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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:37

Appel à Rassemblement Jeudi 5 décembre à 18h, Place de la République à Paris contre le plus grand rassemblement de dictateurs sanguinaires d'Afrique.

 

 

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Appel à Rassemblement Jeudi 5 décembre à 18h,

Place de la République à Paris

 

 

Sommet France-Afrique

La paix en Afrique ne doit pas se décider à l’Élysée avec des dictateurs!



A l'initiative de François Hollande, un Sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique aura lieu à Paris les 6-7 décembre. Il s'agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous François Hollande, qui a convoqué lui même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Comme ses prédécesseurs, le Président français parait ainsi considérer le continent africain comme une zone qui ne doit pas échapper à l’influence de la France.

Dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents. Parmi eux, le tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990, Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers Ali et Faure des régimes Bongo et Gnassingbé au Gabon et au Togo et le président djiboutien Oumar Guelleh. Tous bénéficient du soutien diplomatique, économique (via l’aide publique) et militaire ou policier de la France. Quasiment tous ont été reçus au moins une fois à l’Elysée depuis l’élection de François Hollande. Tous soutiennent la France dans ses nombreuses interventions militaires menées sur le continent africain, où elle dispose toujours de bases militaires et de forces pré-positionnées. En échange de leur soutien à ces interventions, comme celle menée récemment au Mali, ces dictateurs attendent le silence de la France sur leurs exactionsLes démocrates tchadiens, togolais et djiboutiens ont ainsi subi dans leur chair en 2013 les conséquences diplomatiques du soutien de leurs chefs d’État à l’opération Serval[1].



Les dictateurs de la Françafrique sont auteurs de nombreuses violations des droits de l’Homme documentés par un grand nombre de rapports émanant d’ONG et organisations internationales. Le soutien de la France à des dictateurs, les ventes d’armes et les nombreuses interventions militaires menées par la France sur le continent africain pour les soutenir (comme au Tchad en 2006 puis 2008) n’ont en rien amélioré la sécurité et les conditions de vie de leurs populations. La situation actuelle en Centrafrique, où la France a installé et/soutenu tous les dictateurs qui se sont succédés, est une des illustrations des conséquences de cette funeste politique. Et lorsque la France prétend intervenir au nom des droits de l’Homme et dans un cadre multilatéral, comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire, en Libye ou au Mali, c’est toujours avec des motivations ambiguës, liées à ses intérêts géostratégiques.


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Considérant qu’un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique ne doit pas se tenir à l’initiative et sur le sol d’une ex-puissance coloniale caractérisée par son ingérence sur le continent et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix, nous, associations et citoyen-ne-s français-e-s et africain-e-s réclamons :

-          L’annulation de ce sommet

-          La fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs

-          La suppression des bases militaires françaises en Afrique

 

Depuis une vingtaine d’années, des représentants de la société civile française et africaine ont pris l’habitude de réagir et d’organiser en contre-point des sommets France-Afrique des temps d’échange, de revendication et de mobilisationNos organisations proposent aux citoyens et aux organisations de se rassembler le Jeudi 5 décembre prochain, Place de la République, sous le mot d’ordre ci-dessus.


 

Premiers signataires : Survie, Afriques en lutte, La Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), Sortir du Colonialisme, L’Union des Populations du Cameroun…

 



[1] Voir :     FIDH, Djibouti : arrestations et procès se poursuivent en silence, communiqué de presse,  juillet 2013

                Amnesty International. Togo : Usage excessif de la force et décès en détention, Communiqué de presse, mai 2013

                FIDH, Tchad : vague de répression sur fond de tensions militaires. Communiqué de presse, juin 2013

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:32

COUACS EN CENTRAFRIQUE ET EN SYRIE : LES POLITICIENS OCCIDENTAUX SONT-ILS DES AMATEURS OU JUSTE A VENDRE ? de Jean-Paul Pougala.

Pougala

 

" L'Afrique a besoin d'un nouveau type de citoyen, dévoué, modeste, et bien informé qui renonce à lui pour servir l'Afrique et l'humanité, un homme dont la force soit l'humanité, et sa grandeur l'intégrité" Kwame N'krumah.

 

Cette citation du premier président Ghanéen nous montre qu'avant de poser la question du modèle de gestion de la chose publique que ce soit en Afrique ou n'importe où dans le monde, il y a tout d'abord la nécessité de définir quel type d'homme doit l'incarner. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui, mais se pose depuis toujours, et en Afrique depuis au moins 50 ans. Dans la leçon n° 47, nous avions évoqué des conditions pour qu'on parle et espère l'avènement d'une probable renaissance africaine. Aujourd'hui, nous allons parler des faiblesses des modèles que l'Afrique a naïvement copiés et surtout montrer pourquoi de toutes les façons, là où l'original n'a pas marché, ce n'est certainement pas en Afrique que la copie fera des miracles.  Nous allons voir ensuite à travers la crise centrafricaine, comment l'Afrique est flouée par ceux-là mêmes qui organisent des conférences pour soi-disant assurer sa sécurité. Et pour finir, nous verrons la fin tragique prochaine de l’’auto-proclamée plus grande démocratie du monde’ à commencer par sa monnaie, que son plus grand soutien la Chine, a tout simplement décidé de laisser couler.

 

A- UN MINI-SOMMET LE 7/12/2013 A PARIS POUR LA SECURITE EN CENTRAFRIQUE

 

L'UE a fait 26 sommets en 2 ans sur la crise économique en Europe sans jamais réussir à résoudre le moindre problème que ce soit en Grèce, au Portugal ou en Espagne. Ce ne sera pas un mini-sommet sur la sécurité en Afrique ou sur la Centrafrique qui fera des miracles.

 

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le président français Hollande fait tout pour être au centre de l'attention de l'Afrique. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'avec le Sommet annuel de Pékin et d'Addis-Abeba, entre l'Union Africaine et la Chine, l’Empire du Milieu a déjà monté les enchères. Et désormais, si un pays n'a pas d'argent avant d'inviter les Africains pour de l'enfumage, tout ce qu'il pourra dire, sera sans objet et nul et non avenu.

 

Donc, je ne m'inquiète pas de l'inutilité de ce sommet, parce qu'il accouchera d'une toute petite souris : la déclaration finale de bonnes intentions, pas plus.

Après quoi, chacun rentrera chez lui comme il est venu, et restera à l'état où on l'avait laissé avant le sommet. Il ne faut jamais oublier qu'en Côte-d'Ivoire, la France avait un accord de défense militaire avec le pays qu'elle n'a pas appliqué lors de la rébellion de 2000 et qu'elle a plutôt activement financé. Et si tout ce bruit ne servait qu'à préparer la carrière africaine du président français après son mandat à la tête de l'état français ? Avant de voir comment et pourquoi, avec l'exemple de l'ancien premier ministre Britannique et son fameux plan pour l'Afrique, examinons dans les détails pourquoi la seule idée d'aller à Paris parler de la sécurité en Afrique ou tout simplement en Centrafrique n'est que de l'enfumage et rien de plus.

 

B- LE CRIME D'AGRESSION

 

C'est à travers le fameux "Statut de Rome" qu'a été adopté la tant décriée "Cour Pénale Internationale" (CPI), le 17 juillet 1998, à Rome en Italie. Ce qui nous intéresse aujourd'hui pour notre analyse, est l'article 8bis de ce Statut qui ne figurait même pas dans l'original de 1998, mais a été ajouté 12 ans plus tard, c'est-à-dire en 2010. Il stipule ceci :

 

« Aux fins du présent Statut, le « crime d’agression » signifie la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure d’exercer un contrôle ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies. »

 

Nous allons voir à travers 2 exemples précis que ce sont ces mêmes pays européens qui sont à l'origine de la création de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui violent tous les jours les règles fixées par eux-mêmes.

 

C- L'AGRESSION AVORTEE DE LA GRANDE BRETAGNE CONTRE LE ZIMBABWE

 

Il y a moins d'une semaine, le 28/11/2013, à la une du quotidien britannique "The Telegraph", il y  a eu un article passé presque inaperçu, mais qui disait long sur la dangerosité que certains dirigeants européens véreux représentent pour l'Afrique. Voici le titre :

 

 "Tony Blair’s Government asked South Africa to help Britain invade Zimbabwe and topple Robert Mugabe by force"

 

Le quotidien reprenait les propos de l'ancien président Sud-Africain Tabo Mbeki de 1999 à 2008, à qui le Gouvernement du Travailliste Tony Blair avait tout simplement demandé l'aide de l'Afrique du Sud pour envahir le Zimbabwe et assassiner son président Robert Mugabe, lorsqu'en l'an 2000, 20 ans après l'indépendance du pays et après 20 ans de silence de la Grand Bretagne sur sa promesse d'indemniser ses fermiers pour restituer les terres à leurs propriétaires originaux, le président Mugabe avait tout simplement décidé d'exproprier les fermiers britanniques sans attendre les promesses manquées de Londres et de les restituer aux paysans zimbabwéens qui en avaient été sauvagement chassés durant l'apartheid. A ce sujet, voici ce que déclare plus précisément l'ex-président sud-africain Tabo Mbeki, et par là on commence aussi à comprendre les vrais contours de son écartement du pouvoir et son remplacement par un Zuma qui ne comprenait que la moitié des enjeux :

 

“The problem was, we were speaking from different positions, there were other people (Tony Blair) saying ‘yes indeed there are political problems, economic problems, the best way to solve them is regime change. So Mugabe must go’. This was the difference. So they said ‘Mugabe must go’. But we (Tabo Mbeki) said ‘Mugabe is part of the solution to this problem’.”

 

En d'autres termes, Monsieur Mbeki explique comment il a résisté à la pression que lui mettait Tony Blair, pour les aider à renverser le président Mugabe. On lui expliquait qu'au Zimbabwe, il y avait trop de problèmes sous Mugabe: politiques, économiques et que la meilleure manière de les résoudre était de faire partir son président par la force. Et Monsieur Mbeki de répondre à Monsieur Blair plus ou moins ceci : « Oui il y a tous ces problèmes que vous citez, mais vous oubliez que Monsieur Mugabe est une partie de la solution du problème et non l'inverse».   

 

Pour confirmer ces propos, c'est en 2012 que Tony Blair a reconnu dans ses mémoires qu'il avait élaboré un plan pour aller tuer Mugabe et que c'est parce qu'il avait eu peur de la Chine qu'il avait mis fin à ce dessein, notamment à cause de très nombreux investissements chinois dans le pays, comme la plus grande raffinerie au monde de platine qui a couté 10 milliards de dollars, faisant du Zimbabwe le premier exportateur de platine déjà traité au monde et une croissance à 2 chiffres malgré l'embargo de l'Union Européenne.

 

D- LA COMPLICITE D'AGRESSION DE LA FRANCE CONTRE LA CENTRAFRIQUE

 

Par son comportement dans le processus qui a porté aujourd'hui au drame centrafricain, la France peut être accusée de "complicité de crime d'agression".

 

En Centrafrique, lors de l'avancée des rebelles de la Seleka (dont le quartier général, au moment des faits, se trouvait à Paris), lorsque le président centrafricain Bozizé a demandé à la France l'application des accords de défense, le président Hollande lui a répondu par un communiqué officiel de l’Élysée ceci : L’ARMÉE FRANÇAISE EST EN CENTRAFRIQUE POUR SOUTENIR LES POPULATIONS ET NON LES RÉGIMES.

 

Comme je ne peux pas mettre en doute le fait qu'à l'ENA où a étudié le président français, on ne lui a pas enseigné que les régimes politiques sont là pour représenter les peuples qu'ils administrent et que nulle part au monde, il n'existe d'accord direct entre les peuples, mais indirectement à travers leurs dirigeants et les régimes politiques qu'ils incarnent, je suis en droit de déduire que ce communiqué de l'Elysée n'était que de la fumée aux yeux pour favoriser l'agression du pays par des rebelles amis de la France en ce moment là.  Parce qu'il ne peut exister une relation directe entre le peuple français et le peuple centrafricain, mais dans le modèle dit de "démocratie représentative", il existait des accords entre les représentants du peuple français et les représentants du peuple centrafricain. A ce titre, le président Bozizé était le représentant du peuple centrafricain, qui avait tout simplement demandé au représentant du peuple français d'appliquer les accords de défense commune qui les liaient depuis 50 ans, et en vertu de quoi, l'armée française stationnait sur le territoire centrafricain. Avoir unilatéralement omis d'appliquer cet accord de défense est la preuve de la complicité française dans la crise que la République centrafricaine vit aujourd'hui et pour laquelle la même France se présentera cette semaine aux Nations Unies en sauveuse.

 

Et donc affirmer que la France soutient le peuple centrafricain et non ses représentants mériterait un gros ZÉRO en devoir de "Sociologie Politique" en toute première année de n'importe quelle faculté ou école de Sciences Politiques.

 

Lorsqu'en plus c'est la même France qui se fait protagoniste jusqu'aux Nations Unies pour prétendre courir résoudre le problème de la sécurité en Centrafrique qu'elle a sciemment laissé s'enfoncer au moment où elle a été sollicitée, relève de l'amateurisme en géostratégie dont fait preuve le président français depuis son arrivée à l’Élysée, que ce soit pour son soutien militaire et maladroit à la rébellion djihadiste syrienne, son appui aux islamistes centrafricains de la Seleka à travers ses meilleurs alliés Qatari et Tchadiens ou dans le dossier du nucléaire Iranien, on est un peu perdu et on peut légitimement se poser la question de savoir à quoi joue la France ?. Dans les accords sur le nucléaire iranien par exemple, elle a donné l'impression d'être complètement à côté de la plaque, en brandissant des menaces tout en sachant bien que personne n'en tiendrait compte pour la signature de l'accord entre les vrais protagonistes du dossier : les USA d’un côté et l'Iran sous protection russe et chinoise de l’autre côté, les seuls 3 qui comptaient dans le dénouement du problème.

 

Avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, on avait déjà touché le fond, avec un mercantilisme démentiel de la politique nationale et internationale. Voilà pourquoi il bénéficie d'autant d'indulgence et de circonstances atténuantes, mois après mois de couacs et d'amateurisme en politique étrangère. La sécurité en Afrique ne saurait en être une exception.

 

E- LA SECURITE DES ETATS AFRICAINS EN CAUSE

 

La sécurité en Afrique est un problème lié au partage des ressources. Mais pour bien partager, il faut que l’assiette soit suffisamment grande pour tout le monde et pour y parvenir, il faut déjà stopper la spoliation du continent qui dure depuis trop longtemps avec la complicité de ceux qui prétendent aujourd'hui organiser des sommets pour notre sécurité.

 

La différence abyssale des revenus de notre sous-sol, entre les anciens accords miniers avec les Européens et les nouveaux contrats miniers avec la Chine est là pour prouver de la gravité du pillage de l'Afrique depuis au moins 50 ans depuis la pseudo-indépendance. Maintenant, l'Afrique commence à peine à profiter de son sous-sol, parce que la crise économique en Europe ayant fermé beaucoup d'usines qui se nourrissaient presque gratuitement du sous-sol africain, cette Europe n'a plus tellement besoin de nos ressources du sous-sol et donc, elle n'a plus un grand intérêt à long terme, à financer les rebellions pour les avoir, comme elle l'a toujours fait. Ce qui nous laisse dans une certaine sérénité pendant de nombreuses années à venir. La conséquence immédiate est que sur les 54 pays africains, à peine 4 sont en difficulté sur le point de leur sécurité. On ne peut donc pas faire croire aux africains qu'il y a un problème urgent de sécurité au point d'en faire des sommets internationaux. Cela concourt à créer une inutile anxiété, très dangereuse au climat nécessaire pour la prospérité. Il ne faut jamais oublier que la première guerre est médiatique.

 

Et cela est une violation de la part des pays qui se proclament "Communauté Internationale", des règles qu'ils ont eux mêmes préparées et votées, avant d'être mises en application dans le monde entier et notamment la Résolution des Nations Unies n° 110, du 3 novembre 1947, traitant des « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une guerre et contre ceux qui y incitent. Et, à sévèrement sanctionner toute propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». Lorsqu'on utilise sa puissance médiatique pour créer la psychose, l'anxiété de toute une population, par l'insinuation permanente à travers un matraquage médiatique d'une Afrique prétendument au bord du chaos total, au point d'envisager des sommets hors d'Afrique pour parler d'Afrique.  

 

Éviter de tomber dans ce piège est déjà salutaire. Pour le reste, une meilleure redistribution des nouveaux revenus qui proviennent des accords avec le nouveau partenaire chinois devrait être largement suffisante pour créer et instaurer une véritable justice sociale, seul gage selon moi, de la sécurité d'une Nation.

 

 

F- DES CONSEILLERS EUROPEENS QUI SE SONT TROMPES DE SIECLE

 

Lorsqu'on observe le cafouillage et l'amateurisme avec lesquels le président français Hollande a abordé la crise centrafricaine, on est en droit de se demander dans quel état d'ébriété se trouvent les conseillers des dirigeants européens. Pour le savoir, il nous suffit juste de voir à quel point les penseurs européens sont déconnectés de la réalité. Prenons l'exemple du conflit syrien : Alors que les intellectuels français encourageaient le président Hollande d'aller bombarder même tout seul la Syrie, même en oubliant les mises en garde de Moscou, du côté américain, ce sont les intellectuels qui demandaient à Obama de ne pas commettre la plus grosse erreur stratégique de son mandat de président. Pour bien comprendre  l'état de confusion des conseillers du président français, comparons les intellectuels français et américains dans le conflit syrien.

 

1- EN FRANCE

Le 22 Octobre 2012, dans le quotidien français Le Monde  il y a un appel des intellectuels français demandant à leur président d'aller livrer la guerre contre la Syrie, avec le titre tout aussi ronflant : "Assez de dérobades, il faut intervenir en Syrie !".

 

Il s'agissait de : Jacques Bérès, chirurgien de guerre ; Mario Bettati, professeur émérite de droit international ; André Glucksmann, philosophe ; Bernard Kouchner, ancien ministre ; Bernard-Henri Lévy, philosophe, directeur de la revue "La Règle du jeu" et membre du conseil de surveillance du "Monde".

 

C'est sur la base de leurs conseils que le président Hollande va renvoyer l'Ambassadeur Syrien de Paris et prendre possession de l'Ambassade où  il accrédite lui même un prétendu nouvel ambassadeur provenant des rebelles syriens. En général, c'est un état qui envoie son ambassadeur auprès d'un autre état. Dans ce cas, ce sont des intellectuels français qui ont conseillé à leur président de fouler aux pieds les règles de la diplomatie internationale.

 

Voici ce qu'ils écrivent dans cette page du journal :

"Les gangs barbares des Assad (...) sont les ennemis de l'avenir démocratique de la Syrie. Ce sont les ennemis de la paix au Moyen-Orient. Ce sont nos ennemis".

 

Lorsqu'on lit ces mots on se demande s'ils savent que livrer les armes à la rébellion syrienne c'est soutenir des djihadistes qui tôt ou tard vont rentrer en France commettre les mêmes attentats qu'ils se sont entrainés à commettre en Syrie. On se demande si au moins ils connaissent cette triste vérité. Eh bien ils assument complètement. Voici ce qu'ils affirment dans cet appel du 22 octobre 2012 dans le Journal Le Monde :

 

« Oui, il y a de plus en plus d'extrémistes dans l'opposition syrienne. Oui, il y a des djihadistes étrangers qui viennent renforcer les rangs des combattants. Oui, ils sont de plus en plus nombreux chaque semaine. Oui, ces quelques milliers de fanatiques, nationaux ou venus de l'extérieur, commettent des attentats-suicides qu'il faut condamner. Et oui encore, les insurgés se tournent d'autant plus volontiers vers le fondamentalisme que seuls les pays sous régime islamiste leur fournissent une aide réelle - qu'elle soit humanitaire, financière ou militaire ». Apparemment, pour eux, la précédente initiative en Libye se serait soldée par un grand succès, avec ce pays aujourd’hui plongé dans le chaos le plus total. 

 

Et alors ? Sont-ils devenus juste fous ?  Oui, complètement. Et c'est la déclaration successive qui va nous en apporter les preuves. Voici ce qu'ils affirment dans le même texte :

 

"Le Conseil de sécurité de l'ONU étant paralysé par les vetos russe et chinois, n'importe quelle autre alliance est justifiée pour arrêter les rivières de sang qui coulent dans les villes syriennes. Vladimir Poutine, lui, n'a attendu aucun feu vert d'une quelconque instance pour fournir un appui en armes et munitions à son protégé syrien. Lequel reçoit aussi un soutien financier de l'Iran et de l'Irak, ainsi que le renfort en hommes du Hezbollah".

 

Voilà des messieurs qui se revendiquent d'être la "démocratie incarnée" et qui contournent les règles démocratiques que la communauté mondiale s'est données à travers le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et ils affirment, en d'autres termes : puisque démocratiquement, nous ne pouvons être autorisés à aller livrer la guerre à un pays souverain, toute autre alliance est justifiée. C'est à dire, en violation complète de l'article 8 alinéa 2 du Statut de Rome. Ils auraient donc été passibles d'une inculpation par la Cour Pénale Internationale pour crime d'agression. Mais on le sait, cette Cour est là juste pour les Africains non dociles.

 

Ils prétendent que la Russie aide la Syrie. Ils font semblant d'oublier que c'est bien dans le respect des conventions internationales, selon lesquelles les livraisons d'armes se font entre Etats reconnus aux Nations Unies et que jusqu'à la preuve du contraire, c'est bien le gouvernement de Assad qui va représenter la Syrie dans toutes les instances internationales, y compris la prise de parole à l'Assemblée générale des Nations Unies. La vraie folie vient lorsqu'ils écrivent noir sur blanc que le président Assad reçoit l'aide de l'Irak. Il s'agit bien de l'Irak sous administration américaine depuis qu'un autre Va-t-en guerre, le président américain Bush a transformé le pays le plus prospère de la péninsule arabique en foyer de salafistes en tout genre. 

 

2- AUX ETATS UNIS D'AMERIQUE

C'est dans le quotidien américain Boston Review du 15 Aout 2013 dernier, que l'historien et ancien politicien canadien, Michael Ignatieff fait le parallèle avec la Yougoslavie où les Européens portent la lourde responsabilité d'avoir poussé au démentiellement de l'organisation étatique pour arriver au démembrement de la Yougoslavie et arrive à poser une question à Obama qu'aucun intellectuel français n'a eu le courage de poser à Hollande lorsqu'il a contribué à faire écrouler l'organisation étatique centrafricaine. Il dit en substance, lorsque l'ordre étatique s'effondre, ce sont les groupes ethniques et confessionnels qui se posent la question : Et maintenant, qui nous protègera ?  Voici en détail ce qu'il déclare:

 

"When state order collapses, as it did in Yugoslavia in the 1990s, as it is doing now in Syria, chaos unleashes existential fear among all the groups who had once sheltered under the protection of the state. Such fear makes it difficult to sustain multi-confessional, pluralist, tolerant orders when dictatorship falls apart. When state order collapses, every confessional or ethnic group asks one question: Who will protect us now?"

 

Et Michael Ignatieff d'ajouter, à l'adresse des aventuriers qui veulent aller bombarder la Syrie, qu'en 1995 la Russie était à genoux et la Chine se cherchait encore. Alors qu'aujourd'hui, ces deux ont mis un double veto au Conseil de Sécurité dans cet exercice démocratique que l'occident reproche à ces deux pays de ne pas appliquer dans leurs pays respectifs. Il affirme :

 

"Aucun de ces deux pays ne pouvait s’opposer à une intervention. La crise syrienne révèle à présent les contours d’un tout autre monde."

 

Déjà au mois de mars 2013, il déclarait dans le quotidien canadien Globe and Mail ceci :

 

"C’est un imbroglio. La prudence est de mise. Mais la communauté internationale a l’immense responsabilité d’éviter que le pire ne survienne après la chute d’Assad"

 

3- OBAMA DOIT SOUTENIR ASSAD EN SYRIE

Certains intellectuels américains sont allés encore plus loin, demandant au président Obama ni plus ni moins que le soutient militaire et financier à Assad en Syrie. C'est le cas du commentateur conservateur américain Daniel Pipes, qui dans le quotidien le Washington Times, du jeudi 11 Avril 2013, déclare qu'il ne peut plus jouer le rôle de l'intellectuel neutre devant la montée de l'islamisme en Syrie et qu'il change d'idée et passe de neutre à l'appui pour un soutien indéfectible de l'administration Obama pour Bashar Al-Assad. Il fait un parallèle avec la deuxième guerre mondiale où devant un ennemi commun, le Nazisme, les USA ont fait une alliance stratégique avec l'Union Soviétique pour encercler et vaincre l'ennemi. Voici ce qu'il déclare :

 

"Staline était un bien pire monstre que Bashar Al-Assad, mais, après 1941, il était indispensable de contenir les troupes allemandes sur le Front de l’Est et donc de soutenir l’Union Soviétique".

 

Il va même jusqu'à se moquer de son président qui a débloqué la somme de 114 millions de dollars pour soutenir selon lui, les BONS-REBELLES qui pour Obama devaient combattre plus contre Assad que contre les MAUVAIS REBELLES (Salafistes). Mais il conclut en disant que Obama lui même sait que si Bashar Al-Assad perd, ce sont les "Mauvais Rebelles", mieux entrainés, plus équipés et moins peureux qui vont tuer les Bons-Rebelles de Obama et récupérer tout leur arsenal pour continuer le travail de Osama Bin Laden, cette fois-ci depuis un sanctuaire que les USA auront contribué à construire pour eux, la Syrie.

