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La Côte d’Ivoire dans le piège des prédateurs occidentaux.

14 Août 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

crime20

La Côte d’Ivoire dans le piège des prédateurs occidentaux.

 


L’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir - disons-le tout net - a jeté de l’émoi au sein du peuple ivoirien. Même les plus fidèles suiveurs du ‘’bravetchè’’ n’en reviennent toujours pas.

Passons l’étape des fraudes électorales et celle de l’emploi injustifié de la puissance des armes - orchestrée par la coalition franco-onusienne - Le moins qu’on puisse dire, c’est que les ivoiriens ont du mal à se remettre de ce chapitre surréaliste de leur histoire. Bien plus, le fait marquant dans cette aventure, c’est le retour tonitruant de l’ex-colon. Nicolas Sarkozy a eu le triomphe modeste - à l’occasion de l’investiture d’Alassane - quand il affirmait: « Il s’agit de l’avènement d’une Côte d’Ivoire nouvelle (…) qui renoue avec la France, des relations fraternelles ». A l’occasion donc, de ce 21ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, et au-delà de toute célébration, chaque ivoirien est interpellé: Comment la Côte d’Ivoire peut-elle prétendre à sa souveraineté si elle n’aspire pas à marquer la rupture de sa dépendance vis-à-vis des puissances occidentales, notamment de la France ? Suivons ensemble - à la lumière du discours du Président Laurent Gbagbo - les nouvelles stratégies mises en place par ces occidentaux, afin de garantir leur hégémonie.
Les occidentaux ont changé de stratégie. Pour mieux s’adapter aux nouvelles donnes du siècle présent. Ces prédateurs, véritables loups déguisés en agneaux, ont par-dessus leur costume de colon, revêtu celui du ‘’partenaire au développement’’ et du ‘’protecteur de l’humanité’’. Certes, dans un contexte de mondialisation, la rupture ici selon le Président Laurent Gbagbo, ne s'entend point d'un isolement ou d'un repli sur soi, position idéale des faibles, mais elle correspond plutôt à une métamorphose de la conscience, qui fait passer celui qui s'en prévaut, de la servitude à sa pleine responsabilisation dans le processus de construction de l'humanité’’.

L’époque de la colonisation est passée. Les occidentaux le savent très bien. Ils savent aussi que les africains ont énormément progressé. Qu’ils sont désormais conscients des enjeux politico-économiques du moment. Et que ce sont des africains, riches de talents, d’énergie et d’espoir qui aspirent à jouer les premiers rôles dans les batailles à venir.

Mais malgré cela - vu les enjeux dont leur survie dépend- Ils entendent, insidieusement cette fois, reconduire le schéma de la colonisation de l’Afrique. A l’époque, la colonisation avait pour but l'exploitation de matières premières, de main-d'œuvre, de position stratégique, d’espace vital, etc. d'un territoire au profit de sa métropole et des prétextes floues tel que le "le développement de la civilisation". Même si ces prétextes ont considérablement évolué de nos jours, les buts quant à eux restent quasiment les mêmes. Et l’enjeu est de taille, car l’avenir de l’occident se joue ici et maintenant ! Il suffit de faire une lecture attentive de l’actualité : les tumultes constatés sur les places boursières européennes et américaines, les mesures d’austérité au sein de certains pays de l’Union Européenne, le débat sur le plafond de la dette américaine, etc. sont autant d’indicateurs potentiels. On s’achemine selon certains analystes européens, vers « la récession économique de l’Europe ».

L’Afrique constitue aujourd’hui – à n’en point douter – le pôle d’attraction de toutes ces puissances étrangères. Selon des économistes européens: « L’Afrique dispose globalement de ressources naturelles encore inexploitées ». De quoi aiguiser d’avantage l’appétit vorace de tous ces prédateurs. Le mot d’ordre est d’ores et déjà lancé: tous à l’assaut pour la reconquête de l’Afrique! Mais cette fois, la stratégie est différente. Elle dépasse même l’entendement. C’est un véritable tour de passe-passe auquel se livrent ces néo-colons. Partout, la teneur du discours est la même – habilement maquillé – En se référent aux discours de Barak Obama à Accra et de Sarkozy à Dakar, on ne risque pas de se tromper. Ils revendiquent des accords de coopérations auprès des Etats africains. Avec des arguments, les uns tout aussi farfelus que les autres: relations économiques, partenariats stratégiques, au développement, en passant par des relations amicales, fraternelles, et même historiques ! Ces partenariats on le sait, n’ont jamais véritablement aidé les africains. Tant ils sont conçus à leur détriment. A ce sujet, le Président Laurent Gbagbo déclare: « Dans un monde de compétition, il est illusoire de croire qu'un peuple peut assurer le bonheur parfait d'un autre peuple » puis il ajoute: « les conflits d'intérêts peuvent naître entre les nations, même les plus amies » et termine par : « Nous devons tous avoir à l'esprit qu'aucun pays ne peut se développer avec l'effort exclusif des contribuables d'un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d'abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peuple ».

Un autre volet, non moins important du discours que tiennent ces occidentaux, est l’aide à l’implantation et à la consolidation de la démocratie. Là-dessus, ils croient devoir s’ériger en donneurs de leçons. Eux, dans une position de maîtres absolus et les africains, dans celle de l’élève sage. S’il est vrai que la démocratie doit prendre en compte toutes les aspirations du peuple, ils devraient savoir que le peuple africain aspire aussi à l’indépendance véritable et donc à la souveraineté. Toutes choses qui vont nécessairement à l’encontre de leurs intérêts nébuleux. Car pour mieux spolier, il est dans leurs habitudes de contribuer au musellement des peuples trop regardants.
Le dernier volet du discours occidental, est la raison humanitaire: il faut protéger les populations de leurs dirigeants. Ces dirigeants, pas assez dociles à leur goût, sont souvent dépeints comme d’affreux dictateurs. Dans ce cas, la stratégie est très simple: instrumentaliser certains africains corrompus contre leurs propres frères. Pour se faire, ils suscitent et financent des coups, des révoltes, au gré de leurs intérêts.

Ils n’hésitent même pas - toute honte bue, et pour mieux endormir leurs victimes - à reprendre à leur compte les idéaux panafricanistes dont se réclament les africains. On constate souvent - tardivement d’ailleurs - que la parole donnée, s’avère finalement fausse, une fois les accords signés. Loin de joindre l’acte à la parole, ils font en effet, le contraire de ce qu’ils ont annoncé. Cela passe par l’octroi de crédits accompagnés de mesures drastiques de ‘’bonne gouvernance’’. Comme le dit Laurent Gbagbo: « le poids de la dette nous rend servile. Notre indépendance passe aussi par notre affranchissement des chaînes de la dette ». Des propos qui tranchent clairement avec ceux du Préfet Alassane Ouattara, qui, pour sa part estime: « qu’il n’y a aucun mal à emprunter ».

Comme on le voit, les enjeux de cette recolonisation sont tellement évidents, que se refuser à le comprendre, est faire preuve de cécité intellectuelle: L’occident est sur le déclin. Les ressources naturelles et énergétiques sont de plus en plus rares sur le vieux continent. L’Afrique est devenue le pôle d’attraction de ces prédateurs. La montée en force des pays émergents confirme un changement des équilibres économiques mondiaux. En réalité, ces occidentaux, dites puissances mondiales, luttent désespérément pour leur survie, pour leur hégémonie de plus en plus contesté. Ce désespoir se justifie par l’emploi de la force militaire - d’ailleurs seul gage de supériorité qui leur reste. En instrumentalisant les organisations internationales et sous-régionales, telles que l’Onu, l’Otan ou l’Union Africaine par exemple. A travers ces organisations, ils parviennent à imposer leurs décisions, au détriment des plus faibles.
Au total, la question substantielle, qui mérite d’être posée, pour ce pays, est la suivante: Est-il possible que la Côte d’Ivoire puisse réaliser son propre développement en ayant la gestion entière et souveraine de ses richesses et sans avoir à se surendetter auprès des occidentaux ? Nous doutons fort que la question - en cette période auguste du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’ Ivoire - traverse une seule fois l’esprit de notre cher Préfet-président Alassane Dramane Ouattara, qui préfère foncer tête baissée dans le piège tendu.

 

Article par Marc Micaël

 

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