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Crimes contre l’humanité et crimes de guerre: Le document de la Cpi qui accable Soro et Ouattara.

2 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Crimes contre l’humanité et crimes de guerre: Le document de la Cpi qui accable Soro et 

Ouattara.

 

Duekue 1

 

Guillaume Soro Kigbafori, l’ancien chef rebelle et président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, depuis quelques mois, est en campagne pour montrer qu’il n’a aucune responsabilité dans les crimes qui ont marqué la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Nous publions, en exclusivité, de larges extraits d’une décision rendue le 15 novembre 2011 par la chambre préliminaire III de la cour pénale internationale (Cpi) présidée, à l’époque, par la juge Silvia Fernandez De Gurmendi qui engage la responsabilité personnelle de Soro dans la commission de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Ainsi, contrairement à ce qu’il prétend, ce ne sont pas les pro-Gbagbo qui l’accusent, mais bien la Cpi. Lisez plutôt !


 I. RAPPEL DE LA PROCÉDURE

1. Le 22 juin 2011, la Présidence de la Cour a constitué la Chambre préliminaire III et lui a assigné la situation en République de Côte d’Ivoire («la Côte d’Ivoire»).
2. Le 23 juin 2011, le Procureur a déposé une demande en vertu de l’article 15 du Statut («la Demande »), dans laquelle il demande à la Chambre de l’autoriser à ouvrir une enquête dans le cadre de la situation en Côte d’Ivoire relativement aux violences post électorales survenues après le 28 novembre 20102.
3. Le Procureur affirme que lesrenseignements disponibles fournissent une base raisonnable permettant de conclure que des crimes contre l’humanité visés à l’article 7 du Statut et des crimes de guerre visés à l’article 8 ont été commis en Côte d’Ivoire lors des violences post électorales survenues après le 28 novembre 20103. Il fait valoir que l’enquête envisagée vise principalement à identifier les personnes qui portent la responsabilité la plus lourde pour avoir ordonné ou permis la commission de ces crimes.
4.Conformément à la norme 49 du Règlement de la Cour, le Procureur a fourni i) des références aux crimes dont il conclut qu’ils ont été commis, ainsi qu’un exposé des faits dont il est allégué qu’ils fournissent une base raisonnable permettant de conclure que lesdits crimes ont été commis ou sont en voie de l’être, et ii) une déclaration exposant les raisons pour lesquelles les crimes énumérés relèvent de la compétence de la Cour.
5. Le Procureur a présenté nombre d’annexes parmi lesquelles figurent des rapports relevant du domaine public (émanant d’organisations internationales, d’organisations non gouvernementales et des médias) ainsi que certaines informations confidentielles.
Il souligne que la liste des faits sur lesquels il se fonde
Actuellement n’est pas exhaustive et qu’elle ne constitue qu’un échantillon représentatif des crimes les plus graves commis au cours de la période de violences
Post électorales6. Il fait en outre observer que, s’il est fait droit à la Demande, la qualification juridique, retenue dans celle-ci pour ces faits et pour tous ceux qui pourraient être présentés à un stade ultérieur de la procédure, est sujette à modification.
6.Le Procureur fait valoir qu’aucune procédure n’ayant été engagée au niveau national contre les principaux responsables de ces crimes et compte tenu de la gravité alléguée des actes commis, les affaires qui pourraient découler de son enquête sur la situation en Côte d’Ivoire seraient recevables. Il ajoute que, de surcroît, d’après les renseignements disponibles, il n’a aucune raison de croire que l’ouverture d’une enquête sur cette situation ne servirait pas les intérêts de la justice.
7.Le 17 juin 2011, conformément à la règle 50 du Règlement de procédure et de preuve («le Règlement»), le Procureur a informé les victimes ou leurs représentants légaux de son intention de demander à la Chambre l’autorisation d’ouvrir une enquête en Côte d’Ivoire, et leur a fait savoir qu’aux termes de la norme 50-1 du Règlement de la Cour, ils disposaient d’un délai de 30 jours pour présenter tout argument à la Chambre.
8. Le 6 juillet 2011, la Chambre a rendu à l’intention de la Section de la participation des victimes et des réparations une ordonnance relative aux représentations des victimes prévues à l’article 15 -3 du Statut, aux termes de laquelle i) toutes les représentations adressées à la Cour par des victimes en relation avec la Demande devaient immédiatement être transmises à ladite section, et ii) cette dernière devait remettre à la Chambre, le 1er août 2011 au plus tard, un rapport unique sur l’ensemble des représentations adressées à la Cour à titre individuel ou collectif, accompagné des originaux des documents reçus9. Le 28 juillet 2011, la Chambre a fait droit à une
requête présentée par la Section de la participation des victimes et des réparations aux fins du report au 29 août 2011 du délai de dépôt du rapport.
9. Le 21 juillet 2011, le Procureur a fourni à la Chambre des renseignements supplémentaires sur les procédures (nationales) qui avaient été conduites en Côte d’Ivoire et en France relativement aux crimes visés, commis en Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, et sur le nombre de décès de civils attribués aux forces pro-Gbagbo.
(…)
23. Aux termes de l’article 53-1-a du Statut, la Chambre doit examiner si «les renseignements en sa possession fournissent une base raisonnable pour croire qu’un crime relevant de la compétence de la Cour a été ou est en voie d’être commis».
24. Ce critère de la « base raisonnable pour croire » est la norme d’administration de la preuve la moins stricte prévue par le Statut. Ainsi, contrairement à ce que l’on attend des éléments de preuve une fois qu’ils ont été recueillis au cours de l’enquête, les renseignements en la possession du Procureur n’ont pas à être «complets» ni «déterminants». Lorsqu’elle évalue les renseignements fournis par le Procureur et les victimes, la Chambre doit être convaincue qu’il existe une justification rationnelle ou raisonnable permettant de croire qu’un crime relevant de la compétence de la Cour «a été ou est en voie d’être commis».
25. Il en découle que les conclusions qui se dégagent de la présente décision n’excluent pas que par la suite d’autres éléments soient présentés à la Chambre, ou que celle-ci formule d’autres conclusions à un stade plus avancé de la procédure dans le cadre de la situation en Côte d’Ivoire, conformément à la norme d’administration de la preuve applicable audit stade de la procédure.


 B. COMPÉTENCE RATIONAE MATERIAE


 1. Crimes contre l’humanité


 26. Le Procureur affirme qu’il y a une base raisonnable pour croire que les forces pro-Gbagbo ont commis des crimes contre l’humanité lors des violences post-électorales survenues après le 28 novembre 2010. Toutefois, il affirme également que les renseignements dont il dispose actuellement ne donnent pas à penser qu’il y a une base raisonnable pour croire que des crimes contre l’humanité ont aussi été commis par les forces pro-Ouattara et que s’il est autorisé à ouvrir une
enquête, il a l’intention d’enquêter pour savoir si des crimes contre l’humanité ont été commis par des partisans d’Alassane Ouattara en application de la politique d’un État ou d’une «organisation».
27. Aux termes de l’article 7-1 du Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes énumérés dans celui-ci («actes visés à l’article 7-1 du Statut» ou «actes visés») lorsqu’il a été commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque («éléments contextuels»).
28. Les éléments contextuels des crimes contre l’humanité découlent à la fois du chapeau de l’article 7- 1 du Statut et de la définition d’une «attaque» énoncée à l’article 7-2 du Statut. Ainsi, ce dernier définit une «attaque lancée contre une population civile» comme «le comportement qui consiste en la commission multiple d’actes visés au paragraphe 1 à l’encontre d’une population civile […], en application ou dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque».
29. Les crimes contre l’humanité comportent donc les éléments contextuels suivants:i) une attaque lancée contre une population civile ;ii) la politique d’un État ou d’une organisation; iii) le caractère généralisé ou systématique de l’attaque; iv) un lien entre l’acte individuel et l’attaque; et v) la connaissance de l’attaque. La Chambre conclut qu’elle ne peut pas se prononcer à ce stade sur la condition de la connaissance de l’attaque car les auteurs individuels des crimes ne pourront être formellement identifiés que si l’enquête est autorisée.
30. La Chambre examinera, au regard des éléments contextuels et des actes visés à l’article 7-1 du Statut, dans un premier temps les actes qu’auraient commis les forces pro-Gbagbo et dans un second temps ceux qu’auraient commis les forces pro-Ouattara.
(…)
92. Selon les renseignements disponibles, les forces pro-Ouattara comprenaient les Forces nouvelles, même si le 17 mars 2011, le Président Ouattara aurait signé un décret regroupant les FDS, les Forces nouvelles et les FANCI sous le nom de Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Les forces pro-Ouattara aurait également été composées de groupes tribaux (en particulier les «Dozo») et de mercenaires étrangers, de policiers et de gendarmes qui auraient fait défection de l’appareil officiel d’État contrôlé par Laurent Gbagbo, ainsi que des forces de défense basées dans les quartiers.
i. Attaque lancée contre une population civile
Allégations du Procureur
93. Le Procureur indique que les renseignements actuellement en sa possession n’établissent pas qu’il y a une base raisonnable pour croire que les forces pro-Ouattara ont commis des crimes contre l’humanité. Il soutient que s’il obtient l’autorisation sollicitée,«[TRADUCTION] il entend enquêter » pour déterminer si les forces pro-Ouattara pourraient avoir commis des crimes contre l’humanité .
Toutefois, il convient de relever que selon le Procureur, au moins une attaque des FRCI, menée dans le quartier Carrefour de Duékoué, aurait eu un caractère systématique (voir ci-après).

Pièces présentées par le Procureur

94. Il ressort des éléments justificatifs présentés par le Procureur qu’à la fin de janvier 2011, des partisans d’Alassane Ouattara ont commencé à mener des attaques en représailles et qu’en février 2011, ils s’étaient organisés et avait reçu des renforts de la part d’individus appartenant aux Forces nouvelles et de personnes ayant quitté les rangs des FDS. Le 23 mars 2011, les Forces nouvelles auraient lancé une opération militaire. Les renseignements fournis par le Procureur indiquent que les FRCI auraient violé et exécuté sommairement ceux qui étaient perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo à Abidjan et dans les villes de Toulepleu, Doké, Bloléquin, Duékoué et Guiglo situées dans l’ouest du pays. Il a été rapporté que le 29 mars 2011, les forces pro-Ouattara auraient tué plusieurs centaines de civils dans le quartier Carrefour de Duékoué, visant en particulier les personnes appartenant à l’ethnie guéré.
Conclusions de la Chambre
95. Les renseignements disponibles montrent qu’il y a une base raisonnable pour croire qu’au lendemain des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, les forces pro-Ouattara auraient mené des attaques contre la population civile, en particulier dans l’ouest du pays en mars 2011. Il ressort des pièces que les forces pro-Ouattara auraient pris pour cible des civils perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo et que les attaques étaient dirigées contre des communautés ethniques spécifiques.
ii. Politique d’un État ou d’une organisation
Pièces présentées par le Procureur
96. Les rapports concernant l’identité des forces qui se sont livrées à des meurtres à Duékoué en donnent comme responsables les « Dozo » ainsi que les FRCI. Selon un rapport d’Amnesty International, plus de 100 témoins ont évoqué le « côté systématique et ciblé de ces tueries commis[es] […] à la fois par des FRCI en uniforme
et par des Dozo » contre la communauté guéré. Il ressort également d’un rapport de Human Rights Watch qu’à l’issue de la prise de contrôle de Duékoué par les Forces républicaines le 29 mars 2011, des centaines de résidents guéré auraient été tués par des soldats des Forces nouvelles et des miliciens dozo dans le quartier Carrefour.
Plusieurs témoins décrivent les exécutions sommaires de civils qui n’avaient pas réussi à fuir avant l’arrivée des FRCI. Les forces pro -Ouattara auraient traîné des
hommes hors de leurs maisons et les auraient exécutés dans la rue. Certains
assaillants auraient menacé de « tuer les Guérés jusqu’au dernier à cause de leur soutien à Laurent Gbagbo».
97. Un rapport d’Amnesty International indique que trois jours après le début de l’offensive lancée dans l’ouest du pays, les FRCI avaient pris le contrôle de
quasi-totalité » de la partie du pays auparavant aux mains de Laurent Gbagbo.
Selon Human Rights Watch, les FRCI, sous le contrôle général du Premier Ministre désigné par Alassane Ouattara, Guillaume Soro, étaient impliquées dans les crimes commis à Duékoué.
Conclusions de la Chambre
98. Selon les renseignements disponibles, les FRCI semblaient agir sur les ordres d’un commandement général et en coordination avec les groupes de miliciens, et elles possédaient les moyens de mener une attaque généralisée ou systématique contre la population civile.
99. La Chambre relève que la jurisprudence de la Cour concernant les critères requis pour qu’un groupe constitue une organisation aux fins de l’article 7 du Statut n’est pas uniforme. En l’espèce, les FRCI remplissant les conditions requises pour constituer un groupe armé organisé, partie à un conflit armé non international, elles peuvent donc clairement être qualifiées d’organisation au sens de l’article 7 du Statut.
Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’examiner cette question plus avant.
100. Les renseignements présentés à la Chambre tendent également à montrer que les forces pro-Ouattara agissaient conformément à une politique lorsqu’elles ont mené une attaque dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, comme le montre le modèle régulier suivi par les crimes qui visaient des groupes ethniques particuliers (par exemple les Guéré). Comme il sera analysé en détail dans la partie ci-après, les éléments justificatifs indiquent que les attaques menées à Duékoué et dans les villages voisins présentaient un caractère systématique. Allant de village en village, les assaillants violaient et tuaient systématiquement les habitants guéré. La Chambre estime, au vu de la manière systématique dont ces attaques ont été menées, qu’il y a tout lieu de penser qu’une politique d’organisation était en place.
101. Au vu des renseignements qui lui ont été soumis, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que les crimes commis par les forces pro-Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire après la prise de contrôle de la région par les FRCI l’ont été en application de la politique d’une organisation.

iii. Caractère généralisé ou systématique de l’attaque

Allégations du Procureur

102. Le Procureur indique qu’au moins l’une des attaques menées par les FRCI, dans le quartier Carrefour de Duékoué, l’aurait été de manière systématique.

Pièces présentées par le Procureur

103. Les renseignements disponibles indiquent que des membres des FRCI et les Dozo auraient ratissé de manière systématique le quartier Carrefour de Duékoué, tuant de nombreux individus qui semblaient se cacher ou tentaient de fuir. Les éléments justificatifs donnent également à penser que l’attaque menée contre Duékoué et d’autres villages dans l’ouest du pays a duré un mois. Un rapport d’Amnesty International qualifie de «descentes systématiques» les attaques lancées contre les concessions habitées par des populations guéré160. Ce rapport indique en outre que «toutes les églises se trouvant dans le quartier Carrefour ont été saccagées, pillées et incendiées». Human Rights Watch ajoute que « les Forces républicaines ont systématiquement pris pour cible les civils présumés pro-Gbagbo », principalement ceux qui appartenaient à la population guéré, et qu’elles allaient de maison en maison dans les villages, pillant et incendiant les habitations et tuant tous ceux qui n’avaient pas réussi à fuir.

Représentations de victimes

104. Certaines des représentations de victimes communiquées à la Chambre donnent à penser que les crimes commis en 2011 en Côte d’Ivoire par les FRCI contre des personnes perçues comme des partisans de Laurent Gbagbo avaient un caractère généralisé et systématique. L’une de ces communications montre qu’en mars 2011, après avoir chassé les forces pro-Gbagbo, les troupes d’Alassane Ouattara ont pris le contrôle de l’ouest du pays et en particulier du département de Duékoué (avec l’appui aérien de l’ONUCI et de la force Licorne). Il est allégué que les forces pro-Ouattara auraient pillé et incendié les villages de Cué, Hiébly et Diéhiba, et tué la population civile dans chacune de ces localités 163. Il ressort d’une autre communication qu’en mars 2011, les forces pro-Ouattara ont pris le contrôle de la ville de Toulepleu, massacré des civils et incendié les villages. Deux représentations présentées à titre collectif renvoient aux attaques qui auraient été menées par les FRCI dans d’autres localités dans l’ouest de la Côte d’Ivoire entre avril et mai 2011.
Conclusions de la Chambre
105. Au vu des renseignements disponibles, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que les crimes commis en mars 2011 à Duékoué et dans d’autres villes situées dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, sur une période de plusieurs jours et dans un certain nombre de villages, présentaient un caractère généralisé et systématique. Certains des faits relatés dans les éléments justificatifs et les représentations de victimes à ce sujet se sont également produits dans d’autres parties du pays, sur une période plus longue. Par conséquent, en fonction des résultats de l’enquête, des crimes commis dans d’autres parties du pays (et susceptibles de couvrir une période plus longue), pourraient s’inscrire dans le cadre de cette attaque menée contre la population civile.

b. Actes constitutifs de crimes contre l’humanité

i. Meurtre

Pièces présentées par le Procureur

106. Les éléments justificatifs présentés par le Procureur indiquent qu’en mars 2011, dans des dizaines de villages et de villes de l’ouest de la Côte d’Ivoire et notamment à Toulépleu, Bloléquin, Guiglo et Duékoué et dans les environs, des forces
pro-Ouattara, y compris les FRCI et plusieurs milices pro-Ouattara, ont attaqué et tué de nombreux civils. Il est en particulier fait référence à une attaque qui aurait eu lieu les 29 et 30 mars 2011, lors de laquelle les forces pro-Ouattara auraient tué des centaines de civils dans le quartier «Carrefour» à Duékoué.

Représentations de victimes

107. La Chambre a reçu de victimes des représentations faisant état de meurtres présumés commis par des forces pro-Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et ailleurs, entre décembre 2010 et mai 2011. Il est fait référence à une attaque menée par des forces pro-Ouattara contre la communauté de Duékoué les 29 et 30 mars 2011, qui a entraîné la mort de centaines de civil. D’autres communications mentionnent que des civils ont été tués par les FRCI à Yopougon en avril et mai 2011. Plusieurs évoquent des
meurtres qui auraient été commis pendant une attaque menée en mars et avril 2011 par des forces pro-Ouattara. De même, des membres du Front populaire ivoirien (FPI) auraient été tués par les FRCI en avril et mai 2011. Deux font également état de meurtres qui auraient été commis pendant une attaque menée par les FRCI en mai 2011.

Conclusions de la Chambre

108. Au vu des renseignements disponibles, il s’avère qu’il y a une base raisonnable pour croire que des meurtres ont été commis par les FRCI et d’autres forces pro-Ouattara, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

ii. Viol

Pièces présentées par le Procureur

109. Les éléments justificatifs indiquent que les Forces républicaines ont commis de nombreux viols pendant l’attaque menée contre les villages situés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, en mars 2011. D’après Human Rights Watch, « dans la vaste majorité des cas étudiés, les combattants ont enfermé les femmes dans des maisons pendant un ou plusieurs jours, commettant des viols collectifs répétés avant de partir pour la ville ou le village voisin».

Représentations de victimes

110. La Chambre a reçu de victimes des représentations faisant état de viols commis par des forces pro-Ouattara durant la période de violences post -électorales. Une victime aurait été violée par des membres des forces pro-Ouattara à Yopougon. Selon une autre, des viols auraient été commis à Abidjan.
Conclusions de la Chambre
111. Au vu des renseignements disponibles, il s’avère qu’il y a une base raisonnable pour croire que des viols ont été commis par les FRCI et d’autres forces pro-Ouattara, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en mars 2011.
iii. Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique
Pièces présentées par le Procureur
112. Il ressort des renseignements disponibles que, pendant l’offensive menée par les forces pro-Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en mars 2011, des soldats des FRCI ont maintenu en captivité des hommes et des femmes qui n’avaient pas pu s’enfuir et qu’ils ont violé beaucoup d’entre eux.
Représentations de victimes
113. La Chambre a reçu les représentations de nombre de victimes au sujet de cas d’emprisonnement durant la période de violences post-électorales, les premiers s’étant produits en 2010. Dans leurs communications individuelles, plusieurs victimes allèguent que des membres des forces pro-Ouattara ont enlevé et détenu illégalement des personnes en raison de leur affiliation au parti politique de Laurent Gbagbo. Deux autres victimes affirment que les FRCI auraient détenu des civils à Abidjan parce qu’ils appartenaient au parti politique de Laurent Gbagbo. Une victime déclare qu’un homme a été détenu et frappé par des membres des forces pro-Ouattara à Abidjan. Deux autres communications font état du fait que plusieurs hommes auraient été arrêtés par des membres des forces pro-Ouattara en mai 2011. Plusieurs victimes évoquent leur capture et leur détention par des forces pro-Ouattara. Deux communications mentionnent la détention et l’emprisonnement forcé de plusieurs personnes à Abidjan par des forces pro-Ouattara.

Conclusions de la Chambre

114. Au vu des renseignements disponibles, il s’avère qu’il y a une base raisonnable pour croire que les FRCI et d’autres forces pro-Ouattara ont emprisonné des civils ou les ont autrement soumis à une privation grave de leur liberté physique, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en mars 2011.

c. Liens entre les actes individuels et l’attaque
Pièces présentées par le Procureur

115. Les éléments présentés par le Procureur indiquent qu’il existe un lien entre les crimes individuels commis et l’attaque menée dans l’ouest de la Côte d’Ivoire durant la période de violences post -électorales qui a débuté le 28 novembre 2010. Les renseignements dont la Chambre dispose donnent à penser que bon nombre des crimes commis durant cette période n’étaient pas des actes isolés mais s’inscrivaient dans le cadre d’une attaque au sens de l’article 7-2 du Statut.

Conclusions de la Chambre

116. Au vu de ce qui précède, la Chambre est convaincue qu’il y a une base raisonnable pour croire qu’il existe un lien entre les crimes individuels commis et l’attaque menée dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, qui a débuté le 28 novembre 2010. Il y a donc une base raisonnable pour croire que des crimes contre l’humanité ont été commis par des forces fidèles à Alassane Ouattara, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en mars 2011. Certains des événements rapportés dans les éléments justificatifs et les représentations adressées par les victimes à la Cour à ce sujet ont également eu lieu dans d’autres parties du pays, sur une période plus longue. Par conséquent, en fonction des résultats de l’enquête, des crimes commis dans d’autres parties du pays (renvoyant potentiellement à une période plus longue) pourraient s’inscrire dans le cadre de cette attaque lancée contre la population civile.
(…)
124. D’après les renseignements disponibles, entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011, les forces pro-Ouattara se composaient des Forces Nouvelles, renommées «FRCI» le 9 mars 2011 et regroupées avec les FDS le 17 mars 2011 par décret présidentiel signé Par Alassane Ouattara200. Ces forces comptaient également des groupes tribaux et des mercenaires libériens201. Human Rights Watch a indiqué que des crimes avaient été commis par des «Forces républicaines, lesquelles sont sous le haut commandement du premier ministre d’Alassane Ouattara, Guillaume Soro».
125. Les pièces fournies à la Chambre indiquent qu’à la date du 25 février 2011, la crise post-électorale en Côte d’Ivoire était devenue un conflit armé prolongé opposant, dans tout le pays, les forces pro-Ouattara et les forces pro-Gbagbo. Le Procureur s’est également fondé sur des informations parues dans les médias, selon lesquelles des combats avaient eu lieu la dernière semaine de février et tout au long du mois de
mars 2011, les forces d’Alassane Ouattara prenant en fin de compte le contrôle d’une grande partie du pays, tandis que celles de Laurent Gbagbo conservaient le contrôle d’Abidjan. Les combats se sont intensifiés lorsque les FRCI ont atteint Abidjan le 31 mars 2011. Le 11 avril 2011, après des attaques en hélicoptère menées par l’ONUCI et la force française Licorne, les forces pro-Ouattra ont arrêté Laurent Gbagbo à sa résidence. Les combats se sont poursuivis après cette arrestation jusqu’à ce que les FRCI prennent le contrôle du quartier Yopougon à Abidjan le 5 mai 2011.
Représentations de victimes
126. La Chambre a reçu de victimes des représentations faisant état de l’existence d’un conflit armé en Côte d’Ivoire. Trois communications collectives font état de combats en mai 2011 entre des forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara à Irobo et Grand-Lahou206.
Conclusions de la Chambre
127. Au vu de ce qui précède, la Chambre est convaincue qu’il y a une base raisonnable pour croire qu’un conflit armé ne présentant pas un caractère international a eu lieu en Côte d’Ivoire du 25 février 2011 au 6 mai 2011. Sur la base des renseignements disponibles, elle conclut que les FRCI étaient un groupe armé suffisamment organisé pour avoir la capacité de concevoir et de mener des opérations militaires prolongées.
En outre, les affrontements entre forces gouvernementales pro-Gbagbo et forces pro-Ouattara ayant eu lieu sur une période d’au moins deux mois et demi, la Chambre conclut que le conflit armé était prolongé. Enfin, elle prend note du fait que,
si l’enquête est autorisée, le Procureur entend déterminer notamment si l’appui qu’auraient apporté l’ONUCI et les troupes de la force française Licorne aux forces pro-Ouattara pour arrêter Laurent Gbagbo rend le conflit partiellement international.

b. Actes visés à l’article 8-2 du Statut
128. Après avoir examiné les actes qu’auraient commis les forces pro-Gbagbo, la Chambre abordera ceux qu’auraient commis les forces pro-Ouattara.
(…)
154. Le Procureur allègue qu’entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011, les forces
pro-Ouattara ont commis des meurtres au sens de l’article 8-2-c-i du Statut et des attaques contre des civils au sens de l’article 8-2-e-i du Statut. Il affirme que la plupart des meurtres et attaques contre des civils ont eu lieu au cours des opérations militaires lancées par les forces pro-Ouattara contre les forces pro-Gbagbo afin de leur reprendre le contrôle du sud du pays.

Pièces présentées par le Procureur

155. Les éléments justificatifs présentés par le Procureur montrent qu’au cours de leur offensive, les forces pro-Ouattara (notamment les FRCI et plusieurs milices) ont attaqué et tué de nombreux civils dans des dizaines de villages et de villes (Toulépleu, Bloléquin, Guiglo, Duékoué, Doké, Diboké, Dahoua, Delobly, Bahé Bé, Pinhou, Guéibli, Guinglo-Zia, Diéhiba et Diahoun) et à leurs abords, ainsi que dans les quartiers d’Abobo et d’Anyama à Abidjan. Les 29 et 30 mars 2011, les forces pro -Ouattara auraient tué des centaines de civils dans le quartier Carrefour de Duékoué. Il ressort de plus des éléments justificatifs que l’attaque menée contre le quartier Carrefour à Duékoué avait pour objet de punir collectivement la population guéré. Les pièces présentées par le Procureur indiquent que les forces pro-Ouattara ont tué au moins 95 civils non armés à Abidjan, en avril et mai 2011, dans le cadre de ce qui est présenté comme une punition collective visant les groupes ethniques associés aux milices de Laurent Gbagbo. En outre, des personnes auraient été tuées 23 après avoir été trouvées en possession d’armes à des postes de contrôle mis en place à Abobo par les Forces nouvelles.

Représentations
de victimes

156. La Chambre a reçu de victimes des représentations concernant des meurtres qui auraient été commis par les forces pro-Ouattara entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011. Plusieurs communications individuelles font également état de meurtres commis par les forces pro-Ouattara à Abidjan et dans plusieurs autres lieux en mars et avril 2011.

Conclusions de la Chambre

157. L’allégation du Procureur étant étayée par les renseignements disponibles, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que les forces pro -Ouattara sont responsables de meurtres et d’attaques intentionnellement dirigées contre la population civile commis entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011.

ii. Viol

Allégations
du Procureur

158. Le Procureur allègue qu’en mars 2011, lors de l’offensive militaire qu’elles ont menée dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, les FRCI ont violé au moins 23 personnes, toutes de l’ethnie guéré. Il soutient que les forces pro-Ouattara ont détenu des femmes durant un ou plusieurs jours et les ont violées à de multiples reprises.

Pièces présentées par le Procureur

159. Il ressort des éléments justificatifs que les forces pro-Ouattara auraient commis des viols le 8 mars 2011 à Basobli ; le 20 mars 2011 à Bloléquin ; le 14 mars 2011 à Doké ; le 29 et le 31 mars 2011 à Duékoué ; le 13 avril 2011 à Deahouepleu ; et le 3 mai à Yopougon, à Abidjan.

Représentations
de victimes

160. La Chambre a reçu de victimes des représentations concernant des viols qui auraient
été commis par les forces pro-Ouattara entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011.

Conclusions
de la Chambre

161. L’allégation du Procureur étant étayée par les renseignements disponibles, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que durant la période allant du 25 février 2011 au 6 mai 2011, les forces pro-Ouattara ont commis des viols dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et à Abidjan.

iii. Actes que le Procureur n’a pas allégués (pillage)

162. Pour que le crime de pillage visé à l’article 8-2-e -v du Statut soit constitué, il faut que son auteur se soit approprié certains biens sans le consentement du propriétaire, dans
l’intention de le spolier et de s’approprier les biens en question à des fins privées ou personnelles.

Pièces présentées par le Procureur

163. Il ressort des pièces présentées par le Procureur que les FRCI et d’autres éléments armés ont pillé des maisons à Duékoué et dans d’autres villes de l’ouest du pays au cours de l’offensive militaire qu’ils ont menée en mars et avril 2011.

Représentations
de victimes.

164. La Chambre a reçu de victimes de nombreuses représentations concernant des actes de pillage qui auraient été commis par les forces pro-Ouattara entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011. Elles sont nombreuses à évoquer des actes de pillage commis dans différents quartiers d’Abidjan (en particulier à Yopougon) entre mars et mai 2011. De nombreuses autres communications allèguent que les forces pro-Ouattara ont commis des actes de pillage à plusieurs autres endroits entre mars et mai 2011.

Conclusions
de la Chambre

165. Au vu des renseignements disponibles, la Chambre conclut qu’il y a une base
raisonnable pour croire que durant la période allant du 25 février 2011 au 6 mai 2011, les forces pro-Ouattara ont commis des actes de pillage, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ainsi qu’à Abidjan et à ses abords.

iv. Actes que le Procureur n’a pas allégués (traitements cruels et torture)

Pièces présentées par le Procureur

166. Pour que le crime de traitements cruels visé à l’article 8-2-c-i soit constitué, l’auteur doit avoir infligé une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales à une personne protégée, qu’elle soit civile ou hors de combat. La torture exige outre cet élément que l’auteur ait infligé ces douleurs ou souffrances afin, notamment, d’obtenir des renseignements ou des aveux, de punir, d’intimider ou de contraindre, ou pour toute raison fondée sur une forme de discrimination, quelle qu’elle soit.

167. Il ressort des éléments justificatifs fournis par le Procureur qu’entre le 25 février et le 6 mai 2011, les FRCI ont traité des jeunes hommes de manière inhumaine sans autre raison apparente que leur âge ou leur groupe ethnique, «en particulier [d]es Guéré, [d]es Bété, [d]es Goro et [d]es Attié, tous fortement liés à l’ancien Président Gbagbo — ou en raison de leur quartier d’origine». Selon des informations livrées par Human Rights Watch, des victimes des Forces républicaines ont rapporté «avoir été frappé[e]s à plusieurs reprises avec des crosses de fusils, des ceintures, des cordes et à coups de poing pour leur arracher des informations sur l’endroit où des armes étaient cachées ou pour les punir pour leur appartenance présumée aux Jeunes Patriotes, un groupe de miliciens pro-Gbagbo». Les actes de torture rapportés sont notamment «l’arrachage de dents d’une victime et le placement d’un couteau brûlant sur une autre victime, la coupant ensuite». Les renseignements fournis indiquent aussi que des partisans de Laurent Gbagbo ont été frappés avec des bâtons et les crosses de leurs fusils «par des éléments des FRCI, dans la cour de la résidence présidentielle, après leur reddition». Des proches de Laurent Gbagbo auraient par ailleurs été violemment battus à l’hôtel du Golf, à Abidjan, après leur reddition.

Représentations
de victimes

168. La Chambre a reçu de victimes des représentations faisant état de traitements cruels et d’actes de torture, qui auraient été commis par les forces pro-Ouattara entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011. Une autre victime affirme avoir été brutalisée et battue par les FRCI à Abidjan. Plusieurs autres personnes évoquent des sévices corporels perpétrés par les FRCI à Abidjan. Deux victimes font état de sévices corporels que leur auraient infligés les FRCI lorsqu’elles ont attaqué l’endroit où elles vivaient. Une personne indique que les FRCI lui auraient fait subir des sévices corporels en avril 2011. Plusieurs personnes font état de sévices corporels commis par les FRCI lorsqu’elles ont attaqué un village, en avril 2011.

Conclusions de la Chambre.

169. Au vu des renseignements disponibles, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que des actes de torture et des traitements cruels ont été commis par les FRCI et d’autres forces pro-Ouattara entre le 25 février 2011 et le 6 mai 2011.

d. Lien entre les actes individuels et le conflit armé

Allégations du Procureur

170. Le Procureur allègue que la plupart des meurtres, attaques contre des civils et viols ont eu lieu au cours des opérations militaires lancées par les forces pro-Ouattara pour prendre le contrôle du sud du pays aux forces pro-Gbagbo et qu’il est de ce fait possible d’établir l’existence d’un lien entre les crimes de guerre allégués et les hostilités armées.

Pièces présentées par le Procureur

171. Il ressort des éléments justificatifs que les meurtres, attaques contre des civils, viols, actes de pillage, traitements cruels et actes de torture qui auraient été commis par les forces pro-Ouattara sur le territoire ivoirien étaient liés au conflit armé opposant les forces pro-Ouattara et les forces pro-Gbagbo. Les renseignements reçus permettent d’inférer que les auteurs étaient des membres des forces pro -Ouattara et que les actes allégués, visés par le Statut, ont été commis au cours d’hostilités. En outre, la plupart des victimes des crimes décrits plus haut semblent avoir été associées aux forces pro-Gbagbo.

Conclusions de la Chambre

172. Au vu des renseignements fournis, la Chambre conclut qu’il y a une base raisonnable pour croire que les crimes commis par les forces pro-Ouattara étaient étroitement liés à l’existence d’un conflit armé entre les forces pro-Gbagbo et les forces pro-Ouattara sur le territoire ivoirien.

Ont signé
-Mme la juge Elisabeth Odio Benito
-M.le juge Adrian Fulford.

 

Source : Notre Voie-9/7/2012

 

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GHANA, UN MILICIEN DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN ENTRE LES MAINS DES SERVICES SECRETS GHANEENS.

2 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

GHANA, UN MILICIEN DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN ENTRE LES MAINS DES SERVICES SECRETS GHANEENS.

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Quelques temps après l’extradition du ministre Lida Kouassi Moise, Hamed Bakayoko, ministre de l’intérieur de Dramane s’était livré à un one man show sur les antennes de la télévision nationale pour disait-il présenter des preuves irréfutables qu’un coup d’état en préparation venait d’être éventé par ses services. En plus du pseudo repenti du ministre Lida, une vidéo montrant des officiers de l’armée en exil depuis le kidnapping du président Gbagbo avait été largement diffusée. Dans celle-ci, le colonel Gnatoa Katé lisait ce qui semble être une déclaration de prise de pouvoir suite à un coup d’état.

Cependant quelques temps après, une lettre anonyme parvenue à plusieurs rédactions de journaux en Cote d’Ivoire démontait ces prétendues preuves et accusait le gouvernement ivoirien d’avoir plutôt monté cette distraction afin de faire rapatrier les refugiés ivoiriens.

Peu de personnes contrairement aux autorités ghanéennes avaient en effet accordées du crédit à cette confession (vous pouvez la consulter à ce lien

http://stevebeko.wordpress.com/2012/08/02/confession-dun-agent-de-renseignement-francais-sur-laffaire-du-coup-detat-dejoue/ .

Cependant les agents de renseignements de ce pays ont diligenté une enquête qui a aboutit a l’arrestation de cet agent des services de renseignements ivoiriens qui avait réussi à piéger certains officiers ivoiriens.

Ci-dessous un article paru dans la presse ghanéenne d’hier et plus précisément dans le quotidien THE INSIGHT relate cet autre camouflet du régime de Dramane.

‘’ ARRESTED

AGENT OF IVORIAN SECURITY IN BNI HANDS

A Ghanaian who has confessed to working for the security services of la Cote d’Ivoire has been grabbed by the bureau of national investigations (BNI) and is assisting in investigations.

The Ghanaian whose name was only given as Tsikata by security sources managed to convince his handlers in the Ivorian Security Services that he was a retired army officer with substantial influence in Ghana.

He also established contact with supporters of ousted Ivoirian leader Laurent Gbagbo who are currently exiled in Ghana.

With these contacts, Mr. Tsikata allegedly fed the Ivorian Security Services with concocted stories about Ghana’s involvement in attempts to topple the Ivorian government.

He also allegedly provided false information about Ivorian security operations to Gbagbo loyalists in Ghana.

Some well placed sources say that the impact of Mr. Tsikata’s activities was to undermine the very good relations existing between Ghana and la Cote d’Ivoire.

He was also alleged to be working on a scheme to provoke the repatriation of Ivorian exiles.

The BNI is said to be holding Mr. Tsikata on a court order.

VERSION FRANCAISE

ARRESTATION

UN AGENT DES SERVICES SECRETS IVOIRIENS ENTRE LES MAINS DU BNI

Un Ghanéen qui a avoué avoir travaillé pour les services de sécurité de la Côte d’Ivoire a été saisi par le bureau d’enquêtes nationales (BNI) et participe à des enquêtes.
Le Ghanéen dont le nom a été donné  Tsikata par des sources de sécurité a réussi à convaincre les responsables des services de sécurité ivoiriens qu’il était un officier de l’armée ghanéenne à la retraite avec une influence considérable au Ghana.

Il a également établi des contacts avec les partisans du chef déchu ivoirien, Laurent Gbagbo, qui sont actuellement en exil au Ghana.
Grâce à ces contacts, M. Tsikata aurait nourri les services de sécurité ivoiriens avec des histoires inventées sur la participation du Ghana pour tenter de renverser le gouvernement ivoirien.

Il aurait également fourni de fausses informations au sujet des opérations de sécurité ivoiriennes aux loyalistes de Gbagbo au Ghana.

Certaines sources bien placées dire que l’objectif des activités de M. Tsikata était de saper les  bonnes relations existantes entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.

Il a également allégué travailler sur un programme visant à provoquer le rapatriement des exilés ivoiriens.

La BNI affirme maintenant que M. Tsikata est aux mains de la justice.’’

L’on s’aperçoit donc que la communauté nationale et internationale été induit en erreur afin de faire croire que des officiers ivoiriens en exil préparaient un coup d’état pour renverser le gouvernement illégitime de Dramane.

La vérité vient d’être découverte et Hamed Bakayoko fortement mis en cause dans cette affaire devra s’expliquer

Source :Kimbassa

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TOGO: déroute de la soldatesque de Faure Gnassingbé à Dekon face au peuple déterminé.

2 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

TOGO: déroute de la soldatesque de Faure Gnassingbé face au peuple déterminé. 

 

 

        


http://www.youtube.com/watch?v=TSivOdftHtI

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Selon Le FPI : M. Alassane Ouattara est devenu un problème pour la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et la sous-région Ouest-africaine.

2 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Selon Le FPI : M. Alassane Ouattara est devenu un problème pour la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et la sous-région Ouest-africaine.

FPI

Alors que le samedi 18 août 2012, le siège du FPI a été pillé et le Dr. Douati Alphonse a été interpellé par les FRCI et incarcéré aussitôt à la MACA, voici que une semaine plus tard, soit le dimanche 26 août, le Secrétaire Général et Porte-parole du FPI, notre camarade Laurent Akoun a subi le même sort entre Adzopé et Akoupé où il effectuait une mission.

Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Que faire ? Ces trois questions appellent de notre part, trois réponses.

I- Le contexte politique

II- Ce qui se passe dépasse l’entendement

III- Que faire pour enrayer la dictature RDR ?

I- Le contexte politique

Après la prise du pouvoir de M. Ouattara, le FPI s’est inscrit dans la voie d’une opposition responsable et républicaine. C’est dans cette perspective que le FPI prend des positions claires et argumentées sur la situation sociopolitique du pays, ce qui n’est pas du goût du parti au pouvoir. C’est pourquoi, le FPI est entré dans l’œil du cyclone RDR.

Depuis, le FPI est quasiment interdit d’activités sous peine de livrer ses militants et dirigeants à une mort certaine. Ses meetings sont réprimés dans le sang. Le président Alassane Ouattara, ne décolère pas, en raison de ce qu’il appelle "l’arrogance de ses dirigeants". Plus de 16 mois de gouvernance dans la haine, l’intolérance, sans dialogue. Pas le moindre véritable signe d’apaisement de sa part.

Bien au contraire les récentes attaques de camps militaires (Akouedo, Abengourou, du 04 au 06 août 2012), et postes tenus par les FRCI par des individus encagoulés, va servir de prétexte à une escalade de violences, enlèvements et emprisonnements des dirigeants du FPI de la base au sommet.

Les agressions commises contre les positions des FRCI et dont certaines se sont soldées par des morts, ont ipso facto été attribuées au Front Populaire Ivoirien, le jour même de leur déroulement sans enquête, et sans l’ombre d’une preuve.

« ce sont des miliciens pro Gbagbo appuyés de certains éléments des ex FDS qui sont réfugiés au Ghana » a d’emblée affirmé, l’un des Sécurocrates du régime, le ministre d’Etat, Ahmed Bakayoko.

Mais, la question qu’il aurait fallu poser sereinement, en prenant en compte tous les paramètres de la situation politique actuelle et non regarder précipitamment dans une seule direction, est de savoir à qui profitent les crimes ?

Le Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition qui a perdu le pouvoir et qui ne cache pas sa volonté de le reconquérir, est à priori le bouc émissaire idéal. Mais il faut bien se demander si le FPI a intérêt à perpétrer ces agressions dans le contexte actuel ? Et à qui peuvent véritablement profiter ces crimes ?

A qui profitent ces crimes ?

Pour répondre à cette question il est bon de rappeler les évènements qui se sont déroulés ces trois derniers mois, juin, juillet, août. Le contexte politique est focalisé sur l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo en détention à la Haye. Cette audience était fixée au 18 juin. Les regards et l’attention politique sont rivés vers la CPI. Les militants et dirigeants du FPI sont concentrés sur ce dossier pour donner toutes les chances à la libération de leur leader.

Il va se trouver que du 02 au 08 juin 2012 soit deux semaines avant cette audience, capitale pour le FPI et qui n’a donc aucun intérêt à faire accréditer par l’opinion internationale, l’image de violence dont la CPI affuble le président Gbagbo, trois évènements vont se produire pour secouer le marigot politique ivoirien, brouiller les cartes et incriminer le FPI.

1- Le samedi 02 juin 2012, l’ex procureur de la CPI, Ocampo arrive en Côte d’Ivoire. Sommé par les instances supérieures qui actionnent la CPI, Ocampo après sa récente lettre de félicitation au chef de la rébellion Soro Guillaume, s’est vu obligé d’auditionner son "ami" pendant deux heures sur les crimes commis de 2002 à 2011, par les Forces Armées des forces Nouvelles (FAFN). Cela parce que la juge Fernandez De Gurmendi de la CPI aurait donné un avis dissident et menacé de démissionner si le procureur s’obstinait à enquêter uniquement sur les crimes commis par le seul camp Gbagbo.

Cet interrogatoire n’a pas été comme on peut s’en douter, du goût de M. Guillaume Soro qui n’entend pas faire seul les frais de la rébellion sans ses commanditaires. De ce fait il se tient depuis sur ses gardes ; lui et ses com-zones qui, s’ils devraient être transférés à la Haye, vendraient chers leurs peaux. Il y avait comme une situation délétère dans l’air, faite de tension entre les deux clans alliés d’hier, Soro et Ouattara. Le second nommé ayant lui-même déjà pris en charge, par précaution, le portefeuille de la défense.

2- C’est dans ce climat tendu que s’opèrent à Lomé l’arrestation le 05 juin et l’extradition du ministre Lida Kouassi Moïse accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat. Le FPI est aussitôt voué aux gémonies.

3- Le 08 juin dans la foulée sept (07) casques bleus de l’ONUCI trouvent la mort dans une embuscade à l’ouest. C’est encore le FPI que le pouvoir a accusé d’avoir commis ces crimes par ses prétendus milices.

Le Front Populaire Ivoirien avait-il intérêt à poser de tels actes ? Dans quel but ? Surtout la veille de l’audience du Président Gbagbo, pour l’accabler davantage, voir les charges contre lui confirmées et le maintenir dans les liens de la détention ? La réponse à cette question est assurément NON. A qui profitent donc ces crimes ?

Au cours de la conférence de presse organisée pour se prononcer sur cette sombre affaire qui pue manifestement la manipulation, le FPI on s’en souvient, avait déclaré ce qui suit le 15 juin 2012, à propos du prétendu coup d’Etat déjoué.

Après la dernière visite controversée du procureur Ocampo qui a révélé ses accointances avec le pouvoir et face à la quasi certitude grandissante conduisant à la très probable libération de Laurent Gbagbo en raison de la faiblesse des preuves contre lui, M. Alassane Ouattara sentant l’étau se resserrer autour de lui a décidé de monter au créneau.

Objectif :

1° charger à fond Laurent Gbagbo la veille de son procès en le faisant passer pour "un criminel" qui refuse de se repentir en continuant de semer la mort en Côte d’Ivoire.

2° Réduire au silence les partisans de Laurent Gbagbo.

3° Dresser l’ONUCI contre le FPI

La méthode utilisée est celle que M. Ouattara et ses alliés ont déjà utilisée durant la crise postélectorale.

D’abord la diabolisation de Laurent Gbagbo et ses partisans par les ONG et les médias aux ordres.

Ensuite l’exécution de la phase du crime de sang imputé à Laurent Gbagbo et ses partisans. A Abobo pendant la crise les images des femmes prétendument assassinées par Gbagbo ont été brandies dans les médias. Cette fois ce sont des casques bleus qui ont été sacrifiés à la mise en scène de M. Ouattara à l’Ouest.

Troisième et dernière phase, l’extermination des pro-Gbagbo qui a déjà commencé à l’Ouest et qu’on envisage de poursuivre avec la dissolution du FPI et sa décapitation programmée, tout cela sans en aucun moment, pendant la crise comme aujourd’hui aucune enquête sérieuse et crédible n’ait été mise en œuvre.

Nous sommes aujourd’hui à cette à cette phase, que le FPI avait vu venir deux mois plus tôt. L’audience de Laurent Gbagbo avait été reportée au 13 août une semaine avant cette audience, le 04 août des crimes sont commis dans des casernes et commissariats de police. Le FPI est aussitôt de nouveau accusé. Plus grave il est cette fois criminalisé par des proches de Soro Guillaume qui l’assimile à une organisation terroriste et invite l’Etat ivoirien, le peuple ivoirien et la communauté internationale à se mettre ensemble pour éradiquer le fléau FPI. Un véritable appel au meurtre.

C’est le même scénario qui est utilisé sauf que cette fois la thèse de l’accusation facile du FPI se révèle très peu crédible pour nombre d’observateurs de la vie politique ivoirienne.

C’est d’abord l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’on ne peut soupçonner d’être pro Gbagbo, qui contredit le gouvernement ivoirien.

Selon plusieurs sources militaires de haut rang, les assaillants étaient au nombre d’une centaine, vêtus en treillis ou en civils et circulant à bord d’une dizaine de pick-up. Ils ont fait irruption simultanément aux entrées principale et annexe de la caserne aux environs de 3 heures 30 GMT, lundi matin. Dès son entrée, le commando a abattu les cinq sentinelles en faction au poste de contrôle.

« C’est curieux, les assaillants semblaient connaître le secteur. Ils n’ont pas emporté les armes plus lourdes qui étaient stockées, notamment les obus de mortiers. Ils se sont contentés des Kalachnilovs comme s’ils voulaient délivrer un message », commente une source haut placée, proche du ministère délégué à la Défense.

Après son forfait, durant lequel il n’a rencontré presque aucune opposition, le commando prend tranquillement l’axe Abidjan-Bingerville et s’évapore dans la nature. C’est seulement à 5 heures du matin que les hommes de la garde républicaine du commandant en second, Issiaka Wattara, alias « Wattao », arrivent sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin. Et le ratissage intensif de la zone ne donne rien.

Dans la matinée, plusieurs autres unités des anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui intégrés au sein de l’armée nationale, rallient la caserne d’Akouédo. Le fait est que la Côte d’Ivoire qui n’a véritablement pas une armée nationale digne de ce nom, fonctionne depuis seize (16) mois avec un système sécuritaire qui repose essentiellement sur les 3000 à 4000 ex-rebelles membres des FRCI (qui sont sur le papier 55 000 hommes), ainsi que sur environ 40 000 dozos, chasseurs traditionnels venus du Nord, et sur quelque 110 000 supplétifs non encore démobilisés ni désarmés. Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, c’est d’ailleurs de ce côté qu’il faut chercher. « L’attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la réforme du système de sécurité et de l’armée (RSSA), en panne depuis plusieurs mois », affirme un diplomate européen.

Autre détail troublant : « les assaillants ont bénéficié de complicités internes au camp, confie Paul Koffi Koffi à Jeune Afrique.

Toute la vérité est contenue dans cet agencement de faits et de questions. Guillaume Soro pourtant président de l’Assemblée nationale, donc loin de l’exécutif affirme sur son "twiter" avoir été informé de l’attaque du camp d’Akouedo au moment où elle s’est produite autour de trois (03) heures du matin. Et c’est seulement à cinq (05) heures du matin que l’un de ses ex com-zones Wattao arrive sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin. Pourquoi avoir attendu deux (02) heures avant d’intervenir ? Le temps que les agresseurs se servent tranquillement en armes et disparaissent dans la nature ? Qui a intérêt à avoir la main mise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, lui et ses hommes à la Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ? Qui a intérêt à donner des signaux forts au clan Ouattara pour le dissuader de s’engager dans cette voie qui serait suicidaire pour le régime ? Qui veut se payer une impunité en conduisant tous les sécurocrates du régime à lui faire allégeance dans la conduite de la défense nationale ? Qui s’organise déjà pour prendre et exercer le pouvoir d’Etat en 2020 ? Si ce n’est maintenant ? La réponse à tout ce questionnement nous conduit au cœur de l’imbroglio politique ivoirien.

L’acharnement de certains lieutenants à criminaliser le FPI procède sans aucun doute de cette réalité là. La meilleure défense étant l’attaque. La criminalisation du FPI est une diversion machiavélique qui, tout en conduisant à l’affaiblissement du FPI par sa décapitation, ouvre la voie à l’assouvissement de noirs desseins présidentiels que l’on tente maladroitement de masquer. Mais cela ne se fera pas sur la dépouille du Front Populaire Ivoirien.

Le FPI dénoncera toutes les perfidies d’où qu’elles viennent pour reconquérir le pouvoir d’Etat par la voie des urnes, et nul ne peut en détourner ses militants et dirigeants. C’est pourquoi il importe à présent de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur les méthodes mafieuses utilisées pour réduire le FPI au silence.

II- Ce qui se passe dépasse l’entendement

En étudiant de façon rétrospective la facilité avec laquelle les FRCI et dozo ont investi les domiciles des militants LMP entre avril et juin 2011, nous nous sommes rendu compte que plusieurs mois avant la crise post-électorale, le camp Ouattara avait identifié et fiché soigneusement tous les pro-Gbagbo. Jusqu’à aujourd’hui, c’est cette cartographie établie de sang froid qui sert de guide au RDR dans sa politique de « dératisation politique » du pays par « l’éradication » du FPI. De Touleupleu à Bondoukou en passant par Duékoué, Daloa, Abidjan-Yopougon, Dabou, Adzopé, Agboville, Grand-Lahou, San-Pedro, Soubré, Divo, Lakota, Sinfra, Gagnoa, Madinani, etc, les enlèvements et autres exactions se comptent par centaines. Au cours de ces opérations qui défraient la chronique et meublent les rapports de nombre d’organisations de défense des droits de l’homme, les actes posés sont invariablement les mêmes : bastonnades, extorsions de biens et d’argent, tortures pour arracher des aveux destinés à accréditer la thèse du complot FPI contre Ouattara, ou à obliger les pro-Gbagbo ou LMP à démissionner du FPI, procédures judiciaires expéditives assorties de chefs d’accusation farfelues.

Comme on voit, les faits n’ont pas démenti les prédictions de la communauté internationale selon lesquelles le régime Ouattara risque sa crédibilité s’il se place dans une logique répressive vis-à-vis de son Opposition. Ce n’est pas tout. Les dozo et FRCI utilisent d’autres procédés tels que la profanation de sépultures, la taxation des travaux agricoles et des veillées funèbres ainsi que l’atteinte à la pudeur. A titre illustratif et concernant ce dernier chapitre, signalons qu’« à Gabiagui, [localité située à 40 km de San-Pédro], pour obliger un chef Gouro, taxé de pro-Gbagbo, et qui avait pris la fuite, à se rendre, des FRCI ont mis sa fille, mariée à une autorité de la ville, nue, sur la place publique. Ce n’est que quand le père s’est rendu qu’elle a été autorisée à se rhabiller. Peu de temps après, des individus ont approché la famille du chef pour obtenir sa libération contre une rançon de 1 million de CFA. Saisie de l’affaire, l’ONUCI aurait entendu la fille. Aux dernières nouvelles, le chef aurait été déporté à Abidjan. Ce qui n’a pas empêché les FRCI de traquer les gens de sa tribu qui, pour beaucoup, ont décidé de regagner leurs zones d’origine » (LG Infos, N°228 du 27 août 2012, p. 2). Bilan provisoire ou conséquences de ces traitements inhumains et dégradants : plus d’un millier de militants LMP croupissent dans les geôles et autres camps de torture du régime ; plus de 200 tués, près de 3000 déplacés internes, hommes, femmes et enfants en cette période de rentrée scolaire et universitaire. Autrement dit, et pour paraphraser la CNDHCI, la situation sécuritaire a empiré depuis le 11 avril 2011, au lieu de s’améliorer. A qui la faute ? Assurément pas celle du Front Populaire Ivoirien. Ces pratiques ne sont ni de sa nature encore moins de ses méthodes

Le FPI, n’en déplaise à ses adversaires, n’est pas un parti violent. Il est le premier parti à avoir clairement décliné son identité dans son projet de société: « Fonder une Nation Africaine démocratique et Socialiste en Côte d’Ivoire », paru aux Editions L’Harmattan en 1997. Source d’information pour nos adversaires qui veulent nous juger et nous combattre comme pour nos militants qui entendent comprendre pour avancer ; source d’inspiration pour inventer de nouveaux langages et de nouvelles pratiques ; et source de réflexion en termes de critique, d’auto-critique et d’amélioration, notre projet de société dit très clairement que le FPI a opté pour le socialisme démocratique. Cette voie lui impose un choix tout aussi clair en matière d’identité culturelle, de gouvernance politique, de conception de la Nation, de coopération internationale.

Le socialisme démocratique est la doctrine qui exclut la violence comme moyen d’accès au pouvoir d’Etat ; c’est la doctrine qui estime suffisantes les réformes économiques, c’est la doctrine des modérés contre la doctrine des radicaux du début du XXè siècle. Le socialisme démocratique nous apparaît comme l’essence même du socialisme sous toutes ses formes : un excellent outil d’analyse et de gestion stratégique étant donné le contexte que traversent nos sociétés pluriethniques, pluriraciales et pluriconfessionnelles. Le socialisme démocratique est une révolution culturelle, une révolution symbolique c’est-à-dire, sans les kalachs que l’on brandit pour prendre ou conserver le pouvoir d’Etat.

Monsieur Ouattara qui a bénéficié de nombreux soutiens extérieurs dans son combat contre ce qu’on nomme la politique d’exclusion ivoiritaires, pratique aujourd’hui ce qu’il a combattu hier. En effet, il avoue que les privilèges qu’il accorde aux Nordistes constituent « un simple rattrapage.. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces Nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandement : le n°1 issu des FN, flanqué d'un n°2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus, il y a 12 % de Nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher ».

C’est donc au nom de cette épuration politico-ethnique, que l’Administration ivoirienne, l’Armée, la Police, la Douane, le Trésor Public, l’Economie, etc.., appartiennent exclusivement aux pro-Ouattara. C’est au nom du rattrapage que des centaines de milliers d’Ivoiriens ont été licenciés des entreprises publiques et parapubliques, au profit du camp des vainqueurs. C’est au nom de ce même principe d’exclusion que l’appareil judiciaire est devenu une justice des vainqueurs ; c’est cette volonté hégémonique qui explique et justifie le caractère quasi monolithique et monoethnique de l’Assemblée Nationale, avec une majorité confortable RDR issue du Nord, une région qui représente à peine 26% de la population nationale ; c’est au nom de ce rattrapage que plus de 300 journalistes présumés pro-Gbagbo ont été licenciés au profit de dizaines de pro-Ouattara qui font de la RTI une tribune à voix unique, provoquant un recul spectaculaire en matière de pluralité d’opinion ; c’est au nom de ce rattrapage que récemment 200 wê ont été massacrés dans leur camp de réfugiés à Nahibly ; c’est au nom du rattrapage ethnique que la confrérie dozo, une communauté de chasseurs traditionnels issus du Nord, a été intégrés dans l’armée Nationale, en violation de la Constitution.

C’est au nom du rattrapage ethnique que le Président de la République, Chef de l’Etat, continue de présider aux destinées du RDR, son parti, en violation de la même loi fondamentale. C’est au nom du rattrapage ethnique que, malgré les conclusions de la Commission Nationale d’Enquête (CNE) accusant les FRCI d’avoir perpétré plus de 726 exécutions sommaires entre mai et décembre 2011, bénéficient toujours d’une impunité de la part du gouvernement Ouattara. C’est enfin au nom du rattrapage et de la politique d’épuration ethnique que l’on crée aujourd’hui une police universitaire, là où, du temps de parti unique, en contexte de Guerre-Froide, Félix Houphouët-Boigny n’a pas osé créer une police PDCI-RDA à l’Université d’Abidjan.

Le FPI a compris, tout compris. Et c’est pourquoi il se tourne vers ceux qui peuvent l’écouter et prendre en compte son soupir de douleur et d’indignation.

III- Que faire pour enrayer la dictature du RDR ?

Le FPI, conscient de son devoir devant l’histoire et l’Afrique est demandeur du dialogue et lance un appel pressant aux décideurs internationaux qui jusqu’ici n’ont ménagé aucun effort pour faire de la Côte d’Ivoire une démocratie exemplaire après Laurent Gbagbo présenté comme un dictateur, afin qu’ils œuvrent aux meilleurs conditions d’un retour à une vie politique normale. Je pense au Conseil de Sécurité de l’ONU, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne, aux USA, à la France, à la Grande-Bretagne, au Canada, à la Chine et à la Russie. Je pense à l’UNESCO, à l’OIF, à l’UNICEF, à la Banque Mondiale, au FMI et à l’UNDPA. J’en appel à leur sens de la justice et de solidarité aux côtés des opprimés, l’ONU étant un héritage des consciences indignées par les horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale. Je pense, au plan interne, aux forces politiques qui un moment donné, ont cru que le RDR d’Alassane Ouattara était capable de mettre en pratique son programme « vivre ensemble », aux leaders religieux, musulmans et chrétiens, dont les fidèles traversent la plus grande tragédie de l’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante. Je pense à la société civile, notamment les organisations de défense des droits de l’homme : la Côte d’Ivoire brûle et il urge qu’on éloigne le péril dont la CDVR indique, à raison, qu’il guette la Nation.

Conclusion

M. Alassane Ouattara est devenu un problème pour la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et la sous-région Ouest-africaine. A coups de propagande, il a été trop tôt considéré comme un leader policé et un démocrate-né. Il est aujourd’hui au pied du mur, montrant le contraire de ce qui a été dit, ressassé sur lui au cours des 20 dernières années. En effet, le démocrate présumé ne veut pas d’Opposition, d’où le harcèlement des dirigeants du FPI, des journalistes, des Intellectuels LMP ; d’où la confiscation des libertés démocratiques à travers la répression des meetings du FPI. Peuvent en témoigner l’ONU, les USA, la France.. Voici d’ailleurs la liste des droits fondamentaux violés à longueur de journées par le régime Ouattara :

- violation des droits économiques ;

- violation des libertés publiques ;

- violation du droit à l’intégrité physique et morale ;

- atteinte à la vie et aux symboles ;

- violation des droits sociaux.

A plusieurs reprises, il a été demandé à M. Ouattara de se défaire des dozo, une armée issue de sa communauté ethnique de référence, il ne le peut pas parce qu’il ne maîtrise pas aujourd’hui les hommes qui l’ont aidé à prendre le pouvoir en avril 2011. Pour justifier son échec, il est obligé d’incriminer le FPI pourtant fragilisé et donc sans armes matérielles mais qui dispose d’armes symboliques redoutables telle que la force et la pertinence de ses arguments politiques. C’est sur la base de cette armada symbolique que nous disons, demain, nous reviendrons au pouvoir, sachant qu’en cas d’élections transparentes et équitables, nous battrons le RHDP à plate couture. En effet, la vague de répression a eu depuis, des conséquences sur la vie de pro-Gbagbo certes, mais aussi sur les pro-Ouattara et des milliers de personnes neutres qui se rendent compte qu’en fait, « Gbagbo valait mieux » : "Gbagbo ka fissa".

Le FPI n’est pas un parti violent ; le parti violent qui entend cacher sa vraie nature, c’est bien le RDR. Ce dernier est de plus en plus démasqué ; cela le pousse à poser des actes désespérés : situation de fin de course ou de fin de carrière ? En tous les c’est le "Bori bana"

Mesdames et messieurs,

Avant de clore mon propos vous me permettrez de remercier très sincèrement, au nom du FPI, la police de l’ONUCI qui a accepté de sécuriser nos rencontres pour empêcher les agressions dont nous sommes l’objet.

Merci à tous pour votre aimable attention.

Fait à Abidjan, le 30 août 2012

Le Président par intérim du FPI

MIAKA Ouretto

 

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Pour Valsero, « Le problème du Cameroun c’est Paul Biya ».

2 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

Cameroun : Le chanteur Valsero exige la démission de Paul Biya.

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Pour Valsero, « Le problème c’est Paul Biya »

Le Jeune Chanteur demande la démission immédiate de Paul Biya ! « Démissionne, mais avant rends-nous les sommes… »

Apres trois lettres au président sans aucune réponse, le rappeur conscient revient avec un nouveau titre.

ECOUTONS: http://rjcpatriote.centerblog.net/464-valsero-r-gle-ses-comptes-avec-paul-biya

 

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IRAN:Sommet du Mouvement des non-alignés à Téhéran.

1 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

             

 


http://www.dailymotion.com/video/xt50n5_irib-2012-08-29-meyssan-sommet-du-mouvement-des-non-alignes-a-teheran_news

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CAMEROUN : Hôpital Gynéco-obstétrique - Encore une affaire de bébé séquestré depuis 10 mois.

1 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

CAMEROUN : Hôpital gynéco-obstétrique: Une mère et son bébé séquestrés depuis 10 mois pour une facture impayée de 327.000 FCFA.

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Germaine Véronique Abéboulouguié est retenue pour une facture de 327.000 F.Cfa. Marie-Esther Koulman, la fillette de Germaine Abeboulouguiyé, a eu un an, le 28 août. Cet anniversaire n’a pas été célébré compte tenu des moments difficiles que vit cette famille qui n’a jamais regagné son domicile après l’opération chirurgicale qu’a subie Marie-Esther en décembre 2011 à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso. L’enfant et sa mère, sont toujours retenus dans cet établissement hospitalier pour une facture impayée de 327.000 F.CFa. Germaine, 32 ans, affirme que l’opération chirurgicale de sa fille a été un succès le 19 décembre 2011, soit un peu plus de trois mois après la naissance de l’enfant dans une clinique privée au quartier Nkolmesseng à Yaoundé.

C’est dans la chambre n°4 du pavillon chirurgie pédiatrique de l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso que Germaine est «bloquée». Sa fille, joviale lors de notre passage, a déjà deux dents, et tente de faire ses premiers pas. «Ma fille est née avec une sténose hypertrophique du pylore. Elle vomissait tout ce qu’elle mangeait. Elle maigrissait et risquait de mourir. On m’a dit que son intestin était trop petit et ne facilitait pas la digestion», explique la mère. C’est le 20 octobre 2011 qu’elle est reçue à l’hôpital. «J’ai d’abord passé deux mois à la réanimation, parce que mon enfant était déshydratée et dénutrie», ajoute Geneviève. Les frais d’hospitalisation, indique-t-elle, s’élevaient à 347.000 F.Cfa mais, elle affirme que l’ancien directeur général lui avait accordé une réduction de 20.000 F.Cfa. «Pour l’opération de ma fille, j’ai dépensé 31.000 F.Cfa pour l’achat du matériel, mais cela était insuffisant puisqu’il fallait aussi acheter des poches de sang. Le professeur Ze, responsable de la réanimation, a offert une poche de sang à ma fille. Les 327.000 représentent les frais d’opération et d’hospitalisation, puisque ma chambre coûtait 3.000 F.Cfa par jour», précise Germaine.

Vie précaire

Après l’opération, l’enfant a commencé à manger normalement. Mais la maman manque de moyens pour la nourrir, voir pour acheter de l’eau à la petite. Germaine est aidée par les âmes de bonne volonté. «Avant le départ de l’ancien directeur général, Doh Anderson, je lui avais expliqué que mes parents vivent au village, que je n’ai personne pour m’aider. Je suis sans nouvelles du père de mon enfant. J’ai sollicité une reconnaissance de dette, le temps que je reprenne mes activités dans un restaurant au quartier Essos. Je ferai tout pour payer cet argent. Ma demande est restée sans suite. Pourtant, mon domicile a été localisé. J’ai également expliqué mon problème au nouveau Dg ainsi qu’à sa secrétaire qui m’a demandé d’ouvrir un dossier au service social de l’hôpital, ce que j’ai fait au mois de juin. Mais, on m’a demandé de payer une partie de l’argent», raconte Germaine.

La jeune maman affirme que depuis le 27 août 2012, ses conditions de vie se compliquent. Mercredi dernier, Géneviève a été évacuée dans la salle 5, considérée comme une prison, où sont logées toutes les patientes insolvables. Samuel Lele Bomgni, le major du service chirurgical de la pédiatrie, dit s’en référer exclusivement au Dg de l’hôpital. Au secrétariat du Dg, l’une de ses collaboratrices dit que le patron est absent. En octobre 2008, plus de dix femmes étaient gardées pour la même cause à la maternité de l’hôpital central de Yaoundé.
Par  Prince Nguimbous

Source : Le Jour

 

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UN PIED-DE-NEZ À LA THÉORIE GUERRIÈRE EURO-ATLANTISTE DU « CHOC DES CIVILISATIONS »

1 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

UN PIED-DE-NEZ À LA THÉORIE GUERRIÈRE EURO-ATLANTISTE DU « CHOC DES CIVILISATIONS »

ONU1

Nouveau succès de la diplomatie iranienne : une centaine d’États du monde et une trentaine de chefs d’États et de gouvernement seront présents fin août à Téhéran pour le sommet des non-alignés

J’ai déjà eu l’occasion de souligner l’important succès diplomatique remporté par l’Iran il y a deux semaines (le 9 août dernier), dans l’organisation d’une conférence consultative sur la Syrie.

Réunie à Téhéran, principal allié régional de Damas, cette conférence s’était déroulée en présence de représentants de 29 États, dont j’avais signalé qu’ils représentaient 3.528.129.000 habitants, soit 50,9 % de la population mondiale.

L’Iran était donc parvenu à rassembler des dirigeants représentant une majorité de la population mondiale pour appeler à un dialogue national en Syrie et se démarquer ainsi de la position va-t-en-guerre du camp euro-atlantiste.

UNE CENTAINE D’ÉTATS DU MONDE – ET UNE TRENTAINE DE CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT – PRÉSENTS FIN AOÛT À TÉHÉRAN POUR LE SOMMET DES NON-ALIGNÉS

Cette fois-ci, l’Iran fait encore beaucoup mieux.

Le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi vient en effet d’annoncer qu’au moins une centaine d’États, membres du Mouvement des Non-Alignés qui en compte 120, ont confirmé leur participation au prochain Sommet de cette organisation, qui se tient justement à Téhéran.

Parmi cette centaine d’États représentés, une trentaine le seront par le niveau suprême de leur chef d’État ou de gouvernement.

Parmi les dirigeants annoncés figurent notamment :

- le nouveau président égyptien Mohammad Morsi, qui transmettra à l’Iran la présidence tournante du Mouvement des Non-alignés. Fait important, il effectuera à cette occasion la première visite en Iran d’un chef d’État égyptien depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays il y a trente ans.

- le premier ministre indien Manmohan Singh,

- le dirigeant cubain Raul Castro,

- le président libanais Michel Sleimane,

- le président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême de Corée du Nord Kim Yong-nam,

- le président du Soudan Omar el-Bechir,

- et aussi, plus inattendu compte tenu de son extrême proximité d’avec les Américains, l’émir du Qatar Hamad ben Khalifa al Thani. Sera-t-il là pour faire ensuite rapport à Washington ? Ou bien pour y mener une nouvelle intrigue ?

En revanche, le président syrien Bachar al-Assad, allié de Téhéran, « pourrait ne pas pouvoir assister au sommet. »

Outre les chefs d’État ou de gouvernement, plus de soixante pays seront représentés par leur ministre des affaires étrangères, ce qui est considérable.

À l’occasion de ce sommet, l’Iran prendra pour 3 ans (2012-2015) la présidence tournante du Mouvement des Non-alignés, qui a été exercée par l’Égypte pour la période 2009-2012, et qui sera ensuite confiée au Venezuela pour la période 2015-2018.

UN INCONTESTABLE SUCCÈS DIPLOMATIQUE POUR L’IRAN

Le ministère iranien des affaires étrangères a beau jeu d’insister sur 3 éléments :

1)- la centaine d’États représentés constitue un très bon chiffre, comparable à celui des sommets précédents des Non-Alignés,

2)- ce sommet est le plus grand événement diplomatique de l’histoire de l’Iran.
Les Fêtes de Persépolis pour le 2.500ème anniversaire de l’Empire perse, organisées par le Shah d’Iran en 1971, n’avaient pas drainé autant de représentants d’États et n’avaient pas un objectif politique international. Elles avaient surtout un but de consolidation du régime monarchique iranien, et avaient attiré essentiellement des monarques, les présidents américain Nixon et français Pompidou ayant notamment décliné l’invitation.

3)- cette présence très nombreuse témoigne de l’échec des efforts euro-atlantistes visant à isoler le régime de Téhéran en raison de son programme nucléaire controversé.
Le vice-président iranien Ibrahim Azizi a ainsi tenu à préciser que « la tenue de ce sommet va montrer au monde entier que les complots (des Occidentaux) contre notre gouvernement sont stériles. »

À ce propos, l’attention des chancelleries du monde entier se focalise actuellement sur la présence éventuelle du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, qui a été invité à ce Sommet.

Selon le ministère des affaires étrangères iranien, celui-ci devrait venir, ce qui serait normal compte tenu de l’importance mondiale de l’événement.

Mais, sa présence n’est pas sûre car le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a exercé des pressions considérables pour qu’il ne s’y rende pas, pressions qui ont été relayées par les autorités américaines. Le parti que prendra Ban Ki-Moon sera donc à suivre de près.

Parmi les autres participants, il sera intéressant de voir si la Chine, qui n’est plus membre du Mouvement des Non-Alignés mai seulement « observateur », sera représentée, et à quel niveau.

De même, il sera important de voir si certaines rumeurs, qui font état de la venue surprise à Téhéran du président russe Vladimir Poutine et du président turc Abdullah Gül, seront ou non confirmées.

LE MOUVEMENT DES NON-ALIGNÉS

Il est utile de rappeler que le Mouvement des Non-Alignés est une organisation internationale regroupant 120 États en 2008 (17 États et 9 organisations internationales y ayant en outre le statut d’observateur). Cela en fait l’organisation mondiale qui rassemble le plus d’États, à l’exception de l’ONU et des agences spécialisées de l’ONU.

Le terme de « Non-alignement » fut inventé par le Premier ministre indien Nehru lors d’un discours en 1954 à Colombo, capitale de l’île encore dénommée Ceylan à l’époque.

Le Mouvement lui-même fut lancé en 1956, conjointement par Nehru, l’Égyptien Nasser, le Yougoslave Tito et le Cambodgien Sihanouk. Il visait alors, dans le contexte de la guerre froide, à se rassembler pour contrecarrer l’influence des États-Unis et de l’URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause.

Le premier Sommet se tint à Belgrade en 1961 : il regroupa alors 25 États seulement.

L’organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie, regroupe désormais près des deux tiers des membres des Nations unies et 55 % de la population mondiale.

Le but du Mouvement des Non-Alignés a été redéfini, dans la
« Déclaration de la Havane » de 1979, qui précise que les Non-Alignés visent à assurer « l’indépendance nationale, la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l’impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, et toute forme d’agression étrangère, d’occupation, de domination, d’interférence ou d’hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et de promouvoir la solidarité entre les peuples du tiers monde.

Qui, franchement, peut désormais être contre ces grands principes ? Principes qui sont d’ailleurs en parfaite harmonie avec les principes du droit international, tel qu’il a été codifié par la Charte des Nations-Unies ?

CONCLUSION : UN PIED-DE-NEZ À LA THÉORIE GUERRIÈRE EURO-ATLANTISTE DU « CHOC DES CIVILISATIONS »

Les pays représentés au Mouvement des Non-Alignés appartiennent à tous les continents (y compris l’Europe avec la Biélorussie), et en particulier l’Amérique du Sud, toute l’Afrique, tout le Moyen Orient, le sous-continent indien et l’Asie du sud-est.

Cette très grande variété constitue le plus grand pied-de nez que l’on puisse opposer au découpage artificiel par religions ou « civilisations » promu par les think-tanks bellicistes de Washington et de l’OTAN.

Cette capacité massive de rassemblement des Non-Alignés fait ressortir par contraste ce qu’est l’OTAN / UE : un bunker agressif, qui ose se qualifier de « communauté internationale » alors qu’il ne représente même pas 20% des êtres humains vivant sur terre.

Si la France renouait avec la grandeur de son histoire, ce n’est certes pas dans ce bunker occidental de l’OTAN / UE qu’elle devrait se placer. C’est son adhésion au Mouvement des Non-Alignés qu’elle devrait envisager. Pour contribuer à faire du IIIe millénaire un avenir de paix entre toutes les nations, tous les peuples et toutes les religions du monde.

 

Source : http://www.u-p-r.fr

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La Norvège retire ses pétrodollars de la zone euro.

1 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

La Norvège retire ses pétrodollars de la zone euro.

 

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La Norvège a annoncé le 10 août vouloir préserver les 600 milliards de dollars de son fonds souverain du risque européen en se concentrant plus sur les pays émergents.

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La Norvège va poursuivre la réduction de son exposition au risque européen. C'est ce qu'a annoncé vendredi 10 août Yngve Slyngstad, directeur du fonds souverain norvégien lors de la remise de son rapport trimestriel. Ce fonds, l'un des plus importants au monde, est doté de 600 milliards de dollars, issus de la rente pétrolière, soit environ 120.000 dollars par habitant.

Méfiance vis-à-vis de la zone euro

C'est principalement du risque souverain en zone euro que la Norvège souhaite se prémunir. A la recherche du parfait équilibre dans sa gestion des risques, le fonds de pension norvégien s'est déjà débarrassé de son papier portugais et irlandais. Et il n'est exposé aux risques souverains italien et espagnol qu'à hauteur de 6 milliards de dollars. Mais la méfiance est montée d'un cran, et c'est désormais de la France et de la Grande Bretagne que le petit pays scandinave, qui a refusé son adhésion à l'Union européenne, voit le risque arriver. Yngve Slyngstad a ainsi annoncé que la réduction de l'exposition aux risques souverains français et britannique allait se poursuivre.

Les annonces  de la BCE, qui s'est dite prête à intervenir pour répondre aux inquiétudes qui pèsent sur les pays de la zone euro, n'auront donc pas suffit à rassurer l'investisseur norvégien. A ce sujet, Yngve Slyngstad s'est contenté d'espérer" que l'Europe prendrait les bonnes décisions. Il a tenté de se montrer rassurant en assurant que la Norvège gardait un oeil interessé sur les titres de dette souveraines des pays européenns. Mais les pétrodollars norvégiens quittent la zone euro.

Les pays émergents grands gagnants

Les grands gagnants sont les pays émergents, dans lesquels le puissant fonds gouvernemental n'est pas encore, ou peu, exposé. «Une part plus importante de nos fonds [y] sera investie» a déclaré Yngve Slyngstad vendredi. Le Brésil et l'Inde devraient en profiter le plus. Quant à la Chine, Yngve Slyngstad déplore les plafonds mis en place par Pékin pour la détention de dette chinoise par des étrangers, que le fonds souverain a déjà atteint. « Nous accroîtrons nos investissements en titres chinois dés que le plafond sera relevé » a ainsi affirmé le directeur du fonds.

Curieusement, la Norvège semble toujours accorder sa confiance aux Etats-Unis, qui font face à leur fameux « mur de la dette », et au Japon, dont l'économie montre des signes de faiblesse inquiétants. Même l'Allemagne et ses taux de rendement négatifs sur le papier à deux ans obtiennent la bénédiction de la Norvège. Alors que la première économie européenne ralentit, et que son volubile ministre de l'Économie Philipp Rösler a évoqué vendredi "des risques importants" pesant sur l'économie de son pays.

Source : http://www.latribune.fr

 

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AFROHISTORAMA TV

1 Septembre 2012 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

 

              

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