Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de afrohistorama.over-blog.com

Procès des pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire: Pourquoi le pouvoir Ouattara recule ?

6 Février 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Procès des pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire: Pourquoi le pouvoir Ouattara recule ?

Le Temps pageFPI

 

Après avoir chanté au monde entier que Simone Gbagbo et bien d’autres détenus seront jugés par la Cpi, Ouattara recule. Pour ne pas subir un autre revers. L’information a pris les allures de scoop du siècle. Elle a même barré hier, la Une des quotidiens qui lui sont proches.



 

Les cadres proches du Président Gbagbo illégalement détenus dans les goulags du nord, seront finalement jugés en Côte d’Ivoire. Ce qui revient à dire que Simone Gbagbo, Affi Nguessan, Aké Ngbo… et autres seront finalement face à la justice du pouvoir. En fait, face à la justice des vainqueurs.

Alors que dès sa prise du pouvoir, Ouattara avait annoncé que plusieurs têtes fortes du régime Gbagbo seraient livrées à la justice internationale. Après la déportation précipitée de Gbagbo son ennemi juré, Ouattara quasiment acculé par l’opinion africaine scandalisée par cet acte qui rappelle l’esclavage, s’était trouvé dans l’obligation de nier une crédibilité de sa justice. En réalité, c’était une manière de botter en touche, le tolet que cette déportation a soulevé à l’échelle africaine, voire mondiale.

«Il n’y a pas justice plus indépendante que la justice internationale», s’est défendu le poulain de Sarkozy, lors d’une visite à Conakry. A la Cpi, il comptait sur les soutiens de son parrain Sarkozy, en fait de la mafia qui attaque la Côte d’Ivoire. Il ne savait certainement pas que Gbagbo n’est pas un chef de guerre, et qu’il a une très longue carrière politique qui plaide en sa faveur. A la Cpi, c’est l’effet contraire qui se produit.

Et le monde découvre tout le complot qui a été ourdit contre la Côte d’Ivoire. Sans même le vouloir, Gbagbo est devenu le symbole de la lutte pour la libération et la renaissance du continent africain. En Afrique, on le compare déjà à des symboles comme Mandela et Lumumba.

Aux Usa, les Afro-américains n’hésitent plus à voir en lui, un Martin Luther King. Ce n’est pas fait pour plaire à Sarkozy qui en france, traine aux pieds du Mont Blanc, dans les sondages pour la présidentielle. face à français Hollande, le candidat des socialistes.

Sarkozy redoute Gbagbo pour son franc-parler. Il sait que le Président Gbagbo n’est pas un homme à se plier aux intimidations et aux injonctions. C’est même pourquoi il se trouve aujourd’hui dans cette prison onusienne. Car il n’est pas prêt à monnayer ses convictions.


Comme Mandela et Lumumba.

Lors de son audition, sa phrase, «c’est l’armée française qui a fait tout le travail» continue encore de hanter l’Elysée qui est restée muette sur cette accusation pourtant grave. En politique, on dit souvent que le silence est mieux lorsqu’on est gêné. Sarkozy qui pourrait encore s’enfoncer préfère cette règle d’or. Mais dans les coulisses, des consignes ont été données aux médias français pour éviter une diffusion en direct des prochains passages de Gbagbo à la Cpi. Car Nicolas Sarkozy est bien en campagne.


Et il peine à convaincre les français qui se sont finalement rendu compte qu’ils se sont trompés. Dans cette peur du prisonnier Gbagbo, il serait hasardeux de faire venir des personnalités comme, Affi, Simone, Aké Ngbo, qui lors de leurs auditions à la Cpi, pourraient aussi gravement embarrasser le roi Sarko avec d’autres révélations.

Lors de sa dernière ballade parisienne, Ouattara a été contraint par son parrain Sarkozy, de voir ses prétentions à la baisse. Selon la publication confidentielle «La lettre du continent», lors de sa rencontre avec Sarkozy, Ouattara aurait proposé de ne pas poursuivre Simone Gbagbo pour faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire. On rit sous cap. Et on croit rêver. Mais c’est ça le pouvoir Ouattara, championne de toutes les contradictions. A la vérité, Paris craint d’autres révélations dans cette affaire très embarrassante. En plus, dans le monde politique français, il est désormais su que Ouattara est en réalité un Président à problèmes.

C’est pourquoi à Paris, il a presque fait le pied de gru à la Rue Solferino, mais aucun «Eléphant» du Ps n’a daigné le recevoir. Même le simple maire de la ville de Paris lui a carrément fermé ses portes. Que dire du Président du Senat ? Le refus a été catégorique. Alors que ce parti, au plus fort de la crise postélectorale, s’était aligné sur la décision de toutes les capitales occidentales reconnaissant Ouattara comme le Président de la Côte d’Ivoire. Mais à Paris, il y a l’effet Gbagbo. De retour à Abidjan, Ouattara veut alors esquisser quelques gestes d’apaisement. Histoire de se couvrir d’un vernis de Président démocrate qui favorise l’apaisement et la réconciliation.

Malheureusement pour lui, la mise en scène est trop grotesque. C’est même un show horrible qu’il sert aux Ivoiriens. Tout le monde sait que depuis le 11 avril 2011, il n’y a plus de justice en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens et les milieux d’affaires sont chaque jour choqués de voir un Procureur de la République et des magistrats prendre des ordres auprès du pouvoir. N’est-ce pas le Procureur Koffi qui à chacune de ses sorties, confie que les frci sont des sauveurs qui ne doivent pas être poursuivies.

Quelle justice doit-on attendre d’un tel Procureur de la République qui ne manque pas d’afficher un militantisme aussi maladroit ? Pas grand-chose. Au procès des pro-Gbagbo, ce sera donc un simulacre de justice avec une série de condamnations en cascade. Avant de leur offrir une grâce présidentielle aux allures politiciennes. En fait, Ouattara veut plaire à ses parrains. C’est pourquoi après avoir détenu illégalement en prison, des gens dans des conditions inhumaines dans les prisons du nord, il tente de faire semblant.

Il souffre de la pression des Américains qui fouillent de plus en plus dans ses affaires. Lors de son passage en Côte d’Ivoire, Hillary Clinton n’a pas été tendre avec lui. Elle lui a sèchement demandé de laisser l’opposition s’exprimer librement. C’est ce qui arrive quand on fonde toute sa carrière politique sur le soutien de l’Occident. C’est celui qui fait qui donne les ordres. Tout comme celui qui donne.

Guehi Brence

Source: Le Temps

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article