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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 14:10

Centrafrique : Rien ne va plus, Le camp de Djotodia demande le retrait de l'opération Sangaris et la partition du pays en Nord Musulman et Sud chrétien.

 operation_sangaris_rca.jpg

Prise dans l'étau du bourbier centrafricain que vraisemblablement elle n'avait pas imaginé comme une mission plus périlleuse que l'intervention au Mali pour ses troupes de l'opération Sangaris, la France, ex-puissance coloniale, suggère ouvertement la mise à l'écart du tombeur de François Bozizé, le désignant comme le principal responsable de la dégradation continue du climat sécuritaire et humanitaire.



Plus d'un mois après le dé ploiement officiel de l'opération française Sangaris le 5 décembre à Bangui suivie après par la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine (MISCA), une force africaine, ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale continue d'être secoué par la violence, soit le constat d'une impasse qui apparemment n'avait pas été envisagée pour cette mission.

Reclus au camp de Roux qui abrite le siège de l'état-major de l'armée nationale dans la capitale, le président de la transition, l'ex-chef rebelle Michel Djotodia, vit certainement sous pression et désemparé, tant son pouvoir acquis par les armes il y a bientôt un an n'a guère de valeur que symbolique.

Prise dans l'étau du bourbier centrafricain que vraisemblablement elle n'avait pas imaginé comme une mission plus périlleuse que l'intervention au Mali pour ses troupes de l'opération Sangaris, la France, ex-puissance coloniale, suggère ouvertement la mise à l'écart du tombeur de François Bozizé, le dé signant comme le principal responsable de la dégradation continue du climat sécuritaire et humanitaire.

Déchirée par les violences commises par les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) d'une part et les milices anti-Balakas (anti- machettes) jugées fidèles à l'ancien régime d'autre part, la Centrafrique est devenue une sorte de zone de non-droit pour ses quelque 5 millions d'habitants dont un millier d'entre eux a été tué au cours du seul mois de décembre, selon les estimations des Nations Unies.

Sur près d'un million de déplacés, environ 100.000 s'entassent dans des camps de fortune sur le site de l'aéroport international de Bangui M'Poko sous protection des forces françaises, à en croire une autre estimation.

Du Cameroun au Nigeria, en passant par le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore le Tchad (dont les ressortissants pour la plupart musulmans sont devenus l'objet de règlements de comptes de la part des miliciens chrétiens anti-Balakas suite à des accusations de collusion du contingent tchadien de la MISCA avec les ex-Séléka), le pays se vide de ses résidents étrangers africains.

Ex-porte-parole militaire de la coalition Séléka aujourd'hui commandant de la gendarmerie mobile centrafricaine, le colonel Christian Narkoyo, musulman originaire comme Djotodia du Nord du pays, juge la situation « choquante » et « malheureuse ». « C'est triste de voir partir comme ça des gens qui sont installés depuis des décennies. On ne sait avec qui vivre », a-t-il souligné dans un entretien téléphonique à Xinhua à Bangui.

Interdit de patrouilles avec ses 400 éléments déclarés, une mesure également imposée à la police depuis le 16 décembre dans la capitale à la demande des responsables militaires français, Narkoyo, ex-gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel dans la rébellion, continue d'accuser à son tour l'armée française d'avoir compliqué davantage les choses avec son dé sarmement forcé où les ex-Séléka se sont vus livrés à la vindicte populaire et les anti-Balakas « protégés ».

« C'est la France qui est en train d'envenimer la situation. Vraiment, je ne sais comment qualifier cela. Les Sangrais sont venus chasser les musulmans de Bangui. Ils montent les populations chrétiennes contre les musulmans. Ils les arment, les financent. Dans les provinces où il n'y a pas ces Sangaris, c'est calme. Leur mission principale est de venir protéger la population sans exception », affirme-t-il.

Une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU tenue lundi à New York s'est alarmée de cette aggravation de la crise centrafricaine où l'impuissance du pouvoir de Michel Djotodia a ét é établie depuis longtemps. Afin de sortir de l'enlisement, la France préconise l'envoi d'une mission de paix de l'organisation mondiale.

« Si la France ne change pas sa méthode (non favorable à ses yeux aux ex-Séléka, NDLR), la situation va continuer de se dé grader. Si les gens achetaient la nationalité, j'en achèterais une et m'en aller moi aussi », insiste le colonel Narkoyo qui juge cependant inopportun l'envoi de Casques bleus. Car selon lui, « qu' est-ce qu'il y a de grave pour qu'on envoie les Casques bleus ? ».

Pour lui, « les Sangaris ont échoué. Nous demandons à la France d'aider les forces africaines financièrement et maté riellement. Qu'elle finance les 18 milliards de francs CFA (budgé tisés pour le fonctionnement de la MISCA, NDLR). Sans Sangaris, les forces africaines vont réussir ».

Géostratège chef du Centre de recherches et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II au Cameroun, le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, qui avait auparavant estimé que la réussite de la mission de Sangaris et de la MISCA nécessitait un affrontement direct avec les « forces de la guérilla », c'est-à-dire les ex-Séléka et anti-Balakas en même temps, recommande que les deux missions « passent sous administration onusienne ».

« Depuis vingt ans, on a essayé la force de l'Afrique centrale, ça n'a rien donné. Puis, les Français sont venus, ça ne donne toujours rien. La méthode qu'ils ont choisie n'est pas la bonne. On ne désarme pas avec les armes de guerre et on ne peut pas non plus se limiter dans les grands axes sans entrer dans les quartiers », note l'universitaire.

Le premier en Centrafrique à tirer la sonnette d'alarme dès juillet 2012 sur l'ampleur de la crise, l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, plaide lui aussi pour la « transformation de la MISCA et de Sangaris en force onusienne ». Puisque, relève pour sa part l'homme d'Eglise, « en quelques semaines, nous avons vu les limites, parce que les Centrafricains n'ont pas adhéré » et que par ailleurs « l'Etat a fait faillite ».

Mais contrairement aux allégations du camp présidentiel, Mgr. Nzapalainga se félicite de l'action de la force française qui, affirme-t-il, « est venue sauver ce qui devait être pire, les massacres. Au début, on pensait que c'est une force partiale. Avec le temps, on s'est rendu compte que c'est une force d' interposition ».

« Rien ne se fera sans la contribution des Centrafricains, qu' ils soient convaincus surtout de la paix, qu'ils tournent le dos à la violence », avise-t-il cependant dans un appel à un sursaut patriotique national. « Il est temps d'enterrer la hache de guerre, d'aller vers un consensus national ».

Il insiste surtout sur l'engagement « responsable » des acteurs politiques, lesquels se font discrets, bottant sans cesse en touche les sollicitations des journalistes sous prétexte d'être occupés, et s'emploient au contraire à se concentrer sur la pré paration des prochaines élections présidentielle et législatives que le président français François Hollande souhaite voir se tenir cette année.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:58

AFFAIRE DIEUDONNÉ A NANTES : Les intellectuels écrivent au Préfet de la Loire Atlantique et au président Hollande.

 


Lettre ouverte à Monsieur François Hollande-PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE/Copie à: - Ministre de la justice et Préfet de Loire Atlantique
Monsieur le Président,

Dans un contexte où de plus en plus de jeunes des quartiers défavorisés de France et d’Outre-Mer vivent dans la pauvreté et sans perspective concrète de s’en sortir, il n’est pas de bon sens dans l’entreprise de diversion mise en œuvre ces dernières semaines par un binôme de politiques et d’associations qui appellent la société civile à pervertir l’usage de la loi en créant des troubles à l’ordre public.

Quelles que soient les circonstances, appeler à créer le chaos et échauffer les esprits témoigne d’une irresponsabilité absolue et inexcusable.

D'une part, c’est à l’appareil judiciaire et à lui seul qu’il revient de déterminer le caractère délictueux des actes posés par des individualités et de fixer les condamnations qui en découlent, et nul, quelle que soit sa fortune où sa position sociale, n’est habilité à interférer dans le cours de la justice, a fortiori à exhorter la jeunesse à « se faire justice » elle-même.

D'autre part, c'est à l’État de démontrer qu'à la hiérarchisation raciale d’autrefois n'a pas succédé aujourd’hui une hiérarchisation du racisme et de la discrimination raciale.

Nous exhortons donc ceux qui se sont égarés à ouvrir cette boîte de pandore, à s’appliquer à la refermer très vite. Ils en ont les moyens.
Dans l’intérêt commun, pour la sauvegarde de la paix sociale, nous devons tous agir pour un apaisement des esprits.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

Rosa Amelia Plumelle Uribe
Peter Lema
Martin Okeke
Louis Sala Molins

Coalition de la Sixième Région de la Diaspora de l'Union Africaine (CSRDUA)
Collectif du 10 mai
DDPA Watch group (Observatoire de la mise en œuvre du Plan d'Action de Durban)
MIR-France (Mouvement International pour les Réparations)

 

CIRCULAIRE VALLS CI-DESSOUS

 

 

 

Circulaire Valls-copie-1

 

 

 

 

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:54

 

      La circulaire Valls invitant les préfets à interdire les spectacles de Dieudonné Mballa Mballa  est un acte politique ou judiciaire ?
 

 

 

Cliquez ci-dessous en cas de Prôblème SVP.

            

http://www.dailymotion.com/video/x19c7nn_dieudonne-la-circulaire-de-manuel-valls-n-est-pas-conforme-au-droit-jack-lang_news

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:52

La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala selon par DIANA JOHNSTONE  de Counter Punch

 diana-johnstone1.jpg

L’article est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche, c’est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un centre droit.

Je en ferai pas de commentaires même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manque.

La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala

la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l’establishment français

par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.

Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.

Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.

Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale», l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de trouble à l’ordre public,» ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire.

 L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

 

Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»

En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la «quenelle.» Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.

 Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.» La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.

Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l’envers». (On n’est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché)

Comme quelqu’un l’a remarqué, un «salut nazi à l’envers» peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

 Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !

 Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ?

La France a un grand besoin de rire 

L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de l’homme» – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.

Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur «l’humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)?

La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.

Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?

Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.

 Pourquoi le haïssent-ils ?

Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du «multiculturalisme» que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.

Il y a dix ans, le 1er décembre 2003, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,» un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux autres de «rejoindre l’axe du bien israélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.

C’était dans la première année de l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .

Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.

« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?

A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.

L’arrière-plan idéologique

 Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.

En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de «politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le «communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.

En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre «l’antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale.»

Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.

La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres)

De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais.

Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.

Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.

Les usages politiques de l’holocauste

Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.

Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le «fascisme» est l’authentique «idéologie française». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.

Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.

Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT].

Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.

 Personne ne sait quand s’arrêter 

Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.

A l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français de l’étranger» – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté «La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites.»

 

La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.

Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’Etat.

Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:50

50 vérités sur Fidel Castro

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                                                          Fidel CASTRO 

Le leader historique de la Révolution cubaine a marqué à jamais l’Histoire de Cuba et de l’Amérique latine, faisant de son pays un symbole de dignité et de résistance.

1. Issu d’une fratrie de sept enfants, Fidel Castro est né le 13 août 1926 à Birán dans l’actuelle province d’Holguín, de l’union entre Angel Castro Argiz, un riche propriétaire terrien espagnol originaire de Galice, et Lina Ruz González, cubaine de naissance.

2. A l’âge de sept ans, il part pour la ville de Santiago de Cuba et réside chez une institutrice chargée de son éducation. Celle-ci l’abandonne à son sort. « J’y ai connu la faim », se rappellera Fidel Castro et « on avait trompé ma famille ». Un an plus tard, il intègre le collège religieux des Frères de la Salle en janvier 1935 en tant qu’interne. Il quittera l’institution à l’âge de onze ans pour le collège Dolores, en janvier 1938, après s’être rebellé contre l’autoritarisme d’un enseignant. Il poursuit ensuite sa scolarité chez les jésuites au collège de Belén de La Havane de 1942 à 1945. Après des études brillantes, son professeur, le Père Armando Llorente, écrit dans l’annuaire de l’établissement : « Il s’est distingué dans toutes les matières littéraires. Excellent et rassembleur, il a été un véritable athlète, défendant toujours avec courage et fierté le drapeau du collège. Il a su gagner l’admiration et l’affection de tous. Il poursuivra des études de droit et nous ne doutons pas qu’il remplira de pages brillantes le livre de sa vie ».

3. Malgré son exil à Miami en 1961 suite aux tensions entre le gouvernement révolutionnaire et l’Eglise catholique cubaine, le Père Llorente a toujours conservé un souvenir nostalgique de son ancien élève : « On me reproche souvent de dire du bien de Fidel. Moi, je ne peux pas dire du mal du Fidel que j’ai connu. De plus, un jour, il m’a sauvé la vie et ce sont des choses qu’on ne peut jamais oublier ». Fidel Castro s’était jeté dans un fleuve pour sauver son professeur qui était emporté par le courant.

4. En 1945, Fidel Castro entre à l’Université de La Havane où il entreprend une carrière de droit. Elu délégué de la Faculté de Droit, il participe activement aux manifestations contre la corruption du gouvernement du Président Ramón Grau San Martín. Il n’hésite pas non plus à dénoncer publiquement les bandes armées du BAGA liées aux autorités politiques. Max Lesnik, alors secrétaire général de la Jeunesse Orthodoxe et camarade de Fidel Castro, se remémore cet épisode : « Le comité ‘30 Septembre’ [créé pour lutter contre les bandes armées] avait pris la décision de dénoncer le gouvernement et les gangsters durant la session plénière de la Fédération des étudiants. Dans le salon, plus de 300 étudiants des diverses facultés se pressaient pour écouter Fidel quand quelqu’un cria […] : ‘Celui qui parlera trop, parlera pour la dernière fois’. Il était clair que la menace s’adressait à l’orateur. Fidel s’est levé de sa chaise et d’un pas posé et ferme marcha vers le centre du grand salon. Après avoir demandé une minute de silence en souvenir des martyrs […], il s’est mis à lire une liste officielle avec les noms de tous les membres des gangs et des dirigeants de la Fédération estudiantine universitaire stipendiés par le gouvernement ».

5. En 1947, à l’âge de 22 ans, Fidel Castro participe avec Juan Bosch, futur Président de la République Dominicaine, à une tentative de débarquement de Cayo Confite pour renverser le dictateur Rafael Trujillo, alors soutenu par les Etats-Unis.

6. Un an plus tard, en 1948, il participe au Bogotazo, soulèvement populaire déclenché par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles en Colombie.

7. Diplômé de droit en 1950, Fidel Castro exerce en tant qu’avocat jusqu’en 1952 et défend les petites gens, avant de se lancer en politique.

8. Fidel Castro n’a jamais milité au sein du Parti Socialiste Populaire (PSP), parti communiste de la Cuba prérévolutionnaire. Il était membre du Parti du Peuple Cubain, également appelé Parti Orthodoxe, fondé en 1947 par Eduardo Chibás. Le programme du Parti Orthodoxe de Chibás est progressiste et se base sur plusieurs piliers : la souveraineté nationale, l’indépendance économique par la diversification de la production agricole, la suppression des latifundios, le développement de l’industrie, la nationalisation des services publics, la lutte contre la corruption et la justice sociale avec la défense des travailleurs. Fidel Castro revendique son appartenance à la pensée de José Martí, de Chibás et anti-impérialiste. Orateur de grand talent, il se présente aux élections parlementaires en tant que candidat du Parti du Peuple Cubain en 1952.

9. Le 10 mars 1952, à trois mois des élections présidentielles, le général Fulgencio Batista brise l’ordre constitutionnel en renversant le gouvernement de Carlos Prío Socarrás. Il obtient le soutien immédiat des Etats-Unis qui reconnaissent officiellement la nouvelle dictature militaire.

10. L’avocat Fidel Castro dépose plainte contre Batista pour rupture de l’ordre constitutionnel : « Si des tribunaux existent, Batista doit être sanctionné, et si Batista n’est pas sanctionné […], comment ce tribunal pourra-t-il ensuite juger un citoyen pour sédition ou rébellion contre ce régime illégal produit de la trahison impunie ? » La Cour Suprême, inféodée au nouveau régime, juge la demande irrecevable.

11. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro prend la tête d’une expédition de 131 hommes et lance une attaque contre la caserne Moncada de Santiago de Cuba, seconde forteresse militaire du pays, et contre la Caserne Carlos Manuel de Céspedes de la ville de Bayamo. Le but était de prendre le contrôle de Santiago – berceau historique de toutes les révolutions – et de lancer un appel à la rébellion dans tout le pays afin de renverser le dictateur Batista.

12. L’opération est un échec sanglant et de nombreux combattants – 55 au total – sont assassinés après avoir été brutalement torturés par l’armée. En effet, seuls 6 d’entre eux avaient perdu la vie lors des combats. Quelques-uns réussissent à s’échapper grâce au soutien de la population.

13. Fidel Castro, capturé quelques jours plus tard, doit sa vie au sergent Pedro Sarría, qui refuse de suivre les ordres de ses supérieurs et d’exécuter le leader du Moncada. « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! On ne tue pas les idées », s’était-il exclamé face à ses soldats.

14. Durant sa plaidoirie historique intitulée « L’Histoire m’acquittera », Fidel Castro, qui assure sa propre défense, dénonce les crimes de Batista et la misère dans laquelle vit le peuple cubain et présente son programme pour une Cuba libre basé sur la souveraineté nationale, l’indépendance économique et la justice sociale.

15. Condamné à 15 ans de prison, Fidel Castro est libéré deux ans plus tard, en 1955, suite à une amnistie accordée par le régime de Batista. Il fonde le Mouvement 26 Juillet (M 26-7) et fait part de son projet de poursuivre la lutte contre la dictature militaire avant de s’exiler au Mexique.

16. Fidel Castro y organise l’expédition du Granma, en compagnie d’un médecin nommé Ernesto Guevara. Fidel Castro n’a aucun mal à convaincre le jeune argentin qui se souvient : « Je l’ai connu durant une nuit fraîche à Mexico, et je me souviens que notre première discussion tourna autour de la politique internationale. Quelques heures plus tard – au petit matin – j’étais l’un des futurs expéditionnaires ».

17. En août 1955, Fidel Castro publie le premier manifeste du Mouvement 26 Juillet qui reprend les points essentiels de sa plaidoirie « L’Histoire m’acquittera ». Il y est question de réforme agraire, d’interdiction des latifundios, de réformes économiques et sociales en faveur des déshérités, d’industrialisation de la nation, de construction de logements, de baisse des loyers, de nationalisation des services publics de téléphone, gaz et électricité, d’éducation et de culture pour tous, de réforme fiscale et de réorganisation de l’administration publique pour lutter contre la corruption.

18. En octobre 1955, afin de récolter des fonds nécessaires à l’expédition, Fidel Castro réalise une tournée aux États-Unis et se réunit avec les exilés cubains. Le FBI met sous étroite surveillance les clubs patriotiques M 26-7 fondés dans les différentes villes.

19. Le 2 décembre 1956, Fidel Castro embarque dans le port de Tuxpán au Mexique à bord du bateau Granma d’une capacité de 25 personnes. Les révolutionnaires sont 82 au total et mettent le cap sur Cuba avec l’objectif de déclencher une guerre de guérilla dans les montagnes de la Sierra Maestra.

20. La traversée se transforme en cauchemar en raison des conditions climatiques. Un expéditionnaire tombe à la mer. Juan Almeida, membre du groupe et futur commandant de la Révolution, se remémore l’épisode : « Fidel nous a dit la chose suivante : ‘Tant que nous ne l’aurons pas sauvé, nous ne bougerons pas d’ici’. Cela a ému tout le monde et a éveillé notre combativité. On s’est dit qu’avec cet homme, personne ne serait abandonné. On mettait pourtant en péril l’expédition. Mais on l’a finalement sauvé ».

21. Après une traversée de sept jours, au lieu des cinq prévus, le 2 décembre 1956, la troupe débarque « dans le pire marécage jamais vu » selon Raúl Castro. Elle est dispersée par les tirs de l’aviation cubaine, et pourchassée par 2 000 soldats de Batista qui attendaient les révolutionnaires.

22. Quelques jours plus tard, à Cinco Palmas, Fidel Castro retrouve son frère Raúl et 10 autres expéditionnaires. « Maintenant, nous allons gagner la guerre », déclare le leader du M 26-7 à ses hommes. La guerre de guérilla débute et durera 25 mois.

23. En février 1957, l’interview de Fidel Castro réalisée par Herbert Matthews du New York Times permet à l’opinion publique étasunienne et mondiale de découvrir l’existence d’une guérilla à Cuba. Batista avouera plus tard dans ses mémoires que grâce à ce scoop médiatique « Castro commençait à devenir un personnage de légende ». Matthews nuance cependant l’importance de son interview : « Aucune publicité, si sensationnelle qu’elle fût, n’aurait pu donner quoi que ce soit plus tard si Fidel Castro n’avait pas été précisément l’homme que j’avais décrit ».

24. Malgré les déclarations officielles de neutralité dans le conflit cubain, les États-Unis ont apporté leur soutien politique, économique et militaire à Batista, et se sont opposés à Fidel Castro jusqu’aux ultimes instants. Le 23 décembre 1958, à une semaine du triomphe de la Révolution, alors que l’armée de Fulgencio Batista est en déroute malgré sa supériorité en hommes et en armes, a lieu la 392ème rencontre du Conseil de sécurité nationale, en présence du Président Eisenhower. Allen Dulles, directeur de la CIA, exprime clairement la position des États-Unis : « Nous devons empêcher la victoire de Castro ».

25. Malgré le soutien des États-Unis, ses 20.000 soldats et une supériorité matérielle, Batista ne put vaincre une guérilla composée 300 hommes armés lors de l’offensive finale durant l’été 1958 qui mobilisa plus de 10 000 soldats. Cette « victoire stratégique » révèle alors le génie militaire de Fidel Castro qui avait anticipé et mis en échec l’opération Fin de Fidel lancée par Batista.

26. Le 1er janvier 1959, cinq ans, cinq mois et cinq jours après l’attaque de la caserne Moncada du 26 juillet 1953, triomphe la Révolution cubaine.

27. Lors de la formation du gouvernement révolutionnaire en janvier 1959, Fidel Castro est nommé ministre des Forces armées. Il n’occupe ni la Présidence, dévolue au juge Manuel Urrutia, ni le poste de Premier Ministre, occupé par l’avocat José Miró Cardona.

28. En février 1959, le Premier Ministre Cardona, opposé aux réformes économiques et sociales qu’il juge trop radicales (projet de réforme agraire), présente sa démission. Manuel Urrutia fait alors appel à Fidel Castro pour occuper le poste.

29. En juillet 1959, face à l’opposition du Président Urrutia qui refuse de nouvelles réformes, Fidel Castro démissionne de son poste de Premier Ministre. D’immenses manifestations populaires éclatent alors à Cuba, exigeant le départ d’Urrutia et le retour de Fidel Castro. Le nouveau Président de la République Osvaldo Dorticós le nomme de nouveau Premier Ministre.

30. Les États-Unis se montrent immédiatement hostiles à Fidel Castro en accueillant les dignitaires de l’ancien régime, dont plusieurs criminels de guerre qui ont dévalisé les réserves du Trésor Public, emportant dans leur fuite 424 millions de dollars.

31. Pourtant, dès le départ, Fidel Castro fait montre de sa volonté d’entretenir de bonnes relations avec Washington. Néanmoins, lors de sa première visite aux États-Unis en avril 1959, le Président Eisenhower refuse de le recevoir et préfère aller jouer au golf. John F. Kennedy exprimera ses regrets à ce sujet : « Fidel Castro fait partie de l’héritage de Bolivar. Nous aurions dû faire un accueil plus chaleureux au jeune et fougueux rebelle lors de son triomphe ».

32. Dès octobre 1959, des pilotes en provenance des États-Unis bombardent Cuba et retournent en Floride sans être inquiétés par les autorités. Le 21 octobre 1959, une bombe larguée au-dessus de La Havane fait deux morts et 45 blessés. Le responsable du crime, Pedro Luis Díaz Lanz, retourne à Miami sans être inquiété par la justice et Washington refuse de l’extrader à Cuba.

33. Fidel Castro ne se rapproche de Moscou qu’en février 1960 et n’acquiert des armes soviétiques qu’après s’être heurté au refus des États-Unis de lui fournir l’arsenal nécessaire à sa défense. Washington a également fait pression sur le Canada et les nations européennes sollicitées par Cuba afin de l’obliger à se tourner vers le bloc socialiste et ainsi justifier sa politique hostile vis-à-vis de La Havane.

34. En mars 1960, l’administration Eisenhower prend la décision formelle de renverser Fidel Castro. Au total, le leader de la Révolution cubaine réchappera à non moins de 637 tentatives d’assassinat.

35. En mars 1960, le sabotage par la CIA du navire français La Coubre chargé d’armes dans le port de La Havane fait plus d’une centaine de morts. Dans son discours en hommage aux victimes, Fidel Castro lance le slogan « La Patrie ou la mort » inspiré de celui de la Révolution française en 1793 « Liberté, égalité, fraternité ou la mort ».

36. Le 16 avril 1961, suite aux bombardements des principaux aéroports du pays par la CIA, prélude de l’invasion de la Baie des Cochons, Fidel Castro déclare le caractère « socialiste » de la Révolution.

37. Lors de l’invasion de la Baie des Cochons par 1400 exilés financés par la CIA, Fidel Castro monte au front et se retrouve en première ligne de combat. Il inflige une sévère défaite aux États-Unis en écrasant les envahisseurs en 66 heures. Sa popularité atteint alors des sommets à travers le monde.

38. Durant la crise des missiles d’octobre 1962, le général soviétique Alexei Dementiev était aux côtés de Fidel Castro. Il raconte ses souvenirs : « J’ai passé aux côtés de Fidel les moments les plus impressionnants de ma vie. J’étais la plupart du temps avec lui. Il y eut un moment où nous avons considéré comme proche l’attaque militaire des États-Unis et Fidel a pris la décision de lancer l’état d’alerte. En quelques heures, le peuple était en position de combat. La foi de Fidel en son peuple était impressionnante, et la foi de son peuple et de nous-mêmes, les soviétiques, en lui également. Fidel est, sans discussion aucune, l’un des génies politiques et militaires de ce siècle ».

39. En octobre 1965, le Parti Communiste Cubain (PCC) est créé en remplacement du Parti uni de la Révolution socialiste (PURS) né en 1962 (qui substitua les Organisations révolutionnaires intégrées – ORI – créées en 1961). Fidel Castro est nommé Premier secrétaire.

40. En 1975, Fidel Castro est élu pour la première fois à la Présidence de la République suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. Il sera réélu à ce poste jusqu’en 2006.

41. En 1988, à plus de 20 000 kilomètres de distance, Fidel Castro dirige depuis La Havane la bataille de Cuito Cuanavale en Angola, au cours de laquelle les troupes cubaines et angolaises infligent une cuisante défaite aux forces armées sud-africaines qui avaient envahi l’Angola et qui occupaient la Namibie. L’historien Piero Gleijeses, professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington, a écrit à ce sujet : « Malgré tous les efforts de Washington [allié au régime de l’Apartheid], Cuba changea le cours de l’histoire en Afrique australe […]. La prouesse des Cubains sur le champ de bataille et leur virtuosité à la table des négociations s’avérèrent décisives pour contraindre l’Afrique du Sud à accepter l’indépendance de la Namibie. Leur défense victorieuse de Cuito Cuanavale fut le prélude d’une campagne qui obligea la SDAF à quitter l’Angola. Cette victoire eut des répercussions au-delà des frontières de la Namibie ».

42. Observateur lucide de la Perestroïka, Fidel Castro déclare au peuple dans un discours prémonitoire du 26 juillet 1989 qu’en cas de disparition de l’Union soviétique, Cuba devra résister et poursuivre la voie du socialisme : « Si demain ou un autre jour nous nous réveillons avec la nouvelle qu’une grande guerre civile a éclaté en URSS, ou même si nous nous réveillons avec la nouvelle que l’URSS s’est désintégrée […], Cuba et la Révolution cubaine continueraient à lutter et à résister ».

43. En 1994, en pleine Période Spéciale, il rencontre pour la première fois Hugo Chávez avec lequel il noue une forte amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier en 2012. D’après Fidel Castro, le président vénézuélien était « le meilleur ami qu’a eu le peuple cubain ». Tous deux mettent en place un partenariat stratégique avec la création en 2005 de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique qui regroupe désormais huit pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

44. En 1998, Fidel Castro reçoit la visite du Pape Jean-Paul II à La Havane. Ce dernier demande « au monde s’ouvrir à Cuba et à Cuba de s’ouvrir au monde ».

45. En 2002, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter réalise une visite historique à Cuba. Il intervient en direct à la télévision : « Je ne suis pas venu ici pour m’immiscer dans les affaires internes de Cuba, mais pour tendre une main amicale au peuple cubain et offrir une vision du futur pour nos deux pays et pour les Amériques […]. Je veux que nous soyons amis et que nous nous respections mutuellement […]. Étant donné que les États-Unis sont la nation la plus puissante, c’est à nous d’effectuer le premier pas ».

46. En juillet 2006, suite à une grave maladie intestinale, Fidel Castro est contraint de se retirer du pouvoir. Conformément à la Constitution, le Vice-président Raúl Castro lui succède.

47. En février 2008, Fidel Castro renonce définitivement à tout mandat exécutif. Il se consacre alors à la rédaction de ses mémoires et publie régulièrement des articles sous le titre de « Réflexions ».

48. Arthur Schlesinger Jr., historien et conseiller spécial du Président Kennedy, a évoqué la question du culte de la personnalité après un séjour à Cuba en 2001 : « Fidel Castro ne fomente pas le culte de la personnalité. Il est difficile de trouver une affiche ou même une carte poste de Castro à La Havane. L’icône de la Révolution de Fidel, visible partout, est le Che Guevara ».

49. Gabriel García Márquez, écrivain colombien et Prix Nobel de littérature, est un ami intime de Fidel Castro. Il a en dressé un bref portrait et souligne « la confiance absolue qu’il place dans le contact direct. Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. [...] Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu’aux limites de l’imprévu. »

50. Le triomphe de la Révolution cubaine le 1er janvier 1959 dirigé par Fidel Castro est l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Amérique latine du XXe siècle. Fidel Castro demeurera comme l’une des figures les plus controversées du XXe siècle. Néanmoins, même ses plus farouches détracteurs reconnaissent qu’il a fait de Cuba une nation souveraine et indépendance respectée sur la scène internationale, aux indéniables réussites sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture, du sport et de la solidarité internationale. Il restera à jamais comme le symbole de la dignité nationale qui s’est toujours aligné aux côtés des opprimés et qui a apporté son soutien à tous les peuples qui luttaient pour leur émancipation.

 

Par Salim Lamrani,

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité (Paris, Editions Estrella, 2013) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A…
Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:47

Le député belge Laurent Louis à Algérie patriotique : «L’Europe est dirigée par des criminels et des voyous»

