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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:40

Pourquoi Le régime de Yaoundé veut-il rendre l’écrivain et patriote Enoh Meyomesse aveugle ?

enoh meyomesse

Enoh Meyomesse emprisonné  sans jugement et raison valable depuis  9 mois.

 Compte rendu de la visite dans les mouroirs de la Prison de kodengui.

C’est à 11h40 au lieu de 9h que l’Ophtalmologue retrouve devant la prison de Kodengui Njonkou Soulemanou (il n’entrera pas) et moi. Nous y trouvons un Monsieur chargé de nous faciliter l’entrée, nous traversons donc rapidement les différents points de contrôle jusqu’à l’infirmerie. Enoh nous y rejoint juste à notre arrivée, et accueille le Médecin et moi avec cri de joie, et grand sourire. Très rapidement, la consultation commence. D’abord par un interrogatoire, puis avec un appareil, il ausculte Enoh, fait quelques tests avec lui. Pendant ce temps moi je suis occupée à regarder par la fenêtre l’Ex-premier Ministre Inoni Ephraim qui debout de son balcon suit cette séance de consultation. Après les tests, Enoh est encore réinterroger par le Médecin, ses lunettes aussi passées au « contrôle ». Alors l’ophtalmologue m’informe qu’il ya eu plus de peur que de mal, car on ne saurait parler de cécité, et encore, lui il avait pensé à la cataracte ou au glaucome. Il a reconnu que le problème semblait serieux, et qu’il ne pouvait poser un diagnostique fiable qu’après qu’il l’ai consulté plus longuement et avec des outils adéquates à l’hôpital. Néanmoins il tenait à me rassurer que la cécité était à exclure. Pour l’instant, il ne pouvait prescrire que des gouttes, afin que cela fasse sortir ce qu’il a appelé fausses larmes. Qu'il lui fallait impérativement d'autres lunettes, car celles que porte Enoh nuisent plus à ses yeux qu'elles ne l'aident. Il a échangé quelques minutes avec Enoh, et nous sommes séparés, avant la séparation j’ai furtivement remis à Enoh sa ration et sa location télé. Une fois au dehors nous sommes tombés sur Inoni qui était descendu de son balcon et devisait avec quelques « artisans » fabricant des paniers pour ménagères. Nous sommes allés vers lui, il a eu quelques mots de politesses avec l’ophtalmologue, et avec lui j’ai échangé durant quelques minutes. L’Ophtalmologue me dira plus tard, qu’il avait été son patient à une époque.

Sorti de la prison, nous nous sommes rendus à l’hôpital, car il devait faire un mot pour le médecin du Pénitencier, et aussi rédiger l’ordonnance, et nous remettre le produit qu’Enoh devait immédiatement commencé à mettre dans ses yeux. Une fois cela après plus d’1h d’attente à l’hôpital, Njonkou Soulemanou Majaly est rentrée à Kodengui lui remettre le produit et surtout le mot de l’ophtalmo pour le médecin dans lequel il faisait cas de ce qu’il avait constaté comme anomalies chez Enoh tout avec précision d’une consultation à l’hôpital.

 

Bergeline DOMOU

BP:15742,Yaoundé

Tél: (+237) 999 666 71 / 773 338 52 / 221 183 41

b_domou@hotmail.comI

Cameroun

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:35

MALI : Déclaration du Mouvement Populaire du 22 Mars (MP 22)

 Carte du Mali

Depuis un certain temps, la CEDEAO prépare activement, sans consultation aucune du peuple malien, une intervention militaire au Mali avec l’appui de certaines puissances étrangères. Ces derniers temps, on parle de plus en plus de l’imminence de cette intervention sans encore une fois de plus que les Maliens en soient informés à plus forte raison consultés.

Des pressions de plus en plus fortes sont exercées sur le Premier Ministre de Transition pour qu’il accède à leur demande de requête d’une intervention militaire internationale au Mali. Face à sa résistance, le Président par intérim est appelé à la rescousse pour formaliser cette requête au nom du Mali. Des manifestations et communiqués téléguidés de l’extérieur sont mis à profit pour lui donner un semblant de légitimité populaire.

Dès le début de la crise, les forces vives du pays avaient demandé la tenue d’une conférence nationale souveraine pour donner la parole au peuple malien afin qu’il se prononce lui-même sur les graves défis auxquels il se trouve confronté depuis la violation de l’intégrité du territoire national et le coup d’Etat du 22 mars. A chaque fois la CEDEAO, soutenue par les grandes puissances et avec la bénédiction d’une partie de la classe politique complice de la gestion catastrophique du pays depuis près de deux décennies, a fait la sourde oreille et tenté d’imposer à chaque fois des solutions, des hommes et des institutions qui n’ont plus la confiance des populations maliennes. L’intervention militaire envisagée n’est que la suite logique d’une tentative d’imposer par la force leur solution qui ne peut que se faire au détriment du peuple malien à qui l’on refuse tout droit à la parole. Elle n’est qu’une guerre imposée aux populations maliennes qui risquent de payer un lourd tribut en vies humaines et en biens.

Le Gouvernement de Transition avait en son temps avec le soutien de l‘écrasante majorité de la population, déclaré qu’il ne souhaitait point la présence de forces militaires étrangères sur le territoire national et ne sollicitait qu’un appui matériel et logistique pour aider l’armée nationale à qui il revenait d’accomplir son devoir avec l’appui des populations maliennes.

Les interventions étrangères n’ont réglé nulle part aucun problème, bien au contraire. En Irak, en Afghanistan, au Congo, au Soudan et dernièrement en Libye, elles ont provoqué le massacre des populations civiles innocentes et conduit à des guerres civiles prolongées et  à l’instabilité politique chronique. Les gouvernements nationaux mis en place et sous tutelle internationale, ont été contraints à payer la facture de la guerre ainsi décidée de l’extérieur avec les ressources nationales tant convoitées. Le résultat est à l’évidence partout un véritable désastre.

Face à la gravité de la situation, le MP 22 prend à témoin l’opinion publique nationale, africaine et internationale et déclare solennellement ne pas s’associer au scénario envisagé et dénonce avec vigueur les projets bellicistes de la CEDEAO et de la France contraires aux véritables intérêts des populations maliennes. Il continue à exiger le droit souverain pour elles de se prononcer en toute indépendance sur leur propre sort dans le cadre d’une conférence nationale souveraine associant toutes les parties prenantes y compris les populations vivant actuellement sous occupation étrangère dans le Nord du pays. Il n’appartient pas à la CEDEAO, à l’Union Africaine, au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à la France ni à aucune autre puissance étrangère de venir imposer une solution en dehors des Maliens eux-mêmes.

La sagesse recommande vivement qu’il soit fait recours au peuple souverain du Mali pour qu’il puisse assumer en toute indépendance son propre destin avec le soutien de tous ses vrais amis. Les problèmes du Mali doivent être réglés au Mali par les Maliens eux-mêmes et en toute souveraineté.

Bamako le 05 juillet 2012

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:30

COTE D’IVOIRE : Lettre du General Blé Goudé                à l’attention  de Monsieur              

                      Charles Konan Banny Président de la Commission  Dialogue, Vérité et Réconciliation bidon.

 

 ble-goude

Monsieur Charles Blé Goudé

Ancien Ministre

Opposant politique en exil forcé                                 

Monsieur Charles Konan Banny,

Président de la Commission

Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR)

25 BP 250 Abidjan 25

République de Côte d’Ivoire

De mon lieu d’exil, le 10 juillet 2012

Objet : Saisine

 

Monsieur le Président,

Je vous prie de bien vouloir excuser le caractère public et peu protocolaire de

ma lettre. Au-delà de la Commission que vous présidez, je souhaite aussi prendre à témoin l'opinion nationale et internationale. C'est pourquoi, j'ai choisi ce canal pour m'adresser à vous.

 

Monsieur le Président,

La Côte d'Ivoire croule sous le poids des conséquences de la crise postélectorale. Notre pays continue de chercher les voies et moyens pour réconcilier ses fils et filles, profondément divisés par ce conflit. Dans leur quête de paix, toutes les couches sociales, politiques et apolitiques, ont, à juste titre, salué la mise sur pied de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) sous votre houlette.

Votre mission, aussi difficile soit-elle, consiste, entre autres à rétablir la confiance rompue entre les personnes et groupes de personnes. Elle consiste aussi à veiller à ce qu'il n'y ait pas davantage de frustrés, d'exclus et d'opprimés afin de créer un environnement propice à la réconciliation. C'est dans cette optique que je vous écris afin d’appeler votre attention sur certains agissements qui, si l'on n'y prend garde, risquent de rendre encore plus complexe votre travail.

 

Monsieur le Président,

La réconciliation doit se faire sur la base du respect des règles élémentaires de la démocratie et de l'acceptation des uns par les autres, quelles que soient leurs différences idéologiques, ethniques ou religieuses. Ce qui n'est malheureusement pas le cas dans notre pays, au moment où je vous adresse cette correspondance.

En effet, la plupart des cadres de l'opposition sont soit en prison, soit en exil,

soit sous le coup de mandats d'arrêt. Leurs biens mobiliers et immobiliers (maisons, voitures, exploitations agricoles, etc) sont entre les mains d'individus qui n'en sont pas les propriétaires. Aujourd'hui, pour jouir d'une liberté apparente en Côte d’Ivoire, il faut désormais se taire ou dire du bien du régime actuel.

Ainsi, sur la base de dénonciations calomnieuses et mensongères, nos camarades sont traqués et enlevés, de jour comme de nuit, puis conduits vers des destinations inconnues où ils subissent les pires sévices et autres traitements inhumains.

C'est le cas de Youan Bi Agenor, deuxième vice-président du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), kidnappé à Aboisso alors qu'il venait de participer à une cérémonie à laquelle il représentait son supérieur hiérarchique de l'Agence pour la promotion de l'emploi (AGEP). Le camarade Martial Yavo, président par intérim du COJEP, et deux coordinateurs dudit mouvement ont récemment subi le même sort.

 

Monsieur le Président,

En dépit des graves injustices de toutes natures dont sont chaque jour victimes nos camarades, je n’hésite pas à vous tendre la main afin de jouer ma partition et vous accompagner dans votre difficile mission de réconcilier les Ivoiriens. Je le fais dans l'intérêt supérieur de notre pays, comme je l'ai fait par le passé.

Par exemple, en 2006, j’ai facilité la signature d’un accord de cessation de violences entre les jeunes patriotes et la jeunesse du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). En 2007, j’ai parcouru campements, villages et villes du pays afin de convaincre les plus sceptiques de mon propre camp à aller au pardon et à accepter de dialoguer avec nos frères de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN).

Malheureusement, en guise de réponse à ma main tendue, le pouvoir vient d'incarcérer arbitrairement mes plus proches collaborateurs, avec des chefs d'accusation à la mode dans notre pays : “atteinte à la sûreté de l'Etat et trouble à l'ordre public”. Dans le même élan, trente-quatre (34) nouveaux mandats d'arrêt viennent encore d'être lancés contre des cadres pro-Gbagbo.

 

Monsieur le Président,

Est-il besoin de rappeler que la réconciliation doit être facilitée par les actes posés par le pouvoir ? Car le décryptage du tableau analytique des actes posés par le pouvoir en place suscite, à n'en point douter, des interrogations au sein de la population et parmi les observateurs de la vie politique ivoirienne.

Le régime veut-il vraiment de la réconciliation ou s'en sert-il comme simple slogan à usage de communication aux fins de polir son image auprès de la communauté internationale ? A y regarder de plus près, nous pouvons, sans risque de nous tromper, conclure que la réconciliation reste un simple slogan pour les dirigeants actuels de notre pays. Ils en parlent sans véritablement la vouloir.

 

Monsieur le Président,

Même si le pouvoir ne veut pas de la réconciliation - tout porte à le penser -, la Côte d’Ivoire et son peuple, en ont besoin. C'est pourquoi, je saisis une fois encore cette occasion pour vous réitérer que ma main reste toujours tendue pour la réconciliation. Dans notre pays, le triomphalisme ambiant et l'enthousiasme naïf doivent enfin faire place nette à une prise de conscience constructive.

L'humilité ne doit pas seulement être réclamée à l'opposition. Elle doit aussi et surtout habiter le pouvoir dont la responsabilité reste grande pour le retour de l'harmonie et la paix en Côte d’Ivoire. Car, lentement mais sûrement, le régime est en train de créer les conditions d'une implosion sociale et politique. Son entêtement à traquer, emprisonner et à vouloir en finir avec tous les pro-Gbagbo en étant les principaux ingrédients.

 

Monsieur le président,

Je pense, en toute franchise, qu'il est encore temps d'arrêter l'escalade. C'est pourquoi, je vous implore d'interpeller le pouvoir actuel sur sa responsabilité à créer un environnement propice à la réconciliation en cessant les actes d'injustice que j'ai énumérés plus haut.

C'est le lieu d'interpeller également la communauté internationale, les diplomates accrédités en Côte d’Ivoire, les organisations de défense des droits de l'homme et tous ceux ayant des intérêts dans notre pays afin qu’ils jettent un regard attentif sur la situation actuelle caractérisée par des enlèvements et incarcérations sur fond de règlements de comptes politiques et d'instrumentalisation de la justice.

En ce qui me concerne, je renouvelle mon souhait, ainsi que celui de bien d'autres leaders et responsables politiques, l'intention de vous rencontrer afin que nous parlions en toute responsabilité de notre pays et de son avenir, dans le respect de la dignité et des convictions politiques de chacune et de chacun.

Dans l'espoir que mes propos auront auprès de vous un écho favorable, Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

 

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et son peuple.

 

Monsieur Charles Blé Goudé

Ancien Ministre

Opposant politique en exil forcé

 

 

 

Ampliations :

- Représentations diplomatiques en Côte d’Ivoire

- Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire

- Organisations de défense des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire

- Presse

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:17

Calixthe Beyala : Quelle est donc la différence essentielle entre Ouattara et moi ?

 

         Les pro-Ouattara viennent sur cette page m'insulter de tous les noms d'oiseaux inconnus ; c'est extraordinaire combien ce qu'ils nomment une pute, une plagiaire peut autant les déranger ! Ils disent que je suis nulle, j'accepte ; ils disent que je suis une plagiaire, j'accepte ! Ils disent que je suis une voleuse, j'ac...cepte ! Ils disent, ils disent, j'accepte !
Mais voilà, malgré tout, je suis connue universellement. Mes livres sont étudiés dans les plus grandes universités, traduits dans plus de trente langues ! J'ai été lauréate des plus grands prix du monde...
Quelle est donc la différence essentielle entre Ouattara et moi ?
Elle est dans une seule phrase : J'entre dans l'histoire avec mes livres et leurs scories ou qualités, lui rentre dans les poubelles de l'histoire avec ses crimes et tortures inhumaines.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:29

Cameroun : Dérive - Universités d’Etat: Le danger de la régionalisation.


 

 

Un constat amer

La femme qui parle dans un quartier de Yaoundé en ce dimanche 8 juillet 2012 est très amère quand elle déclare : « Les gens du Nord-là dérangent beaucoup. Ils veulent tout pour eux : l’entrée à l’Enam, à l’Ecole nationale supérieure de police, à l’Emia, à la faculté de médecine et des sciences biomédicales. Ils exigent que les quotas, 30% des effectifs dans ces grandes écoles soient des trois régions du Nord du pays ; Adamaoua, Extrême Nord et Nord. Ils dérangent beaucoup. Maintenant ils disent que l’université de Maroua, surtout l’Ecole normale supérieure où seuls leurs enfants doivent entrer et non ceux du Sud. Mais ils oublient que, avant l’université de Maroua, tous les Nordistes étaient formés au Sud à Yaoundé et les gens du Sud n’ont jamais dit un jour que l’université de Yaoundé est leur propriété privée où ne doivent que fréquenter leurs enfants. Maintenant ce sont eux qui profitent : ils sont à presque 100% à l’Ecole normale supérieure de Maroua et ils sont aussi présents à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé où on ne leur dit pas qu’elle ne recrute que les enfants du Sud. C’est eux qui profitent donc du système ou du régime Biya. Il faut voir ce qu’ils ont fait à Fame Ndongo le ministre de l’Enseignement lors du concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure de Maroua à son ouverture il y a deux ou trois ans. Ils ont fait pression sur Paul Biya qui était obligé de désavouer le ministre de l’Enseignement supérieur en obligeant ce dernier à augmenter le nombre d’admis à cette grande école, essentiellement les enfants du Nord… Et on m’a rapporté que certains de ces enfants entrent au niveau II de cette école avec le bac au lieu de licence… »

La dame qui s’exprime ainsi est professeur des Lycées d’enseignement général (Pleg) sortie de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé et enseigne dans un lycée de la place. Ses propos sont révélateurs de la mentalité des Camerounais dans leur ensemble et non à une région donnée comme veut le faire cette enseignante de français. Quand l’université de Yaoundé démarre en 1962, les étudiants viennent de tous les coins du Cameroun, francophones comme anglophones. Peu avant cette date on aura l’Ecole, camerounaise d’administration (Eca) l’ancêtre de l’Enam, l’Ecole normale supérieure, etc. C’est peu après que seront créés le centre universitaire des sciences de la Santé (Cuss-1968) par le professeur Gottlieb Lobé Monekosso, l’Ecole supérieure internationale de journalisme de Yaoundé (Esijy) par le Français Hervé Bourges. Jamais les populations de la province du Centre qui a pour chef-lieu Yaoundé n’avaient et n’ont jamais fait des déclarations pour dire que toutes les universités et les grandes écoles qui sont installées sur leur sol les appartiennent. Et que leurs enfants doivent avoir la primauté sur les enfants des autres régions. Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? La politique et le repli identitaire ont fait en sorte que quand on construit une université d’Etat dans une région, les originaires de cette région pensent que ce sont leurs enfants qui ont la priorité sur les enfants des autres régions.


II- Le cas du Grand Nord

Prenons par exemple le cas de l’Ecole normale supérieur de Maroua. Les originaires du Grand Nord ont considéré que comme ils ont un très grand retard par rapport au Sud en termes de professeurs de lycées ou de Ces, la création de l’Ecole normale supérieure étaient pour eux une occasion de se rattraper, c’est-à-dire former massivement des professeurs de lycée pour combler le retard qu’ils ont vis-à-vis du Sud du pays. Cela fait donc qu’en un temps record, on a formé des milliers de professeurs (la première cuvée de cette école a sorti de 4000 enseignants du secondaire). Le Grand Nord se plaignait que ses établissements d’enseignement secondaire n’avaient pas suffisamment d’enseignants parce que ceux qu’on affectait dans la région et qui étaient majoritairement originaires du Sud n’allaient pas souvent occuper leurs postes pour cause de conditions climatiques particulièrement rudes ou d’éloignement de leur région d’origine, le Sud du pays. Mais il y a quelque chose qu’on oublie assez facilement c’est que même du temps où Yaoundé formait les professeurs de lycée originaires du Nord, ceux-ci avaient tendance à travailler dans le Sud du pays, refusant ainsi de mettre leurs compétences à la disposition de leur région d’origine. Aujourd’hui le Grand Nord en déclarant que la priorité doit être donnée à ses enfants pour l’entrée à l’Ecole normale supérieure de Maroua mène une politique antinationale, régionale très dangereuse qui pourrait donner des idées à d’autres régions du pays. Pourtant s’agissant de l’université de Ngaoundéré et de ses grandes écoles, le Grand Nord n’a jamais dit (à moins que cela soit dit en cachette, sous cape) qu’il avait des droits sur cette institution d’Etat. D’où vient-il qu’aujourd’hui, il le dise à haute voix s’agissant de l’université de Maroua. Ce qui est amusant dans cette affaire c’est que la majorité des enseignants de l’université de Maroua, de l’Ecole normale supérieure et des autres grandes écoles de cette partie du pays sont originaires du Sud. Demain, le Grand Nord serait capable de demander à Paul Biya la création d’une autre Enam, d’une Emia, dans cette partie du pays oubliant que l’université de Maroua a des grandes écoles dont les spécialités n’existent pas au Sud comme par exemple l’institut du Sahel qui forment dans des filières d’ingénieries qui n’existent ni à Yaoundé, ni à Douala. En dehors de Maroua où existe-t-il dans le pays des filières sur l’énergie solaire ?


III- Le cas de l’Université d’Etat de Buea

Les Anglophones estiment que l’université d’Etat est leur propriété privée dans laquelle les Francophones n’ont pas de place. C’est encore là un faux débat. Avant la création de cette université, tous les étudiants originaires des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays convergeaient vers Yaoundé où il y avait l’université fédérale. La réforme universitaire de 1993 sous la houlette du professeur Titus Edzoa a fait que Douala, Ngaoundéré, Buea, Dschang aient des universités d’Etat et plus tard Maroua et Bamenda, capitale régionale de la région du Nord-Ouest anglophone. A Buea, les étudiants francophones sont assez nombreux surtout en lettres mais dans certaines disciplines comme la médecine, les sciences de l’infirmerie, ils ne veulent pas les voir, estimant que dans ces domaines la place des étudiants francophones est à Yaoundé, Douala, Ngaoundéré, Dschang, Maroua. Cette façon de voir les choses est-elle normale quand on sait que les établissements d’enseignement supérieur basés à Yaoundé comme la faculté de médecine et des sciences biomédicales continuent d’admettre en son sein des étudiants des deux régions anglophones du pays. Il faut le dire ici l’université d’Etat de Buea et ses différentes faculté est calquée sur le modèle, le système des grandes écoles n’existe pas. C’est pour cela que cette université délivre des licences, des masters en sciences infirmières. Demain, les anglophones pourront demander à Paul Biya de créer sur leur sol une Enam, une Emia, une école supérieure de police et autres.


Des revendications légitimes

C’est cette attitude des originaires du Grand Nord et de certains anglophones, leur discours qui fait en sorte que des régions comme l’Est et le Sud revendiquent leur université. Et même le Nord qui a pour chef-lieu Garoua dit que Paul Biya ne lui veut pas du bien. Le sud natal de Paul Biya et l’Est estiment que Biya les a oubliés. Ces régions ont déjà signifié au chef de l’Etat à travers des lettres et autres memoranda qu’il fait de la discrimination négative quand il donne l’université à certaines régions et en refusent à d’autres. Le manque de courage de Paul Biya a fait que des établissements d’enseignement supérieur privés s’installent dans ces deux régions. A Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, l’Eglise Catholique romaine a créé une université, tandis qu’au sud du pays, il y a une école de médecine à Ebolowa. L’Etat du Cameroun doit favoriser le brassage des étudiants dans toutes les universités d’Etat du pays pour renforcer l’unité nationale. Non, les universités ne doivent pas être la chasse gardée des régions où elles sont installées ni l’otage des groupes de pression à caractère politique, ethnique ou autre.

 

Par Michel Michaut Moussala

Source : Aurore Plus

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:22

MON SEJOUR A KONDENGUI, PAR ENOH MEYOMESSE (Ecrit a Kondengui).

 Enoh meyomesse2

Mes premiers jours ont été difficiles à Kondengui, où je suis arrivé jeudi 22 décembre 2011 à 14 heures, quoique, en comparaison aux trente passés en garde à vue dans le noir total à Bertoua, il n’y avait pas photo. C’était le jour et la nuit. N’empêche, ainsi qu’il est de règle, en atterrissant dans cette prison, j’ai été, dès l’entr...ée, dépouillé de bien de choses, et notamment, mes téléphones portables (les gardiens de prison les ont purement et simplement volés), ma ceinture, mes clés USB, et divers autres effets personnels, au motif que tout cela était interdit dans la prison. Ce n’est pas tout, les gardiens de prison, cette véritable teigne pour la plupart d’entre eux, m’ont extorqué pas moins de douze mille francs avant de quitter la première cour de la prison baptisée ‘cour d’honneur’, et interdite aux détenus, pour la seconde qui elle, ne porte pas de nom, et qui débouche sur les différents ‘quartiers’ de la prison.

Après la séance d’enregistrement par le personnel pénitencier, j’ai échoué au quartier 4, autrement appelé ‘cellule de passage’. C’est dans celle-ci que sont affectés les entrants, en attendant de leur trouver une place dans l’un des autres quartiers. Accueil par le ‘commandant’ et le ‘maire’ du quartier qui m’assènent le ‘règlement’. Tout se paie. Pour commercer, j’ai été astreint à une séance de coiffure obligatoire à mes frais, pour être ‘propre’. Boule zéro. Prix : 500F. Ensuite, frais de ‘mairie’. Prix : 15000F, faute de quoi, affectation dans la cellule sans lit ni lumière. Aïe ! Encore le calvaire de Bertoua ! Non. Je débourse à toute vitesse la somme sans discuter. Ensuite encore, il m’est rappelé que je ne dois, sous aucun prétexte, quitter la ‘cellule de passage’. Pas question d’aller vadrouiller dans la coure come tout le monde. En clair, je me retrouve en prison dans la prison.

Ensuite encore et encore, si je désire m’asseoir dans le réduit où est placée la télévision, je dois payer à chaque fois 500F. Ensuite encore, encore, encore et encore… Il faut payer ci, il fait payer ça. De l’argent, de l’argent, toujours de l’argent. De l’arnaque en continu. Sur ces entrefaites, de grosses bassines en aluminium sont introduites dans la cour exiguë de la ‘cellule de passage’. Leur contenu ? La fameuse ‘ration pénale’. De la nourriture pour chiens de pauvres, car ceux des riches n’en mangeraient pas. Il s’agit d’un mélange de maïs et de haricots bouilli à l’eau sans sel. Dégeulasse. 22h. Tout le monde couché. Je suis affecté à un lit déjà occupé par une personne. Nous dormons à deux et à l’envers. J’ai ses pieds au niveau de mon nez, et vice-versa. Bonjour les moustiques. Que dire alors des cafards et des rats ont certains ne sont pas loin de ressembler à des sangliers ?

Je passerai 38 jours dans cet endroit infecte, mais mille fois plus confortable que ma cellule de garde à vue à la gendarmerie de Bertoua. Quarante trois mille francs extorqués pour me faire ‘muter’ dans un quartier convenable, le quartier 3. En ces lieux, même chose. Quinze mille francs pour être accepté dans un local pour ‘personnes respectables’, trois mille cinq cents francs pour les frais de ‘mairie’ du quartier 3, trois mille cinq cent francs de nouveau pour ceux du local où j’ai été affecté. Total, vingt deux mille francs. En y ajoutant la somme déboursée pour quitter la ‘cellule de passage’, plus les 12000 francs extorqués par le gardien. Le jour de mon admission, je me suis retrouvé à sortir de ma poche la somme de 77000F. Traduction, à Kondengui, vaut mieux ne pas être pauvre. Je n’aurais pas payé cet argent ? J’aurais été ‘muté’ au terrible quartier du ‘Kosovo’ tant redouté des prisonniers. Les détenus y sont entassés à 80 voire 100 dans des chambres de quinze lits… 65 à 85 personnes dorment ainsi en plein air dans la cour du quartier. Bonjour le sol ! Bonjour l’homosexualité ! Bonjour les agressions ! Bonjour les lames de rasoir ! Bonjour les cuillers limées et transformées en canifs ! Un enfer…

Me voilà enfin disposant d’un lit à moi tout seul et dans un chambre pour ‘personne respectable’. Mes cochambriers le sont effectivement. Pas d’engeulades, pas d’injures, pas de bagarre, pas de drogue, pas d’alcool, pas d’homosexualité, comme dans la plupart des autres chambres. Je dispose d’un récepteur télé à moi tout seul que je loue à la semaine.

Mes journées se déroulent dans une monotonie mourante, telle les heures d’une horloge. Réveil forcé à 4 h du matin par le brouhaha du chant des catholiques qui entament leur messe matinale dans la cour du quartier, indifférents au sommeil des autres détenus. Plus moyen de dormir, car dès qu’il arrêtent, les pentecôtistes prennent le relais avec le leur. Lorsque eux aussi cessent vers 5 h 30, les protestants classiques enchainent. Ils clôturent leur vacarme à eux aux environs de 6 h. Oser leur demander de moins brailler ? C’est un flot d’injures qui vous est balancé à la figure. Descente du lit, ablutions matinales. 6 h 45-7 h. Coups de sifflets stridents. ‘Le parquet !’, ‘le parquet !’ Un prisonnier auxiliaire de l’administration pénitentiaire égrène les noms des personnes convoquées au parquet pour leurs dossiers, instruction ou jugement. 7 h 30, petit déjeuner, le pain n’étant pas livré plut tôt. Puis, revue de la presse de Canal 2 International. 8 h. Direction bibliothèque de la prison. Lecture et écriture jusqu’à 14 h-15 h. Retour à la chambre. Repas. Distraction. 17 h. Nombreux coups de sifflet stridents. ‘Effectifs !’ ‘Effectifs !’ Tout le monde dans les chambres. C’est l’heure de décompte des prisonniers. Il faut s’assurer que personne n’est parvenu à se sauver. 20 h. Repas. 22 h. Tout le monde au lit. Plus personne dans la cour du quartier.

Les jours de visite à savoir, mardi, jeudi, et dimanche, sont spéciaux pour les détenus. C’est l’occasion de contact avec la famille et les amis. Mais ces jours-là sont ordinaires pour moi, car ma famille m’a totalement abandonné, elle ne me rend pas visite. ‘Avec les histoires de politique et de livres où tu critiques Paul Biya…’, telle est son argumentation. Les amis, en revanche, ne m’ont point abandonné. C’est grâce à leur soutien financier que je me nourris, que j’évite de consommer la dégeulasse ‘ration pénale.’ Pour des besoins de sécurité, il m’a été conseillé de ne pas faire moi-même ma cuisine comme la plupart des détenus qui refusent d’ingurgiter la ‘ration pénale.’ Motif ? Un empoisonnement surviendrait inévitablement. Alors, je consomme la nourriture préparée par les restaurants de fortune que tiennent des prisonniers à l’intérieur des quartiers.

Au début, les autres détenus me manquaient de considération. Dans la cour, ils me bousculaient pour me faire les poches. Une fois en prenant mon bain, l’un d’eux a volé mon monceau de savon sans que je ne m’en rende compte. J’ai également failli être victime d’agression. Pui, la télévision, la radio et la presse évoquant continuellement ma situation, leu regard a radicalement changé. A présent, c’est tout le monde qui m’appelle respectueusement et affectueusement ‘président’, ou alors ‘le Vieux’, à cause de mes cheveux blancs. Même les gardiens de prison, au début plutôt méprisants à mon endroit, ont également totalement changé. Je me retrouve ainsi dans une sorte de protection inattendue de la part des autres codétenus. Un jour, l’un d’eux faisant des exercices physiques dans la cour intérieure de la prison, m’a malencontreusement bousculé. Il s’en est fallu de peu pour qu’il ne soit pas lynché par les autres prisonniers. ‘Ne t’amuse pas avec notre Vieux…’

Mais ce dont je souffre le plus, c’est de ma vue qui, à la suite de mes 30 jours dans le noir total à Bertoua, est en train de s’en aller. Ma plus grande inquiétude en ce moment est de sombrer, sous peu de temps, dans la cécité. En prison, il n’existe pas d’ophtalmologue. Il faut pour cela que je sois conduit dans un hôpital. Tant que je suis en détention préventive, pas question. Seuls les condamnés sont autorisés à sortir pour un hôpital. Alors, tant que je ne serais pas, soit condamné, soit libéré, pas de soin possible… C’est le règlement de la prison.

Ecrit à Kondengui, 29 juin 2012

 



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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:16

À propos de la réconciliation act 6_La Côte d’Ivoire et « l’EPREUVE MANDELA »: avons-nous les qualités pour passer ce test ?

Kouassi

Dans la vie, les actes qui frisent la faiblesse s’avèrent le plus souvent une preuve de force incalculable… C’est du moins ce que le cas de Nelson Mandela nous a montré et démontré depuis sa libération des geôles de l’apartheid. Cette prison où il y a passé 27 ans de sa vie à tort. En effet, Mandela ne faisait que combattre contre un système injuste et répressif qui avilissait la race humaine.

Une fois sorti de prison, au moment où le monde entier s’attendait à la vengeance des peuples noirs d’Afrique du Sud, Mandela a plutôt prêché contre toute attente, le PARDON et la NON-VENGEANCE comme réponse à l’apartheid !!!

Cela étant, il faut faire la remarque suivante : Mandela est sorti de prison avant de pardonner et de demander à ses partisans de ne pas se venger... Mandela est sorti de prison avant d’emmener ses partisans à se réconcilier avec leurs ennemis d’hier…

Comment pouvons-nous passer « l’EPREUVE MANDELA » hauts les mains en Côte d’Ivoire pendant que les ennemis d’hier continuent de se faire la guerre ?

Comment pouvons-nous passer un tel test, lorsqu’on continue de poursuivre, d’arrêter, d’extrader, de déporter, de torturer, d’humilier, de se moquer du peuple ivoirien et de s’en réjouir ? « Oh God ! Have Mercy ! »

L’ivoirien n’a jamais été si méchant envers son prochain et il est clair qu’il y a du nouveau sur le sol ivoirien…

En baoulé on dit : «Gnamouh ! N’zouyôlêgah!»(Ah les Hommes ! Qu’est-ce que c’est que ça !), un cri d’étonnement face à « du jamais vu… »

J’ai déjà dit ce qui suit, mais le besoin de le répéter s’impose d’avantage. Il est impératif de donner une chance à la réconciliation, à la paix (vraie et durable) et au développement en Côte d’ivoire; et cela passe inéluctablement par la libération de Laurent Gbagbo… Le troisième leader du trio terrible en Côte d’Ivoire.

Vous savez bien qu’il dira à ses partisans de ne pas se venger et d’aller à la réconciliation.

Gbagbo, malgré tout ce qu’on peut lui reprocher sur la base d’analyses objectives et non partisanes, a donné plus qu’une chance à la paix en acceptant pratiquement toutes les propositions piégées qu’on lui a faites après l’attaque contre son régime en 2002. Voyait-il les pièges ? Ne les voyait-il pas? Que sais-je !?

Dans tous les cas, si c’était par naïveté qu’il avait tout accepté, il faut dire que cette naïveté avait donné tout de même une chance à la paix; ainsi, le camp opposé aurait pu saisir  cette opportunité et accorder la paix au peuple ivoirien en son temps, en désarmant. Malheureusement, cela n’avait jamais été fait et Dieu seul sait quand est-ce que ce serait fait…

S'il avait accepté toutes les propositions tout en y voyant ces pièges, alors il aurait démontré, qu’il était prêt pour la paix et qu’il aurait accepté l’inacceptable pour la paix dans son pays. C’est ce que l’histoire retiendra.

De ce fait, on peut se rassurer que Gbagbo choisirait la voix de la paix en réponse à ceux qui l’ont traité pire qu’un ennemi ferait. Et d’ailleurs, ne s’est-il pas retrouver en train de travailler (et de rire) avec ceux qui ont attaqué par les armes son régime et tuer certains de ses proches collaborateurs ?   

Gbagbo n’est pas un chef de guerre  pour dire qu’une fois libéré, il prendrait les maquis pour entretenir une rébellion. D’ailleurs, un chef de guerre ne rit pas trop comme il l’a fait face à ses agresseurs pour énerver certains d’entre nous à chacune de ses sorties… Gbagbo une fois sorti de prison, pourrait s’adresser à ses partisans. S’il y a certains parmi eux qui penseraient à un éventuel coup d’état où à une rébellion comme le dénonce le pouvoir de Ouattara, Gbagbo en liberté les découragerait sur cette voie. Je ne doute pas que Gbagbo passerait hauts les mains « l’Epreuve Mandela » sur ce point, pour la paix et le développement qu’il a prôné en Côte d’Ivoire et pour lesquels il a œuvré, tant dans l’opposition que pendant sa gouvernance, malgré les nombreuses erreurs à faire couper le souffle... Il est vrai qu’entre le vouloir et le pouvoir, il y a la compétence qui est déterminante. Et une bonne partie de l’entourage de Gbagbo ne lui a pas rendu la vie facile. Mais ainsi va la politique.

Et vous? Etes-vous sûrs et certains que vous avez les capacités de passer « l’Epreuve Mandela ».

Cette épreuve en effet, a plusieurs volets:

D’abord, il a fallu que ceux qui ont mis Mandela en prison, décident de le libérer. Ce volet de l’épreuve de voir son prisonnier libre et de pouvoir vire avec ça,  revient à ceux qui ont mis Gbagbo en prison où qui ont supplié la CPI de le faire…

Ensuite, Mandela une fois dehors a montré à ses ennemis d’hier qu’il aime tellement son pays, qu’il ne saurait le détruire par vengeance. Gbagbo une fois libre aura à démontrer que l’Amour pour la Côte d’Ivoire est au dessus de sa gloire personnelle. Gbagbo se retrouvera ainsi devant « l’Epreuve Mandela », avec la part qui est revenue à Mandela lui-même: le PARDONNER SANS CONDITION.

Le troisième volet de « l’Epreuve Mandela », reviendrait aux partisans de Gbagbo. En effet, les partisans de Gbagbo auraient à démontrer que, comme le dit la Sainte Ecriture, il faut respecter les autorités. De ce fait, l’autorité suprême du FPI qui est Laurent Gbagbo dirait à ses partisans, l’attitude à adopter et sa parole serait respectée par ceux-ci. Respecter la parole de son autorité n’est pas le signe d’une faiblesse, mais bien au contraire d’une grandeur qui est divine. C’est ce que les livres saints nous demandent et être loin d’un tel commandement, c’est être loin d’un principe divin… Alors, libérez Gbagbo pour donner une chance à la paix en Côte d’Ivoire.

Libérez Gbagbo pour qu’il fasse sa part de « l’Epreuve Mandela » afin que ses partisans puissent faire la leur.

Le quatrième volet de «l’EPREUVE MANDELA », revient aux partisans de Ouattara et de son pouvoir.  En Côte d’ivoire, nous avons toujours su VIVRE ENSEMBLE et recevoir nos voisins par notre culture d’hospitalité. Et il en a été ainsi dans notre pays jusqu’à ce que retentissent les voix divisionnistes au service du capitalisme qui se nourrit du sang humain… Si aujourd’hui, tous se rendent compte que le « VIVRE ENSEMBLE » qui a toujours caractérisé les valeurs Ivoiriennes doit être RESTAURÉ, cela est à saluer; et il est nécessaire que chacun œuvre dans ce sens et non dans le sens inverse comme nous le constatons malheureusement.

Le « VIVRE ENSEMBLE »  ne veut pas dire que la Côte d’Ivoire doit devenir le Burkina Faso, le Mali ou la Guinée au point où les populations de l’ouest du pays doivent être tuées pour leur arracher les terres et les redistribuer à nos voisins…

Le « VIVRE ENSEMBLE », c’est aussi combattre l’ingratitude telle que Dieu nous le conseille…

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas faire avancer la Côte d’ivoire à une allure où il y aura plus de burkinabés qui sont déversés par de nombreux convois au quotidien dans notre pays, pendant que les Ivoiriens eux sont contraints à l’exil…  

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas utiliser les machettes, les fusils, les fétiches et le mensonge pour s’accaparer le pays voisin, la CÔTE D’IVOIRE…

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas traiter les partisans de Gbagbo ou autres personnes ne voyant pas les choses de la même manière, comme de pires ennemis et les inviter dans le même temps à une table de moquerie, pardon, de réconciliation…

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas une gestion de rattrapage qui est pire que l’exclusion et la soi-disant exclusion que vous avez dénoncées hier…

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas remplacer la gabegie de la refondation par la gabegie du rattrapage ethno-régionaliste…

Le « VIVRE ENSEMBLE », ce n’est pas réduire la Côte d’Ivoire à sa partie nord, en complicité avec nos voisins…

 

Le « VIVRE ENSEMBLE », c’est… On y reviendra. En attendant, demandez à ceux qui ont connu Houphouët Boigny et ils vous diront comment cet homme a réussi à faire vivre plus d’une centaine de groupes ethniques en Côte d’Ivoire, dans cette harmonie sociale dont les honnêtes gens se rappellent.

Le cinquième volet de « l’EPREUVE MANDELA » revient aux partisans de Bedié. « Mi wan yo ! » (je dis): il y a un temps pour dire OUI et un temps pour dire NON… Autant il faut savoir dire OUI quand c’est opportun, autant il faut savoir dire NON quand c’est nécessaire. Vous êtes dans une position où une grande responsabilité pour sauver la Côte d’Ivoire vous revient… Sachez rapprocher ceux qu’il faut rapprocher pour que la Côte d’Ivoire retrouve son vrai visage.          

Le sixième volet de « l’EPREUVE MANDELA », reviendra à tous. Après que les hommes forts du régime actuel aient fait leur part de ladite épreuve, Après que tous les prisonniers de cette crise postélectorale (qui ne sont pas pires que les acteurs de l’apartheid) aient été libérés, après que Gbagbo ait fait sa part de « l’EPREUVE MANDELA », après que ses partisans aient fait la leur, il reviendrait alors à tous les ivoiriens, sans exception de faire leur part: PARDONNER ou Le PARDON SANS CONDITION. Le pardon sans condition est bel et bien la part qui est revenue à Nelson Mandela lui-même. Et c’est cette part qui le caractérise, qui doit revenir à chaque ivoirien et à tous les Ivoiriens…

Chacun doit passer son « EPREUVE MANDELA »…

Il ne sert à rien de prendre Nelson Mandela en exemple sans pouvoir suivre son exemple…

L’exemple de Nelson Mandela signifie qu’il faut pardonner sans condition malgré ce qui s’est passé…

L’exemple de Nelson Mandela signifie qu’il faut tendre sincèrement la main à l’ennemi d’hier…

L’exemple de Nelson Mandala signifie qu’il faut parvenir à pouvoir travailler avec l’ennemi d’hier, pour le bonheur du pays…

L’exemple de Nelson Mandela signifie qu’il faut pouvoir donner des accolades d’amour à l’ennemi d’hier…

L’exemple de Nelson Mandela signifie qu’en réponse à la haine, il faut servir l’Amour…

L’exemple de Nelson Mandela signifie qu’il faut pardonner conne Dieu nous le demande…

Hummmm ! Oui, c’est DUR pour tous, mais c’est bien ce que NELSON MANDELA a fait. Et c’est ce que Notre Père Céleste qui a créé ce monde, qui a créé chacun de nous, qui a le pouvoir de décision sur la vie de chacun et de tous, nous demande… Qui suis-je pour inventer cela ? 

Être grand, ce n’est point la largeur de la poitrine, ni la longueur de son corps. Encore moins ses possibilités de torturer l’ennemi ou d’entretenir la haine… Mais plutôt la dimension divine en nous qui se résume en la capacité de pouvoir pardonner.

Avez-vous les qualités pour passer ce test ? «L’EPREUVE MANDELA », bien évidemment! 

Préparons-nous pour  « l’EPREUVE MANDELA », car cette épreuve n’est pas de la petite classe…

La CARAVANE DE « l’EPREUVE MANDELA » pour sauver la Côte d’Ivoire est ainsi lancée ! A vous de faire votre part !

Le septième et dernier volet revient à Dieu que nous devons prier sans cesse pour implorer son pardon, sa grâce, sa pitié, sa miséricorde et sa bénédiction sur nos vies et sur notre pays. Car c’est bien lui qui détient la vérité et qui a le dernier mot…

Comme nous l’a enseignés Martin Luther King: « nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

A bon entendeur… Vive « l’EPREUVE MANDELA » pour tous, afin que soit sauvée la Côte d’Ivoire, notre Amour patriotique!

La Côte d’Ivoire, notre « PATRI-AMORA ». La « PATRI-AMORA » est cette nouvelle danse que j’ai créée pour faire danser tout le peuple Ivoirien.  Nous aimons danser, c’est bien. Mais il est temps que nous dansions pour la bonne cause. La « PATRI-AMORA », la danse pour exprimer son Amour patriotique dans la sagesse et la dignité. La spécialité de la « PATRI-AMORA », c’est qu’à chacun son pas et à chacun sa part, pour un intérêt commun, suprême. La CÔTE D’IVOIRE.

On est ensemble ! Ou alors, apprenons à être ensemble, puisque nous sommes ensemble!

Dieu ait pitié de notre pays et de notre continent!

Dieu bénisse Nelson Mandela!

Soyez richement béni !

Copenhague, 07 Juillet 2012

Rosalie Kouamé «Roska»

Ambassadrice  de l'EDUCATION, de la CULTURE, de l'AMOUR du prochain et de la PAIX.

Présidente Fondatrice - Fondation Roska

Source: roskanews.africaview.net

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:11

L’INUTILITE DES AMBASSADES AU 21ème SIECLE - Leçon de Géostratégie Africaine n° 40.

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Leçon de Géostratégie Africaine n° 40

L’INUTILITE DES AMBASSADES AU 21ème SIECLE

De Jean-Paul Pougala

 

Son Excellence monsieur l’Ambassadeur, Son excellence Monsieur le Ministre Plénipotentiaire, Son excellence monsieur le ministre, son excellence monsieur le président de la république… telles sont les tares que la République française a hérités de son passé royal. Dans ce passé, il devait y avoir une nette distance entre les citoyens appelés « sujets » et les gouvernants qualifiés de tous les adjectifs de prestige et d’honneur, afin de bien marquer  cette distance abyssale avec le peuple.

 

La Révolution Française devait marquer la rupture avec ce passé en redonnant au peuple le pouvoir en faisant en sorte que le pouvoir soit l’expression du peuple. La République est arrivée mais les structures et les privilèges des princes sont restés.  Les nouveaux rois ont pris leur place. Ils ne s’appellent plus Rois, ils s’appellent Présidents de la République. Les nouveaux princes sont apparus, ils ne s’appellent plus princes, mais ils ont maintenant le titre d’Ambassadeurs, de Ministres plénipotentiaires etc…

 

Au 21ème, des siècles plus tard,  le monde a tellement changé et les fonctions princières et royales sont restées les mêmes. Quelles utilités a encore de nos jours cette institution vétuste qui prend le nom de Représentation diplomatique ?

 

Dans le passé, les longues distances étaient parcourues uniquement à cheval et pour partir d'un point A vers un point B, le messager pouvait mettre entre 3 mois et un an. D’où l’importance d’avoir sur place une représentation qui puisse répondre en temps réels à des questions aussi importantes que l’entrée en guerre. Aujourd’hui, les nouveaux moyens de communication font que presque tous les télégrammes et télex des ambassades sont inutiles, parce que les agences de presse et les téléphones portables qui ont fait de tout citoyen un journaliste potentiel, ont rendu complètement caduc et vide de contenu le travail des représentations diplomatiques.

 

Le regroupement des états en entités supranationales comme l’Union Africaine, la Communauté des Etats Indépendants ou l’Union Européenne pousse le rapport des nations vers une configuration multilatérale. Or un Ambassadeur est au mieux de sa capacité, dans une vision bilatérale des relations entre deux pays. Sur le plan pratique, il est donc évident que tout le prestige que la France croit tirer de son ambassade romaine dans le superbe Palazzo Farnèse, est tout simplement de l’argent jeté par la fenêtre. Parce que les 98% des relations entre la France et l’Italie sont désormais décidés à Bruxelles. Et pour le reste, en cas de nécessité, le président Français peut juste soulever le téléphone et parler au Président du Conseil Italien sans filtre et en toute simplicité.

 

C’est la prise de conscience de cette inutilité qui explique le fait qu’un peu partout les informations et les scandales qui touchent les ambassades sont tout sauf de la diplomatie ou l’activité de rapprochement pacifique et d’amitié entre les peuples du monde d’entier. Dans certains cas, la représentation diplomatique est plutôt le symbole de l’hostilité contre le pays qui abrite l’ambassadeur et qu’on prétend respecter et en développer l’amitié avec le pays qu’on représente. Nous allons voir quelques exemples :

 

1-     LES USA

 

En Avril 2008, la chaine de télévision américaine NBC, montre les images de ce qu'elle définit comme la "mère de toutes les ambassades" c'est-à-dire la nouvelle ambassade américaine en Irak, voulu par Georges Bush. C'est une forteresse de 40 hectares pour une américaine en miniature au cœur du continent asiatique : Piscine, restaurants, parc de loisirs, salle de gym, terrains de tennis et de basket, la chaine de télévision américaine nous précise même que  cette ville dans la ville possède sa propre centrale électrique et sa station d’épuration d’eau. On a envie de demander ce que tout cela a à voir avec la diplomatie, cette forteresse avec des murs en béton armé de 7 mètres de hauteur. Mais on comprend très vite le ridicule dans lequel baigne l'ensemble de la profession d'ambassadeur lorsque la NBC dit à la fin ce que cette folie de grandeur a coûté en construction : 300 millions de dollars, pire, ce que cela va coûter en entretien : 2 milliards de dollars chaque année au contribuable américain pour entretenir les 21 bâtiments, 1000 bureaucrates et 4000 employés de l'ambassade américaine de Bagdad. Il y a des appartements pour héberger 600 personnes avec une somptueuse résidence de 4 900 m2 pour le tout premier Ambassadeur au monde devant profiter de telles installation, Monsieur Ryan Crocker.

 

En contre partie, qu'est-ce que cela va rapporter au peuple américain ? RIEN, oui, vous avez bien compris cela ne va rien rapporter au contribuable américain ou juste pour montrer les muscles de king-kong aux pauvres Irakiens. Déjà en 2012, 50% des entreprises qui ont gagné le marché de la reconstruction en Irak appartiennent  des fonds souverains chinois. La China a tout simplement attendu qu'elles gagnent ces marchés colossaux pour lesquels sont morts plus de 5000 marines, pour aller les acheter à la bourse. 

 

Et la cerise sur le gâteau, mieux, la cola sur le vin de palme, c'est le magazine français VSD du 30 avril 2008 qui nous le révèle à propos de la plus couteuse ambassade américaine dans le monde : le cabinet d’architectes employé par le gouvernement américain, Berger, Divine Yaeger Inc, aurait naïvement posté les plans des maquettes sur le site Internet de la compagnie, ce qui fait que tout ennemi des USA détient à l'heure actuelle, les plans de toutes les constructions de ces 40 hectares, rendant complètement inutile sur le plan de la sécurité, cette ambassade. Il est vrai que le modèle politique désigné avec le nom de "démocratie occidentale" est le système dans lequel le peuple est le plus berné et content de l'être, mais tôt ou tard, le peuple américain comprendra qu'avec 2 milliards par an que les politiciens américains arnaquent pour maintenir cette folie; et ce jour là, conjugué d'autres arnaques de ses dirigeants politiques, lui aussi va se révolter dans un probable "printemps américain" et il ne faut pas être surpris du sort que sera alors réservé  à ce complexe démantèlement.

 

2-     LA FRANCE

 

Avec ses 171 ambassades dans autant de pays, 98 postes consulaires et 17 représentations dans les organismes internationaux, la France est le deuxième rang mondial de réseaux diplomatique (derrière les USA).  Il n'y a que 31 pays dans lesquels la France n'a pas d'ambassade ou de consulat, très loin devant la Russie, le Royaume Uni, l'Italie et la Chine. Cette deuxième place offre-t-elle à la France un avantage probant par rapport aux autres états qui en ont moins ?  Parce que ce record ne suffisait pas, on a ajouté une bêtise à la française dénommée Ambassadeur à thème. Ce qui porte le nombre total des Ambassadeurs français à 191.

Les dirigeants français ont profité du système de la représentation diplomatique pour assouvir leurs désirs de clientélisme politique. Nous prendrons 2 exemples très parlants :

- Ambassadeurs à thème :  Comme la France avait déjà occupé tous les 171 postes d'ambassades françaises dans le monde, c'est le président Chirac qui eut cette idée géniale d'en inventer d'autres et de faire avaler la pilule au peuple en les désignant comme des Ambassadeurs à thème, avec bureau, chauffeur, frais de réception et de déplacement dont le principal but était de recycler les ministres qui perdent leur portefeuille ministériel. Et son successeur Sarkozy l'a multiplié par 5 pour passer à 20 Ambassadeurs thématiques. Ce qui fait dire à la Sénatrice centriste Nathalie Goulet  définissant ces Ambassades thématiques ceci :   « Ce sont des postes créés pour recaser des copains politiques en mal d’exotisme ! ».

 

Comment ne pas lui donner raison, lorsqu’on lit dans le Canard Enchaîné du mercredi  9 novembre 2011 que par exemple Gilles de Robien (UMP),  qui a été ministre de 2002 à 2007 et qui perd son poste ministériel en 2007 est immédiatement nommé par Nicolas Sarkozy, dès le mois d'octobre 2007 et en toute cachette  Ambassadeur « chargé de la cohésion sociale. » Coût pour le contribuable français : 500.000 €/an. D'autres anciens ministres occupent des postes d'Ambassadeurs avec des qualificatifs des plus ronflants, pour ne pas dire ridicules, comme : "Ambassadeur  chargé   la prévention des conflits en Afrique",  "Ambassadrice chargée de la réflexion sur la rénovation des sommets France-Afrique".  Ce qui fait conclure à la sénatrice Nathalie Goulet :  « A-t-on vraiment besoin d’un ambassadeur chargé de la Shoah, de l’adoption, du climat, itinérant pour l’Asie, de la lutte contre la piraterie maritime, de la rénovation des sommets France-Afrique, de la criminalité organisée, etc…Tous ces ambassadeurs peuvent être remplacés par des fonctionnaires des ministères concernés à moindre coût ».

 

Cette dérive montre à quel point la fonction d'Ambassadeur est, aujourd'hui, complètement désuète, pour ne pas dire inutile, dès lors que les politiciens montrent très clairement qu'ils sont les premiers à ne pas y croire.

3-     LES ECOLES DE FORMATION DES  AMBASADEURS  OBSOLETES

 

L'inadaptabilité des ambassadeurs au monde du 21ème siècle vient aussi du fait que plusieurs pays suivent le modèle erroné français de la formation des Ambassadeurs. Les ambassadeurs formés pour cette carrière sont porteurs d'une faiblesse de départ : ils sont formatés à la pensée unique, ils sont formatés à un certain formalisme qui trouve ses limites dans les problèmes toujours plus complexes des relations internationales. La conséquence est l'échec de la plupart des négociations  pour la solution de presque tous les conflits du monde, de la Birmanie à la Côte d'ivoire en passant pas la Libye, et la Syrie ou l'Iran. Les Ambassadeurs ne sont pas habitués à la critique, à des positions contradictoires, ils ont le droit de vie et de mort sur leurs collaborateurs et l'essentiel de leurs activités est de poster des télégrammes avec des contenus des plus fades. Cette répétitivité de messages inutiles et vides de sens les infantilise à la longue et transforme la plupart des ambassadeurs en personnes complètement désuètes dans la solution des plus grands conflits mondiaux. A leur place, il faudrait de vrais commerciaux, qui par leurs formation et leur expériences du terrain savent que personne ne leur déroulera le tapis rouge pour faire fleurir leurs idées ou soutenir leurs intérêts;

 

Certains pays l'ont compris et ne forment plus leurs ambassadeurs, mais les recrutent comme on le ferait pour n'importe quelle entreprise sur le marché, en variant au maximum le personnel qui composera le corps diplomatique. C'est le cas du Royaume Uni qui ne forme pas les Ambassadeurs, mais les recrute par concours auquel participe toute personne qui a un niveau de 3ème cycle universitaire. Les Etats-Unis d'Amérique recrutent leurs ambassadeurs sur un vivier très large de toute les personnes âgés de 25 à 55 ans qui peuvent venter une expérience professionnelle dans tout domaine d'activité.

 

4-     UNE  DIPLOMATIE RONGEE PAR LA CORRUPTION

 

A-    LA SUISSE INSOUPCONNABLE

 

C’est depuis le début de la crise économique en Europe qu’on recense une explosion des corruptions impliquant les ambassades de presque tous les pays européens en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique. C’est la vente des visas, c’est le trafic d’êtres humains, c’est la mafia qui s’est installée au cœur même de plusieurs ambassades et consulats de certains pays européens. C’est en tout cas ce que nous révèle le journal dominicale de la Suisse alémanique "SonntagsZeitung" dans son édition du dimanche 27/06/2010  publiant la liste de 32 Ambassades et consulats Suisses minés par la corruption, dont 14 en Asie, 10 en Afrique et 5 en Europe ; information confirmée par le Département Fédéral des Affaires Etrangère (DFAE) de Michelle Calmiray en fournissant plus de détails sur les noms des ambassades et consulats incriminés, notamment ceux de Pékin, Moscou, Bombay,  New Dehli, Istambul, Shanghaï, Kiev, Belgrade, Pristina et Bangkok, mais aussi les ambassades suisses au Pérou, Nigeria, Serbie, Congo l'Erythrée.

 

Le journal cite Martin Dahinden, chef de la Direction des ressources et du réseau extérieur au DFAE qui dit : « Dans le combat contre les abus impliquant des visas, on a souvent affaire avec des organisations impliquées dans le trafic de drogues et de femmes ».

 

On est ainsi arrivé à l’extrême conséquence de la fermeture de l’Ambassade Suisse à Islamabad au Pakistan le 30 Avril 2010 avec un communiqué du DFAE nous informant d’un gigantesque trafic de visa impliquant 8 diplomates suisses et 21 employés Pakistanais où était exigés aussi des prestations sexuelles et de l’argent en échange d’un visa pour la Suisse, validité Schengen.  

 

Lorsqu’on va fouiller les archives, on découvre que c’est toute la profession qui est pourrie, car en restant au Pakistan, on découvre que le 18 Mai 2006, c’est le même DFAE qui émanait un communiqué pour nous annoncer une sanction disciplinaire contre les diplomates en poste dans le pays asiatique, il s’agissait alors de l’Ambassadeur en personne, M. Denis Feldmeyer visé par l’enquête disciplinaire suite à l'affaire des visas au Pakistan. Mais aussi son prédécesseur et le chef de la chancellerie. Sans attendre la fin de l’enquête, Monsieur  Feldmeyer sera muté à Berne où il attendra un an pour être nommé en Islande par décret du Conseil Fédéral, (Département fédéral des affaires étrangères)  du 23  Aout 2007.

 

Le cas de la Suisse est l'arbre qui cache la forêt de la gigantesque corruption des ambassades européennes dans les pays à forte pression migratoire à l'entrée en Europe. Mais comme le sujet est tabou pour ne pas écorner l'image radieuse de la diplomatie, alors bouche cousue pour tout le monde.

 

B-    LA FRANCE IMPREVISIBLE

 

Pour solutionner son problème de corruption de ses diplomates, c’est la France qui va prendre une solution radicale et complètement imprévue : En Chine, elle va tout simplement confier la section des visas à l’état chinois, à travers une entreprise publique qui s’appuie sur la police chinoise pour rendre efficace le travail que lui a confié l’état français. C’est en tout cas ce que nous dévoile Franck Renaud dans son livre enquête sur les dessous de la vie des ambassadeurs intitulé « Les Diplomates » publié en Juin 2010 aux Editions Nouveau Monde.

 

Cela peut sembler complètement ahurissant, surtout lorsqu’on voit les politiciens français parler de la Chine comme le monstre à détruire. Et tout cela s’est fait sous la présidence Sarkozy, au même moment où ce dernier menaçait de ne pas aller aux Jeux Olympiques de Pékin, dans ce pays dictatorial qui ne respecte pas les droits des hommes, tant que le peuple Tibétain n’aurait pas eu sa place dans le dialogue paritaire avec Pékin. Et on découvre sur le terrain que cette même France avec ce même président a tout simplement renoncé à la souveraineté française pour l’octroi des visas d’entrée sur son territoire, pas au profit d’un autre pays de l’Union Européenne, pas au profit d’un autre pays de la zone Schengen, mais au profit de ce pays qu’on a insulté de tous les noms et qui a valu à la France 2 ans de mise à pied de la part de  la Chine, révoquées après de nombreux voyage de supplication de Jean Pierre Raffarin à l’ « Empire du Milieu ».

 

5-     UN PRESTIGE  AU SERVICE DU CLIENTELISME

 

A-    L’ITALIE

 

L’Italie paye chaque année pour ses 325 Ambassades et consulats à l’étranger, la somme de 1,7 milliards d’Euros (1.115 milliards de FCFA/an). Qu’est-ce que cette somme ainsi investie rapporte au pays le plus endetté de toute l’Europe avec une dette publique de 1.950 milliards d’Euros (1,3 millions de milliards de FCFA), 4,8 fois la dette de tous les pays africains. Une dette qui augmente chaque jour de 780 millions d’Euros, c’est-à-dire qu’elle augmente toutes les 2 secondes d’environ 1 million d’Euros (655,9 millions de Fcfa chaque 2 secondes). Dans la folie de ce train lancé à grande vitesse qui se précipite droit dans le mur,  il y a le scandale de la rémunération des ambassadeurs.

C’est le quotidien italien Il Fatto Quotidiano dans son édition du 10 décembre 2011 qui mettait le doigt sur la comparaison entre l’Allemagne et l’Italie et la corrélation entre leurs économie et leur diplomatie. Il en ressortait que l’Italie qui peinait à trouver de l’argent sur les marché à un taux de 6%, lorsque l’Allemagne le trouve facilement à un taux de 1%, payait son ambassadeur à Berlin 2 fois plus cher que le salaire de la chancelière Angela Merkel. Ainsi, le journal italien nous informe que l’Ambassadeur Michele Valensise nommé à Berlin par Silvio Berlusconi, dirige une équipe de 58 personnes, touche un salaire net de 20.000 €/mois, alors que Angela Merkel qui dirige la troisième puissance mondiale, avec  80 millions d’habitants touche un salaire de 9.072,43 €/mois.

 

L’Ambassadeur en vaut 20, la Chancelière 9. Il s’agit d’un vaste réseau de pur clientélisme, où la diplomatie n’a rien à voir et qui profite aux familiers de politiciens, qui arrive jusqu’au paradoxe qui fait que  le chauffeur de l’Ambassadeur d’Italie avec un salaire mensuel de 6.000 Euros par mois gagne bien plus que le président de le Fédération de Russie avec ses 17 millions de km² qui touche seulement 4.860 €/mois (3,2 millions de FCFA/mois), malgré que le pays croule sous le poids du gaz et du pétrole, révèle le journal italien.

 

Et le Sénateur du Parti Démocrate  Claudio Micheloni, président de la Commission des Affaires étrangère du Sénat Italien qui s’insurge du fait que 0,1% de la richesse du pays est engloutie dans une filière complètement inutile comme celle des diplomates avec la preuve la plus criante du clientélisme à l’intérieur de l’Ambassade italienne de New Delhi en Inde où les amis, les frères et les amants de politiciens nommés depuis Rome touchent un salaire de 80.000 Euros/an alors qu’un débrouillard italien qui n’appartient pas à la même caste et qui exerce exactement la même fonction, touche 6.000€/an, payé selon un contrat de droit indien. Et Micheloni de nous dire : « le plus grave dans tout ça c’est qu’on ne sait pas qui nomme qui ».

 

6-     UN CAFOUILLAGE INFINI

 

Pris dans le tourbillon d’un nouveau monde non maîtrisé, on assiste depuis une dizaine d’années à une forme de cafouillage indescriptible dans les ambassades. Des décisions non réfléchies ou non suffisamment muries qui débouchent sur des résultats en complète contradiction avec les objectifs affichés. 

 

C’est Nicolas Lecaussin de la Fondation IFAP, ce Think Tank dédié à l’analyse des politiques publiques, à travers son rapport intitulé « La diplomatie française, un rayonnement très coûteux » met le doigt dans la plaie lorsqu’il dit dans sa conclusion que la « La diplomatie française va à vau l’eau (…) Les ambassadeurs passent le temps à effectuer de meilleurs rapports et une fois achevés, ils les mettent de côté. » Il invite à ne jamais se contenter du site web des ambassades qui sont une merveille, mais qui cachent tellement de misère comme un mauvais film dit-il. Il cite enfin le diplomate Jean-Michel Dijinan qui nous fournit une preuve du cafouillage de la diplomatie française en ces termes :  "A Lubumbashi, deuxième ville de la République démocratique du Congo, la France décide opportunément de créer en 2000 un poste d’attaché culturel adossé à la réouverture, en plein cœur de la ville, d’un centre fermé depuis dix ans. Deux ans de travaux et de négociations pour aboutir, en juillet 2003, à la fermeture d’un bâtiment entièrement rénové, disposant de 4500 ouvrages neufs et qui aura coûté 170.000 euros. Avec, en prime, la suppression du poste d’attaché culturel !" 

7-     AMBASSADES  AFRICAINES ACCUSEES  DE BLANCHIMENT D’ARGENT SALE

C’est en fin septembre 2010 que la banque américaine JP Morgan envoie une lettre à 150 ambassades accréditées aux Nations Unies à New-York pour leur annoncer la clôture de  leurs comptes au 31 Mars 2011. Si pour des pays comme la Russie, la Chine ou la France, ouvrir des comptes dans de nouvelles banques n’a pas été un problème,  par contre la presque totalité des pays africains ont eu du mal à  trouver une autre banque qui les accepte, transformant de fait la faiblesse qu’incarne l’absence de conception idéologique de la pléthore des ambassades africaines en condamnation effective.

 

En effet, la lettre de JP Morgan n’inculpait aucune ambassade en particulier, mais puisqu’au final ce sont les ambassades africaines qui se sont vues refuser l’ouverture de nouveaux comptes dans d’autres banques, tout le monde a retenu par déduction que ce sont les Africains qui étaient le plus mis en cause. Et même l’intervention de l’Union Africaine ou du Secrétaire Général des Nations Unies n’a pu rien faire. On a ainsi assisté à des situations terrifiantes où des ambassades africaines ont été privées d’électricité, d’eau et de gaz pour cuisiner dans les résidences des ambassadeurs ; des diplomates incapables de payer l’essence pour faire rouler leurs voitures pour se rendre au travail, des mises en demeures pour d’autres pour loyer impayés etc… 

 

Les plus malins se sont fait prêter de l’argent par les familiers restés au pays dans des tontines et le recevoir par virement pour avoir juste de quoi faire manger leurs familles. Ces ambassades étaient-elles coupables de ces accusations de blanchiment d’argent ? La question a été posée au Secrétariat d’Etat Américain qui n’a eu d’autre réponse qu’aux USA, les banques sont privées et peuvent faire ce qu’elles veulent, c’est-à-dire condamner des pays parce que plus faibles, sans jugement et sans laisser la moindre possibilité de se défendre.  Ce n’est pas l’administration américaine qu’il faut condamner, encore moins ces banques inquisitrices, mais les africains eux-mêmes de n’avoir pas compris à quel jeu on joue et que l’ambassade d’un minuscule pays comme le Burundi, le Benin ou le Togo, n’aura jamais son mot à dire dans la moindre négociation si il est incapable de faire plier une banque qui l’envoie littéralement mendier sur le trottoir.

 

8-     QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

 

A l’indépendance les états africains ont cru par erreur que ce qui valide l’existence d’un état, c’est sa présence avec des ambassades et des consulats dans les pays qui s’étaient organisés à Berlin en 1884 pour spolier le continent africain. Se faisant, ils se sont lancés dans une concurrence déséquilibrée avec ces pays qui ne pouvaient que les transformer en pays subalternes receveurs de leçon au départ et d’injonction à l’arrivée venant des mêmes pays occidentaux.  Peut-on dire que l’échange d’ambassadeurs entre le Niger et les Etats-Unis d’Amérique symbolise vraiment l’amitié paritaire entre les deux peuples ? bien sûr que non. D’abord le prix du mètre carré du terrain à Niamey est 100 fois inférieur au prix à Washington, ce qui fait que même si le Niger avait le même niveau de vie des USA, il ne pourrait pas construire à Washington la même ambassade imposante que Washington fait à moindre frais à Niamey en imposant dans la psychologie du peuple Nigérien le symboles de sa puissance et oblige ce dernier à se mettre à genoux avant même que d’imaginer quel genre d’amitié est-il possible entre un peuple américain qui est incapable de situer le Niger sur une carte géographique et les Nigériens qui n’ont que faire des beaux discours de circonstance qui ne changent en rien la dureté de leur vie.

 

Pire, tous les 50 Etats américains sont unis pour financer une seule et unique ambassade à Niamey, alors que 50 des  54  états africains payent l’exorbitant coût de 50 ambassades à Washington. Ce qui pénalise doublement et affaiblit définitivement  toute image de sérénité et progrès humain qu’ils comptent envoyer au peuple américain dans ce rapport trop inégal, miné par cette division stupide.  Une seule ambassade à Washington pour ces 50 états africains leur aurait donné une plus grande respectabilité et surtout tout le gaspillage restant aurait permis de construire toujours plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de routes rendant la vie des population en Afrique moins un enfer. Je trouve cependant que même l’Ambassade unique ne peut être une priorité et serait complètement inutile avant que toutes les dépenses ne soient pendant au moins 10 à 20 ans après les indépendances complètement dédiées à créer un début de richesse et un semblant de vie de normalité de la population.

A défaut de rompre les relations avec les pays dans une diplomatie qui se transforme jour après jour en véritable mafia que l’Afrique a du mal à comprendre et donc à maîtriser, les pays africains doivent réussir l’exploit de repenser leur philosophie profonde de la convenance ou non d’entretenir des relations prétendument diplomatiques avec certains états et surtout, fermer toutes les représentations diplomatiques dans les différents pays africain pour les confiner à la capitale africaine qu’est Addis-Abeba. Parce que l’activité d’espionnage et de déstabilisation de certaines représentations diplomatiques jusqu’à l’armement des rebelles crées ad-hoc, doit faire comprendre aux Africains qu’il faut changer de registre : toutes les Ambassades sans exception doivent être regroupées dans un seul et même périmètre à Addis-Abeba où l’entrée et la sortie sont tenues sous contrôle par le nouveau contre espionnage continental africain à créer.  Ce n’est que comme cela qu’on pourra éviter le scénario libyen ou syrien  où une poignée de pays se fait appeler « Communauté Internationale » et décide en fonction de l’ennui de ses ambassadeurs qui doit rester au pouvoir et qui doit partir. 

 

C’est à ce prix que certains pays étrangers qui se disent amis, ne manipuleront pas les 1 milliard d’africains, ni en République Démocratique du Congo, encore moins au Mali, et surtout pas avec le thème piège des droits de l’homme. L’Union Africaine doit avoir le pouvoir d’imposer des dimensions standard à toutes les Ambassades, parce que ce  n’est pas sur notre territoire en Afrique qu’une puissance étrangère doit venir exposer son faste à travers une ambassade ou autre chose. Car la symbolique aussi compte beaucoup.

 

Et dans tous les cas, la nouvelle configuration s’impose à toutes les nations du monde dans la conception même des relations internationales et de la gestion administrative ou politique de ce qui en découlera, ce qui oblige l’Afrique à parler d’une seule voix, sans laquelle elle devient très vite inaudible et fragile. Les Etats-Unis d’Afrique doivent être une priorité à l’entrée du continent dans le cercle des nations, sans cela, l’état lamentable de nos ambassades restera la vraie et seule carte de visite de notre crédibilité aux yeux du monde. Une seule représentation diplomatique dans chaque groupe de pays est une nécessité financière. L’Afrique doit disposer d’une seule et unique ambassade pour toute l’union européenne, c’est-à-dire à Bruxelles. Cette rationalisation permettra de libérer des ressources que nous utiliserons pour améliorer la vie de nos citoyens.

 

Douala le 09/07/012

Jean-Paul Pougala

 

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:07

 

Une vidéo démontrant la responsabilité et la complicité de l’ONU dans le Génocide  en Côte d’ivoire.

 

                                 

 

http://www.youtube.com/watch?v=LOZ5aOLC40E&feature=player_embedded&noredirect=1#!

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:04

Tribune: Monsieur le Premier ministre du Mali, on en a marre de la Cédéao.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre Cheick Modibo Diarra, l'écrivain malien Doumbi Fakoly appelle à un sursaut d'orgueil national en vue de régler les problèmes du Mali.

 

Cheik-Modibo-Diarra.jpg

                                 Le Premier ministre de transition du Mali.

«Monsieur le Premier ministre,

Cette lettre ouverte est l’écho des sans voix qui désespèrent de vous voir à l’œuvre; l’œuvre salvatrice et restauratrice de notre dignité sérieusement mise à mal par votre gestion frileuse des événements douloureux qui frappent notre pays.

Monsieur le Premier ministre, le Mali s’interroge...

Jamais dans l’histoire de l’humanité, un État souverain n’a subi, de la part d’une organisation sous-régionale à caractère essentiellement économique et social, les affronts que la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) inflige à notre pays.

Même un élève de 10ème de l’école sinistrée d’ATT (Amadou Toumani Touré, ancien président du Mali, ndlr) peut comprendre aisément, que par son intrusion étouffante dans la politique intérieure et dans les relations internationales du Mali cette organisation sort de son rôle.

Le Mercosur, organisation sud-américaine similaire, vient de donner l’exemple de ce que la Cédéao devrait se contenter de faire. Condamnant, comme la Cédéao, toute rupture de l’ordre constitutionnel, elle a seulement exclu le Paraguay dont le président a été destitué par le parlement de son pays.

Le Mercosur n’a envisagé aucune intervention militaire et les sanctions économiques qu’elle brandit n’ont aucune chance de passer, dénoncées qu’elles sont par d’autres pays membres, dont le Brésil et l’Argentine.

La gestion et la prévention des conflits, dont la Cédéao est également en charge, dans son espace géographique, reconnaissent-elles à son syndicat de chefs d’État la prérogative de placer notre pays sous sa tutelle? Sûrement pas.

Cependant, la Cédéao s’accorde le droit d’imposer au Mali le président et le gouvernement qui doivent le diriger, la durée et les conditions d’exercice de leurs mandants.

La Cédéao conjugue au temps et au mode de son bon vouloir, le terme médiation qui doit faire appel à l’intervention d’un acteur neutre en vue de rapprocher les positions antagoniques de deux ou plusieurs parties.

Hier, elle s’est substituée aux partis politiques et à la société civile du pays pour négocier seule à seul avec le CNDRE (Conseil national pour la restauration de la démocratie et le redressement de l'Etat, ex-junte au pouvoir).

Aujourd’hui, elle ajoute une couche supplémentaire à notre humiliation en convoquant à Ouagadougou les autorités légales, les partis politiques et la société civile malienne pour leur donner des directives en vue de la formation d’un gouvernement inclusif, défaisant, sans état d’âme, la précédente équipe dont elle a pourtant cautionné la composition.

En effet, elle vous a autorisé à ignorer totalement les recommandations du point d de l’article 6 de l’Accord Cadre qui prévoit l’implication de toutes les parties prenantes dans l’élaboration d’une feuille de route pour la transition. Vous avez formé votre gouvernement seulement avec, d’une part, le CNRDRE, qui vous a imposé ses hommes aux trois ministères de son choix et, d’autre part, la Cédéao qui vous a pris en tenaille entre les deux siens aux ministères de l’Information et des Affaires Étrangères.

Le choix des autres membres du gouvernement, laissé à votre discrétion, a été pour vous une affaire de famille et de proches. En acceptant de vous plier à cet autre diktat qui oblige toutes les forces vives du pays à se transporter à Ouagadougou, vous subissez une nouvelle mesure vexatoire puisque vous vous conformez à l’esprit de ce même Accord Cadre, que la Cédéao vient de sortir de la poubelle aux fins de dépoussiérage sous la pression de la Communauté internationale.

À quoi les pleins pouvoirs que vous détenez vous servent-ils?

En êtes-vous réellement investi? Monsieur le Premier ministre, le Mali s’interroge.

Sur la scène internationale, la Cédéao occupe ostensiblement la place des autorités légales de notre pays par ses prises de contact isolées avec l’ONU, la France, les partenaires techniques et financiers dans la perspectives d’une intervention armée de ses troupes sur notre sol. Pour ne pas avoir associé nos militaires dans la préparation de son dossier, elle a montré ses lacunes mises à nu par le Conseil de Sécurité de l’Onu qui conditionne son accord éventuel à la présentation d’un dossier mieux élaboré comprenant notamment la nature et les modalités de l’intervention.

Pire, la Cédéao reçoit, dans la même capitale burkinabè, et rencontre en territoire occupé, à Kidal notamment, les envahisseurs pour traiter avec eux de ce dont vous ignorez tout.
Et la Cédéao s’accroche encore et toujours à son désir insultant, récemment renouvelé par le chef des armées ivoiriennes, de consolider et de sécuriser les institutions de la transition par ses propres troupes? Les villes d’Abidjan, de Lagos, d’Abuja, de Freetown, de Cotonou, de Ouagadougou, ... sont-elles plus sécurisées que Bamako? Certainement pas!

Le langage méprisant de ce syndicat de chefs d’État est d’une telle clarté que même le citoyen lambda le comprend aisément. Pour les trois chefs de guerre de cette organisation en campagne guerrière contre le Mali, Alassane Ouattara, Blaise Compaoré et Yayi Boni, notre armée nationale ne serait pas digne de son nom; n’ayant pas été capable, avec sa pléthore de 51 généraux de refouler ou tout au moins de stopper des envahisseurs, elle serait inapte à accomplir la mission de sécurisation de nos institutions.

Du fait de votre gestion sans relief des affaires du pays, vous donnez la nette impression de chercher à gagner du temps; votre véritable intention n’étant pas d’équiper l’armée malienne mais, plutôt, de préparer l’arrivée des troupes de la Cédéao.

Que faites-vous de notre armée?

Auriez-vous, vous aussi, une aussi piètre opinion de notre armée nationale pour la juger inapte à l’accomplissement de sa mission?

Mais avez-vous idée des énormes dégâts collatéraux imputables à l’Ecomog (Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group, ndlr), force armée de la Cédéao, partout où elle passe?

La Cédéao a fait intervenir l’Ecomog, son bras armé, au Liberia en 1990 et en Sierra Leone en 1997. Voici ce que Gorée Institute dit de ces conflits:

«Dans les cas du Libéria et de la Sierra Leone, certaines atrocités commises sur les civils innocents, ont rangé ces conflits parmi les plus brutaux de l’histoire contemporaine.»

Et la responsabilité de l’Ecomog ne souffre pas l’ombre d’un doute; à ce point que l'Onu a estimé qu’en Sierra Leone, cette force d’intervention africaine a été «une des factions combattantes.» Au Mali, où les soldats de cette armée n’ont aucun parent proche ou lointain, aucun intérêt propre à notre pays à défendre, quelle fibre patriotique les empêchera de commettre les mêmes atrocités? Par ailleurs, il est de notoriété publique que l’armée ivoirienne ne voulant pas intégrer en son sein les rebelles qui ont contribué à porter Alassane Ouattara au pouvoir, ce dernier cherche à les recycler quelques part.

Devant ce danger qui ne devrait échapper à aucune personne ni à aucune structure bien informées, ce qui doit être le cas pour votre équipe, vous continuez de garder le silence.
Pourtant, dans votre première adresse à la nation, vous avez inscrit la libération du nord du pays en tête de la liste de vos priorités.

Au camp militaire de Ségou où vous vous êtes rendu le 1er juin 2012, vous avez renouvelé cette promesse en termes martiaux rassurants.

Vous avez fait renaître l’espoir au sein de notre armée convaincue de recevoir rapidement les armes nécessaires afin d’accomplir son devoir de libérer elle-même notre pays.

Mais, récemment, vous avez fortement nuancé vos propos et douché fraîchement l’enthousiasme de nos forces armées. Vous avez déclaré haut et fort que vous n’avez ni peur ni honte de négocier, sous-entendu même en position de faiblesse, car les assaillants sont nos frères.

Il est temps de s'affranchir de la Cédéao

Avant d’essayer de nous faire partager cette allégation, avez-vous seulement vérifié leurs extraits de naissance et/ou leurs pièces d’identité, sachant que les uns sont nés en Libye, les autres y ont grandi et que tous ont servi sous le drapeau libyen?

Tirant profit de votre attentisme inqualifiable et inacceptable, les envahisseurs ont le temps et les moyens de conforter leur domination et, en toute impunité, de violer les filles et les femmes, de profaner et de saccager les lieux sacrés de nos compatriotes du nord.

Il est grand temps, monsieur le Premier ministre, de prouver que vous détenez véritablement les pleins pouvoir en vous soustrayant définitivement de l’influence hautement négative de la Cédéao, qui jette la honte sur notre pays.

À l’arrogance et au mépris de cette perfide organisation à votre endroit et à l’endroit du pays, l’honneur vous commande de lui intimer l’ordre de se mêler de ce qui la regarde.

Monsieur le Premier ministre, le Mali s’interroge.

Dans votre intervention à la télévision du 02 avril 2012 à 13 heures, soit deux jours après le contre coup d’État avorté du 30 mars 2012, vous avez avoué votre intention première d’avoir voulu attendre le retour définitif du calme avant de vous adresser à la nation; comme si les événements n’avaient pas le moindre caractère alarmant. D’ailleurs vous ne les avez pas condamnés énergiquement et vous n’avez pas pris l’engagement ferme que leurs auteurs, en particulier leurs complices locaux, seront démasqués et poursuivis en justice.

En revanche, vous n’avez pas différé votre apparition à l’ORTM après l’agression déplorable du 21 mai 2012 sur le Président par intérim. Le soir même, vous avez pris à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur votre ferme volonté de faire identifier et traduire devant la justice les responsables de cet acte répréhensible.

La vie d’un chef d’État est-elle plus précieuse que celle d’un(e) autre de ses compatriotes et au-delà que celles des dizaines de victimes du contre coup d’État avorté? L’agression, si blâmable soit-elle sur un chef d’État, est-elle plus condamnable que celle perpétrée contre une nation tout entière à travers un contre putsch?

Monsieur le Premier ministre, le Mali vous observe.»

 Doumbi-Fakoly, écrivain                                                                                                                       Source : Journaldumali.com

 

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L’Observatoire des Elections

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Image historique

Artistes-et-ecrivains-noirs-en-1956.jpg

1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

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Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

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  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

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Affirmation

 

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http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine