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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:41

Interview de Luc Banemeck sur la centrafrique, l’installation d’une base militaire à Ngaoundéré (Cameroun) et l’incident de l’Hôtel Meurice à Paris (France).

 Luc Banemeck1 

 L’Afrique est de plus en plus convoitée par les puissances occidentales dans leur besoin criant de ressources énergétiques. Donc si l’Afrique ne prend pas son destin en main, elle va connaître dans les décennies à venir le pire cauchemar de son existence. C’est ce que Luc Banemeck  Stratégiste panafricaniste nous disait lors d’un séminaire  organisé par l’alliance des stratègistes Africains (ASA) à Paris en octobre 2013.

Aujourd’hui encore, comment comprendre  que 50 ans après les indépendances tous les pays francophones soient occupés par les armées étrangères en col blancs et/ou en treillis.

  Nous sommes allés poser plusieurs questions pour mieux comprendre ce qui se joue en ce moment au cœur de l’Afrique (Centrafrique et Cameroun).

Afrohistorama News : L’Afrique centrale est en proie aujourd’hui à une nième intervention militaire française et le Cameroun la tête de pont de celle-ci. Qu’en pensez-vous ?

Luc Banemeck : Pour comprendre ce qui se passe en ce moment en Afrique centrale, il faut repartir à la création de l’ONU.

 Au lendemain de la destruction du mur de Berlin, l’occident a revu de fond en comble sa stratégie vis-à-vis de l’Afrique sa vache à lait.

L’occident l’avait déjà fait après la deuxième guerre mondiale avec la création de l’ONU, la chute du mur   en 1989 n’était qu’une continuité, de même que la recolonisation rampante de l’Afrique francophone aujourd’hui. Ce changement de stratégie s’accompagne généralement d’un changement de méthodes, d’approches.

En créant l’ONU, l’Europe ne voulait plus faire la guerre de conquête par les armes de destruction massive, mais par les armes de destruction économique. Ce modèle à  connu son apogée et aujourd’hui son crépuscule. D’où la nécessité de changement de stratégie.

  L’Afrique centrale est une cible naturelle occidentale car détenant en quantité de nombreuses ressources recherchées par l’occident toute intervention des pays occidentaux ne doit plus être une surprise mais une certitude.

La prévision a été absente des politiques africaines depuis 1960. Il ne faut donc pas s’étonner de la situation  chaotique en Centrafrique ou de la présence militaire en masse de l’armée française au Cameroun.  En accueillant la tête de pont de l’opération SANGARIS sur son sol, le Cameroun n’a pas pensé aux conséquences futures d’une telle décision. J’ai peur pour la suite des événements.

Je pense qu’en acceptant l’installation du quartier général de l’opération SANGARIS sur le territoire camerounais, indirectement le Cameroun s’attire des ennuis dont il n’avait pas besoin. La situation Centrafricaine n’étant pas réglé pour bientôt, l’armée française est à Ngaoundéré pour plusieurs années. En s’installant à l’intérieur des frontières du Cameroun. Le Cameroun est désormais un pays en état de guerre jusqu’au départ de l’armée française.

Afrohistorama News : Pouvez-vous nous nous parler du fonctionnement cette stratégie occidentale ?

Luc Banemeck : La stratégie occidentale appliquée à l’Afrique et particulièrement aujourd’hui en Afrique centrale est une stratégie  utilisant les menaces et les opportunités que lui offre la mauvaise gouvernance de nos états Africains.

Cette stratégie se déroule en plusieurs étapes. La première étape est généralement sous-traitée par des agents locaux et en cas d’incapacité de ceux- ci, par des mercenaires étrangers.

 Avant d’intervenir dans un pays quelconque, les occidentaux  s’assurent que le pays est dirigé par une dictature pro ou anti-occidentale, que la population ne soutien pas le régime en place, que les élites sont corrompus ou corruptibles, que le régime dépend de la finance mondiale. Une fois ses conditions réunies, on fait intervenir l’armée de mercenaires ou de djihadistes qui aura pour but de déstabiliser le pays, en créant une insécurité généralisée et en affaiblissant l’armée nationale.

 Si un génocide peut surgir c’est la cerise sur le gâteau, car il y a accélération du processus (ce qui réduit considérablement les coûts du projet en temps et en argent) a travers l’ONU qui prend le relais politique par l’initiation d’un vote de résolutions et des embargos qui paralysent le pays. Même les médicaments sont mis sous embargo (cas de la Côte d’Ivoire), pendant ce temps les mercenaires des médias vous pilonnent à longueur de la journée de messages de découragement et de peur en tout genre. Une fois que vous n’en pouvez plus, On vous présente un devis pour vous débarrasser des mercenaires, une armée occidentale débarque en sauveur (dans les pays francophones c’est l’armée française). Ainsi, le tour est joué. Le dictateur est déposé s’il est honni par son peuple. Si par malheur il s’en-tête comme Kadhafi, il est alors assassiné.

On organise par la suite un semblant de démocratie pour faire élire les nouveaux agents locaux. Pour une période donnée le pays retrouve un semblant de sécurité. Le business reprend avec les mêmes, cette fois-ci avec des exigences nouvelles accompagnées d’une exploitation à outrance des ressources minérales.

Afrohistorama News : Pensez-vous qu’une telle stratégie pourrait éventuellement se produire au Cameroun ?

Luc Banemeck : Cette stratégie à cours au Cameroun en ce moment puisque

-         Le Cameroun est un pays où l’alternance démocratique est bloquée ;

-         Les Camerounais vivent dans une insécurité économique, politique et sociale ;

-          Les partis politiques de l’opposition et/ou la société civile sont désorganisés ;

-         La corruption est remarquable.

-         L’utilisation des mercenaires à lieu sporadiquement.

En tout cas ces signes avant-coureurs démontrent clairement que le Cameroun est pris dans cet engrenage.

Afrohistorama News : Pouvez-vous citez quelques exemples concrets des signes avant-coureurs pour le Cameroun ?

Lu Banemeck :

-         Les interventions répétées de Boko Haram ;

-          Depuis quelques semaines, l’installation de l’armée française sur le plateau  stratégique de l’Adamawa etc.

 

Afrohistorama News : Selon vous  pourquoi l’armée française à installer sa base à Ngaoundéré et non à Bertoua ou à Batouri  qui sont des villes proches de la frontière centrafricaine ?

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Luc Banemeck : Ngaoundéré est dans le plateau de l’Adamawa qui est une zone dense qui part du Cameroun jusqu’au Nigéria, elle est essentiellement occupée par les Africains de confession musulmane. Cette zone est la frontière régionale entre l’ancien nord du Cameroun à majorité musulmans et le sud à majorité chrétien ou de religion des ancêtres. Lorsqu’on se souvient de la déstabilisation de la Côte d’Ivoire ou pendant au moins dix ans le pays fut divisé entre Nord à majorité musulman et Sud à majorité chrétien avec comment armée d’interposition l’armée française. Il y a lieu de s’inquiéter beaucoup.

Aujourd’hui en s’installant dans l’Adamawa, l’armée française est là pour une raison et pour durer. En tout cas elle ne partira pas à la fin de l’opération SANGARIS. Puisque c’est l’armée française qui décide si l’opération a pris fin et non les centrafricains ou les camerounais.

Afrohistorama  News : Comparer la situation Ivoirienne à celle du Camerounais ne constitue-il pas  une exagération  de votre part?

 

Luc Banemeck : Non.  Puisque nos pays non seulement ont des similitudes historiques, mais des ressemblances dans la configuration générale du pays.

Dans notre cher pays, on a le même président depuis  1982 (31 ans). Ce fut le cas en Côte d’Ivoire avec le feu Houphouët Boigny.

Nous avons au Nord une population à majorité musulmane  et chrétienne au Sud.  C’est le cas en Côte d’Ivoire.

Nous avons une base militaire française dans l’Adamawa. La Côte d’Ivoire a une base militaire française depuis 50 ans.

Au Cameroun plusieurs personnalités de premier rang originaires du Nord ont été emprisonnées pour détournement de fonds publics. Au nord on pense le contraire. En Côte d’Ivoire Gbagbo  a été emprisonné avec plusieurs membres de son parti et Ouattara condamné par contumace.

Au sein du parti au pouvoir il existe une guerre larvée entre plusieurs prétendants au siège de président de la république (Souvenez-vous de Bédié, Ouattara, Nguei et Gbagbo).

La similarité ici est presque parfaite comme vous pouvez le constater. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Je vous laisse la conclusion.

 

 

Afrohistorama News :compte tenu de la situation que doit faire les camerounais pour éviter le conflit interrégional en perspective ?

Luc Banemeck : Il faut qu’ils arrêtent de prier Dieu et se dire que je n’accepterai aux ordres de l’étranger pour faire du mal à mon compatriote. C’est facile à dire, mais est-ce facile à faire ?

Je dis oui. Ce sont les hommes et les femmes d’un pays qui choisissent leur destin. S’ils acceptent d’être esclave ils seront des esclaves, s’ils veulent être libre et indépendant ils le seront également, c’est une question de choix personnel et de société.

Les camerounais doivent replonger dans leur histoire. Ceci est valable pour les élites au pouvoir, mais aussi pour la population. L’Union de la population du Cameroun a permis l’indépendance de l’Afrique francophone, par conséquent l’union de la population du Cameroun nous permettra d’éviter une guerre interrégionale, interreligieuse ou interethnique. Par la même occasion nous évitera une recolonisation déguisée. C’est mon message à l’attention de mes compatriotes.

Afrohistorama  News : Que pensez-vous de l’incident qui a eu lieu à l’Hôtel Meurice de Paris avec le président Paul Biya ?

Luc Banemeck : Je ne suis pas d’accord avec cette façon de faire de certains compatriotes d’une part et d’autre part  j’accuse l’entourage du président de la république et la sécurité de l’hôtel Meurice.

Comment peut-on venir pour une réunion sur la sécurité et vivre la pire insécurité de sa carrière. C’est incident démontre que la sécurité autour du président Paul Biya est inefficace.

Je ne suis pas pour cette façon de faire  des compatriotes, car elle fragilise le Cameroun davantage et donne des arguments aux puissances étrangères lors des négociations avec notre pays. Bien que l’on ne soit pas d’accord avec la politique du président Paul Biya, bien que la situation économique, politique et sociale du Cameroun soit dans une phase descendante, il représente la légalité du Cameroun.

J’accuse l’entourage du président de la république d’incompétence notoire  sur le plan sécuritaire. Il pouvait éviter cet incident. Car selon certaines informations les compatriotes étaient venus remettre au président un mémorandum pour un Cameroun démocratique, et pour la libération des détenus politiques. Mais n’ayant pas été reçu ils ont décidé d’agir autrement pour se faire entendre par le chef de l’état.

J’accuse donc l’entourage du président Paul Biya de radicaliser les Camerounais dans leur volonté de refus des réformes profondes et sincères de la société camerounaise. En acceptant ce mémorandum, il aurait évité l’humiliation du président Paul Biya et par la même occasion celle du Cameroun.

J’accuse l’hôtel Meurice de manquer de considération aux Camerounais. Comment peut-on payer des milliards Franc Cfa  et ne pas être protégé correctement.

A suivre….

 

Entretien réalisé par Paul Ayi

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1956, Premier Colloque des Ecrivains et Artistes Noirs.

Du 19 au 22 septembre 1956 s'est tenu le premier congrès des écrivains et artistes

noirs à la Sorbonne organisé par Alioune Diop.

On pouvait y voir Amadou Hampathé Bâ (Mali), Léopold Sedar Senghor

et Cheikh Anta Diop (Sénégal), Aimé Cesaire et Frantz Fanon (Martinique),

Marcus James (Jamaïque), Richard Wright (Amérique), Jean Price Mars

 

 

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2. ILE SAINTE HELENE         Royaume-Uni

3. ILES CANARIES                   Espagne
 
4. LES AÇORES                        Portugal

5. LES ILES MADERES            Portugal

6. LA REUNION                          France

7. MAYOTTE                                 France
8. CEUTA ET MELILLA               Espagne
Source : Union Africaine

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Liste des principales langues par pays africain


Algérie Arabe, Berbère            
Angola Kimbundu, Umbundu, Siope
Bénin Fon, Yoruba, Gun, Mina, BA’Atonou,

Dendi, Ditammari et Yom
Botswana Setswana
Burkina Faso Mossi, Dioula, Peul
Burundi Kirundi, Swahili
Cameroun Bassa, Bamoun, Fang, Fulani
Cap Vert Criuolo
RCA Sangho, Arabe, Hausa, Swahili
Tchad Sara, Arabe
Comores Shikomoro
RDC Swahili, Lingala, Ishiluba, et Kikongo
Congo Lingala, Kikongo
Côte d'Ivoire Baoule, Bete, Senoufo, Dioula
Djibouti Arabe, Afar, Somali
Egypte Arabe, Nubian
Guinée Equatoriale Fang, Bubi, Créole
Erythrée Afar, Bilen, Kunama, Nara, Arabe, Tobedawi, Saho,
Tigre, Tigrinya
Ethiopie Amharic, Oromigna, Tigrigna
Gabon Fang, Myene, Bateke, Bapounou/Eschira, Bandjabi
Gambie Manding, Wolof, Diola, Fulani
Ghana Ashanti, Brong Ahafo, Twi, Fanti, Ga, Ewe, Dagbani
Guinée Malinké, Susu, Fulani
Guinée-Bissau Criolo, Fulani, Manding, Pepel, Balante
Kenya Swahili
Lesotho Sesotho; Zulu and Xhosa
Libéria Mende
Libye Arabe
Madagascar Malgache
Malawi Chichewa
Mali Bambara, Songhai, Fulani, Arabe, Senoufo,
Malinke
Mauritanie Hassania, Arabic, Wolof, Soninke, Fulani
Maurice Creole, Hindi, Urdu, Hakka, Bojpoori
Maroc Arabe, Berbère
Mozambique Changana, Ndau, Makonde
Namibie Oshivambo, Herero, Nama, Afrikaans
Niger Hausa, Songhai, Arabe, Fulani
Nigeria Hausa, Yoruba, Igbo, Fulani
Rwanda Kinyarwanda
RASD Hassania, Arabe
São Tomé et Principe Forro
Sénégal Wolof, Fulani,Serer, Diola, Manging, Sarakolé
Seychelles Seselwa
Sierra Leone Mende, Temne, Krio
Somalia Somali, Arabic
Afrique du Sud Xhosa, Zulu, Afrikaans, Ndebele, Sesotho sa
Leboa, Sesotho, Swati, Xitsonga, Setswana,
Tshivenda
Soudan Arabe, Nubien, Dinka, Masaleet Shuluk, Nueer,
Zandi,Fur
Swaziland Swazi
Tanzanie Swahili
Togo Ewé, Mina, Kabyé, Cotocoli
Tunisie Arabe
Ouganda Swahili, Luganda, Ateso, Luo
Zambie Bemba, Kaonda, Lozi, Lunda, Luvale, Nyanja,
Tonga
Zimbabwe Ndebele, Shona

Source : Union Africaine