Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 20:21

Patrice Lumumba et les services secrets britanniques. 52 ans après…

Lumumba.jpg

 

Le rejet de la souveraineté nationale et internationale congolaise après le 30 juin 1960 fut dénommé par « les maîtres » impérialistes et colonialistes « lutte contre le communisme au nom de la liberté et de la démocratie ». D’où l’assassinat de celui qui croyait que « les vastes réserves minérales du Congo devraient appartenir au peuple qui y réside », Patrice Emery Lumumba. Aujourd’hui encore, l’enjeu du passage de l’économie politique néocoloniale (ou néolibérale) à l’économie politique nationale et patriotique demeure le nerf de la guerre. Les IFI s’y opposent farouchement. La guerre de basse intensité imposée au Congo exprime cette opposition. 

L’Agence Belga a repris, ce mardi 02 avril 2013, en français, un article publié par  quelques journaux britanniques sur l’assassinat de Patrice Emery Lumumba et elle écrit : « Le service de renseignement britannique M16 a joué un rôle dans l’assassinat du Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba, en janvier 1961, a révélé un Lord, David Edward Lean, dans un courrier des lecteurs de la ‘London Review of Books’ (LRB) resté presque inaperçu, selon un journal indien ‘’ The Hindu ‘’. »  Pourquoi ? « Selon Lord Lea, l’ancienne diplomate-espionne (Daphne Park) a expliqué que si l’Occident n’intervenait pas, Lumumba aurait remis les riches ressources minérales du Congo (devenu la République démocratique du Congo)  ‘’aux Russes’’ (l’Union soviétique en fait », note Belga.

Cette confession a l’avantage d’être plus que claire : Lumumba n’a pas été assassiné parce qu’il était communiste. Non.  Le Premier ministre risquait (entre autres) de mettre en pratique l’une de ses profondes convictions : « Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu’est le continent africain ; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de ce continent un continent de justice, du droit et de la paix. » Etre les seuls maîtres du sol, du sous-sol congolais et opérer le passage d’une économie politique impérialiste et coloniale à une économie  politique nationale, tel est l’enjeu face auquel Lumumba et ses alliés politiques étaient placés. Ils s’inscrivaient en faux contre le régime d’injustice, d’oppression et d’exploitation. Ils étaient convaincus que le Congo avait réellement accédé à sa souveraineté politique et économique. De ce fait, il pouvait traiter d’égal à égal avec tous les autres pays de « démocratie et de liberté ». En réalité, « les maîtres d’hier », eux, n’entendaient pas la chose de cette oreille : le Congo pouvait avoir son drapeau, sa monnaie, son gouvernement, mais il ne devait pas prendre les commandes de son économie politique. Pourquoi ? « Si le Congo obtenait une véritable indépendance, les intérêts commerciaux occidentaux seraient menacés à travers le continent africain », pensaient-ils. (Nous renvoyons ici aux 40 premières minutes d’un documentaire intitulé ‘Les principes du pouvoir : l’Empire (1ère partie))

A en croire Daphne Park, l’Occident est intervenu dans un pays qui venait d’accéder à sa souveraineté nationale et internationale pour empêcher à  son Premier ministre de « remettre ses ressources minérales » à qui il aurait voulu. Il l’a fait en violation du droit international et de la charte de l’ONU.   Cette opposition contre  la souveraineté nationale et internationale congolaise après le 30 juin 1960 est dénommée  « lutte contre le communisme  au nom de la liberté et de la démocratie ». Les USA qui accusaient Lumumba d’être « communiste » ont refusé de répondre à sa requête au lendemain de l’indépendance du Congo. Quand nous lisons l’histoire de la RDC , nous nous rendons compte que Lumumba, avant d’aller frapper à la porte de l’URSS pour solliciter son aide contre les sécessionnistes  soutenus par les élites capitalistes belges,  a dû se rendre aux USA où ses propositions  furent rejetées.

La confession de Daphne Park vient,  plus de cinq décennies après l’assassinat de Lumumba, lever davantage un coin de voile sur les  véritables objectifs de la guerre quel que soit le qualificatif qui peut souvent lui être donné : froide, chaude, tiède[1], de haute ou de basse intensité, etc.  Elle est un moyen d’avoir accès aux ressources minérales stratégiques et de s’affirmer comme « grande puissance » sur l’échiquier mondial aux dépens des concurrents possibles et imaginables. Le choc ordonné qu’elle orchestre  induit des effets psychologiques dramatiques  rendant une bonne partie des populations contre lesquelles elle est menée corvéables à souhait. Elle recourt aussi aux stratégies de manipulation qui permettent de diaboliser les leaders d’opinion « subversifs » de la trempe de Lumumba et de criminaliser toute forme de résistance. Menée  sur un temps suffisamment long, elle peut finir par convaincre les populations meurtries qu’elles sont fautives,  maudites  par Dieu, par Satan ou par les ancêtres.

Cela d’autant plus que les commanditaires  de ces guerres d’agression et de prédation cachent pendant très longtemps, au grand public, leurs objectifs.  Le documentaire mentionné ci-haut soutient  ce qui suit au sujet de l’assassinat de Lumumba : « En 2001, le compte-rendu officiel d’une réunion longtemps enterrée du Conseil de Sécurité National fut dévoilé au public. » Et au cours de cette réunion (en 1960), « le Président Eisenhower a indiqué à Allen Dulles, patron de la CIA , que Lumumba devait être  ‘’éliminé ‘’. »

De 1961 à 2001, quarante ans ce sont écoulés sans que le grand public connaisse, de source officielle, ce qu’il y a eu exactement ; « les minorités averties », oui.

Au sujet de la confession de Daphne Park, cinquante-deux ans se sont écoulés sans que le grand public en entende parler.

Et  quand plus de trois décennies après l’assassinat de Lumumba, la guerre de basse intensité éclate au Congo et que Bill Clinton[2] et Tony Blair se retrouvent aux  côtés de Paul Kagame  comme « conseillers bénévoles », le grand public a du mal à comprendre que l’enjeu économique anglo-saxon est demeuré à peu près le même depuis les années 60 jusqu’à ce jour.

Et quand, dans ce contexte, nous disons que l’élite anglo-saxonne dominante (et ses alliés)[3]  nous mène une guerre de basse intensité (avec la complicité de certains d’entre nous), le grand public croit que nous cherchons  et trouvons facilement  des boucs émissaires. Les documents déclassifiés, des livres suffisamment documentés et plusieurs articles des médias alternatifs aident à étayer cette thèse.

Il est plus ou moins sûr que le grand public n’y ait pas accès ainsi que quelques politiciens en costume-cravate qui, en RDC, ne sont pas sensibles à l’enjeu de l’économie politique soutiennent. Pour eux, « la politique est dynamique » et  ceux qui n’ont jamais accepté que nous passions d’une économie politique impérialiste  et coloniale à une économie politique souveraine vont, comme par  enchantement,  nous « aider » à jouir de nos ressources minérales et  de la justice distributive dans les frontièrAFes actuelles de la RDC … Ces politiciens  tombent dans cette illusion au moment où la même élite anglo-saxonne dominante est en guerre contre le Brics en Afrique et dans d’autres coins du monde…Placés face aux diktats du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, instruments par excellence de l économie politique impérialiste et néocoloniale, ils applaudissent en disant :  « Mention satisfaisante de la dernière mission du FMI à Kinshasa. » Ils applaudissent à ce refrain pendant que l’Amérique Latine travaille davantage à la mise effective sur pied de la Banque du Sud et que le Brics cherche à s’émanciper des IFI pour sauvegarder  leur souveraineté économique et politique.  « Bantu badi badilowa… »

Il ne serait peut-être pas exagérer de soutenir que depuis l’assassinat de Lumumba, le Congo, à quelques exceptions près, n’a pas connu des politiciens capables de poursuivre sa lutte en posant clairement les questions liées à la gestion de notre terre-mère, en nommant les  adversaires extérieurs (l’impérialisme, le colonialisme et le néocolonialisme) et intérieurs (les oppositions fantoches, bases de l’application de la politique impérialiste et néocoloniale du ‘diviser pour régner’) et  de travailler avec les masses populaires (et paysannes) pour renverser les rapport de force. La foi dans la communauté dite internationale a ‘mangé’ plusieurs cœurs  et  esprits au point de créer un vide de la pensée politique préjudiciable pour notre patrimoine commun. Espérons que les minorités organisées et agissantes finissent par renverser la vapeur !

 Par Jean-Pierre Mbelu

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Afrohistorama Media afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • Le blog de afrohistorama.over-blog.com
  • : AFROHISTORAMA Toute L’histoire sans histoire. CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR ET VOIR.
  • Contact

EVENEMENT

 

PROSPECTUS.jpg

 

Invitation: DEVOIRE DE MEMOIRE

Expo um1

CITOYENS

POUR LA MEMOIRE DU CAMEROUN

Affiche-semaine des heros et martyrs  

Renseignements:

Email : neuronesnews@gmail.com 

Mobile : 0033 (0)6 26 29 43 29

______________________________________________

 

Cote d'Ivoire le coup d'etat

 

 

Recherche

DIVERS

 


L’Observatoire des Elections

de la Diaspora Camerounaise

(OEDC)

OEDC-copie-1.jpg


Email: oedc-info@oumarou.net

 Google+:

observatoirelectioncameroun@gmail.com

 

France:0033(0)6 26 29 43 29

Belgique:0033(0)4 83 69 23 12

 

Skype: oelection-cameroun

Facebook: observatoire des élections

de la diaspora camerounaise

 

 

  ........................................................................................

Image historique

Artistes-et-ecrivains-noirs-en-1956.jpg

1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

----------------------------------------------------------------------

LISTE DES PAYS AFRICAINS ENCORE SOUS

OCCUPATION  ETRANGERE.

 PAYS                         TERRITOIRES OCCUPANTS
ILES CHAGOS                      Royaume-Uni
                                                 (Bases militaires de
                                                  DIEGO GARCIA)

2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

------------------------------------------------------------


annonces

 

 


code noir

  CLIQUER: LE CODE NOIR

Ou recopier le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk

 

 

Solomon-290x217

 

Histoires oubliées, histoires occultées

Solomon Northup (1808-1857)

La bande-annonce de 12 Years A Slave en VF 

AU CINEMA EN France à partir du 22 janvier

link

  CLIQUER:  BANDE ANNONCE

Ou recopier le lien ci-dessous

http:http://www.afrohistorama.info/article-la-bande-annonce-de-12-years-a-slave-en-vf-la-biographie-de-solomon-northup-122184090.html

 

 

  affiche-contre-l-esclavage-monetaire_001.jpg

 

images divers5

 

Affirmation

 

   ONU-complice-du-genocide-au-kongo.jpg

 

      Logo-Afrohistorama

      AFROHISTORAMA TV

 

  La-pensee-Africaine-Mbombog-Bassong.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=b79adXinxYI&feature=share

Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

 ----------------------------------------------

 

 

simiol.jpg

     

  Mama Simone don't cry:

http://www.youtube.com/watch?v=Yz523NV-lLk

  Libérez Gbagbo:
 

http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g 

 

Massacres en Côte d'Ivoire       

http://www.youtube.com/watch?v=ylZgCoSsIh8

---------------------------------------------------------------------------

 

Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine