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Cameroun : Les camerounais de la diaspora sont-ils des citoyens de seconde zone ?

25 Avril 2013 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Cameroun : Les camerounais de la diaspora sont-ils des citoyens de seconde zone ? C’est la seule diaspora au monde ignorée par ses gouvernants, alors qu'elle contribue à hauteur de 12% (Source banque mondiale) à la richesse du pays.

La faute à qui ?

Aux gouvernants ou aux camerounais de la diaspora?

 

                            diaspora Kamer

Cameroun - Revendications : Paul Biya trompe à nouveau la diaspora

Au lieu d’un ministère ou d’un secrétariat d’Etat, les Camerounais vivant à l’étranger se contenteront d’une direction au Minrex.  

Le 1er février dernier, face au ministre des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo, qui représentait le président de la République (pourtant présent en France), la diaspora a rappelé ses attentes au gouvernement camerounais, au cours d’une rencontre à Paris. Entre autres revendications, ces Camerounais plaidaient, à nouveau, pour la double nationalité, «qui a plus d’avantages que d’inconvénients pour le Cameroun». Ils souhaitaient, en outre, «disposer des structures gouvernementales dédiées à la gestion de leurs préoccupations (…) comme c’est le cas des diasporas d’autres pays». Allusion notamment au Mali (ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine) ou au Sénégal (ministère des Sénégalais de l’extérieur). 

La première réponse aux préoccupations de la diaspora est, sans doute, contenue dans le décret portant organisation du ministère des Relations extérieures (Minrex), signé 22 avril dernier par le président de la République, Paul Biya; notamment dans le chapitre X, article 120 : Une direction, à la dénomination kilométrique et aux missions herculéennes, voit le jour : «Direction des Camerounais à l’étranger, des étrangers au Cameroun, des questions migratoires et des réfugiés». Cette direction est notamment chargée «de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale en matière de gestion, promotion et protection sociale et juridique des Camerounais à l’étranger, du suivi et de l’élaboration des politiques et stratégies en vue de la participation des Camerounais de l’étranger au développement politique, économique et social du pays, en collaboration avec les autres administrations concernées». 

Analysant cette «innovation», Pascal Messanga Nyamding, enseignant à l’Institut des Relations internationales du Cameroun (Iric), commence par s’insurger contre la dénomination «Camerounais de l’étranger». Il pense que l’usage de cette expression prouve que le gouvernement «n’intègre pas les enjeux de l’heure concernant la diaspora camerounaise, notamment l’enjeu de la double nationalité». Estimant que cette direction sera «comprimée dans les méandres de la bureaucratie», l’universitaire, membre titulaire du comité central du Rdpc (parti au pouvoir) plaide pour l’avènement d’un ministère des Camerounais de la diaspora et de l’Intégration.  

«Ce département ministériel, qui devra être dirigé par un homme ou une femme qui a vision internationale futuriste, aura pour missions de vendre le produit Cameroun, de propager la vision des relations internationales du pays, de vanter nos opportunités sur le plan culturel, sportif et même culinaire. Il faut savoir qu’en matière de diplomatie classique, dont les piliers sont notamment la puissance militaire et économique, le Cameroun, voire l’Afrique, peut difficilement faire le poids devant les pays européens, américains et asiatiques. Nous devons donc disposer d’un ministère qui va, pour ainsi dire, faire notre propagande idéologique. Par exemple, sur la question des sept otages français, la méthode Biya, qui a fait ses preuves dans la libération des captifs, doit être promue. Ce d’autant plus qu’aucune goutte de sang n’a été versée, comme c’est souvent le cas lorsque les Européens ou les Américains mènent ce genre d’opération», argumente-t-il.  

D’après une étude publiée en 2010 par Global development finance (organisme rattaché à l’Onu), les transferts financiers des Camerounais de l’extérieur représentent 10% du produit intérieur brut (Pib). Pour Messanga Nyamding, le Cameroun ne peut pas se passer de cet apport, dans sa marche vers l’émergence.  En dehors des doléances signalées plus haut, la diaspora camerounaise souhaite la disponibilité et la diffusion permanentes de l’information dans les domaines économique et commercial à l’intention des investisseurs issus de la diaspora, l’examen et la prise de mesures incitatives spécifiques en faveur de la diaspora, une plus grande reconnaissance de ses aptitudes et compétences à contribuer au développement du Cameroun, etc.  

Le 13 juillet 2011, le chef de l’Etat, Paul Biya a accédé, deux ans après la promesse faite en 2009, à une attente forte de la diaspora. Il a promulgué, après l’avoir fait adopter par les députés, la loi relative au vote des citoyens camerounais établis ou résidant à l’étranger. Le 09 octobre 2011, ces Camerounais ont ainsi pu exercer, pour la première fois, leur droit de vote, au même titre que leurs compatriotes résidant au Cameroun, à l’occasion de l’élection présidentielle. 

Par Georges Alain Boyomo

Source :  Mutations

 

 

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