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Togo. Désobéissance civile et langage corporel.

9 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Togo. Désobéissance civile et langage corporel.

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Lorsque les femmes togolaises, dans le cadre du mot d'ordre de désobéissance civile lancé par le CST et tout particulièrement à l'appel d'Isabelle Améganvi ont voulu, d'une part défiler nues et d'autre part se mettre en grève du sexe, nos concitoyens et les observateurs étrangers ont pris la chose de manières différentes. Pour les uns c'est du pur folklore, pour les autres c'est un spectacle tout au plus érotico-comique... Certains Togolais ont eu peur que ce genre de comportement ne nous livre à la risée du monde entier et effectivement, beaucoup de journaux en ont parlé comme d'une bizarrerie exotique.

 

Les meilleurs commentateurs y ont tout de suite décelé une imitation du modèle littéraire de Lysistrata, pièce du dramaturge grec Aristophane ( 411 av. J. C. ) et n'ont pas manqué de citer l'exemple, très proche dans le temps des femmes libériennes qui avaient adopté la même attitude pour protester contre la guerre. La pièce d'Aristophane étant avant tout une comédie, même si on lui reconnaît la profondeur d'une vérité humaine, certains observateurs, à dessein peut-être, ne se sont pas privés de faire une lecture sarcastique de l'initiative d'Isabelle Améganvi. Le lien entre le modèle littéraire de la Grèce antique, dans lequel Lysistrata réussit à convaincre les femmes athéniennes et ses amies de la cité ennemie de refuser toute relation sexuelle, chacune avec  son  mari, tant qu'il ne sera pas mis fin à la guerre, la décision des femmes libériennes et l'appel d'Isabelle Améganvi, c'est que le corps de la femme est devenu un moyen d'exprimer le refus d'une situation. Je ne suis pas en train de défendre une forme de langage ( surtout pas contre une autre ) et je ne me livre pas non plus à une anthropologie prétendument savante. Mais nul ne refusera d'admettre que le corps, que chaque élément du corps possède un langage qui lui est propre et que ce langage peut être utilisé avec autant de valeur que le langage verbal. Que l'on use de discours bien structuré oral ou écrit, de slogans, de chants, de peinture, de mime, de sculpture etc. ou de langage corporel, la question est seulement de savoir quel en est le sens et aussi quelle en est la pertinence. Qu'on  n'oublie pas que philosophes de l'antiquité grecque,  prophètes de l'ancien ou du nouveau testament, chefs religieux ou politiques qui, dans certaines circonstances déchirent leurs vêtements en public,  ceux qui se couvrent de cendre, ceux qui volontairement se revêtent de peaux de bêtes, des personnages bibliques qui sont des gens très sérieux, parfois tragiques comme Job se sont servis de leur corps pour parler de leur état d'âme (colère, indignation),  de leur tragédie, de leur vision... à leurs contemporains. Ces personnes, parfois des sages, agissent ainsi pour marquer leur condamnation de ce qui les oppresse, les horrifie, mais aussi leur détermination à mettre fin à cela. Des poètes et artistes de tous les temps, sans être toujours forcément des marginaux utilisent aussi le langage corporel (nudité, peinture corporelle, poses et attitudes provocantes, vêtements extravagants... ) pour dire leur ras-le-bol face à une situation inacceptable.

Dans le cas de l'appel fait aux femmes togolaises, faire de la féminité, donc de la disposition naturelle à la procréation, une expression de refus d'une situation révoltante, de protestation contre  un régime qui tue nos enfants, qui ne leur garantit aucun avenir, un régime foncièrement opposé à l'avenir de la nation , tout cela n'est que bien choisi, à mon humble avis.

Le corps de la femme en général, celui de la femme en devenir, la jeune fille, dans un certain nombre de cérémonies appartenant aux rites prénuptiaux, parfois nu sauf le cache-sexe, les perles et autres parures, comme dans le rite Adifo des Adangbé ou le rite Krougnima des Bassar, n'est pas exposé à des fins érotiques ou de spectacle de rue ( surtout pas pour faire exotique ) mais pour des raisons de signification sérieuse.

 

Et, lorsque des femmes, surtout des femmes d'âge mûr, se mettent en tenue d'Adifo ou de Krougnima, ou même complètement nues pour protester contre un comportement, une situation, c'est d'abord une imprécation, une malédiction proférée à l'encontre de la personne ou du groupe de personnes, auteur ou à l'origine de ce comportement, de cette situation. Lorsqu'elles se montrent dans toute leur féminité, c'est pour rappeler qu'elles, les mères de tous les enfants de la nation, les mères de l'avenir exigent que cette situation change. Et elle doit changer. La pire des abominations pour un homme, n'est-ce pas de voir, par sa propre faute, la nudité de sa propre mère? On dit en mina E da! Traduisez, si vous voulez par : il a rompu l'équilibre, il a manqué à la loi de la nature, il s'est mis en marge du destin. C'est ce que nos femmes ont voulu exprimer au groupe d'hommes au pouvoir. Beaucoup plus qu'au modèle littéraire de l'Athénienne Lysistrata, c'est au souvenir bien réaliste de toutes les femmes togolaises, parmi lesquelles des héroïnes et même des meneuses d'hommes, qui avaient joué un rôle primordial dans la lutte pour l'indépendance que le CST, par la voix d'Isabelle Améganvi se réfère : leurs grèves menées avec détermination contre certaines mesures de l'administration coloniale, leurs contributions financières, leurs participations massives  et actives aux meetings...

Bien entendu, il n'est pas question ici d'attribuer des effets magiques au défilé des femmes nues dans la rue. Cependant, le corps, vous diront les spécialistes de l'expression, est plus subversif que la parole. C'est ce qu'ont compris nos femmes. Et, c'est, peut-être, redoutant cette force subversive, que certains tentent de les dissuader, de les couvrir de sarcasme, de paraître amusés par leur manifestation.

Pour finir, je dirai que toute citoyenne, tout citoyen, dans le cadre de la désobéissance civile lancée par le CST que nous prenons très au sérieux, peut, doit utiliser tout moyen d'expression à sa disposition pour mettre fin au système qui a rompu l'équilibre national dans notre pays en bafouant sa loi fondamentale. Dans cette volonté d'en finir avec la bande de hors-la-loi qui nous prend en otages plutôt que de nous gouverner, que personne ne nous intimide par un  sarcasme malveillant, peut-être utilisé par des gens en service commandé. Que personne ne nous distraie du but visé et ne limitons pas nous-mêmes nos propres capacités  d'imagination...Tous les langages doivent être utilisés : articles, caricatures, chansons satiriques  dans le style des Pussy Riot de Russie (vraie émeute de chattes contre un dictateur nommé Poutine), dessins humoristiques, tchitchavi (marionnettes),  masques, sketches sarcastiques à l'égard des détenteurs illégitimes du pouvoir. Il s'agit de harceler de tous les côtés, par tous moyens d'expression, ceux qui croient détenir le monopole des moyens de nous poursuivre, de nous traquer, matraquer, gazer, malmener, oppresser, tuer...

Par Sénouvo Agbota ZINSOU

Source : www.lynxtogo.info

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Les lions indomptables du Cameroun dans les tréfonds. La Fédération égyptienne de football a décidé d’annuler le match amical.

9 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Les lions indomptables du Cameroun dans les tréfonds.

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La Fédération égyptienne de football a décidé d’annuler le match amical qui devait opposer les Lions Indomptables du Cameroun aux Pharaons, mardi à Alexandrie. Inintéressant. 

La Fédération égyptienne de football a décidé d’annuler le match amical qui devait opposer les Lions Indomptables du Cameroun aux Pharaons, mardi à Alexandrie.  

Le sort continue à s’abattre sur l’équipe nationale du Cameroun. Après leur déculottée historique samedi à Praia devant la modeste sélection du Cap-Vert (0-2) en match aller du dernier tour des éliminatoires de la CAN 2013, le sélectionneur Denis Lavagne et ses hommes viennent d’apprendre que la Fédération égyptienne de football a décidé d’annuler le match amical qui devait les opposer aux Pharaons, mardi à Alexandrie. « Nous avons été informés ce matin par un émissaire de l’association égyptienne qui nous a aussi fait savoir que c’est pour des raisons de sécurité », affirme à Footafrica365.fr un responsable de la délégation camerounaise, restée dans la capitale cap-verdienne alors que les Lions Indomptables étaient supposés regagner Dakar au Sénégal immédiatement après le match contre les Requins Bleus du Cap vert. « Après le match, on a eu quelques soucis. Finalement, le programme a subi des modifications. Avec l’annulation du match, les joueurs partiront une fois d’ici pour leur clubs respectifs », explique notre source.

Paul Nana, à Douala

Source : Football365

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Achille Mbembe : l’explosion du Mali et l’instabilité du Sahel sont les prémices d’une désintégration du continent.

9 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Achille Mbembe : l’explosion du Mali et l’instabilité du Sahel sont les prémices d’une désintégration du continent.

 

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Conflits : “Aucun Etat africain n’est à l’abri d’une dislocation”

Pour l’écrivain et historien camerounais Achille Mbembe, l’explosion du Mali et l’instabilité du Sahel sont les prémices d’une désintégration du continent. Mais l’historien ne se contente pas de donner l’alarme, il avance des propositions pour “sortir de la grande nuit”.

 

 

 

Bon nombre de pays d’Afrique sont de plus en plus confrontés à des tensions identitaires. Comment en sortir ?

Achille MbembeL’Afrique, au lieu de se transformer et de redevenir un vaste espace ouvert aux circulations et aux échanges des hommes, des idées et des biens, avec l’éclatement des Etats existants, s’oriente vers la création de micro-Etats sans nom, sans voix, sans poids propre. Nous devrions aller dans la direction opposée, mais la manière dont la plupart de nos Etats sont gouvernés crée malheureusement des conditions telles que pour beaucoup la seule solution, c’est le séparatisme. C’est ce qui s’est passé au Soudan.

C’est en partie le cas du Mali…

Bien sûr, mais le Nigeria n’est pas non plus à l’abri d’une dislocation. Aucun Etat africain, à l’heure où je parle, n’est à l’abri d’une dislocation. On assiste actuellement à une extraordinaire désintégration du Sahara. Ce n’est pas qu’un désert. Il recèle d’énormes richesses, du pétrole, du gaz, de l’uranium, et il fait donc l’objet de convoitises de puissances extérieures à l’Afrique et dont les intérêts ne sont pas nécessairement les nôtres.

Pensez-vous, comme certains, que ce sont des puissances occidentales qui tirent les ficelles des conflits en Afrique, notamment dans le Sahara ?

Historiquement, disons que les puissances occidentales, avec leurs interventions à la fois militaires et économiques en Afrique, n’ont produit aucun exemple positif. Je demande que l’on me cite un seul exemple d’intervention extérieure qui ait accéléré le développement du continent. Il n’y en a pas ; ce sont des interventions qui compliquent davantage la scène locale et dont les coûts humains, économiques et sociaux sont incalculables. C’est ce qui s’est passé en Libye, par exemple, où l’intervention militaire de l’Otan s’est produite d’une manière telle que cette organisation ne s’est point intéressée aux conséquences. Par principe, je suis contre les interventions extérieures en Afrique, ce qui signifie en retour que le continent devrait se doter de moyens internes pour se gouverner lui-même, ce que malheureusement il ne fait pas.

Avec le Mali, la Guinée-Bissau ou encore la Libye, on a vu une Union africaine et une Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) attentistes. Faudrait-il repenser la mission de ces institutions ?

L’heure est venue de construire un véritable agenda africain pour le XXIe siècle face, effectivement, aux risques de dislocation des Etats, alors que nous devrions avancer vers la construction de larges espaces africains unifiés qui feraient la force propre du continent. Face également aux convoitises que l’on vient de signaler, il est important que, sur le plan continental, nous ayons, par exemple, une politique africaine à l’égard de la Chine. La Chine a une politique chinoise à l’égard de l’Afrique, mais l’Afrique, pour le moment, n’a pas de politique africaine à l’égard de la Chine, alors que les chiffres officiels du gouvernement chinois prévoient l’arrivée chez nous d’ici cinquante ans d’à peu près 20 millions de Chinois. Nous n’avons pas de politique africaine à l’égard de l’Europe alors que la politique européenne en Afrique semble se réduire à la gestion des flux migratoires et à l’affirmation d’une volonté d’apartheid qui se nourrit, au fond, du racisme.Mais tout ce travail exige d’énormes investissements analytiques et intellectuels, et une vision sur le long terme qui trancherait avec le court terme des politiques d’instrumentalisation du pouvoir à des fins privées.

Et quelle doit être la place, dans ce schéma, de l’Afrique du Sud, que vous citez souvent comme modèle ?

Nous avons, par réalisme stratégique, besoin de l’émergence sur le continent de deux ou trois pouvoirs hégémoniques. Nous ne pouvons pas fonctionner sur la scène mondiale avec une poussière d’Etats faibles et de pacotilles qui ne pèsent d’aucun poids, ni sur le plan régional ni sur le plan international. L’Afrique du Sud, de par sa force, son histoire, sa richesse, et une certaine sophistication institutionnelle et sociale, est évidemment candidate à cette position. Mais il faudrait créer les conditions pour qu’émergent des points et des pouvoirs régionaux, en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale – ventre mou du continent – et en Afrique de l’Est. Ces moteurs permettraient d’entraîner le reste des pays dans la construction d’un agenda africain.

François Hollande vient d’être élu président de la République française, signant le retour de la gauche aux affaires. Comment voyez-vous l’avenir des rapports entre la France et l’Afrique ?

Il faudrait que l’on arrive à un point où l’avenir des rapports entre l’Afrique et la France soit décidé en Afrique et ne dépende plus des élections françaises. Pour y arriver, il faudrait que les forces africaines s’organisent, qu’elles pensent sur le long terme et investissent dans l’effort d’analyses, d’interprétations, de connaissances qui permettent de transformer le savoir en pouvoir.Ce qui me frappe : les élites françaises, qu’elles soient de droite ou de gauche, n’ont pas développé un concept de l’Afrique qui soit à la mesure des mutations de ce continent. Il y a un décalage extraordinaire entre ces mutations, les connaissances que nous en avons et les politiques rétrogrades mises en place par les gouvernements successifs de la France, qu’ils soient de gauche ou de droite. De ce point de vue, il faut que l’Afrique reprenne l’initiative. La fin de la Françafrique, c’est-à-dire le démantèlement du système de corruption mutuelle des élites africaines et des classes prédatrices francophones, sera le résultat de l’action des forces africaines organisées solidairement, et bien entendu des forces similaires en France qui veulent voir la fin de ce système.

Mais, en attendant, ne pensez-vous pas qu’il est urgent pour François Hollande de corriger le discours de Dakar prononcé par l’ex-président Nicolas Sarkozy ?

Peu importent ses priorités, ce qui m’intéresse au premier chef, c’est d’organiser en Afrique même les capacités intellectuelles, politiques, qui feraient que l’aventurisme étranger sur le continent se solde par un prix très élevé et que cela fasse réfléchir tous ceux qui pensent que l’Afrique reste leur terrain de jeu.

Et quel est le rôle des élites africaines dans ce changement ?

Il faut plutôt que l’on constitue une contre-élite. Ce qui s’est passé, c’est que les élites ont été décapitées. Les élites sont passées par un processus que Gramsci appelait “transformisme”. Ce qui me frappe dans nos sociétés, c’est la capacité des Etats africains à décapiter leurs élites et à les soumettre à travers un système de dépendance, de corruption. D’où la nécessité d’une contre-élite porteuse d’un projet de transformation radicale du continent, parce que l’Afrique a besoin d’une transformation radicale. Malheureusement, les forces susceptibles de conduire à cette transformation manquent pour le moment à l’appel et voilà le dilemme auquel nous faisons face.

Propos recueillis par Antoine de Padou

Source :courrierinternational.com

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Ministre Koné Katinan : j’ai vu la franceafrique de mes yeux.

9 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Ministre Koné Katinan : j’ai vu la franceafrique de mes yeux.

 

              



 

http://www.youtube.com/watch?v=5auGPrbWIUI

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Semaine des Héros et Martyrs camerounais ....

8 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Semaine des Héros et Martyrs camerounais              Du 8 septembre au 15 septembre 2012               "Souviens-toi, pour ton avenir"    



     Affiche-semaine-des-heros-et-martyrs-copie-1.pngMartin paul SambaRudolf-Doualla-Manga-Bell.jpg

                              

Osende--Afana.jpg  ......... et beaucoup d'autres

 

 

 

Venez nombreux pour célébrer la mémoire historique camerounaise

Le 08 septembre 2012 de 15h à 19h

Au Periph’Nord

141 Avenue Michelet 93400 Saint Ouen

Mo Porte de Clignancourt (Terminus Metro Ligne 4)

Info: neuronesnews@gmail.com  

http://heros-et-martyrs-camerounais.overblog.com

 

 

 

 

                                                                                     AVEC LA PARTICIPATION

    LOGO ACP-DH     -   logo-addec.jpg   -  Logo-AfrohistoramaAFROHISTORAMA  Cercle LAMBI 

 

             Collectif Mémoire  -  Afrikunie.png         African Arts Academy

 

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Yves Mintoogue : « L’affaire Marafa, comme la quasi-totalité des procès de l’opération épervier, est une mascarade et une scandaleuse parodie de justice »

6 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Yves Mintoogue : « L’affaire Marafa, comme la quasi-totalité des procès de l’opération épervier, est une mascarade et une scandaleuse parodie de justice »

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Yves Mintoogue est étudiant Camerounais en Science Politique à l’université Paris I Panthéon Sorbonne. Il y prépare une thèse de doctorat sur « "l’indigène" comme acteur politique » et vient d’effectuer quatre mois au Cameroun. Quatre mois au cours desquels il a mené une enquête  de terrain sur les « classes moyennes en Afrique »  pour le compte du LAM (Les Afriques dans le Monde) de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux dont il est membre depuis décembre 2011. Il a par ailleurs beaucoup de contributions scientifiques, dans les journaux, sur les sites internet comme cet article « la fabrication de l’unité nationale au Cameroun : dynamique consensuelle ou projet hégémonique » paru dans la revue Hiototi, n°2, 2005 et repris par le sitewww.Africultures.com .

 

 Il s’est livré à nous pour éclairer les lanternes et partager son point de vue sur la situation socio politique du Cameroun.

 

 

Yves Mintoogue, Bonjour. Vous êtes étudiant Camerounais en France depuis quelques années. Vous venez de terminer un long séjour au Cameroun. Comment avez-vous trouvé ce pays ? Est-il différent de ce que vous avez laissé ?

 

Bonjour. Je viens effectivement de passer près de quatre mois au Cameroun. Mon séjour s’inscrivait notamment dans le cadre d’une enquête de terrain sur les « classes moyennes en Afrique » que je devais réaliser pour un groupe de recherche du LAM (Les Afriques dans le Monde), centre de recherche français spécialisé sur les études africaines et rattaché à l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux.


Je crois pouvoir dire que le pays n’a guère changé. Que ce soit sur les plans infrastructurel, économique, social ou politique, c’est la même morosité. Tout piétine ; tout trahit le manque d’imagination et d’ingéniosité de ceux qui gouvernent ce pays. C'est triste et révoltant de voir un pays
dont les populations sont aussi dynamiques et entreprenantes s’enliser dans la médiocrité. Seule prospère une culture de la corruption et de la prédation qui chaque jour un peu plus gangrène tout. Ceux qui essaient d’une manière ou d’une autre de résister et de combattre ces forces autodestructrices se retrouvent dans un environnement où les ressources nécessaires pour une telle lutte (qu’elles soient politiques ou économiques) se font de plus en plus rares. Le pessimisme, le défaitisme et le cynisme gagnent du terrain. Il m’a semblé qu’au Cameroun nous n’abordons pas encore la pente ascendante, hélas.

 

Ceci dit, ceux qui cèdent au défaitisme ont tort. Nous devons être endurants. Rien n’est irrémédiablement perdu et le potentiel de ce pays reste entier.


Depuis quelques temps, l’affaire Marafa du nom de l’ex MINATD Marafa Hamidou Yaya fait les choux gras de la presse Camerounaise. Après avoir été démis du gouvernement en décembre dernier, Marafa Hamidou Yaya a été incarcéré à la prison de Kondengui avec l’ex Premier ministre Inoni Ephraim. S’en est suivi une longue activité épistolaire marquée par près de cinq lettres ouvertes adressées au chef de l’Etat et au peuple Camerounais. Quelle est votre appréciation de cette affaire Marafa Hamidou yaya ?

 

L’affaire Marafa est à replacer dans le contexte plus global de ce qu’on appelle « l’opération épervier ». C'est-à-dire en réalité un cheval de Troie judiciaire qui tente de cacher des règlements de compte de divers ordres sous le couvert pudique d’une campagne d’assainissement des mœurs et de lutte contre la corruption. Au sein de la mafia politico-administrative qui nous gouverne, les coups bas, les collusions criminelles et la délation – le tout sur fond de fidélité réelle ou feinte à Paul Biya, véritable « homme-dieu » – sont des pratiques courantes.

 

L’affaire Marafa, comme la quasi-totalité des procès de l’opération épervier est donc une mascarade et une scandaleuse parodie de justice. Que les têtes des victimes de l’épervier plaisent ou non, nous devons nous en tenir au principe que nul n'a le droit de se moquer ainsi de tout un peuple et d’embarquer l’institution judiciaire dans la remorque de sa turpitude en déguisant des règlements de compte mafieux en campagne de moralisation de la vie politique et de lutte contre la corruption. Il serait naïf de se mettre à applaudir des dénis de justice et de droit simplement parce que ceux qui en sont victimes ne nous plaisent pas ou parce qu’ils comptaient hier parmi les caciques d’un régime qui écrase les populations. Ceux qui agissent ainsi ne sont pas vraiment différents de ceux qu’ils critiquent. Qu’ils en soient conscients ou non, ils apportent une caution à cette sorte de « justice » aux ordres et de droit taillé sur mesure que le régime veut instituer. Ce n'est pas parce qu’on n'aime pas ceux qui sont arrêtés ou qu'ils ont eux-mêmes fait partie de la mafia gouvernante qu’on va se mettre à applaudir le « chef bandit » lorsqu’il pousse la mascarade et l'imposture jusqu'au point de se poser en pompier. Il n'y a pas de « bonne injustice » et on ne peut pas admettre un déni de droit sous prétexte que la victime serait de toutes les façons coupable de quelque chose, même si elle ne l’est pas de ce dont on l’accuse ouvertement.

 

Ceci dit, ce qui rend Marafa plus intéressant, à mes yeux, que tous ceux qui ont jusqu'ici été arrêtés dans les mêmes conditions que lui, c'est le fait qu'il lui reste suffisamment de courage et un sursaut de dignité pour refuser de mourir en victime résignée qui continuerait, du fond même du trou où on veut l'enterrer vivant, à ramper et à implorer la pitié de « l’homme-dieu ». Jusqu'ici, il reste le seul membre du « gouvernement de Kondengui » qui ait eu assez de dignité humaine pour se retourner contre le monstre hideux qu'il a servi et lui dire qu'il n'a aucune leçon de vertu à recevoir de lui.

 

Par ailleurs, je pense que ceux qui se présentent comme les forces alternatives au Cameroun devraient travailler à faire basculer définitivement des hommes comme Marafa dans le camp de l’opposition au régime en place, tout en prenant évidemment soin de ne jamais en faire des figures de premier plan. De telles défections enregistrées au sein du régime peuvent être d’un secours déterminant pour accélérer sa chute.


Plus généralement, que pensez-vous de l’opération épervier ? Jusqu’ici, tout un gouvernement est en prison avec un chef de gouvernement, est-ce à dire que les hauts dirigeants camerounais sont des Voleurs ?

 

J’ai parlé tout à l’heure de mafia. C'est tout dire... C’est un système où on est véritablement admis et où on ne peut faire carrière que si on s’est suffisamment compromis ou du moins si on a montré de bonnes dispositions à le faire. Ce que les membres ont en commun et qui fonde leur pacte de solidarité c’est justement le fait qu’ils sont tous trempés jusqu’au cou. Ainsi, le salut de tous est lié à la survie du régime qui protège les crimes de ses membres. Tout se tient dans cette configuration : le régime les tient mais cela ne les empêche pas de défendre  le régime du mieux qu’ils peuvent, parce que leur survie en dépend. Le seul risque qui demeure alors pour eux est la disgrâce ; puisqu’ici tout vient du chef. Nul n’a rien du fait de son mérite propre ; se prévaloir de quelque mérite est d’ailleurs une offense au chef. Nul « n’existe » qui n’ait été « créé » par le chef. Il faut donc rivaliser d’allégeance, de courtisanerie et de bêtise pour rester dans ses bonnes grâces. Ceux qui sont en prison aujourd’hui sont simplement ceux qui, à un moment ou à un autre, ont posé des actes qui ont été perçus (à tort ou à raison) comme violant ce code de conduite interne. C’est tout.


Au mois de juillet dernier, Mgr Victor Tonye Bakot, Archevêque métropolitain de Yaoundé et grand chancelier de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, a envoyé une correspondance au doyen de la Faculté des Sciences sociales et de Gestion de cette université fustigeant la présence pléthorique des étudiants et des enseignants « Bamiléké ». Qu’est-ce que cela vous inspire ? Cette lettre est-elle la bienvenue à l’heure où les Camerounais veulent converger tous vers l’unité nationale ?


Je dois dire que c’est plutôt l’étonnement que cette lettre a semblé susciter chez les Camerounais qui m’a surpris, et aussi l’émoi qui s’en est suivi. Non point que cette lettre n’ait rien de scandaleux mais c’est qu’il faudrait que les Camerounais soit cohérents et conséquents. La lettre de Tonye Bakot n’a plus rien de surprenant lorsqu’on connaît l’environnement dans lequel elle a été émise. Nous sommes dans un pays où depuis l’indépendance ceux qui gouvernent sont plus soucieux des considérations ethno-régionales que de la citoyenneté. Les ethnies sont posées comme l’horizon indépassable de notre communauté politique. C'est à elles (c’est-à-dire en fait à ceux qui prétendent parler en leurs noms respectifs, sans qu’on sache d’ailleurs jamais précisément de qui ils ont reçu mandat) que l’État estime devoir allouer des ressources et redistribuer les richesses du pays. Du coup les citoyens sont assignés à leurs identités ethniques. Ils n’existent et n’ont de place qu’en fonction d’elles. L’intelligence, la compétence managériale ou l’expertise technique ne valent que dans la mesure où elles obéissent à ces équations tribales. Dans cette configuration, ce n’est pas à l’égard des citoyens que l’État estime devoir parler d’égalité des chances ou de répartition juste et équitable des ressources mais à l’égard des ethnies qui sont ainsi absolutisées et transformées en forces politiques légitimes. Ce que les citoyens ne peuvent obtenir du fait de leur mérite ou de leur compétence peut devenir accessible dès lors qu’ils recourent au levier ethnique.

 

L’institutionnalisation de l’équation tribale et son érection en mode prééminent de gouvernement s’inscrit en droite ligne de la fable imbécile héritée de la colonisation et selon laquelle, sans la dévolution de tous les secteurs de la vie publique à une généreuse distribution de rentes et de strapontins ethnico-villageois, nos États multiethniques finiraient par imploser du fait des conflits tribaux qui, semble-t-il, travailleraient en permanence la société. Or, le trafic vicieux qui consiste à introduire les considérations tribales et ethniques dans le champ proprement politique ne fait qu’hypertrophier les identités ethno-régionales. Les ethnies sont transformées en ressources politiques et c’est ainsi qu’on entretient dans l’esprit des Camerounais l’idée pernicieuse que l’ethnie serait une référence légitime dans la hiérarchie des valeurs qui fondent notre vivre ensemble.

 

Ruben Um Nyobe mettait déjà en garde, il y a près de 60 ans, contre cette instrumentalisation des ethnies qu’il qualifiait de grave « erreur politique ». Mais ceux qui nous gouvernent n’ont malheureusement ni d’autres valeurs, ni d’autres modèles politiques à faire valoir. Ayant hérité de ce qu’ils n’ont jamais revendiqué ni anticipé (l’indépendance), ils se contentent de gérer la routine, sans imagination et en proie à une oisiveté dont ils ne se distraient que dans le faste et la débauche.

 

Quant à M. Tonye Bakot, je pense qu’il incarne aujourd'hui ce que l’église catholique au Cameroun a de plus réactionnaire, opportuniste et rétrograde. Ses attitudes depuis son arrivée à la tête de l’archidiocèse de Yaoundé m’ont préparé au pire, venant de lui. Au lendemain de chaque élection contestée au Cameroun (même lorsqu’il est arrivé que les observateurs de la Commission Justice et Paix commettent un rapport  peu élogieux), il s’est empressé d’adresser ses chaleureuses félicitations au parti au pouvoir et à son chef, sans la moindre nuance. Au lendemain des émeutes de février 2008 et du massacre qui s’en était suivi, il a fait une homélie dans laquelle il n’avait rien trouvé de mieux que d’enjoindre aux Camerounais de « respecter l’autorité » établie, sans juger utile de rappeler à ceux qui incarnent cette autorité qu’ils ont le devoir de préserver la vie des citoyens et de garantir leurs libertés. Mentionnons aussi qu’ayant construit des clochers pour la cathédrale de Yaoundé, il n’a pas trouvé mieux que de les baptiser du nom de Mgr René Graffin qui fut évêque de Yaoundé à l’époque coloniale et qui y brilla particulièrement par son racisme et l’incitation au tribalisme, comme en témoigne le père Meinrad Hebga dans le livre intitulé La dialectique de la foi et de la raison. Hommages à Pierre Meinrad Hebga (Editions Terroirs, 2007). Nul doute que Tonye Bakot s’inscrit donc lui-même dans la lignée de Graffin et de ses confrères de l’époque qui, dans leur connivence avec le pouvoir colonial, conseillaient aux Camerounais de ne pas se révolter contre la domination coloniale qui relevait, d’après eux, de l’accomplissement du dessein de Dieu lui-même.


Vous avez publié un article sur le site Africultures dans lequel vous ressortiez le problème anglophone. Concernant les « bamilékés », au regard de l’Histoire de notre pays, pensez-vous qu’il y’a un problème Bamiléké au Cameroun ?