 

Voici en original ce qu'il déclare ce 11 avril 2013 sur Washington Times :

 

"Analysts agree that the erosion of the Syrian regime’s capabilities is accelerating, that it continues to retreat, making a rebel breakthrough and an Islamist victory increasingly likely. In response, I am changing my policy recommendation from neutrality to something that causes me, as a humanitarian and decades-long foe of the Assad dynasty, to pause before writing: Western governments should support the malign dictatorship of Bashar Assad."

(...)

"Through most of World War II, Nazi Germany was on the offensive against Soviet Russia and keeping German troops tied down on the Eastern Front was critical to an Allied victory. Franklin D. Roosevelt, therefore, helped Josef Stalin by provisioning his forces and coordinating the war effort with him. In retrospect, this morally repugnant but strategically necessary policy succeeded. Stalin was a far worse monster than Assad."

 

 

G- LES INTELLECTUELS NORD-AMERICAINS PLUS HUMANISTES QUE LES EUROPEENS?

 

Il fut un temps où l'humanisme était la définition même des intellectuels européens qui traitaient leurs collègues Nord-Américains de mercantiles et au service des puissants groupes économiques. Mais, lorsque nous observons les différentes crises au niveau international, on constate que les intellectuels américains ont 10 fois plus de courage d'aller souvent même frontalement contre le système dominant que leurs collègues européens. On a vu des metteurs en scène de Hollywood comme Michael Moore affronter à visage découvert, les zones d'ombre de l'attaque des deux tours jumelles à New-York du 11 Septembre 2001. On l'a revu récemment aller tout aussi frontalement contre le puissant lobby américain des fabricants d'armes en frappant à la porte de la résidence de son président pour le mettre en difficulté avec ses questions dérangeantes. Mêmes, les politiciens ne sont pas en reste : dans la crise ivoirienne, on a vu l'ancien candidat aux primaires républicaines à la présidentielle de 2012, Ron Paul, traiter monsieur Ouattara de génocidaire, lors de sa première visite officielle à Washington.

 

Du versant européen, c'est un désert absolu, lorsque les intellectuels ne sont pas eux-mêmes les va-t-en guerre. Sur le plan politique, on a vu l'ancien candidat aux élections présidentielles françaises 2007 pour le parti anticapitaliste, Besancenot déclarer ceci :

 

"En Syrie, nos révolutionnaires sont au combat contre un dictateur qui doit partir"

 

Depuis quand les islamistes, djihadistes sont-ils des révolutionnaires ?

 

H- DANS QUELLES CONDITIONS LE PRESIDENT FRANCAIS EST-IL CONSEILLE POUR SON AVENTURE CENTRAFRICAINE ?

 

Lorsqu'on voit le degré d'amateurisme du président français sur les questions de politique étrangère, on se demande bien s'il a des conseillers qui comprennent les notions élémentaires de la géopolitique mondiale. On a vu au Mali, l'armée française empêcher l'armée malienne d'entrer à Kidal et ensuite, organiser les élections politiques sans avoir pacifié tout le pays ! Aujourd'hui, on écoute les mêmes qui hier nous expliquaient pourquoi les rebelles qui venaient du Tchad voisin allaient sauver le pays d'un méchant Bozize, nous raconter l'exact contraire, c'est à dire que le gentil Bozize devrait revenir au pouvoir pour chasser les méchants de la Seleka. Et pourquoi tout ce couac, pourquoi tant d'amateurisme dans un pays qui nous a fait vibrer le cœur en sachant prendre la bonne décision lors de l'invasion de l'Irak par l'armée américaine sous le président Georges Bush le 19 mars 2003 ?.

 

Pour comprendre le degré de soumission et de renoncement à la dignité personnelle de certains intellectuels européens pour se mettre complètement au service des puissants du moment,  voici la copie de la lettre que les enquêteurs français ont retrouvé au domicile de l'actuelle directrice du Fond Monétaire International Christine Lagarde lors de la perquisition du 20 mars 2013 dernier avant son audition du 23 mai 2013 dans le faux de l'arbitrage de l'affaire Bernard tapie - Crédit Lyonnais, lorsqu'elle était ministre de l'économie (une juriste, ministre de l'économie, pas au Laos ou en Somalie, mais en France). Voici ce qu'elle avait écrit à Nicolas Sarkozy alors président de la République ; Cette lettre a été rendue publique dans le quotidien français Le Monde du 17/06/2013. Jugez-en vous mêmes :

 

"Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement", écrit la patronne du FMI.

 

"1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France.

2) J'ai fait de mon mieux et j'ai pu échouer périodiquement. Je t'en demande pardon.

3) Je n'ai pas d'ambitions politiques personnelles et je n'ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t'entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable.

4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting.

5) Si tu m'utilises, j'ai besoin de toi comme guide et comme soutien : sans guide, je risque d'être inefficace, sans soutien je risque d'être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L. "

 

Christine Lagarde a bien été récompensée par son allégeance à Sarkozy. Et peut tranquillement aller enseigner la bonne gouvernance aux naïfs africains. Mais, pour comprendre la sincérité ou non des initiatives des dirigeants européens en faveur du continent africain, il suffit de se poser une autre question :  

 

I - QUE DEVIENNENT LES DIRIGEANTS EUROPEENS A LA FIN DE LEUR MANDAT ?

 

Pour comprendre si des dirigeants politiques ont fait leur métier guidé par un idéal ou juste par l'argent, avant de juger de l'utilité de leurs prises de positions condescendantes vis à vis du continent africain, pour qui tous semblent s'apitoyer, il suffit de se demander ce qu'ils sont devenus à la fin de leurs mandats à la tête de l'état. A la fin de leur carrière politique, parce qu'évincés du pouvoir à la suite d'un vote malheureux, la quasi totalité des dirigeants européens créent des fondations. Ces fondations ont plus l'air d'associations caritatives de mendicité dont la finalité est de spolier encore plus ces mêmes pays que, lorsqu'ils étaient au pouvoir, ils donnaient l'impression d'aider.

 

Lorsque Tony Blair alors premier ministre Britannique lance son fameux plan pour l'Afrique, il sait très bien que son plan n'est que de la fumée aux yeux des dirigeants africains les plus naïfs. Un pays en Europe va s'indigner officiellement ; ce pays, c'est l'Allemagne qui prouvera par A + B qu'il ne s'agissait là que d'un plan bidon pour gagner facilement la sympathie des africains. Ce que les allemands ne savent pas, lors de leurs critiques acerbes contre Tony Blair, est que ce plan n'était au fond élaboré qu'en préparation du nouveau travail qu'il s'apprête à faire après son travail de premier ministre, c'est-à-dire, aller lui aussi puiser dans les caisses des pays africaines, à travers une énième ONG bidon qui prétendra elle aussi d'être là pour aider les africains à se développer. C'est ce qui va ponctuellement arriver lorsqu'il perd les élections et est contraint d'abandonner la politique. Et devinez un peu comment avec tellement d'originalité Tony Blair va appeler son ONG pour aller mendier en Afrique ? AGI pour African Gouvernance Initiative, c'est à dire : Initiative de Gouvernance Africaine. La honte ne tue plus. Donc, de son expérience pour le monde entier, il n'a vu que l'Afrique où il peut venir arnaquer les dirigeants naïfs dont on a soutenu la venue au pouvoir sous le prétexte de la démocratie. Il ne pouvait pas trouver mieux pour frapper lui aussi à la porte des pays africains comme conseiller spécial de quelques chefs d'états avec une paye aussi élevée qu'on se demande s'il ne s'agit pas d'un véritable racket présidentiel.

 

A ce jour, Tony Blair vit plutôt très bien, grâce à ses entrées d'argent qui proviennent de 4 pays africains : la Guinée, le Rwanda, le Libéria et la Sierra Leone. Combien ces 4 pays payent à Monsieur Tony Blair par an? Je n'ai pas pu obtenir d'information. Par contre, selon une information publiée par le quotidien britannique The Telegraph du 19 mars 2013 sous la plume du Chef Reporter, Robert Mendick, Toney Blair est propriétaire d'une autre entreprise privée de conseil, dénommée Tony Blair Associates, qui a un contrat de consultant commercial depuis 2009 avec la : Mubadala Development Company, un fonds souverain de 20 milliards de dollars, de propriété du gouvernement d'Abu Dhabi. Mubadala verse à Tony Blair par an, un salaire de 1 million de Sterling, c'est à dire, 1,2 million d'Euros, selon The Telegraph. Et ce journal en mars justement, accusait Tony Blair de conflit d'intérêt parce qu'il a un contrat de conseil avec la Guinée et un autre avec Mubadala. et c'est lui qui a fait signer un accord minier entre le gouvernement guinéen et Mubadala.

 

Le journal révèle qu'en Guinée il y a un autre proche de Tony Blair, un certain M. Oleg Deripaska,  propriétaire d'une mine de bauxite et d’une fonderie en Guinée à travers sa compagnie Rusal, premier producteur mondial d'aluminium. Et en 2009, Deripaska a versé à une autre ONG de Tony Blair dénommée « La Campagne Sortir de l'impasse climatique », la somme de 300.000 Livres Sterlings, environ 360.000 euros pour encourager Tony Blair à résoudre le problème de réchauffement climatique dans le monde. Le même Blair qui reçoit un salaire de 1 million de Livres Sterling par an de la banque JP Morgan, toujours comme consultant, 1,2 million d'euros, devait octroyer à Russel un prêt de 3 milliards de dollars, de l'argent Libyen que Tony Blair devait convaincre Kadhafi de verser à la banque d'investissement JP Morgan à travers la Libyan Investment Authority. Quite  à la JP Morgan de reverser l'argent à la compagnie Rusal de Deripaska, ami de Tony Blair, propriétaire de l'ONG Initiative de Gouvernance Africaine, pour enseigner aux africains comment on fait la bonne gouvernance. Mais le Guide Libyen avait refusé ce financement. Le journal britannique conclut que Tony Blair, depuis qu'il a cessé d'être Premier Ministre a accumulé une fortune qui avoisine les 40 millions de Livres Sterlings, c'est à dire 48 millions d'euros. De ce montant, combien ont été payé sur le dos des analphabètes et chômeurs africains que notre bienfaiteur prétend sauver ?

 

Selon le quotidien français Le Monde du 27 Mai 2010, Tony Blair touche quatre millions de livres par an (4,7 millions d'euros) pour sa fonction de conseiller auprès des banques JP Morgan Chase et Zurich Financial Services. Le gouvernement du Koweit lui verse 1 million de Sterling par an, le gouvernement du Kazakistant lui verse 9 millions de Sterline par an. Mais ce qui pose plus problème, c'est son activité de consultant pour le groupe pétrolier sud-coréen, UI Energy Corporation, pour lequel il est accusé d'avoir entrainé la Grande Bretagne en guerre contre l'Irak, afin de favoriser cette compagnie pour l'obtention des puits de pétrole. Et en effet, aujourd'hui, la UI Ernegy Corporation contrôle plusieurs puits de pétrole au Kurdistan Irakien. Ce n'est pas moi qui l'accuse, mais le député libéral-démocrate Norman Baker, qui a conclu que : "Tony Blair est à vendre. Il n'est plus intéressé que par l'argent". La farce pourrait même être divertissante si au final, pour la sécurité de Tony Blair, jusqu'à sa mort, le contribuable Britannique ne payait pas chaque année la somme de 2 millions de  livres sterlings et continuait de percevoir les 150.000 sterlings par an, comme ancien premier ministre britannique.

 

J- LES TENTACULES DES ONG  PRESIDENTIELLES POUR PILLER LES PAUVRES

 

C'est l'ex président américain qui bat le record des champions de la démocratie qui lorsqu'ils sont en poste, disent tout le mal qu'ils pensent des dictatures et une fois leur mandats terminés, pour une poignée de dollars, ils se mettent tous au service des dictateurs qu'ils ont tant décriés durant leurs campagnes électorales pour tromper les ignares électeurs. Combien Bill Clinton gagne-t-il par an depuis qu'il a cessé d'être président ? Personne ne le savait. C'était un secret bien gardé, jusqu'à ce jeudi 20 décembre 2008 lorsque, cédant à la demande du nouveau président élu, Barack Obama, Bill Clinton est obligé de rendre public, la liste des donneurs de sa fondation et les montants reçus. C'était la condition pour que son épouse Hilary Clinton soit nommée  Secrétaire d'Etat dans le nouveau gouvernement qui allait prendre ses fonctions avec la prestation de serment le 20 Janvier 2009….

 

Surprise. Le quotidien américain Washington Post a examiné scrupuleusement la liste des  200.000 donateurs surtout d'une autre ONG appartenant à Bill Clinton dénommée : Clinton Global Initiative à travers laquelle il a reçu environ 165 millions de dollars en provenance des gouvernements de pays étrangers dont l'Arabie Saoudite qui venait en tête avec 25 millions de dollars versés chaque année à l'ancien président américain pour soutenir son action d’aider les pauvres africains et haïtiens. D'autres généreux donateurs suivaient, comme les gouvernements du sultanat d’Oman, des royaumes du Koweït et de Brunei, mais aussi,  l’émirat du Qatar. Ainsi, selon le décompte du quotidien de la capitale américaine, depuis qu'il a cessé d'être président, Bill Clinton a encaissé pour le compte de ses consultations, conférences et activités humanitaires, la somme de 500 millions de dollars.  L'accord trouvé entre les époux Clinton et monsieur Obama pour valider la nomination de Hilary Clinton comme Ministre des affaires étrangères et éviter tout conflit d'intérêt, est résumé par le correspondant du quotidien français Libération Michel Zerr dans son édition du 20 décembre 2008 en ces termes :

 

"A l’avenir, la Clinton Global Initiative refusera de recevoir de l’argent en provenance de gouvernements étrangers, et les discours que Bill prononcera lors de conférences tenues en dehors des Etats-Unis devront avoir obtenu le double feu vert de la Maison Blanche et du Département d’Etat."

 

K- ROMANO PRODI REFUSE LA PRESIDENCE POUR UNE HISTOIRE D'ARGENT

 

Lors des dernières élections pour choisir le président de la République Italienne, le parti Démocrate était unanime de faire nommer Romano Prodi président de la République Italienne. Et puis lors du vote secret au parlement, il n'a pas obtenu le nombre suffisant du vote des 2/3 du parlement. On a alors accusé les "franchi tiratori", les francs tireurs, ces députés qui votent dans le secret de l'urne contre la discipline de leur parti politique.  Ce que les italiens ignorent est que c'est monsieur Prodi lui-même qui ne voulait pas être président. C'est en tout cas, ce que nous révèle le quotidien de la famille Berlusconi, Libero. Selon le quotidien, le président italien touche 250.000 € par an, alors que les activités de consultation de Prodi, depuis qu'il n'est plus président de la Commission Européenne lui rapportent 10 fois plus. Donc, pour une histoire de fric, monsieur Prodi a refusé de passer à l'histoire de son pays comme président de la République.

 

L'histoire démarre en 2009. Comme nous le révèle ce quotidien dans son édition du 10 avril 2013, lorsqu'en novembre Romano Prodi est invité à tenir une série de conférences à l'école centrale du Parti Communiste Chinois à Pékin. Le mois d'après, il avait signé son premier contrat en Chine, comme commentateur de la politique internationale à la télévision publique chinoise, la CCTV. Selon le quotidien chinois de langue anglaise China Daily, cité par Libero, Romano Prodi devient aussi consultant de l'Agence chinoise de Notation (rating) Dagong, pour qui il s'occuperait de la Stratégie du développement à l'international. L'Agence Dagong est détenue en partie par l'ex cadre du parti communiste chinois, Guan Jianzhong et l'état chinois. Lorsqu'on sait ensuite que c'est cette même agence qui tourne en dérision, les ratings des concurrentes américaines classiques comme Standard & Poor's, Fitch et Moody's qui ont servi de référence à toute l'activité politique de Romano Prodi que ce soit lorsqu'il était Président du Conseil italien que comme Président de la Commission Européenne, on comprend très vite le manque d'idéal d'une classe politique gangrénée par le fric, rien que du fric. Il est ensuite évident que lorsque son successeur Barroso négocie avec les chinois, ces derniers partent psychologiquement avantagés, parce qu'à la seule idée que son prédécesseur est sur la liste de paye des chinois, enlève à Barroso toute capacité de tirer trop sur la corde.

 

Selon, l'hebdomadaire allemand Der Spigel, l'ex président de la Commission Européenne a rejoint le club très fermé des autres dirigeants européens, qui reçoivent chaque année, un salaire à 6 chiffres pour conseiller  le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, que tous pendant qu'ils étaient en exercice, ont traité de dictateur. Et une fois fini le mandat de politiciens, ils oublient les principes de démocratie qu'ils ont toujours claironné pour se faire élire. Il s'agit de l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder,  l'ancien chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, les anciens premiers  ministres, Tony Blair de la GB et Romano Prodi d’Italie, mais aussi l'ancien président de la République polonaise Aleksander Kwasniewski, et surtout aussi, le ministre de l’Intérieur allemand Otto Schilly. Le cas de l'ex président polonais est encore plus comique : durant son mandat, il a multiplié les conflits avec Moscou, qualifiant Poutine de non démocrate, de dictateur. Il a insisté pour que l'Union Européenne mette dans sa constitution son origine chrétienne, pour marquer la morale chrétienne qui doit toujours guider les politiciens européens. Et le voilà qui oublie tout son bla-bla-bla pour aller se faire payer par quelqu'un encore pire que Poutine.  

 

Sauf erreur de jugement de ma part, François Hollande n'échappera pas à la logique mercantile d'après mandat des autres soixante-huitards comme Bill Clinton et autres. L'ancien président de la Commission Européenne et président du Conseil Italien Romano Prodi est passé directement de Bruxelles à un poste d'enseignant en Chine, avant de figurer sur la liste de paye du Kazakistan. La trop grande attention du président français à l'Afrique malgré son impopularité grandissante en France, nous indique qu'il est déjà dans la logique du plan B, de quelqu'un qui a déjà perdu les élections présidentielles de 2017 et qui joue déjà sa place pour l'après. Le scénario est identique à celui de Tony Blair, qui sous l'impopularité à cause de sa participation à l'invasion de l'Irak, avait tout misé pour ce qu'il fait aujourd'hui : l'Afrique. Et on peut constater que son salaire de Premier Ministre était bien minable par rapport à ce qu'il a gagné après. Et si la convocation de Hollande des chefs d'Etats Africains pour parler de sécurité en Afrique malgré son fiasco en Centrafrique ne préfigure-t-il pas plutôt la préparation de l'après 2017 comme conseiller pour l'exploitation minière quelque part en Afrique ? On comprend dès lors très vite pourquoi une certaine haine contre les chinois en Afrique, jusqu'à des affiches géantes de l'hebdomadaire The Economist en été dernier à Londres pour expliquer pourquoi la Chine est si dangereuse pour l'Afrique. Le journal a juste oublié d'ajouter, que la Chine est dangereuse contre leurs intérêts mesquins de la spoliation du continent africain qui dure depuis trop longtemps. Avant hier, la dette, hier le sida, aujourd'hui, la sécurité. Tout est bon pour soutirer chaque jour davantage de sous en Afrique. A moins que les africains s'engagent finalement à siffler la fin de cette sordide récréation.

 

L- QUELLES LECONS POUR L'AFRIQUE ?

 

La sécurité du continent africain ne peut être assurée par une classe de politiciens hors d'Afrique, surtout lorsqu'elle est constituée de personnes qui font de la navigation à vue, c'est-à-dire sans boussole, le principe même de leur vision politique à long terme. Comme les autres dirigeants européens ou américains, le thème de la sécurité que Hollande a choisi est d'abord en fonction de son plan B au cas où il perdait les élections en 2017, comment il pourrait se recycler en conseiller auprès des dirigeants africains. Nicolas Sarkozy avait préparé sa retraite avec le hold-up sur les réserves monétaires et pétrolières libyennes. Sauf qu'il n'a pas compris que les djihadistes ne sont pas des compagnons à qui faire confiance. Et le voilà contraint de démarcher partout pour obtenir quelques heures de conférences ici et là pour se faire un peu d'argent de poche. On peut dès lors parier que Hollande ne veut pas commettre la même erreur de Sarkozy.

 

M- CONCLUSION

 

A la fin de cette leçon, une question s'impose : où sont passés les Africains dans tout ça ? On dirait que dans cette pièce de théâtre, il n'y a pas d'acteurs africains. Tout l'espace semble phagocyté par les épiciers de politiciens européens.

 

 Voici ce que Romano Prodi déclarait en février 2013 dernier à un quotidien italien :

 

«Da alcuni mesi ho assunto un incarico gravoso presso l’Onu per il Sahel. Considero questo impegno un modo per servire anche il mio Paese e l’Europa. Esso rappresenta l’unica mia priorità dopo l’uscita dalla politica nazionale».

 

Oui, c'est comme cela que les épiciers européens de la politique se moquent en plus de l'Afrique, parce que j'ai oublié de vous dire que Romano Prodi est en plus le représentant des Nations Unies pour le Sahel. En d'autres termes, pour se moquer des africains, il a même été nommé par l'ONU pour s'occuper de la pauvreté et de la sécurité au Mali, au Niger, au Tchad, au Cameroun, au Nigeria, au Togo, au Benin, au Sénégal etc. Sans aucune protestation ni de l'Union Africaine, encore moins d'aucun pays concerné. Et dans cette interview, il pousse encore plus loin son cynisme et sa raillerie des démunis de notre continent, en déclarant dans cette interview qu'il renonce volontiers à devenir chef d'Etat en Italie, parce qu'il a plus à cœur le sort des africains et que pour l'heure c'est sa seule priorité. Lorsque je lis ces bêtises venant de la gauche européenne, j'ai envie de crier très fort et me demande : pourquoi l'Afrique accepte-t-elle de se faire piétiner par ces épiciers de la politique d'un genre nouveau ? Jusqu'à quand l'Afrique se taira t-elle devant les Nations Unies qui lui balancent n'importe quel aventurier pour le seul fait qu'il prétend sauver l'Afrique et les africains ?

 

Hier soir 02/12/2013, sur la troisième chaine de télévision italienne, dans l'émission REPORT, une enquête journalistique montrait comment la société italienne est gangrenée jusqu'aux os par la corruption des politiciens. La conductrice Gabanelli, a pris un seul exemple, celui d'un entrepreneur dénommé ROMEO qui a réussi à mettre à genoux tous les politiciens de tous les partis, en créant à partir de rien, une entreprise de  nettoyage. Il a ainsi réussi à faire voter une loi dite de lutte contre la corruption, pour interdire aux écoles, aux hôpitaux de recruter eux mêmes les services de propreté, mais de passer par une entreprise publique créée pour lutter contre la corruption. Et c'est cette institution de transparence dans les marchés publics, qui va donner à Romeo, le marché de nettoyage des édifices publics de toute l'Italie, faisant ainsi augmenter les coûts souvent du simple au double par rapport à ce qu’ils coûtaient avant. Le plus triste dans cette histoire, c'est le jeune Renzi, maire de Florence qui va certainement prendre le contrôle du parti démocrate et probablement devenir en 2015 le président du Conseil Italien. Ce jeune loup qui a basé toute sa campagne sur le thème d'envoyer à la maison tous les anciens corrompus du parti, a organisé il y a un mois une conférence, justement pour  rappeler que  les jeunes doivent prendre le pouvoir pour changer l'Italie. Sauf que pour cette conférence, il a reçu la somme de 60.000 euros de Romeo pour l'organiser. Il n'a pas encore pris le pouvoir, et il est déjà en train de mendier. Le plus désolant à la fin de toute cette histoire est le communiqué que Romeo a envoyé à la présentatrice de l'émission, reconnaissant financer tous les partis politiques italiens, mais surtout déclarant qu'il n'a jamais donné le moindre argent sans sollicitation préalable des politiciens. Il y a à parier que lui aussi Renzi, lorsqu'il aura fini son parcours de mendicité politique et du mensonge démocratique du suffrage universel pour se faire élire, se découvrira une vocation pour aller s'occuper des pauvres petits Burkinabés ou Somaliens, exactement comme Romano Prodi, ou le successeur de Prodi au parti démocratique, Veltroni, ancien maire de Rome qui avait déclaré avant les élections d'avril 2008, que s'il les perdait il aurait à jamais laissé la politique pour  se retirer en missionnaire en Afrique, afin de s'occuper des pauvres africains. Il a perdu les élections et depuis 5 ans, il n'a toujours pas trouvé la route qui mène vers l'Afrique.

 

Où sont les africains dans tout ça? Ils préparent l'énième pèlerinage à la Mecque ou empêtrés à préparer le baptême de l'enfant dans l'église réveillée. D'autres encore, plus lettrés, sont occupés à parler  de nos prétendues origines de l'Egypte antique.  Une dernière catégorie, passe le temps à nous décompter le temps que le dirigeant africain a passé au pouvoir, oubliant que si les politiciens européens fuient le pouvoir, c'est uniquement parce que c'est plus rentable de se faire payer comme un vulgaire épicier, à travers des conférences et des séances de mendicité dans le monde entier. Nkrumah a mis en avant la nécessité pour l'Afrique d'avoir des nouveaux citoyens dévoués, modestes et surtout, bien informés. Si nous pouvons transmettre à vous les jeunes ces 3 notions, on peut rester rassurés que vous saurez maîtriser les faiblesses de nos anciens prédateurs, qui sont l'argent, toujours l'argent et rien que l'argent, et en utilisant votre modestie, en passant complètement inaperçu pour être au cœur de notre société, pour mieux en appréhender les problèmes et les solutions pour enfin rendre possible la cause pour laquelle vous vous serez dévoués. Et c'est comme cela que le bluff du mini-sommet sur la Centrafrique serait déjà de l'histoire, propre au passé.

 

 

 

N.B: cette leçon 68 de "Géostratégie Africaine" est destinée en priorité aux étudiants de Master 2 à l'Institut  Supérieur de Management (ISMA) à Douala au Cameroun

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:27

 

Communiqué de Observatoire du nucléaire

sur l'Uranium du Niger

 

 logo-obs-nuke.jpg

 

 

Uranium du Niger: Areva et la corruption en procès au Tribunal de Paris le 20 décembre... alors que se renégocie le prix de l'uranium !

 

 

 

- Areva use-t-elle de "méthodes relevant de la corruption" pour s'accaparer l'uranium du Niger ?

- Areva a-t-elle participé à l'achat d'un avion pour son ex-cadre devenu Président du Niger ?

- Areva pille-t-elle l'uranium du Niger depuis 50 ans pour alimenter le nucléaire français ?

 

 

Issoufou
(ex-Areva) et Hollande (Areva)

"Vous prendrez l'avion
mon cher ? C'est Areva qui paye !
"

 

 

 

Vendredi 20 décembre 2013, à 13h30 au Tribunal de Grande instance de Paris, se tient le procès opposant Areva à l'Observatoire du nucléaire et son directeur Stéphane Lhomme, poursuivi également à titre personnel, accusés de "diffamation" par la multinationale de l'atome. Areva réclame des pénalités financières d'environ 25 000 euros (cfci-dessous) dans le but d'obtenir la disparition
d'une association dont l'activité agace, de toute évidence, le lobby de l'atome.

 

 

L'affaire a commencé il y a exactement un an, le 3 décembre 2012 (cf chronologie détaillée ci-dessous) : l'opposition parlementaire nigérienne accuse le ministre des finances d'avoir modifié de façon illégale le projet de budget 2013 ...pour y faire figurer un curieux "don d'Areva" de 26 millions d'euros (le montant réel sera finalement de 35 millions).

 

Qui plus est, il est vite apparu que ce versement était directement affecté à l'achat d'un nouvel avion pour le président du Niger, M. Issoufou, dont il n'est pas anodin de rappeler qu'il a été auparavant...
directeur d'une filiale d'Areva d'extraction de l'uranium du Niger !

 

Sur la base de ces éléments, mais aussi d'autres pièces édifiantes, l'Observatoire du nucléaire a alors dénoncé "une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan
moral
, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d'uranium du Niger
".

 

Areva a dans un premier temps nié la réalité de ce versement (cf dépêche AFP du 12 décembre 2012 : http://bit.ly/RqDteK ) et simultanément attaqué l'Observatoire du nucléaire et son directeur en justice. Depuis, Areva a multiplié les versions différentes de cette affaire, reconnaissant finalement - face aux pièces accablantes diffusées par l'Observatoire du nucléaire - la réalité du fameux "don".

 

Mais, au delà du "don" en question et de l' "affaire" de l'avion présidentiel, c'est en réalité le pillage et la contamination du Niger que l'Observatoire du nucléaire met en accusation. Depuis 50 ans, par l'intermédiaire d'Areva (auparavant la Cogéma), la France atomique contamine le Niger, assèche les nappes phréatiques, déplace les populations, et s'accapare l'uranium à un tarif si bas que le Niger reste à ce jour l'un des deux ou trois pays les plus pauvres du monde.

 

Il se trouve justement que les tarifs d'enlèvement de l'uranium sont actuellement en renégociations entre Areva et le Niger car arrivant à échéance... ce 31 décembre ! Le procès Areva/Obervatoire du nucléaire tombe donc à pic pour mettre en lumière la façon dont, aujourd'hui comme hier, la France continue de tirer les ficelles au Niger dont l'indépendance, datant de 1960, reste en fait très virtuelle.

 

Il est ainsi démontré, une nouvelle fois, que le nucléaire ne nuit pas seulement à l'environnement et aux êtres vivants mais aussi, tant au Sud que dans les pays riches, à la démocratie.

 

 

 

 

Ce que demande Areva en
justice (cf
assignation):

- une amende de 5000 euros
contre Stéphane Lhomme (*) = 5 000 euros
- 3 publications presse de 5000 euros
HT chacune = 18 000 euros TTC
- frais de procédure et de déplacement
: au minimum 2 000 euros

Total : au minimum 25
000 euros !

 

 

 

 

 

Chronologie de l'affaire :

 

Le
3 décembre 2012
, l'opposition
parlementaire nigérienne, l'ARN, dénonce
par
communiqué l'intervention
intempestive du Ministre des finances dans
le processus d'élaboration du budget
national 2013, avec en particulier l'ajout
d'un étonnant "don" d'Areva de 17 milliards
de Francs CFA (environ 26 millions
d'euros)... dont 10 milliards de FCFA (plus
de 15 millions d'euros) sont directement
affectés à l'acquisition d'un avion pour le
Président du Niger, M. Issoufou... un
ex-cadre d'Areva !

Le
11 décembre 2012
, par communiqué, sur la base de la
démarche de l'ARN mais aussi d'autres
documents obtenus entre temps, l'Observatoire
du nucléaire
dénonce "une
manoeuvre de corruption, probablement
sur le plan légal et assurément sur le
plan moral
, par Areva qui
entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les
réserves d'uranium du Niger
" et écrit
au Ministre du Développement pour obtenir
des explications.

Le
12 décembre 2012
, l'Agence France
Presse ( )
traite l'affaire dans une longue
dépêche dans laquelle on
apprend qu'Areva nie : "Le groupe
nucléaire français, qui exploite depuis
des décennies l'uranium dans le nord du
pays, a démenti le versement
d'une aide budgétaire
qui
suscite la polémique
"

Le
19 décembre 2012
, Areva assigne
l'Observatoire du nucléaire pour
"diffamation" et exige environ 25 000  
euros de pénalités (ce qui signifie à coup
sûr la disparition de l'Observatoire du
nucléaire, objectif évident d'Areva). Le
procès est fixé dans un premier temps au
1er février 2013.

Le
7 janvier 2013
, menacé de
disparition, l'Observatoire du nucléaire
fait savoir
par communiqué qu'il
écrit
au Président de la République, au
Premier ministre, et au Ministre du
développement : l'Etat étant propriétaire
d'Areva, les dirigeants politiques doivent
dire la vérité sur le fameux "don". Aucune
réponse ne viendra...

Le
13 janvier 2013
, l'AFP ()
publie une seconde
dépêche sur l'affaire, dans
laquelle on apprend que le directeur de
cabinet du président nigérien a reconnu, au
cours d'une conférence de presse,
l'existence du fameux "don d'Areva". La
somme est en fin de compte de 35 millions
d'euros : aux deux premières "tranches" de
16 et 10 millions, pour les budgets 2013 et
2014, s'ajoute un troisième versement de 9
millions pour 2015. Les autorités du Niger
expliquent que ces sommes constituent un
"dédommagement" du fait du retard pris par
Areva pour l'ouverture de la mine d'uranium
en projet à Imouraren.

Le
14 janvier 2013
, l'Observatoire du
nucléaire annonce par
communiqué la mise en ligne d'un
document
confidentiel
. Il s'agit du compte-rendu d'une
rencontre discrète, entre le directeur de
cabinet du président nigérien et trois hauts
dirigeants d'Areva, qui a eu lieu le 9
novembre 2012 et au cours de laquelle Areva
s'est effectivement engagée à verser 35
millions d'euros au budget du Niger. Ce
versement est présenté par Areva comme
permettant "la poursuite d'une
coopération sereine entre l'Etat du Niger
et Areva et prenant en compte le manque à
gagner généré par le report probable du
projet Imouraren
". C'est la
publication de ce document dans un journal
nigérien (en version papier) qui a amené le
directeur de cabinet du président nigérien à
reconnaître l'existence du versement, niée
jusque là par Areva et par les autorités du
Niger.

Le
14 janvier 2013
encore, l'AFP ()
publie une
dépêche titrée "Aide d'Areva
au Niger : une ONG réitère ses accusations
de corruption", l'ONG en question étant
l'Observatoire du nucléaire. On apprend dans
la dépêche que, "interrogé par l'AFP,
Areva a confirmé le versement d'une aide
de 35 millions d'euros au Niger
" :
devant l'évidence, Areva est bien obligée de
reconnaître l'existence de son versement
controversé, malgré ses dénégations
précédentes (autant dire ses mensonges).

Le
15 janvier 2013
, sans attendre le
verdict de la justice qu'elle a pourtant
elle-même saisie, la société
Areva met en demeure
l'hébergeur Free
pour l'amener sous 48
heures à censurer le site web de
l'Observatoire du nucléaire. Après
hésitation, Free renoncera à toute
intervention, probablement convaincu par
l'argumentation de l'association qui estime
logiquement que c'est à la justice - et non
à Areva ou à Free - de dire s'il y a ou non
diffamation...

Le
21 janvier 2013
, à dix jours du
procès, et n'ayant pas obtenu la moindre
réponse la part des autorités françaises,
le directeur de l'Observatoire du
nucléaire appelle au standard de
France-inter () et
réussit à
interpeller en direct
le Ministre du
Développement (Pascal Canfin, EELV), invité
de la matinale. Mais ce dernier prend fait
et cause pour Areva...

Le
1er février 2013
, le tribunal
renvoie l'affaire au... 20 décembre 2013,
le planning étant semble-t-il obéré
jusqu'à cette lointaine date. Pas de
dépêche d'agence, pas d'article de
presse... Difficile de ne pas rapprocher
ce subit silence médiatique de
l'intervention militaire française au
Mali, déclenchée le 11 janvier 2013
officiellement pour "restaurer la
démocratie", en réalité pour sécuriser les
mines d'uranium "françaises" exploitées
par Areva au nord-ouest Niger... près du
Mali.

Le
9 mars 2013
, l'AFP ()
publie une nouvelle
dépêche par laquelle Areva
fait connaître sa toute nouvelle version de
l'affaire, comme si de rien n'était, comme
si la multinationale n'avait pas menti
auparavant (en particulier en commençant par
nier l'existence du "don"), comme si la
réunion secrète du 9 novembre 2012, et le
document confidentiel qui en fait le
compte-rendu, n'existaient pas. Profitant de
l'actualité de l'intervention militaire
française au Mali, Areva prétend désormais
que le fameux versement n'avait pour autre
but que de "sécuriser les mines d'uranium".
Il s'agit là d'une grossière réécriture de
l'Histoire.

Le
18 mars 2013
, l'Observatoire du
nucléaire
écrit à l'AFP pour signaler que la
dépêche du 9 mars ne rend compte que de la
nouvelle version d'Areva, faisant fi des
éléments précédents et des autres points de
vue (comme par exemple... celui de
l'Observatoire du nucléaire) et pour
suggérer une dépêche assurant le pluralisme
("Nous vous prions donc de trouver
ci-dessous une mise au point afin que les
lecteurs puissent noter la façon dont
Areva s'arrange avec la réalité
"). Pas
de réponse : l'Etat français étant le
principal client de l'AFP, l'avenir
permettra probablement de voir si l'agence a
été sommée de s'aligner sur la "vérité
d'Etat" (c'est à dire celle d'Areva).

20
décembre 2013
: procès d'Areva
contre l'Observatoire du nucléaire, 13h30
au Tribunal de grande instance de Paris (4
rue du Palais)

Rassemblement de soutien à
partir de 13h30, animé par la Compagnie
Jolie môme

 

 

Ont
fait connaître leur soutien à
l'Observatoire du nucléaire :

Le
Parti de Gauche, le NPA, les Alternatifs, la
Fédération antinucléaire de Bretagne,

l'Assemblée générale du Réseau Sortir du
nucléaire , Stop-EPR "Ni à Penly ni
ailleurs",

des membres d'EELV à titre personnel (mais
pas la direction ni les ministres !),

la Gauche Anticapitaliste 33, Cyberacteurs,
cinémas Utopia, Tchernoblaye, Négajoule,

SDN-81, SDN-Cornouaille, SDN-St-Malo,
SDN-Moselle, Coordinantion antinucléaire
nantaise

Mouvement des Objecteurs de Croissance, des
associations citoyennes africaines,

des citoyens du Niger, de Centrafrique, des
USA, Canada, Autriche, Belgique, etc...

 

*       Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:21

SURABONDANCE DE CAPITAUX TOXIQUES DANS LES PAYS IMPÉRIALISTES

Par robert bibeau


coffre-fort


Réinjecter l’encaisse dans le circuit économique

            En février 2013, l’ex-gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, déclarait que les entreprises canadiennes avaient cumulé 600 milliards $ d’encaisse et il les implorait d’investir cet argent ou de le retourner aux actionnaires plutôt que de le laisser « dormir » dans leurs caisses (1). De plus, il affirmait que les entreprises canadiennes ne réinvestissaient pas suffisamment leurs profits et versaient une rente trop importante à leurs actionnaires. Le banquier des banquiers canadiens laissait planer la menace qu’il serait économiquement profitable de taxer l’encaisse des sociétés par action de manière à ce que le gouvernement  s’accapare une partie de cette masse monétaire léthargique (2). Ce défenseur des intérêts des riches ne faisait que son devoir de fonctionnaire en indiquant aux administrateurs du capital corporatif d’utiliser ces profits que le ministre du Revenu du Canada ne pourrait ignorer plus longtemps. Tôt ou tard il lui sera intimé de s’y intéresser.

            Depuis la crise économique de 2008 les entreprises des pays capitalistes avancés réinvestissent une plus faible portion de leurs profits qu’auparavant et redistribuent une plus large partie de leurs bénéfices en dividendes, ou alors elles rachètent les actions en circulation, une autre façon de rendre la rente aux actionnaires.

            Cependant, il n’était question dans l’allocution de Mark Carney que de proportions car en montants absolues les placements sont en croissance constante. Les profits corporatifs sont si imposants que les entreprises ne parviennent pas à engager tout leur capital profitablement. Les occasions d’affaires ne font pas l’affaire, du moins pas en qualité suffisante pour absorber tout cet argent inemployé qui sommeille dans les trésoreries.

            Le ratio dividendes/investissements pour les grandes entreprises canadiennes  dénote une augmentation depuis le début des années 1980. Il n’en demeure pas moins qu’à 35%, ce ratio montre que les dividendes distribués sont moins élevés que les investissements! Il y a donc investissement mais pas suffisamment, selon le président du Conseil de la Banque du Canada.

            Dans son rapport d’octobre 2013 la Banque du Canada laisse entendre que «Les investissements des entreprises canadiennes sont présentement élevés en pourcentage du PIB». Depuis 2010 les données de Statistique Canada montrent une reprise des investissements (Graphique 1. Formation de capital fixe c’est-à-dire investissements en machinerie, en énergie, en usine et en infrastructure industrielle). Le Président de la Banque du Canada était  donc dans l’erreur ? Pas du tout. Mark Carney connaissait très bien ces données, il souhaitait simplement signifier que ce n’était pas assez. 


                                                                          Graphique 1

Investissements privés au Canada (Statcan)

Source : http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/11/statcan_investissements.png


            Le banquier des banquiers indiquait simplement que l’État bourgeois est en faillite et ploie sous le poids de sa dette souveraine (fédéral, provincial, municipal) et si les rentiers capitalistes n’y prennent garde – compte tenu que les ouvriers ont déjà été saignés à blanc et les autres salariés tout autant, et que la petite-bourgeoise y passe aussi  – l’État toujours en manque de revenu  pourrait être tenté de hausser les impôts sur le capital et sur les dividendes versés aux particuliers afin de combler ses déficits léonins. Les rentiers riches pourraient être les prochains sur la liste et il est du devoir du commis Carney de les en aviser.

 


            L’économiste canadien portant le pseudonyme de Minarchiste observe que : « La proportion plus élevée de dividendes est une chose tout à fait normale dans une économie mature dont la population est vieillissante. N’est-il pas normal que les opportunités d’investissement soient moindres qu’il y a 40 ans dans les pays développés ? Oui, il y a toujours des investissements à faire pour améliorer le capital productif, mousser l’innovation technologique, améliorer l’efficience et la productivité et poursuivre la progression de notre niveau de vie, mais pas autant qu’avant. » (3).

            Qui s’étonnera de notre étonnement de ne pas observer cette augmentation du niveau de vie des quelque 3 400 000 salariés québécois, non plus que des 15 400 000 salariés canadiens, non plus que des 1 200 000 chômeurs canadiens, dont 50% ne retirent aucune assurance chômage et ont recours au bien-être social (4)? Mais où va donc toute cette prospérité?

Quand la spoliation des pays émergents devient œuvre philanthropique

            Le Minarchiste, grand sophiste, nous indique une piste pour cambistes qu’auraient empruntée le capital et les randonneurs capitalistes à travers la jungle de la reprise économique: «Les économies capitalistes ont accumulé une bonne quantité de capital productif depuis la révolution industrielle, c’est maintenant au tour des économies postsocialistes d’en bénéficier et de se sortir de la pauvreté». 

            Tiens donc, nous ne savions pas que les pays proto-socialistes d’Europe et d’Afrique étaient engagés dans une phase de croissance économique ? Serait-ce les hausses d’exportation d’héroïne et de stupéfiants, les ventes d’armes russes, tchèques, slovaques; la croissance du trafic des blanches à destination du «marché» occidental de la traite; ou l’augmentation de l’émigration d’esclaves salariés clandestins par containers et par rafiots meurtriers qui justifie l’enthousiasme de l’économiste en herbe ? Par ailleurs, nous avions observé que les investissements occidentaux se sont accrus en Chine. Toutefois, ces investissements des corporations occidentales sont comptabilisés dans les chiffres du capital toxique à valoriser.

            Ce que notre économiste Libertarien admet candidement au paragraphe suivant : «ce qu’on constate en observant les flux d’investissement est que ces dividendes sont réinvestis dans les pays émergents. Les fonds d’actions nord-américaines (…) sont les fonds «globaux» et «internationaux» qui gèrent l’épargne. Nous observons donc une migration de capital des pays développés vers les pays en développement, où les opportunités de rendement sont supérieures. Ces capitaux aideront ces pays à «émerger» et à se développer une base de capital productif qui fera augmenter leur niveau de vie (…) ces pays s’enrichissent – et cela fait baisser les inégalités mondiales.» (5). Merveilleux l’altruisme des milliardaires canadiens en faveur du nivellement des inégalités tiers-mondistes? «Tous les exploités sur un pied d’égalité, voilà l’équité du bourgeois bien éduqué».

            Le Président de la Bank of Canada tire la sonnette d’alarme sur les 600 milliards de dollars d’encaisse non distribués (en France les chiffres sont plus imposant), qui risquent d’attiser la convoitise du Ministre des Finances, tandis que l’économiste en herbe argue que la balance des immenses profits engrangés chaque année à la sueur du front des ouvriers et des salariés est intelligemment réinvestis dans les «sweat chops» d’Asie où le grand capital monopoliste trouve désormais de la main-d’œuvre bon marché, plus docile à piller qu’en pays occidental où les chômeurs désœuvrés, les retraités paupérisés, les petits-bourgeois menacés dans leur intégrité et les étudiants-travailleurs sous-payés sont invités à pavoiser en faveur de la prospérité partager avec leurs frères de pauvreté entassés dans les bidonvilles à Dacca, à Shanghai, à Johannesburg et à Bombay surpeuplée.

            «Ainsi, les Nord-Américains investissent de plus en plus en Europe de l’Est, en Chine, en Inde, en Australie, au Brésil, au Mexique et même en Afrique. Cela est non seulement normal, c’est aussi fort souhaitable ! Aux 18e et 19e siècles, le   capital britannique a permis aux États-Unis (et au Canada) de se développer en finançant leur capital productif. (…) le capital des pays du G7 permettra aux pays émergents "d’émerger" de la misère. C’est d’ailleurs pourquoi les inégalités mondiales sont en baisse, le capital des pays riches aidant les pays pauvres à rejoindre leur niveau de vie.» (6).

            Les inégalités sociales sont en hausse depuis que le capital financier produit de la richesse toxique-«ectopique», totalement en dehors des circuits de production de la valeur, et depuis que les milliardaires sont toujours plus riches et les salariés chaque jour plus pauvres. Il est vrai que les pauvres d’Occident se rapprochent des pauvres des pays du Tiers-monde d’extraction et de spoliation. C’est ainsi que l’écart rétrécit entre le mendiant occidental et le travailleur pauvre oriental et africain, mais peut-on parler de diminution des inégalités mondiales ? De plus, quelle belle façon de présenter l’externalisation et la délocalisation industrielle qui détruit les emplois au Canada, en France et dans tout l’Occident, fait diminuer les salaires et augmenter la misère de tous les prolétaires.

            Par rapport au constat de Mistinguett Minarchiste, saviez-vous que les salaires de misère (25 dollars par mois) payés aux esclaves salariés du Bengladesh ont garanti le niveau de vie des salariés occidentaux? Les profits mirobolants tirés des pays émergents et rapatriés par les entreprises impérialistes occidentales (rapatriement infiniment supérieurs aux donations de charités consenties à ces pays) ont permis à ces dernières de maintenir en l’état les salaires de plusieurs travailleurs occidentaux…jusqu’à présent…mais c’est maintenant terminé.

 

                Mais voilà que ce qui devait arriver – arriva. À force de délocaliser les usines – de transférer les emplois vers les pays pauvres – ce sont les emplois au Canada, en France, qui périclitent –. Le travail industriel se raréfie alors qu’explose l’emploi dans les services mal payés (entretiens général et ménagés, auxiliaires médicales, gardiennes et puéricultrices, restauration rapide, hôtellerie, commerces de détail, taxi et transport, fonctionnaires des services publics et parapublics - 65% des emplois au Canada, c’est pire en France). Heureusement, les emplois du quaternaire financier, de gestion et d’innovation ont aussi augmenté mais il n’est pas certain que ceux-là ne déménageront pas vers les grands centres financiers, de recherche/ développement et de management concentrés et sophistiqués dans des mégapoles internationales New-York, Shanghai, Hong-Kong, Bombay, Paris et Londres .

Les banques construisent le nid du crédit qui les discréditera

           Une fois l’inflation retranchée la masse salariale globale diminue si bien que la consommation et les marchés stagnent en métropole occidentale, phénomène de contraction des marchés que le crédit à la consommation tente de compenser en faisant dépenser aux consommateurs d’aujourd’hui l’argent que le travailleur-chômeur de demain ne gagnera pas… Le vaste marché de consommation occidental est en sursis, ce qu’appréhendent les banques et les entreprises monopolistes. En effet, les occasions d’affaires se font rares au pays de l’ex-prospérité et cela malgré le rapatriement des dividendes des oligopoles canadiens, français, américains, qui retirent davantage des pays émergents qu’ils n’y investissent comme le souligne l’économiste utopiste dans son envolée lyrique.        

            «Quant aux entreprises canadiennes, on ne devrait pas être surpris qu’elles se   gardent une marge de manœuvre plus grande suite à une crise financière majeure durant laquelle les marchés des capitaux se sont complètement fermés. Cela démontre qu’elles ont appris leur leçon. M. Carney devrait approuver plutôt que de ronchonner. De plus, la moitié des 25 entreprises mentionnées dans l’article de Canadian Business comme ayant un niveau élevé d’encaisse sont des institutions financières qui ont dû augmenter leur niveau de liquidité du fait que la règlementation l’exige depuis la crise de 2008 (règles de Bâle 3 et Solvency II) (7).

            Les banques canadiennes ne maintiennent pas un tel niveau d’encaisse pour se prémunir contre le crédit toxique à haut risque qu’elles émettent quotidiennement. Ils leurs suffiraient de restreindre l’accès au crédit pour ceux qui à l’évidence ne pourront rembourser. Les banques facilitent plutôt l’accès au crédit et accumulent les encaisses sulfureuses pour trois raisons :

1) Premièrement, le jour où les banques raréfieront le crédit elles paralyseront aussitôt l’ensemble de l’économie canadienne, du moins sa portion souterraine et parasitaire.

2) Deuxièmement, la masse de capitaux inemployés indique à l’évidence qu’aucune opportunité d’affaires ne se présente au capital affamé de profit. C’est le propre du capital financier que de chercher à se réinvestir afin d’accomplir un nouveau cycle de valorisation pour une encaisse encore plus importante. S’il ne le fait pas c’est par manque d’occasions d’affaires.

3) Troisièmement, cette quantité énorme de capitaux atteste que la masse monétaire en circulation est excédentaire – hypertrophiée – par rapport à l’activité économique productive. Une entreprise doit conserver des liquidités afin de se prémunir d’une OPA inamicale.

            Trop d’argent est à la poursuite de trop peu de plus-value potentielle. Étrange n’est-ce pas ? Nous avons écrit tantôt que la masse des profits étaient énorme et croissante. Mais en fait c’est la masse monétaire qui  gonfle – sans être adossée à une production tangible et sans marché pour l’écouler si bien que l’argent tourne à vide dans le circuit de la finance sans passer (pour une partie du moins) par le circuit de la production, là où se construit la valeur d’échange.

            Deux données donneront une idée de l’ampleur de l’arnaque monétaire. Le montant des transactions financières internationales est cinquante fois plus important que la valeur totale du commerce international portant sur les marchandises et les services (8). Le volume des échanges commerciaux dans le monde a été multiplié par 17 entre 1948 et 1997 pour une production globale qui a été multipliée par 6 seulement. Cette hypertrophie commerciale est la conséquence de la fragmentation du procès de production des marchandises qui sont fabriquées à la pièce dans différentes contrées et assemblées dans d'autres pays (9).

            Actuellement, la monnaie fictive – les encaisses et les fonds de roulement des entreprises – ainsi que les portefeuilles d’actions des rentiers se construisent via le circuit financier – et pour le bénéfice exclusif de la sphère financière. Or ce cycle financier, fictif en terme productif, arrive à son terme de fumisterie et il éclatera comme toutes les bulles financières précédentes. Ne retenez qu’une constante: chaque bulle financière qui éclate fait davantage de dommage à l’économie capitaliste que la précédente (10).

L’école économique Minarchiste libertarienne de l’Oncle Picsou

            Abordons maintenant un grand mythe que notre Picsou Minarchiste propage en prétendant le pourfendre. Il aborde le sujet de la bourse et de l’investissement par ces mots lourds de suspicion : « Le corollaire de ce mythe du réinvestissement des profits est que chaque dollar investi à la bourse devient en quelque sorte « inactif ». Après tout, quand on achète des actions d’une entreprise sur le marché boursier, l’argent ne va pas directement à cette entreprise pour financer ses investissements, n’est-ce pas ? Cela signifie-t-il que cet argent ne contribue pas à la croissance économique ? (…) Disons que vous utilisiez votre épargne pour acheter des actions de Metro. (…) Cette entreprise mature s’autofinance à l’aide de ses profits. (…) vous contribuez donc à faire monter le prix des actions de Metro (…)» (11).

            De fait, Metro inc. a si bien fait dans le passé que la firme se trouve en situation de quasi-monopole sur le marché québécois de l’alimentation et qu’elle peut augmenter ses prix régulièrement avec la complicité de ses rares concurrents. Voilà le bénéfice que nous – gens ordinaires qui n’avons aucune épargne à investir - connaissons du succès financier de Metro.

            Et l’économiste libertarien de s’enflammer : « Tôt ou tard, l’argent finira par être utilisé pour acquérir de nouvelles actions ou obligations émises par une entreprise qui a un projet d’investissement à financer. Ainsi, même si Metro n’obtient pas votre argent, celui-ci sera investi dans la production (…) Ou dans les nouveaux cinémas de Cineplex. (…) l’argent injecté dans la bourse finit toujours dans une nouvelle émission de capital servant à investir dans la production. Cette épargne n’est pas destinée à finir sa route dans la piscine de pièces d’or d’Oncle Picsou!» (12).

            Freinons temporairement l’enthousiasme délirant de notre agent de placement. Est-il exact que votre argent (à supposer que vous en ayez à placer) deviendra un jour du « capital investi dans la production »? Un investissement dans les cinémas Cineplex est-il un placement dans la production ? Non évidemment. Une entreprise offrant des loisirs cinématographiques dispute à ses concurrents une partie des revenus des salariés qui acceptent de se payer un divertissement qui contribue à assurer la reproduction sociale de leur force de travail. Cineplex commercialise du divertissement et ne produit aucune richesse. Il en est de même de l’«industrie» de la loterie qui écume les derniers deniers des salariés afin de livrer 1,2 milliard $ de taxe volontaire au gouvernement. Cette industrie ne produit que de la déconvenue.

            L’économiste Minarchiste s’est suffisamment compromis. De Metro à la Banque Nationale, de Innergex à Cineplex, la circonvolution est spécieuse et suffisante. Permettez-nous d’occulter cette gabegie. Pour quelle raison les banques se sont-elles surcompensées en liquidités au cours des dernières années et pourquoi se sont-elles encombrées de grandes réserves monétaires depuis le dernier krach boursier? C’est que, nonobstant les règlements (Bâle 3 – Solvency II) – grâce aux cartels de gestion des fonds mutuels, la Banque Nationale et la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec – des milliards de dollars des épargnes des gens ordinaires se sont retrouvés non pas chez Suncor, Metro, Innergex ou Cineplex, mais dans des «produits dérivés toxiques», appellation pudique pour désigner des investissements sulfureux – frauduleux qui un jour ont explosé à la face de leurs vendeurs et de leurs acheteurs et le feront encore prochainement. Bref, des milliers de petits épargnants ont tout simplement été expropriés de leurs deniers par des hypothèques surévaluées et des placements absolument improductifs. D’autres Madoff  et d’autres Norbourg se préparent (13).    

            Si tant d’argent (600 milliards $) demeurent en rade – non investis – c’est tout simplement que les opportunités de faire fructifier et de valoriser la plus-value font défaut. Sachez que chaque capitaliste maudit cette conjoncture économique mais il n’y peut rien car ce système économique anarchique et archaïque – tout le contraire de ce que le spécialiste pontifie – est en panne et la crise qu’ils appréhendent se rapproche alors que le monticule de leurs avoirs en papiers frimés ne vaudra bientôt pas plus qu’une usine en Espagne. Le gouvernement pourra taxer et surtaxer le manant pour transférer autant de capitaux soi-disant générateurs d’emplois; le gouvernement pourra réduire les tarifs d’électricité pour les entreprises milliardaires et les augmenter pour les consommateurs débonnaires; il pourra laisser les profiteurs saccager la Terre mère, pourtant rien n’y fera. La prospérité économique ne sera pas au rendez-vous et l’encaisse corporatif fondra comme neige au mois d’août. Mark Carney savait que la seule façon de procéder au sauvetage de ce capital c’était de le transformer en moyens de production ou en immobilier. Les capitalistes sauront-ils entendre raison ?

___________________________________

(1)    
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./ et   http://www.canadianbusiness.com/economy/dead-money/
(2)    
http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lillusion-du-plein-emploi/
(3)    
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./ et  http://affaires.lapresse.ca/economie/macro-economie/201005/26/01-4283886-hausse-du-nombre-de-salaries-au-canada.php
(4)    
http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk3/ftp04/NQ65423.pdf
(5)    
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./ et  http://minarchiste.wordpress.com/2012/11/07/les-inegalites-mondiales-sont-en-baisse/  
(6)    
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./
(7)    
http://minarchiste.wordpress.com/2013/11/07/la-dictature-du-capital/
(8)     S. Cordellier (2000). La mondialisation au-delà des mythes. La Découverte. P. 75.
(9)     T. Thomas (2004) Mondialisation. Albatroz Paris. 95 pages. (page 59).
(10)
http://publications-agora.fr/pack/ssw3b/?code=ESSWP803&a=3&o=38&s=74&u=59913&l=614&r=MC&g=0
(11) 
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./ et  http://www.canadianbusiness.com/economy/dead-money/
(12)
http://centpapiers.com/mythe-les-entreprises-ne-reinvestissent-pas-suffisamment-leurs-profits./
(13) 
http://www.rcmp-grc.gc.ca/scams-fraudes/inv-fra-fra.htm

 

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:19

Rubrique Point de vue: Affaire Taubira

 

 

       


  

 http://www.youtube.com/watch?v=IjZtR8a7tY0&feature=youtu.be

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:16

Cameroun (Remaniement gouvernemental) : Le pouvoir se partage t-il entre La loge des Rosicruciens et  la loge des magico-anales ?

 

Cameroon flag

 

Cameroun - Exclusif - Remaniement Ministeriel: Agbor Tabi, nouveau Premier Ministre! - Agbor Tabi pressenti pour remplacer Philemon Yang à la Primature - Le retour en force des Rosicruciens ?

Secrétaire général adjoint de la présidence de la République depuis 4 ans, ce Rosicrucien pur et dur est pressenti pour remplacer Philémon Yang, d'obédience franc-maçonne. Va-t-on vers une résurgence de la guerre des loges, dont la Primature serait un des théâtres privilégiés?

 

Quand va-t-il remanier ou réorganiser? Probablement au lendemain de l'adoption du budget par l'Assemblée nationale, dont les députés ont pris Mandat début novembre, après leur élection le 30 septembre 2013.

Concrètement, et sauf changement de dernière minute, Paul Biya pourra rendre public, un nouveau gouvernement au cours du mois de décembre. Entre temps, des noms fuitent dans la presse. Ballon d'essai ou manœuvre pour distraire une opinion qui attend impatiemment que la fumée blanche sorte du palais de l'Unité? Quoi qu'il en soit, c'est dans le personnel politique actuel (et non sur la lune) que le Président de la République va choisir ses futurs ministres, y compris le premier d'entre eux. Sur ce dernier point, nos sources indiquent que le choix présidentiel se serait arrêté sur Peter Agbor Tabi. Ce professeur d'université pour les uns, inspecteur de police pour les autres, impopulaire dans son Sud-ouest natal et actuellement Secrétaire général adjoint de la présidence prendra la relève (sauf revirement présidentiel) du «Nord-ouestiste» Philémon Yang à la primature. Yang a été Secrétaire général adjoint de la présidence de la République, comme le fut également son prédécesseur avant lui Inoni Ephraïm, son prédécesseur à la Primature. Le Secrétariat général de la présidence de la République apparaît ces dernières années, eu égard au précédent Inoni-Yang, comme un tremplin pour accéder à l'immeuble étoile. Agbor Tabi perpétuera-t-il cette tradition? Tous les indicateurs, ou du moins maintenant, le laissent envisager.


DESCENTE AUX ENFERS

La promotion de M. Agbor Tabi, sonne à priori comme un jeu de chaises musicales entre les deux régions anglophones (à savoir le Nord-ouest et le Sud-ouest) dont le poste de Premier Ministre est depuis 1992, la chasse gardée. Mais entre les lignes, c'est la Rose-croix, notamment la branche Armorc (Ancien et mystique ordre de la Rose-croix), qui fera son retour en force à la primature avec la nomination annoncée de l'ancien recteur de l'Université de Yaoundé I. Agbor Tabi aura de qui tenir! Philémon Yang n'a fait que bombarder les francs-maçons comme lui à tous les postes où les textes lui confèrent le pouvoir de nomination.

Cependant, conclure à un gouverne¬ment à dominance rosicrucienne serait prématuré. Pour une seule rai¬son au moins: ce n'est pas le Pm qui forme son gouvernement. La Constitution donne cette prérogative au Président de la République. Bien qu'y est écrit que celui-ci consulte le Pm, la réalité en est généralement tout autre.

Les francs-maçons qui, avec Agbor Tabi ou pas, semblent relativement bien partis (selon nos sources) pour perdre la primature, pourraient donc reverser la tendance dans un gouvernement où les francs-maçons sont majoritaires. Autant vrai aujourd'hui qu'hier, Paul Biya est l'unique maître du jeu. C'est lui qui arbitrera l'éternel match Franc-maçon/Rose-Croix. Obédiences très en vogue chez l'élite politique.

Par Yves Marc Kamdoum |

Source : La Météo

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:40

Cameroun - 2nd Pont sur le Wouri: La France gagne, la Chine exécute, le Cameroun perd.


Pont.jpg

 

La construction du deuxième pont du Wouri est un marché attribué à des entreprises françaises, mais qui sera effectivement l'œuvre des Chinois.

Si tout se passe bien, c'est sur un nouveau pont que les usagers vont traverser le fleuve Wouri d'ici 2017. En effet, au meilleur des cas, le nouvel ouvrage dont la pose de la première pierre a attiré une foule d'officiels camerounais et étrangers ne sera opérationnel que dans 44 mois, à compter de novembre 2013. Entre-temps, bien des choses pourront toujours se passer: Les sceptiques tirent argument de la réfection par une nébuleuse de l'ancien pont à hauteur de 13 milliards de francs CFA dont 7,8 milliards débloqués par l'Agence française de développement. En juin 2003, le groupement Udecto/Etic international est officiellement à l'ouvrage. Udecto, entreprise de travaux publics enregistrée probablement au Togo, ne dispose d'aucune expertise, et abandonne les travaux au sous-traitant Etic International. Les travaux durent alors 28 mois. 

Le nouveau pont sur le Wouri, qui va être réalisé pour 120 milliards de francs CFA, n'échappe pas au même schéma. Des études d'opérateurs chinois avaient abouti sur une proposition forte: un pont pour un coût de 65 milliards de francs, ne devant pas déboucher sur un cul-de-sac, comme l'ouvrage aujourd'hui lancé par le pool constitué de Sogea-Satom (groupe Vinci), Lavigne Chevron, Eiffage, Greisch et Soletanche Bachi. La partie française, qui va financer le pont à hauteur de 86 milliards de francs CFA, a réussi, par un tour de passe-passe, à imposer les entreprises françaises comme attributaires de fait du marché. Pour que les autorités camerounaises s'entendent dire, après coup, que l'ouvrage sera réalisé, en sous-traitance par des ingénieurs chinois. La conséquence de cette cavalerie, à la fois technique et financière, est que les entreprises françaises vont engranger une importante marge financière, sur un prêt que le Trésor camerounais doit rembourser. 

L'inquiétude est que le groupement annoncé s'efface dans les prochains mois, au profit des Chinois. Surtout qu'il se dessine à l'horizon, la question de la ressource humaine locale sur le chantier. 550 emplois sont annoncés, toutes catégories confondues, sur toute la durée des travaux. Dans une sortie récente, le Cameroon People's Party (Cpp) a soulevé la question du respect des travailleurs qui seront recrutés dans le cadre de ces travaux. L'expérience des chantiers du port en eaux profondes de Kribi, du barrage de Lom Pangar illustre le bourbier social en préparation. Sur le pont du Wouri, on attend mieux que 550 manœuvres.                                                                                                                        Par D. Nkwebo

Source :Lejour                                              

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:39

La rencontre-exposition "La Ville africaine", qui se tient actuellement à Dijon jusqu'au 14 décembre 2013.


Ville-africaine.jpg

 

Quelques mots pour attirer votre attention sur la rencontre-exposition "La Ville africaine", qui se tient actuellement à Dijon jusqu'au 14 décembre, et dont j'ai réalisé l'environnement sonore + un documentaire audio en écoute in situ.
En savoir plus ici :
http://www.archi-db.com/lavilleafricaine/
Tout le programme en pièce jointe.

"Les villes africaines ne répondent pas aux critères classiques de la modernité, c’est à dire en se développant parallèlement au secteur industriel et en produisant des quartiers thématisés", écrit Sébastien Godret, concepteur de cette exposition documentaire et artistique. "Elles inventent un modèle urbain d’un nouveau genre, où l’auto-gestion joue un grand rôle - car l’État est peu présent - où la vie sociale est riche, où le village urbain est le modèle dominant"...

C'est pour partager cette réflexion, mais aussi pour tenter de comprendre ce que la ville africaine peut apporter (en termes de convivialité, de mixité d'usage, etc.) à la transition des villes européennes, que je vous invite à vous rendre ces prochaines semaines à Dijon.

Pour vous en donner envie, quelques émissions TV ou radio récentes consacrées à cette expo :
- Itv de Sébastien Godret sur TV5MONDE
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Et-si-vous-me-disiez-toute-la-verite/Episodes/p-26788-La-ville-africaine.htm
- "Vagabondages à Kinshasa" dans le cadre de "L'Afrique enchantée" dimanche dernier 17/11 sur France Inter
http://www.franceinter.fr/emission-lafrique-enchantee-vagabondage-a-kinshasa
- A suivre toute cette semaine du lundi au jeudi à 11h sur France Culture, une thématique "La Ville africaine" dans le cadre de l'émission Cultures Monde
http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-de-kinshasa-a-lagos-la-ville-africaine-14-de-l%E2%80%99histoire-urbaine-en-afrique-20

Au plaisir de vous croiser bientôt à Dijon, amicalement,
Benjamin B.

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:34

Tribune de Tahar Ben Jelloun : Le racisme fait son nid en Europe.

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          Qu’il s’agisse des railleries à l’encontre d’une ministre française ou d’une collègue italienne, des cris de singe adressés aux footballeurs, de l’islamophobie ou des discriminations envers les Roms, les attitudes racistes s’affichent de plus en plus ouvertement. Il ne faut pourtant rien céder et faire preuve de pédagogie, estime l’écrivain Tahar Ben Jelloun.  

Le racisme est le propre de l’homme. C’est ainsi, il vaut mieux le savoir et faire en sorte qu’il ne progresse pas et qu’il soit combattu par la loi. Mais cela ne suffit pas. Il faut éduquer, démonter ses mécanismes, démontrer l’absurdité de ses bases et rester vigilant.

La société française est perçue ces derniers temps comme lieu d’un racisme virulent, mais au fond elle n’est pas plus raciste qu’une autre. Le rejet de l’étranger, du différent, de celui qui est considéré comme une menace pour la sécurité est un réflexe universel et n’épargne aucune société. Le racisme peut dans certains cas se focaliser sur une communauté, mais cela ne veut pas dire qu’il ménage les autres. Autrement dit il n’y a pas de discrimination dans l’exercice de la haine. Tout le monde y passe.

Nous assistons aujourd’hui en Europe à des dérives qui sont graves, car le racisme commence par le verbe et pourrait se poursuivre par les fours crématoires. Traiter [la ministre de la Justice française] Christiane Taubira de guenon [lors d’une manifestation contre le mariage homosexuel, fin octobre] n’est qu’un début. Si on laisse faire, de l’insulte on passera facilement au châtiment corporel, à la torture (le cas du jeune Ilan Halimi) et au meurtre. C’est pour cela qu’il faut rappeler qu’il n’existe pas de racisme light et décaféiné.

Elle a eu raison Mme Taubira de regretter qu’aucune voix des dirigeants politiques ne se soit élevée contre le racisme dont elle a été victime. Une autre ministre a subi le même traitement cette fois-ci en Italie. Il s’agit du ministre de l’intégration Cecile Kyenge, originaire du Congo (Kinshasa) qui a été traitée de tous les noms par certains élus de la Ligue du Nord connus pour leur attachement au racisme. Des joueurs de football à la peau noire ont eux aussi été la cible d’un racisme bien enraciné. Quand un chef de gouvernement se permet de faire rire son auditoire à propos de “l’aspect bronzé d’Obama”, on ouvre par la même occasion les vannes et on donne un signal à ceux qui n’osaient pas exprimer leur racisme de se laisser aller et de cultiver leurs idées nauséabondes.

Une réponse facile aux difficultés de la vie 

Il faut bien trouver un coupable. Avant, c’était le Juif, à présent c’est le musulman

Le fait que l’Europe a peu à peu perdu sa place prépondérante dans le monde non seulement sur le plan économique mais aussi culturel, favorise une aigreur susceptible de se transformer en un mépris de tout ce qui est autre. L’Espagne n’a pas encore assaini sa relation avec l’Islam. Les immigrés venus du Maghreb sont appelés “Mauros”, sachant que ce terme est péjoratif, rappelant le triste épisode de l’inquisition. La crise économique n’a pas arrangé les choses. On se méfie toujours de plus pauvre que soi, de plus étranger que soi. C’est cela qui fait que le racisme est l’attitude facile face aux épreuves de la vie. Il faut bien trouver un coupable. Avant, c’était le Juif, à présent c’est le musulman.

Si le racisme a toujours existé, il se trouve que des politiques en font leur fond de commerce. Il est plus facile de répandre la haine de l’étranger que le respect de ce qui est différent. L’homme a tendance à se laisser tirer vers les bas instincts surtout quand il a été fragilisé par des situations qu’il n’a pas su ou pu affronter. Le racisme est la paresse de la pensée pour ne pas dire le refus de penser. Il se trouvera toujours quelqu’un pour penser à votre place et à vous simplifier la lecture du logiciel du mal être.

On nous dit aujourd’hui que tous les adhérents du Front national ne sont pas racistes. Peut-être. Mais tous les racistes sont assurés d’être accueillis au sein de ce parti à condition d’être discrets à propos de leurs convictions. Tant que le souci principal des hommes politiques est d’assurer leur réélection, tous les dérapages les plus indignes auront lieu. Ajoutons à cela l’efficacité du nouvel habillage du Front national qui le rend fréquentable et même banal. Le fait de refuser d’être taxé de “parti d’extrême droite” est un signe intéressant pour passer d’un état à un autre. Si ce n’est qu’une question de mots, on pourrait admettre que l’aspect extrémiste a été remplacé par quelque chose de plus profond et de plus dangereux, la banalisation des préjugés et de la xénophobie.

Plus de pédagogie dans les écoles 

Pour combattre les idées de ce parti, il faut un droit de réponse systématique chaque fois qu’un de ses dirigeants affirme des contre-vérités ou proposent un programme non seulement inapplicable mais pouvant ruiner notre pays. A côté de cette vigilance qui manque cruellement dans tous les partis politiques en face, il faut développer la démarche pédagogique dans les écoles et faire un travail en profondeur et sur la durée.

Il faut dire et répéter que la peur et l’ignorance sont les deux mamelles de ce fléau, qu’il est aisé de démonter leur mécanisme par le savoir et l’intelligence, par le débat et la fin des tabous

Il faut que les enfants sachent, tant que leur esprit est encore disponible, sur quoi se base le racisme, son histoire, ses ravages et son inhumanisme. Il faut dire et répéter que la peur et l’ignorance sont les deux mamelles de ce fléau, qu’il est aisé de démonter leur mécanisme par le savoir et l’intelligence, par le débat et la fin des tabous. Il faut aborder tous les sujets et ne pas fermer les yeux sur les dérapages de certains qui développent eux aussi un racisme face aux stigmatisations dont ils sont victimes.

Le fait d’affirmer et de démontrer que les races n’existent pas ne fera pas disparaître le racisme, évidemment, mais au moins c’est une vérité qui ébranlera certaines certitudes.

Souvent, quand les exaspérations sont à leur comble, les dérives racistes se multiplient et on pense que le racisme croît alors qu’il a toujours été là, tapi dans les mentalités et prêt à se répandre quand s’accentuent le mal être et le besoin d’arrogance pour se sentir exister et surtout se considérer supérieur à autrui.

 Source : La Repubblica

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 15:32

Assurément, il y a quelque chose de pourri dans « la maison Bensouda », anciennement occupée par l’inénarrable argentin Louis Moreno-Ocampo. Et ses ultimes manoeuvres le montrent bien. Explications.

LaurantGbagbo



En dépit de plus de trois ans d’enquête et d’accusations péremptoires, l’Accusation n’a rien trouvé contre le président Laurent Gbagbo. En désespoir de cause, elle se tourne vers l’Etat qui a, sous un précédent exécutif, tout fait pour tuer Gbagbo, sinon physiquement, du moins politiquement : la France.

C’est en tout cas ce que révèle La Lettre du Continent« Priée, en juin, de revoir sa copie à la demande des juges de la Cour pénale internationale (CPI) à l'issue de la première audience de confirmation des charges pesant sur Laurent Gbagbo, la procureure Fatou Bensouda aurait - entre autres - approché le ministère français de la défense pour muscler son dossier. L'ex-ministre originaire de Gambie souhaite notamment entrer en possession de la liste établie par la force française Licorne détaillant par le menu l'arsenal d'armes lourdes qui aurait été découvert dans les sous-sols de la présidence ivoirienne au lendemain de la crise postélectorale de 2011 », écrit le périodique édité à Paris.

La démarche est curieuse. En effet, des informations de première main nous permettent d’affirmer que les services de l’Etat à leur plus haut niveau, sous Nicolas Sarkozy, ont activement participé à l’opération « ferrer Gbagbo ». Si Sarkozy et la force Licorne n’ont pas apporté des informations décisives sur une éventuelle implication du chef de l’Etat ivoirien en exercice d’alors dans la commission de crimes contre l’humanité alors que « le fer était chaud », que peut bien faire Hollande aujourd’hui, avec autant de… retard ?

De plus, si des armes lourdes ont été découvertes dans le sous-sol de la présidence ivoirienne, c’est bien parce qu’elles n’ont pas été utilisées pour commettre des crimes. Et posséder des armes dans un contexte de guerre civile et de guerre sournoise menée par des pays tiers, ne signifie pas qu’on a l’intention de commettre des crimes contre l’humanité ! Cette logique conduirait à traduire devant la justice internationale à peu près tous les chefs d’Etat du monde !

Il est tout de même important de noter, au-delà de l’anecdote, qu’il était a priori facile de « coincer »Gbagbo, si les crimes qu’on lui attribue sans pouvoir les prouver avaient vraiment été planifiés par lui. En effet, la guerre postélectorale ivoirienne était une guerre « avec observateurs ». L’armée française était là, et avait les moyens humains, logistiques et scientifiques de recueillir un nombre important de preuves – surtout que le pouvoir politique de l’époque avait déjà clairement exprimé son intention de conduire Gbagbo à La Haye ; celui de Chirac aussi, et ce depuis 2003. Les capacités françaises en matière d’espionnage et d’écoutes téléphoniques sont grandes, surtout dans son pré carré, littéralement quadrillé par les câbles de fibre optique d’Alcatel Lucent – dont une ministre française a révélé récemment qu’elle était une entreprise stratégique pour des raisons relevant du renseignement – et par les installations des filiales de France Télécom, société d’Etat. L’ONUCI était là, et avait elle aussi à sa disposition des experts aux compétences avérées. Les organisations de défense des droits de l’Homme étaient présentes. Pourtant, aucune étude balistique sérieuse, aucune autopsie, aucun témoignage de premières mains étayées par des données matérielles, n’ont pu être fournies jusqu’à présent par le bureau du procureur auprès de la CPI. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !

Phillipe Brou                                                                                                                                                           Source : Nouveau courrier
 

 

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Cote d'Ivoire le coup d'etat

 

 

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L’Observatoire des Elections

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Image historique

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

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Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

link

  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

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http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine