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Interview de Luc Banemeck En marge de la préparation de la Table ronde de Bruxelles du 14 septembre prochain sur la fraude électorale au Cameroun "Venez nombreux le 14 septembre prochain à Bruxel

12 Septembre 2013 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Interview de Luc Banemeck  En marge de la préparation de la Table ronde de Bruxelles du 14 septembre prochain sur la fraude électorale au Cameroun "Venez nombreux le 14 septembre prochain à Bruxelles pour l'évènement politique inédit"  

 

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En marge de la préparation de la Table ronde de Bruxelles du 14 septembre prochain sur la fraude électorale au Cameroun et du lancement de l’observatoire des élections de la diaspora par le collectif des partis politiques et d’organisations de la société civile progressistes camerounaises. Nous avons rencontré à la Rue Frederick Lemaitre 75020 à Paris en France, Monsieur Luc Banemeck, l’un des organisateurs qui, à cœur ouvert, a accepté de répondre à nos questions. Lisez plutôt...

pouvez-vous nous parler de ce qui aura lieu à Bruxelles le 14 septembre prochain ?

Vous me permettrez de vous présenter tout d’abord le collectif et les personnalités . Ce collectif est constitué de M. Frédérick Fenkam, Président du Comité de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) France,M. Guy Fokou Kingué, Président de la section du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) Belgique,M. Thierry Amougou Macro économiste et Phd, Analyste indépendant,M. Franklin Nyamsi , Professeur agrégé de l’université de Lille et Phd,M. Elie Kadji Tchuessa, Président ASBL CEBAPH,M. Théodore Poufong, Président SDF BENELUX,Mme Eugénie Quenum béninoise Directeur de Laboratoire de l’Institut de Prévention et de Recherches de Paris 16éme et observatrice pour les élections en Afrique,M. Marcel Tchangué , Représentant Belgique du MDI,M. Kamegni Simplice, porte-parole du Mouvement de Février 2008 au Cameroun,M. Roufaou Oumarou, Président Asbl APJE (Association Pour la Promotion de la Justice et de l’Education)...Cette table ronde essentiellement composée des camerounais qui pensent que le changement est possible a travers les élections libres et transparentes est une première du genre. Son but principal la mise en place de l’OEDC (Observatoire des élections de la diaspora camerounaise).

Parlant des élections du 30 septembre 2013 au Cameroun et de votre thème de la table ronde à savoir "Quelle stratégie pour limiter la fraude électorale et rendre possible une alternance par les urnes et dans la paix". Pouvez-vous nous dire quelles sont vos motivations, alors que d’autres membre de la diaspora appellent au boycott ?

Ceux qui appellent au boycott pensent que l’alternance au Cameroun n’est pas possible par les urnes. Nous, pensons que la politique de la chaise vide n’est pas bonne. Cette politique abandonne notre peuple dans les bras d’un régime prédateur. Ce que nous disons aussi c’est que depuis 1957 que les élections sont organisées au Cameroun, on a toujours parlé de fraude électorale et de boycott avant et après chaque élection. Rien n’a changé cela veut dire que les méthodes que nous utilisons sont à revoir. Conscient de cette fraude au lieu de rester bras ballant, nous avons décidé de lutter contre cette fraude par l’organisation d’une table ronde le 14 septembre qui constitue une première étape . Nous ne faisons pas de l’activisme, mais construisons le futur démocratique du Cameroun.

Y-a-t-il réellement Fraude électorale lors des élections au Cameroun, ou c’est juste un slogan de l’opposition républicaine et de la société civile pour masquer leurs faiblesses devant le régime de Yaoundé ?

La fraude électorale existe bel et bien dans toutes les élections dans le monde, lorsque celle-ci est négligeable, c’est-à-dire sans impact sur les résultats. En revanche lorsqu’elle a un impact négatif sur les résultats, alors elle devient un problème pour la paix civile et le refus d’alternance.
Dans le cas de notre pays l’opposition et la société civile crient haut et fort depuis des années que le régime fraude à chaque scrutin. Ceci est vrai, et elle n’est pas la seule à l’affirmer, même les organisations d’observation le font très souvent dans leur rapport. D’ailleurs la preuve est que le régime est toujours en place malgré la déliquescence économique, mais cela n’exclut pas les faiblesses de l’opposition qu’elle doit reconnaître.

Pouvez-vous nous dire quelles sont les faiblesses de l’opposition ?

Il existe près de 300 partis politiques au Cameroun. Face à une telle pléthore, il n’est pas aisé d’affronter le parti au pouvoir qui use et abuse les moyens de l’Etat. Le budget de financement des partis politique est d’environ 1,5 milliards de francs CFA en fonction du pourcentage obtenu (environ 5%) lors des élections passées. Et si on regarde très bien c’est toujours le parti au pouvoir qui rafle les 90%.
Donc les autres partis ont très peu de moyens pour financer leurs activités et dans de pareil cas difficile de construire une opposition stable et forte.
Sur le plan de la formation militante : Les militants de l’opposition au Cameroun sont très peu formés ou pas du tout sur le plan idéologique. Dans notre pays beaucoup rejoignent les partis sur la base des considérations ethnique moins sur le programme ou l’idéologie et ou économique et culturel. Vous voyez donc que ce sont là les principales faiblesses de notre opposition. Donc il y a un problème de stratégie et d’approche qui doit être corrigé absolument si nous ne voulons pas un retour au parti unique. Il s’agit ici d’une erreur stratégique.

Y a –t-il fraude électorale ? Pour l’affirmer il nous faut des informations précises et des analyses fines. Au sein de la diaspora nous ne les avons pas. C’est une erreur et la faute des Camerounais de la diaspora, car au sein de la diaspora camerounaise existe des spécialistes en tout genre, en informatique, statistiques mathématiques, juristes et que sais-je encore, toutes ces ressources servent, ensemble peuvent faire la différence et réduire la propension à la fraude électorale du régime. Ils peuvent élaborer une stratégie de lutte contre la Fraude électorale et contribuer à distance à la construction d’une démocratie apaisée.

Aujourd’hui c’est ELECAM qui organise les élections et après les élections il faut attendre au moins 15 jours pour avoir les résultats ou les tendances du conseil constitutionnel. Dans une telle configuration il est carrément impossible pour le régime de perdre. Je dirai même c’est le régime qui décide qui doit être député après le vote à 70%.Nous pouvons réduire ce pourcentage si des stratégies adaptés sont mises en place. La diaspora peut relever ce défi aussi.

Que pensez-vous d’ELECAM ?

Nous pensons que ELECAM doit exister, nous pensons également son existence doit être basée sur le consensus entre le régime et l’opposition. Or ce n’est pas le cas pour l’instant. Ce qui met beaucoup en doute sa moralité sur le plan sa composition et de son travail. Nous pensons qu’ELECAM met tout en œuvre pour que le régime ne perde pas l’élection. Notamment en réservant des circonscriptions électorales ou seul le RDPC est candidat. En freinant la distribution des cartes d’électeurs dans les zones ou le ballot box (le vote, ndlr) ne lui est pas favorable.

Il y a un autre phénomène que nous avons observé ici dans la diaspora. A chaque élection, on arrête la distribution des passeports, on ne sait pas pourquoi. En ce moment il y a 8000 camerounais qui ont déposé des demandes de passeport en France par exemple et leurs demandes ont disparus dans les méandres de l’administration consulaires. Est-ce pour l’utilisation de ces derniers par l’établissement des cartes d’identité d’électeurs et d’identité servant aux élections ? Vu que la diaspora est totalement à l’écart et ne représente pas une circonscription électorale. C’est la question que nous nous posons. Nous sommes en droit de nous la poser parce que c’est un problème récurrent. En juin 2013, ELECAM a voulu démontrer qu’il communiquait, certainement parce qu’il devait recevoir des commissions genre Commonwealth, ONU. Ils ont donné les chiffres suivant. 5000.105 cartes ont été imprimées et seulement 748.091 distribués. Si en juin il reste 4,250 millions de cartes non distribuées, on craint très fort qu’ils ne puissent le faire avant le 15 septembre2013. Vous voyez pour quoi l’opposition à raison de croire à la mauvaise volonté d’ELECAM.

En quoi pensez-vous que la diaspora peut être utile pour les prochaines élections et pour la paix au Cameroun ?

En Afrique les périodes post-électorales sont synonymes de violences interethniques ou régionales. Certains camerounais croient que ces violences n’arriveront pas chez eux et que le Cameroun c’est le Cameroun. Je leur dit ceci. Oui le Cameroun c’est le Cameroun

* Le Cameroun a connu l’esclavage comme le reste de l’Afrique ;

* Le Cameroun a connu le parti unique comme d’autres pays du continent ;

* Le Cameroun utilise le F cfa comme les autres pays de l’Afrique

* Le Cameroun subit la domination étrangère comme la majorité des pays du continent ;

* Les langues officielles du Cameroun sont des langues européennes ;

* Les chaines de télévisions regardées en priorité par les camerounais sont les télévisions étrangères ;

* La situation économique est morose comme dans la majorité des pays du continent.

Alors je leur demande de tirer les conséquences éventuelles eux-mêmes.

C’est pourquoi nous les invitons à nous rejoindre le 14 septembre à Bruxelles (Pianofabriek de 14h à 19h 35 rue du Fort 1060 Bruxelles) pour la mise en place de l’Observatoire des élections de la diaspora camerounaise à travers une table ronde.

Pour ceux qui ne pourront pas y être, ils peuvent être très utiles en utilisant leur soutien à distance dans la possibilité de leur moyen. Les Camerounais de l’intérieur ou de l’extérieur qui souhaitent participer à ce projet peuvent le faire de plusieurs manières. Ils peuvent nous envoyer les informations nominées ou même de façon anonyme.

Sur tous les aspects des élections (violences, votants non-votants, candidats, circonscriptions électorales, achat de conscience etc..

Votre contact ?

Nous ferons le reste. Notre email est : observatoirelectioncameroun@gmail.com  ou par SMS au 0032487845994 ou sur notre blog http://observatoire-election-cameroun.over-blog.com  d’autres modes de communication seront communiqués avant le 30 septembre 2013.

Source : Camer.be : Propos recueillis par Hugues SEUMO

 

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