 

Comme je l’ai dit plus haut, il y a un problème sérieux et assez grave au Cameroun qui touche à la gestion des identités particulières et de la diversité ethnique du pays. Il y a un problème ethnique général qui procède surtout de ce que nos gouvernants ne se sont jamais penchés sérieusement sur la question de savoir comment bâtir et faire fonctionner l’État-nation dans un contexte de diversité ethnique et culturelle. Une gestion intelligente et judicieuse de la diversité ethnique nécessiterait que les identités particulières soient préservées tout en évitant leur instrumentalisation et leur introduction dans le champ des luttes proprement politiques. Mais au Cameroun, on a cédé à la dérive qui consiste à se servir des ethnies comme ressources politiques ; on a dont logiquement débouché sur une configuration où elles se posent en rivales et en adversaires (voire en ennemies) les unes par rapport aux autres. C'est à ce stade que nous en sommes, hélas.

 

Et dans cette situation où l’obscurantisme ethnique est non pas combattu mais savamment entretenu et même alimenté par le politique, on ne peut pas nier qu’il y ait non pas un « problème bamiléké » en soi mais du moins une « question bamiléké ». Tout comme certains estiment du reste qu’il y aurait une « question béti », une « question sawa », une « question mbororo », une « question "nordiste" », etc. Ces communautés ethniques ne deviennent des « questions », voire des « problèmes » comme vous le dites, à leurs propres yeux ou aux yeux des autres, que parce que c’est en termes ethniques qu’on est amené à poser des questions aussi cruciales que celles de savoir : qui est le frère ? Qui est l’ennemi ? Où suis-je chez moi ? Qui est garant de mes intérêts ?…

 

Et c’est en termes ethniques aussi que ceux qui pensent ainsi imaginent leurs rapports au pouvoir - qu’il soit politique, économique ou intellectuel. C'est dans cette logique qu’on entend certains dire qu’ils détiennent le pouvoir (par frère du village interposé) et prétendre être prêts à tout pour le garder ; d’autres soutiennent que telle ethnie prétendument au pouvoir aujourd’hui devra être exclue demain de toutes les instances dirigeantes parce qu’elle serait coupable d’avoir tout confisqué ; d’autres encore nous disent que telle autre ethnie jugée « dangereuse » n’accèdera jamais au pouvoir dans ce pays tandis que certains autres arguent que du fait de leur nombre ou de leur fortune, le pouvoir politique devrait leur revenir de droit. Des prétendues « minorités » germent ici et là et s’estiment « menacées » d’envahissement « chez elles » par des « majorités » qui, elles, revendiquent plus de représentativité politique en vertu de la même balance ethniciste.

Il nous faut sortir de cet indigénisme. Les ethnies n’ont aucune validité ou légitimité en tant que forces politiques. Les discriminations dont les Camerounais sont victimes (qu’ils soient francophones, anglophones, bamiléké, béti ou nordistes) trouveront leur solution lorsque nous réussirons à bâtir un État véritablement démocratique et inclusif, soucieux d’équité et de justice à l’égard de tous les citoyens, soucieux aussi du respect des droits de tous et des identités particulières des uns et des autres.

 

L’interdiction de la conférence de presse du 13 Aout dernier au Hilton hôtel est-elle une atteinte à la démocratie dans notre pays ?

 

Des spectacles aussi désolants et scandaleux que celui-là ne surprennent plus grand monde. Ils font partie du quotidien des Camerounais depuis le retour du multipartisme au Cameroun au début des années 1990. Les droits individuels ou collectifs les plus élémentaires des Camerounais sont régulièrement piétinés par les pouvoirs publics camerounais. Nous avons sans doute affaire à l’un des régimes les plus violents et les plus brutaux d’Afrique noire ; avec la bêtise en prime. Il ne s’est jamais désenvouté, depuis l’époque des ordonnances contre la subversion du lendemain de l’indépendance. C'est cela la postcolonie, comme dirait Achille Mbembe.

 

          Merci pour votre disponibilité .

                                                                                              

Entretien réalisé par Ulrich K. Tadajeu

Source : lenegociateur.blog4ever.com

 

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Cameroun : Hilaire Kamga - Oui, le Cameroun de l’après Biya se fera avec les Bamiléké, n’en déplaise à vous et aux autres tribalistes …. L’heure des Bamiléké a sonné… .

6 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

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Cameroun : Hilaire Kamga - Oui, le Cameroun de l’après Biya se fera avec les Bamiléké, n’en déplaise à vous et aux autres tribalistes ….  L’heure des Bamiléké a sonné… .

 

 

 

Hilaire Kamga répond à

 

Mgr Victor Tonye MBAKOT,

Grand Chancelier de l’UCAC

 

 

Objet : Votre appel à la discrimination ethnique

 

Monsieur le Grand Chancelier,

 

Je me permets de faire irruption dans vos services, peut être sans titres, mais avec des droits que me confère la qualité de fidèle catholique,  de laïc du diocèse dont vous avez la charge, pour m’interroger sur les mobiles de vos dérives épistolaires et surtout sur votre démarche tribaliste adossées sur un ostracisme répugnant, qui ont naturellement contribué à jeter les Camerounais encore lucides dans l’émoi total.

 

En effet, lorsque j’ai lu, comme plupart des Camerounais, votre fameuse lettre adressée au Doyen de la faculté de sciences sociales  et de gestion de l’UCAC, le père Martin Briba de nationalité Burkinabé, j’ai cru me retrouver au Rwanda avec la radio des milles collines. Médusé, tétanisé, bouleversé par l’extrême  grossièreté de vos propos et surtout leur gravité au regard de la posture de l’auteur que vous êtes , notamment un « prêtre » dont l’une des principales missions est et reste de promouvoir la Justice, et non la discrimination.  Vous ne vous êtes aucunement senti gêné par l’engagement des millions de fidèles à vos cotés dans la promotion de la parole de Dieu pour fouler au pied les valeurs éthiques et morales qui sous-tendent l’action de l’Eglise catholique. Vous avez décidé de briser tout cet espoir que les fidèles catholiques placent en vous.! Votre problème c’est le trop plein des gens de l’Ouest qui vous donne les insomnies.  Ce sont ces bamiléké et Bamoun qui vous dérangent. Ils sont partout nombreux dans « Votre Université ». Aussi bien dans le corps enseignant où vous y voyez plus de 48 %, que dans le corps estudiantin, où vous en dénombrez plus de 70%. Merde ! Comment est-ce possible que « ces gens » vous envahissent tant ?  Ah, je comprends, ils sont si nombreux parce que leur « frère du village »,  mieux encore cet empêcheur de tourner en rond « père Lado », et opposant de prêtre, a trouvé des bonnes stratégies pour infester l’UCAC de ces « tricheurs », ces faussaires, etc.   Non, pas tant que vous êtes Grand Chancelier  à l’UCAC. 

 

Oui,  Mgr Tonye Bakot, c’est ce qui transparait de vos écrits. A vrai dire, vous m’avez déçu et vous ne mériterez plus ma confiance. Pour vous, les gens de l’Ouest seraient des tricheurs, qui bénéficieraient d’un réseau organisé avec les signes sur les feuilles anonymées. Quelle prétention ! Quelle outrecuidance venant d’un « homme de Dieu ». Vous affirmez sans ambages que la répartition des étudiants de l’UCAC au  campus d’Ekounou  est  «Centre 194 ; Est : 9 ; Littoral : 214 ; Nord : 32 ; Nord-ouest  et Sud-Ouest : 36 ;   Sud : 115 ; Ouest : 721.  Comment se fait-il que la seule région de l’Ouest compte près de 60% des étudiants à Ekounou (…)Est-ce parce qu’ils trichent ? ».

 

Sur ces différentes questions concernant le ratio des étudiants et des enseignants originaires de l’Ouest, je suppose que le Père Ludovic Lado, vous a donné les éclairages nécessaires aussi bien sur les faits que sur la norme. Il vous a rappelé ce que vous n’aurez jamais dû oublier, que seules les valeurs de mérite et de compétence  déterminent l’accès et la réussite à l’UCAC (vous deviez pourtant le savoir en tant que Grand Chancelier). Je rappelle, pour votre gouverne, les arguments massues de ce brillant intellectuel Jésuite,  qui fait la fierté de la nouvelle génération au Cameroun. 

  Au sujet du recrutement des enseignants associés et permanents

« A l’UCAC, ce n’est pas la faculté qui recrute mais le rectorat. La procédure est bien connue et a toujours été respectée (…..). Les conclusions du comité de recrutement sont ensuite acheminées au rectorat qui procède à la nomination des nouveaux enseignants. Je signale qu’aucun ressortissant de la région de l’Ouest ne siège au comité de recrutement et que, jusqu’ici, il n’y a pas eu de Recteur originaire de la région de l’Ouest. Donc, s’il y a surreprésentation de la région de l’Ouest dans le corps enseignant, la Faculté n’y est pour rien. C’est le rectorat qu’il faut interroger !

 

Au sujet du recrutement des étudiants

Le concours d’entrée en première année de la Faculté est supervisé par le Doyen et le Vice Doyen appuyés par leurs assistants respectifs. (….) Précisons que le concours est administré dans toutes les régions du Cameroun et dans tous les pays de la sous-région après une campagne soutenue d’information dans les établissements scolaires. (……) ..Après l’administration des épreuves, les assistants du Doyen et du Vice Doyen appuyés par les assistants pédagogiques (et aucun d’eux n’est de la région de l’Ouest) s’occupent de l’anonymat, du dispatching des copies aux correcteurs dont la listes est ouverte à tous les enseignants de l’UCAC, pas seulement de la faculté. Quel intérêt nos assistants qui ne sont pas de la région de l’Ouest auraient donc à mettre des signes sur les copies anonymées des candidats de la région de l’Ouest ? (…..).

Le Doyen et le Vice Doyen n’y ont jamais demandé une faveur pour un quelconque candidat et même les évêques se gardent de nous faire des recommandations ou demandes dans ce sens parce qu’ils connaissent notre réponse. Pour nous, l’entrée à la Faculté est fondée sur le culte du mérite.  Les considérations d’ordre ethnique ne font pas partie de nos critères d’appréciation et de nos valeurs. A la délibération, nous regardons les notes et pas les noms! »

 

Vous voilà bien édifié. Mais au lieu de saisir ce beau cours magistral pour vous terrer dans un silence catholique, vous avez évolué dans votre obsession en poursuivant votre démarche tribaliste dans Cameroun tribune du 23 juillet 2012 où vous affirmez que « le Conseil supérieur a demandé  expressément au Doyen de la Faulté des sciences sociales et de gestion, d’éviter que le déséquilibre régional ne perdure, et qu’on corrige progressivement cette situation devenue scandaleuse, parce que l’université Catholique n’appartient pas à un pays, encore moins à une région du Cameroun qui en compte 10. » .

Voila qui est dit de la bouche d’un « évêque ».  En clair vous demandez qu’on installe à l’UCAC des mesures discriminatoires ciblant les ressortissants de l’Ouest. Vous parlez de quelle justice? Qu’y a-t-il de rationnel ? Vous êtes prêts à sacrifier le prestige de l’UCAC, obtenu grâce à une démarcation du système universitaire néocolonial camerounais qui est fondé sur la Mafia, la tricherie et surtout une politique de quotas dont la principale cible déclarée est la communauté Bamiléké (Dixit, le porte parole du Gouvernement Camerounais). Vous recommandez à l’Université catholique de revoir la domination Bamiléké dans le corps professoral quitte à recruter des incompétents avec à la clé un nivellement par le bas de la production de cette université.

C’est tout de même curieux que vous ne vous intéressez pas à la Faculté de Théologie, où le vice doyen nous affirme que « sur 14 professeur permanent, il y a 9  Betis ».  Non cette réalité ne vous intéresse pas, il faut simplement barrer la voie aux ressortissants de l’Ouest.

 

 

Si hégémonie Bamiléké il y a, vous ne pouvez rien y faire Mgr Tonye Bakot. C’est dans l’ordre des choses et de la nature.  L’église catholique qui est au Cameroun prône les valeurs de justice et de paix.  Vous devez éviter de faire basculer le Cameroun dans une rwandisation aux conséquences imprévisibles.

 

Il ne me revient pas de vous rappeler ce que vous savez peut être mieux que moi, que cette UCAC, anciennement Institut Catholique d’Afrique Centrale, est l’aboutissement d’un projet qui porte entre autres les griffes très déterminantes d’un autre Bamiléké en la personne de Mgr Albert Ndongmo. Si je pouvais donc me permettre une recommandation, je vous exhorterai à rester dans les principes de justice et de paix que prône l’Eglise catholique. Votre cabale contre les Bamiléké ne peut produire que l’inverse à savoir l’injustice (discrimination) et la guerre.  Cela est vrai pour toute cabale contre toute autre communauté ethnique au Cameroun.

 

Votre propre gestion de l’archidiocèse de Yaoundé….  Quels quotas ?

C’est lieu pour moi de m’intéresser sur votre gestion catastrophique depuis votre arrivée à la tête de l’Archidiocèse Yaoundé, en remplacement du très vénérable Mgr André Wouking dont les circonstances de la mort ne sont toujours pas élucidées à ce jour. Pouvez-vous nous donner des statistiques, selon les régions de provenance (ethnie), du personnel que vous avez-vous-même nommé dans les différentes structures relevant de l’Archidiocèse ? Une certaine rumeur laisse entendre que la seule région du Centre aurait plus 70% de postes et cela ne nous a jamais posé de problèmes dès lors que nous avions toujours cru que la compétence était le seul critère qui gouvernait aussi vos choix. Je voudrais bien vous voir infirmer ces informations.

De même, notant que vous avez autant de problème avec l’hégémonie Bamiléké, il serait aussi plus simple pour vous d’organiser la participation aux cultes dans les chapelles du Diocèse de Yaoundé, de manière à vous assurer que les ressortissants de l’Ouest ne sont pas trop nombreux lors des messes. Ce serait plus conforme à votre nouvelle posture tribaliste. Dans la même logique, il conviendrait de mettre en place un système qui permettrait d’équilibrer la provenance ethnique des dîmes et des collectes qui sont récoltés chaque dimanche dans les églises, de manière à s’assurer l’absence de domination des ressortissants Grassfields.

 

 Sur les traces de ceux qui ont combattus les Bamiléké au diocèse de Douala, et l’arrivée de Wouking à Yaoundé;

Monsieur le Grand Chancelier, je comprends que vous n’étiez pas sûrement très éloigné de ceux (originaires du Centre) qui en juillet 1999,  après la nomination de Mgr André Wouking comme Archevêque de Yaoundé, avaient érigé des barricades sur la Nationale Bafoussam-Yaoundé avec pour intention « d'empêcher les Bamiléké d'entrer dans la capitale » en brandissant des plaques sur lesquelles on pouvait y lire : " Pas d'Archevêque Bamiléké à Yaoundé ".  Malgré cette haine, Monseigneur Wouking fût installé et à peine 3 années après, le 08 novembre 2002, il subira une curieuse attaque qui l’emportera 2 jours plus tard.

 

Père Lado sur les pas de Mgr Albert Ndongmo (l’un des fondateurs de l’institut Catholique d’Afrique Centrale)  Par ailleurs, Je viens aussi d’apprendre que vous avez poussez votre haine jusqu’à commanditer le départ en exil forcé de Père Ludovic Lado. Cela ne me surprend guère car je vous sais plus dangereux que le pouvoir criminel de Yaoundé, cimetière des hommes de l’église et dont vous confirmez que vous en êtes un bras séculier.  Vous êtes très opposé aussi bien en valeur qu’en croyance à ce Jésuite exemplaire. Vous êtes pour l’injustice fondée sur l’exception ethnique alors qu’il vibre pour le mérite et la justice. Vous êtes pour la pérennisation au pouvoir du système néocolonial qui asservit le peuple camerounais depuis 60 ans. Le père Lado ne l’accepte pas et vous a d’ailleurs interpellé à ce sujet, à plusieurs fois. Votre allégeance au système en place est d’autant plus criarde que vous n’avez pas hésité à violer les règles fonctionnelles de la Conférence Episcopale en 2004 pour imposer dans les médias votre position personnelle sur l’élection présidentielle ; position qui était totalement contraire à ce que nous, responsables de l’Observatoire Chrétien des élections, nous qui étions sur terrain de l’observation, avions observé et que le Secrétaire général de la Conférence,  Mgr Laffont avait la charge légale  de rendre publique en tant que porte-parole de la CENC.  Le professeur Titi Nwel n’oubliear jamais cette épisode , et pour cause .

Je n’oublierai jamais toute la douleur que j’ai vécue en observant que vous apportiez votre caution au hold-up électoral alors que nous avions passé plus 4 années sur le terrain, à la demande des évêques, à former les chrétiens dans la perspective des bonnes et justes élections. Oui, vous êtes rarement du côté de la Justice … et même de la vérité. 

En essayant de contraindre à l’exil le Lado Ludovic, prêtre engagé, dont le principal crime est d’être Bamiléké, vous croyez arrêter ses idées qui irriguent de plus en plus les cœurs des citoyens camerounais. Je puis vous rassurer que vous vous trompez. C’est un homme loyal qui est attaché à ses convictions et surtout aux valeurs de justice. Partout où il sera, il influencera la structure réflexionnelle des chrétiens camerounais et donc des citoyens. Certains avaient, comme vous, fait le même pari, en exilant Mgr Albert Ndongmo (lui aussi Bamiléké) en 1975 après lui avoir  fait passer passé cinq 5 années de prison. Mais les idées véhiculées par ces combattants de la liberté continuent de nous habiter, de nous déterminer, de nous orienter. Alors, je suggère que vous changiez de stratégie. Rien alors rien, ne pourra bloquer l’évolution d’une communauté ou d’un peuple déterminé face aux multiples barrières systémiques.  Tout en étant Bamiléké, il est Jésuite. Cela suppose un attachement irréversible à des valeurs de compétence, de justice et de vérité et un détachement du sentiment tribal ;… bref la promotion des valeurs éthiques qui permettent de construire l’Homme compétent, l’Homme libre, l’homme insoumi.  Et le Cameroun peut se féliciter de l’action de ses communautés au Cameroun à travers les lycées et collèges dont ils ont la charge comme le collège Libermann ou bien l’UCAC dont il s’agit aujourd’hui.  C’est le contraire du système d’équilibre régional mis en place par les gouvernements de Yaoundé qui a le malheur d’avoir tiré le Cameroun vers le bas pendant des décennies.

 

Le postulat Lamberton et la détermination des bamiléké à ne plus se laisser marcher dessus ……

Oui, le Cameroun de l’après Biya se fera avec les Bamiléké, n’en déplaise à vous et aux autres tribalistes ….  L’heure des Bamiléké a sonné… .

 

Monsieur le Grand Chancelier,

Il est évident que les poids démographique, économique et intellectuel des peuples grassfields donnent des insomnies à ceux qui gouvernement dans l’opacité et qui servent des intérêts mafieux. Il est aussi évident que le problème de l’instauration d’une réelle démocratie  est très souvent  confronté à la peur de l’expression des Bamiléké dans le cadre d’une élection véritablement démocratique. Mais je dois ici affirmer que ce sont les attitudes de discrimination permanente et récurrente dont sont très souvent victimes les fils de cette Communauté qui les orientent vers un vote de type ethnique. En clair, plus le Bamiléké est indexé comme le problème, plus il considère très sérieusement la thèse du vote ethnique, du vote réparateur d’un grand préjudice historique  Bamiléké.

Il est aussi établi que la littérature haineuse anti-bamiléké a toujours habité ceux qui avaient une parcelle du pouvoir discrétionnaire au Cameroun. En mars 1960, le Colonel Lamberton écrit : “Le Cameroun s’engage sur les chemins de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké… ”. En septembre 2005, le Général Asso’o déclare : “ les Bamiléké ont tout et volent tout …”. En 2012, L’archevêque de Yaoundé que vous êtes déclarez aussi que des mesures doivent être prises pour limiter l’accès des Bamiléké à l’Université Catholique. Ce que le professeur Sindjoun Pokam appelle «une tradition de Bamiphobie» ne peut que contribuer à renforcer le sentiment d’unité de cette communauté et sa détermination à prendre le pouvoir politique que la Mafia redoute.

Oui, il est clair aujourd’hui que pour ramener la justice dans ce pays, il faut peut-être que des ressortissants Grassfields prennent le contrôle du pouvoir politique à partir duquel tout se décide. Cette réalité est salvatrice pour le Cameroun au regard de tout ce que les Camerounais de toutes les régions subissent. Oui, j’affirme qu’une société de justice ne peut pas se construire sur la peur de l’évolution d’un groupe particulier, qu’il soit ethnique, linguistique ou religieux. L’homme de l’Ouest est contre tout système de faveur contre un homme ou un groupe, et par conséquent il est opposé à tout système  conçu pour discriminer les citoyens sur la base de leur origine ethnique. Les fils de l’Ouest n’ont pas la prétention d’avoir le monopole du savoir ou de l’intelligence. L’homme de l’Ouest n’a pas non plus besoin de bénéficier d’un quelconque régime de faveur.  Mais cet homme de l’Ouest est déterminé désormais à lutter contre tout pouvoir, qu’il soit militaire, politique ou religieux, qui postule que pour faire avancer la société, il faut le freiner.

 Je vous entraine dans le chantier politique, parce que vous vous êtes positionné comme défenseur du système antidémocratique. Votre aversion contre les ressortissants de l’Ouest n’empêchera le Cameroun d’être enfin libérer avec l’arrivée des fils de l’Ouest avec leurs alliés au pouvoir. C’est irréversible.

 

Mes amis Bassa comme vous, mes amis Béti et Eton, mes amis Manguissa,  Makabouanz,  Makabebend du chef Ekodek, et Ebessed,  mes amis Sawa, mes amis Kirdi, foulbé, etc.…… sont prêts à gouverner le Cameroun avec les Grassifields et/ou sous le leadership réparateur Grassfields. Nous ne voulons pas du tribalisme au Cameroun, d’où qu’il vienne, in fine il faut admettre la légitime ambition de certains fils de l’Ouest d’acquérir le savoir et de postuler à la magistrature suprême.

 

En définitive, Monsieur le Grand Chancelier, je vous informe que nous venons de saisir le Paul Benoit XVI afin qu’il se prononce officiellement sur la compatibilité des valeurs de discrimination que vous prônez avec les enseignements de l’Eglise catholique romaine. Sa réponse très attendue nous édifiera, au cas où vous n’avez pas démissionné vous-même, à défaut d’être démissionné par le Vatican, sur le sens et l’opportunité à donner à notre participation aux cultes dans les diocèses de Yaoundé sous votre leadership. Nous pouvons vous rassurer déjà que rien ne sera plus comme avant.

Très respectueusement.

 

Citoyen Hilaire Kamga

Fidèle engagé de l’Eglise Catholique Romaine qui est au Cameroun

Co-initiateur de l’Observatoire Chrétien des Elections.

 

 

 

 

 

 

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Invention: De l’éclairage gratuit avec une bouteille d’eau.

5 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Invention: De l’éclairage gratuit avec une bouteille d’eau.

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Vous avez longtemps entendu, des gens se plaindre de la cherté du courant au Sénégal (un pays pauvre et sous-développé).

A côté, Dieu nous dote d’un soleil généreux, et nous ne savons pas en profiter. Diantre !

Cette « bouteille solaire » qui désormais embellit le décor des banlieues et des  bidonvilles asiatiques (Inde – Philippines-Vietnam…), sud-américains (Brésil-Colombie-Chili…) ou sud-africains etc., est le fruit d’une imagination d’un ingénieur brésilien du nom de Alfredo Moser qui a mis au point une « ampoule de jour » qui permet de recevoir gratuitement de l’éclairage  à l’intérieur des maisons, grâce à la réfraction de la lumière du soleil. Pour cela, Il suffit simplement d’une bouteille en plastique que l’on remplit d’eau  avec de la javel  ou du chlore, que l’on place dans un trou, perchée dans les toitures des écoles, des maisons, des usines ou ateliers, qui sont souvent faites en tôles (Zinc) ou en tuiles, ardoises et autres et le tour est joué…cette bouteille solaire est équivalente à une lampe de 50 Watts. Faites tout pour que ça soit étanche, (Mastique et Flintkote pour le jointage).

Lampe-solar-bottle-light-bulb.jpg

 Et pourtant un ami indonésien m’en avait parlé depuis longtemps, mais il a fallu que je me faufile dans un marché dakarois où la pénombre était quasi-dominante et que le toit également était fait en zinc, pour s’en rendre compte de cette nécessité pour nos populations. Déjà cette idée est écologique, (recyclage des bouteilles, émission de CO2) mais elle peut réduire durablement notre consommation en électricité (quand on sait que les lampes néons consomment abondamment).

Vous allez me dire qu’il n’ y’ a point de soleil la nuit, mais allumer une lampe le jour dans une obscure chambre ou un atelier  dont le toit peut abriter une bouteille d’éclairage, est un gâchis. Je pense notamment aux écoles  dont les salles de classe sont obscures faute de lumière, à ces endroits lointains du Sénégal, dont les populations, de Ninefecha, de Barkedji, de Salémata, de Cabrousse, de Allaleri, de Ndoulo, de Gandon, de Pourham, de Dindefello, de Dialakoto, de Rao, de Samael, de Mbissis, de Irassoli , de Kadiel…. (J’en passe, la liste est tellement kilométrique), éprouvent un réel besoin d’éclairer leurs demeures.

 

J’espère aider avec cette contribution, et invite surtout les sénégalais à s’inspirer davantage de cette idée et partager l’astuce.

 

 

 

                        


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=o-Fpsw_yYPg#!

Par Ali baba                                                                                                               Source : Seneweb

 


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Cameroun : L’axe nord-sud brisé à 75km de Garoua par une catastrophe naturelle prévisible.

5 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Cameroun : L’axe nord-sud brisé à 75km de Garoua par une catastrophe naturelle prévisible.

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La partie ferme reliant la rive au pont sur le Mayo-Bocki, à 90 km de Garoua et 200 Km de Ngaoundéré, s’est effondrée aux premières heures de la matinée du 3 septembre 2012.

 

Des passagers transportant leurs bagages pour la traversée à pied

C’est un véritable calvaire que vivent les usagers depuis 4 heures du matin. Impossible de traverser, la profondeur du ravin approche les 7 mètres avec une largeur d’environ 10. La longue file de véhicules notamment les véhicules personnels, les camions, les cars et gros porteurs des agences de voyages s’étend sur plus de 2 kilomètres de chaque côté de la rive du pont. À défaut de se faire porter sur le dos par des jeunes du village Mokolo-Bocki et des environs qui en font tout un business, chaque usager est obligé de mouiller ses pieds jusqu’aux genoux malgré la menace d’être emporté par les eaux. Sur les lieux du sinistre, le parcours du combattant des passagers ne se limite pas à la seule traversée qui se fait parfois avec bagages sur la tête.

Après ce baptême, il faut en fait passer une autre épreuve : celle de trouver un car pour vous transporter vers votre destination initiale, à Garoua ou Ngaoundéré. Cette opportunité n’est pas offerte aux nombreux chauffeurs et motorboys de camions et gros porteurs. Ils ne sont en fait qu’au début de leur calvaire. En plus de passer toute la journée surplace, ils doivent protéger leurs marchandises et engins. Pour sécuriser les lieux, les autorités ont déployé les forces de sécurité pour veiller sur les biens et les personnes. Le gouverneur de la région du Nord, Joseph Otto Wilson, a fait une descente sur les lieux afin d’évaluer les dégâts. Un communiqué signé du ministre des Travaux invite d’ailleurs les voyageurs à avancer à une date ultérieure leur déplacement. Une entreprise chinoise aurait été désignée pour effectuer des travaux sur le pont.

On ne serait pas arrivé là, selon les riverains, car la menace d’effondrement sur le pont Mayo-Bocki dure depuis deux semaines. Les autorités auraient même été informées. La situation se serait aggravée suite aux inondations survenues dans cette située à 90 kilomètres de Garoua et 200 de Ngaoundéré à cause de la forte pluie qui s’est abattue dans la région le 2 septembre. « L’eau rognait depuis quelque temps le flanc droit de la chaussée au niveau du pont. Et la forte pluie tombée avant d’hier dans la localité a aggravé la situation au point de provoquer l’affaissement de la chaussée au niveau du pont », explique un riverain avant d’ajouter que « c’était prévisible ». En cette veille de rentrée scolaire, c’est un dur calvaire que subissent les usagers de la Nationale n° 1.

 Par Telesphore Mbondo Awono 

 

Source : http://www.leseptentrion.net/2

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Ngaoundéré : La Maison du parti Rdpc, refuge des bandits.

5 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

 

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Le cadre des manifestations du Rdpc est envahi par des individus de moralité douteuse.

Emprunter l’axe qui mène à la maison du parti du Rdpc le soir est un risque pour la population de Ngaoundéré. Ils sont aujourd’hui moins nombreux à s’aventurer sur ce chemin du fait des agressions enregistrées dans ces lieux. Rarement, les jours passent sans qu’on ait enregistré un cas d’agression ou de viol dans ce périmètre urbain qui sert d’abris aux hommes sans foi ni loi. Consommateurs de stupéfiants et autres bandits de grand chemin en ont fait leur zone de prédilection. Ils ont abandonné gargotes et snacks-bars pour investir cette nouvelle résidence. Un abandon qui tient au fait que l’autorité administrative a récemment pris un arrêté fermant les bars aux heures tardives. Les brigands qui jadis écumaient ces lieux se sont réorientés vers les zones moins fréquentées.

La Maison du parti, cadre situé en plein centre-ville, mais dépourvu d’un quelconque éclairage, a été choisie par ces brigands. « Pour rien au monde, je ne passerai par cet endroit où on m’a dépouillé l’année dernière », confie Colbert Samaki, habitant de Sabongari. Un espace poreux et laissé libre aux vendeurs de vivres et autres commerçants qui l’envahissent pendant la journée. À côté, plusieurs tradipraticiens se sont installés près du complexe sportif, sous le regard impuissant des responsables du stade. Ces derniers auraient adressé des correspondances aux responsables locaux, dans l’espoir de déguerpir les tradipraticiens. Cette initiative est restée lettre morte. Les usagers empruntant l’axe de la Maison du parti ou son environnement immédiat sont ainsi exposés à de grands dangers.

Par Esaie Meidogo Shakur                                                                                           Source : leseptentrion.net

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