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Algeriepatriotique : Le Parlement belge vous a enlevé votre immunité parlementaire alors qu’un autre député incarcéré pour l’assassinat de son épouse n’a pas connu la même sanction. Pouvons-nous connaître les raisons pour lesquelles votre immunité a été levée ?
Laurent Louis : Vous faites allusion à Bernard Wesphael soupçonné d’avoir assassiné son épouse. En réalité, ce n’est pas le Parlement, mais la justice qui a levé son immunité parlementaire immédiatement, parce qu’elle a considéré qu’il y avait flagrant délit et, donc, ce député, aujourd’hui, s’accroche fortement à son immunité parlementaire pour pouvoir sortir de prison. C’est bien la justice et non le Parlement qui a levé son immunité parlementaire, ce qui est permis par la loi dans l’article 59 de la Constitution. Bernard Wesphael fait donc tout son possible pour pouvoir bénéficier de son immunité, ce qui est affligeant dans ce cas de faits très graves. En ce qui me concerne, je n’ai pas voulu m’accrocher à l’immunité, parce que j’estime que c’est un privilège digne d’une époque totalement révolue pour moi. On a levé mon immunité pour différents chefs. Depuis que j’ai fait des révélations dans le dossier Dutroux, l’affaire de pédophilie, d’enlèvements et d’assassinats d’enfants dans les années 1990 en Belgique, je suis dans le «collimateur», et ce sont les ministres de la Justice et de l’Intérieur qui ont demandé au parquet de me poursuivre. C’est un peu particulier, puisque ce sont des ministres appartenant à des partis politiques concurrents qui utilisent leurs fonctions pour demander à la justice d’agir contre un député, donc contre un de leurs adversaires politiques, afin de mettre en œuvre des actions judiciaires qui mènent à la levée de l’immunité. Cela révèle un manque total d’indépendance de la justice par rapport au monde politique. Il s’agit là d’un déficit démocratique très important. Ce que l’on me reproche, c’est d’avoir eu en ma possession le dossier Dutroux, parce que cela dérange l’Etat de savoir que quelqu’un possédant ces documents ose parler des éléments qui montrent que Julie et Melissa, les petites victimes de Marc Dutroux, ne sont pas mortes de faim dans la cache où elles étaient détenues, comme la justice l’a déclaré, mais bien de sévices sexuels. Et comme Marc Dutroux était en prison au moment de leur décès, cela implique que les fillettes ont reçu la visite d’autres personnes pendant son absence. Cela démontre donc l’existence d’un réseau. Cela démontre aussi que les personnes qui ont tué ces enfants ne sont pas en prison. C’est très grave. Deuxième fait qui m’est reproché, c’est d’avoir traité le Premier ministre de pédophile. J’ai démontré qu’il existait différents éléments qui m’avaient permis de l’accuser, dont beaucoup de procès-verbaux et de constats établis par des policiers assermentés qui l’ont vu en compagnie d’enfants, y compris avec des enfants dont le pantalon était baissé jusqu’aux chevilles, et qu’à chaque fois, les poursuites judiciaires ont été empêchées à cause de la renommée de la personnalité politique impliquée. C’est aussi très grave. Les autres faits que l’on me reproche ont trait au fait que j’aurais insulté un journaliste qui lui-même m’a insulté à plusieurs reprises, mais cela n’a pas grand intérêt, et aussi d’avoir publié une liste de prétendus pédophiles sur mon site internet ; or, je ne suis pas du tout l’auteur de cette liste qui a été envoyée à tous les parlementaires et que chacun aurait pu publier. Je n’ai fait que relayer ces informations qui me semblaient importantes. Je pense qu’il est nécessaire que les citoyens belges sachent qui nous dirige exactement. Je ne me suis donc pas accroché à l’immunité, j’ai préféré demander moi-même la levée de l’immunité pour que l’on me permette d’aller devant la justice afin que je puisse m’expliquer, parce que je sais que je n’ai strictement rien à me reprocher et que les faits dont ils m’accusent sont finalement très fantaisistes. Ces poursuites n’ont qu’un seul but, celui de me nuire et de salir mon image. Heureusement, je constate que la population n’est pas dupe et ne veut pas participer à ce jeu, elle se rend bien compte que cette levée de l’immunité est totalement arbitraire et qu’elle vise à faire taire un député qui n’a pas sa langue en poche.
Je vous pose une question directe : le chef du gouvernement belge est-il un pédophile, comment avez-vous eu accès aux procès-verbaux de police et comment ces PV ont-ils été étouffés ?
A partir de 1989, alors qu’Elio Di Rupo était député européen, des policiers communaux assermentés l’ont découvert près d’un lac de sa région de Mons, en compagnie de deux enfants âgés de 13 et 14 ans. Les policiers ont acté que les enfants avaient le pantalon abaissé jusqu’aux chevilles. Ce lieu est connu comme endroit de rencontre à l’abri des regards pour des personnes ayant des relations homosexuelles et extra-conjugales. Que faisait Di Rupo avec des enfants dans cette posture ? C’est bien sûr une question à poser. Ce n’est pas à moi de dire que Di Rupo est pédophile, c’est à la justice de le dire. Le problème, c’est que cet homme est haut placé et qu’il fait tout pour effacer les preuves ou contraindre les témoins au silence. Que s’est-il passé avec ces policiers ? Ils sont allés trouver leur hiérarchie, parce qu’ils voulaient déposer plainte et envoyer des PV au parquet, mais leur hiérarchie le leur a interdit. Quelques années plus tard, ils se sont dit qu’ils ne pouvaient pas continuer à fermer les yeux et la plainte qu’ils ont adressée a directement été classée sans suite. Dans cette plainte, il était inscrit «Vu la personnalité de Monsieur Di Rupo, nous ne poursuivons pas». Il y a encore des dizaines de PV qui datent non plus de 1989, mais de 1996, et je dis bien des dizaines, où à chaque fois Elio Di Rupo est cité pour avoir des relations avec des jeunes, on dit même le prix qu’il payait ces jeunes, des mineurs souvent autour de 14 ans. Il se retrouve aussi cité dans un PV parce que son numéro de téléphone apparaît dans le répertoire d’une personne qui est poursuivie pour diffusion de matériel pédopornographique, donc de matériel pédophile. C’est quand même bizarre de retrouver son numéro de téléphone. Cela fait beaucoup pour une personne qui se dit innocente. De plus, qu’on le croie ou pas, j’ai personnellement rencontré une victime qui déclare qu’à l’âge de 14 ans, elle a été violée par Elio Di Rupo dans la région de Liège, elle l’a crié sur tous les toits, mais qu’a-t-on fait ? On l’a fait passer pour fou et aujourd’hui cet homme est interné. Tout cela m’inquiète, parce que lorsque j’ai été poursuivi pour avoir détenu le dossier Dutroux et en avoir fait des révélations, le juge d’instruction a ordonné à mon encontre une expertise psychiatrique que j’ai d’ailleurs toujours refusée. Depuis quand demande-t-on une expertise psychiatrique pour un recel ? Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions. A chaque fois que l’on veut dénoncer la pédophilie, on fait passer les victimes ou ceux qui dénoncent les pédophiles pour des fous, et on les interne. Et que faut-il pour interner la personne ? Juste un document délivré par un juge. Comme les liens entre la justice et le monde politique sont très importants, puisque ce sont les politiciens qui nomment les juges, évidemment, on peut émettre de grandes craintes sur l’indépendance et l’objectivité des magistrats.
Nous sommes quelque part dans «Vol au-dessus d’un nid de coucous» ou «Orange mécanique» où celui qui n’est pas d’accord avec l’establishment politique et Monsieur Di Rupo se fait passer pour un fou.
Oui. Celui qui n’est pas d’accord est démoli.
Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez eu accès aux PV ?
J’ai eu accès aux PV parce que j’ai fait un travail assez important dans une commission du Parlement. C’était la commission spéciale «Abus sexuels dans l’Eglise» et donc à partir de cette commission, j’ai établi des liens entre les viols qui se sont produits au niveau de l’Eglise et l’affaire Dutroux, parce que bizarrement, ce sont les mêmes personnes qui sont impliquées. Or, ce sont deux dossiers totalement différents. L’affaire Dutroux et l’Eglise, normalement, ne devraient rien à voir entre elles. J’ai donc constaté des liens et ensuite des journalistes et des citoyens m’ont contacté pour me confier des documents. Parmi eux, un ancien député bruxellois, Albert Mayeux, qui m’a remis des documents, parce qu’il était atteint d’un cancer généralisé et qu’il voulait que je poursuive le travail, ce que j’ai fait. J’ai directement voulu en parler publiquement, quitte, je le savais, à mettre ma carrière en danger et à subir les conséquences de mes révélations. Je crois que la vérité vaut la peine que l’on prenne des risques pour la défendre et c’est ce que je fais aujourd’hui. Quelles que soient les conséquences, je continuerai jusqu’au bout parce que, pour moi, l’éthique et la morale sont des valeurs importantes et que l’on doit rendre des comptes à la fin de notre vie. Je tiens à pouvoir me regarder dans un miroir et à ne pas avoir honte de ce que j’ai fait. Je me devais de dire la vérité.
Un père de famille peut-il vivre le plus normalement possible en Belgique sachant que de nombreux prédateurs sexuels peuvent obtenir des postes à responsabilité, dont celui de Premier ministre ? Il semble s’agir d’une véritable pieuvre. Vous avez dit que l’on avait trouvé des milliers de traces ADN dans la maison de Dutroux, dans laquelle étaient détenues et où sont mortes plusieurs petites filles, comment se fait-il que ces traces n’aient pas été exploitées ?
Je pense qu’aujourd’hui en Belgique, mais aussi en Europe, on est malheureusement dirigés soit par des criminels, soit par des voyous. Donc, il y a à la tête de nos pays des prédateurs sexuels ou des voleurs, des gens qui sont là uniquement pour défendre des intérêts financiers. Quand on voit ce qui se passe dans le monde actuellement, tout ne fait que le confirmer. Les interventions militaires à travers le monde entier, comme maintenant en Centrafrique, ne font que montrer que tout ce qui compte, c’est l’argent.
Et les Occidentaux nous donnent des leçons de démocratie…
Ils donnent des leçons de démocratie alors qu’ici il n’y en a pas, que ceux qui nous dirigent sont des voyous, et surtout qu’ils font en sorte que dans notre politique en Europe, il n’y ait plus aucune morale. On est en train de renier tout, aujourd’hui en Belgique : notre passé chrétien, nos valeurs religieuses, on essaie de nous imposer la laïcité, etc. Ce qui fait qu’on en arrive à tout accepter, comme le mariage des homosexuels, et que nos dirigeants n’aient plus la moindre morale. Ce qui se passe est extrêmement grave. Il est devenu difficile de vivre dans un système comme le nôtre. Ou bien on vit sa vie comme tous les citoyens et on accepte en se taisant de payer toujours plus d’impôts en ayant de moins en moins de droits, ou bien, si l’on ose parler, cela devient très dangereux. Si je ne suis pas réélu au mois de mai, ce qui j’espère ne sera pas le cas parce que mon mouvement «Debout les Belges» se développe très bien, je sais que je devrai m’exiler parce que je n’aurai plus aucun avenir en Belgique. Actuellement, je ne peux plus ouvrir de compte en banque, je ne peux plus rien faire, et personne ne m’ouvrira les portes de quoi que ce soit, au contraire, on fera tout pour me salir jusqu’au bout. Donc, je sais que je dois m’exiler si je ne suis pas réélu. On dit toujours que nul n’est prophète en son pays, mais, au moins, je pourrai continuer à me regarder dans un miroir. Par rapport aux traces d’ADN dans la cache de Marc Dutroux, soit plus de 6 000 traces très claires, ce qui s’est passé, c’est que lorsque l’affaire a éclaté, il y a eu beaucoup de changements au niveau de la direction de l’enquête. Certaines personnes, certains enquêteurs qui voulaient poursuivre la thèse des réseaux pédophiles se sont ou ont été écartés comme les juges d’instruction et procureur du roi à Neufchâteau. Ainsi, le juge Conerotte qui voulait enquêter jusqu’au bout et qui, je crois, a tout fait pour que le dossier lui soit retiré parce qu’il subissait des menaces, et des menaces importantes.
Des menaces de mort ?
Oui, bien sûr. Il était sous protection policière avec voiture blindée, et sa famille aussi, ce qui démontre que malgré le fait que Dutroux était en prison, on craignait quand même l’existence d’un réseau puisqu’on a mis le juge d’instruction sous protection. Cela me semble logique. Le juge Conerotte a dû laisser la place au juge Langlois qui, lui, n’a jamais défendu que la thèse de Marc Dutroux prédateur isolé, donc plus question de réseau. Et pour vite aller au procès d’assises, on a décidé de scinder le dossier en deux parties : le dossier où l’on poursuit Dutroux et ses deux ou trois acolytes, et le dossier dysfonctionnements et réseaux. C’est dans le dossier «réseaux» que l’on a mis les traces ADN. Quand Dutroux a été jugé aux assises, on a déclaré que l’on n’avait plus d’argent pour continuer la deuxième enquête, appelée «le dossier bis», et on a dit que cela coûterait trop cher de réaliser les analyses ADN, ce qui est incroyable. Ainsi, en Belgique, pour des meurtres et des viols d’enfants, on ne fait pas d’analyses ADN ! Cela coûte trop cher ! De qui se moque-t-on ? Et, donc, on a classé ce dossier sans suite.
Vous recevez des menaces de mort quotidiennes, on vous a enlevé l’immunité parlementaire et vous n’avez pas le droit d’ouvrir un compte en banque. La Belgique est-elle un pays démocratique ?
Malheureusement, non. Je pense qu’aujourd’hui tout ce que je vois me démontre que nous ne vivons pas en démocratie. Cela fait longtemps que je le disais, mais là, je le vis. Normalement, dans une démocratie, les députés, les parlementaires ont le droit de dire ce qu’ils veulent, ils ont le droit de pointer du doigt les dysfonctionnements sans devoir après rendre des comptes à la justice. C’est incroyable ! Nous n’avons plus de liberté. Si déjà un parlementaire n’a pas de liberté, que dire des citoyens ? C’est gravissime. Donc, nous ne vivons plus en démocratie, c’est, hélas !, une certitude. Ainsi, nous avons développé le mouvement «Debout les Belges» et aucune banque n’accepte de nous ouvrir un compte. De quel droit ?
On cherche à casser votre mouvement ?
C’est très clair, mais on se débrouillera sans compte en banque. Nous connaissons énormément de coups durs, mais nous continuons. Pour ma part, d’un point de vue privé, il m’est très difficile de vivre normalement, il y a énormément de contrôles fiscaux que je ne compte d’ailleurs plus, et l’Etat n’arrête pas de me mettre des bâtons dans les roues.
Vous pensez que c’est prémédité ? Monsieur Di Rupo et sa clique seraient derrière ces contrariétés ?
Bien sûr qu’ils sont derrière, c’est certain. A partir du moment où je ne peux plus ouvrir un compte en banque, alors que je n’ai aucune dette ni aucun crédit, que j’ai toujours payé mes factures, il est clair que j’ai été mis sur une liste noire. Blacklisté par qui ? Par le pouvoir, bien évidemment.
Le fait que le pouvoir politique belge et le chef de gouvernement instrumentalisent tout, faisant pression sur les banques et l’administration fiscale, constitue un grave précédent. C’est tout de même hallucinant.
Ils dirigent tout. Le monde politique aujourd’hui dirige les médias, les banques, absolument tout.
Vous n’avez même pas droit, ainsi que je l’ai souvent constaté, de vous défendre dans les médias. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai appris qu’un mot d’ordre avait été lancé à toutes les rédactions : «On ne donne pas d’interview à Laurent Louis». Ce mot d’ordre m’a été confirmé par quelques journalistes.
Comment expliquez-vous que seule la NVA vous ait écouté à l’hémicycle lors de votre discours relatif à votre levée d’immunité, alors que les députés des autres partis sont sortis de l’Assemblée pour vous boycotter ? Pourtant, les thèmes que vous avez abordés sont des thèmes de société très importants qui concernent tous les citoyens qui doivent savoir qui les dirige. Comment se fait-il que ces députés ferment les yeux et les oreilles, est-ce pour justifier leurs salaires ?
En fait, ce qu’ils font n’est que du cinéma. Ils quittent la salle pour essayer de jouer sur l’émotionnel de la population, l’air de dire : «Vous voyez, ce député, il est tellement dégoûtant que nous ne voulons plus l’écouter parce qu’il ne dit que des saletés. Il va trop loin et c’est honteux de dire ce qu’il dit.» Mais qu’est-ce qui est honteux ? C’est de savoir que des fillettes ont été violées au point d’être totalement détruites au niveau de leurs organes sexuels et de savoir que les auteurs de ces actes sont toujours en liberté. Ça, c’est honteux ! Ce n’est pas celui qui le révèle qui devrait avoir honte, c’est la réalité qui est honteuse.
Ils sont dans le déni, donc…
Ils sont dans le déni, mais ils ne veulent surtout pas que l’on aille plus loin. Donc, ils veulent faire passer le messager pour quelqu’un de honteux pour que l’on n’aille pas chercher plus loin. En fait, sont restés dans l’hémicycle tous les partis considérés par les autres comme des partis extrémistes ou non démocratiques.
Selon la définition du pédophile Di Rupo ?
Voilà. Et la NVA a très bien expliqué sa position en disant qu’il ne s’agissait pas de m’apporter un soutien, mais tout simplement de respecter le Parlement. Nous sommes dans un Parlement et tous les députés ont le droit de parler vrai. Ils ont le droit de dire des choses et d’être écoutés par les autres, sinon cela ne sert plus à rien d’avoir un Parlement. Et, donc, ils sont restés par respect pour la démocratie et le travail parlementaire. Je salue cette position, parce que j’ai vu sur les visages des élus de la NVA qu’ils étaient très surpris de mes révélations, très surpris de voir le nombre de PV que j’ai cités, et cela a créé un doute chez eux. Maintenant, qu’ils me suivent ou ne me suivent pas, peu importe, je sais très bien qu’ils ont tout intérêt à ne pas le faire, parce que ces partis sont intégrés au système, mais au moins ils ont un doute.
Donc, la Belgique est un Etat fasciste ?
Oui, je pense que nous vivons dans un Etat fasciste, où les honnêtes citoyens n’ont pas le droit de se défendre correctement et de manière équitable. Mais c’est l’ensemble de l’Union européenne qui est fasciste. L’Europe d’aujourd’hui est la transposition parfaite de l’Europe voulue par Hitler et le IIIe Reich. Nous en sommes là aujourd’hui, malheureusement. Je ne compte plus dans le Parlement les insignes qui ont été repris du fascisme. On les retrouve absolument partout. C’est affolant de voir les mêmes emblèmes repris dans ce Parlement et qui étaient véhiculés par Hitler et le fascisme. C’est un autre sujet, mais je pense vraiment qu’aujourd’hui nous connaissons un réel déficit démocratique.
Il est important pour nous, peuples du Sud, de savoir que la matrice du nazisme et du fascisme est intacte et qu’elle a juste changé de visage…
C’est important surtout que tous les pays du Maghreb, du nord de l’Afrique, tous les pays arabes et musulmans sont aujourd’hui frappés par ce fléau. Quand on envoie nos avions pour aller bombarder la Libye, c’est l’expression d’un pouvoir fasciste qui décide d’intervenir dans un pays qui ne lui appartient pas et de renverser un pouvoir souverain. C’est la même chose en Syrie, et ce que l’on a fait en Tunisie, en Egypte, au Mali, en Centrafrique, relève du même processus.
Et à présent, c’est en Ukraine…
En Ukraine, il y a une déstabilisation claire du pays, simplement parce qu’il faut affaiblir la Russie. On voit bien que Vladimir Poutine est sorti gagnant du dossier de la Syrie.
Donc, on a créé ces événements pour lui mettre la pression ?
On met la pression pour essayer de l’affaiblir, et j’entends intervenir des députés au Parlement pour dire que c’est une honte, que l’Ukraine doit faire partie de l’Europe, qu’on a la même culture et les mêmes valeurs, et qu’on partage tout. Il faudrait quand même arrêter de rigoler. Qu’avons-nous en commun, nous, en Belgique, avec les Ukrainiens ? Rien !
Quel message le député Laurent Louis, homme politique qui va se représenter aux élections de 2014, pourrait-il adresser au peuple et à l’élite des pays du Sud, dont mon pays l’Algérie, quand certains croient que la démocratie existe réellement en Occident et qu’elle est un modèle à suivre ?
Je dirai à ces élites en Algérie ou ailleurs qu’elles ne doivent pas se laisser berner ni acheter par nos dirigeants politiques, parce que le modèle de démocratie que l’on a chez nous et que l’on veut exporter un peu partout, ce n’est pas un modèle qui correspond à la réelle démocratie. C’est peut-être la démocratie des puissants et de l’argent, mais c’est surtout l’oppression du peuple. C’est aussi la déliquescence de tout patriotisme, de la souveraineté nationale, c’est vraiment vers cela que l’on tend. Et aussi, il faut arrêter que les pays arabomusulmans et du nord de l’Afrique reçoivent des leçons de nos pays. Depuis les années 1960, nos pays ont fait venir énormément d’Algériens, de Marocains, de Tunisiens, de Turcs, d’Africains, afin qu’ils travaillent pour développer notre économie. On en a bien profité, mais nos pays n’ont rien fait pour intégrer ces populations venues de l’étranger et faire en sorte qu’elles se sentent réellement belges, françaises, ou autre. Aujourd’hui dans l’esprit des gens, lorsqu’un Belge blanc et chrétien voit un individu à la peau noire ou un musulman, il le considère comme un étranger, même s’il est né Belgique. C’est inadmissible, et ce sont les politiques qui en sont responsables. Dernièrement, j’ai vu ce qui s’est passé en France avec la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde, quand des jeunes Français d’origine algérienne sont sortis dans les rues avec le drapeau algérien. On en a fait tout un scandale parce que le drapeau algérien avait été hissé sur l’hôtel de ville de Toulouse. Et alors ? Quel est le problème à ce sujet ? N’ont-ils pas le droit à un moment donné d’être fiers de leurs origines, puisque la France de toute façon ne leur offre pas la possibilité de revendiquer la fierté d’être Français en ne les intégrant pas ? Il est tout à fait normal qu’ils s’attachent à quelque chose. On s’offusque de cela, mais lorsque le drapeau français a flotté sur les mairies d’Alger et d’Oran pendant des dizaines d’années, personne ne s’en est offusqué. Le drapeau algérien a flotté pendant cinq minutes sur l’hôtel de ville de Toulouse et on en a fait un drame dans le but d’appeler les Français à voter pour le Front national afin de contrer la «racaille». C’est vraiment exagéré, et je pense que les médias en sont responsables. En ce qui me concerne, je lutterai contre cela. Il faut aussi que les élites en Algérie et ailleurs se mobilisent et refusent de se laisser corrompre, et ouvrent les yeux sur la réalité de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. Mais je pense aussi que ces élites doivent être surveillées par leurs populations.
Vous voulez dire que c’est le peuple qui doit être le maître ?
Tout à fait.
Comment expliquez-vous la montée de l’islamophobie dans le monde occidental ?
Malheureusement, c’est un phénomène véhiculé par le monde politique et par les médias. Aujourd’hui, par exemple en Belgique, dans une ville comme Bruxelles, il y a près de 50% de musulmans. Le politique ne fait rien pour jeter des ponts entre les différentes communautés. On véhicule toujours l’image dans nos médias que les musulmans sont des terroristes en puissance et qu’il faut donc s’en méfier, parce que, bien entendu, les politiciens ne veulent surtout pas que les citoyens s’entendent et travaillent main dans la main. On préfère toujours faire en sorte que les gens aient peur les uns des autres, car la peur naît de ce que l’on ne connaît pas. C’est ce qui se passe aujourd’hui. On véhicule cette peur de l’islam qui n’a pas lieu d’être. Les musulmans sont des gens honnêtes, corrects, et ne sont absolument pas les terroristes que l’on voudrait nous faire croire. Pour moi, les plus grands terroristes sont ceux qui nous dirigent, et personne ne met la population en garde contre leurs agissements. On constate malheureusement de plus en plus d’actes islamophobes avec des mosquées taguées, des insultes et des agressions contre des femmes qui portent le voile. C’est dramatique. Je travaille sur un projet de réconciliation pour faire en sorte que les musulmans de Belgique soient enfin respectés et ne soient plus stigmatisés, c’est pour cette raison que je suis pour la liberté de culte, et que chacun puisse vivre sa religion comme bon lui semble. Je ne trouve pas normal que des femmes en Belgique soient discriminées sur le marché de l’emploi parce qu’elles portent le voile. Ce n’est pas acceptable.
Alors qu’ils sont silencieux par rapport aux juifs. Je ne comprends pas ce deux poids deux mesures. Est-ce à cause des diamantaires d’Anvers ou bien le lobby sioniste pèse encore une fois de tout son poids ?
La montée de l’islamophobie est tout simplement favorisée par ceux qui nous dirigent et qui eux-mêmes sont les metteurs en scène du projet des sionistes. C’est évident. Le projet sioniste existe bel et bien, les sionistes dirigent le monde à travers la finance, et il est très important pour eux de véhiculer cette haine de l’islam.
Vous allez vous porter candidat aux prochaines élections avec votre parti, et en même temps vous avancez l’hypothèse de vous expatrier si vos n’êtes pas élu. Vous abandonneriez la politique ?
On va tout faire pour obtenir ce siège à Bruxelles et je compte bien entendu sur tous les électeurs éveillés, mais aussi sur les électeurs musulmans de Bruxelles qui doivent savoir que je suis là pour les défendre. D’habitude, on met souvent des musulmans de façade qui ne sont que les marionnettes des partis politiques, des attrape-voix qui ne sont là que pour défendre les intérêts des partis.
Soyons clairs, vous parlez de la cooptation d’une élue de service, d’origine marocaine, qui travaille pour le PS, etc. ?
Voilà. C’est ce que j’appelle avec mon mouvement «Debout les Belges», les «collabeurs». Et il y en a beaucoup. Il y a aussi les «collablacks». Ce sont des collabos du système en place qui utilisent leur propre communauté pour être élus, mais ne font strictement rien pour la communauté. Un exemple tout simple, on a un parti en Belgique, le CDH, ancien parti catholique, qui présente sur ses listes à Bruxelles une députée qui porte le voile, Madame Özdemir, mais on voit aussi que le CDH, membre du gouvernement wallon et du Parlement bruxellois, et qui a dans ses compétences l’enseignement, ne se bat pas pour autoriser le port du voile à l’école. C’est complètement incohérent.
Cette femme a été corrompue ?
Elle est là tout simplement pour servir d’attrape-voix, elle est là pour que les femmes voilées à Bruxelles votent pour elle, pour que les religieux musulmans votent pour le CDH, alors que celui-ci ne fait rien pour améliorer le droit des musulmans en Belgique. Et je veux absolument pointer cela du doigt, parce que je suis très clair à ce sujet. J’estime qu’une femme a le droit de porter le voile, j’estime qu’à l’école, on a le droit de manger halal si on le souhaite. Il n’y a rien qui doit s’y opposer. Je compte bien entendu sur l’électorat musulman à Bruxelles pour pouvoir conserver ce siège, parce que je pense que les musulmans en Belgique sont les personnes les plus éveillées, parce qu’ils savent ce qui se passe dans leurs pays d’origine, ils voient très bien les manipulations et ils sont conscients que ce que l’on raconte dans les médias ce sont des mensonges, donc mon discours passe très bien auprès de la population musulmane. Mais il est clair que si je ne suis pas élu, je devrai m’exiler, parce que je n’aurai aucun appui ici.
A quel pays songez-vous ? Sachant que votre compagne est algérienne, vous envisagez de partir en Algérie ?
(Rires) Ce serait très agréable du point de vue du climat. Si on m’accepte, je vais y réfléchir.
Vous allez combattre le Parti socialiste et ses pédophiles, les «collabeurs» surtout marocains, etc. Vous avez en face de vous une muraille de Chine à escalader. Etes-vous optimiste ?
Il faut toujours être optimiste et croire en sa bonne étoile. Quand on est croyant, on fait le maximum et on se dit que Dieu va nous aider, puisque l’on est du côté de la vérité, donc j’espère qu’on pourra compter sur l’aide de Dieu.

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen

Source : Algerie patriotique

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 13:43

RDC : La stratégie d’Obama pour « balkaniser » l’Afrique

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Récemment une tentative de coup d’Etat a été réprimée et avortée. Des coups de feu ont été signalés par la police dans plusieurs quartiers de la capitale, Kinshasa. La station de radio a été prise d’assaut et des journalistes pris en otage. D’autres attaques ont été signalées au siège de l’armée de la RDC et à l’aéroport international. Des affrontements ont également eu lieu à Kindu, dans la province du Maniema, ainsi qu’à Lubumbashi, la capitale de la région minière du Katanga. La révolte a commencé alors que le président Kabila était en visite à Lubumbashi.

Le gouvernement a annoncé que 103 personnes étaient mortes dans ces attaques, dont huit soldats. Les forces de sécurité ont capturé 150 des adeptes du mouvement du pasteur Mukungubila Mutombo, prophète auto-proclamé et adversaire de Kabila ayant été battu lors des élections de 2006. Le porte-parole du gouvernement a qualifié l’opération de mission suicide.

Des sources basées au Congo et en Italie ont rapporté que le président Kabila aurait tenté d’échapper au contrôle exercé par les occidentaux sur les matières premières de son pays, à travers le lancement d’un partenariat avec la Chine. Les Anglo-américains auraient récemment mis entre parenthèses leur relation avec le dictateur rwandais Kagame (en effet des sanctions financières lui ont été récemment imposées suite au soutien qu’il apporte au mouvement du M23, qui recrute des enfants-soldats). Ils auraient fait alors à Kabila une offre plus avantageuse que celle de la Chine.
Au cours du sommet France-Afrique du 6 et 7 décembre [lien vers article de Christine], John Kerry, envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs de l’Afrique centrale et Russ Feingold, ancien sénateur, ont publiquement déclaré, dans un entretien avec Radio France Internationale, que le conflit prolongé dans l’est de la RDC, impliquant l’Ouganda et le Rwanda depuis 20 ans, ne pouvait pas être résolu sans changer les frontières de la RDC.

Russ Feingold sur RFi:

L’accord-cadre d’Addis-Abeba a été signé sous l’égide de l’Union africaine et de l’Onu, en février dernier. Onze pays africains ont signé, mais nous avons besoin d’un dialogue plus large qui, bien sûr, inclurait ce qu’on appelle les pays des Grands Lacs (…) Toutefois, d’autres pays pourraient être intéressés – comme le Congo-Brazza, la Tanzanie. Ils pourraient aussi participer à ces discussions puisqu’elles devraient inclure – si nous parvenons à lancer cette initiative – des problématiques comme celles des groupes armés, les questions de frontières mais aussi des thématiques qui concernent la région dans son ensemble, comme par exemple la question des opportunités économiques qui pourraient naître non seulement pour l’Est du Congo, mais aussi pour toute la région des Grands Lacs.

Dans les yeux des patriotes congolais, cela signifie que les conflits, encouragés par l’empire financier de la City de Londres et de Wall Street, sont utilisés comme prétexte pour diviser la RDC en petits morceaux, jusqu’à faire de la province du Kivu, à l’Est de la RDC, une région du Rwanda.
La balkanisation de la RDC a été le but de cet empire depuis l’accession à l’indépendance de la RDC en 1960. La sécession de la province du Katanga pendant la présidence de Kennedy destinée à saboter sa politique de collaboration avec les nationalistes en Afrique, est un exemple de ces tactiques. Pour les patriotes congolais, rendre cette politique de balkanisation publique aujourd’hui, comme le sénateur américain Russ Feingold l’a fait, c’est franchir la ligne rouge. Au début de l’administration Obama, le secrétaire d’Etat adjoint pour l’Afrique, Johnnie Carson, avait déjà une position similaire. LA RDC était le deuxième plus grand pays industrialisé en Afrique au moment de l’indépendance, et Patrice Lumumba, qui voulait lancer une politique de grands travaux a été assassiné.
Feingold et les États-Unis mènent une politique de double standard, une pour la RDC et une autre pour le Rwanda et l’Ouganda. Le résultat de cette double politique, est une guerre perpétuelle au Congo, qui a déjà causé la mort de plus de 5 millions de personnes.

Lorsque l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a été créée à Addis-Abeba le 25 mai 1963, à la demande de Kwame Nkrumah et des autres chefs d’Etats africains (32 signataires), l’un de ses principes les plus importants était que les frontières coloniales seraient considérées comme sacro-saintes, pour défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance des Etats africains. Si ces frontières pouvaient être malmenées par les grandes puissances étrangères, les pays africains n’auraient plus aucune souveraineté. Ce principe a été inclu dans toutes les constitutions d’Afrique à l’époque. Encore aujourd’hui des chansons populaires font écho à cette idée !

Il faut éviter la balkanisation de la RDC, car comme c’est le cas aujourd’hui au Soudan et Sud Soudan, cette politique ne fait que démultiplier les conflits. Comment ? Par une politique de développement mutuel entre les Etats-nations africains autour de grands projets infrastructurels comme le projet Transaqua.

Via un canal de 2400km, le projet Transaqua transfèrera 100 milliards de mètres cubes annuellement depuis une dizaine d’affluents du Congo.

Une connaissance qui était récemment à Kinshasa nous a signalé que des pourparlers avec des représentants du gouvernement avaient lieu sur la question du grand projet Transaqua. Bien qu’étant très sceptique quant à la possibilité de réaliser le projet, le fait même que le projet Transaqua soit une question discutée à Kinshasa, est très perturbante pour les néo-colonialistes.

Source : Solidarite & Progres

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 01:25

Décès de 11 ENFANTS EN CHINE SUITE AU VACCIN DE  l'hépatite B

 

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Alors que l'hépatite B est une maladie évitable par des mesures de précaution simple pour éviter la transmission, les effets secondaires potentiellement mortels du vaccin restent TOTALEMENT incontrôlables et imprévisibles une fois le vaccin injecté!

 

Selon l'OMS, les vaccins chinois contre l'hépatite B sont sûrs

 

Mis à jour le 30-12-2013

 

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les vaccins chinois sont produits et réglementés conformément aux normes internationales, et le programme de vaccination contre l'hépatite B est essentiel dans la protection des enfants contre la maladie.

 

Bernhard Schwartlander, représentant de l'organisation internationale pour la santé en Chine, a insisté jeudi sur ces points lors d'une interview avec le China Daily.

 

« Étant donné que le virus de l'hépatite B est toujours là, il est important que les bébés soient vaccinés », a-t-il dit.

 

Le bureau de l'OMS à Beijing a rencontré jeudi la Commission nationale de la santé et de la planification familiale pour discuter des derniers développements entourant l'incident au cours duquel 11 nouveau-nés sont morts après avoir été vaccinés contre l'hépatite B.

 

Selon M. Schwartlander, il est difficile d'établir un lien de causalité entre les vaccins et les décès des bébés, car presque tous les nourrissons en Chine reçoivent le vaccin dans le cadre d'un programme de vaccination très réussi.

 

Les statistiques de la Commission ont en effet montré que plus de 16 millions de bébés sont nés en Chine l'année dernière, et que 90% d'entre eux ont été couverts par le programme qui propose une vaccination gratuite contre l'hépatite B.

 

« Sans la couverture vaccinale, il pourrait y avoir une augmentation rapide de la maladie », a averti M. Schwartlander.

 

La Chinea lancé les vaccinations contre l'hépatite B en 2002 en vertu d'un programme de vaccination à l'échelle nationale qui a débuté en 1978 et vise à protéger les enfants contre les maladies qui peuvent être évitées.

 

Les vaccins, qui protègent contre plus de 10 maladies, sont tous fabriqués en Chine, a déclaré Zhao Kai, expert en vaccins et membre de l'Académie chinoise d'ingénierie.

 

M. Schwartlander a qualifié le programme de « très réussi », en disant que la prévalence de l'hépatite B chez les enfants chinois de moins de 5 ans est maintenant inférieure à 1%.

 

Mais il a concédé que certains risques liés à la vaccination ne peuvent être évités.

 

Selon les Centres pour le Contrôle et la Prévention des Maladies américains, le vaccin contre l'hépatite B est très sûr, et la plupart des bénéficiaires n'ont pas de problèmes avec lui. Les problèmes graves sont extrêmement rares. Les réactions allergiques dangereuses ne se produiraient qu'environ une fois sur 1,1 million de doses.

 

« La formation médicale est importante pour que le public puisse comprendre pleinement les bénéfices et les risques du vaccin, lui permettant ainsi de faire le bon choix », a déclaré M. Schwartlander.

 

Il est important que les gouvernements restent vigilants face aux problèmes de vaccins et prennent des mesures préventives, comme la suspension des produits lors des enquêtes, a-t-il dit. Mais « on peut faire confiance aux vaccins produits par les autres fabricants enregistrés », a-t-il ajouté.

 

Les autorités sanitaires de la province du Gansu ont déclaré vendredi qu'elles enquêtaient sur un nouveau décès lié à la vaccination contre l'hépatite B, le 11e de ce genre d'un nourrisson depuis novembre. Dans le dernier cas, un bébé est mort à Lanzhou après avoir reçu une injection du vaccin fabriqué par la société Dalian Hissen Bio-Pharm Inc.

 

Plus tôt, à Loudi, dans la province du Hunan, un garçonnet de 2 mois est décédé mercredi après avoir reçu une injection de vaccin contre l'hépatite B produit à Beijing. La plupart des autres décès sont survenus après la vaccination de produits fabriqués à Shenzhen par la société de biotechnologie BioKangtai. L'utilisation de tous les vaccins contre l'hépatite B de BioKangtai a été suspendue dans l'ensemble du pays.

 

Source : French.China.org

 

Hélas, la "saga" n'est pas finie, le nombre de morts est déjà passé à 17 (en date du 4/1/14)

 

Voir aussi ici car hélas, les décès d'enfants vaccinés, ça n'arrive pas qu'en Chine!

 


 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=xlrHRKe7RQI#t=25

Source : Initiative Africaine

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 01:20

Israëlafrique : Afrique de l’Est et L’oléoduc israélien


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Israëlafrique - La rapidité avec laquelle Benjamin Netanyahou a réagi à l’attaque du « Westgate Mall » par un commando Shebab, le 21 septembre dernier à Nairobi, ne s’explique pas seulement par le fait que le centre commercial appartienne à des Israéliens.

 

La région des Grands Lacs est d’un d’intérêt stratégique primordial pour le Mossad dans sa lutte contre le « terrorisme » dans la Corne de l’Afrique, c’est à dire contre tout ce qui peut gêner le trafic maritime vers la mer Rouge et le port d’Eilat et, surtout, menacer le futur oléoduc reliant le Soudan du Sud au port kenyan de Lamu, près de la frontière somalienne.

 

Si la coopération d’Israël-Kenya, date de l’accession du pays à l’indépendance en 1963, l’attention portée à la région par le Mouvement sioniste remonte au début du 20ème siècle, suite à la proposition faite à Théodore Herzl – père du sionisme politique - par Joseph Chamberlain, secrétaire d’Etat britannique aux colonies, de créer un Etat juif sur le plateau de Mau en Ouganda, pays possédant par ailleurs une tribu juive noire : les Abayudaya. Le projet fut rejeté par le 7ème Congrès sioniste réuni à Bâle, en 1905. L’enquête de faisabilité s’était révélée « négative », sous la pression des partisans d’une implantation en Palestine. Ce plateau, d’une superficie équivalent approximativement à celle de la Corse, fait aujourd’hui partie du Kenya. Des colons juifs, s’installèrent néanmoins en Ouganda et essaimèrent alentour. En 1947, la communauté juive du Kenya – estimée à 150 familles – prit fait et cause pour les terroristes de l’Irgoun et du Groupe Stern déportés par les Britanniques au camp de détention de Gilgil, près de Nairobi. Très influent au sein du petit monde colonial britannique local, Israël « Issy » Somen, président du Board of Kenya Jewry - Bureau de la Juiverie Kenyane » - se fit élire maire de la capitale en 1955. Après l’indépendance, en décembre 1963, le gouvernement israélien en fit son consul honoraire.

 

Les fruits de la politique israélienne

 

Les relations israélo-kenyanes se sont développées dans les domaines commercial, agricole, militaire, et du renseignement, après la tournée africaine de Golda Meir. Elles furent maintenues souterrainement pendant leur rupture officielle provoquée par l’adoption par l’ONU d’une résolution faisant du sionisme une forme de racisme. Si bien qu’en  juillet 1976, Nairobi servit de base arrière au commando des forces spéciales du colonel Yonatan Netanyahu – frère de l’actuel Premier ministre -, envoyé pour libérer les passagers d’un Airbus pris en otage sur l’aéroport d’Entebbe par des membres du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) et de la Fraction Armée Rouge allemande. En 1978, Yitzhak Shamir effectua une visite secrète au Kenya et obtint leur rétablissement en échanges de la livraison de missiles sol-sol Gabriel. En septembre dernier, le quotidien Haaretz pouvait titrer, sans se tromper: « Kenya, base avancée d’Israël en Afrique »…

 

Depuis que David Ben Gourion a lancé sa politique dite d’« Alliance de la périphérie » pour contrer la « menace arabe » - aujourd’hui recyclée iranienne ! - le Mossad apportait son soutien aux minorités ethniques ou religieuses d’Afrique de l’Est, notamment aux chrétiens du sud-Soudan et aux partis d’opposition en Ouganda et en Ethiopie quand le régime ne convenait pas à Israël.

 

Tel-Aviv a recueilli les fruits de sa politique avec l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni en Ouganda et avec la partition du Soudan. En décembre 2011, le président sud-soudanais Salva Kiir a effectué sa première visite officielle à Jérusalem pour remercier les Israéliens : « «Sans vous », leur a-t-il dit « nous n’existerions pas», et le représentant du nouvel Etat à l’ONU s’est aussitôt engagé à voter contre la reconnaissance de l’Etat palestinien…

 

Entente contre le fondamentalisme islamique 

 

Un mois plus tôt, Benyamin Netanyahou - qui ambitionne de constituer une entente contre fondamentalisme islamique avec ces pays, auxquels s’associerait la Tanzanie - avait déclaré à Raila Odinga, Premier ministre kényan, qu’Israël et le Kenya avaient les « mêmes ennemis ». Dans la foulée, Netanyahou avait signé avec son homologue un accord anti-Shebab, vite concrétisé par l’envoi de conseillers militaires, de blindés, et par le tir d’un drone sur un village somalien. Bilan : 17 personnes tuées. L’engagement d’Israël dans le conflit allait être lourd de conséquences pour ses expatriés au Kenya. – on l’a vu avec l’attaque du « Westgate Mall » à Nairobi –, mais riches d’espoirs côté business, et pas seulement dans celui de l’armement.

 

En effet, depuis la création du Soudan du Sud, l’évacuation de son pétrole par une autre voie que le pipeline du Soudan musulman, est à l’ordre du jour. Un vaste plan de développement des infrastructures de l’Afrique de l’Est, comprenant un port, des routes, une voie ferrée, une raffinerie, trois aéroports et un oléoduc de 2250 km reliant les puits sud-soudanais au port kényan de Lamu – et au-delà Israël et l’Asie - est sorti des cartons. Ce plan, baptisé Lapsset (Projet de transport Lamu/Sud-Soudan/Ethiopie, est estimé, au bas mot, à 25 milliards de dollars. Israël est évidemment sur les rangs, tant en ce qui concerne sa réalisation que sa sécurisation. Car, là où le bât blesse, c’est que l’oléoduc longera la frontière du Kenya avec la Somalie sur plus de 600 km. Le Mossad et les conseillers militaires israéliens ont « du pain sur la planche » pour les décennies à venir.

Source : Afrique Asie 

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 01:15

Source : simone lafleuriel-zakri  


 

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
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2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Massacres en Côte d'Ivoire       

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine