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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 21:44

 

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Père Ludovic Lado

 

Les Camerounais sont d’ordinaire fiers de dire que le Cameroun est l’Afrique en miniature, et avec raison. C’est un beau pays qui frappe par sa diversité géographique, climatique, ethnique et culturelle. Parlant de diversité culturelle, il compte à lui seul près de 250 groupes ethniques. Quelle richesse humaine ! On a là tous les ingrédients pour des brassages de toutes sortes surtout dans un contexte où la construction d’une identité nationale est encore éprouvée par diverses formes de replis identitaires. Même si la peste du tribalisme a encore de beaux jours devant lui au Cameroun, les jeunes générations donnent des signes de croire que l’avenir appartient au brassage, au métissage, surtout dans un monde où les hommes et les choses circulent, où les sentiments au gré des rencontres se moquent des identités primaires. C’est un processus certes lent mais irréversible. A la faveur d’événements récents, on de bonnes raisons d’affirmer que la cohabitation ethnique au Cameroun reste très fragile malgré les brassages qui s’y produisent. La relative stabilité sociale couve de vifs ressentiments d’ordre ethnique, un véritable volcan qui n’attend que des conditions favorables pour cracher du feu. Les passions que déchaine ce sujet sont d’une telle violence et ont un tel pouvoir aveuglant qu’elles obscurcissent la raison, même d’intellectuels par ailleurs plutôt lucides. Chez nous, le tribalisme, comme rejet de l’autre culturellement différent, est un nœud de frustrations, de rancœurs et de ressentiments qui cristallisent de fortes charges émotionnelles, lesquelles littéralement possèdent des individus voire des collectivités. Il y a lieu de parler d’une pathologie sociale. Qui est tribaliste et qui ne l’est pas ? Au Cameroun, le tribalisme n’a pas d’ethnie. C’est très facile de croire que ce sont les autres qui sont tribalistes. Les dynamiques de socialisation au Cameroun ont fait du tribalisme vécu ou subi une expérience dont l’intériorisation, souvent inconsciente, forge des clés de lecture biaisées. Très souvent il s’agit d’un tribalisme sectoriel et situationnel, même s’il n’est pas rare de tomber sur des cas pathologiques. Combien d’entre-nous peuvent prétendre n’avoir jamais fait des considérations qui tendent à enfermer les ressortissants de telle ou telle autre ethnie dans des préjugés ou idées reçues ? Combien de parents sont prêts à donner leur bénédiction au fiancé ou à la fiancée de leur fils ou fille issu d’une ethnie autre que la leur? Les racines profondes du tribalisme sont à chercher dans l’ignorance et l’aveuglement né de l’endoctrinement. C’est une tendance irrationnelle qui se joue de la raison. Nous oublions un peu trop vite que nul ne choisit ses parents, son lieu de naissance, son ethnie ou sa culture. La vie est un don absolument gratuit qu’on reçoit des autres et que l’on nous reprend souvent malgré nous. On ne naît pas de telle ou telle autre ethnie, on le devient accidentellement. Il n’y a pas à en rougir, il n’y pas à en être particulièrement fier ! On n’y est pour rien ! C’est dont irrationnel de rejeter un être humain parce qu’il est culturellement différent. La différence est inscrite dans la nature même des choses, elle est inhérente à l’ordre du cosmos et contribue à sa beauté. L’univers des fleurs nous en donne une belle illustration et nous gagnerons à nous laisser instruire par la nature.

 

 


Père Ludovic Lado, Directeur de l’Institut de la Dignité et des Droits Humains d'Abidjan

Les identités ethniques et nationales sont donc des accidents historiques et notre récente histoire coloniale est là pour nous le rappeler. L’éducation devient un endoctrinement, un empoisonnement de l’esprit quant ceux et celles qui en ont la responsabilité enseignent aux enfants dès le bas âge que le fait d’avoir été moulé dans telle ou telle autre culture les rend fondamentalement différents des ressortissants d’une autre culture. C’est cet empoisonnement qui engendre la méfiance, laquelle peut, à l’occasion, devenir de la haine tribale. Prêcher l’exclusion ethnique aux enfants, c’est armer l’esprit qui ensuite arme la main. Le tribalisme et le nationalisme qui en dérivent sont des poisons de l’esprit dont les victimes jonchent les routes de l’histoire de l’humanité. Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre des martyrs de l’indépendance du Cameroun, surtout de la synergie interethnique dont ils ont fait preuve. Ils s’appelaient Ruben Um Nyobe, Osende Afana, Abel Kingue, Ernest Ouandie, Félix Moumié, etc. Ils nous ont montré le chemin : mettre la nation comme projet politique collectif avant les intérêts individuels ou claniques. Mais les héritiers ont sacrifié le patriotisme à l’art du pillage et à la luxure. Nous bradons aujourd’hui le fruit de tant de sacrifices sur cette terre camerounaise qui risque de s’ouvrir un jour pour nous engloutir à cause d’une telle ingratitude. Les Camerounais ont intérêt à tirer les leçons de ce qui s’est passé ces deux dernières décennies au Rwanda, au Kenya, en Côte d’Ivoire, etc. Nous oublions si souvent que « la haine est contagieuse, qu’elle s’aggrave et se propage comme une maladie ; qu’aucune société n’est assez saine pour être automatiquement immunisée » (Martin Luther King). Ce serait donc une autre illusion de croire que le Cameroun est à l’abri de telles tragédies. Nous en avons tous les ingrédients. C’est maintenant qu’il faut agir, car en cette matière mieux vaut prévenir que guérir! Il faut prévenir en diagnostiquant les vrais problèmes relatifs à l’ethnicité au Cameroun, par exemple dans le domaine foncier, et en organisant des dialogues communautaires pour chercher des solutions idoines. Il faut prévenir en éduquant la jeunesse à la fraternité universelle qui commence par la fraternité nationale. L’ennemi commun des Camerounais n’est pas tel ou tel autre groupe ethnique, c’est l’exclusion sociale et les injustices qui engendrent la pauvreté, et cette pauvreté n’a pas d’ethnie. Si chacun a son dû, ces identités primaires deviendront une préoccupation secondaire. Le Cameroun a fait de grandes avancées en ce qui concerne le brassage gastronomique, vestimentaire, musical, etc. 

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest les recettes, les rythmes musicaux, les modes vestimentaires sont consommés sans considération d’ordre ethnique. Au contraire, la variété est appréciée et les nouvelles expériences encouragées. C’est le brassage humain qui traîne le pas, les choses ont pris de l’avance sur les hommes. Mais le processus est irréversible car l’avenir appartient au métissage et aux métis. Les mariages interethniques vont se poursuivre et se multiplier, et c’est dans le creuset de cette hybridité que se forgera une certaine culture de l’humain tout court au grand dam des discours et des politiques de l’autochtonie. En guise de conclusion, je partage tout à fait l’utopie de l’afropolitanisme de Achille Mbembe qu’il décrit comme une « pratique et une pensée de la circulation». Il poursuit: «Car, ni l’indigénisme, ni le nativisme ne sauveront l’Afrique. Le Continent doit absolument s’ouvrir, et d’abord a lui-même. Que l’on abolisse les visas ; que l’on crée une vaste zone continentale de libre circulation ; que l’on accorde la nationalité africaine à qui veut l’obtenir. » Ce qui paraît d’ailleurs incohérent chez nous autres les Africains, c’est que d’une part nous nous plaignons du fait que la colonisation occidentale nous a enfermés dans des frontières nationales arbitrairement tracées par les Blancs mais d’autre part nous instrumentalisons les mêmes frontières pour exclure et tuer. 

La Déclaration Universelle des Droits Humains qui incarne aujourd’hui le consensus moral de la communauté internationale sur la dignité humaine nous rappelle dans son article premier que « tous les hommes naissent égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de conscience et de raison et doivent agir les uns envers les autres avec un esprit de fraternité ». La fraternité signifie que tout homme est mon frère et toute femme est ma sœur, car l’humanité est une. L’Afrique qui est le berceau de l’humanité est mieux placée pour le comprendre et devrait être la gardienne de cette fraternité universelle. Il est temps, il me semble, qu’une véritable politique de l’intégration nationale se mette en place au Cameroun. L’intégration se construit et l’Etat doit encourager les citoyens qui donnent le bon exemple. Par exemple, pourquoi la République n’instaurerait pas une prime spéciale pour les mariages interethniques puisqu’ils contribuent concrètement à l’intégration nationale ? L’avenir appartient au métissage et c’est tant mieux pour toute l’humanité.

Par Père Ludovic Lado, Directeur de l’Institut de la Dignité et des Droits Humains d’Abidjan.

 

 

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

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5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine