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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:12

Violences au Venezuela : Les amis de l’occident veulent le pouvoir par la force et non par les urnes.

 

Au cours des dernières semaines, une vague de violence a provoqué 13 morts et 150 blessés au Venezuela. De nombreux rapports et des images trompeuses ont été relayés dans les médias internationaux, sans vérification, donnant l’impression d’une violence organisée par l’État contre des manifestants pacifiques. Ici nous répondons par des faits à des questions fréquemment posées, révélant une image très différente.

Qui a déclenché la vague de violence actuelle ?

Le 22 Janvier, un certain nombre de dirigeants de l’opposition ont exigé « l’éviction » (La Salida) du gouvernement élu du président Nicolas Maduro. Leopoldo Lopez, un homme politique de droite, est à la tête de cette faction de la coalition de l’opposition vénézuélienne et a déclaré que l’objectif était un changement de régime : « il faut un changement complet … de ceux qui sont au pouvoir … Il est clair à présent que le problème n’est pas seulement Maduro, mais tous les dirigeants publics qui ont accaparé l’état ». Il a ajouté que ce n’était possible qu’en « entraînant les gens dans la rue ». [ i ]

Au Venezuela, il existe une voie démocratique pour évincer le président au cours de son mandat – à travers un référendum révocatoire, et non par la violence des rues. Néanmoins, cette option a été écartée et les premiers incidents violents sont survenus peu de temps après cette déclaration.

Au début de février, à Tachira (un état voisin de la Colombie) la maison du gouverneur de l’Etat fut attaquée avec des cocktails Molotov, des pierres et des bouteilles par des partisans de l’opposition lorsqu’un groupe d’un maximum de soixante-dix personnes ont attaqué sa résidence officielle. 12 personnes ont été blessées, et le groupe aurait détruit le poste de garde de la police, détruit les portes principales et menacé sa femme qui était protégée par la police. Un bus de joueurs de baseball cubains a également été attaqué par des militants de l’opposition. Cibler les Cubains est symbolique car Cuba fournit au Venezuela des médecins en échange de pétrole – une des politiques sociales étroitement identifiées au gouvernement.

Il s’agit donc de politique et pas vraiment d’étudiants ?

Oui. La vague suivante d’incidents majeurs a eu lieu le 12 février, lorsque des milliers ont défilé pour célébrer la Journée Nationale de la Jeunesse. Toutefois, la majorité des élèves étaient présents ce jour-là dans ​​différentes manifestations pour exprimer leur soutien au gouvernement, ou tout simplement pour célébrer la journée de la jeunesse, une fête nationale importante au Venezuela ; ils ne défilaient pas contre le gouvernement [ ii ].

Une petite minorité, comme c’est son droit, a utilisé la journée pour organiser des marches contre le gouvernement. Aucun commentateur sérieux n’a affirmé qu’il s’agissait de manifestations importantes et elles se sont déroulées dans le calme. Mais plus tard dans la journée, une petite minorité a cherché à exploiter la situation et déclencher une vague de violence qui a provoqué les trois premiers morts, dont des partisans et des opposants au gouvernement, à la suite de ce qui a été décrit par le groupe de réflexion (think-tank) états-unien Council on Hemispheric Affairs comme « une attaque violente de la rue à proximité du siège national du bureau du procureur de Caracas ». [ iii ]

Comme le déclare le Center for Democracy in the Americas (Centre pour la démocratie dans les Amériques), il y a peu de doute que la violence ait été surtout provoquée par certains secteurs de l’opposition. [ Iv ] La grande majorité des Vénézuéliens sont d’accord, les sondages d’opinion montrant que plus de 80 % estiment que les manifestations de l’opposition ont été violentes. [ v ]

Pourquoi des éléments de l’opposition de droite recourent-ils à la violence ?

Parce qu’ils n’arrivent pas à gagner par les urnes. La coalition électorale de l’opposition de droite, appelée MUD, a largement perdu les élections régionales et municipales de décembre. La coalition du président Nicolas Maduro a remporté 55 % des voix, avec une avance de 10 % des 1,2 millions de voix [ vi ]. La coalition de l’opposition a perdu quatre élections au cours des 16 derniers mois, dont deux depuis la mort de Hugo Chavez , un événement qu’elle pensait jouerait en sa faveur pour prendre le pouvoir.

Le dirigeant de l’opposition (et candidat aux deux dernières élections présidentielles) Henrique Capriles a présenté les élections de décembre comme un référendum sur le gouvernement – et l’opposition a perdu ce « référendum ». Par conséquence, ces politiciens qui défendent une stratégie par les urnes se retrouvent affaiblis. La première date possible pour un référendum révocatoire constitutionnel sur la destitution du président n’est qu’en 2016, alors ceux qui préconisent des voies alternatives pour évincer le gouvernement, comme par la violence, cherchent donc à prendre les devants. Alors que Henrique Capriles a serré la main du président Maduro en janvier, ce qui démontre non seulement une attitude plus conciliante mais constitue tacitement une reconnaissance de la légitimité de Maduro en tant que président, Leopoldo López et Maria Corina Machado ont tous deux adopté une ligne plus dure. Il faut noter que Capriles, tout en déclarant qu’il soutenait les protestations de l’opposition, a également directement condamné la violence, contrairement aux dirigeants de La Salida. [vii].

Les extrémistes de droite ont-ils déjà eu recours par le passé à la violence et à des moyens inconstitutionnels ?

Tout à fait. Des groupes d’opposition de droite au Venezuela ont employé des moyens inconstitutionnels dans le but de contrer les résultats des élections démocratiques depuis la création d’une nouvelle république au Venezuela en 1999.

Parmi ces moyens, on compte :

  • le coup d’Etat militaire contre Hugo Chavez en 2002, qui a fait des dizaines de morts ;
  • un lock-out des travailleurs du pétrole en 2003 qui a provoqué un effondrement de l’économie dans le but de renverser le gouvernement ;
  • une vague de graves violences de rue en 2004 ;
  • le refus de l’opposition de reconnaître la plupart des élections qu’elle a perdues (tout en reconnaissant celles qu’elle a gagnées, comme celles pour les gouverneurs locaux, par exemple) ;
  • ainsi que la vague de violence qui a fait 13 morts parmi les partisans du gouvernement suite à l’élection présidentielle de 2013 [ viii ]

Est-ce que le gouvernement réprime et tue des manifestants pacifiques ?

Non. Contrairement à de nombreux reportages dans les médias, il n’existe aucune preuve d’une violence gouvernementale organisée ou d’arrestations de manifestants pacifiques. Contrairement à l’impression donnée par la plupart des médias internationaux, les morts ne se comptent pas tous dans les rangs des manifestants de l’opposition. La réalité est très différente. En effet, le gouvernement a à plusieurs reprises condamné toute violence et appelé à la paix et au dialogue avec toutes les forces.

Les meurtres

Au 25 Février, le procureur général a indiqué que 13 personnes avaient été tuées au cours des violences. Il n’existe pas de scénario standard dans tous ces décès. Ce chiffre tragique comprend à la fois l’assassinat de partisans du gouvernement, dont la toute première victime tuée par balle, et certains tués dans des manifestations de l’opposition, ainsi que d’autres tragiquement pris dans le cycle de violence.

  • Les fusillades : A l’heure de rédiger ces lignes, les éléments à disposition indiquent que trois de ces 13 morts étaient des partisans de l’opposition, touchés au cours de manifestations. Il existe toutefois des rapports contradictoires sur les auteurs des coups de feu et de quel côté ils ont été tirés. En outre, un autre tir mortel a atteint le partisan du gouvernement et frère du député socialiste Francisco Martínez, abattu dans l’État de Lara alors qu’il tentait de dégager les restes incendiées d’une barricade à travers la route.En ce qui concerne deux des personnes tuées au cours de la première journée de violences – un adversaire et un partisan du gouvernement – trois policiers militaires ont été arrêtés. Ce qui souligne le fait que nous ne sommes pas en présence d’une politique d’Etat visant à cibler les opposants du gouvernement. Le Président Maduro a laissé entendre que ces deux victimes avaient été tuées avec la même arme, renforcement ainsi la crainte que des éléments incontrôlés cherchent à créer de l’instabilité pour justifier une action. Le Président Maduro a également limogé le chef de la police militaire SEBIN pour avoir placé des agents dans les rues alors qu’il leur avait dit de « ne pas sortir dans la rue » et a dit qu’il « ne protégera pas ceux qui tireront sur quelqu’un lors d’une manifestation. » [ ix ]
  • Meurtres sur les barricades de l’opposition. Au moins trois personnes, dont un procureur, ont trouvé la mort à la suite directe de violentes barricades de l’opposition. Les barricades qui ont provoqué morts et mutilations ont été mises en place sur les conseils d’un ancien général militaire et partisan de l’opposition, qui a conseillé de tendre du fil de fer barbelé à travers la route et (surtout) en hauteur pour blesser délibérément des partisans du gouvernement. [ X ] Au moins une personne a été égorgée par le fil tendu [ xi ]. Un autre homme a été poignardé en cherchant à passer à travers une barricade de l’opposition tandis qu’un partisan de l’opposition a été renversé par une voiture alors qu’il tentait de bloquer une route dans le cadre des manifestations (l’homme accusé de l’avoir renversé a été arrêté ).

Autres violences :

La violence est très majoritairement dirigée contre le gouvernement, les bâtiments publics et les partisans du gouvernement. La caractère généralement anti-gouvernemental des attaques laisse supposer que les principaux coupables sont les éléments extrémistes de l’opposition. Il n’y a pas eu de violence contre un siège de l’opposition, un siège de télévision ou de journal soutenant l’opposition ni contre des symboles associés à l’opposition.

Parmi les armes trouvées sur les personnes arrêtées pour des actes de violence on compte des grenades , des mitrailleuses, des pistolets et des fusils. Une cache d’armes à elle seule, découverte la semaine dernière, contenait 360 bombes à essence, 420 armes à clous et 16 kilos de poudre à canon. [ Xii ] Le même ex-général militaire qui a conseillé sur la construction de barricades mortelles a également tweeté , « pour mettre hors d’usage les véhicules blindés de la dictature [càd les véhicules gouvernementaux ou les véhicules de partisans du gouvernement], des cocktails Molotov devront être jetés sous le moteur ».

De même, outre les coups de feu, des bombes incendiaires, des cocktails Molotov, des dalles de béton et autres projectiles sont toujours employés par les éléments extrémistes de l’opposition au cours d’une série d’actions violentes, dont :

  • L’incendie – et des attaques contre – les transports en commun. Ceci inclut des autobus, dont 40 ont été attaqués avec les passagers et le personnel à bord, et 200 personnes ont reçu des soins médicaux.
  • Le ciblage des bâtiments publics, dont : les centrales électriques ; l’immeuble du ministère des Transports (touché par des coups de feu), le siège de la Fiscalía General (Procureur général ) ; la chaîne de télévision publique (canal 8) ; l’entreprise publique Banco de Venezuela ; des camions de l’entreprise d’état de denrées alimentaires PDVAL, transportant des aliments subventionnés ; des centres de santé et des universités publiques.
  • Contre les médias associés au gouvernement et leurs journalistes. Plus particulièrement, le siège permanent et violent du bâtiment de la chaîne de télévision publique Venezolana de Televisión.

En outre , l’expert universitaire sur le Venezuela, Steve Ellner, a écrit que « les maires de l’opposition à Caracas et d’ailleurs se sont abstenus d’utiliser leur force de police pour contenir la violence. » [ Xiii ]

En revanche, le gouvernement a dit très clairement qu’il n’acceptera pas la violence et a promis de soutenir pleinement le procureur général dans l’enquête et la poursuite des auteurs des violences et des assassinats. [ Xiv ] En outre, s’exprimant le 15 Février, le président Maduro a dit qu’il allait condamner toute violence de la part des gens qui prétendent être ses partisans, en disant « que ce soit clair  : celui qui met ​​un t-shirt rouge avec le visage de Chavez et sort un pistolet pour attaquer nest pas un chaviste ou un révolutionnaire. Je n’accepte pas de groupes violents dans le camp du chavisme ».

Arrestations : les militants de l’opposition d’extrême-droite tentent de présenter les personnes arrêtées pour cette violence comme des victimes de persécutions politiques, alors qu’elles ont été arrêtées pour des crimes. L’experte sur le Venezuela, Dr Julia Buxton, a remis les choses en contexte en rappelant que ces 30 personnes arrêtées le 12 Février l’avaient été pour des troubles graves, dont la construction de barricades, l’incendie de pneus et des attaques au cocktail Molotov [ xv ], alors que 153 étudiants avaient été arrêtés au Royaume-Uni au cours des manifestations de 2010 contre les frais de scolarité.

Qui a tout à gagner d’une vague de violence ?

David Smilde, membre éminent du Washington Office on Latin America, affirme :

« Alors que Capriles avait serré la main de Maduro en Janvier, ce qui signifie non seulement une attitude plus conciliante mais un reconnaissance tacite de la légitimité de Maduro, Leopoldo López et Maria Corina Machado ont tous deux adopté une ligne plus dure et oeuvrent hors de la Mesa de Unidad Democrática (MUD)… Sansaucun doute, en termes politiques immédiats, le plus grand bénéficiaire de la violence d’hier [ 12 février ] estLópez … »

« Dit autrement, du moins vu de l’extérieur, le gouvernement Maduro n’est pas dans une position politique particulièrement vulnérable et il n’aurait aucun intérêt dans un tel contexte à organiser une violence contre une manifestation modeste d’étudiants. Une violence imputable au gouvernement est peut-être la seule chose qui pourrait unifier l’opposition à ce stade, et impulser une grande mobilisation anti-gouvernementale. De plus, la violence attirera forcément une attention internationale négative, ce qui renforcerait les discours sur l’« état voyou » que les critiques ont utilisé pour dépeindre le Venezuela au cours des quinze dernières années ».

Smilde a ajouté dans un autre écrit que « Avant ces événements, Lopez jouait les seconds couteaux pourCapriles … Je pense que son but est de doubler Capriles. Les protestations des étudiants l’ont mis à l’honneur ».

Alors que les partisans du gouvernement avaient largement remporté les élections de décembre, et que Maduro obtenait de bons taux d’approbation au cours des derniers mois, il semble que des éléments de l’opposition de droite engagés dans « La Salida » ont beaucoup plus à gagner de la violence que le gouvernement ou ses partisans.

Les événements actuels présentent-ils des similitudes avec le coup d’état militaire de 2002 ?

La version la plus préoccupante des interprétations des événements actuels est qu’il s’agit d’une tentative par des éléments extrémistes de l’opposition de reproduire les conditions qui ont conduit l’armée au coup d’état de 2002. En 2002, les dirigeants de l’opposition ont orchestré une vague de meurtres, dont des tirs de snipers sur les manifestants des deux bords, puis ont accusé le gouvernement et manipulé et falsifié des images pour justifier qu’une partie de l’armée fasse un coup état, mais aussi pour désorienter la communauté internationale sur ce qui se passait.

Il y a des parallèles inquiétants avec l’actualité.

Le Centre for Democracy in the Americas a noté les nombreuses similitudes dans les attaques contre les bâtiments gouvernementaux, les incendies et les blocages des rues qui ressemblent aux manifestations de rue – « guarimba » – qui ont conduit au coup d’état de 48 heures en 2002. [ Xvi ]

Il a également été publié la conversation, enregistrée la veille de ces dernières violences, entre un ancien ministre des Affaires étrangères avant Chavez et un ancien vice-amiral qui discutent des plans de la violence [ xvii ] et de « quelque chose de similaire à Avril [2002] ». D’autres interrogations portent sur la possibilité que des agents provocateurs/officiers militaires voyous aient tiré sur les manifestants de l’opposition pour attiser de nouvelles vagues de violence. En réponse, s’exprimant le samedi 22 Février, le président Maduro a dit qu’il ferait en sorte de traduire en justice tous les membres des services de sécurité qui ont tiré de leur propre initiative sur les manifestants de l’opposition.

Il convient de noter aussi que les dirigeants actuels de la stratégie de « l’éviction » ont été profondément impliqués dans le coup d’état de 2002. Comme expliqué par le groupe de réflexion Centre for Economic and Policy Research basé à Washington, Leopoldo López et Maria Corina Machado ont appuyé le coup d’état de 2002 ; López a même été impliqué (lorsqu’il était maire de la région de Chacao) en supervisant l’arrestation du ministre de la Justice de l’époque, Ramón Rodríguez Chacín. La police a traîné Rodríguez Chacín hors de l’immeuble où il avait cherché refuge vers une foule en colère qui l’a physiquement agressé. Corina Machado était présente lorsque le gouvernement de Pedro Carmona, issu du coup d’état, a prêté serment et signé un décret de dissolution du Congrès démocratiquement élu, de la Constitution et de la Cour Suprême. [ Xviii ]

Súmate, une organisation créée par Machado, a reçu un financement substantiel de la National Endowment for Democracy à Washington et celle-ci a été fêtée par le président George Bush qu’elle a rencontré à la Maison Blanche.

Un autre parallèle est la manipulation des images médiatiques. De la désinformation a eu lieu en avril 2002 et dans d’autres incidents passés au Venezuela, notamment lorsque des séquences vidéos manipulées ont été utilisées pour fournir une justification politique au coup d’état [xix].

Les manifestations actuelles ont été accompagnées par une campagne de désinformation dans les médias sociaux pour tenter de dépeindre l’administration Maduro comme une dictature violente au lieu d’un gouvernement élu par le peuple. Des dizaines d’images qui circulent sur les sites de médias sociaux, soi-disant en provenance du Venezuela, se sont révélées être soit des faux, soit tirées du passé ou d’autres pays. Des photographies et des clips vidéo tirées du Chili, de l’Argentine ou de la Bulgarie, où des policiers répriment des manifestants et procèdent à des arrestations (dans leur pays respectifs) ont été diffusées et publiées comme des images du Venezuela, et une image largement diffusée montre la Policia Metropolitana de Venezuela en train de parquer des étudiants protestataires. La Policia Metropolitana fut dissoute en 2011. [ Xx ]

La vague de violence politique est-elle comparable à celle de l’Ukraine ?

Non. Bien qu’il y ait eu quelques incidents très violents, ils se sont produits dans quelques zones très limitées. Des informations concordantes indiquent qu’ils se sont produits dans seulement 18 des 335 municipalités. Le Président Maduro a souligné que toutes ces 18 municipalités sont sous l’administration d’un maire ou gouverneur de l’opposition démocratiquement élu, ce qui une fois de plus laisse entendre que la violence avait un objectif politique. Le ministre de l’intérieur, Miguel Rodríguez Torres, a dit que moins de 2000 personnes ont été impliquées dans les violences, sur une population de 30 millions de Vénézuéliens. [ Xxi ]

Par exemple, à Caracas, la plus grande ville du pays, la violence a été concentrée dans des zones comme Altamira et Chacao qui sont l’équivalent de South Kensington et Chelsea (quartiers huppés de Londres, NdT). Dans d’autres zones de Caracas, où vivent la majorité des pauvres, la situation est très différente. Comme rapporté par BBC Mundo :

« ….. Il y a différentes avenues de la capitale où il est pratiquement impossible de faire cinq mètres sans apercevoir des traces d’incendie. Mais en vous rapprochant des quartiers les plus pauvres de la capitale, les barrios (ou favelas), les traces commencent à disparaître. Et la normalité de la vie quotidienne du quartier apparaît.
« Hein ? fut la réponse perplexe d’un homme près de Mamera, dans le sud-est de la ville, quand je lui ai demandé ce qu’il pensait des manifestations qui se produisaient depuis plus d’une semaine à Caracas et d’autres zones du pays. Sa réponse d’une syllabe a clairement montré son désintérêt et a marqué la fin de l’entrevue. … C’est-à-dire qu’une partie du pays est agitée. Mais il y a aussi une autre partie qui ignore ou qui ne veut rien à voir avec ce qui se passe et beaucoup d’entre eux vivent dans les quartiers pauvres …. Les mêmes scènes se sont répétées tout au long du voyage que BBC Mundo a entrepris à travers les zones de Catia, 23 de Enero, la Quebradita et d’autres, qui ont plutôt tendance à soutenir le gouvernement. » [ xxii ]

La violence est la plus intense à San Cristobal, en bordure de la Colombie, où l’opposition est forte et dans la ville andine de Mérida, un autre bastion de l’opposition.

Est-ce que le gouvernement tente de museler l’opposition en arrêtant chef de la protestation, Leopoldo Lopez ?

Non, Leopoldo Lopez a été arrêté sur des accusations d’incitation à la violence et d’incendie criminelle, et non pas parce qu’il exprime des désaccords politiques avec le gouvernement. Ceci fait suite à la délivrance d’un mandat d’arrêt par le procureur général (Ministre de la Justice) – pas par le Président. Si un mouvement de protestation en Grande-Bretagne provoquait une vague d’actions conduisant à la violence et à de nombreux morts, les responsables de ces actions auraient à faire face à des accusations criminelles. Il en est de même au Venezuela, où il revient à la justice vénézuélienne de déterminer si Lopez est coupable ou non de ces accusations.

Il convient également de noter que Lopez ne représente qu’une infime fraction de l’opposition au Venezuela. L’opposition bénéficie d’un soutien électoral de l’ordre de 45 % , mais le parti de Lopez a reçu seulement 6 % des voix lors des élections municipales de décembre. Il y a littéralement des centaines de gouverneurs d’Etat, de députés, maires et conseillers de l’opposition qui s’opposant activement au gouvernement avec une totale liberté pour leurs activités politiques, avec le soutien de la majorité des médias qui sont majoritairement entre des mains privées et hostiles au gouvernement.

En outre , il y a eu de nombreuses petites manifestations de l’opposition au Venezuela au cours des dernières semaines, ainsi que des plus grandes, plus beaucoup d’activité de l’opposition dans les médias sociaux. Une distinction claire est donc tracée – au Venezuela , comme dans d’autres démocraties – entre, d’une part, le droit de manifester, de se réunir, de la liberté d’expression, et, d’autre part, l’usage de la violence.

Est-ce que le gouvernement censure toute couverture médiatique négative ?

Non. Contrairement à de nombreuses accusations fallacieuses, les manifestations ne sont pas ignorées par les médias vénézuéliens et les points de vues de l’opposition s’expriment vigoureusement à la télévision nationale, dans les journaux et dans les médias sociaux.

En prenant comme exemple la télévision, le média le plus influent, le Centre Carter, dirigé par l’ancien président américain Jimmy Carter, a trouvé sur la base d’un sondage d’Octobre 2012 à Mars 2013 que la télévision privée au Venezuela attirait environ 75 % des parts d’audience pour « les événements clés dignes d’intérêt », avec une part de seulement 25 % pour l’État. [ xxiii ] Il a également fait état d’une enquête de AGB Nielsen de 2013 sur toutes les heures de couverture entre Janvier et Juin 2013, qui trouvait que l’audience de la télévision d’Etat était de seulement 8,4% des téléspectateurs.

La couverture des médias privés est extrêmement favorable à l’opposition et critique du gouvernement. Par exemple, la plus grande station de télévision est Venevisión, détenue par le milliardaire magnat des médias Gustavo Cisneros et cette chaîne à elle seule capte environ 35 % d’audience des journaux télévisés lors des « événements clés dignes d’intérêt » . [ Xxiv ] Le groupe de réflexion CEPR basé à Washington a énuméré divers longs entretiens accordés par cette chaîne aux dirigeants de l’opposition pendant les événements actuels, y compris au leader de l’opposition de la ligne dure María Corina Machado arguant que les gens ont le droit de renverser un gouvernement démocratiquement élu. [ xxv ]

Toutes ces chaînes de télévision, sauf une, ont continué à diffuser pendant les événements récents, y compris la station américaine CNN. La seule chaîne arrêtée fût la chaîne colombienne sur câble NTN24 pour des violations graves aux lois relatives à l’équité des médias – l’équivalent des normes de la radiotélévision en Grande-Bretagne. Il a également été largement rapporté que Twitter avait été coupé au Venezuela pour faire taire l’opposition. Ce qui est tout simplement faux, comme on peut le constater par l’énorme quantité de matériaux provenant des médias sociaux du Venezuela et relayés par les médias occidentaux.

Pourquoi le gouvernement accuse-t-il les Etats-Unis d’ingérence ?

Trois diplomates américains ont été expulsés le 16 Février pour s’être réunis avec les manifestants. Qu’ils aient été ou non directement impliqués dans l’organisation des événements actuels – et l’histoire de l’ingérence états-unienne en Amérique latine démontre que c’est certainement une possibilité – les États-Unis continuent d’injecter de l’argent dans l’opposition au gouvernement élu du Venezuela.

L’année dernière, Wikileaks a publié un câble de 2006, de l’ambassadeur des États-Unis au Venezuela de l’époque, William Brownfield, qui décrivait une stratégie en cinq points des États-Unis pour un changement de régime au Venezuela. Ces objectifs devront être atteints par le renforcement des « institutions démocratiques » et seront réalisés grâce au financement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID ) et son Bureau des Initiatives de Transition ( OTI ) [xxvi].

Eva Gollinger , avocate américano-vénézuélienne et auteure qui a révélé les câbles de la CIA décrivant l’implication américaine dans le coup d’état contre Hugo Chavez en 2002 , a décrit comment l’opposition a reçu d’énormes sommes d’argent sous couvert de « renforcement des institutions démocratiques » . Elle écrit :

« Au cours d’une période de dix ans, de 2000 à 2010, les agences américaines, dont l’Agence américaine pour le développement international (USAID ) et son Bureau des Initiatives de Transition ( OTI ), installés à Caracas en 2002, ont canalisé plus de 100 millions de dollars aux groupes d’’opposition au Venezuela. L’objectif global était un changement de régime. »

A l’échelle de la population et la taille économique de la Grande-Bretagne, ce serait l’équivalent d’un versement via l’ambassade des Etats-Unis de 800 millions de dollars à des groupes d’opposition du Royaume-Uni pour influer sur la politique du Royaume-Uni. Un montant à couper le souffle et un tel financement de l’étranger serait tout simplement interdit dans la plupart des pays. [Ndt – en commençant par les Etats-Unis eux-mêmes.]

Ce financement se poursuit. Par exemple, le budget 2014 des Etats-Unis pour les opérations à l’étranger, à lui seul, indique un montant de 5 millions de dollars pour les groupes de l’opposition vénézuélienne. [ Xxvii ] L’importance de cet argent pour les partis de l’opposition est claire. Gollinger explique comment les dirigeants actuels de l’opposition « ont été les principaux bénéficiaires du financement et soutien politique des États-Unispour leurs efforts pour renverser Chavez, et maintenant Maduro. » dont « des fonds de démarrage pour les ONGSúmate de Machado et Capriles et le parti de droite de Lopez Primero Justicia. Quand Lopez s’est séparé dePrimero Justicia en 2010 pour former son propre parti, Voluntad Popular, il a été a financé par des dollars états-uniens ».

De plus, les dernières déclarations du gouvernement états-unien condamnant Maduro pour les troubles actuels sont importantes car elles envoient à l’opposition vénézuélienne le message que Washington soutient une fois de plus un changement de régime. Ce silence contre la violence de l’opposition est interprétée par beaucoup dans l’opposition comme une carte blanche pour poursuivre La Salida. Kerry a fait la même chose en avril de l’année dernière. Lorsque Maduro a été élu président – et que le candidat de l’opposition Henrique Capriles a prétendu à tort que l’élection lui avait été volée – Kerry a refusé de reconnaître le résultat des élections. La vague de violence de l’opposition qui a suivi a fait 13 morts.

Quels sont les liens entre les dirigeants politiques de la droite et les étudiants ?

Le financement US s’est accéléré après la réélection écrasante d’Hugo Chavez en 2006. Les Etats-Unis se sont aussi réorientés vers de nouveaux groupes afin de construire une future opposition. Les groupes d’étudiants ont été une cible clé. Gollinger explique que le financement « a été dirigé vers les jeunes et les groupes d’étudiants, y compris pour la formation à l’utilisation des réseaux sociaux pour mobiliser les militantspolitiques. Les leaders étudiants ont été envoyés aux États-Unis pour suivre des ateliers et des conférences sur le militantisme sur Internet et le réseautage des médias. Ils ont été formés à des tactiques de promotion d’un changement de régime par des émeutes et l’utilisation stratégique des médias pour dépeindre ungouvernement répressif ».

De même, l’un des plus éminents experts britanniques sur le Venezuela, Dr. Julia Buxton, a expliqué qu’au cours des cinq dernières années « des étudiants dans les universités du secteur privé sont devenus la nouvelle avant-garde de la « promotion de la démocratie ». En 2008, le Cato Institute aux États-Unis a décerné le Prix Milton Friedman pour l’avancement de la liberté, d’un montant de 500.000 dollars, au dirigeant étudiant Yon Goicoechea… Dans le même temps, une part non négligeable des 45 millions de dollars de financement fournischaque année par les institutions des États-Unis à des groupes d’opposition vénézuéliens a été canalisée vers des programmes « de sensibilisation des jeunes ». Avec le soutien financier et la formation médiatique, le groupe d’étudiants d’opposition Juventud Activa Venezuela Unida ( Javu ) sont devenus bruyants et mobilisés … et en 2013 les manifestations [ de Javu ] étaient organisées devant l’ambassade de Cuba, d’abord pour exiger le retour de Chávez de la chimiothérapie à La Havane puis ensuite pour contester le résultat de l’élection présidentielle d’avril ».

Elle ajoute : « Les protestations actuelles … marquent le rapprochement du mouvement étudiant et des éléments radicaux du MUD. López et Machado ont organisé avec le leadership étudiant, en particulier les manifestations de 12 Février …. De son côté, le mouvement étudiant a adopté le mot d’ordre de « la salida » deLópez et Machado, en menaçant d’occuper les rues jusqu’à ce que Maduro quitte ses fonctions ».

David Smilde du Washington Office on Latin America, explique que « les appels de Leopoldo López pour desmobilisations pacifiques sont malhonnêtes alors que ses actes semblent créer intentionnellement les conditions pour une violence spontanée. Il est effectivement en train de placer les étudiants manifestants dans la ligne de feu pour promouvoir ce qu’il considère être les intérêts du pays. En l’absence de véritablespropositions de gouvernement autre que d’obtenir la démission de Maduro, il semble que ses efforts pourraient bien se retourner contre lui comme l’ont fait les guarimbas [ protestations violentes similaires ] de 2004 ».

Est-ce que le gouvernement a tenté de dialoguer avec l’opposition ?

Oui. Le gouvernement a maintes fois préconisé le dialogue national pour résoudre à la fois la violence actuelle et répondre à des questions plus larges que certains manifestants pacifiques se posent sur des sujets tels que la criminalité et l’inflation. Le 19 Février le président Maduro a appelé à plus de discussions avec les groupes d’étudiants, en précisant qu’il est ouvert à « un dialogue constructif pour définir les enjeux clés ». Il a également réitéré des appels pour la paix et le dialogue, le 24 Février, lors d’une réunion du Conseil national fédéral, en présence de presque tous les gouverneurs, y compris des gouverneurs de l’opposition. Le Président Maduro a organisé pour le 26 Février une conférence nationale pour la paix et le dialogue.

En outre, le président Maduro a créé un mouvement pour la paix, dirigé par des artistes, des athlètes et des personnalités culturelles, en collaboration avec les communautés organisées, qui cherche à résoudre non seulement la situation chaotique actuelle, mais aussi les niveaux élevés de criminalité qui ont frappé le pays au cours des dernières années. Le gouvernement a également appelé ses partisans à manifester leur soutien à la paix, avec un certain nombre de très grands rassemblements.

En fait, depuis le résultat des élections de décembre, le président Maduro a organisé des pourparlers avec l’opposition pour trouver des moyens de travailler ensemble sur les questions urgentes auxquelles est confrontée le Venezuela. À cette fin, il a rencontré les gouverneurs et les maires d’opposition au Palais présidentiel à la fin décembre. Une autre série de réunions en janvier a abouti à une poignée de mains entre l’ancien candidat à la présidentielle et le leader de l’opposition, Henrique Capriles, le 7 Janvier. En fait, il est largement admis par nombre de commentateurs que c’est le début de ce dialogue qui a provoqué la dernière vague de violence par des éléments extrémistes de l’opposition qui veulent empêcher le succès de ces pourparlers.

Conclusion

Le VSC (Venezuela Solidarity Campaign) estime que la violence déclenchée avec l’objectif proclamé d’ « évincer » le gouvernement constitutionnel élu au Venezuela est inacceptable. Nous croyons en outre que l’intervention extérieure d’appui aux forces antidémocratiques, y compris par le soutien financier, ne peut que faire empirer les problèmes. Nous nous associons aux nations et organisations latino-américaines telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’Amérique du Sud (UNASUR) pour condamner la vague de violence déclenchée et soutenir les appels pour la paix et le dialogue pour mettre fin à toutes les nouvelles effusions de sang.

Venezuela Solidarity Campaign

(Grand-Bretagne)

 

[i] http://venezuelanalysis.com/news/10329

[ii] http://venezuelanalysis.com/news/10346

[iii] http://www.coha.org/venezuelan-Government-shows-restraint-and-resolve-…

[iv] http://www.democracyinamericas.org/around-the-region-blog/caracas-conn…

[v] http://www.correodelorinoco.gob.ve/nacionales/encuesta-ics-853-venezol…

[vi] https://venezuelanalysis.com/news/10229

[vii] http://www.coha.org/venezuelan-Government-shows-restraint-and-resolve-…

[viii] http://www.cepr.net/index.php/blogs/the-americas-blog/violent-protests…

[ix] http://www.reuters.com/article/2014/02/23/us-venezuela-protests-idUSBR…

[x] See the retired General’s full quotes on Twitter at http://venezuelanalysis.com/news/10391

[xi] Retired General Angel Vivas, publicly promoted the use of wire at blockades in order to “neutralise” people on motorbikes. On 20 February Vivas tweeted ‘In order to neutralise criminal hordes on motorbikes, one must place nylon string or galvanised wire across the street, at a height of 1.2 metres’. He also tweeted, ‘to render armoured vehicles of the dictatorship [meaning Government vehicles or vehicles of Government supporters] useless, Molotov cocktails should be thrown under the motor, to burn belts and hoses, they become inoperative’. Other tweeters responded to his tweet about decapitating motorbike riders with further advice for the violent blockades, including suggesting that ‘a lot of oil be used in the streets, it is good for two things, they fall off, and it can set [things] alight’.

[xii] See the extraordinary photos here : http://www.correodelorinoco.gob.ve/politica/vea-360-bombas-molotovs-16…

[xiii] http://venezuelanalysis.com/analysis/10377

[xiv] http://www.coha.org/venezuelan-Government-shows-restraint-and-resolve-…

[xv] http://lab.org.uk/venezuela-%E2%80%93-student-protests

[xvi] http://www.democracyinamericas.org/around-the-region-blog/caracas-conn…

[xvii] http://www.youtube.com/watch?v=Et_bJkQHiJw

[xviii] http://www.cepr.net/index.php/blogs/the-americas-blog/violent-protests…

[xix] http://www.cepr.net/index.php/blogs/the-americas-blog/violent-protests…

[xx] http://lab.org.uk/venezuela-%E2%80%93-student-protests

[xxi] Interview (in Spanish) http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/224469/rodriguez-torres-qu…

[xxii] Spanish original can be seen athttp://www.bbc.co.uk/mundo/noticias/2014/02/140221_venezuela_crisis_ba…

[xxiii] http://www.cartercenter.org/resources/pdfs/news/peace_publications/ele…

[xxiv] http://www.cepr.net/index.php/blogs/the-americas-blog/does-venezuelan-…

[xxv] http://www.cepr.net/index.php/blogs/the-americas-blog/does-venezuelan-…

[xxvi] http://www.chavezcode.com/2014/02/venezuela-beyond-protests-revolution-is.html

[xxvii] http://www.state.gov/documents/organization/208290.pdf

 

Source»» http://www.venezuelasolidarity.co.uk/whatisreallygoingoninvenezuela/

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Violences de l'opposition au Venezuela

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:04

UKRAINE : Vladimir Poutine démontre sa supériorité stratégique sur ses collègues occidentaux.

 

Il y a une semaine un coup d’état voulu et encouragé par l’UE et les USA a été opéré en Ukraine. Ce qui est vu par les stratèges de Bruxelles et de Washington comme une manière de faire payer à Moscou son soutient à Bachar Al Assad est en train de se retourner contre ses concepteur comme un effet boomerang.

En juin 2013 lors du sommet du G8 qui s’est tenu à Ulster en Angleterre, Vladimir Poutine avait contre toute attente réussi à retourner une opinion publique anglaise chauffé à blanc contre lui. Pour ce faire il avait dit ceci :

«Vous ne nierez pas que l’on n’a pas vraiment besoin de soutenir des gens qui non seulement tuent leurs ennemis, mai dissèquent les corps et mangent les intestins devant le public et les caméras. S’agit-il des personnes que vous souhaitez prendre en charge ? Est-ce à eux que vous voulez fournir des armes ?  Cela a probablement peu de rapport avec les valeurs humaines qui ont été prêchés par l’Europe depuis des centaines d’années. “

Après ces phrases, les conservateurs sous la pression de l’opinion publique réticente à armer des barbares avaient réussi à faire reculer David Cameron à Westminster. Ce qui sonna le glas de la tentative occidentale d’autoriser des frappes en Syrie.

L’UE et les USA à la baguette en Ukraine

C’était sans compter avec les stratèges politiques de Bruxelles et de Washington qui n’ont pas baissé les bras. Ils ont donc quelques mois plus tard crée les conditions d’embêter Poutine en proposant un accord piège de coopération commerciale à Kiev sans bénéfices tangibles immédiats pour l’Ukraine. Refus justifié du Président Ianoukovitch qui a préféré dire oui aux espèces sonantes et trébuchantes proposées par Moscou pour venir en aide à une économie ukrainienne exsangue.

Prenant prétexte de cette volte face du pouvoir, les opposants ukrainiens protégés par Bruxelles et Washington jettent leurs militants dans la rue. Pendant plusieurs mois, les opposants refusent toutes les concessions faites par le pouvoir de Kiev. Aux propositions d’Ianoukovitch de nommer un premier ministre de l’opposition, ces derniers demandent son départ du pouvoir refusant d’attendre patiemment les élections prévues dans un an pour le sanctionner dans les urnes. Le face à face tendu se termine par un bain de sang mi février. Les occidentaux ont dès lors commencé à agiter l’épouvantail de la guerre civile en Ukraine avec des manifestants de plus en plus armés et décidés à en découdre avec les forces de l’ordre. Résultat plusieurs morts inutiles des deux côtés. Le Samedi 22 Février le monde apprend la destitution de Viktor Ianoukovich et la prise du pouvoir à Kiev par les pros occidentaux.

Moscou défend son pré carré et personne ne pourra l’en empêcher

Menacé jusque dans son pré carré, Moscou réagit en actionnant son plan B qui met aujourd’hui en péril l’intégrité territoriale de l’Ukraine avec les tentations sécessionnistes en Crimée et à l’est de l’Ukraine. En le faisant Moscou ne fait que prendre les devants sur une situation qui risquait de mettre en danger son influence dans cette partie du monde.  Maintenant que le rubicon semble allègrement franchi avec déploiement de soldats Russes en Crimée, les occidentaux semblent du coup prendre conscience des conséquences de leurs actions déraisonnables. Pour faire bonne figure ils donnent l’impression de menacer un Vladimir Poutine qui de toute évidence est le Président le plus compétent des pays du G8. Comme hier avec la Syrie, le voilà encore une fois démontrer sa supériorité stratégique sur ses collègues occidentaux. Voilà comment les actes de politiciens en mal d’expansion et d’idées impérialistes peuvent menacer les équilibres géostratégiques de ce monde et risquer de nous entrainer dans la 3e guerre mondiale.  

Par Djikpa                                                                                                                                          Source :Highprofilesnews

 

UKRAINE : Vladimir Poutine démontre sa supériorité stratégique sur ses collègues occidentaux.
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:00
Bruit de bottes entre le Cameroun et le Nigéria

Bruit de bottes entre le Cameroun et le Nigéria :

LES AUTORITÉES NIGÉERIANES ACCUSENT LES FORCES DE SECURITÉS CAMEROUNAISES D’ÊTRES EN COLLISION AVEC BOKO HARAM POUR DÉSTABILISER LE NIGERIA ;

Est-ce pour cela que François Hollande est parti voir Goodluck Jonathan ?

Il y a de fortes indications que le Nigeria et le Cameroun risque d’entrer en conflit sur ​​Boko Haram. Car le gouvernement fédéral Nigérian accuse le gouvernement Camerounais d'abriter des membres de la secte islamiste.

Le Journal Saturday Punch a appris jeudi dernier que le gouvernement fédéral Nigérian est de plus en plus frustré par le refus du Cameroun de coopérer avec le Nigeria dans ses efforts pour lutter contre la secte islamiste.

Une source d’un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères nigérian, confiait à à l'un des correspondants de Saturday Punch à Abuja, a déclaré que le président Goodluck Jonathan fera un rapport au Cameroun et aux organismes concernés des Nations Unies.

Une partie de la stratégie du gouvernement Nigérian est d'adopter la politique de poursuite, où l'armée du Nigeria va chasser les insurgés dans leurs cachettes et de les éliminer, tandis que ceux dans les cercles diplomatiques continueront avec diplomatie.

Saturday Punch a appris que c'était l'une des raisons pour lesquelles Jonathan a examinées à ce que les pays devraient être autorisés à chasser les terroristes fuyant dans d'autres pays tout en répondant aux homologues africains lors de la conférence internationale de jeudi sur la sécurité humaine , la paix et le développement : l'ordre du jour pour l'Afrique du 21e siècle , à Abuja .

Il avait demandé à ses collègues, comme de nécessité, de modifier leur approche collective et travailler en étroite collaboration pour affronter et vaincre les semeurs de haine qui ne respectent pas les frontières et les limites .

Il a dit , «Notre architecture doit reconnaître le fait que les criminels transfrontaliers ne respectent pas les frontières alors que les organismes d'application de la loi sont obligés de respecter nos frontières internationales,'' ajoutant:« Il doit y avoir de compromis sur ceci nous devons éliminer la criminalité et crimes transfrontaliers .

" Bien que nous respections nos frontières nationales, les terroristes se déplacent dans et hors de nos frontières, il est maintenant temps que nous devrions convenir, nous dirigeants africains qu'un acte de terreur contre une nation est un acte de terreur contre toutes les nations. "

Dans une allusion à peine voilée au Cameroun, le Président a déclaré: « Nous ne devons pas permettre à nos pays de devenir des refuges pour les terroristes, nous devons coopérer au maximum au-delà des frontières politiques et adopter des protocoles qui permettent à d'autres pays de poursuivre les terroristes dans leurs refuges dans d'autres pays.

«Bien que nous ne pouvons pas redéfinir nos frontières, nous pouvons redéfinir notre approche collective dans la lutte contre les insurrections transfrontalières ‘‘.

Saturday Punch a appris que le gouvernement fédéral était d'avis que, puisque les commissions mixtes n'avaient pas donné tous les fruits positifs, il convient de commencer à regarder vers une nouvelle direction.

" La meilleure option est d'impliquer l'armée et d'utiliser la politique de poursuite, a noté '' une source de ministère des Affaires étrangères.

Le gouvernement fédéral Nigérian est convaincu que le Cameroun a une histoire de recel de malfaiteurs qui utilisent son territoire pour déstabiliser le Nigeria.

Saturday Punch a appris que le gouvernement fédéral était au courant de l'indifférence inexplicable du Cameroun aux problèmes terroristes que rencontre le Nigeria. Une des sources a dit que dès 1906, le nord du Nigeria a souffert de la violence orchestrée par les chefs religieux dont les racines sont dans le nord du Cameroun.

Il a en outre appris que le gouvernement fédéral Nigérian a été perturbé par le Cameroun, contrairement au Niger et au Tchad, avait fourni un refuge pour fuir les membres de Boko Haram dans le nord du Cameroun.

Les frustrations du Nigeria ont été repris par le président Goodluck Jonathan, qui lors de la dernière présidentielle avec chat médias, a fait une référence voilée à des contacts faits avec le Cameroun sur Boko Haram.

Selon une source restée anonyme, la rébellion mahdiste 1906 à Kano a une empreinte de ces enseignants islamiques pseudos.

La source a rappelé que Mallam Muhammadu Marwa , mieux connu comme " Maitatsine " un natif Peuls de Marwa , dans le nord du Cameroun , a été chassé de la ville commerciale du nord de Kano par l'émir de Kano en 1962, il est parti s’installer au Cameroun.

Il a noté en outre que Maitatsine retourné au Nigeria en 1966 comme un maître coranique. " Marwa est restée dans le pays à recruter et endoctriner les jeunes hommes crédules jusqu'à il mena une insurrection dans les années 1980, '' a-t-il ajouté.

Commentant plus particulièrement sur l'insurrection de Boko Haram , la source a dit: « De toutes les indications , il semble y avoir une compréhension tacite entre les membres de la secte et les forces de sécurité camerounaises qu'ils peuvent opérer à partir de bases au sein de leurs frontières tant qu'ils ne lancent aucune au Cameroun .

"Le Cameroun a une histoire de recel de malfaiteurs qui utilisent son territoire pour déstabiliser le Nigeria. Vous pouvez rappeler que le chef de la secte islamique Maitatsine exploite la frontière avec le Cameroun et le Nigeria ''

En outre, un diplomate à la retraite qui a plaidé l'anonymat, a exprimé sa déception que le Cameroun n'avait pas pareille générosité avec le Nigeria, surtout après l'abandon de la péninsule de Bakassi.

Cependant, a dit que la situation n’était pas désespérée si le Nigeria pourrait tirer parti de sa relation saine avec les puissances occidentales comme les Etats- Unis et le Royaume-Uni pour faire pression sur la France qui, à son tour doit rappeler le Cameroun à l'ordre.

Les enquêtes menées par Saturday Punch ont en outre montré que les diplomates nigérians étaient à leur bout de ressources après plusieurs instances diplomatiques par le biais de la Commission mixte Nigeria / Cameroun qui cherchaient à renforcer les relations bilatérales entre les deux voisins a échoué.

La source fait référence à la guerre de l'Amérique en Afghanistan, qui dit-il a fait partie de la stratégie des États-Unis d’engager la guerre contre le terrorisme aux insurgés en dehors des frontières américaines.

Des sources militaires, qui a également plaidé anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à parler sur la question, a confirmé l'accord entre gendarmes camerounais et des agents de Boko Haram au Saturday PUNCH.

Source : Saturday Punch

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 09:06
La Banque mondiale gèle les prêts pour punir le peuple ougandais. Motif : refus d’autoriser l'homosexualité.

La Banque mondiale gèle les prêts pour punir le peuple ougandais. Motif : refus d’autoriser l'homosexualité. Le président Museveni répond garder vos prêts. Nous préférons nos belles femmes.

Le président Museveni répond garder vos prêts. Nous préférons nos belles femmes.

La Banque mondiale a suspendu un prêt de $ 90 millions prévu à l'Ouganda donc le but de renforcer son système de soins de santé après que son président ai signé le décret d’application d’une loi voté par le parlement ougandais. Loi prescrivant des peines de prison sévères pour des délits homosexuels.
La décision prise par le prêteur mondial des Africains intervient quelques jours après que les pays qui soutiennent l'homosexualité tels que le Danemark , les Pays-Bas et la Norvège aient dit qu'ils allaient aussi geler ou modifier les programmes d'aide pour l'Ouganda en raison cette loi antigay .
La loi punie les personnes reconnues coupables d '«homosexualité aggravée» d’emprisonnement à vie –le sexe entre les hommes.


" Nous avons reporté le projet d’aide pour un examen plus approfondi afin de s'assurer que les objectifs de développement ne seraient pas affectés par l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi », a déclaré un porte-parole de la Banque mondiale.
Avec un revenu par habitant de $ 506, l'Ouganda dépend fortement de l'aide des donateurs et de la suspension de l'aide pourrait affecter de nombreux programmes de développement.
Porte-parole du gouvernement Ofwono Opondo a haussé les épaules à la réduction de l'aide étrangère et les critiques internationales, en disant l’Ouganda peut faire sans l'aide occidentale .
" L'Occident peut garder son « aide » de l'Ouganda, nous allons encore nous développer sans elle, " dit-il dans un message sur Twitter .
Yoweri Museveni , le président ougandais , a signé le projet de loi, décrit comme l'un des plus contraignant des lois anti- homosexualité dans le monde , malgré la condamnation des régimes occidentaux et soi-disant groupes de défense des droits des étrangers soutenus .
Barack Obama, le président américain, avait averti le président qu'il risquait de compliquer les relations diplomatiques entre les deux pays s’il signait le projet de loi.
Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry déclarait mercredi que cette loi est un" flat-out moralement répréhensible » et «atroce» qui a été adoptée pour protéger les enfants ougandais à et est comparable la législation antisémite dans l'Allemagne nazie ou l'apartheid en Afrique du Sud.


Réunion de crise

Le promoteur ougandais del’ homosexualité Frank Mugisha a rencontré ses maîtres à Washington jeudi avec de hauts responsables du département d'État à demander de l'aide à la protection de l'homos ougandais .
Un fonctionnaire du Département d' Etat a déclaré que Mugisha a rencontré le chef de la diplomatie américaine pour l'Afrique , Linda Thomas - Greenfield , et secrétaire adjoint pour les droits humains Uzra Zeya , pour discuter de " préoccupations mutuelles " sur la sécurité et " la façon dont les États-Unis pourrait répondre à la promulgation de la loi ougandaise " .
Les diplomates et les agents étrangers déguisés en groupes des droits de l'homme ont essayé de faire pression sur le président Museveni - déjà sous le feu des régimes occidentaux clés sur greffe rampante présumé et de étouffer les groupes d'opposition et les médias - pour bloquer la législation.


Mais dans un discours franc après la signature de la loi, Museveni a mis en garde les pays occidentaux de ne pas se mêler des affaires des pays d'Afrique de l'Est et a dit qu'il n'avait pas peur que l'aide soit coupé.
Les régimes occidentaux immorales tentent d'imposer leur mode de vie sur les gouvernements africains qu'ils perçoivent comme étant faibles, mais il semble que leurs préoccupations sur les soi-disant droits de l'homme ne s'appliquent pas à des pays comme l' Arabie Saoudite et Israël .

Source :Africanglobe

Traduction :Afrohistorama communication

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:25
Christ-selon-l’Afrique :  LE LIVRE DE CALIXTHE VIENT DE SORTIR

Extrait

Une chaleur moite enveloppait les hommes et les bêtes ; le soleil brûlait la terre et l'asphalte fondait comme du chocolat jeté sur le feu. Au centre-ville, les riches après avoir prié le Christ rédempteur s'étaient agglutinés dans les maquis-bars climatisés pour y faire des affaires. Les pauvres priaient Dieu et lui demandaient de leur donner la force de rivaliser avec les riches dans les affaires. Au bord des routes, les vieilles transpiraient ce qui leur restait d'énergie pour avoir aussi leur part. Elles vendaient du riz à la tasse, des cacahuètes à la boîte, du sucre en morceaux tout en songeant au jour où, par la grâce du Seigneur, elles auraient un plan d'arnaque à grand échelle. Quant aux jeunes, beaucoup étaient à l'école pour s'y armer des connaissances qui leur permettraient de faire des affaires en escroquant quelques abrutis, alléluia, amen ! Au fond, nous vivions une guerre civile larvée pour le contrôle des reliquats du bien-être mondial. Nous étions si avides que notre légendaire solidarité avait explosé. Six nouveaux mots apparurent dans notre vocabulaire : «Chacun pour soi, Dieu pour tous.» Certains prétendaient que c'était Yam le pousse-pousseur qui le premier les avait vociférés, on ignorait pourquoi; d'autres affirmaient qu'ils étaient échappés des écrits d'un écrivain fou qui avait osé défier Dieu en créant des personnages à qui le Seigneur lui-même n'avait pas jugé utile de donner corps.
James Owona, sûr de son aura de qui avait fait le trajet Douala-Paris avant d'être refoulé aux frontières, crut bon de combattre notre individualisme qu'il qualifiait de fléau destructeur de notre civilisation. Il revêtit son costard prince-de-galles, s'étrangla le gosier d'une large cravate, loua un haut-parleur et se cloua au carrefour des Trois-Morts :
- Camerounais, Camerounaises, enfants chéris de la Patrie, commença-t-il. C'est la dictature de l'Impérialisme à travers la télévision qui a semé le cancer de l'égoïsme dans vos cerveaux ! «Chacun pour soi», ça veut dire quoi, hein ? Réfléchissez, putain ! En plus vous passez vos journées à prier ! Dieu n'a jamais rien fait pour personne, bande de connards !
J'avais pris le sentier boueux qui sillonnait le quartier pour aller travailler chez Sylvie. Je vivais ici à Kassalafam où les maisons de bric et de broc étaient à tel point superposées les unes aux autres qu'elles vous obligeaient à traverser salons et cuisines des voisins, pour accéder à la rue. C'était un grand foutoir, l'antichambre du codéveloppement. Mes concitoyens attendaient vaguement la démocratie afin de profiter de la croissance économique et des droits de l'homme, les mots magiques du bonheur pour tous.

Chez
http://www.amazon.fr/Christ-selon-lAfrique-Calixthe-Beyala/dp/2226256016/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1393625314&sr=8-1&keywords=le+christ+selon+l%27afrique

Calixthe Beyala Ecrivain

Calixthe Beyala Ecrivain

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:14
LA TRAGEDIE CENTRAFRICAINE EST UNE PROFONDE BLESSURE DE L'AFRIQUE

La République centrafricaine est aussi appelée "La Centrafrique". Ce pays recouvre le territoire que les colons français appelaient l’Oubangui-Chari et a fait partie de l'Afrique équatoriale française (AEF) de 1910 à 1960. C’est un pays d’environ 4,500 millions d’habitants, répartis sur un territoire d’une superficie d'environ 627.000 km². Il est entouré par le Cameroun à l'ouest, le Tchad au nord, le Soudan au nord-est, le Soudan du Sud à l'est, la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo au sud. Après l’accession à l'indépendance en 1960, la Centrafrique a connu différents régimes autoritaires à sa tête, en commençant par celui d’un capitaine de l’armée française Jean-Bédel Bokassa, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, le 31 décembre 1965. Il s’autoproclame maréchal-président, puis président à vie, puis empereur de Centrafrique en 1976, avec la complaisance du président Valéry Giscard d’Estaing. Mais en septembre 1979, un soulèvement populaire, accompagné par l’opération « Barracuda » menée par l’armée française, pousse Jean-Bedel Bokassa à l’exil et à son installation en France ; celle-ci n’avait pas apprécié son rapprochement avec le colonel Muhammar Khadafi, président de la Libye, menant une politique de déstabilisation de son pré-carré au Tchad. Bokassa avait arraché le pouvoir à son cousin David Dacko qui avait dirigé ce spacieux pays après l’indépendance à la suite du père de l’indépendance Barthélémy Boganda, décédé dans des conditions non encore élucidées en 1959.

Le pays devient la « République centrafricaine » le 1er décembre 1958 et proclame son indépendance le 13 août 1960 en adoptant le sango comme langue nationale d’unification du pays, à côté du français adopté comme langue officielle. Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda, est ainsi considéré comme le père de la nation centrafricaine. Auparavant Parlementaire à Paris, il demande le maintien de tous les droits français au peuple d'Afrique équatoriale française. Il prône également depuis longtemps l’indépendance des colonies en leur proposant la création d'un État d’Afrique centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et République centrafricaine. La France, qui se débat avec le problème algérien, n’est pas de cet avis à cette époque des indépendances car trop de grandes puissances en Afrique entameraient sa puissance. La multiplication des micro-Etats est une stratégie de domination pour garder la main sur ses anciennes colonies. Pourtant, déjà visionnaire, Barthélémy Boganda considère cette union comme la seule solution permettant d'éviter l'éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Opportunément pour la France, il meurt le 29 mars 1959, peu après son élection. C’est David Dacko qui lui succède à la présidence d’un Etat quasi vide, mais qui reste sous contrôle et soutien administratifs de la France, jusqu’à son renversement par Bokassa.

  1. Les crises centrafricaines sont très anciennes

La mort du visionnaire Barthélémy Boganda signe la première crise d’un Etat à peine né. En divergence de stratégie avec la métropole (constitution d’un seul pays en Afrique équatoriale française, transferts de droits français aux africains après l’indépendance), le premier dirigeant centrafricain perd la vie avant l’indépendance. David Dacko est docile, coopératif avec la France, sans envergure de contestataire. Il est appelé à coopérer avec l’ancien capitaine de l’armée française, Jean—Bedel Bokassa, promu colonel par la France pour créer et encadrer une armée d’un nouvel Etat centrafricain. Mais le 31 décembre 1965, le général Bokassa s’empare lui-même du pouvoir et se constitue en dictateur jusqu’à s’autoproclamer « Empereur de Centrafrique » en 1976 et veut s’émanciper de la France. Et en septembre 1979, la France sonne la fin de la partie et le jeu est terminé pour Jean-Bedel Bokassa. Après son départ, David Dacko est reconduit à nouveau par la France à la tête pays jusqu’au 1er septembre 1981, avant d’en être chassé par le coup d’Etat du général André Kolingba, qui s’installe confortablement dans le fauteuil du pouvoir à Bangui jusqu’aux premières élections multipartites en 1993. Ces élections ferment temporairement la parenthèse des aventures militaires sur dix ans, avec l’élection d’un civil Ange-Félix Patassé à la présidence. Mais le 15 mars 2003, après quelques tentatives ratées, notamment en 2001, le général François Bozizé parvient à s’emparer du pouvoir par un coup d’Etat arrangé entre le Tchad et la France.

Cependant, cette accession à la présidence de François Bozizé est violemment contestée par les Centrafricains qui venaient de respirer l’air de la démocratie et une première guerre civile impliquant plusieurs rébellions est lancée. Elle ravage plusieurs régions du pays entre 2004 et 2007. Un accord de paix est négocié à la hâte proposant notamment un programme DDR et les financements internationaux pour la reconstruction du pays. Mais les rebelles dénoncent le non-respect de ces accords par le président Bozizé et son entourage ; ils reprennent les armes au début de décembre 2012. Ils lancent ainsi la deuxième guerre civile de Centrafrique sous le même président François Bozizé. Pourtant, des simulacres d’élections l’avaient reconduit en 2005 et en 2010. Mais l’accord de paix n’avait rien arrangé et la situation sécuritaire du pays avait commencé à se dégrader dès le constat d’échec du programme DDR (Démobilisation-Désarmement-Réintégration) en 2007-2008. Les financements alloués à cet effet ont disparu dans les coffres des dignitaires du pouvoir. La pauvreté s’est littéralement commuée en misère absolue à travers tout le pays. L’Etat s’est décomposé, l’armée professionnelle a progressivement disparu au profit d’une armée politico-militarisée (armée plus de miliciens militants pour le pouvoir que de militaires, une situation chronique connue depuis l'arrivée au pouvoir par Ange-Félix Patassé en 1993) occupée par des troupes claniques, régionalisées et politisées proches du président Bozizé, sa famille et ses proches, comme cela s'était produit tout au long de la présidence de Angle-Félix Patassé (1993-2003). L’administration s’est décomposée, les institutions de la nation centrafricaine se sont affaissées, l’armée s’est affaiblie et l’insécurité s’est accrue.

C’est dans ce contexte que de nouvelles troupes, sous l’appellation « Séléka », composées de groupes hétéroclites de Centrafricains, de Tchadiens et de Soudanais, mélangeant des Islamistes fondamentalistes radicaux et des Musulmans modérés mais tous attirés par les gains financiers pour l’essentiel, ont fait mouvement en début décembre 2012 pour prendre le pouvoir à Bangui. L’ « armée fantôme de la Centrafrique » des FACA, formée des proches ethniques et régionalistes du pouvoir de Bozizé pour partager les maigres ressources du pays, est rapidement défaite et vaincue sans avoir véritablement engagé les combats. Le 24 mars 2013, un homme encore inconnu Djotodia, musulman mais communément se prénommant Michel, s’autoproclame « président de Centrafrique » avec ces troupes à majorité musulmanes et étrangères. Mais de nombreuses exactions commises par les miliciens de la Séléka, au cours de leur avancée du nord – nord-est de Centrafrique vers la capitale Bangui en plein sud du pays, intensifient et généralisent l'insécurité dans toute la Centrafrique. C’est ainsi que des milices chrétiennes d'auto-défense, les anti-balaka se forment pour pallier à l’impuissance criante du nouveau pouvoir à instaurer la sécurité. Pire encore, des éléments extrémistes au sein du pouvoir, proches de Michel Djotodia, alimentent et entretiennent les massacres dans le pays. La dissolution des milices séléka ne fait qu’amplifier la tragédie et les malheurs. Le conflit débouche sur une situation qualifiée de « pré-génocidaire » selon la France, les États-Unis, l’ONU et de nombreuses organisations humanitaires internationales sur le terrain. Les crises sécuritaire, sanitaire, alimentaire, médicale et politique se superposent dans un pays déjà à terre. En septembre 2013, le pays ne compte que sept chirurgiens alors que la seule capitale Bangui possède plusieurs hôpitaux dont l’hôpital de l'Amitié et l’hôpital communautaire. La plupart des centres de santé sont fermés, en raison de l’insécurité généralisée, et 60% des écoles sont également fermées. La Centrafrique, déjà dotée d’un Etat et des institutions déliquescents, n’a même plus d’Etat, plus d’administration, plus de justice, plus d’institutions, plus d’armée… plus rien. C’est une véritable coquille vide du point de vue de l’exercice du pouvoir. Des populations fuient en masse par centaines de milliers vers les camps de déplacés sous protection des Humanitaires, vers Bangui pour échapper aux massacres dans les villages éloignés ou par dizaines de milliers vers les pays voisins au Cameroun à l’ouest et en République démocratique du Congo au sud. La France parvient à obtenir la résolution des Nations-Unies autorisant l’usage de la force pour ramener la sécurité dans le pays, protéger les populations civiles prises entre les feux croisés des miliciens séléka et des anti-balaka, et désarmer les belligérants.

Aussi, le 5 décembre 2013, cette résolution de l'ONU permet à la France d'envoyer des troupes armées en République centrafricaine sous le code opération « Sangaris ». Mais le pouvoir inexistant du tandem Michel Djotodia (président) et Nicolas Tiangaye (Premier ministre) continue d’alimenter les massacres à grande échelle malgré la présence des troupes françaises de Sangaris et africaines de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). Des protestations de la « communauté internationale » et des Centrafricains poussent le président autoproclamé de transition Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiangaye à la démission forcée le 10 janvier 2014, lors d'un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC). Le Conseil national de transition, pourtant lui aussi installé auparavant par le tandem Michel Djotodia-Nicolas Tiangaye, est sommé de trouver une nouvelle équipe de transition. Ainsi, le 20 janvier 2014, ce Conseil national de transition élit Catherine Samba-Panza comme chef de l'État de transition de la Centrafrique. Cette transition est destinée à ouvrir les élections générales libres, transparentes et multipartites dans un délai d’un an au plus tard.

2- La position géostratégique de la Centrafrique

La situation géographique de Centrafrique en fait un maillon faible au cœur du continent africain mais au carrefour des territoires à dominante musulmane au nord (par le Tchad) et au nord-est (par le Soudan), et des terres chrétiennes au sud (République démocratique du Congo et République du Congo). Au sud-est, les territoires ont été colonisés par la LRA (Lord Resistance Army, une rébellion venue de l’Ouganda), alors que le sud a été longtemps un terrain de repli militaire des combattants et des multiples rébellions sévissant en République démocratique du Congo. Tous ces mouvements rebelles ont toujours prospéré en Centrafrique, compliquant le contrôle de cet énorme territoire plus vaste que la France (environ 627.000 km²) et provoquant des guerres civiles et des rébellions à répétition depuis le départ de Bokassa en septembre 1979.

La Centrafrique est également une terre riche habitée par des populations pauvres. Les richesses naturelles de Centrafrique sont assises sur le bois poussant dans les savanes et la forêt équatoriale, le potentiel touristique grâce à la grande étendue de ses parcs d’animaux, l’uranium, l’or, le diamant, le potentiel d’énergie hydroélectrique et bientôt le pétrole. L’activité minière (notamment pour l’or et le diamant) devrait constituer une importante ressource de la Centrafrique. Mais la production officielle — principalement artisanale — de diamants alluvionnaires de très bonne qualité de joaillerie s'établirait à environ 500.000 carats par an, alors que la production réelle serait estimée au double environ. La Centrafrique a donc attisé l’appétit des contrebandiers, des criminels et des brigands qui prospèrent sur les crises à répétition pour capter cette richesse. Le pouvoir n’est jamais parvenu à réguler ce secteur minier pour créer une industrie locale afin de valoriser ses ressources. D’une façon générale, même quelques industries nées au cours des années 1970 (industries légères agroalimentaires, manufactures de tissus, de chaussures…) ont disparu. Il ne subsiste plus qu’une production locale de bière et une modeste transformation d'aluminium, employant une petite dizaine de milliers de salariés. Les crises politico-militaires ont régulé la pauvreté vers la misère pour les populations en Centrafrique.

La position géographique au milieu de la forêt équatoriale, doublée d’une pauvreté et de l’incompétence chronique des dirigeants, occasionne souvent d’importantes inondations en raison du manque d'entretien des fleuves et d’importants débits d’eau qu'engendre la saison des pluies équatoriales. Par ailleurs, malgré la déforestation dans les zones de brousse où les paysans utilisent le bois pour la cuisson de leur nourriture et les constructions sommaires des habitations, la forêt gagne sur la savane ; ce qui est un cas exceptionnellement rare dans le monde. Néanmoins, des efforts doivent être poursuivis pour la protection de la faune et de la flore pour l’équilibre écologique et la biodiversité rare de cette région équatoriale. En effet, on trouve en Centrafrique une flore et une faune très diversifiées ; notamment une population d’éléphants de forêt d’Afrique, visibles par troupeaux de plusieurs dizaines de membres, notamment dans les salines de Bayanga. Mais ces animaux sont en situation de fragilité en raison du braconnage pour l'ivoire et de la consommation importante de viande de chasse. Le tourisme reste alors encore inexistant, autant du fait de la faiblesse des dispositifs d'accueil, des infrastructures de communication, que de l'insécurité permanente dans le pays. Le retard du développement se lit également dans l’état des routes dans des provinces en Centrafrique. Elles sont trop dégradées et restent archaïques sans mesure de sécurité routière adéquate, d’entretien ou de renouvellement des chaussées. Il convient de noter également des difficultés de transport urbain et interurbain (dans Bangui la capitale et de Bangui vers les provinces). En 2010, l’Etat s’est réveillé pour créer un réseau de transport urbain sous l’appellation SONATU, exploitant les transports urbains à Bangui et dans ses environs, mais le pouvoir a dû constituer une société d’État avec un très modeste capital social de 480 millions de francs CFA (soit 732.090€) et une flotte de cent autobus de fabrication indienne offerts en dotation par une société indienne Jaguar. Enfin, pour une ensemble de 627.000 km², la Centrafrique ne dispose principalement que d’un modeste aéroport de Bangui, l'aéroport Bangui M’poko.

S’agissant de la climatologie et de la situation géographique naturelle de la Centrafrique, la température moyenne relevée à Bangui, la capitale, avoisine 26°C. L’humidité est entretenue par une pluviosité abondante de 5mm (en période de saison sèche) jusqu’à 226 mm (en période de pluie). De par sa situation géographique, sa climatologie et le manque d’infrastructures industrielles, l'agriculture représente plus de 55 % du PIB. Les principales cultures sont alors le manioc (cassave), les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac. Cependant, les progrès de l’agriculture ne profitent qu’à certains grands exploitants disposant des moyens mécanisés. Les paysans ne bénéficient pas de formation adéquate, travaillent toujours « à la houe », sans mécanisation, ni attelage, ni utilisation des moyens de traitement des parasites ; ils sont exposés à de faibles productions et souvent de qualité moyenne.

L'exploitation forestière contribue également très largement au PIB, avec d'importantes essences en bois tropicaux. Depuis les temps coloniaux, la Centrafrique exploite l'hévéa pour son latex. Aujourd'hui, ces essences sont de plus en plus diversifiées. Les moins nobles sont transformées localement par une petite industrie de contreplaqués, tandis que les plus précieuses sont exportées sans transformation, sous forme de grumes. La Centrafrique, comme de nombreux autres pays de l’Afrique centrale, ne valorise donc pas industriellement ses ressources agricoles et forestières.

La Centrafrique est un pays très pauvre qui n’a véritablement pas de villes en dehors de la capitale de Bangui. Celle-ci concentre aujourd’hui près de 25% de la modeste population estimée à 4,5 millions d’habitants. Les autres dix bourgades comprennent entre 20.000 habitants pour Bimbo et 50.000 habitants pour Berbérati, la deuxième ville du pays. La Centrafrique est donc un immense territoire dont une grande partie est vide de population. L’organisation administrative du pays s’articule autour de sept régions, quatorze préfectures (Bamingui-Bangoran, Basse-Kotto, Haute-Kotto, Haut-Mbomou, Kémo, Lobaye, Mambéré-Kadéï, Mbomou, Nana-Mambéré, Ombella-M'Poko, Ouaka, Ouham, Ouham-Pendé, Vakaga), deux préfectures économiques (Nana-Grébizi et Sangha-Mbaéré), 71 sous-préfectures et 175 communes, dont six communes d’élevages, et environ 10.000 villages ou quartiers de villes. La ville de Bangui, la capitale, est dotée d’un statut spécial de septième région et de commune urbaine avec 8 arrondissements. Une décentralisation sur 627.000 km² (soit 1,14 fois la superficie de la France) d’une population équivalant à 1,8 fois seulement la population de la ville de Paris, ne sera pas une affaire simple. La Centrafrique a donc un urgent besoin de population pour rentabiliser ses ressources naturelles. Il convient de constater également que de crises en crises depuis la destitution de Jean-Bedel Bokassa en septembre 1979, l’insécurité et la pauvreté croissantes ont poussé une part importante de près de 40% (selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2003) à fuir la campagne pour les modeste zones urbaines.

3- Le piège religieux instrumentalisé par la Séléka au pouvoir

Selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2003, effectuée sur une population d’environ 3,8 millions d’habitants, la répartition des croyances serait la suivante : les Chrétiens représentent 80,3% (dont les Protestants estimés à 51,4% et les Catholiques à 28,9%). Les Musulmans représentent 10,1% et les animistes ou autres croyances traditionnelles constituent 9,6% de la population. Aujourd’hui, ces estimations n’ont pas beaucoup varié, mais les experts, notamment américains, estimeraient la population musulmane à environ 15% de la population. Dans tous les cas, ils sont loin de constituer une majorité, d’autant que dans ce recensement des « experts » qui se fonde sur les populations résidant en Centrafrique, il y a un mélange entre les Etrangers installés en Centrafrique (Soudanais et Tchadiens majoritairement musulmans) et les ressortissants de Centrafrique. Ce qui conduit à se rapprocher du RGPH de 2003, avec une estimation raisonnable de 10% de Centrafricains ayant adopté la confession islamique. La coalition séléka arrivée au pouvoir par le coup d’Etat du 24 mars 2013 a donc surestimé la représentativité de l’Islam en Centrafrique afin de justifier son plan d’islamisation du pays. Victimes des massacres perpétrés par les Islamistes fondamentalistes radicaux au sein de la Séléka, refusant la domination du pouvoir et des orientations islamistes de l’équipe de Michel Djotodia, avides de revanche contre des troupes rebelles qui avaient défait la modeste armée centrafricaine des FACA, constatant que la majorité des troupes Séléka installées au pouvoir et dans la nouvelle armée nationale sont des Etrangers attirés par le pouvoir et l’argent en Centrafrique en y faisant régner la terreur, quelques anciens militaires des FACA, proches du président déchu François Bozizé et des partis politiques partenaires, ont mobilisé les Jeunes pour combattre les rebelles Séléka, les troupes de Michel Djotodia et mener des représailles violentes contre les Musulmans en Centrafrique considérés comme des complices des rebelles Séléka. Les raisons de la haine étant trouvées, les cibles souvent innocentes et étrangères aux racines du conflit politico-militaro-crapuleux en Centrafrique étant identifiées, les Anti-balaka (ant-machettes mais massacrant les populations civiles à la machette !) se sont mis à l’œuvre. Les anti-balaka, sous contrôle des anciens militaires de l’armée de François Bozizé, ont massivement recruté dans les milieux de la jeunesse, profitant d’une situation d’abandon du pouvoir évanescent et de 60% des écoles fermées à la rentrée scolaire de septembre 2013. Michel Djotodia et ses troupes ont allumé le feu de « la haine confessionnelle » et ils ont été incapables de l’éteindre. L’incendie a alors ravagé tout le pays ; ils devraient en répondre devant la justice internationale. Mais les anti-balaka qui poursuivent les massacres contre les Musulmans dans le pays devraient également répondre de leurs actes de barbarie devant la justice. L’une des erreurs d’inexpérience du pouvoir de transition de Madame Catherine Samba-Panza a été de remettre en circulation les militaires des anciennes FACA. Des soldats vaincus, démoralisés, abandonnés à eux-mêmes dans le dénuement, ne percevant plus de salaires depuis six mois reprennent les armes pour défendre le pays. Au lieu de passer par la case « camp d’entraînement et de redressement » pour un grand nombre d’entre eux, ils sont lâchés dans la population. La plupart ont perdu aussi leurs proches, leurs collègues, leurs familles dans les massacres des séléka. Le premier réflexe de ces hommes, réarmés et réinjectés dans la défense nationale, est la vengeance. Une vengeance aveugle sur toute personne soupçonnée de participation aux exactions de la Séléka ou de complicité avec les Séleka. D’où des lynchages aveugles, hors de toute déontologie militaire et de toute discipline qui sied à une véritable armée nationale. Au début de cette année 2014, après la désignation du gouvernement de transition sous la présidence de Madame Catherine Samba-Panza, les violence se poursuivent. La fracture ouverte par les Islamistes emmenés par Michel Djotodia reste ouverte. Les miliciens Séléka (se définissant comme défendant les Musulmans) s'opposent aux miliciens Anti-balaka (se définissant comme défendant les Chrétiens). Certains anciens FACA battus et démoralisés par la Séléka retrouvent du souffle et se joignent aux Anti-balaka. Le désarmement de ces groupes armés est compliqué par le sentiment d'impossibilité de se défendre pour les tenants de chaque camp, en cas d'attaque du camp adverse. La communauté internationale a proposé de ne trouver sur le terrain que des soldats internationaux (Français, Européens, Africains), les seuls autorisés à assurer la sécurité et l'ordre, y compris par la force du feu. Mais le pouvoir de transition, sans s'assurer du contrôle de l'efficacité et de la discipline des anciens FACA, les ressort, les réhabilite et les renvoie dans la nature. Ils risquent ainsi de renforcer les miliciens anti-balaka ou les miliciens séléka, et compliquer davantage les opérations de désarmement initiées par les troupes internationales sous le contrôle de l'ONU.

4- Vers la refondation d’une nouvelle Centrafrique

La crise qui s’intensifie malgré la présence de 1.600 militaires français (auxquels on pourrait ajouter les troupes des forces spéciales et du renseignement militaire) et les 6000 militaires des forces africaines présentes sur le terrain. Le pays est très vaste et les populations bougent de Bangui vers les provinces et des provinces vers Bangui. Pour encadrer efficacement la sécurité à Bangui et dans les zones de tension en provinces, il convient de disposer des troupes bien entraînées, bien équipées, bien coordonnées, et plus importantes en nombre. La France vient de relever ses effectifs à 2.000 militaires combattants en charge de ramener, par la force s’il le faut, la paix et la sécurité en Centrafrique, de participer au désarmement et d’apporter le soutien de la France aux forces africaines de la MISCA. Les autres pays de l'Union européenne devraient également apporter leur soutien de 1.000 hommes en armes au minimum pour compléter le dispositif français. Ainsi, l’Union européenne aura apporté sa contribution attendue d’au-moins 3.000 hommes indispensables au retour à la paix et à la sécurité durables dans ce pays. La complication de la situation sur le terrain pourrait conduire à plus d’effectif, mais l’on peut considérer que, en raison de la faible population à protéger malgré l’énorme étendue du territoire, ces effectifs européens devraient remplir leur mission.

S’agissant de la participation des Etats africains, ceux-ci devraient réunir au-moins 8.000 hommes. Il n’est pas souhaitable que les Européens soient plus nombreux pour mener des opérations de pacification et de sécurisation de la Centrafrique, car il est impérativement du devoir des Etats africains d’accroître les capacités d’intervention sur leurs propres territoires. L’Europe apporte son soutien, mais elle ne doit pas se substituer aux efforts des Africains eux-mêmes. La France qui dispose d’environ 6.000 hommes sur l'ensemble du continent africain n’a plus d’autres réserves pour rallonger les effectifs en Centrafrique. Or elle ne peut pas déshabiller totalement le Mali, le Tchad, Djibouti, le Cameroun, et d’autres positions stratégiques de projection car les crises africaines ne sont pas terminées. L’on sait que les opérations de type « Mali » en 2013 ou de type « Centrafrique » actuellement vont se multiplier dans de nombreux autres pays fragiles en Afrique dans les temps qui viennent. Les fondamentalistes islamistes radicaux, financés par quelques groupuscules idéologisés du Jihad dans des pétromonarchies du Moyen-Orient -mais qui restent au chaud dans leur luxueux confort-, ont trouvé un terrain d’entraînement en Afrique -pour sacrifier les Africains par des guerres fratricides en Afrique, moyennant quelques dollars jetés aux combattants pour se substituer aux Etats défaillants- avant d’envahir l’Europe. Déjà Boko Haram, une nébuleuse d’intégristes musulmans sévissant au nord du Nigéria, vient de publier un communiqué en Tchétchénie pour déclarer la guerre afin de venger le sang des Musulmans en Centrafrique. Un étrange comportement des Africains, qui prétendent aimer leurs frères en Afrique, et qui ont besoin d’aller dans les fins fonds de la Russie pour envoyer des menaces de mort aux Africains par d'autres Africains ! Et si, comme les Anti-balaka, les Chrétiens ouvraient les vengeances massives pour le sang des leurs, on entrerait dans un cercle vicieux sans fin. Il appartient aux Etats d'arrêter ces folies et ces barbaries. L’Afrique a alors besoin de se constituer une véritable armée anti-terroriste et de résolution des crises par la force militaire. Les 8.000 à 10.000 hommes, recrutés dans des pays bien organisés et entraînés aux combats depuis de longues années (Burundi, Rwanda, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Éthiopie, Angola, etc.) pourront ainsi former le noyau de la « Force Africaine d’Intervention rapide » dans des crises politico-militaro-islamistes en Afrique. Et s’il y a un besoin d'accroissement des effectifs en Centrafrique, il appartient aux Africains eux-mêmes d’y répondre : c’est une occasion d’entraînement pour la future force africaine d’intervention rapide, en Afrique et dans le reste du monde. L’Afrique ne peut exister dans la mondialisation qu’à travers sa propre contribution à la sécurité et à la stabilité du monde. Les Etats-Unis, qui ont sous-traité la sécurité en Afrique et la lutte contre le terrorisme sur ce continent à la France et aux Africains eux-mêmes, fournissent les avions de transport de troupe, les ravitailleurs aériens, les drones de contrôle et de renseignement, les informations issues de leur propre dispositif mondial de renseignement et une grande partie du financement des opérations. Il convient de rappeler que les Etats-Unis fournissent 25% du budget de maintien de la paix des Nations-Unies dans le monde, quand l'Europe apporte 40% et le Japon complétant avec 15%, soit 80% du financement venant des puissances industrielles historiques. L'on sait également que la sécurité de l’Afrique est indispensable à celle de l’Europe, qui constitue la prochaine étape du terrorisme international… par ailleurs, tout déséquilibre sécuritaire ou économique en Afrique se répercute en Occident (Europe et Amérique du Nord) par des vagues de réfugiés et par les pertes des activités économiques occidentales en Afrique. Celle-ci est devenue le coeur et la principale réserve des ressources naturelles d'approvisionnement des industries dans le monde.


Enfin, le volet politique devrait rapidement se mettre en mouvement pour accompagner les efforts militaires et asseoir une solution longue à cette tragédie centrafricaine, dont nous connaissons tous les origines et les auteurs depuis bien longtemps. Les blessures ont été très profondes et la fracture interconfessionnelle est trop ouverte pour procéder à des élections générales sans passer par la thérapie générale des Centrafricains. La Centrafrique ne fera donc pas l’économie d’une conférence nationale souverain pour « vider le sac de la haine » avant de repartir sur de nouvelles bases plus solides. Elle devrait se doter d’un « Haut-Commissariat à la Réconciliation et à la Réhabilitation », autonome, indépendant, dirigé par des personnalités compétentes, libres de toutes les injonctions politico-militaires, et intégrant les représentants politiques, religieux, sociaux, des Jeunes et de tous les acteurs des couches de la société centrafricaine. Ce Haut-Commissariat serait chargé d’apporter des pistes de solutions de sécurité et de paix durables avant l’ouverture des élections générales et accompagnerait le refondation de la nouvelle Centrafrique. Interlocuteur des bailleurs extérieurs, des organisations d’experts en réconciliation, des organes spécialisés des Nations-Unies, des organisations nationales et internationales des droits de l’homme, ce Haut-Commissariat serait ainsi le dispositif central de la renaissance d’une nouvelle Centrafrique. En cas d'échec de cette initiative intégrant tous les Centrafricains à la recherche d'une solution interne durable à leurs crises à répétition, une dernière carte serait le recours à la mise sous tutelle internationale effective de la Centrafrique.

SOURCE/ NOUVELLE-DYNAMIQUE.ORG

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:12
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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 05:25
CHARLES ATEBA EYENE, RÉVOLUTION 2.0 !

Charles Ateba Eyene est mort hier Vendredi 21 février 2014 au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé, suite d’une insuffisance rénale.

OUI, la mort a encore frappé et a pris sur son chemin un jeune valeureux combattant tombé sur le champ de bataille. Porté par des convictions profondes, fortes et solides, Charles Ateba Eyene s’était engagé dans le combat politique et idéologique dans l’intérêt collectif de la nation mais surtout en pensant à cette jeunesse camerounaise pour qui ce combat mérite d’être mené avec hargne et rigueur.

Ateba Eyene ne craignait point la mort et n’hésitait pas à le rappeler à tous ceux qui souhaitaient l’entendre. D’ailleurs, à ce propos, ses combats politiques et idéologiques au sein de son parti et contre les réseaux mafieux de la République qu’il dénonçait en permanence en témoignent.

Charles Ateba Eyene lègue comme héritage à la jeunesse camerounaise : travail, bravoure, éthique et sens de la justice. Il avait décidé d’aborder fièrement l’éloquence et la profondeur des mots contre les armes et un système qui ne reculerait devant rien pour imposer sa loi au peuple. Au cœur de cette éloquence se trouvait un homme et pas des moindres car sa complexité laissait certains dubitatifs, voire perplexes sur la forme de la méthode. Ce qui est sûr, il ne laissait personne indifférent car son combat était juste.

Observons le graphique ci-dessous: c’est l’historiographie du Cameroun avec plusieurs étapes importantes :

  1. La période du protectorat allemand, du 12 juillet 1884 au 4 mars 1916.
  2. L’invasion suivie de l’installation des administrations française et britannique, du 4 mars 1916 au 1er janvier 1960 et au 1er octobre 1961. Cette période est aussi marquée par la révolte face à la brutalité allemande, et à partir de 1916, de la révolte face à la division de la patrie kamerunaise par les franco-britanniques et des brimades telles que l’impôt de capitation, l’absence de droits humains et politiques.
  3. 20 juillet 1922 : le placement du Kamerun sous mandat de la Société des Nations.
  4. Août 1944 : tournant majeur dans l’histoire du pays et de sa lutte politique. Cette année-là, les Camerounais ont acquis le droit syndical, à la faveur d’un décret de René Pléven, Commissaire aux colonies de Charles de Gaulle.
  5. En 1960 et 1961, l’indépendance et la réunification sont apparues comme l’aboutissement d’une longue lutte et d’une longue espérance de la part de la population camerounaise.
  6. Ces moments sont suivis par deux périodes que l’on espérait être le point de départ pour la prospérité du pays: a) 1958 et l’ascension de Ahmadou Ahidjo à la magistrature suprême; b) 6 novembre 1982, Paul Biya a introduit l’idéologie de «l’intégration nationale», en prolongement à celle de «l’unité nationale» de son prédécesseur.

La première révolution au Cameroun est née de l’idée de la possibilité pour la population de recouvrer sa liberté d’antan, perdue du fait de l’invasion coloniale. Cette révolution a débouché, tout naturellement, sur la revendication de l’indépendance et le départ des Blancs. Il s’agit là, de LA RÉVOLUTION 1.0 !

Dr. Charles Ateba Eyene a initié une nouvelle RÉVOLUTION. Il réveille la jeunesse camerounaise en réussissant là où tout le peuple a échoué : dénoncer et faire trembler un système corrompu, déviant et individualiste de l’ère Biya.

L’élément déterminant de la « Révolution Charles Ateba Eyene » démontrant l’absence de JUSTICE ET D’ETHIQUE dans notre pays, est la profondeur du fossé qui sépare d’une part, le caractère très alarmant de la demande sociale dans le sens large du terme, aussi bien dans ses exigences relatives à l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la sante, l’eau, l’électricité, en passant par l’emploi des jeunes, ainsi que sa demande démocratique pour la liberté d’expression et d’autre part, l’épaisseur de l’archaïsme politique, doublé de l’extrême immoralité de l’exercice du pouvoir par la corruption et la mafia organisée.

À travers sa démarche et son courage, Charles Ateba Eyene a pu mettre en évidence l’existence d’un réel fossé générationnel dans notre pays entre les moins de quarante-cinq ans et ceux de plus de soixante ans sans oublier au milieu, une sorte de no man’s land. Cette réalité nous oblige à admettre que nous aurons besoin d’un grand travail de soudure intergénérationnelle et que nous allons devoir nous parler franchement afin de recréer ensemble un espace commun où il fait bon de vivre ensemble, si l’on ne souhaite pas que le tissu social se fissure davantage avec des conséquences désastreuses pour toute une nation qui aspire à la prospérité.

Charles Ateba Eyene laisse à la jeunesse camerounaise un héritage dont chacun d’entre-nous aura le devoir de s’approprier et de contextualiser afin de faire face aux grands défis et enjeux de demain.

Va en paix Charles et vive ta RÉVOLUTION 2.0 ! « L’homme illustre a pour tombeau la terre entière », Périclès, 430 avant Jésus-Christ

par Dr Alain Nkoyock

CHARLES ATEBA EYENE, RÉVOLUTION 2.0 !
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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 21:55

               CHARLES ATEBA EYENE

NOUS NE T'OUBLIERONS JAMAIS

AFROHISTORAMA COMMUNICATION PARTAGE LA DOULEUR AVEC TOUTE LA FAMILLE

 

 

CHARLES ATEBA EYENE  UN VRAI PATRIOTE

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 05:49

Après qu’il eût résisté aux pogroms coloniaux et à deux dictatures, l’une maniaque et l’autre fainéante et bordélique, le peuple camerounais échappera-t-il au filicide auquel il est maintenant convié ?

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                                                                                          Venant Mboua

                                                                                      Journaliste et écrivain

 

Objet : Votre nomination au poste de Président du comité de normalisation du droit d’auteur.

Cher monsieur Seuna,

Ce message est en réalité le témoignage d’un ancien « brûlé » du droit d’auteur camerounais, ce « droit du ministre de la Culture ».

D’emblée, je dois vous dire que dans le feuilleton de série B en propagation ces derniers temps et dont Ndedi Eyango et Ama Tutu Muna tiennent les rôles principaux tandis que Roméo Dicka campe le premier rôle de soutien, je défends Le Prince des montagnes. Rassurez-vous, il n’est pas mon ami. Je ne le connais qu’à la télé. Il est probable qu’il n’a jamais entendu parler de moi. Mais je suis ce spectateur que le scénariste de séries brésiliennes a réussi à conditionner, par son intrigue à deux balles, bâtie sur deux types de personnages : les honnêtes, gentils, sans défense, sans pouvoirs, martyrisés et les malhonnêtes, puissants, cyniques et méchants. Plusieurs semaines après le début du feuilleton, mon cœur bat encore plus pour Ndedi Eyango et je déteste encore plus le personnage de ministre et ses soutiens.

Le discours du chanteur de Nkongsamba sur le plateau de STV m’a ému. C’est la première fois que je l’entendais parler en dehors des chansons. Je découvre qu’il est un artiste et homme d’affaires lucide. Et, vous qui connaissez bien les couloirs et les mentalités du ministère de la Culture, vous avez compris pourquoi la ministre de la culture le combat : c’est un élu qui, visiblement, n’a pas su dealer. C’est un naïf qui pensait venir là pour aider à résoudre les problèmes alors que ce n’est pas ce qu’on attend d’un élu.

C’est l’erreur que j’avais commise en 2002!

Deux décennies de désordre organisé 

Je vous connais depuis que je suis de près le droit d’auteur en qualité de journaliste, c’est-à-dire, une personne généralement bien informée mais, parfois aussi, intoxiquée par des sources qui ont leurs buts à atteindre. Ce sont Sam Mbende et Emmanuel Keki Manyo, mon metteur en scène aujourd’hui disparu, qui me pousseront finalement à devenir un acteur du secteur. Je savais déjà que depuis l’avènement de la gestion collective, après le vent de libéralisation de 1990, le droit d’auteur se faisait entendre uniquement par des querelles. Les ayants droit se battaient entre eux, divisés en camps avec, comme arbitre de mauvaise foi (pour ne pas dire, comme au foot du quartier, «arbitre corrompu »), le ministre de la Culture, quand ce dernier ne se colletait pas carrément avec l’un des camps. Les exemples sont légion : Stanislas Melonè (premier PCA de Socinada) contre les musiciens; le ministre Toko Mangan contre Sanding Beng. Le ministre Oyono Ferdinand contre Esso Essomba. Ferdinand Oyono contre Clément Tjomb (et ce dossier vous le connaissez bien). Oyono Ferdinand contre Manu Dibango, le ministre Oyono Ferdinand encore contre Mono Ndjana. La situation n’a pas changé après Oyono : Ama Tutu Muna contre Sam Mbende et aujourd’hui, la même Tutu Muna contre Ndedi Eyango.

Au total, plus de deux décennies de désordre cyniquement bien organisé par l’autorité de tutelle. Cela ne m’a pas empêché de penser que je pouvais apporter ma contribution, comme si, avant moi, il n’y avait pas eu de génie pour aider ce droit d’auteur à fonctionner. Et pan, sur ma grosse tête prétentieuse!

J’ai participé aux séances de concertation que vous dirigiez avant la rédaction de la loi 2000. Par la suite, j’ai contribué à la fondation de la Sociladra, la société des droits de la littérature et des arts dramatiques. Cette expérience m’avait encore poussé à y croire. On l’a sans doute oublié aujourd’hui, la naissance de Sociladra aurait pu survenir dans le sang. Deux camps se battaient et aucun ne voulait rien lâcher. Une guerre fratricide a opposé Pabé Mongo et Mono Ndjana pendant des mois. Féroces, cruelles, les attaques personnelles succédaient aux menaces physiques…

Mais le jour de l’assemblée générale fondatrice et élective, sans la supervision d’aucun fonctionnaire ni d’aucun ministre, après une demie journée de chicane, les deux camps se sont assis, se sont parlés avec sagesse : « c’est notre bien commun », entendait-on ce soir-là. Un conseil d’administration consensuel a été constitué, selon les textes et la loi.

J’ai vu des gens qui se battaient sans pitié pendant des mois fraterniser sincèrement après l’assemblée générale, certains blaguant même sur les intrigues qu’ils avaient fomentées. Je me suis dis que les artistes sont une famille qui peut avoir des discordes sans se disloquer, s’il ne vient pas un intrus pour vicier les disputes. En effet, ils font le même job, vivent la même galère camerounaise, jouent sur les mêmes scènes, subissent le même mépris gouvernemental, etc.

Ce sont des forces étrangères aux intérêts des auteurs qui organisent la pagaille. Ces forces proviennent surtout du ministère de la Culture. Je ne vous apprends rien. Les divergences entre membres s’aggravent parce que, généralement, le ministre prend position pour un camp, bien souvent pour le camp le plus malhonnête et le plus illégal. Le ministre et ses équipes utilisent les faiblesses (elles sont nombreuses) des créateurs des œuvres de l’esprit, pour les soumettre et leur voler leurs droits. Ce sont eux, qu’Hubert Mono Ndjana avait appelé, « les prédateurs ».

Les manipulés et les prédateurs  

J’ai pu voir, lors de la nomination d’un directeur général à la Sociladra, des pères et mères de familles changer une résolution votée en début de séance, juste parce qu’en cours de réunion, un message annonçait que le ministre leur a promis à chacun 100.000 FCFA et qu’ils venaient de manger un plat de ndolè arrosé de vins et de whisky pendant la pause. Et ceci n’est pas un sketch! Le ministre tenait à imposer un de vos collaborateurs de la Cellule juridique comme directeur général de la Sociladra. Il l’a fait!

J’ai encore vu en 2006, un collègue comédien, engagé comme nous à résister aux manœuvres autoritaires de la CPMC, s’écrouler carrément lorsqu’il a été annoncé qu’il n’y aurait pas de perdiem pour la séance du conseil. Il m’a dit, larmoyant : « j’abandonne, je vais demander des excuses au président (de la CPMC), j’ai besoin d’argent, 200.000 FCFA. Mon fils doit reprendre l’école ce lundi ». Il était sincère. Il l’a fait. Ce jour-là, j’ai compris que combattre ne servait à rien, que je n’étais pas assez fort et armé pour lutter longtemps. Ce jour-là aussi, j’ai décidé de quitter ce milieu, même si j’avais continué l’agitation, avec d’autres camarades, « juste pour embêter », disions-nous.

En effet, en dehors de l’assemblée générale fondatrice, toutes les autres assemblées de la Sociladra ont échappé aux membres. En 2005, je fais un bluff dans le journal Mutations (mon confrère, Thiéry Gervais Gango qui m’a interviewé, m’en veut encore pour cela) : j’annonce ma candidature au poste de PCA. Je suis journaliste au Messager, à l’époque, je couvre ou je suis organisateur d’événements culturels. J’ai la sympathie et le soutien de beaucoup de membres de la Sociladra et cela laisse penser que je suis un candidat hyper favori. Le lendemain de la publication de l’article, le président de la CPMC me rencontre, en votre présence : « il faut que tu retires ta candidature, parce que le ministre d’État (Oyono Ferdinand) ne peut pas accepter qu’un anarchiste comme toi devienne le président de la Sociladra », me dit frontalement le président de la CPMC. « Et si je maintenais quand même ma candidature? » ai-je avancé. La réponse fut nette : « il n’y aura jamais d’assemblée générale de la Sociladra et nous, on va continuer de gérer votre société ». Vous étiez-là, rappelez-vous. Rappelez-vous aussi que mon collègue du Messager, Souley Onohiolo, était avec moi et que vous avez eu un échange très rude, pour ne pas dire plus.

Le conseil d’administration formé cette année-là, fut « dissout » l’année suivante, par le président de la CPMC, à travers une interview à Cameroon Tribune (!!!). Le président de ce conseil qui lui obéissait comme un gamin, s’était en fin rebellé contre ses abus. Il fallait « l’occire », constata plus tard, Mono Ndjana lui-même.

Pour toutes les sociétés, la CPMC, avait déjà, depuis un an, mué en organisatrice des assemblées générales (elle en jugeait de l’opportunité, fixait les dates, choisissait les candidats, etc.) et gérait le compte commun du droit d’auteur. On a même vu la CPMC organiser…les deuils des membres et accorder des subventions aux artistes !!! Des activités qui sortent totalement de son rôle et du cadre du droit d’auteur. Entre temps, très peu de choses ont changé de cette hyper activité, au regard de ce que j’apprends des médias.

Ce n’était pourtant pas faute d’avoir des personnes compétentes. Cette CPMC était dirigée par l’un des plus brillants hommes de droit de notre université, Magloire Ondoa. Il y avait d’autres grosses compétences, des fiscalistes, des avocats, des universitaires dont …vous-même, Christophe Seuna! Mais de toute évidence, ces personnages ne mettaient pas leur énergie et leurs vastes connaissances au service des sociétés. Toute la démarche de la commission semblait servir des intérêts autres que ceux des membres. Instructions ministérielles ou initiatives personnelles?

Avant de prendre la tête de « ces choses » créées par Tutu Muna, pouvez-vous dire aux ayants droit ce qui s’est réellement passé avec cette fameuse CPMC où on ne vous voyait plus, vous, le rapporteur? D’ailleurs, avant la fin de l’année 2005, on ne vous voyait même plus nulle part, sur les dossiers du droit d’auteur, tout chef de Cellule juridique que vous demeuriez...

Changer quoi? 

Aujourd’hui, en créant « les comités », Tutu Muna nous remet la méthode Oyono. Incapable de trancher entre deux demandes de constitution de société de catégorie B, le défunt ministre avait opté pour sa société à lui. Il fit appel à Manu Dibango. Quelques mois plus tard, il le faisait débarquer sans façon en lui retirant « son agrément ». Pour noyer le bruit que les malheurs de Manu avaient provoqué, on convoqua des séances dites des « États généraux du droit d’auteur », par catégorie. Ce sont ces travaux qui ont défini la base des textes des sociétés actuelles. On a utilisé les sociétés de gestion collective pour distraire afin qu’on oublie Manu Dibango; comme jadis, la loi 2000 (une loi généreuse, du reste, pour les sociétés de gestion collective) fut un prétexte pour régler ses comptes à Esso Essomba de la Socinada. De même, au lieu de faire un audit de la gestion du droit d’auteur à son arrivée, Tutu Muna s’est contentée d’attaquer Sam Mbende, utilisant comme prétexte, la mauvaise gestion puis…des mauvaises élections (!) pour retirer l’agrément à la CMC. Vous savez tout cela.

Pouvez-vous aussi dire aux ayants droit pourquoi l’audit fait si peur aux autorités de la Culture? Nous l’avions demandé en 2006, en vain. Ndedi Eyango, en s’accrochant naïvement à cette idée, apparaît comme un éléphant furieux dans une vaissellerie. Pour sauver ses plats, il faut absolument abattre la bête. Dans le cas de nos sociétés aujourd’hui, des membres prébendiers aux ministres gourmands, en passant par des fonctionnaires braqueurs de caisses, on ne sait où commence et où s’arrête la chaîne de vaisselle à protéger.. Il me semble que vous, vous connaissez bien cette chaîne-là que Tutu Muna veut protéger en vous désignant à la tête de ces « comités ». Car que peuvent ces « trucs »? Je vous laisse répondre à l’opinion nationale dans quelques mois. Tutu Muna imite la Fecafoot dans l’esbroufe (comité de normalisation aussi prédateur que les organes antérieurs) mais ignore l’attitude des gens du foot quant à la gestion des compatriotes de la diaspora…

M. Christophe Seuna, le président du machin de normalisation que vous êtes est aussi celui qui a écrit la loi 2000. Qui a piétiné cette loi, les membres des sociétés ou les autorités de tutelle? S’il vous plaît, éclairez les Camerounais sur la question. Que va-t-on vous demander d’y changer, La loi que les ministres autocrates et gloutons ne respectent pas ou la mentalité des membres pressureurs? On vous a adjoint quelques innocentes personnes et une bande de myrmidons du système, aussi inutiles que nuisibles, de bons « créateurs d’impossibilités » depuis l’an 2000 au moins, qui n’ont qu’un rêve, vivre – grassement et facilement – de l’argent du droit d’auteur dont la plupart ne sait et ne comprend rien. Au fond de vous-même, vous savez que ces hommes et femmes n’ont aucune solution pour faire avancer la cause des auteurs. Vous les connaissez, vous les avez vus à l’épreuve depuis au moins une décennie! Pourquoi acceptez-vous cette mascarade? La responsabilité de l’universitaire que vous êtes, pétri d’expérience dans le domaine, ne vous obligeait-elle pas à décliner cette offre pourrie ? Sur qui peuvent donc compter les Camerounais pour une rédemption de notre pays, si des élites comme vous ne sont pas capables de remettre en cause l’ordre malsain établi ?

La faute au système 

En fait, M. Seuna, je ne vous blâme pas. Je me plains, un peu désespéré. Je ne blâme pas non plus Tutu Muna Elle est un produit du système régnant depuis la colonisation française et auquel son père, Muna Tandeng, a adhéré jusqu’à la fin de sa carrière politique. Quand elle est arrivée au ministère de la Culture, elle a affiché une fausse humilité qui nous avait poussés à la défendre, face à la horde de nostalgiques d’Oyono. Mais l’imposture dont elle est issue a vite repris le dessus sur elle.

Cette imposture qui prospère chez nous nous détruit au quotidien et nous ne semblons même pas le constater. Qui avait imaginé que des habitants du Cameroun pouvaient se déchirer un jour sur des médias sociaux, les plateaux de radios et télévisons, autour de la nationalité d’un enfant mboo de Nkongsamba que toute la nation a vu naître et progresser dans sa carrière par son talent et son travail ? À cause des gangs de prédateurs du droit d’auteur, le Cameroun a désormais deux catégories d’enfants : les Camerounais du Cameroun, ceux qui n’ont pas pu ou voulu quitter le Cameroun (ils sont les « vrais », les patriotes, les gardiens de nos lois) et les Camerounais vivant à l’étranger, des enfants déshérités parce que mangeurs à tous les râteliers, espions des puissances étrangères dont ils ont pris la nationalité, des agresseurs sans scrupule et sans morale qui s’imaginent que vivre à l’étranger les exonère du respect de nos lois à l’équité indiscutable. On en vient encore à oublier que les lois doivent être au service des citoyens et non l’inverse. Parce que même les régimes les plus ignobles ont des lois : le régime hitlérien, l’apartheid, la colonisation, voire la traite des Noirs, étaient fondés sur des lois.

Au-delà des querelles autour du droit d’auteur, voilà la bombe que Tutu Muna – par irresponsabilité ou sous pression ? – a balancée sur ce qui reste de la nation. Et que vous avez accepté de cautionner!

Après qu’il eût résisté aux pogroms coloniaux et à deux dictatures, l’une maniaque et l’autre fainéante et bordélique, le peuple camerounais échappera-t-il au filicide auquel il est maintenant convié ?

Par Venant Mboua

Source : http://sissongho.over-blog.com

 

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Tchad Sara, Arabe
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Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
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Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
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Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
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Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
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Zandi,Fur
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Tonga
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Source : Union Africaine