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Cameroun : Arrestation massive par la police politique de Yaoundé, suite aux décisions de justice du régime.

23 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 Arrestation massive par la police politique de Yaoundé, suite aux décisions de justice  du régime.

Dérapages: Foulla Dambaldi, leader de parti politique, interpellé et déféré au parquet. Il est soupçonné d'être l'auteur des tracts pro Marafa.

 

Foulla-Dambaldi-Doungouss.jpg


            Foulla Dambaldi le président du Rassemblement pour la défense de la démocratie et de la République(Rddr) a été interpellé par des éléments du Service central de la recherche judiciaire du Secrétariat à la défense (Sed). Au motif d'incitation à la rébellion. Il est soupçonné d'être l'auteur des tracts pro Marafa en circulation.

Il nous confiait subir des intimidations. Il disait recevoir des coups de fil anonymes, surtout de la part des policiers. Finalement Foulla Dambaldi a été interpellé par les éléments du Service central des recherches de la Police judiciaire le mercredi 12 septembre à son domicile sis à Texaco Ecole de police Au motif qu'il serait l'auteur des tracts de soutien à Marafa Hamidou Yaya, l'ex ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, incarcéré dans l'affaire de l'acquisition manquée du Boeing Business Jet II. Et pourtant, le leader du Rddr n'a jamais fait mystère de l'animosité qu'il éprouve envers l'ancien membre du gouvernement.

Marafa Hamidou Yaya, par le canal de la Direction des affaires politiques au ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation(Minatd) l'avait évincé pour mettre à la tête du Rddr des jeunes, manipulables à souhait, et acquis à sa cause. Ces derniers auraient d'abord été appréhendés puis libérés. C'est certainement ceux-ci qui ont déclaré aux enquêteurs, que c'est Foulla Dambaldi, alias «Sénateur en danger mais toujours à l'écoute du peuple» qui manœuvre dans l'ombre. Son interpellation tombe au moment où les tracts circulent dans la ville de Douala, incitant les jeunes à se rebeller jusqu'au sacrifice suprême.

Foulla Dambaldi avait, auparavant, par mesure de précaution, fait acheminer sa famille à Yagoua, sa ville d'origine, question de la préserver d'une potentielle répression. Les enfants venaient en effet de regagner Yaoundé afin d'être scolarisés. Selon toute vraisemblance, ce père de famille, vendeur de consommables informatiques serait victime d'une machination cousue de fil blanc ourdie par ses contempteurs recrutés parmi les «marafistes», pour lui faire payer son insoumission.

D'après certaines investigations, le président déchu du Rddr aurait saisi les autorités Compétentes pour être rétabli à la tête du parti qu'il a porté sur les fonds baptismaux. Du fond de son cachot, il est convaincu de son innocence. Déféré devant le parquet le vendredi 14 septembre, il s'apprête à confondre le Procureur la République. On nage en pleine situation kafkaïenne. Foulla Dambaldi n'aurait par ailleurs jamais rencontré Marafa Hamidou Yaya au moment ou il était aux affaires. On comprend mal le fait que ce père de famille et musulman pratiquant, qui n'aspire qu'à élever dignement ses enfants, soit aujourd'hui inquiété, alors qu'il n'entretenait aucun contact direct ou indirect avec celui qui hier, le persécutait. Comme le dit souvent le mis en cause, il n'est pas l'ami des grandes personnalités, ceux qui mangent et qui ne laissent que les miettes à ceux d'en bas. Il doit forcément avoir erreur sur la personne, et Foulla Dambaldi ne serait qu'un bouc émissaire à qui on veut faire porter le chapeau.



FOULLA DAMBALDI: «Jamais je n'ai soutenu Marafa. Je ne le soutiendrai jamais parce qu'il m'a déstabilisé»

Le leader du Rddr tour a tour détenu au Secrétariat d'Etat à la défense(Sed) chargé de la gendarmerie, et au Commissariat central N°1, en attendant d'être conduit devant le parquet, a accordé une interview exclusive à Le Courrier. C'était quelques jours avant son interpellation. Il fait cas des intimidations qu'il subit, de ses relations avec l'ancien ministre d'Etat chargé de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), et scrute son avenir politique.


Qu'êtes-vous devenu depuis votre départ de la tète du Rddr?

Je rappelle que je suis toujours le président fondateur de ce parti. J'ai introduit une requête auprès du Minatd dont copie a été envoyée au Cabinet civil de la Présidence de la République pour être rétabli dans mes droits. Donc, le combat continue sur le levain.


Parlez-nous des circonstances qui vous ont conduit A créer ce parti politique?

Les émeutes de la faim de 2008 ont quelque peu anticipé la création de ce parti politique. Justement lors des événements de février 2008 avec les casses dans les villes de Yaoundé et Douala, j’ai été approché par des élites du Grand Nord pour créer des groupes d'autodéfense constitués de jeunes, afin d'assurer leur sécurité ainsi que celle de leur famille. J'ai d'abord été choqué par cette démarche de ceux qui sont nantis et mangent en haut et qui ne pensent au bas peuple surtout à une jeunesse qui vit un chômage craque, que lorsqu'il sagit d'aller défendre leurs intérêts. J'ai par la suite créé un cercle de réflexion auprès des sauveteurs de Yaoundé et de Douala pour trouver une issue, pour préserver les acquis du peuple, sauvegarder l'image du Cameroun tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. J'ai été écouté car les émeutes ont cessé. J'avais constaté des défaillances auprès de certaines de nos élites dans le Nord notamment le Directeur général de la Crtv Amadou Vamoulké, le Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Enseignements chargé de l'enseignement normal Mounouna Foutsou, suite a une réunion regroupant les élites du Mayo Danay, sur convocation du président du Conseil économique et social Ayang Luc. Amadou Vamoulké se sentant lésé me fait appeler pour réunir les forces vives au domicile du chef d'agence du Crédit du Sahel Yaoundé, Digalla Tssou (Ndlr: aujourd'hui en service à la Direction générale à Maroua). J'ai été fortement applaudi lorsque j'ai pris la parole pour fustiger l'égoïsme de nos ainés, par les jeunes. J'ai fait le tour des autres régions du Cameroun oui j'ai été bien accueil et soutenu par les populations. Quand le parti est légalisé le 05 avril 2010, le ministre d'Etat Marafa Hamidou Yaya m'a approché par l’entremise de la Direction des affaires politiques (Dap). On m'a demandé de signer certains engagements écrits. Prudent j’ai refusé de signer. Cet acte va hélas, marquer le début de mes malheurs. La décision N° 0001698 du 06 juillet 2011 tombe. Oui donne l'impression à l'opinion que je ne suis plus président du Rddr. Mais en l'absence de la tenue d'une Assemblée générale régulièrement convoquée, je suis toujours président de ce parti.


Il nous revient que vous subissez des intimidations, des menaces. Qui en veut aujourd’hui à la vie de Foulla Dambaldi?

Je reçois des coups de fil anonymes des personnes se présentant comme des policiers et d'agents de renseignement. Pour ces individus, je serais l'auteur des tracts en circulation qui soutiennent Marafa Hamidou Yaya. Meme si on l'acquitte, je ne le soutiendrai jamais. Comment je peux soutenir celui qui m'a déstabilisé? Ceux qui le soutiennent sont ceux-là dont il a acheté la conscience, qui se battent corps et âme pour lui, et à qui il a remis une autorisation légale.


Sur les récentes catastrophes dans le Septentrion, les inondations dans le Mayo Danay et la rupture du pont sur le Mayo Sala, il semble que vous étiez en partance pour le Nord, mais vous avez changé d'avis. Que s'est-il passé?

Effectivement mes militants m'avaient accompagné à la gare ferroviaire de Yaoundé, mais j'ai été frustré par un média, la Crtv pour le citer, où on a dit que le Cameroun est coupé du Tchad. On a parlé de corridor Douala-Ndjamena. On confond une partie de nos militants à des tchadiens. Deuxième chose, je me sens mal à l'aise de voir le Septentrion toujours sinistré, vivre des phénomènes qu'on pouvait éviter en amont. C'est toujours en sapeurs pompiers qu'on pense au Grand Nord. J'ai mal de vivre le malheur qui frappe des milliers de nos concitoyens.

 

Par Dim Fangounda

Source : Le Courrier

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