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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 11:11
Burkina Faso : Blaise Compaoré  rattrapé par son passé. Son pays va demander au Maroc son extradition

Burkina Faso : Blaise Compaoré  rattrapé par son passé. Son pays va demander au Maroc son extradition.

 

Le Burkina va demander au Maroc l’extradition du président déchu Blaise Compaoré, a annoncé jeudi le Premier ministre de la transition, Isaac Zida, ajoutant que le dossier Sankara, considéré le Che Guevara africain serait entièrement rouvert et la justice rendue.

Nous allons demander au Maroc de mettre le président Compaoré à la disposition de la justice burkinabé, a déclaré M. Zida lors d’une rencontre avec la presse nationale dans son bureau dans la capitale du Burkina.

La poursuite des présumés coupables (dans l’assassinat du président Thomas Sankara) va être entreprise, a-t-il déclaré.

Le dossier (Sankara) sera entièrement réouvert et la justice sera rendue, a ajouté le lieutenant-colonel Zida qui s’était emparé du pouvoir après le départ du président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir après 27 ans de règne sans partage par un soulèvement populaire.

Le capitaine Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat qui a porté au pouvoir son ami et frère d’armes Blaise Compaoré.

Lors de sa prise de fonction, le président de la transition Michel Kafando a annoncé que la tombe présumée du capitaine Sankara sera ouverte en vue d’effectuer des tests ADN pour déterminer si c’est bien son corps qui repose au cimetière de Dagnoên (est de la capitale) car des milliers de partisans de l’ancien dirigeant et sa famille doutent que ce soit bien le cas.

 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:04

Appel aux rassemblements continus jusqu’à l’annulation définitive de l’abominable exposition du zoo humain au théâtre Gerard Philippe de Saint Denis

 

 

Les Manifestants empêchent l’abominable exposition de Saint-Denis en images.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 08:51
Cameroun Election a la Fecafoot le samedi 29 novembre: ou les corrompus de retour - Appelle au soulèvement populaire dans tout le pays.

Cameroun Election à la Fecafoot le samedi 29 novembre:

ou les corrompus de retour

Appelle au soulèvement populaire dans tout le pays au moment de son  installation officielle

 

 

L’ancien directeur de cabinet d’Iya Mohammed annonce d’autres batailles de son camp sur le front judiciaire.

Abdouraman Hamadou est furieux. L’ancien directeur de cabinet d’Iya Mohammed s’indigne contre les actions du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Mercredi sur les antennes de Radio sport info, le dirigeant d’Etoile filante de Garoua a indiqué parlant de l’élection de l’instance fédérale prévue samedi, que « tout Camerounais a le devoir d’empêcher la tenue de l’élection du 29 novembre ». Et d’expliquer : « nous avons ce devoir parce que cette élection est illégale. Les gens s’apprêtent à poser des actes et de cette manière-là, de façon ostentatoire, en narguant l’ensemble des Camerounais. C’est un devoir pour tout citoyen camerounais d’empêcher ces gens-là de ridiculiser nos institutions avec l’aide de Zurich ».

Il menace : « si les autorités n’arrêtent pas Joseph Owona, nous allons l’arrêter avec nos bras ». Pour lui, le président du Comité de normalisation Joseph Owona et la la Fécafoot sont hors-la-loi. L’ex pilier de l’administration Iya Mohammed soutient  qu’il n’y  a « pas  de base juridique pour continuer le processus électoral démarré le 30 octobre sur la base d’un statut et d’un code électoral qui ont été purement  et simplement annulés ». Dans sa bataille contre la Fécafoot, Abdouraman Hamadou annonce l’ouverture de nouveaux  fronts. Il s’est de nouveau adressé à la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun.

« Nous avons  attaqué les élections aux niveaux régional et départemental à partir d’une décision globale. Nous avons attaqué le collège électoral régional qui validait de fait les élections au niveau des départements. Nous avons attaqué la décision qui fixe le collège électoral fédéral, sur l’éligibilité, celle qui validait les candidatures  et qui a validé l’élection de Tombi à Roko », fait-il savoir.  Abdouraman pense que la Fécafoot est dans une position  et n’est plus réduite, croit-il, qu’à compter sur la faiblesse des institutions camerounaises.

 

   

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 22:33
 LOUIS FARRAKHAN : « QUAND UN NOIR MEURT, UN BLANC DOIT MOURIR ET LÀ, ILS CHERCHERONT LE DIALOGUE »

 LOUIS FARRAKHAN : « QUAND UN NOIR MEURT, UN BLANC DOIT MOURIR ET LÀ, ILS CHERCHERONT LE DIALOGUE »

 

Le Ministre Louis Farrakhan, leader charismatique afro américain, s’est récemment exprimer sur la situation explosive qui gagne l’ensemble des États-Unis suite au non-lieu prononcé en faveur de l’officier Darren Wilson. Selon Farrakhan, l’Amérique est à deux doigts de basculer dans une guerre raciale si les choses ne changent pas radicalement.

Lors de sa visite au ‘Morgan State University’, Farrakhan a fait savoir à l’audience que la situation à Ferguson devait pousser la communauté afro à se battre davantage pour ses droits.

« Je n’ai jamais vu de manifestation d’une telle ampleur » a-t-il affirmé. « Pendant plus de 100 jours, des hommes, des femmes, des enfants ont manifesté mais là, c’est tout le pays qui s’embrase. »

Farrakhan a tenu à avertir ceux qui se répandaient sur les réseaux sociaux concernant leurs activités et projets, leur expliquant que les agents du gouvernement devaient sûrement consulter leurs profils sur Facebook et sur Twitter afin de mieux les contrer.

“L’ennemi vous aura par le biais des réseaux sociaux, n’en parlez pas sur Facebook. Soyez prudents !”

Farrakhan a encouragé la jeunesse à ne pas baisser sa garde :
« Vous ne pouvez plus faire machine arrière ! Vous ne voulez peut-être pas vous battre, vous auriez aimé ne pas en arriver là mais vous devez vous y attendre. Enseignez-le à vos enfants, apprenez-leur à combattre. » Et d’ajouter : « Nous devons tous mourir un jour, autant que ce soit pour quelque chose qui en vaille la peine. »

Pour Farrakhan, rien ne se fait sans sacrifice : « quelques -uns mourons mais des millions seraient définitivement libres. C’est uniquement en raisonnant et en agissant de la sorte que la communauté afro américaine avancera. »
« Ils nous tuent. Ils continueront de nous tuer et iront ensuite manger un hamburger puis dormir comme si de rien était mais si à notre tour, nous décidons que pour un des nôtres tués, un des leurs le sera aussi, la donne changera et cela les rendra fatalement plus raisonnables. »

Farrakhan a d’ailleurs reçu le soutien du Dr Boyce Watkins pour son appréciation de la situation, Watkins le considérant comme le leader afro américain le plus indépendant.

« Farrakhan est l’une des rares personnalités afro américaines à ne pas être contrôlée par les blancs .» affirme le Dr. « Beaucoup parmi nous sont loin d’imaginer à quel point nous ne sommes pas libres. Tout est contrôlé par les blancs : les noirs que vous voyez à la télé, leurs émissions, absolument tout est dirigé et financé par leurs corporations. Seul Farrakhan fait exception. Les Noirs courageux doivent se jeter dans cette bataille corps et âmes et refuser tout compromis. Nous devons marquer l’histoire de l’Amérique. »

Source : NegroNews

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 22:00
Le directeur de l'Hosto (Burkina Faso)Le directeur de l'Hosto (Burkina Faso)

Le directeur de l'Hosto (Burkina Faso)

Dons de matériel médical à l’hôpital Yalgado Ouédraogo : Le directeur général a refusé de réceptionner de la vieillerie.

 

Le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo devait recevoir du matériel dans la soirée du 20 novembre 2014. Mais répondant à son principe de ne plus être « un dépotoir de vieillerie », le directeur général a décliné l’offre de la communauté libanaise au Burkina. Le domaine de la santé est très délicat nous a dit Robert Sangaré et Yalgado ne peut accepter « n’importe quoi ». Il a regretté que bien que les donateurs aient été conseillés et orientés sur les besoins du centre, ce soit du vieux matériel usé qu’ils aient voulu offrir.

Le 10 janvier 2013, le directeur général du centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) rappelait lors d’une conférence de presse, que désormais son établissement n’acceptera plus du vieux matériel. « Ce n’est pas parce qu’on est dans le besoin qu’on doit se contenter d’accepter tout ce qu’on nous donne » avait dit à l’époque Robert Sangaré. C’est dans cette logique que le directeur général a refusé de réceptionner un lot matériel de la communauté libanaise dans la soirée du 20 novembre. Ladite communauté avait approché les responsables du CHU pour s’associer à l’élan de solidarité nationale né des évènements des 30 et 31 octobre.

L’hôpital a alors expliqué les formes d’aides. Certains préfèrent payer directement des produits pharmaceutiques pour venir remettre, d’autres par contre choisissent de venir donner des chèques ou de la liquidité, c’est ce qui est courant ces derniers temps. A côté de ces deux options, il y a des bienfaiteurs qui préfèrent acquérir de l’équipement pour l’hôpital en fonction des besoins exprimés par les services pour assurer une prise en charge plus appropriée des patients. Dans ce dernier cas, il y a des exigences.

C’est ce que la communauté libanaise aura choisi comme option, offrir du matériel médical. « Là, nous vous donnons une liste et en fonction de vos moyens, vous faites ce que vous pouvez faire. Vous pouvez discuter directement avec le fournisseur, mais il faut quand même, que ce soit des professionnels de la vente du matériel médical. On leur avait dit de choisir ce qu’ils veulent, mais vraiment si c’est du matériel technique, il faut que nous sachions ce qu’ils vont nous amener ».

Et la direction de l’hôpital dit avoir mis en contact les donateurs avec un fournisseur de l’hôpital qui connaît ses exigences en matière de table d’examen et autre équipements et qui avait déjà fait la même chose pour une société publique de la place qui voulait faire don d’équipements au CHU. Apparemment cette piste a été abandonnée entre temps.

« Ils ont amené le matériel ce matin (Ndlr. Le 20 novembre 2014), quand nous sommes descendus, nous avons constaté que c’était du vieux matériel. Des tissus déchirés, les pneus totalement usagés. Les tables d’examen ne peuvent même pas tenir une semaine ». En plus, toujours selon Robert Sangaré, les tables d’examen ont des dimensions et des critères de solidité, mais celles qui ont été amenées ne répondent pas à ces critères et c’est juste de la peinture qui a été passé dessus.

« Ils ont eu toutes les informations. Ce matériel-là, franchement, nous ne pouvons pas l’utiliser. Nous les avons appelés gentiment pour leur dire de venir enlever le matériel, parce que nous ne pouvons pas l’utiliser. Ils ont dit qu’ils ne peuvent pas annuler parce qu’il y a la presse qui devrait venir couvrir la remise. Il y a un de leur responsable qui m’a appelé et qui voulait que j’accepte et qu’il s’engageait à réparer. Moi je lui ai dit que je ne pouvais pas jouer à ce jeu. Prendre toute la nation burkinabè à témoin en disant que nous avons reçu du matériel neuf alors que ce n’est pas le cas. On n’a même pas besoin d’être un spécialiste pour savoir que c’est du vieux matériel. Que la communauté libanaise m’excuse, j’ai beaucoup de respect pour elle, mais ma conscience ne me permet pas de jouer ce jeu. Je ne peux pas réceptionner du matériel inutilisable. Le faire, c’est triché et avec l’ensemble du peuple burkinabè et avec tout l’hôpital Yalgado. » Tranche le directeur général du CHU Yalgado Ouédraogo.

Pour lui, Yalgado en tant que centre universitaire, est un hôpital de référence du Burkina et celui qui veut l’aider doit le faire sur la base des besoins exprimés, surtout quand il s’agit des équipements médicaux. « Le temps où on ramassait du matériel pour venir jeter à Yalgado est terminé ».

« Même quand vous voulez aider quelqu’un, il faut l’aider bien »

Le directeur a rassuré que ce n’est pas une question d’argent. Et sa structure n’insiste pas sur la quantité. Il en veut pour preuve des personnes anonymes qui viennent poser des petits gestes symboliques mais forts pour l’hôpital.

L’hôpital Yalgado entend ainsi mettre fin aux coups médiatiques qui ne lui profitent pas. Et ce refus d’être un dépotoir n’a pas commencé le 20 novembre. Bien avant et souvent de l’extérieur, Yalgado a refusé des dons. Un compatriote vivant en Allemagne a même proposé d’envoyer un hélicoptère au plus grand hôpital du Burkina. « J’ai refusé(…) J’ai dit que je n’en vais pas besoin, qu’est-ce que je vais faire avec un hélicoptère pour Yalgado ? Je n’ai pas de pilotes, en plus qui va louer cela pour transporter son malade ? Le salaire même du pilote, je fais comment ? »

Tout en remerciant toutes les bonnes volontés qui de par leurs actions aident l’hôpital à une prise en charge adéquate des patients, Robert Sangaré estime que quand on veut aider quelqu’un, il faut l’aider bien. Il recommande aux éventuels bienfaiteurs, à approcher les responsables pour savoir ce dont ils ont besoin. « Il y a des gens qui nous amènent des équipements dont le coût de réparation est plus élevé que le coût d’achat », a-t-il conclu.

Par Tiga Cheick Sawadogo
Source:Lefaso.net

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 20:39

Un prêtre blanc dit la vérité sur L'Afrique et sur les traditions Africaines

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 11:56
Le piège en or du maître d’échecs Poutine

Le piège en or du maître d’échecs Poutine

 

Les accusations de l’Occident envers Poutine sont traditionnellement basées sur le fait qu’il est issu du KGB ; il serait donc une personne cruelle et immorale. Poutine est blâmé pour à peu près tout, mais personne ne l’a jamais accusé de manquer d’intelligence. Toutes les accusations portées contre lui ne font que mettre en valeur sa capacité à produire une analyse rapide et à prendre des décisions politiques et économiques claires et mesurées. Les médias occidentaux comparent souvent cette habileté à celle d’un maître d’échecs en pleine démonstration publique ; les récents développements de l’économie étasunienne et de l’Occident en général nous permettent de conclure qu’ils ont totalement raison.

 

Contrairement à ce qu’affirment les nombreux reportages propagandistes dans le style de FOX News et de CNN, aujourd’hui, l’économie occidentale, menée par les États-Unis, est tombée dans le piège de Poutine, d’une manière que personne à l’Ouest n’est en mesure de voir ou de comprendre. Et plus l’Occident essaye de s’en échapper, plus il se retrouve pris au piège.

Quelle est donc cette situation délicate dans laquelle se retrouvent l’Occident et les États-Unis ? Et pourquoi l’ensemble des médias et des principaux économistes occidentaux sont-ils silencieux à ce sujet, comme pour un secret militaire bien gardé ? Essayons de comprendre l’essence des événements économiques actuels en mettant de côté les considérations morales, éthiques et géopolitiques.

Après avoir réalisé son échec en Ukraine, l’Occident, mené par les États-Unis, s’emploie à détruire l’économie russe en abaissant les prix du pétrole et du gaz, ce qui représente la première ressource de revenu à l’exportation de la Russie et la principale source de réapprovisionnement des réserves d’or.

Il est important de noter que le principal échec de l’Occident en Ukraine n’est pas militaire ou politique. Il réside en réalité dans le refus de Poutine de financer ce projet occidental pour l’Ukraine au détriment du budget de la fédération de Russie. Ce qui rend inévitablement ce projet non-viable dans un futur proche.

La dernière fois, sous le président Reagan, les actions de l’Occident pour baisser les prix du pétrole furent un succès et menèrent à l’effondrement de l’URSS. Mais l’histoire ne repasse pas les plats. La donne est différente cette fois. La réponse de Poutine ressemble à un mélange d’échecs et de judo, quand la force de l’ennemi est retournée contre lui, mais avec un coût minimal en termes de force et de ressources pour celui qui se défend. La véritable politique de Poutine n’est pas publique, ce qui lui permet de se concentrer sur son efficacité plus que ses apparences. Très peu de personne comprennent ce que fait Poutine en ce moment. Et presque personne ne comprend ce qu’il fera dans le futur.

Ainsi, aussi étrange que cela puisse paraître, en ce moment Poutine vend le gaz et le pétrole russes contre de l’or physique.

Poutine ne le crie pas sur tous les toits. Et bien sûr, il accepte les dollars étasuniens comme un intermédiaire de paiement. Cependant, immédiatement, il s’empresse d’échanger ces dollars obtenus de la vente du gaz et du pétrole contre de l’or physique.

Pour comprendre, il suffit de regarder la croissance des réserves d’or russes et de comparer ces données avec les revenus des exportations de la Fédération de Russie issus des ventes d’hydrocarbures sur la même période.

 

 

 

Le piège en or du maître d’échecs Poutine

En outre, au troisième trimestre les achats d’or physique de la Russie sont à des niveaux jamais atteints. En effet, la Russie a acheté, rien que pour ce troisième trimestre, le montant incroyable de 55 tonnes d’or. C’est plus que toutes les banques centrales du monde réunies sur cette période. Au total, les banques centrales de tous les pays du monde ont acheté 93 tonnes du métal précieux au troisième trimestre de 2014. C’est le quinzième trimestre consécutif d’achat net d’or par les banques centrales. Sur ces 93 tonnes, le montant sidérant de 55 tonnes revient à la Russie.

En ce moment, les Occidentaux dépensent tous leurs efforts et leurs ressources via des manipulations des marchés pour abaisser le prix de l’or et des hydrocarbures. Ainsi, ils distordent les réalités économiques existantes au profit du dollar afin d’augmenter son pouvoir d’achat. Et dans le même temps, ils cherchent à détruire l’économie de la Russie, qui refuse de jouer le rôle du vassal obéissant de l’Occident.

La suppression du prix de l’or par le département spécial du gouvernement étasunien appelé ESF (Exchange Stabilization Fund ), avec pour objectif de stabiliser le dollar, a été retranscrite dans la loi des États-Unis.

Ainsi, aujourd’hui, les actifs tels que l’or ou les hydrocarbures paraissent proportionnellement affaiblis et excessivement sous-évalués par rapport au dollar. Cependant, Poutine, en vendant les hydrocarbures russes en échange de dollars artificiellement appréciés, qu’il s’empresse ensuite d’échanger contre de l’or artificiellement déprécié, neutralise les effets négatifs des manipulations occidentales.

Il n’y a pas si longtemps, des scientifiques britanniques ainsi que les principales études géologiques américaines étaient arrivés à la conclusion que l’Europe ne serait pas capable de survivre sans l’approvisionnement énergétique russe. Ainsi, le monde occidental, construit sur l’hégémonie du pétrodollar, est dans une situation catastrophique. Il ne peut survivre sans l’offre russe de gaz et de pétrole, mais la Russie n’est maintenant disposée à vendre ses hydrocarbures à l’Occident uniquement contre de l’or physique.

Le tour de force de ce jeu poutinien est que le mécanisme de vente des hydrocarbures russes à l’Occident contre de l’or fonctionne quoi qu’en pensent les Occidentaux ; de facto, ceux-ci payent leur importation énergétique en bradant leur or. Ainsi, Poutine, grâce à la richesse des réserves naturelles russes et aux manipulations occidentales, soutire progressivement l’essentiel de leur or physique aux pays occidentaux. Cette stratégie économique menée par Poutine met l’Occident, États-Unis en tête, dans la position d’un serpent dévorant avec agressivité et application sa propre queue.

Dans le monde financier il est établi comme donné que l’or est par essence un antidollar.
- En 1971, le président étasunien Richard Nixon ferma la fenêtre de l’or, mettant fin aux échanges de dollars contre de l’or, garantis par les États-Unis depuis 1944 par le traité de Bretton Woods.
- En 2014, le président Russe Vladimir Poutine, à rouvert la fenêtre de convertibilité du dollar en or sans demander la permission de Washington.

L’idée de ce piège économique basé sur l’or provient probablement du conseiller pour les Affaires économiques de Poutine, le docteur Sergey Glazyev. Comment comprendre autrement le fait qu’il soit sur la liste des personnalités russes sous sanctions étasuniennes, bien qu’il ne fasse pas partie de la communauté des hommes d’affaires russes ? Cette idée de l’économiste Glazyev est brillamment exécutée par Poutine, avec le soutien total de son homologue Xi Jinping.

 

Le piège en or du maître d’échecs Poutine

Très intéressante, dans ce contexte, est la déclaration de novembre dernier du premier adjoint du président de la Banque centrale russe (BCR), Ksenia Yudaeva, soulignant que la BCR pouvait utiliser l’or de ses réserves pour payer ses importations, si besoin était. Il est évident que dans un climat de sanctions de la part de l’Occident, cette déclaration est adressée aux BRICS, et plus particulièrement à la Chine.

Pour la Chine, la volonté russe de payer les biens importés avec de l’or venu d’Occident est très pratique. En voici la raison. La Chine a récemment annoncé qu’elle cesserait d’accroître ses réserves de devises et d’or libellés en dollars. Considérant le déficit croissant entre les États-Unis et la Chine (cinq fois favorable à la Chine), cette déclaration traduite du jargon financier doit se comprendre ainsi : « La Chine arrête de vendre ses marchandises contre des dollars. »

Les médias ont choisi de ne pas relayer cette information capitale de l’histoire monétaire récente. L’enjeu n’est pas que la Chine refuse de vendre ses biens contre des dollars. La Chine, bien sûr, continuera à accepter les dollars comme intermédiaire de paiement pour ses marchandises. Mais une fois les dollars obtenus, la Chine s’empressera de s’en débarrasser pour les remplacer par d’autres supports au sein de ses réserves d’or et de devises. Autrement la déclaration faite par les autorités monétaires Chinoises perd de son sens : « Nous stoppons l’augmentation de nos réserves en or et en devise libellés en dollars. » Cela veut dire que la Chine n’achètera plus de bons du trésor étasuniens à partir des dollars obtenus dans ses échanges commerciaux avec d’autres pays, comme elle le fit par le passé.

Ainsi la Chine va remplacer tous ses dollars qu’elle recevra en échange de ses marchandises, non seulement des États-Unis mais de tout le reste du monde. La question est donc de savoir par quoi la Chine va les remplacer. Quelles devises ou actifs ? Une analyse de la politique monétaire chinoise montre que cet actif semble bien être l’or et que la tendance à déjà commencé.

Sous cet angle, le partenariat sino-russe est extrêmement profitable pour Moscou et Pékin. La Russie achète des marchandises à la Chine avec l’or à son prix actuel, pendant que la Chine achète les hydrocarbures russes avec de l’or, là aussi à son prix actuel. Dans cet échange fructueux, il y a de la place pour tout : les marchandises chinoises, l’énergie russe et l’or comme moyen de paiement. Seul le dollar étasunien n’a pas sa place. Cela n’est pas surprenant. Le dollar n’est ni une marchandise chinoise, ni une ressource énergétique russe. C’est uniquement un intermédiaire financier de paiement pour les règlements – un intermédiaire inutile qui plus est. Et il est de coutume de supprimer les intermédiaires inutiles dans les interactions entre deux partenaires économiques indépendants.

Il est a noter que le marché mondial de l’or physique est extrêmement petit comparativement au marché mondial du pétrole. Plus spécifiquement, le marché de l’or physique est microscopique comparé à ceux des livraisons physiques de gaz, de pétrole, d’uranium et de marchandises.

Par ailleurs, il faut bien distinguer l’or physique de l’or papier ; c’est la raison pour laquelle l’accent est ici mis sur le caractère physique de l’or.

Pour information : le turnover du marché de l’or papier, uniquement des contrats à terme, est estimé à 360 milliards de dollars par mois. Mais les livraisons physiques d’or sont de seulement 280 millions de dollars. Ce qui nous fait un ratio de transaction papier contre transaction physique de 1000 pour 1.

L’Occident espère que la Russie et la Chine vont accepter comme paiement pour leurs énergie et marchandises l’or papier ou d’autres sortes de devises non-tangibles. Mais ces deux pays ne sont intéressés que par des moyens de paiement en or et autres métaux physiques. Ainsi, en échangeant des dollars artificiellement appréciés contre de l’or physique dont le prix est artificiellement dévalué, Poutine a déclenché le compte à rebours de la fin de l’hégémonie mondiale du pétrodollar et met l’Occident dans une impasse.

L’Occident peut dépenser tous ses efforts et ses ressources pour augmenter artificiellement le pouvoir d’achat du dollar, abaisser le prix du pétrole et de l’or ; le problème est que le stock d’or physique en possession de l’Occident n’est pas illimité. Par conséquent, plus il dévalue le prix de l’or et du pétrole contre le dollar, plus rapidement ses réserves d’or se vident.

Cette stratégie économique de Poutine fait que l’or physique des pays occidentaux est rapidement en train de se déverser vers la Russie, la Chine, le Brésil, le Kazakhstan, l’Inde, en bref, les pays des BRICS. Au taux actuel de réduction des réserves, l’Occident n’a simplement pas le temps de faire quoi que ce soit contre la Russie de Poutine avant l’effondrement du pétrodollar. Au jeu d’échec, la situation dans laquelle Poutine a mis l’Occident s’appelle « zeitnot ».

Le monde occidental n’a jamais fait face à des événements et phénomènes économiques tels que ceux qui se passent en ce moment. L’URSS vendit rapidement son or à l’époque pour faire face à la chute des prix du pétrole ; aujourd’hui la Russie fait l’inverse, elle achète de l’or. Ainsi, la Russie pose une sérieuse menace au modèle américain de domination du monde par le pétrodollar.

Le principe essentiel du modèle du pétrodollar est de permettre aux pays occidentaux menés par les États-Unis de vivre aux dépens du travail et des ressources des autres pays et peuples, grâce aux rôle de la monnaie étasunienne, dominante dans le système monétaire mondial. Le rôle du dollar dans ce système est d’être le moyen de paiement ultime. Cela veut dire que la monnaie nationale étasunienne, dans la structure du système monétaire mondial, est l’ultime actif utilisé comme réserve de valeur et comme moyen d’échange, ce qui par rapport à n’importe quel autre actif n’a aucun sens.

Les pays des BRICS, menés par la Russie et la Chine, sont en train de changer le rôle et le statut du dollar dans le système monétaire mondial. Du moyen ultime de paiement et de réserve de valeur, la monnaie nationale étasunienne, par les actions conjointes de Moscou et de Pékin, est en train d’être réduite à un simple moyen de paiement. Ainsi le dollar perd ses privilèges, les cédant à l’actif dénationalisé et dépolitisé que représente l’or.

Traditionnellement, l’Occident utilise deux méthodes pour éliminer les menaces sur l’hégémonie du pétrodollar et les privilèges qu’il confère à l’Occident. La première est ce que l’on appelle les « révolutions colorées ». La seconde, qui est habituellement appliquée par l’Occident quand la première échoue, est l’agression militaire et les bombardements. Cependant, dans le cas de la Russie, aucune de ces méthodes n’est possible ou acceptable pour l’Occident.

Premièrement, la population Russe, au contraire de beaucoup de pays, n’a pas envie d’échanger sa liberté et le futur de ses enfants contre de simples promesses. Ceci est évident au vu des records de popularité de Poutine, régulièrement publiés par les agences de notations occidentales. L’amitié personnelle du protégé de Washington, Navalny, avec le sénateur McCain joua pour lui et Washington un rôle très négatif. Ayant appris ce lien par les médias, 98 % des Russes perçoivent maintenant Navalny comme un vassal de Washington et comme un traître aux intérêts russes. Par conséquent les professionnels occidentaux de l’agitation ne peuvent encore rêver d’une révolution colorée en Russie.

Quant à la deuxième méthode, l’agression militaire, la Russie n’est certainement pas la Yougoslavie, ni l’Irak ou la Libye. Toute opération militaire non-nucléaire contre la Russie sur son territoire menée par l’OTAN est vouée à l’échec. Les généraux du Pentagone exerçant un vrai pouvoir au sein de l’OTAN sont conscients de cela. Similairement, une guerre nucléaire contre la Russie est sans espoir, même en incluant le concept de frappe préventive de désarmement nucléaire. L’OTAN n’est techniquement pas capable de frapper d’un coup tel qu’il désarmerait le potentiel nucléaire russe dans toutes ses manifestations. Une réponse massive de l’ennemi ou d’un groupe d’ennemis serait inévitable. Un échange de frappes nucléaires avec la Russie n’est donc pas une solution pour le problème imminent de l’effondrement du pétrodollar.

Les principaux économistes occidentaux sont certainement au courant du sérieux et du désespoir de la situation dans laquelle se retrouve aujourd’hui le monde occidental, pris dans le piège doré de Poutine. Après tout, depuis les accords de Bretton Woods, nous connaissons tous la règle d’or : « Qui a le plus d’or définit les règles du jeu. » Cependant tout le monde à l’Ouest est silencieux. Silencieux parce que personne ne sait comment sortir de cette situation.

Si vous expliquez à l’opinion publique occidentale tous les détails de l’imminent désastre économique qui s’annonce, le peuple posera aux supporteurs du pétrodollar les questions suivantes : Combien de temps l’Occident sera-t-il capable d’acheter du pétrole et du gaz à la Russie en échange d’or physique ? Et qu’arrivera-t-il au pétrodollar lorsque l’Occident sera à court d’or physique pour payer le pétrole, le gaz et l’uranium russes ainsi que les marchandises chinoises ?

Personne en Occident ne peut apparemment aujourd’hui répondre à ces simples questions.

Cela s’appelle « échec et mat ». La messe est dite.

Traducttion E&R

Source : goldstockbull.com

 

 

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:30

THEORIE GENERALE DE LA CONNAISSANCE (Par MBOMBOG MBOG BASSONG)

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 11:29
Rassemblement: Non au racisme déguisé.
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 08:55
Vladimir Poutine et le retour de la fonction de souverainetéVladimir Poutine et le retour de la fonction de souveraineté

Vladimir Poutine et le retour de la fonction de souveraineté

 

Poursuivant son cycle Le retour de la Russie, Ivan Blot, homme politique, écrivain, essayiste, a tenu sa troisième conférence le 17 novembre dernier : il a recueilli un vif succès (*). S’appuyant sur le livre Poutine de Frédéric Pons, le conférencier présente en une sorte de long prologue un Vladimir Poutine bien différent de celui que nous croyons connaître tel que nos politiques et médias le définissent généralement. Ensuite Ivan Blot dissertera longuement sur le modèle des trois fonctions chères à Georges Dumézil pour expliquer la réalité actuelle de la Russie. Là encore, que de poncifs, que de mythes sont évacués !
Polémia

♦ La politique de la Russie est dominée aujourd’hui par la stature de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Cet officier a repris en main un Etat entré en déliquescence après la chute de l’URSS.

Dans son livre Poutine paru chez Calmann-Lévy, Frédéric Pons (**) raconte les origines de Poutine et sa jeunesse. « Tout commence à Saint Petersbourg » écrit-il. Le tsarisme moderne a commencé là avec Pierre Le Grand. La révolution bolchevique aussi.

 

Poutine est né à Saint Petersbourg qui est un double symbole : l’ouverture vers l’Europe et la résistance à l’ennemi (le Troisième Reich). Deux frères de Poutine sont morts pendant la guerre et sa mère a échappé à la mort de justesse.

Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale reste fort en Russie. Mais cela n’entraine aucune haine à l’égard de l’Occident en général et de l’Allemagne en particulier. Poutine a appris l’Allemand. Son rêve était d’être un agent secret comme dans le film de l’époque soviétique « le glaive et le bouclier » ou le héros à lui seul sauve son pays. Il a réitéré plusieurs fois l’idée que la Russie est européenne : à Sotchi, lors de la réunion annuelle du Club de Valdaï, Le président Poutine a dit : « Certains disent que la Russie tournerait le dos à l’Europe (…) permettez de dire que ce n’est absolument pas le cas ». Poutine avait fait mettre un portrait de Pierre le Grand dans son bureau d’adjoint au maire de Saint Petersbourg chargé des relations internationales.

Frédéric Pons considère que le comportement de Poutine est marqué par sa formation aux arts martiaux (1) « Avec le judo, sa vie bascule, son caractère s’affirme. Il prend confiance en lui. Il se forge pour sa vie d’adulte, une conception totalement martiale des rapports humains, une capacité certaine à la confrontation physique et psychologique qui lui servira des années plus tard, dans ses rapports avec les adversaires. Pratiqué à un très haut niveau, il est champion de Leningrad en 1976, le judo lui a donné ce sens tactique aigu qui surprendra tant de ses interlocuteurs dans ses relations internationales. Il lui permet de jauger et d’agir sans jamais rien révéler de ses propres faiblesses ou de sa pensée profonde. Poutine déclare : «  Le judo n’est pas seulement un sport. C’est une philosophie. C’est le respect de vos ainés et de vos adversaires. Ce n’est pas pour les faibles. Tout dans le judo est instructif ». Toujours selon Pons, « C’est grâce à ce club de judo que Poutine découvre le Traité des cinq Roues », un ouvrage fondamental pour sa formation politique. Ecrit par le Japonais Miyamoto Musashi (1584-1645), célèbre samouraï, considéré comme un des maîtres de la tradition du Bushidô (« bushi signifie ” guerrier ” et dô, la ” voie “»), ce traité de stratégie est aussi un manuel de comportement pour la vie quotidienne. Les textes présentent ce que pourrait être la voie de la sagesse dans l’action, les principes essentiels pour pouvoir gagner : conserver la maitrise de soi et chercher à vaincre sans combattre. Il complètera cette formation par le droit à l’université et la formation propre au KGB. Il fait une thèse d’économie sur le port de Saint Petersbourg.

Il devient ensuite directeur du FSB mais aussi responsable des relations entre le Kremlin et les régions avant que Boris Eltsine lui demande d’être Premier ministre.

En 1999 Poutine publie un texte sur le site du gouvernement russe, La Russie au tournant du millénaire, qui donne ses principales idées à l’époque. Il y parle de « l’inanité historique du communisme (…), ce fut un couloir aveugle, loin du courant dominant de la civilisation » (2). Il se prononce contre la restauration d’une idéologie officielle car, selon lui, il ne faut pas consensus forcé. Le consensus est cependant nécessaire mais doit venir de l’ancrage dans les valeurs traditionnelles, notamment le patriotisme. Poutine manifeste une grande confiance dans le peuple : « La majorité des Russes font preuve de plus de sagesse et de responsabilité que beaucoup d’hommes politiques. Les Russes veulent la stabilité (…) et la possibilité de faire des projets pour eux-mêmes. Pour cela, il faut un Etat fort mais pas totalitaire. L’économie ne doit pas se replier en autarcie et il faut faciliter les investissements étrangers. » Tout cela reste valable aujourd’hui.

L’oligarchie financière au pouvoir

Poutine observe sous la présidence d’Eltsine la mainmise des oligarques richissimes sur la Russie et l’effondrement de l’Etat et de l’économie. Dans son livre, Frédéric Pons (3) parle de ces oligarques parvenus et prêts à tout qui sans grand effort ont récupéré les anciennes entreprises soviétiques. Il raconte notamment qu’en 1990 Bérézovski a proposé un pot de vin pour ouvrir la première station service de Léningrad. A sa stupéfaction, le fonctionnaire refuse : c’est Poutine. Bérézovski veut contrôler le pouvoir et fait éliminer Primakov. Il pousse Eltsine à choisir Poutine comme premier ministre. Le grand voleur comme il s’appelait lui-même commet l’erreur fatale. Président d’Aéroflot, il fait envoyer 80% des bénéfices à Lausanne où l’argent disparait. Il devient un moment secrétaire général du Conseil de sécurité russe et député dans le Caucase. Il deviendra un partenaire des gangs tchtéchènes. En 2001, il s’exile en Grande Bretagne. Il créé le « parti Russie libérale » et finance toutes sortes de gens anti poutine. Pons évoque la thèse de Lougovoï qui pense que Bérézovski, comme Litvinenko étaient des agents britanniques du MI 6 et que ce sont les anglais qui les ont fait assassiner : Bérézovski voulait rentrer en Russie et se faire pardonner et il aurait pu révéler des secrets à Poutine. Cela n’empêche pas feu Gérard de Villers dans un SAS d’accuser Poutine d’avoir tué Bérézovski, sans la moindre preuve.

Un autre exemple est Mikhail Khodorkovski condamné à vie, notamment pour avoir mandaté des gens pour assassiner des gens qui concurrençaient son entreprise de pétrole Ioukos, notamment le maire de Nefteougansk. En prison, Khodorkovski est soutenu par l’Occident et peut donner des interviews. Il est finalement gracié par Poutine et part alors en Suisse.

Il est frappant de voir comment les Occidentaux ont soutenu les oligarques les plus véreux et l’on se souvient de la formule de De Gaulle : « les Américains jouent la carte de la pourriture mais un jour, la pourriture les engloutira. » (Peyrefitte : c’était De Gaulle). On se souvient aussi de ce mot du président Roosevelt à propos du dictateur du Nicaragua Somoza « he may be a son of a bitch but he is our son of a bitch » (c’est peut-être un fils de pute mais c’est le nôtre ! ») Certains contestent et disent que Roosevelt parlait de Trujillo. Cela ne change rien aux mœurs de la diplomatie américaine.

Bref, le triomphe de la troisième fonction en Russie est aussi le triomphe des mafieux. Il faut donc expliquer ce que c’est que le modèle des trois fonctions que nous utilisons ici.

Le modèle des trois fonctions

L’académicien français Georges Dumézil a montré que les populations indo-européennes dont nous sommes issues avaient une conception tripartitionnelle de la société : la société était divisée en une fonction souveraine bipartite (une branche juridico politique et une branche religieuse), une fonction guerrière et une fonction chargée de la production et de la reproduction.

Dans Homère, le mythe de la guerre de Troie débute par la faute de Paris, noble troyen. Il voit arriver devant lui trois déesses, une par fonction : Héra représente la fonction souveraine, Athéna la fonction guerrière et Aphrodite, la déesse de l’amour, la troisième fonction. Paris doit remettre une pomme d’or à la plus belle et il choisit Aphrodite. Il entraine alors Troie dans la ruine car les déesses de la souveraineté et de la guerre vont se venger et prendront le parti des Grecs contre les Troyens.

Il ne faut pas inverser la hiérarchie des fonctions, telle est la leçon du mythe. Il faut aussi un équilibre à l’intérieur des fonctions.

Les Etats fascistes sont morts d’avoir mis la fonction guerrière au-dessus de tout. Les Etats occidentaux ont tendance aujourd’hui, sous l’impulsion des Etats-Unis, à faire dominer la troisième fonction. La religion est marginalisée. La politique est oligarchique. La fonction guerrière, militaire, est aussi marginalisée. Au sein de la troisième fonction, la sous fonction marchande l’emporte sur la sous fonction familiale. La démographie s’effondre. L’économie devient le sens de la vie. C’est le Gestell ou arraisonnement utilitaire des hommes, selon le philosophe Heidegger.

L’inversion de la hiérarchie des fonctions s’accompagne d’une mutation anthropologique très inquiétante. De même qu’il y a trois fonctions sociales selon le modèle de Dumézil, il y a trois parties au sein de l’âme humaine qui correspondent aux trois parties du cerveau : le cerveau rationnel qui commande le calcul abstrait est propre aux hommes mais il tire son énergie du deuxième cerveau propre aux mammifères. C’est l’alliance de ces deux cortex qui fait l’homme civilisé. Cette alliance permet en effet de maitriser le cerveau reptilien qui commande aux instincts de base et qui est naturellement chaotique chez l’homme. La domination de la troisième fonction sociale s’accompagne d’une « libération » du cerveau reptilien avec l’aide du cerveau rationnel. Le cerveau des sentiments humains, de l’amour mais aussi de l’héroïsme est marginalisé car « irrationnel » et contraignant. Ce processus mène à la déshumanisation de l’homme.

C’est ce qui s’est passé en Russie lors de la chute du communisme. Les fonctions souveraines et guerrières, accaparées par le parti communiste, se sont effondrées. La troisième fonction économique et chaotique a pris le dessus comme nous l’avons vu ci-dessus. La natalité s’est effondrée, la criminalité est partie en hausse, la mortalité a augmenté, fait unique dans un pays développé. L’économie elle-même a chuté car elle a besoin d’un cadre stable.

La chance de la Russie, qui ne fut pas celle de l’Ukraine est qu’elle avait de longue date une forte tradition militaire. C’est le milieu des officiers qui est arrivé à contrôler les oligarques et le président Poutine en est l’émanation. La Russie actuelle a rétabli la hiérarchie des trois fonctions. La sous fonction religieuse est réapparue et collabore avec l’Etat. Le président et le patriarche incarnent cette double fonction souveraine. La fonction militaire a été revalorisée. En même temps, les valeurs des deux premières fonctions ont été réaffirmées : patriotisme, moralité chrétienne, sens de l’honneur. Au contraire, l’Ukraine est tombée dans les mains d’oligarques souvent malhonnêtes pour ne pas dire plus, et la situation actuelle ne s’est pas améliorée avec la complicité de l’Occident.

Politique étrangère et patriotisme

La politique étrangère de Poutine a été marquée par une grande déception face à l’Occident. Il considère que la Russie est européenne et propose de réorganiser la grande Europe. Il obtient une fin de non recevoir. Les Européens agissent sur ordre des Américains. Or les Américains appliquent la stratégie de Brzezinski : ils sont l’empire romain et ont pour mission de civiliser le monde. Pour cela il faut contrôler le monde et cela passe par le contrôle de l’Eurasie, le plus grand des continents. Or, la puissance la plus dangereuse en Eurasie est la Russie par sa position géographique entre l’Europe et la Chine. Une alliance Europe/Russie est à éviter à tous prix. Les USA désignent la Russie comme adversaire alors que Poutine désigne l’islamisme radical (qu’il a combattu en Tchétchénie). Il veut défendre notre civilisation commune. Les USA avance des « valeurs universelles » pour justifier la défense de leur leadership. Autrement dit, la Russie revient à une politique étrangère classique non idéologique : défendre ses intérêts et sa civilisation. Les USA défendent une idéologie qui leur donnerait le droit de contrôler le monde : ils sont de ce point de vue comme la défunte URSS.

La Russie, comme autrefois De Gaulle, met en avant le patriotisme. Ce patriotisme russe n’est pas un nationalisme au sens étroit car la Russie est multiethnique même si les Russes représentent 80% de la population. Si l’on reprend le schéma du quadriparti de Heidegger, on peut dire que ce patriotisme a quatre dimensions : la première est la défense du territoire : selon Poutine, l’ours est propriétaire de la Taïga. Il ne cherche pas à envahir d’autres territoires mais il veut qu’on le laisse tranquille dans sa forêt. Ce patriotisme n’est pas du tout impérialiste mais il n’est pas indifférent aux Russes qui se sont retrouvés à l’extérieur de la Russie après la chute de l’URSS. Historiquement et ethniquement, les Russes et Ukrainiens et Biélorusses sont des peuples frères. Au Kazakhstan, entre un quart et un tiers de la population est russe. Pour Soljenitsyne, qui fut décoré par Poutine, le peuple russe au sens large englobe donc quatre pays : la Russie, la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan. Poutine tente d’organiser cet ensemble avec l’Union douanière ou l’Union eurasiatique mais un des partenaires se dérobe : c’est l’Ukraine, tiraillée entre l’Est et l’Ouest.

Le deuxième pôle du patriotisme est l’éthique : mourir pour la patrie est le devoir le plus noble. Ce n’est pas différent de ce que l’on enseignait sous la Troisième République en France. D’ailleurs, « Mourir pour la Patrie » fut [le refrain de] l’hymne de la République française de 1848 à 1852.

Rappelons Le Chant des Girondins qui fut l’hymne national de la France sous la Seconde République, de 1848 à 1852. (Avec pour auteur Alphonse Vernay) :

1

Par la voix du canon d’alarmes
La France appelle ses enfants,
– Allons dit le soldat, aux armes !
C’est ma mère, je la défends.

Refrain

Mourir pour la Patrie

Mourir pour la Patrie

C’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie

C’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie

2

Nous, amis, qui loin des batailles
Succombons dans l’obscurité,
Vouons du moins nos funérailles
A la France, à la liberté.

Refrain

3

Frères, pour une cause sainte,
Quand chacun de nous est martyr,
Ne proférons pas une plainte,
La France, un jour doit nous bénir.

Refrain

4

Du Créateur de la nature,
Bénissons encore la bonté,
Nous plaindre serait une injure,
Nous mourons pour la liberté.

Refrain

L’héroïsme est une valeur qui remonte dans les écrits à l’Illiade d’Homère huit siècles avant notre ère. Cette valeur perdure à travers les siècles car elle permet de sauver les peuples qui la pratiquent.

Du côté des hommes (cause motrice), elle concerne tous les citoyens et dépasse le nationalisme ethnique. Dans une brochure éditée par le club de Valdai en février 2014, L’identité nationale et l’avenir de la Russie, les auteurs insistent sur l’importance du panthéon des héros de la Russie, modèle pour la jeunesse. L’armée devient ainsi un modèle éthique, bien au-delà de sa fonction immédiate de défense. Il est pour cela important que l’armée fournisse la vie politique en officiers pour insuffler cet esprit de désintéressement et de sacrifice nécessaire à la collectivité nationale.

Enfin, du côté de la cause finale, à laquelle la religion est associée, La Russie a une tradition où le patriotisme est lié historiquement à la religion orthodoxe : la Sainte Russie, a-t-on toujours dit. Dostoïevski parle du Dieu russe qui doit sauver le monde.

Le patriotisme n’est donc pas une idéologie purement intellectuelle et construite sciemment, c’est une valeur, un comportement existentiel qui repose sur une très ancienne tradition qui a fait ses preuves. On ne meurt pas pour une abstraction. La patrie est un peu l’équivalent de la famille et porte une grande charge affective. On meurt pour défendre sa religion, sa famille ou sa patrie mais pas pour la sécurité sociale, et même pour son entreprise.

Le recours aux traditions selon Gehlen et Hayek

Ce recours aux traditions de la Russie actuelle est l’inverse du totalitarisme qui repose sur la destruction des traditions. La révolution exalte l’ego contre Dieu, les masses contre la personnalité classique formée par la Paidéia, l’appât du gain ou du pouvoir contre le sens de l’honneur (Dostoïevski dans Les Démons explique que le révolutionnaire doit détruire le sens de l’honneur en priorité) et la technique et l’économie doivent faire prévaloir leurs logiques contre les racines : un collègue m’expliquait qu’il fallait abattre l’Arc de Triomphe qui ne servait à rien et y construire un immeuble de rapport (raisonnement digne du Rakitine de Dostoïevski dans Les Frères Karamazov).

Voyons pourquoi un penseur libéral mais d’abord scientifique comme Hayek défend les traditions.

Hayek a eu le prix Nobel d’économie mais il fut aussi un théoricien de l’évolution des institutions sociales. Il développa sa thèse de la convergence des traditions et de la liberté notamment dans deux de ses ouvrages « Droit, Législation et Liberté » (tome 3) et « la prétention fatale ».

Dans l’épilogue de Droit, Législation et Liberté, tome 3 : L’ordre politique d’un peuple libre, Hayek explique qu’une erreur courante est de croire que les valeurs sont, soit d’origine innées (génétiques) soit produites par la pensée rationnelle. Les traditions, qui sont vitales, ont une autre source.

Origine historique, ni génétique, ni rationnelle des traditions

« La culture dans la civilisation n’est ni naturelle ni artificielle, elle n’est transmise ni génétiquement ni rationnellement élaborée. Elle est transmission de règles apprises de conduite qui n’ont jamais été inventées par un individu et dont la fonction est souvent incomprise des individus qui agissent. Il est justifié de parler de la sagesse intrinsèque à cette culture. »

La pensée dite moderne a tendance à croire que seules les règles innées ou délibérément choisies seraient bonnes, les règles muries par l’histoire étant arbitraires. « Et pourtant, en réalité la civilisation a été largement rendue possible en soumettant les instincts animaux héréditaires aux habitudes non rationnelles intégrées dans nos sentiments, qui ont permis de constituer des groupes vivant de façon ordonnée et de dimensions croissantes »(4)

La science montre que la culture et la raison humaines se sont développées dans un processus d’interaction. C’est faux de croire que c’est la pensée qui a créé la culture sans influence inverse.

La culture a tout autant permis le développement de la raison. L’homme n’a pas créé la culture mais a imité les bons comportements : il était plus avantageux pour lui de suivre la coutume que de chercher à la comprendre. « Il y a plus d’intelligence dans les règles de conduite que dans les pensées d’un individu concernant ce qui l’entoure. (…) L’esprit est enrobé dans une structure traditionnelle et impersonnelle de règles apprises filtrées par l’histoire ». (5) Ce filtrage des « bonnes « règles vient de ce que les groupes qui les appliquaient survivaient et prospéraient.

La « bonté » de l’homme, produit des traditions

Nos instincts naturels nous guident pour nos comportements dans les petits groupes mais ils n’ont rien à voir avec les règles abstraites que nous appliquons en commun. Les instincts « naturels » sont animaux et pas forcément « bons » contrairement à ce que croit une pensée moderne superficielle.

Selon Hayek, « ce qui a rendu les hommes bons n’est ni la nature ni la raison mais la tradition ». (6)

Les normes de la civilisation ne servent pas à satisfaire les émotions humaines venues des cerveaux reptilien et mammifère, mais elles ont servi de signaux indiquant à l’individu ce qu’il devait faire dans des circonstances qui se répètent. Elles ont permis ainsi notre survie et notre développement.

L’évolution des normes morales et culturelles est venue d’individus qui ont rompu avec d’anciennes règles, souvent instinctives, « non parce qu’ils comprenaient que les nouvelles règles étaient bonnes mais parce que les groupes qui les appliquaient prospéraient davantage que d’autres et s’accroissaient ». Ces règles ont pris souvent une forme magique ou rituelle pour pouvoir être acceptées. La propriété, la concurrence, le respect des contrats se sont fait en contravention avec des règles antérieures liées à l’économie de chasse. Désormais, ce ne sont plus les besoins connus de gens connus mais des règles abstraites et des signaux impersonnels qui guident les actions, notamment en économie.

Nous avons trois strates de règles qui peuvent se contredire : des règles innées, des règles conscientes visant des fins spécifiques et ces règles issues de la tradition qui sont souvent les meilleures et que l’on suit par imprégnation affective. Hayek va plus loin   « l’homme n’a jamais inventé ses institutions les plus fécondes, depuis le langage jusqu’au droit en passant par la morale ; et qu’encore, il ne comprend pas pourquoi il devrait les préserver lorsqu’elles ne satisfont ni ses instincts ni sa raison. Les outils de la civilisation, le langage, la morale, le droit et la monnaie (sans doute aussi l’art) sont tous le fruit d’une croissance spontanée et non d’un dessein planifié ».

Or ces règles mal comprises ne servent pas le plaisir, lequel est lié à des conditions basiques primitives. Les utilitaristes anglo-saxons qui font dériver du plaisir (utilité) les règles se trompent.

Discipline et liberté

« L’homme ne s’est pas développé dans la liberté. Le membre de la petite bande primitive à laquelle il lui fallait rester agrégé s’il voulait survivre, était rien moins que libre. La liberté est un produit de la civilisation » permis par le développement graduel de disciplines qui s’imposent même au chef. Les règles disciplinaires protègent de l’arbitraire individuel en créant un domaine protégé pour chacun. « Nous devons notre liberté aux bornes de la liberté » qui nous protègent des caprices des individus anarchiques. Il faut donc obéir à des règles abstraites même si c’est désagréable.

En économie, Hayek, qui défend l’économie libre de marché, précise : « Nous n’avons jamais inventé notre système économique ; nous n’étions pas assez intelligents pour le faire. Nous sommes tombés dedans par hasard et ils nous a porté à des hauteurs jamais imaginées puis suggéré des ambitions qui peuvent encore nous mener à le démolir ». (7)

Notre société civilisée n’a pu se développer que grâce à un idéal moral « où l’estime allait à l’homme prudent, au bon chef de ménage et fournisseur qui pourvoyait à l’avenir de sa famille et de ses affaires en accumulant du capital, guidé moins par le désir de beaucoup consommer que par l’ambition d’être considéré comme avisé et habile par ses collègues, dont les buts étaient analogues. Ce furent les milliers d’individus pratiquant la nouvelle façon de vivre qui firent fonctionner durablement l’ordre du marché.

Tout progrès doit être basé sur la tradition

Pour beaucoup, l’économie de marché est incompréhensible et semble arbitraire. On rêve d’une juste distribution par l’Etat comme dans de petits groupes de chasseurs primitifs. Le socialisme est fondé sur ces émotions anciennes. Le lien entre liberté et propriété a été trouvé par les anciens Grecs qui étaient aussi des militaires : liberté et victoire étaient liées par expérience à la discipline.

Hayek montre que la tradition n’est pas « figée » : « la tradition n’est pas quelque chose de constant mais le résultat d’un processus de sélection guidé, non par la raison, mais par le succès. Elle change mais peut rarement être délibérément changée. La sélection culturelle n’est pas un processus rationnel (…) pas plus que nous n’avons bâti l’ensemble notre système moral, il n’est en notre pouvoir de le changer en bloc (…) et puisque nous devons l’ordre de notre société à des règles transmises dont nous ne comprenons qu’en partie le sens, tout progrès doit être basé sur la tradition. Nous devons bâtir sur son fondement et ne pouvons que tenter de réparer les défauts de ce qu’elle produit. C’est seulement en mettant en évidence un conflit entre une certaine règle et le reste de nos idées morales que nous pouvons justifier le rejet d’une règle établie » (8).

Le rôle de la morale dans le progrès

« Selon Hayek, « l’éthique n’est pas pour nous affaire de choix (9). Nous ne l’avons pas fabriquée et ne pouvons pas la remodeler. (..) On a tort dans la société actuelle, de parler de « bonté naturelle » car avec ses instincts innés, l’homme n’aurait jamais pu édifier la civilisation dont dépend la subsistance des multitudes (..). Pour la construire, l’homme a dû rompre avec des comportements affectifs bons pour la petite bande et se soumettre aux sacrifices que la discipline de la liberté exige, mais qu’il déteste. La société abstraite repose sur des règles apprises et non sur la poursuite en commun d’objectifs désirables que l’on perçoit ; désirer faire du bien à des gens que l’on connait ne produira pas le maximum pour la communauté qui requiert plutôt l’observation de règles abstraites apparemment dénuées d’objectifs ». C’est contraire à notre sensibilité primitive.

Hayek ajoute cette forte vérité : « l’homme a le plus souvent été civilisé contre son gré (…), les règles indispensables de la société libre exigent de nous bien des choses déplaisantes, telles que de supporter la concurrence des autres, d’en voir de plus riches que nous-mêmes, etc. (…) et la discipline du marché nous oblige à calculer, c’est-à-dire à être responsables de l’emploi des moyens par lesquels nous poursuivons nos fins ».

On ne peut pas doser le progrès ni prédire les effets précis de telle ou telle mesure ; on ne peut pas savoir la direction désirable du progrès car un progrès dirigé ne serait pas le progrès (…), j’entends déjà nos modernes intellectuels foudroyer cette insistance sur la tradition par leur mortelle épithète de mentalité conservatrice. Mais pour moi, il ne peut y avoir aucun doute : ce sont des traditions morales favorables plutôt que des projets raisonnés qui ont rend le progrès possible dans le passé et qui feront de même dans l’avenir.

L’égalitarisme et le laxisme au service des instincts primitifs

« Le socialisme tout entier est un produit de la résurgence des instincts primitifs. (…) L’élément le plus destructeur de la morale constructiviste (hostile aux traditions) est l’égalitarisme. Celui-ci est destructeur car il prive les individus de la signalisation qui peut leur ouvrir l’occasion de choisir la direction de leurs efforts mais aussi parce qu’il élimine l’incitation à observer les règles morales en les privant de l’estime hiérarchisant de leurs semblables. La morale présuppose un effort résolu vers l’excellence et que l’on reconnaisse que certains y réussissent mieux que d’autres. Sans cela, la moralité ne peut que disparaitre. L’égalitarisme n’est pas une opinion majoritaire mais favorise l’irresponsabilité. »

L’autre ennemi de la civilisation est le laxisme. Selon Hayek, « par ses profondes répercussions sur l’éducation, Sigmund Freud est probablement devenu le plus grand démolisseur de la culture (…). Son objectif fondamental qui fut d’abolir les répressions culturelles acquises et d’affranchir les pulsions naturelles a ouvert la plus fatale offensive contre la base de toute civilisation (…) c’est la moisson de cette semence que nous récoltons aujourd’hui. Ces sauvages non domestiqués qui se représentent comme aliénés de quelque chose qu’ils n’ont jamais appris et qui même entreprennent de bâtir une “contre-culture” sont le produit de l’éducation permissive qui se dérobe au devoir de transmettre le fardeau de la culture et se fie aux instincts naturels qui sont les instincts du sauvage ».

Hayek considère que ces théories relèvent de la superstition. La superstition consiste à croire qu’on en sait plus qu’on en sait en réalité. On a fait confiance en la raison pour justifier nos mauvais instincts en écartant les traditions parce qu’elles nous dérangeaient. Elles exigeaient de la discipline, sans laquelle il n’est pourtant pas de liberté. Or la science aujourd’hui met à jour les limites de notre raison. On ne peut pas remplacer en bloc les institutions et les valeurs sélectionnées par des siècles d’expérience. Le savoir individuel est toujours limité et il faut s’en tenir aux traditions qui ont fait leurs preuves pour assurer la paix, la prospérité et la reproduction de l’espèce.

C’est pourquoi les traditions sont le seul socle valable sur lequel on peut bâtir une société de liberté. Un conservatisme fondé sur ces réflexions est plus près de la vérité qu’un « progressisme » prétentieux et constructiviste selon lequel l’homme pourrait rebâtir arbitrairement la morale et les institutions clés qui ont permis le développement de la civilisation. Ce conservatisme intelligent est donc garant à la fois de l’ordre et du progrès.

Arnold Gehlen a aussi justifié l’importance des traditions à partir cette fois de l’anthropologie. L’homme a des instincts chaotiques et a besoin de culture pour résister à ce chaos.

La démocratie de la Russie actuelle

C’est une nouveauté depuis le XIVe siècle, date où le Tsar Ivan III vainquit la cité libre de Novgorod. En effet, à cette époque les républiques de Pskov et Novgorod vivaient sous le régime de la démocratie directe. Une assemblée de citoyens, le viétché (assemblée populaire), jouait le même rôle que la  landsgemeinde  (communauté rurale) dans la Suisse alémanique. Plus tard, il est vrai que la Russie a peu de traditions démocratiques. Mais elle s’appuie sur des traditions qui limitent l’arbitraire : la religion orthodoxe et l’armée sont ainsi des institutions protectrices contre le désordre, interne ou externe.

Le régime actuel est-il démocratique ? Formellement, il l’est autant que les régimes d’Occident : il y a des élections, et une constitution, copiée sur l’Occident.

Matériellement, une démocratie repose sur des classes moyennes et une économie prospère ainsi que sur le droit de propriété. Tout cela existe en Russie. La fiscalité est bien plus faible. Le niveau de vie a doublé depuis que Poutine est au pouvoir.

La force motrice d’une démocratie est dans les hommes. Les citoyens doivent être patriotes. L’abstention et l’incivisme croissent en Occident qui n’est plus un modèle à cet égard : la Russie rappelle notre Troisième République avec son civisme.

Du point de vue de la cause finale, c’est-à-dire de l’identité entre la volonté de l’Etat et celle du peuple, la Russie est très supérieure à la plupart des pays avec 86% de la population qui soutient la politique du président Poutine.

Donc, du point de vue des causes matérielle et formelle, il n’y a guère de différence entre la Russie et l’Occident du point de vue démocratique. Du point de vue des causes motrices et finales, la Russie est plus démocratique que la plupart des pays occidentaux (sauf la Suisse).

D’ailleurs, contrairement à ce que l’on croit souvent en Occident, Poutine se situe au centre de l’opinion, c’est un « centriste » en quelque sorte, et non un extrémiste.

Conclusion

La Russie nouvelle est une démocratie avec des libertés, des élections, l’ouverture sur l’étranger mais la hiérarchie des trois fonctions a été rétablie. C’est une démocratie tripartitionnelle, pourrait-on dire, différente du totalitarisme communiste qui avait détruit la troisième fonction et différente de l’Occident dominé par le Gestell (dégénérescence des deux premières fonctions)

La haine contre Poutine

Poutine est détesté car

1/ il bloque l’impérialisme américain ;

2/ il reconstitue une puissance (De Gaulle : l’épée est l’axe du monde) ;

3/ il s’oppose au Gestell et défend les traditions, et notamment la famille, la patrie et les religions traditionnelles dont l’orthodoxie.

Les succès de Poutine

Le succès intérieur est évident : réussite économique (niveau de vie multiplié par deux sous sa présidence), politique (stabilité et montée en puissance de la Russie), culturelle (politique familiale et éducative) et spirituelle (renouveau des religions traditionnelles et notamment de l’orthodoxie qui coopèrent avec l’Etat).

Le succès à l’étranger est plus grand qu’on ne le croit : aux Indes, en Chine, en Amérique latine ; en Europe, il y a des fissures comme la Hongrie ou la Serbie. En Europe Occidentale, il n’y a pas d’unanimité anti-Poutine.

Or le succès est contagieux. Qui menace le plus la paix  sinon les USA ? L’Europe est un demi-échec. Les forces de mort la menacent. Face à elles, Poutine représente ou peut représenter un espoir.

Par Ivan Blot
 

Notes :

– De la rédaction :

(*) Voir le programme du cycle, à la fin de l’article – Le retour de la Russie – 1re Conférence d’Ivan Blot
(**) Voir aussi Bernard Mazin, Poutine de Frédéric Pons

– Du conférencier :

(1) Frédéric Pons, Poutine, Calmann-Lévy, p.46
(2) Ibidem, p.345
(3) Frédéric Pons ; Poutine, chapitre 5 : l’argent ou le pouvoir, p.149
(4) Droit, Législation et liberté, édition française PUF, 1983, p. 185
(5) Ibidem, p.190
(6) Ibidem, p.192
(7) Sur ce dernier point, voir Hayek : La prétention fatale ou les erreurs du socialisme .
(8) Hayek, Droit, Législation et Liberté, op.cit. p.199
(9) Réponse à l’idéologie « pro choice » et « childfree » qui vient des USA

Source : Polémia.com

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Invitation: DEVOIRE DE MEMOIRE

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POUR LA MEMOIRE DU CAMEROUN

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Renseignements:

Email : neuronesnews@gmail.com 

Mobile : 0033 (0)6 26 29 43 29

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Cote d'Ivoire le coup d'etat

 

 

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L’Observatoire des Elections

de la Diaspora Camerounaise

(OEDC)

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Email: oedc-info@oumarou.net

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de la diaspora camerounaise

 

 

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Image historique

Artistes-et-ecrivains-noirs-en-1956.jpg

1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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Ou recopier le lien ci-dessous

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Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

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  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

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http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine