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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:04

La juge belge fait trembler la CPI : Elle a dévoilé les manigances du bureau du procureur.


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la juge belge Christine Den Wyngaert

 

(Le Nouveau Courrier, 3 mai 2013) – Scandalisée par les méthodes plus que discutables de l’équipe de Fatou Bensouda, la juge belge Christine Den Wyngaert s’est retirée du procès à la Haye des dirigeants kenyans, dont l’actuel chef d’État. Un acte qui pourrait avoir des conséquences sur « l’affaire Gbagbo ». Explications.  

De déconvenue en déconvenue ! La Cour pénale internationale (CPI), qui a corrompu l’idéal de lutte contre l’impunité “vendu” aux opinions mondiales au moment de sa création il y a dix ans, n’en finit pas de se voir déconsidérée. Ses dysfonctionnements sont une nouvelle fois dévoilés au grand jour, avec la décision de la juge belge Christine Van Den Wyngaert de se retirer de l’affaire opposant des dirigeants kenyans, dont le président Uhuru Kenyatta, au procureur Fatou Bensouda.

Dans un texte rendu public, la juge belge Christine Van Den Wyngaert a affirmé qu’elle doutait de ce que l’Accusation avait mené des enquêtes appropriées pour arriver aux accusations contre Uhuru Kenyatta et William Ruto. “Il y a de sérieuses questions quant à savoir si l’Accusation a mené une enquête complète et approfondie sur le cas de l’accusé avant la confirmation”, a déclaré Van Den Wyngaert. Elle a poursuivi : “Je crois que les faits montrent que l’accusation n’avait pas respecté ses obligations au moment où elle demandait la confirmation [des charges] et qu’elle n’était pas encore prête quand les procédures devant cette Chambre ont commencé”.

Des méthodes manipulatoires mises au grand jour 

Plus grave, ont noté les collègues de Van Den Wyngaert, le bureau du procureur s’est gardé de transmettre aux avocats de la Défense une information pourtant capitale : son témoin-clé n’était en réalité pas présent à une réunion où les actes de violence attribués à Kenyatta et à Muthaura notamment avaient été “planifiés”. C’est une “grave erreur”, ont-ils estimé. C’est surtout une preuve de plus des méthodes profondément manipulatoires du bureau du procureur de la CPI. Finalement, ce témoin dont la fragilité a été “maquillée” pour les besoins de la cause de l’Accusation, s’est rétracté, et a avoué avoir menti et avoir reçu de l’argent pour le faire, ce qui a valu à Francis Muthaura, co-accusé du président Kenyatta, d’être blanchi.

La juge Van Den Wyngaert s’est également étonnée du “nombre impressionnant de témoins post-confirmation” ainsi que de la “quantité de preuves documentaires post-confirmation, ainsi que la remise très tardive de celles-ci”. “L’accusation ne donne aucune justification convaincante et suffisamment précise sur les raisons pour lesquelles tant de témoins dans cette affaire ont été seulement interrogés pour la première fois après la confirmation », a-t-elle argumenté. Tout en affirmant que ses réserves ne pouvaient pas à elles seules justifier le renvoi de l’affaire à la Chambre préliminaire ou le retrait des charges contre Kenyatta. Il n’empêche : l’Accusation part profondément handicapée au procès, dans ce contexte.

Des conséquences sur l’affaire Gbagbo 

En Côte d’Ivoire, les observateurs se demandent déjà quel sera l’impact de ce retrait fracassant de la juge Van Den Wyngaert sur l’affaire «le procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo». Bien entendu, il ne s’agit pas de la même situation. Cela dit, les critiques émises par la magistrate “démissionnaire” pourraient bien pousser les juges qui vont examiner, jusqu’au 3 juin prochain, les charges contre le président Gbagbo, à avoir un regard plus critique sur la production de l’Accusation, dont les défaillances techniques et juridiques commencent à faire désordre. Le bureau du procureur aura donc plus de mal que prévu à faire confirmer l’ensemble des charges contre l’accusé. Pour se “couvrir”, les juges pourraient demander des informations supplémentaires, voire infirmer les charges – même si cette hypothèse est toujours la moins probable. De plus, alors qu’il paraît évident que Fatou Bensouda et ses adjoints, conscients du caractère lacunaire de leur dossier, essaient d’ores et déjà de le compléter par des pièces supplémentaires et des témoignages opportuns, la mise en exergue de leur tendance à se “rattraper” après les échéances normales et à “inonder” la Défense de documents de dernière minute – afin de l’empêcher de les analyser – vaut son “pesant de cacahuètes”.

Par Théophile Kouamouo 

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:32

La nouvelle vie de Claude Guéant, avocat des Africains.

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France Inter a enquêté sur les activités de Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Elysée. Devenu avocat en décembre 2012, Claude Guéant s’est associé à son fils François, avocat fiscaliste et candidat malheureux aux législatives dans le Morbihan.

Le cabinet partage ses bureaux avec la société de Jean-Charles Charki, gendre de Claude Guéant et proche du fils d’Alexandre Djouhri.

Si Claude Guéant se vante de défendre un Africain « qui demande l’asile politique » en France, l’essentiel de son temps serait consacré à faire fructifier ses réseaux acquis à l’Elysée auprès des chefs d’Etat africains.

  • Il a rencontré d’autres chefs d’Etat africains : Ali Bongo (Gabon), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal) et Denis Sassou Nguesso (Congo).

Claude Guéant évoque des « possibilités de conseil » mais « pas de contrats » pour l’instant.

Lire la suite ….. http://www.rue89.com/2013/04/28/nouvelle-vie-claude-gueant-avocat-africains-241874

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:30

Pierre Lévy : « Les dirigeants européens ne supportent plus la démocratie ».


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Pierre Lévy, docteur en sociologie et sciences de l’information et de la communication 


(Investig’Action) – Que nous réserve l’Union européenne ? Ancien syndicaliste dans une grande entreprise, aujourd’hui journaliste, Pierre Lévy a notamment tenté de répondre à cette question à travers son dernier livre, L’Insurrection. Un livre hautement politique qui balaie les champs de l’économie, du social et de la géopolitique. L’auteur n’a pourtant pas versé dans l’essai, mais s’est fendu d’un roman d’anticipation pour le moins satirique. L’occasion pour lui de manier avec délice la novlangue pour mieux nous plonger dans un futur absurde, certes, mais qui pousse à la réflexion. Car le « fabuleux destin de l’Europe à l’aube de l’an de grâce 2022 » (le sous-titre de l’ouvrage) n’est pas un pur produit de l’imagination de Pierre Lévy. Il nous renvoie à une inquiétante actualité et soulève une question : faut-il rester dans l’Union européenne ? Le sujet est tabou. Il mérite pourtant un vrai débat que nous ouvrons sur Investig’Action. 

Votre roman nous plonge en 2022, et dès les premières lignes, ce futur proche nous apparait à la fois absurde et effrayant. Plus effrayant encore, on comprend rapidement que cet univers n’est pas le pur fruit de votre imagination, mais s’appuie sur des éléments d’aujourd’hui, bien réels… 

C’est l’esprit du livre. Bien que ce soit un livre très politique, je préférais une forme inhabituelle à l’essai. J’ai voulu rire de choses qui ne sont pourtant pas drôles du tout, en poussant jusqu’à l’absurde et jusqu’à l’extrême des logiques actuelles. L’idée était de comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans les domaines économique, politique, social ou géopolitique, et d’aller jusqu’au bout. En espérant que cela fasse réfléchir.

La grande crainte finalement, c’est que la réalité rattrape la fiction. À Chypre par exemple, la BCE et le FMI avaient prévu de puiser directement dans les épargnes des citoyens, y compris les plus modestes. Ils ont finalement été contraints de revoir un peu leurs plans. Mais c’était quand même quelque chose qu’on pouvait difficilement imaginer il y a quelques mois seulement. Ça prouve que tout peut aller très vite.

 

Votre ouvrage balaie effectivement de nombreux thèmes. Sur le plan socio-économique, l’avenir est peu réjouissant. Vous imaginez par exemple un marché du travail totalement dérégulé avec des situations parfois absurdes. Là aussi, ce sont les dynamiques actuelles qui vous inspirent ? 

On a parfois du mal à faire la distinction entre la fiction et la réalité. Chaque jour, les ultralibéraux nous expliquent qu’avoir un emploi est un privilège. Ça doit même se mériter. Dans le langage courant, on parle d’ailleurs de « décrocher » un emploi. Comme si nous étions dans un manège et que les plus méritants se battaient pour décrocher la queue du Mickey.

Je pousse donc cette logique plus loin dans le livre. Si l’emploi est un privilège, on ne peut pas en plus exiger d’être payé pour l’obtenir. Il convient au contraire d’acheter ce privilège. Les emplois sont ainsi mis aux enchères et sont « décrochés » par les plus offrants.

 

Les fonctionnaires ne sont pas épargnés… 

Tout à fait. Aujourd’hui, ils sont la cible privilégiée de nos économistes de référence. C’est bien connu, les fonctionnaires sont payés à ne rien faire ! J’imagine donc une sorte de jeu à la Koh-Lanta où des caméras seraient disséminées un peu partout dans la fonction publique. Et ce serait aux internautes de surveiller en permanence les fonctionnaires et de décider lesquels doivent être licenciés en priorité.

Il faut comprendre qu’au-delà du clin d’œil ironique, il y a une terrible réalité. Je pense à des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal. Et en France ou en Belgique, le risque d’aller dans cette direction-là ne relève malheureusement pas de l’imagination.

 

On comprend qu’en 2022, le néolibéralisme est roi. Vous imaginez d’ailleurs la privatisation d’institutions qui avaient résisté jusqu’ici. 

Oui, c’est le cas de la Justice par exemple. Dans le livre, les tribunaux sont soumis directement à des critères de productivité et de compétitivité. Et pour les « clients », ceux qui auront le plus d’argent pourront choisir les tribunaux les plus indulgents.

 

Vous explorez largement le domaine socio-économique. Un domaine que vous devez bien connaitre de par votre passé de syndicaliste ? 

J’ai en effet été longtemps militant syndical dans une grande entreprise de métallurgie.

 

Un secteur particulièrement en crise en ce moment ! Qu’est-ce qui explique cette débâcle selon vous ?

Oui, ce qui se passe avec Mittal aujourd’hui concerne les Belges, les Français, les Luxembourgeois et, de manière générale, tous ceux à qui l’on avait promis que la création d’un géant européen nous aiderait à « faire face aux pays émergents ». Pour créer ce géant, Arcelor, on a fait disparaitre les entreprises nationales. Certaines étaient d’ailleurs des entreprises publiques. Ensuite, on a vu ce qu’on a vu ! Le « géant européen » a été racheté par le groupe indien. Mittal promettait de sauvegarder le secteur, mais aujourd’hui, il attaque avec une brutalité rare non seulement les travailleurs, l’industrie, mais également des régions entières. Les résistances doivent se développer pour mettre un frein à cette catastrophe industrielle.

 

Il y a pourtant des personnages de votre livre qui n’auraient pas boudé cette catastrophe industrielle. Je pense à une certaine tendance écologiste que vous égratignez au passage.

Oui, même si je caricature, je n’invente rien, hélas. Un discours actuel dénonce les usines qui polluent, salissent, etc. J’imagine donc un Prix Nobel de la désindustrialisation qui récompense les entreprises les plus méritantes pour l’« avenir de la planète ». Dans mon livre, les usines sont petit à petit devenues des musées, c’était plus rentable. Et les ouvriers ont en quelque sorte été transformés en intermittents du spectacle. Ils témoignent auprès des jeunes générations comment on vivait il y a peu dans un « terrifiant passé industriel ».

Mon objectif est de pointer un discours bien réel de certains dirigeants écologistes qui nous expliquent que finalement, l’important ce n’est pas l’avoir, mais l’être. Nous sommes ainsi sommés d’aller vers une « sobriété » plus grande qui pourrait bien en réalité justifier les politiques d’austérité actuelles.

 

Vous rejoignez donc ce que Jean Bricmont écrit dans la postface, à savoir qu’une large part de « la gauche » a, ces dernières années, abandonné la lutte contre le capitalisme pour enfourcher d’autres chevaux de bataille…

 

…comme l’écologie, les droits de l’homme, la criminalisation du socialisme… De fait, mon roman se projette dans l’avenir alors que Jean Bricmont contextualise tout ça en rappelant certains événements politiques de ces dernières années. Et il mentionne ce fait qui mérite un vrai débat. De nombreuses personnes qui se réclament de la gauche mènent aujourd’hui des combats qui non seulement ne contrarient pas le capitalisme, mais qui en plus le confortent. Ça vaut pour l’écologie, mais aussi au niveau géopolitique avec ces dirigeants de « gauche » qui justifient des interventions militaires otanesques ou européennes.

 

Ce type d’ingérences n’a d’ailleurs pas disparu en 2022…

Effectivement, je cible aussi ce Nouvel Ordre Mondial tel qu’il a été pensé par les dirigeants occidentaux. Le livre imagine qu’à cet horizon les États-Nations appartiennent au passé. Le monde « idéal » est constitué de grandes régions continentales et/ou ethniques, chapeautées par une sorte de directoire mondial. Bien entendu, ce directoire respecte les coutumes des uns et des autres. Mais lorsqu’il s’agit de prendre des décisions politiques importantes, tout doit s’« harmoniser » au niveau mondial.

 

Cette « harmonisation » des grandes décisions politiques s’applique de plus en plus au niveau européen. C’est ce qui vous a inspiré ?

Oui, et je pense que l’idée derrière tout ça est de faire disparaitre les peuples. Dans mon roman, les dirigeants le disent ouvertement. Mais ces arguments sont déjà en vogue aujourd’hui : il serait déraisonnable de laisser des peuples ou des gouvernements légitimes n’en faire qu’à leur tête si cela perturbe l’équilibre supranational…

 

Et si cet équilibre est menacé, l’usage de la force reste nécessaire, même en 2022 ?

Bien entendu. Cela rappelle d’ailleurs la formule employée par Hillary Clinton quelques semaines après les premières manifestations en Syrie : « Le président syrien n’est plus nécessaire ». Elle avait sonné la charge dans le camp occidental. Il fallait se débarrasser du président syrien et l’objectif était désormais avoué. Cela a été dit très tôt, bien avant les événements dramatiques que nous connaissons aujourd’hui.

Je poursuis cette logique dans le livre. Un dirigeant africain qui met plus d’une heure à reconnaitre la victoire de son adversaire lors d’élections voit son pays envahi par des troupes d’assaut, les « forces de stabilité mondiale ». Ces troupes interviennent pour rétablir les « droits de l’homme », à la demande des internautes et de quelques hommes d’affaires qui ne supportent pas de voir la démocratie bafouée.

Mais dans nos pays cependant, on estime que les élections sont dangereuses, car elles pourraient perturber les plans en cours et l’équilibre mondial. Elles sont donc remplacées par des sondages…

 

La démocratie et la souveraineté sont deux concepts que vous avez fait disparaitre du futur. Pourquoi ?

Démocratie et souveraineté renvoient en fait au même concept tel que nous l’avons hérité notamment des Lumières après des siècles de combat : chaque peuple est souverain, il ne doit pas y avoir de puissances au-dessus de lui pour lui dicter ce qu’il doit faire. Mais cette avancée politico-philosophique est devenue extrêmement gênante pour les tenants de la mondialisation et de cette gouvernance mondiale qui effacerait la souveraineté des peuples.

Aujourd’hui, les dirigeants européens ne supportent plus la démocratie. Nous avons eu un exemple caricatural avec les referendums irlandais en 2001 et 2008 : la réponse n’était pas satisfaisante pour l’UE, les citoyens ont donc été contraints de retourner aux urnes. Autre exemple avec le referendum de 2005 en France. Malgré une opposition massive au traité constitutionnel, les dirigeants européens se sont arrangés pour refourguer le contenu du texte sous une autre forme.

La démocratie a aussi été malmenée par exemple au Portugal où, en 2011, le gouvernement de José Socrates a demandé un renflouement européen en échange de mesures drastiques. Mais ce gouvernement a été conduit à la démission et des élections anticipées ont été organisées. La Commission européenne a alors dit ouvertement aux Portugais : « Vous avez le droit de voter, bien entendu. Cependant, quel que soit le résultat du vote, l’accord passé entre le gouvernement sortant et la Troïka ne pourra pas être revu. »

 

Ces referendums et cette élection frisent l’absurde et semblent tout droit tirés de votre fiction. Pourtant, c’est la réalité !

La démocratie est devenue un concept totalement frelaté par l’Union européenne. Certes, nous pouvons choisir la couleur des trottoirs. Mais les grandes décisions semblent devoir être mises à l’abri des « foucades populaires ». Ce qui est nouveau, c’est que les dirigeants européens le disent ouvertement.

Doit-on accepter tout ça ou bien cela vaut-il la peine d’essayer de se mettre en travers de ce processus ? C’est la question que pose le livre en filigrane, via l’humour noir. J’ai d’ailleurs pris beaucoup de plaisir à écrire le livre et, pour les retours que j’ai eus, les gens en ont pris à le lire. Mais on rit jaune évidemment, car tout ça est dramatique.

 

Si ça vaut le coup de mettre un terme à cette folie, que peut-on faire selon vous ?

Il y a des conditions à réunir pour ne pas se retrouver broyé par la machine. La première, et on ne part pas de rien à ce niveau-là, consiste à organiser de grands débats populaires sur la nature même des décisions qui sont prises par nos dirigeants. Prenons l’exemple des retraites. Je ne pense pas que nos politiques sont méchants par nature ni que Sarkozy d’abord et Hollande ensuite ont été pris de folie. On peut voir au contraire que les réformes sur les retraites sont en cours aussi dans les autres pays de l’UE et que chaque sommet européen appelle à les mener.

Nos dirigeants ne sont donc ni fous ni méchants. Simplement, ils ont décidé collectivement d’un carcan et ils s’y tiennent. De plus, ce carcan est très cohérent. La première condition est donc de prendre conscience de la cohérence du carcan européen. Or, je crains malheureusement que de nombreuses forces politiques qui disent se situer à gauche, de même que certains syndicats, fassent l’impasse sur le carcan que représente l’UE.

 

Comment fonctionne ce carcan européen ?

L’UE n’est pas responsable de tout. Chaque gouvernement est capable de prendre des mesures antisociales. Mais la spécificité de ce carcan européen, c’est ce qu’on appelle en jargon bruxellois l’« acquis communautaire ». De fait, les « avancées européennes » – c’est-à-dire en particulier les reculs sociaux – sont irréversibles, selon la mécanique des traités. Si bien que si demain, un gouvernement progressiste est élu en Belgique et qu’il souhaite mener de grandes réformes, il sera bloqué par les engagements pris par les précédents gouvernements, les engagements qui sont gravés dans le marbre des traités.

Je suis rédacteur en chef du mensuel Bastille-République-Nations. Nous nous attachons à montrer que les mécanismes mêmes de l’UE sont conçus pour soumettre les peuples. Ce n’est pas une démonstration abstraite ni dogmatique. C’est quelque chose que nous vérifions constamment dans l’actualité. En témoigne par exemple la « gouvernance économique européenne », où chaque gouvernement est tenu de faire valider son projet de budget par la Commission avant même de le soumettre au parlement national.

 

Faut-il faire sauter le carcan et sortir de l’UE ?

Je sais que la question est taboue, mais je pense que c’est la deuxième condition pour ne pas se trouver broyé par la machine. Peut-on encore nourrir l’illusion de pouvoir changer les choses de l’intérieur, alors que certains prétendent s’y essayer depuis cinquante ans (la fameuse arlésienne de « l’Europe sociale », par exemple…) et que la situation a empiré depuis ? Ou bien faut-il sortir de ce carcan ?

Ça ne se décidera pas à l’échelle des Vingt-sept, mais quelques peuples pourraient donner l’élan pour une sortie de l’UE et pour que chacun puisse reprendre en main le pouvoir de décision. Évidemment, cela va à l’inverse de tout ce qui est inscrit dans les traités : il faudrait une « union toujours plus étroite » pour modeler le « destin » européen. On ne parle même pas d’avenir, mais de « destin », une notion quasi religieuse et qui est hors de la portée humaine ! Le vocabulaire européen est très instructif, j’en joue d’ailleurs beaucoup dans le livre. Mais il est vicieux. Quand nos adversaires arrivent à nous faire penser avec leurs propres concepts en nous dépossédant de nos propres idées, on est foutu !

 

Vous ne pensez pas qu’une autre Europe est possible ?

N’importe quel architecte le sait : une prison ne peut pas devenir une école parce qu’on aura remplacé les prisonniers par des élèves. L’architecture du bâtiment n’est pas conçue pour ça. De même, si d’aventure les dirigeants de la maffia étaient touchés par la grâce et décidaient subitement de se reconvertir dans l’aide aux plus démunis, la structure de leur organisation interdirait une telle conversion…

Pour l’Union européenne, ce n’est donc pas juste une question de mauvaises politiques qui sont menées. Ce sont les mécanismes mêmes de l’UE qui constituent une sorte de levier pour que l’action collective de la classe dominante soit multipliée et présentée comme irréversible.

Ça peut se vérifier de manière empirique. Déjà en 1982, Mitterrand, quelques mois après son élection, déclarait : « l’Europe sera sociale ou ne sera pas. » On a vu ce qu’il en était. Dans les années 90, trois quarts des gouvernements de l’Europe des Quinze se réclamaient à un titre ou à un autre de la « gauche ». Lors d’un Congrès des socialistes européens que je couvrais à l’époque comme journaliste, les dirigeants prétendaient qu’ils avaient là une occasion unique de construire une Europe sociale et que les peuples ne leur pardonneraient pas s’ils ne la saisissaient pas. Là encore, on a vu la suite.

On pourra dire que ces dirigeants étaient des traitres. Mais le fait est que la pression qui aurait pu être mise sur ces dirigeants dans leur pays respectif a été contrebalancée par la mécanique européenne.

 

Ces dirigeants n’ont-ils pas de responsabilités ?

Si, bien sûr. Leur responsabilité est écrasante, car ils déterminent collectivement les grandes orientations. Mais après chaque sommet où des mesures antisociales sont votées, chacun peut rentrer chez lui et dire auprès de ses citoyens : « Ah oui, désolé, mais il y a l’Europe ».

 

Les pays européens n’ont-ils donc aucun intérêt à s’unir ?

Certes, ils ont tout intérêt à maintenir et à développer de bonnes relations. Mais pourquoi devraient-ils vivre avec des institutions intégrées qui laissent de côté les pays des autres continents ? J’ai beaucoup de sympathie pour les Lettons ou les Slovènes, mais il me semble que les Français ont plus de liens – culturels, historiques, géographiques, linguistiques, voire familiaux – avec les Sénégalais ou les Algériens par exemple.

Contrairement à ce qu’on prétend, l’UE ne nous permet pas de nous ouvrir, elle nous renferme. Par ailleurs, les solidarités de lutte doivent se construire au niveau européen, mais pas seulement. Elles doivent s’établir avec tous les peuples et toutes les luttes. On devrait, par exemple, beaucoup tirer de convergences de luttes avec les pays latino-américains.

 

Justement, les plus progressistes d’entre eux se sont unis à travers l’ALBA…

Ils plaident pour des coopérations plus étroites, mais insistent en même temps pour que chaque pays garde et renforce sa souveraineté nationale. Solidarité et souveraineté ne sont pas contradictoires, la seconde est même une condition nécessaire à la première.

 

Cette sortie de l’UE ne risque-t-elle pas de faire le lit du nationalisme cher à l’extrême-droite ?

Soyons attentifs aux mots que nous employons. Défendre le cadre national et se réclamer du nationalisme, ce n’est pas pareil. En français, le nationalisme renvoie à une conception agressive et impériale de la nation. La défense du cadre national par contre n’est pas une idée d’extrême-droite, tout au contraire. La jonction entre les concepts de nation et de souveraineté des peuples a été effectuée par les révolutionnaires en 1789 et surtout en 1792. Durant la bataille de Valmy, l’armée révolutionnaire stoppa les aristocraties européennes coalisées qui voulaient remettre les Bourbons sur le trône. À l’issue de cette bataille, la République fut proclamée. Goethe, le célèbre poète allemand, écrivit : « de ce jour et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité ». Pour la première fois, un peuple affirmait sa souveraineté collective sur son propre avenir.

Jaurès aussi disait : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène. » Il rappelait également que la nation est « le seul bien des pauvres ». La défense du cadre national reste plus que jamais une idée fondamentalement progressiste. Elle renvoie à la nécessité que le peuple décide de son avenir. En France, elle a longtemps été portée par la gauche, notamment le mouvement communiste et la Résistance qui conjuguaient luttes sociales et défense du cadre national.

Et puisque nous évoquions il y a un instant l’Amérique latine, il faut tout de même rappeler que la révolution cubaine avait d’emblée proclamé : « la patria o la muerte, venceremos ! ». Alors, le Che et Fidel, des agents de l’extrême-droite ?

 

Pourtant, si on regarde aujourd’hui les partis politiques qui prônent une sortie de l’UE, la plupart sont classés à droite de l’échiquier politique.

La faute à qui ? Qui a laissé ce terrain en friche en sacrifiant le concept de souveraineté au nom de la construction européenne ? Il y a eu un vide à ce niveau-là si bien que d’autres forces, qui ont bien senti le sentiment populaire, ont récupéré et récupèrent encore ce terrain abandonné par la gauche. Cette situation plaide justement pour qu’on réinvestisse ce champ plutôt que de le laisser à des partis qui n’ont pas la défense des travailleurs en tête.

 

Ne craignez-vous pas qu’un éclatement de l’Union européenne conduise à des guerres comme celles que nous avons déjà connues entre les différents pays du continent ?

Ce ne sont pas les nations elles-mêmes, mais les affrontements entre intérêts impérialistes qui étaient à la source des deux guerres mondiales. Confrontée à son propre peuple, la bourgeoisie française a plusieurs fois tenté de s’en remettre à la grande bourgeoisie allemande. A la fin des années 1930, elle clamait « plutôt Hitler que le Front populaire », avant de se vautrer dans la collaboration avec l’Occupant pour défendre ses intérêts de classe. Et ce n’était pas nouveau. L’aristocratie française avait appelé à son secours les aristocraties européennes durant la Révolution. De même, Adolphe Thiers demanda l’aide de Bismarck pour écraser la Commune de Paris.

C’est une constante. Non seulement les bourgeoisies nationales cherchent des dérivatifs dans des guerres entre nations lorsque les mouvements populaires deviennent plus profonds. Mais elles sont aussi prêtes à sacrifier les intérêts de la nation au profit de leurs propres intérêts de classe dominante.

 

L’UE n’offrirait donc aucune garantie de paix entre les peuples ?

Il suffit de regarder ce qui se passe. Là où des peuples souverains, libres et égaux devraient pouvoir développer des coopérations, c’est le contraire qui se produit. On cherche à leur imposer les mêmes règles, les mêmes manières de se comporter et surtout, les mêmes reculs sur le terrain. Pour cette soi-disant paix entre les peuples, les résultats sont désastreux. On a ainsi pu voir la grande presse allemande représenter les Grecs comme des profiteurs et des paresseux. De l’autre côté, le ressentiment est tel que dans les journaux grecs, on ne peut plus voir Angela Merkel sans qu’elle soit affublée d’un costume hitlérien !

Sous couvert de développer des liens étroits, on oppose les peuples les uns aux autres. C’est terrible. Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker, qui était encore il y a peu le président de l’eurogroupe, a déclaré au mois de mars dans le Spiegel : « Les démons qui ont conduit à l’explosion de la Première Guerre mondiale sont peut-être endormis, mais ils n’ont pas disparu et je pense que les tensions que nous connaissons aujourd’hui rappellent celles qui prévalaient en 1913. » Jean-Claude Junker fait pourtant partie de ceux qui nous disaient que l’Europe c’est la paix. Ils commencent à s’inquiéter. La manière dont les dirigeants européens, surtout les Allemands, ont pris possession de Chypre est symptomatique. Ils ne prennent même plus de gants. Ils expliquent très clairement qu’on va mettre le pays sous le joug. Avec l’espoir que si on arrive à mater de la sorte un petit pays, l’exemple sera donné.

 

Vous le dites vous-même, chaque gouvernement est capable de prendre des mesures antisociales en dehors de l’UE. En quoi sortir du carcan européen nous protègera-t-il de telles politiques ? Ne vaut-il pas mieux attaquer le problème à la racine, attaquer le capitalisme ?

Je suis convaincu que ce qui est fondamentalement en cause, c’est la logique du capitalisme. Ce qui est nouveau, ce sont les armes dont il s’est doté pour mieux soumettre les peuples. Si demain l’UE n’existait plus, les problèmes ne disparaitraient pas pour autant. Ça ne supprimerait pas l’exploitation de l’homme par l’homme et il faudrait continuer à combattre le capitalisme. Mais lorsqu’on parvient à se défaire de l’arme la plus efficace de son adversaire, on a déjà franchi un grand pas.

Il faut donc donner la priorité au combat d’aujourd’hui qui est de faire sauter les carcans. Quand des forces progressistes remettent en cause l’UE, ça offre des perspectives. Mais lorsque des forces censément progressistes continuent à répéter « il faut une autre Europe », ce sont des forces beaucoup moins sympathiques qui s’emparent du combat national. Avec tous les dangers que l’on peut imaginer…

  

Source :Investig’Action

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:26

La drogue au cœur du pouvoir ATT : La véritable raison de sa chute.


amadou toumani Toure

L’espace saharien est le plus grand désert du monde avec une superficie de 8,5 millions de Km2. Il traverse l’Afrique de l’Atlantique à la mer rouge et de la Méditerranée au Sud du Cancer et couvre 10 pays : Algérie, Egypte, Libye, Maroc (Sahara Occidentale), Mali, Mauritanie, Niger, Soudan, Tchad, Tunisie. 

 

Cependant, il est indispensable de comprendre qu’au-delà de ces enjeux, il y’a eu des processus internes qui ont conduit à des crises successives de l’Etat et qui ont occasionné sa faillite. Il s’agit donc avant tout d’une crise de l’Etat en tant qu’institution.

 

Certains analystes soutiennent que la catastrophe que notre pays connaît aujourd’hui a été provoquée par le coup d’Etat du 22 mars 2012. En fait de coup d’Etat, il s’agit en réalité d’une banale mutinerie de soldats qui ont exprimé un mal-vivre et une extrême exaspération devant la trahison de leur hiérarchie qui les a conduits à la boucherie, (surtout après le massacre d’une centaine de soldats à Aguel Hoc par les rebelles du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) appuyés par les combattants d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), du Mouvement pour l’unicité et jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et d’Ansar-Eddine), devant la trahison de leur hiérarchie qui les avait à plusieurs reprises, conduits à la boucherie pendant deux mois sur les différents théâtres de bataille pour défendre l’intégrité territoriale du Mali dans ses régions septentrionales.

 

Le Mali n’est pas à sa 1re rébellion dite touarègue, mais à sa 4ème. Mais une lecture à la fois historique, politique, sociologique, géostratégique et géopolitique de cette crise nous amène à comprendre aisément que toutes les rébellions qui ont secoué notre pays ont été téléguidées de l’extérieur et quel qu’en soient les prétextes, elles ont toujours bénéficié du soutien politique, financier et militaire de l’ex-puissance coloniale qu’est la France.

 

Pour illustrer ce constat, il suffit de s’appuyer sur des exemples historiques et l’abondante littérature fournie par une légion de chercheurs français, notamment des anthropologues, parmi lesquels André Bourgeot. Celui-ci a expliqué comment est né l’OCRS (l’organisation commune des régions sahariennes) suivant une loi votée par l’Assemblée Nationale Française en 1957 et qui devait comprendre une partie de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad, du Mali. Cette création répondait à une vision coloniale de mise en valeur de cet espace extrêmement riche en ressources stratégiques.

 

L’ex-puissance coloniale voulait ponctionner ces immenses ressources pour les besoins de son industrie et son développement économique. Afin d’assurer une exploitation rentable de ces ressources stratégiques et les drainer vers la méditerranée pour être ensuite évacuer vers la métropole, l’ex-puissance coloniale avait envisagé dès 1875, la construction d’une ligne de chemin de Fer.

 

Mais le projet colonial d’exploitation de ces immenses ressources a échoué grâce à une formidable accélération de l’histoire à travers la guerre d’indépendance victorieuse de l’Algérie et les luttes d’émancipation menées par l’US-RDA dans toute l’Afrique Occidentale française, l’Afrique Equatoriale française.

 

Contrainte d’accorder l’indépendance à ses anciennes colonies, la France s’exécutera mais non sans semer les germes de la division entre les différentes communautés qui coexistaient pendant plusieurs siècles auparavant avec un modus vivendi partagé et un sentiment commun d’appartenance à une même entité étatique.

 

C’est le cas au Mali et au Niger où le colonisateur distillera dans l’esprit des communautés blanches qu’il était inacceptable qu’elles soient dirigées par les populations noires et barbares. On assistera à la création d’une sorte d’identité culturelle avec beaucoup de mythes qui seront véhiculés sur «l’homme bleu du désert au regard fier» qui va être dominé par des noirs venus du Sud ! C’est ainsi qu’a éclaté la première rébellion de 1962 contre le régime du Président Modibo Keita, alimentée par la France.

 

Par la suite, il y’a eu la rébellion de 1990, celle de 1996, de 2006 et 2012. A chaque rébellion, on voit surgir des revendications identitaires, ses soutiens extérieurs et cette volonté de mettre en avant des spécificités, alors que toutes les populations qui vivent dans cette zone sont frappées par les mêmes problèmes. Mais la caractéristique essentielle de cette dernière rébellion est qu’en plus de son caractère irrédentiste, elle a pris une dimension religieuse à travers l’entrée en scène de trois composantes qui se sont ralliées au MNLA : AQMI, Ansar-Eddine, MUJAO.

 

Par ailleurs, il existe une thèse fortement répandue sur la provenance des armes qui ont permis à ces différentes rébellions de conquérir le Nord du Mali. Selon cette thèse, ces armes hautement sophistiquées et d’une redoutable efficacité proviennent essentiellement des stocks de l’armée Libyenne.

 

Cependant, même si le Chef d’Etat-major du MNLA, le Colonel Ould Najem s’est copieusement servi dans l’arsenal libyen, les enquêtes menées par certains experts sur la question permettent de relativiser l’ampleur de ces armes en provenance de la Lybie. Elles soutiennent plutôt que les armes du MNLA lui ont été livrées par la

 

France via la Mauritanie. Au Mali, il n’est un secret pour personne que l’indépendance de l’Azawad a été proclamée en France par le MNLA qui y disposait d’une Représentation diplomatique, tout comme au Burkina-Faso et en Mauritanie. Par la suite, le MNLA qui a scellé des alliances avec les autres composantes de la rébellion notamment Ansar-Dine et le MUJAO a vu augmenter sa force de frappe.

 

Mais comment ces combattants touareg de la légion islamique se sont-ils emparé des armes en Lybie ont pu traverser le Sahara et ont réussi la prouesse de pénétrer en territoire malien sans être ni vus des satellites militaires, ni des avions de l’OTAN qui surveillent sans arrêt cette immense zone ?

 

La responsabilité du Gouvernement du Président ATT est indéniable : C’est d’avoir accepté que ces anciens combattants de la légion islamique entrent au Mali avec leurs armes alors que le Niger voisin avait pris soins de désarmer les leurs !

 

D’ailleurs, le Niger avait également alerté les autorités maliennes sur les risques que cela pouvait faire courir à la sécurité du Mali. Mais le Président ATT a donné l’autorisation aux autorités nigériennes de laisser les combattants rentrer avec leurs armes. Un accueil chaleureux leur a été réservé et plusieurs ministres ont été mobilisés en cette occasion avec espèces sonnantes et trébuchantes !

 

Ils seront reçus quelques semaines à grande pompe au palais présidentiel à Koulouba par Amadou Toumani Touré lui-même.

 

Pourquoi le Président ATT a-t-il laissé entrer ces anciens de la légion islamique ? 

 

Il y’a plusieurs réponses qui sont données par des analystes et spécialistes de la géopolitique du Sahara.

 

Certains parmi eux parlent d’un deal qui aurait été conclu entre l’OTAN, les soldats touaregs de la légion islamique, la France et le Mali. Ce deal visait à amener les soldats de la légion islamique, qui se trouvent être les plus aguerris au combat, à abandonner Mouammar El Kadhafi et à rentrer au Mali où ils étaient assurés d’avoir un territoire, concrétisant ainsi leur rêve d’indépendance.

 

D’autres par contre voient dans l’attitude du Président ATT une manœuvre visant à résoudre des problèmes de politique intérieure à quelques mois des élections présidentielles et législatives. La fin de son mandat ne lui assurait aucune possibilité de trouver un remplaçant capable de lui sauver les meubles. maliweb.net . C’est pourquoi il aurait instrumentalisé la rébellion dans l’espoir de faire reporter ces élections et de préparer plus sereinement sa succession. Mais dès que la rébellion a été déclenchée on n’a pas pu en saisir les dimensions multiples qu’elle a revêtues.

 

En apparence, l’effondrement de l’Etat a été si rapide, si fulgurante alors qu’en réalité, sa décrépitude avait commencé dès le Coup d’Etat du 19 novembre 1968 !

 

De cette période à nos jours, il y’a eu un pourrissement lent qui s’est accentué avec l’avènement de la démocratie en 1991, puis de la troisième République à partir de 1992. L’Etat en tant qu’entité située au-dessus de toutes les ambitions individuelles est devenu progressivement un instrument au service de clans, de coteries, des intérêts de boutique.

 

La corruption et l’impunité ont été érigées en mode de gestion politique. C’est pourquoi, une banale mutinerie de soldats a permis à des officiers subalternes et des soldats de rang de s’emparer du pouvoir comme un fruit mûr. Une fois qu’ils ont conquis le pouvoir, ces jeunes officiers et soldats de rang, n’ayant aucune conscience politique (mis à part quelques rares sous-officiers) ni vision et objectifs stratégiques clairs se sont trouvés confrontés à la dure réalité de la situation.

 

Acculés par des pressions de toute sorte tant au plan nationale qu’internationale, victimes d’un lynchage médiatique sans précédents et fortement combattu par le syndicat des chefs d’Etat de la sous-région ouest africaine, l’Union africaine, l’Union européenne et des Etats-Unis, le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses compagnons ont commencé leur marche à reculons pour faire place nette aux forces de la régression politique et sociale qui ont dirigé pendant 20 ans notre pays et qui sont les premiers responsables de sa faillite.

 

Cela était difficile pour le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses compagnons de faire une lecture globale de la situation politique nationale et de comprendre les enjeux géopolitiques et géostratégiques qui se cachaient derrières les pressions multiples (CEDEAO, Union africaine, Union européenne, France, Etats- Unis) auxquelles ils faisaient face pour penser à des solutions immédiates de sortie de crise sur le plan politique, institutionnelle et sécuritaire.

 

Ces enjeux expliquaient également en partie la bataille politique qui se déroulait entre les différents camps : Ceux qui voulaient le changement et ceux qui étaient contre. Mais ils se lisaient déjà dès les années 1970 aux Etats-Unis à travers la stratégie du chaos.

 

Selon cette théorie, partout dans le monde où il y’a des matières premières, nécessaires à l’expansion du système capitaliste mondial, il faut créer le chaos en s’attaquant aux Etats-Nations qui constituent un obstacle à la logique de profits et à la dictature du marché. C’est ce qui explique les guerres civiles en Angola, au Mozambique, en République Démocratique du Congo, celle qui a secoué le Congo-Brazzaville, celle du Biafra qui devait aboutir à la sécession du Nigeria, et celle récente de l’Afghanistan qui ont toutes des raisons économiques à savoir : le contrôle stratégique du pétrole et du Gaz mais aussi et surtout du marché mondial de la drogue qui a alimenté largement les entreprises secrètes de déstabilisation des régimes partout dans le monde.

 

L’on se souvient du débarquement de l’armée américaine au Panama en 1989 «opération juste cause» pour y capturer son Président, le Général Manuel Antonio Noriega, pourtant un des anciens collaborateurs de la CIA. Il faut aussi rappeler le soutien de l’Administration Américaine aux Contrats du Nicaragua soupçonnés d’avoir créé une économie de la drogue pour combattre le régime sandiniste de Daniel Ortega.

 

Il y’a eu aussi les soupçons nourris des Etats-Unis à l’égard de Cuba accusé sans preuve d’avoir encouragé le trafic de la drogue au moment où les tribunaux révolutionnaires avaient jugé et condamné à mort en 1989 des officiers de l’armées cubaine accusés d’intelligence avec le trafic de la drogue comme le Général

 

Arnaldo Ochoa, le Colonel Antonio de la Guardia, le Capitaine Jorge Martinez et le Major Amado Padron.

 

En Colombie, les Etats-Unis mettront au point «le Plan Colombie» 4 pour officiellement combattre le trafic de drogue qui portait une menace sérieuse à sa sécurité intérieure.

 

Selon un rapport de l’Office des Nations-Unies contre la drogue5 et le blanchiment, les trafiquants auraient blanchi environ 1600 milliards de dollars US à travers le monde en 2009, soit 2,7% du PIB mondial. De cette faramineuse somme, moins de 1% des flux financiers illicites générés par la drogue et le crime organisé est saisi et gelé par les services de répression !

 

Le rapport indique par ailleurs que tous les bénéfices de la criminalité, mis à part les évasions fiscales, s’élèveraient à environ 2100 milliards de dollars US, soit 3,6% du PIB mondial.

 

En dehors de ce montant, les bénéfices de la criminalité transnationale organisée- comme le trafic de drogue, la contrefaçon, le trafic d’être humains, la contrebande de petites armes- s’élèveraient à 1,5% du PIB mondial, 70% desquels auraient probablement été blanchis par le système financier à travers les banques occidentales qui en profitent largement.

 

Une étude de l’Université des Andes en Colombie, datant de l’année 2011 et publiée par le journal britannique «The Guardian» a révélé que le négoce de la drogue enrichi principalement les banques américaines et européennes à 97,6%. Seuls les 2,4% sont restés dans le pays ! Pour l’année 2008, le négoce de la drogue dans ce pays a permis aux banques européennes d’engranger 300 milliards de dollars pour seulement 7,8 milliards pour les banques colombiennes !

 

C’est la raison pour laquelle, le journaliste français d’investigation Jean-François Boyer dira que la lutte contre le trafic de la drogue et la criminalité transnationale est perdue à l’avance. Le trafic de drogue à travers le monde a profité aux banques occidentales, mais aussi aux services de renseignement de certaines grandes puissances comme la CIA.

 

Durant la guerre froide, pour éviter le contrôle de ses budgets par le Congrès, elle a financé certaines opérations menées contre le communisme grâce à l’argent de la drogue. A ce sujet, l’historien Alfred W. McCoy6 a révélé des preuves flagrantes de l’intimité de la CIA avec le commerce de la drogue : En Sicile, à Naples, à Marseille, au Laos, en Birmanie, en Afghanistan, au Pakistan, avec les Cartels de la drogue en Amérique Latine notamment en Colombie, au Mexique.

Historiquement, la complicité entre les services américains de renseignement avec la pègre mondiale remonte aux années 1940. A l’époque, l’OSS (l’ancêtre de la CIA) collaborait avec la mafia sicilienne pour préparer le débarquement des G’IS pendant la seconde guerre mondiale.

Les services de renseignements américains avaient besoin d’informations pour élaborer le plan de débarquement tandis que la mafia sicilienne était ravi d’appuyer les Etats-Unis pour se débarrasser du régime fasciste de Mussolini qui avait porté un coup dur aux activités criminelles de la Cosa Nostra.

 

Après la chute de Mussolini, la collaboration ne s’est pas arrêtée pour autant. La démocratie chrétienne qui avait pris les commandes du pays, craignant une forte poussée des communistes qui s’étaient illustrés dans la résistance contre le fascisme et qui bénéficiaient d’un large soutien populaire, a conclu des accords secrets avec les services américains de renseignement pour liquider les communistes.

 

Les démocrates-chrétiens et les Etats-Unis vont donc s’appuyer sur les mafiosi connus pour leur piété. Des membres de la pègre se voient confier des postes de responsabilité dans l’appareil politique du pays. Un ancien agent de la CIA, Victor Marchetti dira quelques années plus tard que la CIA s’était appuyée sur l’anti communisme viscéral de la mafia pour contrôler l’Italie.

 

En Afghanistan, les Etats-Unis vont recourir aux mêmes méthodes pour financer les combattants opposés aux troupes soviétiques.

 

En 1979, lorsque le conflit y a éclaté, il n’y avait plus aucun agent de la DEA (l’Agence Américaine de lutte contre la drogue) dans ce pays, ni au Pakistan voisin.

 

La production d’opium en Afghanistan passa de 250 à 4.600 tonnes par an. Pendant les années 1980, le Pakistan abritait 100 à 200 raffineries d’héroïne. C’est un général de l’armée pakistanaise, par ailleurs gouverneur de la Province du Nord-Ouest qui contrôlait ces raffineries.

 

En 1986, il a déclaré publiquement, lors d’un congrès tribal, que l’héroïne était une ressource pakistanaise lucrative.

 

L’héroïne raffinée au Pakistan provenait d’Afghanistan, plus précisément dans la fertile vallée de Helmand contrôlée par le chef de guerre Goulbouddine Hekmatyar qui travaillait directement pour la CIA.

 

S’agissant du Mali, la question de la drogue a été au cœur du pouvoir d’ATT. La véritable raison de sa chute n’est-elle pas à rechercher de ce côté ? N’a-t-on pas dit que c’est à cause de sa propension à céder à l’appât du gain et son extrême cupidité qu’il avait mis le doigt dans ce système qui l’a broyé comme un rouleau compresseur ? 

 

Certains de ses plus fidèles alliés à l’annonce de sa chute avaient versé des larmes de crocodiles pour sauver les apparences, mais en privée s’en sont réjouis car, elle allait permettre une nouvelle redistribution des cartes politiques susceptibles de freiner la dérive mafieuse de l’Etat et de construire un nouvel avenir démocratique pour le Mali.

 

Le passage de la Cocaïne dans le Sahara en provenance d’Amérique Latine pour rejoindre les rivages de la Méditerranée ne date pas d’aujourd’hui. Dès 2007, notre pays était devenu une plaque tournante de la cocaïne arrivant de Colombie, notamment de la Guinée-Conakry, avant de repartir vers l’Europe. Mais, c’est la découverte en 2009, d’un Boeing 727-200, ayant transporté plusieurs tonnes de poudre blanche qui a permis de connaître l’ampleur du phénomène. Cette découverte a également établi les complicités qui existaient à Bamako dans certains cercles du pouvoir, de l’armée et de la douane.

 

En janvier 2012, Mohamed Ould Awaïnatt, un riche homme d’affaires de Tombouctou, soupçonné d’être impliqué dans l’affaire «Air-Cocaïne», est libéré, avec un ancien policier espagnol Miguel Angel Devesa, sur ordre de l’ancien président Amadou Toumani Touré qui comptait sur lui pour lever des milices chargées de contenir l’avancée des rebelles du MNLA et de leurs alliés d’AQMI, du MUJAO et d’Ansar-Eddine.

 

D’autres personnes incarcérées dans cette affaire ont aussi été libérées.

 

Une fois la liberté recouvrée, Mohamed Ould Awaïnatt rejoindra le MUJAO avec les armes fraichement livrés par Bamako via le Lieutenant-colonel Ould Meydou. Ce dernier constituait avec le Colonel Ag Gamou, les deux piliers de défense qu’ATT avait bâtis de façon parallèle dans la lutte contre les différentes rébellions armées. Cela a fortement désarticulé et affaibli la chaîne de commandement dans les opérations menées sur les différents fronts au point de provoquer la colère du chef d’Etat-major Général des armées le général Gabriel Poudiougou qui avait menacé de rendre sa démission.

 

Toujours est-t-il que dans ce document confidentiel émanant de l’office des Nations-unies contre la drogue et le blanchiment qui a circulé dans les milieux diplomatiques à Bamako, d’autres personnalités importantes de la tribu Lamarh à laquelle appartient Ould Awaïnatt sont soupçonnés d’être mêlées au trafic de drogue.

 

Le document a mis en accusation avec un luxe de détails, un ancien-ministre d’ATT lié au MUJAO et au blanchiment d’argent du crime organisé. Il a aussi indexé des «barons» du système ATT qui auraient corrompu une bonne partie de l’appareil sécuritaire du Mali grâce à la complicité active d’un Commandant des Douanes introduit auprès des chancelleries occidentales.

 

Les soupçons quant au rôle joué par AQMI sont également évoqués à l’exemple des liens entre la «Katiba» d’Abou Zeid, à l’époque principal chef d’AQMI au Nord et un groupe de narcotrafiquants d’origine berabich de la région de Tombouctou.

 

Ce groupe est communément appelé localement les «colombiens». Chacun de ses «barons» aurait selon le document confidentiel, constitué une équipe d’hommes armés pour assurer l’acheminement sécurisé de cargaisons de drogues. Il faut dire que ces hommes armés, plutôt ces milices, ont joué un rôle décisif dans l’entrée triomphale des rebelles, pour la plupart des combattants d’AQMI dans la ville de Tombouctou au lendemain de la chute des villes de Gao et de Kidal.

 

Un autre exemple est cité dans ce document confidentiel : la «Katiba» de Ahmada Ag Mama alias Abdou Karim Targui qui a rejoint un temps Iyad Ag Aly, le chef du mouvement Ansar-Eddine avec des Touaregs et des arabes maliens. Iyad Ag Aly régnait en potentat sur la région de Kidal, région d’où la plupart des barons de la drogue partent pour l’Algérie où ils bénéficient de l’amnistie accordée aux repentis des groupes djihadistes, indique le document. Dans les escortes de convois de drogue et d’armes, ces groupes armés ont bénéficié de l’appui de «bandits d’origine Kounta» qui imposent des droits de péage partagés avec AQMI et Ansar-Eddine. 

A Suivre… 

Source : www.mecanopolis.org 

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:24

Le capitaine Sanogo négocie son exil au Nigeria ou au Gabon.

Sanogo

 

L’avenir du capitaine Amadou Haya Sanogo ne s’inscrit plus au Mali. Craignant un risque de règlement de compte, l’ex-chef de la junte veut quitter le pays. Et selon de sources concordantes relayées par la presse française, il négocierait depuis plusieurs semaines un exil doré hors du Mali. Après le niet catégorique opposé à son vœu par les Etats-Unis d’Amérique, l’éphémère homme fort du Mali aurait jeté son dévolu sur deux pays africains, le Nigéria et le Gabon, qui seraient prêts à l’accueillir. 

L’ex-chef de la junte malienne, le capitaine Amadou Haya Sanogo est désormais préoccupé par son avenir. Un avenir qui s’annonce loin du Mali puisqu’il négocie depuis plusieurs semaines un exil doré. Sollicités pour ce faire, les Etats-Unis d’Amérique auraient opposé une fin de non-recevoir à cette requête.

Désemparé, l’éphémère homme fort de Kati dont la sécurité risque d’être sérieusement menacée après la fin de la crise se serait résolu à se trouver une terre d’accueil en Afrique. Selon de sources concordantes relayées par la presse internationale, il devra atterrir soit au Nigeria soit au Gabon : deux pays qui sont en train de faire de la place, disons préparer un exil doré à l’ex-chef du CNRDRE.
Pour une « sortie honorable », les auteurs du coup d’Etat du 22 mars 2012  négocient depuis le mois de février avec le médiateur dans la crise malienne, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et le président en exercice de la Cédéao et président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.
« Nous sommes prêts à quitter Kati, à condition d’obtenir une sortie honorable ». Concrètement, les 24 têtes de proue de l’ex-junte souhaitent des postes consulaires à l’étranger ou des retraites dorées à Bamako. Selon la Cédéao, tout cela est négociable. Mais il reste le cas du capitaine Sanogo qui a été nommé au poste de président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité.
Mais, cette volonté de Sanogo de se retirer définitivement de la scène politique agace certains de ses proches, notamment les jeunes qui se considèrent oubliés après avoir été les « vrais » auteurs du coup d’Etat qui a précipité la chute des villes du Nord. A l’annonce de la nouvelle des négociations entamées précisément il y a quelques mois à Ouagadougou entre la Cédéao et les ex-putschistes installés à Kati pour trouver une « éventuelle sortie honorable aux auteurs du coup d’Etat du 21 mars 2012
, certains nont pas caché leur déception.
Pour ces jeunes soldats à l’origine de la mutinerie, il s’agit ni plus ni moins qu’une trahison, car les promesses faites à eux par le chef de l’ex-junte, Amadou Haya Sanogo, comme leur promotion à des grades supérieurs, l’augmentation de leurs salaires et l’amélioration de leurs conditions de vie par l’octroi de logements sociaux et bien d’autres dans l’euphorie de la prise du pouvoir, sont restées lettre morte.
Markatié Daou

Source : http://mali-web.org

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:22

 

Élections locales en Côte d’Ivoire : échec cuisant du régime d’Alassane Ouattara.


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Alors que le Front Populaire Ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo a boycotté les élections régionales et municipales,les qualifiant de « farce électorale » et ayant invité les Ivoiriens à en faire de même, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’effectivement l’appel a été largement suivi.

Le scrutin du 21 avril a non seulement prouvé, une fois de plus, que la Côte d’Ivoire reste plus que jamais divisée, mais il confirme également le fait que la très grande majorité des Ivoiriens est tout simplement lassée des mensonges du régime et des violences qui se poursuivent dans le pays. Selon de nombreux spécialistes, notamment occidentaux, la réconciliation nationale est véritablement « en panne ». Malgré cela, Alassane Ouattara compte se présenter de nouveau à l’élection présidentielle de 2015. Dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont il est un des actionnaires, l’homme avoue son incapacité à réaliser le redressement du pays, qu’il avait pourtant promis et sur lequel il avait insisté à maintes reprises : « A priori je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois ans à venir ». Répondant à la question sur la présidentielle de 2015, Ouattara annonce sans fard : « Oui, vraisemblablement, je serais amené à solliciter un deuxième mandat ».

D’autre part, une nette fracture se dessine au sein de l’alliance au pouvoir composée principalement du Rassemblement des républicains (RDR), le parti libéral d’Alassane Ouattara, et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ex-chef d’État Henri Konan Bédié. Ces tensions sont notamment dues au fait que le PDCI de Bédié, ancien parti unique, vit mal son statut de second dans cette « union » où les divergences entre le RDR et le PDCI se font de plus en plus sentir. Des observateurs parient même que cette fameuse coalition du Rassemblement des « houphouëtistes » pour la démocratie et la paix (RHDP), réunissant justement le RDR et le PDCI, ne survivra pas bien longtemps. Par ailleurs, ce vote a été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à se transformer en incidents violents, y compris avec usage d’armes à feu, dans plusieurs communes, principalement à Abidjan. Une source occidentale dans la capitale économique a affirmé que « malgré la victoire de son parti, Ouattara sort fragilisé de ces élections car il a perdu une belle occasion de montrer qu’on pouvait organiser un scrutin crédible et transparent sans contestations. » Une « victoire » obtenue pour rappel, lors d’un scrutin largement ignoré par le parti de Laurent Gbagbo, le FPI, aujourd'hui principale formation de l'opposition, ainsi que par l’écrasante majorité de la population ivoirienne.

Justement, en parlant du taux de participation, selon la Commission électorale indépendante, il se situerait autour de 30 %, entre 13 et 15 % selon le FPI, qui cite une source proche du ministère de l’Intérieur. Même en retenant le chiffre le plus optimiste pour le régime d’Ouattara, il s’agit d’une confirmation claire d’un boycott massif de ces élections. Compte tenu de ces réalités peu radieuses, le président Ouattara a du souci à se faire. Aucune avancée notable n’a été faite pour une vraie réconciliation nationale, destinée à tous les Ivoiriens, notamment les membres de l’opposition, qu’ils soient en Côte d’Ivoire ou en exil. Un fait majeur : la mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui continuent de réclamer ardemment la libération de leur président, incarcéré depuis le 30 novembre 2011 dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas), se fait sentir à tous les niveaux.

Enfin, les soutiens étrangers de Ouattara, en premier lieu la France mais également les États-Unis, devraient rapidement faire évoluer leurs approches dans la crise ivoirienne qui semble perdurer et dont l’issue est pour le moment encore bien incertaine. A noter que François Hollande recevait son ami et acolyte, le président Ouattara le mois d’avril dernier à l’Élysée. A l’issue de cette rencontre, le chef d’Etat français a « encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique», selon le communiqué de la présidence française. Pourtant, ni la France, ni les autres soutiens occidentaux de Ouattara ne font réellement pression sur un régime ouvertement liberticide et sérieusement fragilisé. Les gouvernements occidentaux ne pourront pas longtemps ignorer le fait que la résistance ivoirienne est désormais mieux organisée et déterminée, aussi bien à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’au-delà de ses frontières.

 

 

Source : http://french.ruvr.ru

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:21

Le RDPC vainqueur de la mascarade sénatoriale du 14 avril 2013 au Cameroun.

Dipanda_mouelle.jpg

Biya 56- Fru Ndi 14: LE RDPC, grand vainqueur des sénatoriales avec 73% des votes

Avec la nomination des 30 sénateurs par Paul Biya ce qui donnera un total de 86 sur 100. Ce n’est plus une chambre sénatoriale. 

Le RDPC, grand vainqueur des sénatoriales avec 73% des votes en sa faveur, soit 56 sièges contre 14 sièges pour le SDF. Le SDF fait  54 % dans l'ADAMAOUA. Le RDPC obtient 99% dans le centre ,100 % à l'EST et  le SUD, 92%.  Dans  le littoral, 91%. Dans l'extrême Nord..Ce sont  les premiers   résultats  lu par  le prémier président  de la  cour suprême  auc cours de l'audience solennelle de proclamation des résultats de l'élection sénatoriale.

 

Le Rdpc a dominé le scrutin dans l'ensemble du pays. Ses listes sont élues à 100% dans plusieurs départements. On note tout de même le vote d'un conseiller municipal en faveur de la liste Sdf dans le Mfoundi, le Nyong et Mfoumou, le Mbam et Inoubou et même la Haute Sanaga. Le Rdpc fait le total des votes dans la région de l'Est. Des cas d'abstention sont signalés. Ces conseillers municipaux pourraient, d'après la loi être déchus de leurs mandats. La victoire du Sdf dans l'Adamaoua et l'Ouest est également confirmée.


Elvis Mbimba

Source : http://icicemac.com

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:18

 

L’AFRIQUE FACE A SES ENJEUX DE DEVELOPPEMENT .

afrique

 

Le continent africain a été et reste une terre de contradictions. Des terres sont très riches en ressources naturelles diverses (minières, pétrolières, gazières, forestières et agro-pastorales). L’on constate que plus les terres agricoles sont très fertiles, plus les pays qui en sont dotés crient souvent pauvreté, malnutrition, guerres et famines. Les ethnologues, les anthropologues et autres spécialistes du passé, du présent et les scruteurs de l’avenir de notre humanité ont longtemps expliqué les liens de ces contradictions par une multiplicité de tribus et d’ethnies éparpillés dans chacun des pays, comme des mines anti-personnelles et des mines anti-développement pour l’Afrique. Et voici que les extrémistes musulmans s’y mettent également et se font valider leurs projets par des divisionnistes et des sécessionnistes avides de pouvoir et de domination. Des individus en quête d’identité et d’existence politique ciblent les États jugés faibles sur ce continent profondément meurtri pour y semer des guerres, des destructions, des massacres, de la terreur… Des islamistes radicaux, obscurantistes et rétrogrades tentent d’y imposer des « républiques islamiques » : la « chose du peuple » (Res publica) devient ainsi une propriété de ceux qui se prétendent représenter l’Islam originel, inspirés ou manipulés par des idéologues des pétromonarchies de la péninsule arabique qui pilotent le salafisme, le wahhâbisme et leurs variantes en Afrique. L’Afrique occidentale et l’Afrique centrale sont clairement devenues aujourd’hui des cibles bien identifiées, tel un lion qui sème la panique dans le troupeau d’antilopes. Celles-ci se mettent alors à galoper pour fuir pendant que le roi de la forêt observe le rythme du troupeau pour repérer le coureur le plus faible qui lui servira de repas du jour ! Et il peut alors foncer dessus sans difficulté. Pourtant les besoins vitaux de l'Afrique ne sont pas un manque de religion, mais des ressorts solides pour créer son développement. Mais alors, où sont donc les maillons faibles en Afrique qui seront les prochaines victimes, parmi les pays où l’Islam est une confession majoritaire et où les économies sont tragiquement affaiblies, et les populations sont en totale déshérence ? En préambule, insistons que l’éducation et la formation professionnelle des populations et notamment des jeunes générations ; la sécurité sanitaire, alimentaire et énergétique des habitants ; la paix, l’unité et la sécurité du territoire national ; la bonne gouvernance politique, économique et sociale sont les principaux piliers du développement. Ensuite, ce développement doit être conçu et mis en œuvre avec le souci de l’équilibre et de l’égalité des droits d’accès des territoires à des composantes du progrès. Il n’y a de développement durable que porté par une économie prospère. Et il n’y a d’économie prospère que constituée sur le socle de l’économie industrielle. Ces principes présentent une portée universelle autant dans les pays industrialisés historiques que dans les pays émergents. Les pays africains ont le devoir de rassembler ces ingrédients pour prétendre au développement. Les piliers indiqués ne sont donc pas des options, mais des impératifs pour construire de véritables stratégies de développement durable et garantir une amélioration des conditions de vie des populations. Des indicateurs socioéconomiques par espace régional indiquent les niveaux d’effort à accomplir pour progresser significativement face à la pression de la mondialisation.

 

I. L’Afrique arabo-musulmane au nord.

 

Les indicateurs socioéconomiques de certains pays de l’Afrique du nord, arabo-musulmane, pourraient inspirer de nombreux pays subsahariens. En effet, le taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer) dans ces pays varie entre 4,2 pour la Mauritanie et le Soudan et 1,7 pour l’Algérie. Pour que ce taux soit un accélérateur de développement, il s’accompagne d’une amélioration significative des conditions sanitaires pour lutter contre les épidémies et des infections mortelles, des progrès médicaux pour assurer des soins appropriés aux enfants et réduire les taux de mortalité, et par la sécurité alimentaire pour garantir de bonnes conditions de lutte contre les malnutritions qui déciment les enfants en bas âge. Ensuite, il faut éduquer ces enfants, les former aux métiers et en faire des citoyens instruits, éveillés et des contributeurs au développement. Aussi, le taux d’alphabétisation prend le relai de l’éducation pour les jeunes de plus de 15 ans et les adultes pour assurer des capacités des populations à développer la maîtrise de l’information écrite, analyser les situations économiques et comprendre les évolutions politiques du monde et de leurs pays, être autonomes pour conduire leurs propres affaires, et développer leur propre jugement sur les différentes offres religieuses pour discerner le vrai du faux. Au-delà de 60% de taux d’alphabétisation, l’on peut considérer que le pays s’éveille et que les choix politiques et sociaux du pays ont requis l’examen attentif des citoyens éclairés. Les femmes représentant souvent plus de la moitié des populations nationales ; leur forte présence dans les institutions de décision est un gage d’éveil démocratique et de progrès social. Cette mesure passe par leur présence au Parlement. Une démocratie active ne peut être construite par les représentants d’une moitié des habitants : en règle d’équilibre, les Parlements devraient être constitués par des parités hommes-femmes. En Afrique du nord, la Tunisie et l’Algérie, suivies du Soudan et de la Mauritanie dépassent 20% de femmes au Parlement. L’Egypte et le Libye accusent un grand retard, qui peut s’expliquer par une poussée plus forte de l’Islam radical qui s’oppose à la libération et à la considération des droits des femmes. Enfin, les pays ayant un faible taux de fécondité (moins de 3 enfants par femme) avec une forte population et des ressources économiques conséquentes, ont l’avantage de progresser plus vite dans la mondialisation : le PIB par habitant dépasse alors 2000$. Seuls la Mauritanie et le Soudan n’avaient pas pu atteindre une richesse de 2000 $ par habitant en 2011. Ainsi, on peut observer que l’Algérie, la Tunisie et le Maroc sont bien armés pour entrer dans la compétition économique mondiale ; cependant, le Maroc doit améliorer rapidement l’alphabétisation des masses et accroître l’éducation des jeunes générations pour rattraper le niveau de l’Algérie et de la Tunisie, et participer activement au pilotage des économies de l’Afrique du nord, et de l'Afrique en général.

 

II. L’Afrique occidentale devrait encore déployer des efforts.

 

De tous les espaces régionaux africains, l’Afrique occidentale rassemble des pays dont la moitié présentent des taux de fécondité moyens supérieurs ou égaux à 5 enfants par femme en âge de procréer. Les trois premiers pays : le Niger (7,2), le Mali (6,4) et le Burkina Faso (6,1) naviguent en peloton de tête du continent avec la Somalie (6,3), l’Ouganda et le Burundi (6,1) en Afrique orientale. Ces trois pays de l’Afrique occidentale battent également le record du taux d’alphabétisation le plus faible du continent, entre 29% et 31%. Le lien entre les faibles ressources allouées à l’éducation, le taux de fécondité très élevé tel que 50% seulement des enfants sont scolarisés, avec le faible taux d’alphabétisation qui en est une conséquence directe, est une réalité socioéconomique dans ces pays. Il convient également de remarquer que, parmi les pays au—dessus de 4,5 enfants par femme, seul le Nigéria atteint 61% de taux d’alphabétisation. La Guinée Bissau, le Ghana et le Cap Vert sont les seuls pays de l’Afrique occidentale ayant un taux de fécondité inférieur à 4,5 et dont les taux  d’alphabétisation dépassent 60%  (90% pour les îles du Cap Vert). L’Afrique occidentale est globalement en très grand retard dans les efforts d’éducation et de féminisation des instances démocratiques de décision (faible présence des femmes au Parlement). Seuls les Sénégal et son voisin du Cap Vert parviennent à dépasser 20% de présence des femmes au Parlement. De même, si cinq pays seulement parviennent à comptabiliser plus de 1000$ de richesse nationale par habitant (Nigeria, Sénégal, Ghana, Côte d’Ivoire et Cap Vert), six autre pays se trouvent entre 500$ et 1000$, alors que quatre pays n’ont même pas atteint 500$ par habitant en 2011 (Liberia, Niger, Sierra Leone, Guinée) alors que ces pays sont dotés de ressources minières importantes pour générer des financements. Il apparaît, selon ces données, que l’Afrique occidentale devrait déployer d’importants efforts pour assainir son économie, équilibrer le développement sur les territoires, bâtir un espace régional intégré mieux géré, dynamiser l’exploitation et la transformation de ses ressources naturelles afin d’améliorer ses indicateurs socioéconomiques de développement pour les peuples.

 

 

III. Conclusion.

 

Il apparaît un écart significativement important entre l’Afrique du nord arabo-musulmane et l’Afrique occidentale voisine, autant dans les dynamiques économiques que dans les indicateurs socioéconomiques qui accompagnent ces dynamiques. Aux dirigeants des pays de l’Afrique occidentale, l’on ne pourrait que prodiguer ces conseils simples : lutter prioritairement et efficacement contre les corruptions, les détournements de fonds publics et l’enrichissement illicite ; les fonds publics doivent s’associer aux fonds privés pour développer les investissements en vue de construire le futur ; ces investissements doivent s’orienter prioritairement dans l’éducation, la formation professionnelle, les infrastructures de communication (routières, fluviales, aéroportuaires, ferroviaire et des technologies de l’information et de la communication) pour accélérer le développement économique régional décentralisé, les infrastructures sanitaires, médicales et sociales ; les industries de transformation ; l’agriculture et l’alimentation. Ce sont les produits de vos recettes d’exportation et de consommation intérieure qui viendront alimenter et renforcer de nouveaux investissements pour amplifier le cycle, dynamiser le cercle vertueux du développement et relancer le progrès économique et social pour tous.

 

Par Emmanuel Nkunzumwami

Auteur de « Le Partenariat Europe-Afrique dans la mondialisation », Editions L’harmattan, 2013.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:15

DECLARATION DE LA LIGUE PANAFRICAINE – UMOJA (LP-U) - DELEGATION DE COTE D’IVOIRE 

LECONS DU SCRUTIN DU 21 AVRIL 2013 : LE PEUPLE EXIGE UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION DEMOCRATIQUE

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A l’ouverture de la campagne pour les élections municipales et régionales  organisée par le pouvoir Ouattara – Bédié, la délégation Côte d’Ivoire de la Ligue Panafricaine-UMOJA (LP-U), a appelé à l’instar du FPI et des organisations démocratiques ivoiriennes au boycott républicain pour protester contre le caractère anti-démocratique de ces élections.

Les résultats nationaux sortis des urnes le dimanche 21 avril 2013 révèlent un taux de participation le plus bas de l’histoire de la Côte d’Ivoire, que les observateurs les plus crédibles situent entre 10 et 15 % des inscrits. Ce qui signifie que l’appel au boycott a été largement suivi par le peuple de Côte d’Ivoire.

Aussi, la délégation de la LP-U félicite et remercie – elle les électeurs qui se sont abstenus, les militants, les démocrates, les partis politiques et autres organisations qui ont œuvré pour cette grande victoire sur l’arbitraire et l’autoritarisme.

Ainsi, le peule ivoirien en boudant pour la deuxième fois des élections organisées par la coalition RHDP manifeste clairement son rejet de la politique anti - nationale et anti-démocratique du tandem RDR –PDCI.

Au vue de ce qui précède et au nom de la démocratie et de la paix sociale en Côte d’Ivoire, nous invitons Monsieur Alassane Dramane Ouattara à tirer les conséquences politiques de cette débâcle. Et surtout à se soumettre à la volonté du peuple ivoirien qui exige :

1)    L’arrêt des méthodes fascistes de « pacification » et des violations des libertés et droits politiques et sociaux et le rétablissement de l’Etat de droit ;

2)    La libération des prisonniers politiques et le retour au pays de tous les exilés politiques et en premier lieu Le Président Laurent Gbagbo ;

3)    La démission de son gouvernement et le gel immédiat de la politique anti - nationale et anti – sociale ;

4)    L’ouverture de négociations politiques pour la mise en place d’un gouvernement légitime de transition ;

Aussi, la Ligue Panafricaine–UMOJA (LP-U) - Délégation de Côte d’Ivoire demande à ses militants et sympathisants, aux démocrates, aux patriotes, aux résistants et aux panafricanistes de demeurer vigilants, intransigeants et de rester mobilisés pour la défense de la souveraineté nationale, des libertés et des droits constitutionnels.

  

Umoja ni nguvu

L’Union fait la force 

Pour La Ligue Panafricaine – Umoja (LP- U) - Délégation de Cote d’Ivoire

Garvey Bonthin KONAN 

Fait à Abidjan le 24/04/2013 . 

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 13:30

 Cameroun: Révélations sur la libération des otages français. La longue marche qui a conduit à la libération de la famille Tanguy Moulin-Fournier.

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Quelques jours après, le voile se lève peu à peu sur les conditions de la libération des otages français enlevés le 19 février dernier à Dabanga dans l'Extrême-Nord du Cameroun. Les sept membres de la famille Tanguy Moulin-Fournier ont été libérés le 19 avril 2013 entre 2 et 4h du matin. Ils ont été récupérés à deux kilomètres de Banki, précisément à Narikou, une bourgade rétrocédée au Cameroun à la suite de la décision de l'arrêt de la Cour de Justice de la Haye, dans le cadre de l'affaire Bakassi intervenue en octobre 2012. Là, une rivière fait office de frontière entre le Cameroun et le Nigeria, et en saison sèche comme c'est le cas actuellement, la traversée se fait tranquillement pour les piétons.

De sources concordantes nigérianes, les intermédiaires ont conduit les otages au lieu de leur libération à bord de deux véhicules, dont une Toyota Prado suivie d'un pick-up neuf. Le petit convoi était escorté de deux motos. Tout ce beau monde a été aperçu à Banki aux environs de 20h, puis, le convoi, trop voyant, est reparti vers le village Barkari se remettre au vert, avant de rejoindre péniblement le lieu du rendez-vous. Au total, le convoi comportait une vingtaine de personnes, otages et intermédiaires de l'escorte compris.

Une fois l'échange fait, l'équipe camerounaise chargée de récupérer les otages, constituée pour l'essentiel des hommes du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR), a immédiatement repris la route pour Maroua. Les otages ont été directement conduits à l'aéroport de Maroua où, arrivés autour de 6h, ils ont embarqué dans un avion militaire de fabrication chinoise de l'armée camerounaise.

Celui-ci s'était posé discrètement la veille, dans la nuit, sur le tarmac de l'aéroport de Maroua avec à son bord une illustre personnalité: le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Sans doute, avait-il été dépêché sur les lieux une fois la certitude acquise que les otages seraient bel et bien libérés dans les heures qui suivaient. Puis, intervient le communiqué de la Présidence de la République alors même que les otages avaient à peine foulé le tarmac de l'aéroport de Yaoundé Nsimalen et que Ferdinand Ngoh Ngoh était à peine descendu de l'avion militaire ...


Mais ça, c'est une autre affaire.

C'est que les événements s'étaient accélérés quelques jours plus tôt. Le Général israélien Maher Hères, Conseiller technique à la Présidence de la République en charge de la formation des unités spéciales et grand patron du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR), avait pris ses quartiers à Maroua depuis le 14 avril 2013. Un signe avant coureur de ce que tout s'accélérait, d'autant plus que ceux qui suivaient l'affaire de près n'ignoraient pas que le Cameroun avait fait un geste de bonne volonté dans la contribution aux pourparlers avec la secte ou du moins le groupe qui détenait les otages et avait obtenu le label «Boko Haram» pour faire monter les enchères.


Négociations

Au lendemain de la visite au Cameroun du Ministre français des Affaires Etrangères, les 15 et 16 mars 2013, le BIR avait exfiltré nuitamment vers la frontière nigériane, à partir de Maroua, au moins quatorze membres de la secte où figuraient Bana Modu, Badou Oumar, Abba Ahmat, Adoum Mahamat, arrêtés le 13 octobre 2012 au pont d'Amchidé en possession de 1.399 munitions, un pistolet automatique et une kalachnikov et détenus à Maroua.

Pour mener à bien son opération, le BIR avait loué ce jour à Maroua, auprès de la société de transport interurbain Touristique express, un bus de 14 places où ont pris place dans la nuit les membres de la secte ou supposés comme tels. S'ils n'avaient pas les yeux bandés, un tissu noir couvrait leur tête et ils semblaient totalement méconnaissables aux éventuels curieux.

C'est donc un convoi de cinq véhicules, quatre du BIR et le bus qui a quitté Maroua en direction d'un lieu indiqué de la frontière où ils ont été relâchés. Seule certitude, au moment de quitter la capitale régionale de l'Extrême-Nord, le bus était plein à craquer et chacun des passagers s'était vu gratifier d'une petite cagnotte pour qu'il rejoigne sa famille une fois la frontière franchie...

D'autres membres de la secte, ceux qui étaient vraisemblablement enregistrés par Boko Haram seront libérés au moment de la récupération des otages, parmi lesquels le plus important était Moustapha Mohamed, arrêté le 31 octobre 2012 à Fotokol en possession de tracts de Boko Haram en langue Haoussa et dont la mission était d'installer une cellule de Boko Haram à Fotokol, et qui était au frais à Yaoundé. Jusqu'à la dernière minute, il est resté aux mains des Camerounais. Une sage précaution au cas où, à la dernière minute, l'affaire aurait tourné... Cahuzac.

«Nous en savions beaucoup sur ceux qui ont pris les otages mais nous ne voulions pas mettre la vie des otages en danger. Ils n'ont jamais quitté l'Etat de Borno. Rapidement, nous avions compris que les ravisseurs étaient intéressés par le paiement d'une rançon et que les autres revendications servaient simplement à noyer le poisson et à créer un cadre adéquat pour les pourparlers», reconnaît une source haut placée au State Security Service (SSS) à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, limitrophe du Nord-Cameroun.

Comment le Cameroun en est-il arrivé à piloter le dossier bien que les otages aient été enlevés sur son territoire mais «sécurisés» ailleurs? A en croire toujours les informations obtenues auprès des sources nigérianes introduites, toutes les parties avaient intérêt à mettre le Cameroun en première ligne.

«La secte, pour des raisons sans doute de leadership interne, n'a pas souhaité discuter avec les autorités nigérianes au risque de voir sa direction totalement discréditée. Un de ses chefs, celui qui a les faveurs des médias, Abubakar Shekau, vient de rejeter l'offre d'amnistie du Gouvernement. Il ne peut pas être dans cette posture et discuter même indirectement avec nous d'autant plus qu'il avait publiquement associé son image, quoi que tardivement, à cette prise d'otages. Pour nous, cela a été une aubaine, car payer une rançon ou cautionner publiquement cette démarche aurait été difficilement tenable. Cela aurait signifié se tirer une balle dans le pied. Cela se serait résumé à quelque chose de stupide, c'est-à-dire que le Gouvernement du Nigeria finance le terrorisme sur son territoire», explique notre source.

Et de poursuivre: «La France, elle, est fidèle à son principe qu'elle ne paye pas officiellement de rançon et ne sous-traite pas ce volet, sous quelque forme que ce soit, ce qui permet toujours de sortir la tête haute. Pour le Cameroun, c'était aussi une belle opportunité, une occasion de se mettre en valeur à peu de frais. Il montre qu'il est capable de résoudre des questions sécuritaires qui se posent sur son territoire, engrange au passage de gros bénéfices politiques, et permet à la France de dissimuler son rôle pourtant déterminant dans cette affaire», indique la source nigériane proche du dossier.

Le Nigeria, contrairement à ce que les évènements peuvent laisser croire, n'a pas été tenu à l'écart des négociations et a même eu à poser des conditions et à obtenir satisfaction sur certains points. «Nous avons multiplié des gestes de bonne volonté pour accompagner positivement les négociations, mais la France a tenu compte du fait que verser la rançon à des terroristes, même si c'est le Cameroun qui s'en charge, c'est financer le terrorisme, c'est renforcer les capacités opérationnelles de la secte. Sans cela, le Cameroun ne pouvait pas prendre le risque de verser de l'argent à des terroristes pour s'autofinancer, car après tout, ce sont les Nigérians qui payent le lourd tribut de la folie meurtrière de cette secte», signale un haut responsable du SSS du Borno State.

De fait, selon les analystes nigérians de Maiduguri, si la secte Boko Haram est en quête aujourd'hui de ressources financières, c'est qu'elle n'arrive plus à se servir convenablement sur le stock de l'armée. Elle a donc besoin de grosses sommes d'argent pour acquérir des armes à l'extérieur, notamment au Soudan, les faire transiter par le Tchad avant de les introduire au Nord-Cameroun et enfin dans l'Etat de Borno.

Sans la «compréhension» de la France, le Nigeria n'aurait sûrement jamais accepté que les intermédiaires du Gouvernement du Cameroun fassent parvenir, au finish, plusieurs millions de dollars aux ravisseurs. Au final donc, tout aura été minutieusement arrangé entre les trois pays. Y compris le cours des évènements.

Quid de négociateurs camerounais? «Nous les avons accompagnés parce qu'un faux pas des services de sécurité et l'affaire capotait. Les négociateurs camerounais avaient de bonnes entrées dans l'Etat du Borno State et cela nous a beaucoup surpris», souffle le responsable nigérian. Mais pas de nom, même si de nombreuses sources avancent sans fournir aucune preuve le nom de l'Honorable Abba Malla, député RDPC du Mayo-Sava. Ce dernier, il est vrai, pour des raisons encore inconnues, est invisible à l'hémicycle depuis le début de l'actuelle session. Et ce n'est pas tout: c'est l'homme de main, au Nord-Cameroun, de l'ex-tout puissant Gouverneur du Borno State, Modu Shérif...

Manipulation médiatique

Les Nigérians en savent également bien plus sur la stratégie communicationnelle mise en place. «Nous étions informés de ce qui allait se passer, la partie se jouait quand même sur notre territoire. Nous avons dégarni le secteur conformément aux accords pour que la libération se passe dans de bonnes conditions. Il était toutefois impératif que le Cameroun assume la paternité de l'opération, afin que nous, nous n'ayons pas à rendre des comptes à notre opinion publique, et la France de même. Des trois pays impliqués, c'est le Cameroun qui pouvait mieux assurer cette communication car elle avait tout à gagner à cette étape. Vous n'allez pas quand même croire que le Ministre Français des Affaires Etrangères a été tiré de son lit subitement et a aussitôt pris l'avion pour le Cameroun comme par hasard.

Tout le monde savait, et le timing, le déni de la rançon, les hésitations de Paris à confirmer la libération, tout cela était parfaitement bien organisé. Chaque pays a joué son rôle et si tout est mis sur le compte du Cameroun, c'est simplement pour que les Gouvernements de la France et du Nigeria s'en tirent à bon compte auprès de leur opinion publique», conclut notre source.


Rançon

Les indiscrétions nigérianes recueillies à Maiduguri, fief de Boko Haram, parlent d'une rançon oscillant entre 5 et 7 millions de dollars versée par les négociateurs camerounais via des intermédiaires. Le versement, toujours selon des sources à Maiduguri, se serait déroulé en plusieurs étapes, par des circuits complexes.

Quant à la provenance de la rançon, aucun doute côté nigérian. «D'où que puisse venir l'argent, c'est le Cameroun qui a réglé officiellement la note. Il peut l'avoir fait spontanément, par humanisme, parce que les otages ont été pris sur son territoire et qu'il avait une dette morale à leur égard. Il peut l'avoir fait pour améliorer ses bonnes relations avec la France et espérer en tirer des dividendes en termes d'image, de réduction de la dette... Il peut avoir été un simple transporteur de valises et que l'argent a été versé par des tiers... Si vous cherchez l'origine des rançons, autant remonter les comptes des paradis fiscaux. La seule certitude, c'est que l'argent a été versé par les négociateurs camerounais. Maintenant que l'affaire s'est bien terminée, le plus difficile commence pour nous: remonter la chaîne depuis les bandits qui ont kidnappé les otages jusqu'à ceux qui ont encaissé l'argent», ricane notre source nigériane.


Le BIR à la manœuvre, les autorités administratives locales exclues...

La libération des otages français a encore mis en exergue le rôle prépondérant du Bataillon d'Intervention Rapide dans le dispositif sécuritaire du Cameroun. Cette affaire montre qu'elle est finalement le maillon de confiance à tout faire du régime.

Pour l'exfiltration des membres de Boko Haram, alors que les observateurs s'attendaient à voir à la manœuvre la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), c'est finalement les hommes du Général israélien Maher Herez, grand patron du BIR, qui ont pris le contrôle de toute l'opération. Un camouflet pour la DGRE? Elle n'avait pas une profondeur stratégique dans le dossier, précise de fins connaisseurs. Pis, le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui coiffe les services de renseignement, suivait particulièrement le dossier côté camerounais et pour une raison ou une autre, voulait s'accaparer seul toute la lumière. A moins que ce ne soit une recherche de discrétion absolue. Plus globalement, que ce soit les patrons de la gendarmerie, de la police, ou mieux encore de l'armée, aucun n'a été associé de près aux négociations.

Quid des autorités administratives locales? C'est en suivant le communiqué de la Présidence de la République lue sur les antennes de la radio publique, dans la matinée du 19 avril 2013, que le Gouverneur de l'Extrême-Nord a appris la bonne nouvelle et que le Préfet du Mayo-Sava a découvert que les otages avaient été libérés dans son territoire de commandement. Les négociateurs camerounais, coachés jusqu'au bout par les Français, avaient pris de précieuses précautions pour mener à bon port leur affaire. La fausse alerte annonçant la libération des otages français quelques jours seulement après leur enlèvement, information rapidement démentie, a convaincu bien d'acteurs que l'agitation caractérisait beaucoup de responsables en poste dans la Région de l'Extrême-Nord. Il était donc hors de question qu'ils soupçonnent quoi que ce soit.

Avant d'être exclues du circuit, autorités administrative de la région et chefs traditionnels avaient été pourtant mis à contribution. A la fin du mois de février 2013, le Sultan de Makary, Ali Mahamat et son compère de Logone Birni, Mahamat Bahar, s'étaient rendus à Ndikwa rencontrer le shehu (chef) de cette importante chefferie traditionnelle qui règne sur une vaste région transfrontalière du Nord-Cameroun, afin qu'il déploie ses antennes pour que les otages soient rapidement retrouvés. Ce dernier les a poliment invités à retourner chez eux, ne voulant pas attirer sur lui les foudres de la secte Boko Haram. Les autorités ont par la suite formé discrètement des personnes installées le long de la frontière avec le Nigeria dans les Départements du Logone et Chari et du Mayo Sava à qui elles ont remis des GPS...

Tout ce tâtonnement et les dépenses qui l'accompagnent se sont produits avant que l'on ne tombe sur l'oiseau rare, celui qui a fait aboutir les négociations.

Awa Fonka Augustine, Gouverneur de la Région de l'Extrême-Nord: «Tout s'est passé dans la négociation».

Quel est votre état d'esprit après la libération des otages français?

C'est un jour heureux. D'abord, c'est un ouf de soulagement pour le Gouverneur que je suis et qui portait ce fardeau sur ses épaules. Les populations de la Région de l'Extrême-Nord sont contentes après la libération des otages français qui intervient exactement deux mois après leur enlèvement.

C'est l'occasion pour moi de remercier ma hiérarchie, le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, tous les membres du Gouvernement et ainsi que mes collaborateurs et les forces de sécurité. Ils sont restés soudés dans la recherche des informations. Je n'oublie pas aussi les élites de la région qui ont travaillé dans l'ombre pour un dénouement heureux de cette affaire. C'est aussi l'occasion de dire merci au Président de la République, qui a pesé de tout son poids et de toute sa diplomatie pour que cette affaire des otages puisse aboutir à une heureuse issue. Les services de sécurité ont travaillé jour et nuit sans relâche pour aboutir à cet heureux dénouement. Je remercie le Préfet du Département du Logone et Chari, le Sous-préfet de Fotokol et les chefs traditionnels avec qui, nous avons travaillé en étroite collaboration. Un merci spécial à un prêtre catholique dont je préfère taire le nom. Ce prélat est venu se présenter auprès de moi en présence de son évêque pour proposer de se substituer à l'épouse et aux enfants pris en otages. C'était lors de la semaine sainte. C'est un cas qui m'a beaucoup touché pendant cette période.


Comment a été négociée la libération des otages? Quel a été le rôle de l'armée?

Je ne suis pas sûr que vous ayez entendu un coup de feu quelque part. C'est une indication que tout s'est passé dans la négociation. Les gens ont compris que le Cameroun étant un pays de paix, il ne faut pas qu'on nous amène des problèmes, d'ailleurs qui ne nous concernent pas. Les Français qui étaient des touristes et qui sont venus rehausser notre économie, il fallait absolument les libérer. Vous savez que parmi les otages il y avait des enfants et une femme, et cela a vraiment touché tout le monde.


Même après cette libération, la psychose de l'insécurité plane toujours...

Il faut rappeler qu'avant cet enlèvement, la région ne connaissait pas de problème de sécurité. Cette prise d'otages est un acte isolé qui ne remet pas en cause les efforts que les forces de maintien de l'ordre ont abattu et sont en train d'abattre dans la région. Je crois qu'après cet incident dont le dénouement a été heureux, nous allons continuer à travailler encore pour plus pour renforcer le niveau sécurité.

Il y a certains occidentaux qui sont partis, mais d'autres sont aussi arrivés. Aujourd'hui, avec les démarches qui sont engagées au plus haut niveau par le Président de la République, je crois que la Région de l'Extrême-Nord va très vite redevenir une région de quiétude où les gens peuvent circuler librement et vivre en paix. D'ailleurs, dans quelques jours, nous allons recevoir des Turcs et autres Occidentaux, de même que certains opérateurs économiques qui souhaitent investir ici dans la Région de l'Extrême-Nord. Cette visite est une preuve qu'en dépit du malheureux incident, les gens croient toujours à nos potentialités et à la tranquillité qui règne chez nous.

 


Par
RAUL GUIVANDA ALI SHAGARI A MAIDUGURI ET  

Source : L'Oeil du Sahel 

 

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

Solomon-290x217

 

Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

link

  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

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Affirmation

 

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  La-pensee-Africaine-Mbombog-Bassong.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine