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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 09:34

  Tchad : combien de temps la population restera-t-elle otage du pire dictateur de la Françafrique ?

Idriss-Deby-Itno

  Idriss Déby Chef de guerre


Applaudi à Bamako aux côtés de Hollande, Idriss Déby vient d’obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU : le dictateur tchadien sort très renforcé de la guerre au Mali. La lutte contre le ‘djihadisme’ au Sahel est passée par l’alliance de l’armée française avec les troupes claniques d’un chef d’Etat considéré comme l’un des pires dictateurs d’Afrique. Idriss Déby en profite pour se présenter désormais comme rempart contre le terrorisme islamique ou comme sous-traitant potentiel d’opérations militaires ou de maintien de la paix.

L’argent du pétrolea permis le renforcement rapide de l’armée tchadienne depuis 2003, sans que la rente ne profite à la population, même si des infrastructures sortent de terre. Selon International Crisis Group en 2009 [1], « les ressources pétrolières sont devenues pour le pouvoir tchadien une source de renforcement militaire, de clientélisme et de cooptation politiques. Cette situation contribue à verrouiller davantage l’espace politique national et à maintenir le pays dans un blocage persistant qui radicalise des antagonismes entre le pouvoir et ses opposants. » Le pétro-Etat est 184e sur 186 au classement de l’indice de développement humain du PNUD [2]. Le gouvernement tchadien a annoncé le triplement de sa production pétrolière en 2015, ce qui le placerait au niveau du Congo-Brazzaville [3]. Récemment, il a décidé la création d’un fond d’investissement de 50Mds de dollars avec l’aide de Samuel Maréchal, ancien dirigeant du Front National [4]. Cette manne permet à Déby de financer des activités politiques en Afrique à la manière de Khadafi. Il intimide d’autres présidents, en particulier en Afrique de l’Ouest, et fragilise ainsi la démocratie, là où elle commence à s’installer.

Durant l’intervention au Mali, en mai 2013, Idriss Déby a pu écraser le peu d’opposition encore debout sans grande réaction internationale [5]. Cependant, la répression au Tchad en 2013 ou la présence des derniers enfants soldats tchadiens ne sont qu’une infime partie du bilan de 23 ans de règne : la liste des massacres perpétrés par les 10 000 ‘soudards’ de la Garde Républicaine, des exécutions extra-judiciaires, des exécutions d’opposants, des villages brûlés, des prisonniers torturés ou exécutés, est interminable. Un inventaire des crimes est impossible à dresser car les organisations de droits humains n’ont la possibilité d’enquêter que très partiellement au Tchad. Déby a évidemment garanti l’impunité aux exécutants de ses ordres. Il a tout autant l’habitude d’emprisonner ou d’expulser des opposants que de corrompre des journalistes, des militants des droits humains, des politiciens, selon ses besoins, dans son pays et ailleurs.

La majorité des massacres a eu lieu dans les années 90 et sont liés à des guerres contre des rébellions, qui se sont créées en réaction aux massacres précédents, au caractère ethnique de l’armée, puis à l’accaparement des recettes pétrolières par la famille présidentielle et à l’impossibilité d’alternance politique. Une partie des crimes sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles. La justice internationale s’est construite dans les années 2000, et Idriss Déby, très soutenu par Chirac jusqu’en 2007, s’est adapté pour éviter d’être poursuivi par la CPI comme l’a été le président soudanais El Béchir [6]. En 1990, la Commission d’enquête nationale avait établi à 40 000 le nombre de victimes du régime Habré. Dès 1993, Amnesty alertait sur la continuité des méthodes des deux régimes [7]. L’impunité de Déby rejoint celle de Habré d’autant plus que, comme Commandant en chef des Forces Armées du Nord, puis conseiller à la sécurité à la présidence jusqu’à sa défection en 1989, il a mené une partie des massacres attribués à Habré, dont ceux du ‘Septembre noir’ en 1984 dans le Sud, et ceux de la région de Guéra dans la répression du MOSANAT entre 1986 et 1988. Idriss Déby a déjà négocié son immunité au procès de Habré aux Chambres Africaines au Sénégal, où il est prévu qu’il intervienne comme témoin [8].

L’armée française a depuis 1990 été aux premières loges pour observer les crimes d’Idriss Déby et pour le protéger. En février 1998, à Sahr dans le Sud du Tchad, après l’enlèvement de 4 français par Mahamout Nahor, des massacres ont été commis sur ordre de Déby avec des soldats français à proximité. Concernant l’assassinat en février 2008 du leader de l’opposition démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’enquête de la juge d’instruction française Emmanuelle Ducos permettra peut-être de connaître les témoignages des deux conseillers français présents et en particulier celui du colonel Gadoullet [9]. L’armée française a maintenu sa collaboration alors que les crimes s’accumulaient, cautionnant ainsi l’impunité, et contribuant ainsi à une banalisation des crimes contre l’humanité. Cette collaboration a aidé Déby à rester au pouvoir, jusqu’aux deux interventions françaises pour le sauver en 2006 et 2008. Par ailleurs, et de façon positive, pour pallier les défaillances de l’Etat tchadien, l’armée française joue un rôle humanitaire et social, grâce à l’hôpital militaire Epervier, ou en intervenant en cas d’incendies ou de catastrophes naturelles [10].

Idriss Déby n’a aucune légitimité démocratique. Il est arrivé par les armes. Il a été installé durablement en 1996 par les experts en fraude électorale français à l’époque où la Françafrique pouvait tout se permettre [11]. Il n’a eu ensuite qu’à profiter de l’expérience des dictateurs en scrutins frauduleux et à écraser toute opposition. La dernière mascarade, en 2011, cautionnée par l’Union Européenne suite au travail de l’expert des élections en dictature, Louis Michel, n’a apporté aucun progrès.

La démocratisation de l’Afrique centrale est actuellement impossible. Les destins du Tchad, de la Centrafrique, du Cameroun, du Congo Brazzaville et du Gabon sont liés. Les dictateurs sont globalement solidaires. Cette situation bloquée est aussi le résultat de l’historique de la politique française dans la région qui a favorisé son approvisionnement en pétrole. Actuellement, l’Union européenne qui souhaiterait commencer à définir sa politique de défense au Conseil européen de décembre, est entraînée par la politique française sous influence militaire dans des alliances avec les dictateurs de la Françafrique. La démocratisation est sacrifiée au profit du renforcement de la sécurité européenne et de son industrie d’armement. Le gouvernement français tente de (re)faire croire que les présidents peuvent construire « la paix et la stabilité » sans considération pour la nature des régimes. Les peuples, privés d’élections crédibles, sont toujours exclus du débat sur leur sécurité. Ainsi, Déby, qui a regagné une certaine ‘légitimité internationale’, se renforce militairement à l’extérieur et a réussi à s’imposer comme acteur incontournable en Centrafrique qu’il avait lui-même déstabilisée [12].

Le 29 octobre 2013, le Tchad subira l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève [13]. Cet examen, non directement contraignant, permettra de juger de l’avancement de la construction de l’Etat de droit. Idriss Déby, mis en cause et susceptible d’avoir à rendre des comptes, ne fait évoluer son régime que très lentement. Les recommandations pour l’EPU formulées par Amnesty révèlent la nature du régime et l’horreur paralysante que vit la population depuis 23 ans [14]. Même si l’EPU ne vise pas directement à la justice et la vérité pour l’ensemble des crimes du régime tchadien, la mise en œuvre rapide de ses recommandations est essentielle.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique invite le gouvernement français à modifier impérativement sa politique au Tchad dans le sens :
Description : -  d’un arrêt du soutien diplomatique et militaire à Idriss Déby,
Description : -  d’un soutien actif aux démocrates tchadiens, et à la construction de l’Etat de droit selon les recommandations de l’Examen Périodique Universel
Description : -  d’un retrait des troupes françaises du Tchad
Description : -  à l’occasion du procès Habré, d’une transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013, y compris sur les victimes des événements de février 2008 dont Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique 

19 signataires : Forces Vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun (UPC), Comité d’Action pour la Conquête de la Démocratie en Centrafrique (CACDCA), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo Brazzaville), Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Ca suffit comme cà ! (Gabon), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Forum Citoyenneté Monde arabe (FCMA), Amicale panafricaine, Plateforme Panafricaine, Sortir du Colonialisme, Afriques en lutte, Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Europe Ecologie les Verts.

* * *

English version 

Chad : How much longer will the population be kept hostage by the worst dictator in Françafrique ? 

The subject of applause when he stands beside François Hollande in Bamako, Idriss Déby the Chadian dictator has just won a seat as a non-permanent member of the United Nations Security Council : the Chadian dictator’s position has been very strongly reinforced by the war in Mali. The fight against “Jihadism” in the Sahel desert was waged by an alliance between the French army and clan troops of a head of state considered one of the worst dictators in Africa. As a result of that alliance, Idriss Déby is now positioning himself as a bulwark against Islamist terrorism in Africa or a potential sub-contractor for military and peacekeeping operations.

Money from oil has enabled the rapid strengthening of the Chadian army since 2003, without any of the profits from oil benefiting the population, even if some infrastructure is beginning to appear above ground. According to the International Crisis Group in 2009, “…oil has become a means for the regime to strengthen its armed forces, reward its cronies and co-opt members of the political class. This has further limited the political space available to the opposition and has helped keep the country in a state of political paralysis which stokes the antagonism between the regime and its opponents.” [1] The petro-state is ranked 184th out of 186 in the UNDP’s Human Development Index [2]. The Chadian government has announced a tripling of its oil production by 2015, which would place it at the same level as Congo-Brazzaville [3] . Recently, it decided to create an investment fund of $50 billion with the help of Samuel Maréchal, a former senior member of the French National Front [4]. This windfall allows Déby to finance his political activities, Gaddafi-style, in Africa. He intimidates other presidents, particularly in West Africa, and in this way he undermines democracy wherever it begins to take root.

During the intervention in Mali in May 2013, Idriss Déby was allowed to crush what little opposition still existed in Chad, with very little international response [5]. However, the repression in Chad in 2013, or even the presence of the remaining Chadian child soldiers, constitute only a very small part of the record of Déby’s 23 year reign : the massacres perpetrated by the ten thousand brutish soldiers of the Republican Guard, the extrajudicial executions, the executions of opponents, the villages burnt to the ground, the tortured or executed prisoners, the list is endless. A full inventory of the crimes committed is impossible to compile because human rights organizations have only partial powers of investigation in Chad. Déby has clearly guaranteed impunity to the people who carry out his orders. He is just as much in the habit of imprisoning or expelling his opponents, as he is in corrupting journalists, human rights activists and politicians, wherever he has a need, either in Chad itself or elsewhere.

The majority of the massacres took place in the 90s and were related to internal wars against uprisings which initially resulted from his previous massacres and the ethnic makeup of the army, and then were provoked by the grabbing of oil revenues by the presidential family and the impossibility of political change. Some of his crimes are crimes against humanity and are not subject to a statute of limitations. The international criminal justice system was developed in the early 2000s. Idriss Déby strongly supported by Jacques Chirac until 2007, has adapted his behavior to avoid prosecution by the International Criminal Court similar to what has happened to Sudanese President al-Bashir [6]. In 1990, the National Commission of Inquiry established that Habré’s victims numbered 40,000. As early as 1993, Amnesty Internatioal warned about the continuity of methods between the regimes of Habré and Déby [7]. Déby has inherited Habré’s immunity ; especially since, as Commander in Chief of the Northern Armed Forces and security adviser to president Habré until his defection in 1989, he led some of the massacres attributed to Habré, including those of ‘Black September’ in 1984 in the South, and, the putting down of the MOSANAT rebel movement between 1986 and 1988 in the Guéra region. With regard to Habré’s trial, Idriss Déby has already negotiated his immunity with the Extraordinary African Chambers in the courts of Senegal, where he is expected to testify against Habré [8].

Since 1990 the French army has not only had a front row seat in the observation of Idriss Déby’s crimes, but also in protecting him. In February 1998, at Sahr in southern Chad, after the kidnapping of four French people by Mahamout Nahor, massacres were committed on Déby’s orders with French soldiers nearby. With regard to the assassination in February 2008 of Ibni Oumar Mahamat Saleh, the leader of the democratic opposition, the French judge who led the investigation, Emmanuel Ducos, may well know the versions of the two French military advisors who were present, in particular that of Colonel Gadoullet [9]. As Habrés crimes have increased in number, the French army has continued to cooperate with him, thus comforting his impunity and contributing to a trivialization of his crimes against humanity. This collaboration has helped Déby to stay in power. France has even gone so far as to save him twice through military intervention, in 2006 and 2008. In addition, to overcome the shortcomings of the Chadian government, the French army has played a positive humanitarian and social role with its “Epervier” military hospital, or when it helps in cases of fire or natural disaster [10].

Idriss Déby has no democratic legitimacy. He arrived by force of arms. He was installed permanently in 1996 by French experts in electoral fraud at a time when Françafrique could do anything it wanted [11]. Since then he has learnt profitably from the experience built up by fellow dictators in the practice of fraudulent elections and crushing of all opposition. The last masquerade, endorsed by the European Union in 2011 following the labors of Louis Michel, the expert on how to hold elections in dictatorships, has brought no progress.

The democratization of Central Africa is currently impossible. The fates of Chad, the Central African Republic, Cameroon, Congo Brazzaville and Gabon are linked. Dictators are generally supportive of each other. This blocked state of affairs is also the result of the policy France has historically followed in the region to ensure its own supply of oil. At the moment, the European Union, which would like to start work on the defense policy it intends to present to the European Council in December, is driven by French politics, under military influence, in its alliances with the dictators of Françafrique. Democratization has been sacrificed in favor of strengthening European security and its arms industry. The French government is trying to make believe (once again) that presidents can build “peace and stability” without taking into account the nature of their regimes. The populations of these countries, deprived of credible elections, are still excluded from the debate about their own security. As a result of regaining a little “international legitimacy” Déby has both increased his external military strength and has managed to establish himself as the key player in the Central African Republic he himself destabilized [12].

On 29 October 2013, Chad will undergo the Universal Periodic Review (UPR) of the UN in Geneva [13]. This review, which is not directly binding, will evaluate what progress has been made in the establishment of the rule of law in Chad. Idriss Déby, even when accused directly, and liable to be held responsible, only lets his regime change very slowly. The recommendations made to the UPR by Amnesty International reveal the true nature of the regime and the paralyzing horror that the population has lived through for the last 23 years [14]. Although the UPR does not ask directly for truth and justice for all the crimes committed by the Chadian regime the rapid implementation of its recommendations is essential.

The Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa calls on the French government to urgently change its policy towards Chad by :
Description : - Halting its diplomatic and military support to Idriss Déby
Description : - Providing active support to Chadian Democrats, and the establishment of the rule of law according to the recommendations of the Universal Periodic Review
Description : - Withdrawal of French troops from Chad
Description : - On the occasion of the Habré trial, providing total transparency with regard to all crimes reported by French officials in Chad between 1982 and 2013, with details of the victims of the events of February 2008 including those of Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa 

Notes

1. 26 Aug 2009, International Crisis Group : Chad : Escaping from the Oil Trap, http://www.crisisgroup.org/en/regio…
2. 28 March 2013, International Human Development Indicators, http://hdrstats.undp.org/en/countri…
3. 29 september 2013, Pétrole : le Tchad va tripler sa production, http://financialafrik.com/2013/09/2…
4. 02 October 2013, M&A finance s’active au Tchad, http://africaintelligence.fr/LC-/ho…
5. 09 May 2013, updated 07 June 2013, FIDH, LTDH, APTDH : Chad : Crackdown on a background of militarytensions, http://fidh.org/en/africa/Chad/chad…
6. 2 september 2008, U.N. “Human rights situations that require the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…
7. 21 April 1993, CHAD, Amnesty international calls for a full inquiry into army killings in the south in 1993, http://www.amnesty.org/fr/library/a…
8. 30 September 2013, Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Déby ITNO—Jean-Bernard Padaré, the lawyer who is bringing about the scientific loss of Idriss Déby ITNO”, http://www.ndjamena-matin.com/artic…
9. Septembre 2009, Amnesty : « Disparitions forcées au Tchad—Enforced Disappearances in Chad » : amnesty.fr/sites/default/files/SF09MA084_tchad.pdf, + Amnesty International Report 2009, Chad : Enforced Disappearances, http://www.amnesty.org/en/region/ch…, + 5 March 2013, Survie : Déby redevient fréquentable, l’impunité de ses crimes demeure, survie.org/billets-d-afrique/2013/221-fevrier-2013/article/deby-redevient-frequentable-l
10. 28 July 2011, Vers une redéfinition de la présence militaire française au Tchad ?—Towards a redesign of the French Military Presence in Chad ?” : http://www.france24.com/fr/20110728…
11. Jerôme Grand d’Esnon and André Rouge, Verschave, Noir Chirac, 2002, p225 chap. “Légitimer le frère Déby, bourreau des Tchadiens – Legitimizing brother Déby, Executioner of the Chadians”
12. On 23 & 24 March 2013, the Chadian special forces clandestinely fought against the Central African army and South African soldiers of the FOMAC peacekeeping mission to create an opening in their lines through which the Séléka was allowed to enter Bangui, 8 October 2013, AFP : “La Centrafrique, une affaire de sécurité nationale pour N’Djamena” : http://liberation.fr/monde/2013/10/…
13. 29 October 2013, Chad Universal Periodic Review, U.N. Geneva, http://www.upr-info.org/-Chad-.html
14. 31 July 2013, “Suggested recommendations to States considered in the 17th round of the Universal Periodic Review, 21 October-1 November, 2013”, http://amnesty.org/en/library/asset…

 

Applaudi à Bamako aux côtés de Hollande, Idriss Déby vient d’obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU : le dictateur tchadien sort très renforcé de la guerre au Mali. La lutte contre le ‘djihadisme’ au Sahel est passée par l’alliance de l’armée française avec les troupes claniques d’un chef d’Etat considéré comme l’un des pires dictateurs d’Afrique. Idriss Déby en profite pour se présenter désormais comme rempart contre le terrorisme islamique ou comme sous-traitant potentiel d’opérations militaires ou de maintien de la paix.

L’argent du pétrolea permis le renforcement rapide de l’armée tchadienne depuis 2003, sans que la rente ne profite à la population, même si des infrastructures sortent de terre. Selon International Crisis Group en 2009 [1], « les ressources pétrolières sont devenues pour le pouvoir tchadien une source de renforcement militaire, de clientélisme et de cooptation politiques. Cette situation contribue à verrouiller davantage l’espace politique national et à maintenir le pays dans un blocage persistant qui radicalise des antagonismes entre le pouvoir et ses opposants. » Le pétro-Etat est 184e sur 186 au classement de l’indice de développement humain du PNUD [2]. Le gouvernement tchadien a annoncé le triplement de sa production pétrolière en 2015, ce qui le placerait au niveau du Congo-Brazzaville [3]. Récemment, il a décidé la création d’un fond d’investissement de 50Mds de dollars avec l’aide de Samuel Maréchal, ancien dirigeant du Front National [4]. Cette manne permet à Déby de financer des activités politiques en Afrique à la manière de Khadafi. Il intimide d’autres présidents, en particulier en Afrique de l’Ouest, et fragilise ainsi la démocratie, là où elle commence à s’installer.

Durant l’intervention au Mali, en mai 2013, Idriss Déby a pu écraser le peu d’opposition encore debout sans grande réaction internationale [5]. Cependant, la répression au Tchad en 2013 ou la présence des derniers enfants soldats tchadiens ne sont qu’une infime partie du bilan de 23 ans de règne : la liste des massacres perpétrés par les 10 000 ‘soudards’ de la Garde Républicaine, des exécutions extra-judiciaires, des exécutions d’opposants, des villages brûlés, des prisonniers torturés ou exécutés, est interminable. Un inventaire des crimes est impossible à dresser car les organisations de droits humains n’ont la possibilité d’enquêter que très partiellement au Tchad. Déby a évidemment garanti l’impunité aux exécutants de ses ordres. Il a tout autant l’habitude d’emprisonner ou d’expulser des opposants que de corrompre des journalistes, des militants des droits humains, des politiciens, selon ses besoins, dans son pays et ailleurs.

La majorité des massacres a eu lieu dans les années 90 et sont liés à des guerres contre des rébellions, qui se sont créées en réaction aux massacres précédents, au caractère ethnique de l’armée, puis à l’accaparement des recettes pétrolières par la famille présidentielle et à l’impossibilité d’alternance politique. Une partie des crimes sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles. La justice internationale s’est construite dans les années 2000, et Idriss Déby, très soutenu par Chirac jusqu’en 2007, s’est adapté pour éviter d’être poursuivi par la CPI comme l’a été le président soudanais El Béchir [6]. En 1990, la Commission d’enquête nationale avait établi à 40 000 le nombre de victimes du régime Habré. Dès 1993, Amnesty alertait sur la continuité des méthodes des deux régimes [7]. L’impunité de Déby rejoint celle de Habré d’autant plus que, comme Commandant en chef des Forces Armées du Nord, puis conseiller à la sécurité à la présidence jusqu’à sa défection en 1989, il a mené une partie des massacres attribués à Habré, dont ceux du ‘Septembre noir’ en 1984 dans le Sud, et ceux de la région de Guéra dans la répression du MOSANAT entre 1986 et 1988. Idriss Déby a déjà négocié son immunité au procès de Habré aux Chambres Africaines au Sénégal, où il est prévu qu’il intervienne comme témoin [8].

L’armée française a depuis 1990 été aux premières loges pour observer les crimes d’Idriss Déby et pour le protéger. En février 1998, à Sahr dans le Sud du Tchad, après l’enlèvement de 4 français par Mahamout Nahor, des massacres ont été commis sur ordre de Déby avec des soldats français à proximité. Concernant l’assassinat en février 2008 du leader de l’opposition démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’enquête de la juge d’instruction française Emmanuelle Ducos permettra peut-être de connaître les témoignages des deux conseillers français présents et en particulier celui du colonel Gadoullet [9]. L’armée française a maintenu sa collaboration alors que les crimes s’accumulaient, cautionnant ainsi l’impunité, et contribuant ainsi à une banalisation des crimes contre l’humanité. Cette collaboration a aidé Déby à rester au pouvoir, jusqu’aux deux interventions françaises pour le sauver en 2006 et 2008. Par ailleurs, et de façon positive, pour pallier les défaillances de l’Etat tchadien, l’armée française joue un rôle humanitaire et social, grâce à l’hôpital militaire Epervier, ou en intervenant en cas d’incendies ou de catastrophes naturelles [10].

Idriss Déby n’a aucune légitimité démocratique. Il est arrivé par les armes. Il a été installé durablement en 1996 par les experts en fraude électorale français à l’époque où la Françafrique pouvait tout se permettre [11]. Il n’a eu ensuite qu’à profiter de l’expérience des dictateurs en scrutins frauduleux et à écraser toute opposition. La dernière mascarade, en 2011, cautionnée par l’Union Européenne suite au travail de l’expert des élections en dictature, Louis Michel, n’a apporté aucun progrès.

La démocratisation de l’Afrique centrale est actuellement impossible. Les destins du Tchad, de la Centrafrique, du Cameroun, du Congo Brazzaville et du Gabon sont liés. Les dictateurs sont globalement solidaires. Cette situation bloquée est aussi le résultat de l’historique de la politique française dans la région qui a favorisé son approvisionnement en pétrole. Actuellement, l’Union européenne qui souhaiterait commencer à définir sa politique de défense au Conseil européen de décembre, est entraînée par la politique française sous influence militaire dans des alliances avec les dictateurs de la Françafrique. La démocratisation est sacrifiée au profit du renforcement de la sécurité européenne et de son industrie d’armement. Le gouvernement français tente de (re)faire croire que les présidents peuvent construire « la paix et la stabilité » sans considération pour la nature des régimes. Les peuples, privés d’élections crédibles, sont toujours exclus du débat sur leur sécurité. Ainsi, Déby, qui a regagné une certaine ‘légitimité internationale’, se renforce militairement à l’extérieur et a réussi à s’imposer comme acteur incontournable en Centrafrique qu’il avait lui-même déstabilisée [12].

Le 29 octobre 2013, le Tchad subira l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève [13]. Cet examen, non directement contraignant, permettra de juger de l’avancement de la construction de l’Etat de droit. Idriss Déby, mis en cause et susceptible d’avoir à rendre des comptes, ne fait évoluer son régime que très lentement. Les recommandations pour l’EPU formulées par Amnesty révèlent la nature du régime et l’horreur paralysante que vit la population depuis 23 ans [14]. Même si l’EPU ne vise pas directement à la justice et la vérité pour l’ensemble des crimes du régime tchadien, la mise en œuvre rapide de ses recommandations est essentielle.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique invite le gouvernement français à modifier impérativement sa politique au Tchad dans le sens :
Description : -  d’un arrêt du soutien diplomatique et militaire à Idriss Déby,
Description : -  d’un soutien actif aux démocrates tchadiens, et à la construction de l’Etat de droit selon les recommandations de l’Examen Périodique Universel
Description : -  d’un retrait des troupes françaises du Tchad
Description : -  à l’occasion du procès Habré, d’une transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013, y compris sur les victimes des événements de février 2008 dont Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique 

19 signataires : Forces Vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun (UPC), Comité d’Action pour la Conquête de la Démocratie en Centrafrique (CACDCA), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo Brazzaville), Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Ca suffit comme cà ! (Gabon), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Forum Citoyenneté Monde arabe (FCMA), Amicale panafricaine, Plateforme Panafricaine, Sortir du Colonialisme, Afriques en lutte, Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Europe Ecologie les Verts.

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English version 

Chad : How much longer will the population be kept hostage by the worst dictator in Françafrique ?

The subject of applause when he stands beside François Hollande in Bamako, Idriss Déby the Chadian dictator has just won a seat as a non-permanent member of the United Nations Security Council : the Chadian dictator’s position has been very strongly reinforced by the war in Mali. The fight against “Jihadism” in the Sahel desert was waged by an alliance between the French army and clan troops of a head of state considered one of the worst dictators in Africa. As a result of that alliance, Idriss Déby is now positioning himself as a bulwark against Islamist terrorism in Africa or a potential sub-contractor for military and peacekeeping operations.

Money from oil has enabled the rapid strengthening of the Chadian army since 2003, without any of the profits from oil benefiting the population, even if some infrastructure is beginning to appear above ground. According to the International Crisis Group in 2009, “…oil has become a means for the regime to strengthen its armed forces, reward its cronies and co-opt members of the political class. This has further limited the political space available to the opposition and has helped keep the country in a state of political paralysis which stokes the antagonism between the regime and its opponents.” [1] The petro-state is ranked 184th out of 186 in the UNDP’s Human Development Index [2]. The Chadian government has announced a tripling of its oil production by 2015, which would place it at the same level as Congo-Brazzaville [3] . Recently, it decided to create an investment fund of $50 billion with the help of Samuel Maréchal, a former senior member of the French National Front [4]. This windfall allows Déby to finance his political activities, Gaddafi-style, in Africa. He intimidates other presidents, particularly in West Africa, and in this way he undermines democracy wherever it begins to take root.

During the intervention in Mali in May 2013, Idriss Déby was allowed to crush what little opposition still existed in Chad, with very little international response [5]. However, the repression in Chad in 2013, or even the presence of the remaining Chadian child soldiers, constitute only a very small part of the record of Déby’s 23 year reign : the massacres perpetrated by the ten thousand brutish soldiers of the Republican Guard, the extrajudicial executions, the executions of opponents, the villages burnt to the ground, the tortured or executed prisoners, the list is endless. A full inventory of the crimes committed is impossible to compile because human rights organizations have only partial powers of investigation in Chad. Déby has clearly guaranteed impunity to the people who carry out his orders. He is just as much in the habit of imprisoning or expelling his opponents, as he is in corrupting journalists, human rights activists and politicians, wherever he has a need, either in Chad itself or elsewhere.

The majority of the massacres took place in the 90s and were related to internal wars against uprisings which initially resulted from his previous massacres and the ethnic makeup of the army, and then were provoked by the grabbing of oil revenues by the presidential family and the impossibility of political change. Some of his crimes are crimes against humanity and are not subject to a statute of limitations. The international criminal justice system was developed in the early 2000s. Idriss Déby strongly supported by Jacques Chirac until 2007, has adapted his behavior to avoid prosecution by the International Criminal Court similar to what has happened to Sudanese President al-Bashir [6]. In 1990, the National Commission of Inquiry established that Habré’s victims numbered 40,000. As early as 1993, Amnesty Internatioal warned about the continuity of methods between the regimes of Habré and Déby [7]. Déby has inherited Habré’s immunity ; especially since, as Commander in Chief of the Northern Armed Forces and security adviser to president Habré until his defection in 1989, he led some of the massacres attributed to Habré, including those of ‘Black September’ in 1984 in the South, and, the putting down of the MOSANAT rebel movement between 1986 and 1988 in the Guéra region. With regard to Habré’s trial, Idriss Déby has already negotiated his immunity with the Extraordinary African Chambers in the courts of Senegal, where he is expected to testify against Habré [8].

Since 1990 the French army has not only had a front row seat in the observation of Idriss Déby’s crimes, but also in protecting him. In February 1998, at Sahr in southern Chad, after the kidnapping of four French people by Mahamout Nahor, massacres were committed on Déby’s orders with French soldiers nearby. With regard to the assassination in February 2008 of Ibni Oumar Mahamat Saleh, the leader of the democratic opposition, the French judge who led the investigation, Emmanuel Ducos, may well know the versions of the two French military advisors who were present, in particular that of Colonel Gadoullet [9]. As Habrés crimes have increased in number, the French army has continued to cooperate with him, thus comforting his impunity and contributing to a trivialization of his crimes against humanity. This collaboration has helped Déby to stay in power. France has even gone so far as to save him twice through military intervention, in 2006 and 2008. In addition, to overcome the shortcomings of the Chadian government, the French army has played a positive humanitarian and social role with its “Epervier” military hospital, or when it helps in cases of fire or natural disaster [10].

Idriss Déby has no democratic legitimacy. He arrived by force of arms. He was installed permanently in 1996 by French experts in electoral fraud at a time when Françafrique could do anything it wanted [11]. Since then he has learnt profitably from the experience built up by fellow dictators in the practice of fraudulent elections and crushing of all opposition. The last masquerade, endorsed by the European Union in 2011 following the labors of Louis Michel, the expert on how to hold elections in dictatorships, has brought no progress.

The democratization of Central Africa is currently impossible. The fates of Chad, the Central African Republic, Cameroon, Congo Brazzaville and Gabon are linked. Dictators are generally supportive of each other. This blocked state of affairs is also the result of the policy France has historically followed in the region to ensure its own supply of oil. At the moment, the European Union, which would like to start work on the defense policy it intends to present to the European Council in December, is driven by French politics, under military influence, in its alliances with the dictators of Françafrique. Democratization has been sacrificed in favor of strengthening European security and its arms industry. The French government is trying to make believe (once again) that presidents can build “peace and stability” without taking into account the nature of their regimes. The populations of these countries, deprived of credible elections, are still excluded from the debate about their own security. As a result of regaining a little “international legitimacy” Déby has both increased his external military strength and has managed to establish himself as the key player in the Central African Republic he himself destabilized [12].

On 29 October 2013, Chad will undergo the Universal Periodic Review (UPR) of the UN in Geneva [13]. This review, which is not directly binding, will evaluate what progress has been made in the establishment of the rule of law in Chad. Idriss Déby, even when accused directly, and liable to be held responsible, only lets his regime change very slowly. The recommendations made to the UPR by Amnesty International reveal the true nature of the regime and the paralyzing horror that the population has lived through for the last 23 years [14]. Although the UPR does not ask directly for truth and justice for all the crimes committed by the Chadian regime the rapid implementation of its recommendations is essential.

The Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa calls on the French government to urgently change its policy towards Chad by :
Description : - Halting its diplomatic and military support to Idriss Déby
Description : - Providing active support to Chadian Democrats, and the establishment of the rule of law according to the recommendations of the Universal Periodic Review
Description : - Withdrawal of French troops from Chad
Description : - On the occasion of the Habré trial, providing total transparency with regard to all crimes reported by French officials in Chad between 1982 and 2013, with details of the victims of the events of February 2008 including those of Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Collective for Solidarity with Social and Political Struggles in Africa

Notes

1. 26 Aug 2009, International Crisis Group : Chad : Escaping from the Oil Trap, http://www.crisisgroup.org/en/regio…
2. 28 March 2013, International Human Development Indicators, http://hdrstats.undp.org/en/countri…
3. 29 september 2013, Pétrole : le Tchad va tripler sa production, http://financialafrik.com/2013/09/2…
4. 02 October 2013, M&A finance s’active au Tchad, http://africaintelligence.fr/LC-/ho…
5. 09 May 2013, updated 07 June 2013, FIDH, LTDH, APTDH : Chad : Crackdown on a background of militarytensions, http://fidh.org/en/africa/Chad/chad…
6. 2 september 2008, U.N. “Human rights situations that require the Council’s attention : Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Sudan : http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN…
7. 21 April 1993, CHAD, Amnesty international calls for a full inquiry into army killings in the south in 1993, http://www.amnesty.org/fr/library/a…
8. 30 September 2013, Jean Bernard Padaré : l’avocat qui construit scientifiquement la perte d’Idriss Déby ITNO—Jean-Bernard Padaré, the lawyer who is bringing about the scientific loss of Idriss Déby ITNO”, http://www.ndjamena-matin.com/artic…
9. Septembre 2009, Amnesty : « Disparitions forcées au Tchad—Enforced Disappearances in Chad » : amnesty.fr/sites/default/files/SF09MA084_tchad.pdf, + Amnesty International Report 2009, Chad : Enforced Disappearances, http://www.amnesty.org/en/region/ch…, + 5 March 2013, Survie : Déby redevient fréquentable, l’impunité de ses crimes demeure, survie.org/billets-d-afrique/2013/221-fevrier-2013/article/deby-redevient-frequentable-l
10. 28 July 2011, Vers une redéfinition de la présence militaire française au Tchad ?—Towards a redesign of the French Military Presence in Chad ?” : http://www.france24.com/fr/20110728…
11. Jerôme Grand d’Esnon and André Rouge, Verschave, Noir Chirac, 2002, p225 chap. “Légitimer le frère Déby, bourreau des Tchadiens – Legitimizing brother Déby, Executioner of the Chadians”
12. On 23 & 24 March 2013, the Chadian special forces clandestinely fought against the Central African army and South African soldiers of the FOMAC peacekeeping mission to create an opening in their lines through which the Séléka was allowed to enter Bangui, 8 October 2013, AFP : “La Centrafrique, une affaire de sécurité nationale pour N’Djamena” : http://liberation.fr/monde/2013/10/…
13. 29 October 2013, Chad Universal Periodic Review, U.N. Geneva, http://www.upr-info.org/-Chad-.html
14. 31 July 2013, “Suggested recommendations to States considered in the 17th round of the Universal Periodic Review, 21 October-1 November, 2013”, http://amnesty.org/en/library/asset…

 

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine