:6

http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=13593

http://www.camer.be/index1.php?art=25251&rub=14:6

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:28

Les BRICS (Brésil-Russie-Chine-Inde-Sud Afrique) déclare le recours à la force contre un état  souverain un acte de barbarie et contraire au droits de l’homme.

Brics-leaders.jpg

 « plus question de recours à la force contre un Etat souverain »   

 


Le BRICS, qui se réunit dès demain en Afrique du Sud, veut s’affirmer collectivement pour peser davantage sur la marche du monde. D’ores et déjà Russes et Chinois se sont rencontrés pour accorder leurs discours relativement offensifs : les deux dirigeants, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont, chacun à leur tour, averti qu’ils ne tolèreront « plus de recours à la force contre la souveraineté des pays », selon les mots du chef du Kremlin. « Nous devons respecter le droit de chaque pays à choisir en toute indépendance sa voie et nous devons nous opposer aux ingérences dans les affaires intérieures des autres Etats », a approuvé Xi Jinping.

Vladimir Poutine souhaite démontrer que le collectif BRICS peut désormais peser de tout son poids sur la marche du monde : « Le PIB des pays du BRICS, mesuré selon la parité du pouvoir d'achat, en monnaies nationales, atteint 27 %, et cette part est en train d’augmenter», a-t-il déclaré, jurant que ce groupe ne revendiquera jamais qu’un système mondial plus juste et plus équilibré : « Les membres des pays BRICS sont favorables à la création d'un système plus équilibré et plus équitable des relations économiques internationales. (…) la preuve : c’est la décision consolidée de renflouer les fonds du FMI de 75 milliards de dollars ».

Mais au-delà des considérations géopolitiques et philanthropiques, c’est surtout le système financier qui sera sur la table du 25 au 27 mars à Durban. Et là, il s’agit, pour M. Poutine, de passer à l’action : « Nous proposons à nos partenaires de transformer les BRICS, forum de dialogue qui coordonne les positions sur un nombre limité de questions, en un mécanisme d'interaction stratégique, permettant de travailler ensemble pour trouver des solutions à des questions clés de la politique mondiale », a annoncé Vladimir Poutine. Il s’agira de lancer la Banque de développement des BRICS, première pierre de la construction d’une alternative au système FMI-Banque mondiale qui gère le monde depuis 60 ans. La création d’une agence de notation commune sera également au menu des discussions. De même qu’un  forum économique sur le modèle de Davos, qui permettra aux grands acteurs politiques et économiques des BRICS de se concerter pour mieux construire ensemble le bonheur des peuples.

Même si l’Afrique du Sud semble tentée de rejoindre les positions sino-russes, il n’est pas certain que le Brésil ou l’Inde soient vraiment disposés à participer aussi activement à ce qui ressemble tout de même à un plan d’action pour devenir calife à la place du calife.
Source : Xinhua

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:27

Le nouveau président chinois déclare: "L'Afrique appartient aux Africains" il n’ y a que les Africains qui ne le savent pas.

 

le-president-chinois-xi-jinping.jpg

 

"Aucune partie ne tente d'imposer sa vue à l'autre", a-t-il souligné dans la capitale économique de la Tanzanie, première étape d'une visite de huit jours en Afrique qui doit le conduire ensuite en Afrique du Sud puis au Congo-Brazzaville.

Le nouveau président chinois a appelé le reste du monde à faire de même. "L'Afrique appartient aux Africains. En développant leurs relations avec l'Afrique, tous les pays devraient respecter la dignité et l'indépendance de l'Afrique", a déclaré M. Xi, sous les applaudissements nourris de la salle......

"La Chine insiste sur l'égalité entre les pays, quels que soient leur taille, leur force et leur richesse. La Chine défend la justice, et s'oppose à la pratique du grand harcelant le petit, du fort dominant le faible, et du riche oppressant le pauvre", a-t-il poursuivi.

Le président chinois doit s'envoler lundi de Tanzanie pour l'Afrique du Sud, où il participera mardi et mercredi à Durban au 5e sommet des grandes puissances émergentes des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Il y retrouvera son homologue russe, Vladimir Poutine, avec qui il a affiché des relations au beau fixe lors de son passage à Moscou.

Le choix de l'Afrique, dans la foulée de la Russie, pour le premier déplacement à l'étranger du nouveau président chinois illustre l'importance que la Chine place dans le développement de ses relations économiques et politiques avec ce continent, soulignent les experts.

M. Xi a assuré que ces relations "allaient s'intensifier et non s'affaiblir" sous sa présidence, rappelant que les échanges commerciaux entre les deux partenaires s'étaient élevés l'an dernier à 200 milliards de dollars. La Chine est devenue depuis 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique.

"La Chine va continuer à étendre ses investissements et poursuivre sa coopération avec l'Afrique, conformément à son engagement de fournir 20 milliards de dollars de crédits aux pays africains entre 2013 et 2015", a poursuivi Xi Jinping, investi mi-mars comme président de la République populaire après avoir pris les rênes du Parti communiste en novembre.

L'hôte du président chinois, le chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete, a relevé que "la crainte de la Chine persistait (dans certains pays) en dépit de la fin de la guerre froide", mais que pour leur part, les Tanzaniens "se fieront toujours à leur propre jugement, fondé sur l'intérêt national du pays", pour développer leurs relations avec Pékin.

"Inoubliable soleil africain"

Le choix par M. Xi de la Tanzanie comme première étape africaine vise, selon les analystes, à souligner la dimension historique de la coopération sino-africaine. M. Kikwete a ainsi rappelé que les deux pays avaient établi des relations diplomatiques dès 1965, sous l'égide du premier président de la Tanzanie indépendante, Julius Nyerere, promoteur d'un "socialisme à l'africaine".

La Chine a certes d'importants intérêts économiques en Tanzanie, notamment dans le secteur minier. Mais c'est aussi là qu'elle a réalisé, dans les années 70, ce qui est encore aujourd'hui considéré comme le plus vaste projet d'aide chinoise en Afrique: une ligne de chemin de fer reliant le pays à la Zambie.

M. Kikwete a chaleureusement remercié la Chine pour avoir construit le "centre de conférences Julius Nyerere" de Dar es Salam, inauguré plus tôt dans la journée, et à la tribune duquel M. Xi et lui-même s'exprimaient lundi.

Source : La voie de l’Afrique

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • : AFROHISTORAMA Toute L’histoire sans histoire. CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR ET VOIR.
  • Contact

EVENEMENT

 

PROSPECTUS.jpg

 

Invitation: DEVOIRE DE MEMOIRE

Expo um1

CITOYENS

POUR LA MEMOIRE DU CAMEROUN

Affiche-semaine des heros et martyrs  

Renseignements:

Email : neuronesnews@gmail.com 

Mobile : 0033 (0)6 26 29 43 29

______________________________________________

 

Cote d'Ivoire le coup d'etat

 

 

Recherche

DIVERS

 


L’Observatoire des Elections

de la Diaspora Camerounaise

(OEDC)

OEDC-copie-1.jpg


Email: oedc-info@oumarou.net

 Google+:

observatoirelectioncameroun@gmail.com

 

France:0033(0)6 26 29 43 29

Belgique:0033(0)4 83 69 23 12

 

Skype: oelection-cameroun

Facebook: observatoire des élections

de la diaspora camerounaise

 

 

  ........................................................................................

Image historique

Artistes-et-ecrivains-noirs-en-1956.jpg

1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

----------------------------------------------------------------------

LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

------------------------------------------------------------


annonces

 

 


code noir

  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

Solomon-290x217

 

Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

link

  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

  affiche-contre-l-esclavage-monetaire_001.jpg

 

images divers5

 

Affirmation

 

   ONU-complice-du-genocide-au-kongo.jpg

 

      Logo-Afrohistorama

      AFROHISTORAMA TV

 

  La-pensee-Africaine-Mbombog-Bassong.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

 ----------------------------------------------

 

 

simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

---------------------------------------------------------------------------

 

Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine