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Lettre de Marie Louise Eteki-Otabela Présidente de la Coordination des Forces Alternatives (la CFA) à l'attention de l'ambassadeur Americain au Cameroun

8 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Lettre de Marie Louise Eteki-Otabela  Présidente de la Coordination des Forces Alternatives (la CFA) à l'attention de l'ambassadeur Américain au Cameroun.

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Excellence, permettez que je vous réexplique

J’ai connu un Ambassadeur au Cameroun qui n’aimait pas ce titre d’excellence, trop prétentieux, trop pompeux, disait-il, il se reconnaîtra. Dommage que le bal diplomatique soit si tatillon sur l’étiquette de vos tours de piste, il nous a vraiment donné un coup de main lui, sur la question de la corruption… Une autre a même marché avec Fruh Ndi dans une manif. Elle fût priée de quitter le territoire camerounais  presque manu militari. Et si je vous disais que les listes des homosexuels  camerounais c’est aussi une indiscrétion diplomatique ! Nous avons même compté dans la maison Amérique des amis, de vrais, eux aussi auraient été scandalisés que l’on paie des parlementaires en fin de mandat pour qu’ils ne parlent pas : le crime économique institutionnalisé ! Il est bien vrai que tout cela se passait avant wikileaks. Depuis, trois événements ont bouleversé nos liens diplomatiques. Droit d’ingérence oblige.

Vous avez un président  Africain-Américain

Le premier de ces événements a été bien évidemment l’élection de Barak Obama comme président des Etats-Unis d’ Amérique : un Américain d’origine africaine à la tête du pays le plus puissant du monde ! Vous n’avez aucune idée de ce que cette élection a représenté pour les Africains ! Il y a ceux qui n’y croyaient pas,  comment une telle chose pouvait être possible. Je connais même des féministes camerounaises qui ont voté pour Hillary lors des primaires des démocrates ! Il y a ceux qui nous mettaient en garde : Obama c’est d’abord un Américain. Il n’est pas venu là pour sauver les Africains. Vous n’avez qu’à voire sa stratégie de campagne : ne pas trop insister sur ses origines noires… Personnellement je me suis fendu d’une chronique- on avait encore un journal au Cameroun « Le Messager » de Pius Njawé.  J’expliquais qu’ Obama avait renversé le mythe de Sisysphe … et que c’ était une embellie.

Nous avons été quelque peu choquées de votre leçon de démocratie au rabais, Excellence ! Vous vouliez une discussion franche sur l’élection du 9 octobre ? Alors permettez-nous de vous dire combien nous sommes fatiguées de tous ces discours qui prennent toujours les africains pour des attardés mentaux depuis des siècles ! Croyez-vous réellement que notre problème aujourd’hui, c’est que nous ne savons pas ce qu’est la démocratie ? Pensez-vous qu’il a fallu 400 ans à la démocratie en  Amérique pour élire un président  Noir parce que Tocqueville c’était plus théorique et pas assez pratique ? Comment pouvez-vous déclarer que la mission des Etats-unis au Cameroun c’est de voir ce qu’il convient d’améliorer en termes de promotion de la démocratie. Il ne s’agit pas ici d’une marque de Coca-Cola ! Pour faire la promotion d’un produit, faut-il encore que ce produit existe !

Cela fait 50 ans Excellence, que le peuple camerounais –comme beaucoup d’autres en Afrique- résiste à un régime totalitaire, un régime politique que la France nous impose depuis la seconde guerre mondiale. Souvenez-vous du Débarquement en Normandie…pour sauver le monde libre d’un tel régime politique : était-ce de l’ingérence dans les affaires internes de la France ? Eh bien, les Africains bien que colonisés alors, étaient à vos côtés le jour de la Libération de Paris. Croyez-vous que les Français se souviennent  aujourd’hui de ce que fut leur vie sous Pétain et sous l’occupation nazie ? Ils nous appliquent tout simplement le même traitement depuis 50 ans ! Vous  ne pouvez pas vous en rendre compte : vous êtes né sous démocratie. Vous n’avez aucune idée de ce que c’est de vivre, de survivre sous un tel régime politique. Depuis 1957, votre premier consulat au Cameroun, date de création par décret (!) français de l’Etat camerounais, il n’y a dans ce pays ni relations bilatérales, ni intérêts communs, ni respect mutuel, ni même un quelconque partenariat et encore moins une Société Civile.

Vous êtes un Etat dans l’Etat au Cameroun

Alors il faut savoir, Excellence que les activités de votre ambassade-qui avec le siège de l’édifice qui brade notre pétrole depuis 1979…, sont les deux seules bâtiments  dignes de leur mission dans ce pays en dehors du Palais présidentiel- dès lors qu’elles consistent à apporter votre appui à une Société Civile qui n’existe pas, ces activité reviennent en réalité à consolider l’Etat camerounais dont le rôle premier est la destruction permanente de toute velléité de résistance ou d’opposition collective . Ce phénomène que C. Lefort (1972, P. 118) désigne par  l’anéantissement symbolique. Car « c’est la sociabilité qu’ils pourchassent comme l’ennemi de l’Etat : il s’agit de montrer que seul le Pouvoir détient le principe de ce qui est ». Tous les éléments du processus électoral aussi bien que toute la richesse du pays et même tous les pans de notre société sont confisqués par ce Pouvoir. Vous l’avez vu à l’œuvre au cours de ce processus électoral : pas étonnant que les articles et le contenu éditorial de la presse camerounaise vous inquiètent et vous paraissent absurdes. Ils doivent rester sous contrôle du Ministre de la communication ! Là aussi vous l’avez vu vociférant à longueur des médias !

Ensuite sur quoi voulez-vous que leur attention se focalise : tout débat réel sur notre société est tabou ; vous l’avez vu avec la question des tribus…C’est en fait normal que ce qui nous tient lieu de « journalistes » focalisent leur attention sur l’Ambassade des Etats-Unis dans l’espoir non avoué  que les Etats-Unis agissent comme un contre-pouvoir au pouvoir français chez nous. Sachez que les Camerounais ne choisissent rien du tout dans leur pays, que tout ça nous est imposé par les Autorités françaises, d’ailleurs, toujours les premiers à connaître  les résultats de nos élections, puisque ce sont eux et leurs serviteurs camerounais qui les fabriquent et donc également les premiers à  en trouver « les conditions acceptables » ! Non seulement la Société Civile n’est pas une force politique au Cameroun mais elle est exactement le contraire, c'est-à-dire tout ce qui (organisation, individu)  peut et doit empêcher l’existence et la visibilité des véritables forces politiques dans notre pays. Nous avons rencontré souvent  quelques unes de ces grandes dames parées aux couleurs de la Société Civile dans vos murs. Certaines  ont défrayé la chronique au cours de cette élection...

Enfin, de notre point de vue, la démocratie n’est pas tant une question d’efficacité que de la nature du pouvoir. L’approche « efficacité » permet  d’essayer de nous persuader qu’il s’agit seulement  de maîtriser un certain nombre de mécanismes nécessitant une certaine évolution. La qualité du leadership, la solidité des institutions évoluant d’une élection à l’autre comme nous le répètent les Français : si vous avez mis 50 ans à essayer d’être des pays développés, prenez votre temps…même la démocratie, vous y arriverez…prenez encore 50 ans, faites des progrès dans le respect des droits humains et tout ira mieux dans le meilleur des mondes ! Constitution ? La  première que nous avons eue, fût l’œuvre de deux français…et d’ailleurs aujourd’hui, nous fonctionnons avec deux Constitutions selon l’humeur du président ! Le Cameroun est doté d’une bonne Constitution et de bonnes lois…C’est l’application qui cloche : quelle grosse blague ! La mesure de la démocratie c’est le degré de souveraineté d’un peuple. Et nous, nous savons que le peuple camerounais n’est pas souverain. Alors ne craignez pas d’être accusé d’ingérence au Cameroun, ce sont des étrangers qui font la loi chez nous, des étrangers qui gouvernent le Cameroun, ils ont même définitivement fixé notre humanité au stade primaire de la tribu ! Les intérêts étrangers sont prioritaires au Cameroun  depuis si longtemps…que la pauvreté de notre peuple devient chaque jour de plus en plus irrémédiable. Comme s’il y a des peuples – ceux d’Afrique- qui sont assignés à la pauvreté, définitivement, pendant que d’autres s’humanisent tous les jours un peu plus grâce à nos richesses. Au nom de quel péché originel ?

Votre nouvelle mission chez nous

Alors que je vous réexplique Excellence, ce que le peuple camerounais attend des Etats-Unis d’ Amérique puisque même avec des chaînes aux pieds, nous avons construit l’Amérique. Nous attendons un retour d’ascenseur. Non pas des histoires de développement mais un vrai soutien politique : une sorte de débarquement ... pour nous sortir de ce régime politique. Rien ne prouve que si vous n’aviez pas débarqué en Normandie, la France ne serait pas aujourd’hui  sous l’emprise du chaos. Il existe un mouvement de résistance dans ce pays depuis que les Nations Unies nous ont refusé l’accession à l’indépendance par la voie démocratique. Et nous savons tous qu’aucun pays au monde ne s’est jamais sorti de ce genre de régime politique par sa seule résistance interne. Il s’agit de nous aider à renégocier notre souveraineté, un nouveau statut politique. Vous seul pouvez faire comprendre à nos  « anciens maîtres » que vouloir changer de régime politique cela n’a rien de criminel et que cela ne relève pas du terrorisme. Nous devons progresser en tandem plutôt qu’en rangs dispersés, et que les citoyens de chaque pays devraient jouir d’une égalité de chances et des mêmes libertés… c’est tout simplement une façon de partager notre vision de ce que nous souhaitons pour tous les peuples du monde. Voilà qui est bien dit.

 D’abord au niveau des principes : Les valeurs consignées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres engagements mondiaux et régionaux sont compatibles avec les valeurs sur lesquelles les Etats-Unis ont été fondés il y a des siècles. Cela tombe bien. Les fondamentaux de notre combat politique sont : la souveraineté populaire, l’Etat de droit donc les droits humains universellement reconnus et l’organisation d’une Société plurielle capable de trouver des solutions aux problèmes posés par notre vivre ensemble : un des pays les plus riches du Continent, classés définitivement pays pauvre très endetté...

Ensuite au niveau des mécanismes de fonctionnement : Les Etats-Unis utilisent une large gamme d’outils pour promouvoir la liberté, dont la diplomatie bilatérale, l’engagement multilatéral, l’aide étrangère, l’établissement de rapports et la sensibilisation du public. C’est bien ce que nous constatons depuis 50 ans : votre pays soutient essentiellement les Etats et non les peuples aux prises avec les politiques totalitaires comme l’Etat du Cameroun. Combien de fois nos organisations politiques se sont retrouvées en face de « l’apolitisme» affiché de votre administration dès lors qu’il s’agit de soutenir les citoyens ou les organisations qui résistent à ces politiques anti- démocratiques. Que vous aussi, Excellence, vous nous ressortiez le couplet sur l’opposition qui n’a pas pu se réunir autour d’une candidature forte, est vraiment triste : vous qui avez chez vous une élection présidentielle à quatre (4) tours !

 Enfin, s’agissant des garanties que ces principes sont réellement mis en œuvre au niveau du fonctionnement d’un Etat comme celui du Cameroun. Si réellement « les Etats-Unis  étaient déterminés à œuvrer de concert avec les partenaires démocratiques, les organisations internationales et régionales, les organisations non gouvernementales et les citoyens engagés pour soutenir tous les peuples qui sont en quête de liberté », vous ne seriez pas là, 50 ans après à nous apprendre comment voter (la différence entre l’abstention et vote blanc !), vous seriez au côté de la jeunesse et des femmes camerounaises qui eux, savent que nous proposons une alternative crédible à ce régime politique depuis près de 15 ans.

 Néanmoins, je me félicite également que vous aussi vous soyez maintenant acquis à ce changement car il n’y a pas si longtemps votre Secretary of State nous demandait, au cours d’une vidéoconférence (Washington-Yaoundé) dans vos murs, de lui expliquer ce que signifie « l’alternative » au régime politique camerounais.

Pour finir, permettez nous Excellence, trois dernières remarques :

1-     nous vous signalons notre rapport sur l’élection présidentielle de 2004 au Cameroun à l’intention des observateurs étrangers, rapport que nous avons publié aux éditions l’ Harmattan-Paris en 2006 et dans lequel non seulement nous avons signalé les nombreuses irrégularités que certains font semblant de découvrir au 9 octobre 2011 en prétextant qu’ils relèvent de la « jeunesse » d’Elecam, mais nous y proposions également vos 18 recommandations ;

2-     notre parti politique contribue à la coordination des activités d’une partie de notre classe politique depuis 1997( date de légalisation de ce parti, La CFA) et en 2003, onze de ces partis politiques ont constitué un Front des forces alternatives et se sont donné comme objectif de changer le régime politique camerounais. Ce qui a permis au reste de l’Opposition (la plupart des partis qui ont pris part à cette élection de 2011) de former une Coalition, des partis qui pensent pouvoir réformer ce régime politique ! Vous les avez vus à l’œuvre...

3-     Voici ce que je disais pour conclure ce rapport de 2004 : « La question alors, honorable Forbes (un des observateur américains de l’élection de 2004) n’est pas ce que vous pouvez faire pour nous, pour nous assister ou nous venir en aide ; on peut toujours considérer que l’existence d’un tel régime est l’affaire des victimes de ce pouvoir : c'est-à-dire des Camerounais eux-mêmes. Mais comme l’enjeu fondamental dans ce genre de régime est la transformation de la nature humaine elle-même, alors l’existence de ce régime devient l’affaire de tout le monde. Si des hommes (Américains, Anglais, Français, ou Camerounais) ont été capables d’instaurer une telle horreur et quand bien même il n’existerait qu’une seule personne victime de cette expérience de domination, tous les autres devraient se mobiliser pour en venir à bout, au nom de leur propre humanité ».

 Marie Louise Eteki-Otabela

Présidente de la Coordination des Forces Alternatives (la CFA)

Source : www.forces-alternatives.com 

 

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Libye-assassinat de Mouammar KADHAFI: quels impacts sur l'Afrique?

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

 

Libye-assassinat de Mouammar KADHAFI: quels impacts sur l'Afrique?

 

           

 

http://www.youtube.com/watch?v=4f42aV5ZQ3Q&feature=player_embedded#!  


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Interview rétrospective de Mr Jean Ziegler à propos de l’ONU.

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

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Interview rétrospective de Mr Jean Ziegler  à propos de l’ONU.

L’inépuisable défenseur des démunis publie un nouvel ouvrage. Il y décrit et théorise la haine du Sud pour l’Occident et pose un regard très critique sur les Nations Unies d’aujourd’hui.

Stéphanie GERMANIER : Monsieur Ziegler, si l’on en croit votre dernier livre, l’ONU ne sert à rien.'

Jean Ziegler : 'J’ai plutôt voulu montrer qu’à l’aube de fêter ses 63 ans, l’ONU politique est en échec. Ses trois missions  : assurer la sécurité collective, aider au développement et promouvoir les droits de l’homme, sont par terre. Les Etats-Unis déclenchent des guerres préventives. Ils pratiquent la torture. La misère augmente et ce sont désormais 100000 personnes qui meurent de faim ou de ses suites immédiates tous les jours à cause, entre autres, de la spéculation boursière sur les aliments et les agro-carburants.'

Stéphanie GERMANIER :'Vous œuvrez donc dans le vide ?'

Jean Ziegler : 'Les Nations Unies sont en crise, mais ce n’est pas le cas des vingt-deux organisations spécialisées, comme le Programme alimentaire mondial ou le Haut commissariat aux réfugiés, qui continuent de déployer leurs effets bénéfiques.'

'Mais l’ONU était depuis toujours vouée à l’échec, puisque vous avancez la thèse que l’Occident et le Sud ne pourront jamais se comprendre et collaborer...'

 'Non. Ce qui paralyse le travail de la communauté internationale, c’est le double langage que pratique l’Occident aujourd’hui. Les Etats-Unis se posent en garants de valeurs humanistes, alors qu’ils pratiquent la torture. L’Union européenne se vante d’être le berceau des droits de l’homme, mais affame la planète en soutenant la production de biocarburants. Tout cela débouche sur le fait que le Sud refuse aujourd’hui toute crédibilité à l’Occident.'

Stéphanie GERMANIER : 'Pourquoi ne prend-on conscience de ce phénomène qu’aujourd’hui ?'

 Jean Ziegler : 'La mémoire collective est quelque chose de mystérieux. On n’a parlé de la Shoah que cinquante ans après qu’elle a eu lieu, or tout le monde connaissait l’horreur des crimes nazis depuis 1945. Pareil pour l’esclavage et la colonisation. Cette mémoire resurgit aujourd’hui et elle se transforme en force historique. Le Sud demande réparation et repentance. L’Occident refuse de lui accorder ce droit.'

Stéphanie GERMANIER : 'C’est un peu catégorique comme affirmation, non ?'

Jean Ziegler : 'Non. Nous avons eu la preuve de ce dialogue de sourds. En 2001, à Durban, en Afrique du Sud, Kofi Annan et Mary Robinson avaient organisé la première conférence mondiale sur le racisme. Ça a été un échec total. C’est à partir de là que le Secrétaire général de l’ONU s’est retrouvé affaibli et que la Haut commissaire aux droits de l’homme a perdu son poste. Les Blancs ont refusé de reconnaître les crimes passés.

Autre exemple : le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar. Le président français a osé dire que la colonisation était une bonne chose, car elle avait permis la construction de centaines de kilomètres de route en Afrique. Il n’a pas dit un mot sur les dizaines de milliers de personnes massacrées par la Légion étrangère à Madagascar et en Algérie et au Cameroun.'

 Stéphanie GERMANIER :'L’ONU va-t-elle mourir ?'

Jean Ziegler : 'J’espère que non. En 2009 sera organisé, à Genève, un Durban 2. C’est la dernière chance pour l’ONU de réconcilier les mémoires.

Je sais que le titre de mon livre peut choquer, mais quand je parle de la haine de l’Occident je ne pense évidemment pas à la haine pathologique propre aux terroristes, mais à la haine raisonnée. Autrefois les enfants du Sud mouraient sous l’esclavage et la colonisation  ; aujourd’hui, ils meurent sous le capitalisme globalisé. C’est magnifique que l’ONU se donne une seconde chance. Que vous, les Blancs, qui ne représentez que 13 % de la population mondiale, vous acceptiez enfin d’entendre les plaintes du Sud.'

Stéphanie GERMANIER :'Et vous, vous n’êtes pas Blanc ?'

Jean Ziegler : 'Régis Debray a dit : « Ziegler est un nègre blanc. » Et c’est vrai. J’ai énormément appris de l’Afrique.'

'Jean Ziegler n’a pas changé. Toujours les mêmes combats, les mêmes méchants et les mêmes gentils. Vous n’avez pas l’impression de vous répéter ?'

 'Pas du tout. Tout change. Il y a aujourd’hui une accélération dans la détérioration de la situation mondiale. La communauté internationale se défait, et cela, c’est nouveau. Alors même que pour la première fois de l’humanité nous aurions la possibilité de répondre aux besoins matériels de toute l’humanité, seules 500 multinationales contrôlent 52 % du PIB mondial et dictent leur loi aux Etats.'

 Stéphanie GERMANIER : 'Vous vous sentez encore utile ?'

 Jean Ziegler : 'Je répondrai modestement par un proverbe sénégalais qui dit qu’on ne voit jamais les fruits des arbres que l’on plante. J’espère que mon livre puisse être une arme. L’intelligence analytique est là pour dire ce qui est. Elle peut mobiliser des opinions dans les pays démocratiques comme le nôtre.'

Stéphanie GERMANIER :'Quelle est la part d’ego dans cet éternel combat de dénonciateur ?'

Jean Ziegler:  'Je ne dénonce pas. Je donne la parole aux victimes. Je sais que je suis un miraculé d’être né en Suisse, d’être devenu professeur et d’avoir des éditeurs de poids.'

'Mais votre ego...'

 'C’est difficile de dire sa vanité. La mienne réside simplement dans ma volonté d’imposer mon analyse face à un ennemi si puissant.'

'Vous parlez du capitalisme, je présume. Avez-vous retiré vos billes d’UBS ?'

 'Je n’ai pas d’argent à l’UBS. Seulement un compte salaire à la Banque Cantonale de Genève.'

'Vous devez observer la crise un sourire satisfait au coin des lèvres, l’air de dire : je vous avais averti...'

 'Pas du tout. Cette crise est dramatique. Les fonds de pension partent en fumée, des gens sont à la rue aux Etats-Unis, les budgets de soutien à des programmes d’aide fondent. C’est beaucoup de souffrances. La seule chose positive est que les brigands du néolibéralisme et du capitalisme de la jungle se montrent sous leur vrai jour. La voie est enfin libre pour la construction d’une société mondiale plus solidaire et plus juste.'

Propos recueillis par Stéphanie GERMANIER

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LE PLAN AMÉRICAIN DE « GRAND MOYEN-ORIENT » BAT DE L’AILE

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

LE PLAN AMÉRICAIN DE « GRAND MOYEN-ORIENT » BAT DE L’AILE

Ghadafi-Rotschild

  

 « Révoltes» ou «révolutions» arabes, guerre de Libye, enjeux géopolitiques et géostratégiques et la lancinante question palestinienne ont été les sujets débattus avec Robert Bibeau  ( * ) 

La Nouvelle République/ Un bref regard sur les cas égyptien et tunisien. En Tunisie et en Égypte, l’armée aux ordres des États-uniens a délogé les deux tyrans bien connus et pris le pouvoir directement, ce que certains continuent d’appeler la plus grande «révolution» de tous les temps. Révolution que vous appelez duperie, d’ailleurs. D’une part, pourquoi, et d’autre part, cela signifierait-il qu’elles ont été télécommandées par les États-Unis ? Si oui, à quels desseins ?

Robert Bibeau : Il faut toujours adopter un point de vue évolutif et dialectique lorsqu’on analyse un événement historique. Par exemple, le soulèvement égyptien, pas plus que le soulèvement tunisien, n’ont été le fait d’agents secrets qui auraient voulu renverser l’ordre établi au sein de ces deux dictatures. Des dictateurs se créent de nombreux ennemis, à commencer par leur propre peuple qu’ils pressurent et martyrisent, et de ce fait, les dictateurs s’entourent de moyens de répression important, ce qui les fait d’autant plus détestés de leurs commettants. Puis un jour, face à autant d’injustice que leur politique dictatoriale engendre, une étincelle jaillit et met le feu à toute la plaine. Le processus de soulèvement populaire est toujours aussi mystérieux et imprévisible. Il a eu lieu, ce processus, dans les deux cas qui nous préoccupent. Mais, dès que ce soulèvement a lieu, vous avez aussitôt des milliers, sinon des millions de gens qui embarquent dans le train de la Révolte qui n’est pas encore une Révolution. Rassembler des millions de révoltés pacifiques qui crient à tue-tête sur des centaines de places publiques entre Tunis  et Le Caire ne crée pas un mouvement révolutionnaire. Surtout si parmi ces insurgés, ce qui est inévitable, se dissimule des milliers d’agents secrets et de mercenaires à la solde du pouvoir en place. On ne peut parler de soulèvement révolutionnaire que si les insurgés remettent en question le pouvoir d’État et tentent de s’emparer de tout le pouvoir d’État pour fonder un nouvel ordre social. Si les insurgés demandent que le dictateur soit limogé et qu’on leur offre qu’une junte militaire qui les oppriment prennent les rênes du pouvoir et dirigent la nation comme du temps de Moubarak, mais sans Moubarak, alors vous avez changé votre bonnet blanc pour un blanc bonnet, ce n’est pas une révolution.

Robert Bibeau : C’est au cours du mouvement populaire lui-même que Mme Hillary Clinton, secrétaire d’État des États-Unis, ayant bien pris soin de vérifier auprès de ses ambassades au Caire et à Tunis que la situation avait été reprise en main par les armées égyptienne et tunisienne, a soudainement proclamé que le «Printemps arabe» visait à obtenir des élections dites «démocratiques», entendez par là des élections organisées par les riches et les potentats locaux pour faire élire avec beaucoup de moyens financiers un représentant de la classe dominante. Bref, la révolte arabe se résumait, selon elle, à une lutte pour l’obtention d’un coupon de vote avec la mise en concurrence de centaines de partis marginaux, dont aucun n’a de chances de l’emporter, mais qui auront l’immense privilège de pouvoir s’afficher et placarder dans les rues pendant la mascarade électorale. Un ou deux de leurs leaders se retrouveront députés grassement payés. Seul, le candidat des riches avec ses moyens énormes et le soutien des médias bourgeois aura une chance de l’emporter dans ce type d’élections bien connu aux États-Unis, où il y a des élections quasi permanentes et une misère totalement  permanente.

Jamais le jeune qui s’est immolé en Tunisie, jamais les manifestants enragés au Caire ou à Alexandrie n’avaient lancé ce slogan pour des élections, sauf quelques partis petits bourgeois dont c’est la spécialité, se vendre à la grande bourgeoisie nationale pour servir de courroie électorale de transmission entre le pouvoir pseudo démocratique et le peuple floué encore une fois. Les révoltés réclamaient des emplois, une baisse des prix des denrées de base, de l’eau, des services sanitaires et éducatifs, des logements, la fin du couvre-feu , de l’état d’urgence et des lois spéciales de répression, l’abaissement des taxes et de la vie chère, un meilleur pouvoir d’achat. Qu’ont-ils obtenu après avoir démantelé leurs barricades place Tahrir ? Rien, absolument aucune de leurs revendications n’a été satisfaite, mais les médias bourgeois à la solde ont répandu la rumeurs que la «Révolution» était victorieuse et que l’Égypte après Moubarak et la Tunisie après Ben Ali ne seraient plus jamais pareilles, qu’ils deviendraient des pays de bonheur où couleraient pour toujours le lait et le miel avec le droit «démocratique» de choisir son dictateur.
 

Rien n’avait été accompli pour le peuple tunisien et pour le peuple égyptien, rien des demandes et des exigences du peuple, des insoumis, des insurgés floués par les médias bourgeois, la presse internationale, Hillary Clinton et toute la coterie des petits bourgeois occidentaux qui, ces temps-ci, invitent toutes sortes de soi-disant représentants des révoltés venir chanter les louanges de la «révolution» arabe qui n’a rien donné. Les puissances impérialistes occidentales n’ont pas organisé les révoltes de Tunisie ou d’Égypte, mais elles les ont récupérées, et pour ce faire, elles ont laissé tomber leurs thuriféraires Ben Ali et Moubarak. Mais attention, la révolte arabe n’est pas terminée dans ces deux pays, et actuellement, le soulèvement se poursuit, les jeunes ont attaqués l’ambassade israélienne au Caire. En ce moment, les jeunes, les vrais révoltés pas les Twitters et les Internautes à papa, se font tuer et arrêter, bastonner et emprisonner en Égypte et en Tunisie pour défendre leurs vraies revendications et personne n’en parle à la télévision occidentale. Pourquoi ?

La NR/ Passons à la Libye, si vous le permettez. Dans l’un de vos articles, vous disiez que Kadhafi était un «collaborateur compradore des puissances impérialistes venus piller les ressources et le peuple de Libye. Une mésentente survint entre lui et les maîtres du pillage, et entre les pilleurs eux-mêmes (l’Italie en déclin dans son ancienne colonie et la France avide d’étendre sa zone d’influence et de spoliation en Afrique du Nord)». Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette mésentente et pourquoi ?

Robert Bibeau : D’abord, disons que le soi-disant «soulèvement populaire» en Libye n’a rien d’un soulèvement populaire. Depuis quand un soulèvement spontané et populaire d’une population civile ordinaire aligne-t-il des canons anti-blindés et des armes anti-aériennes dès les premières secondes de combat ? Vous avez un canon mitrailleur vous dans votre garage ? En Libye, ce sont les tribus de Cyrénaïque que des forces étrangères ont motivées à se soulever, qu’elles ont armées, infiltrées et soutenues par des mercenaires professionnels payés par les services secrets français notamment, puis par des Jihadistes extradés d’Afghanistan et du Soudan qui ont lancé le mouvement insurrectionnel, auquel se sont joints des bandits de grand chemin, des bandes criminelles et probablement des gens ordinaires emportés par le mouvement. En Libye, c’est clairement une intervention étrangère dirigée par la France qui au début croyait qu’elle viendrait à bout du gouvernement Kadhafi très rapidement (trois jours, disait Sarkozy) avec l’aide des mercenaires, des bandits, des jihadistes et des transfuges de l’armée nationale libyenne.

Depuis que la France a perdu le contrôle du «département d’outre-mer» algérien - rappelez-vous que c’est ainsi que les impérialistes français identifiaient la terre arabe et berbère d’Algérie - ce pays n’a plus de source «nationale» de pétrole. L’Italie, qui a toujours considéré la Libye comme sa néo-colonie, partageait le contrôle de la Libye avec la Grande-Bretagne, puissance de tutelle de l’Égypte et avec les États-Unis. Sarkozy, voyant le piètre état du gouvernement Berlusconi, empêtré dans ses scandales érotiques et une économie en faillite, a jugé le moment favorable pour ravir la tutelle de la Libye à son ami et concurrent. Il a demandé l’aide du Royaume-Uni afin de s’assurer que les mercenaires et autres renégats pourraient infiltrer la Libye en passant par l’Égypte notamment. Sarkozy a poussé l’ignominie jusqu'à exiger, via l’OTAN, que l’Italie, qu’il s’apprêtait à dépouiller de sa néo-colonie, contribue et participe à l’agression en offrant ses bases navales et aériennes à sa coalition de criminels de guerre à laquelle s’est joint le Canada dès le début des opérations. Sarkozy a rapidement compris que l’Algérie n’était pas favorable à cette agression militaire et qu’elle n’aiderait en rien au coup fourré, c’est pourquoi il l’a menacée et il s’est tourné vers l’Égypte collaboratrice et pas du tout révolutionnaire.

On connaît la suite : la capture de la «faible» Libye ne s’est pas faite du tout selon les plans prévus. La résistance du peuple libyen a été bien supérieure à tout ce que les services secrets français avaient prédit, et Sarkozy a dû se résoudre à appeler l’OTAN et surtout le porte-avion Abraham Lincoln et les avions américains à la rescousse afin de sauver la mise. Le porte-avion qui était en mer d’Oman a dû être rapatrié en vitesse pour prêter main-forte aux  attaquants. La suite, c’est que Sarkozy et Cameron sont allés parader en toute hâte, comme des voleurs, dans Tripoli ravagée. La résistance n’est absolument pas vaincue ou éteinte et la France est enferrée dans une rasque (bourbier) dont elle n’est pas près de se dégager. Que Kadhafi ait été un méchant personnage ou un collaborateur récalcitrant des puissances impérialistes n’a rien à voir dans cette agression. Qu’on le veuille ou non, Kadhafi était le dirigeant légal de la Libye, et son remplacement ou sa succession était exclusivement l’affaire interne du peuple libyen.  Les comploteurs étrangers manipulant l’ONU et lui faisant renier sa propre charte n’étaient aucunement justifiés d’organiser le bombardement et l’invasion de ce pays souverain.

La NR/ D’après-vous, quels sont les objectifs géopolitiques et géostratégiques de cette guerre néo-coloniale en Libye ?

Robert Bibeau : Voilà une question des plus intéressantes. Les agents petits-bourgeois infiltrés dans le mouvement de gauche, adorent les conspirations. Ils lisent les communiqués et les messages secrets des ambassades américaines à travers le monde et y trouvent confirmation à tous leurs fantasmes. Cela leur permet de jouer les grands analystes géostratégiques. Tous ces petits-bourgeois ne font pas confiance à leurs sens et à la lecture de la réalité pour analyser le monde. Leurs seules grilles d’analyse géopolitique mondiale, ce sont les communiqués émis par le Pentagone. Nous y reviendrons lors de votre prochaine question.

Robert Bibeau : Pour l’instant, revenons à la Libye. Les puissances impérialistes sont à la fois en collusion, en partenariat, pour agresser et dépouiller les pays du monde, les néo-colonies d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique bien évidemment et même des ex-pays de l’Est, mais elles sont également en concurrence, ces puissances, afin d’accaparer le plus de richesses possibles pour le bénéfice de leur grande bourgeoisie nationale et transnationale. Pendant ce temps, l’autre loup, leur concurrent, rôde aux alentours, espérant faire main basse sur ces ressources et sur ces marchés quand les hyènes américaines et ouest- européennes se seront épuisées à tenter de se repartager les ressources de ces peuples qui résistent.

La NR/  La Libye faisait partie du lot que Washington avait mis sur la sellette des pays à «contrôler», comme l’avait révélé le général US Wesley Clark en mars 2007. Quelle serait la place de la France et de la Grande-Bretagne dans ce nouvel échiquier; alors qu’a priori, Sarkozy tente de mener le bal ? Les États-Unis se laisseraient-ils prendre de vitesse ?

Robert Bibeau : Par cette question, j’ai peur que vous ne fassiez frémir de plaisir tous les  analystes politiques de haut vol. Noam Chomsky et ses amis adorent ce type de question. Voyez-vous, Washington, le Pentagone s’évertuent à manigancer, à comploter, à élaborer des plans d’agression, des plans de reconfiguration du Grand Moyen-Orient. Et vous noterez que très régulièrement ces plans ultra-secrets sont largement diffusés dans la presse à scandale entre les confessions de Jacqueline Kennedy, la conspiration du 11 septembre, l’assassinat de JF Kennedy,  la mort de Lady Di et la résurrection d’Elvis Presley.

Je n’ai que faire de ces plans secrets de contrôle de tel pays et de telle zone géostratégique. Je répète que les puissances impérialistes regroupées dans l’OTAN sont à la fois en collusion et en rivalité pour spolier les ressources naturelles, les ressources énergétiques, la plus- value et les marchés de par le monde. Les États-Unis, première puissance économique et militaire du monde depuis quelques dizaines d’années, sont aujourd’hui en très grande difficulté financière et ne sont déjà plus la première puissance industrielle du monde. Leurs alliés ouest-européens se débattent avec les crises grecque, espagnole, portugaise, irlandaise, italienne, et tous ces gens sont dépendants de l’achat de leurs bons du trésor national par leur concurrent et terrible ennemi chinois. C’est dans ce contexte économique (l’économie servant d’assise à la puissance militaire) que vous devez analyser les événements politiques et militaires dans le monde. Je n’ai aucunement besoin de lire les rapports secrets du Pentagone pour voir que les États-Unis d’Amérique ont été mis en échec partout dans le monde.

Robert Bibeau : En 2006, leur misérable troufion sioniste s’est fait battre par le Hezbollah arabe dans le Sud Liban, l’Irak n’explose pas actuellement simplement parce que l’Iran maintient le couvercle sur la marmite et contrôle effectivement l’Irak, le Pakistan se réaligne en direction de la Chine suite à l’assassinat extra judiciaire de Ben Laden dans une datcha pakistanaise, les américains ont perdu un de leurs alliés fidèles, la Turquie ne cherche même plus à joindre l’Union Européenne et ne décolère pas contre Israël depuis l’attaque du bateau turque pour libérer Gaza, les dernières troupes américaines seront bientôt expulsées d’Afghanistan. Personne ne parvient à contrôler la Somalie ni le Yémen, la Syrie sortira grandie de cette agression étrangère sur son sol, en Égypte et en Tunisie, les vraies révoltes sont en marche, au point que le troufion israélien songe à réoccuper le Sinaï pour éloigner sa frontière des menaces des révoltés égyptiens en colère. En Libye, rien n’est terminé et la France s’installe dans un bourbier qu’elle va regretter. L’Iran poursuit sa politique indépendante soutenue par la Chine et la Russie. L’Algérie et le Maroc se tiennent aussi loin qu’ils le peuvent de toutes ces agitations par peur des contagions qui ne manqueront pas de survenir.

Robert Bibeau : Monsieur, soyons sérieux, où il est le Grand Moyen-Orient réaménagé par les plans secrets de George W. Bush et son digne successeur Barak Obama ?

La NR/ En Libye, nous assistons aux crimes de guerre de l’Otan. Pourquoi les Nations unies, et tous ceux qui ont voté la résolution 1973, ne réagissent-ils pas au détournement de ladite résolution de son «but» initial? Sommes-nous en train d’assister à une légalisation du crime d’État ?

Robert Bibeau : Le problème n’est pas le «détournement» de la soi-disant Résolution inique. Vous avez totalement raison, la résolution de l’ONU était totalement illégale en vertu de la charte onusienne et illégitime en vertu de la situation sur le terrain libyen, un pays qui subissait une agression menée par des para-militaires étrangers et des royalistes nationaux totalement discrédités. Certains pays qui ont laissé passer cette résolution inique, je songe à la Chine et à la Russie, le regrettent, et c’est ce qui me fait penser qu’ils ne laisseront jamais passer semblable résolution frauduleuse à propos de la Syrie. Mais à plus long terme, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les organisations internationales comme l’ONU ne sont pas des organisations libres et indépendantes. Ce sont des organismes d’accréditation des activités de subversion internationales des puissances impérialistes qui les manipulent et leur font sanctionner tous leurs méfaits ; c’était ainsi dans le passé et il en sera de même dans l’avenir. La crise libyenne n’a pas été un tournant dans ces pratiques néo-coloniales à l’ONU, l’instrument diplomatique des États-Unis.

La NR/ Certains pensent que l’un des objectifs de cette guerre serait «de s’assurer le contrôle de la région et protéger Tel-Aviv, notamment contre les pays hostiles à Israël dont les trois principaux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. » D’après-vous, Israël aurait-il une implication dans ces «révoltes» ?

Robert Bibeau : Israël n’est qu’une des puissances impérialistes qui s’activent en terre arabe. L’ensemble de la politique impérialiste ouest-européenne et états-unienne n’est pas déterminée par et pour Israël, contrairement à ce que laissent entendre les courants conspirationnistes et les lobbyistes israéliens. Quand tout allait bien pour les puissances impérialistes occidentales, quand elles dominaient le monde en collaboration avec le social-impérialisme soviétique et maintenant qu’elles le dominent en concurrence avec la Chine, depuis l’effondrement du bloc révisionniste en 1991, l’État sioniste (Israël) avait un rôle particulier à jouer dans cette partie du monde. Israël était la base avancée de l’impérialisme occidental au Levant, la base militaire états-unienne et l’éperon planté dans le flanc du monde arabe. Maintenant que tout va mal pour les puissances occidentales au point où on se questionne aux États-Unis s’ils pourront payer leurs fonctionnaires à chaque mois d’août de chaque année, au point où elles se demandent à Bruxelles si elles n’expulseront pas certains pays de l’alliance européenne contre nature, quand tout va mal au point qu’un groupe paramilitaire comme le Hezbollah a défait par deux fois la quatrième armée «la plus puissante du monde», au point où les États-Unis mettent fin à leur programme spatial et au projet de fabrication de l’avion de chasse F-35 faute d’argent, Israël perd de plus en plus de son importance stratégique et symbolique.  

Les américains et les occidentaux peuvent blanchir leur argent mafieux ailleurs qu’en Israël, vous savez. Quand Israël aura perdu toute importance géostratégique, il ne vous restera plus à vous peuples arabes à terminer le travail et à retourner tous ces immigrants ashkénazes là d’où ils viennent en Europe et en Amérique. Non, la guerre en Libye n’a rien à voir avec la faillite du projet sioniste en terre palestinienne. Non, Israël et ses quelques kilomètres carrés n’est pas l’épicentre de la politique universelle intergalactique. Retournez les «conspirationnistes et les lobbyistes» à leur téléréalité.

La NR/ Comment appréhendez-vous l’après-Kadhafi ? Ne va-t-on pas assister à un nouvel Irak avec notamment une division du pays et une guerre fratricide entre différentes tribus?

Robert Bibeau : La guerre fratricide entre différentes tribus libyennes – initiées et impulsées par quelques puissances occidentales dont la France a déjà eu lieu se poursuit en ce moment. Mais voyez-vous, quand les tribus dissidentes de Cyrénaïque réaliseront qu’elles ont servi de chair à canon et de justification pour saccager leur pays tout entier et que rien des richesses nationales ne leur est retourné, qu’elles ont troqué un exploiteur italien contre un exploiteur français et britannique, alors vous verrez le vent tourner définitivement. Je ne donnerai pas cher de la peau des mercenaires du CNT et des royalistes détestés (qui ont été renversés il y a des années) à ce moment-là. D’ici là, comptez les semaines avant que cela se produise. Et les quelques avions canadiens, français, britanniques et du Qatar renégats ne seront plus d’aucune utilité.

La NR/ Vous êtes de ceux qui ont soutenu l’idée qu’il y aura un État palestinien souverain ? Comment voyez-vous la réalisation d’un tel objectif, nonobstant l’état actuel de la tragédie palestinienne ?

Robert Bibeau : Les individus et les gouvernements qui aiment la Palestine doivent s’opposer farouchement à la résolution de trahison nationale, pilotée par la bande de traîtres de l’Autorité palestinienne à l’ONU. Le peuple palestinien ne résiste pas et ne verse pas son sang depuis soixante-quatre ans (Résolution 181 illégale et illégitime de l’ONU en 1947) pour récupérer 20% de sa terre nationale sans Al Qods et sans retour des réfugiés, sans libération des 11 000 prisonniers politiques, sans démolition du mur de la honte israélien en Cisjordanie, etc. Cette résolution de trahison nationale ne vise qu’à officialiser avec le soi-disant accord palestinien l’arnaque perpétrée en 1947 à l’ONU. Un héros de la résistance arabe disait récemment à Beyrouth, au Liban : «Le peuple palestinien et les peuples arabes n’ont jamais mandaté quiconque pour renoncer à 80% de la terre palestinienne et arabe à Al Qods et au droit de retour de tous les réfugiés palestiniens de la diaspora.».

Robert Bibeau : Le drame palestinien se résoudra un jour, et à la satisfaction du peuple palestinien. Quand les puissances impérialistes décadentes seront en bouleversement interne complet avec des révolutions populaires sur les bras, la crise économique s’approfondissant sous les coups de boutoir de leurs concurrents de l’alliance de Shanghai (Russie, Iran, Syrie, États de l’ancienne Union soviétique, possiblement l’Inde) sous la gouverne de la nouvelle puissance impérialiste chinoise, la destinée d’une bande de paumés emmurée et encerclée au milieu de plus de quatre cents millions d’Arabes qui en auront assez de leur arrogance et de leurs crimes contre l’humanité, ces misérables réchappés national-socialistes-sionistes vomissant leur racisme sont à la veille de ravaler leur crachat grossier. Noam Chomsky, qui aime bien ces sionistes, les a récemment avertis : à vouloir tout prendre de la terre palestinienne (refus de la résolution Abbas à l’ONU), «vous sionistes risquez de tout perdre». Comme ces paroles sont prophétiques, monsieur Chomsky !

La NR/ Quels moyens de lutte, d’après vous, pour atteindre un tel but, sachant qu’Israël est soutenu par les puissances occidentales alors que le soutien arabe à cette cause ne se limite qu’à des déclarations, comme on l’a vu dans la plupart des cas ?

Robert Bibeau : Je viens de l’expliquer, et Gilad Atzmon (2), jazzman réputé et anti-sioniste conséquent, l’a bien expliqué dans un texte récent. Le jour où les impérialistes ont cessé d’appuyer les Afrikaners impérialistes s’en fut fait du pouvoir d’apartheid en Afrique du Sud. Dans ce cas, l’impérialisme occidental, alors triomphant, passa le témoin à une bande de collaborateurs fiables, noirs et blancs, sous la gouverne de l’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela.  

Je ne suis pas assuré que cette fois les impérialistes prendront la peine de trouver une icône anti-apartheid palestinienne crédible et sereine. Je crois plutôt que les centaines de milliers d’Israéliens sionistes riches possédant le double passeport s’enfuiront et abandonneront la chair à canon israélienne, les ashkénazes pauvres et les sépharades pauvres sur le terrain. J’ai absolument confiance que le grand peuple palestinien victorieux traitera avec la plus grande clémence son bourreau d’hier et trouvera avec ceux qui restent un terrain d’entente juste et équitable, comme il en fut pendant des siècles sur cette terre de passage avant l’intrusion du sionisme meurtrier.

La NR/  Pour vous, la première injustice commise à l’encontre des Palestiniens fut le 29 novembre 1947, avec le vote de la résolution 181 pour le partage de la Palestine. Résolution que vous qualifiez d’illégitime. Pourquoi ? Quelle aurait été la procédure à tenir par la SDN face à la situation ?

Robert Bibeau : La Société de nations (SDN) ou l’ONU n’avait aucun droit d’intervenir en Palestine sous mandat britannique. Le territoire de la Palestine, découpage arbitraire conclu entre la France et la Grande-Bretagne au lendemain de la première guerre mondiale, avait été fixé unilatéralement par les puissances impérialistes. Une fois ce découpage réalisé, il appartenait aux peuples résidant sur ces territoires de décider de leurs sorts respectifs à l’occasion de ce grand mouvement de décolonisation amorcé suite à la fin de la Seconde guerre mondiale. Jamais aucun référendum n’a été tenu dans ce territoire sous protectorat britannique, et vous savez pourquoi ?  

Parce que à l’évidence, la nation palestinienne en cours de constitution sur ce territoire de la Palestine du mandat Britannique aurait rejeté toute décision inique, injuste, illégitime et illégale de partage de sa terre ancestrale pour en céder une parcelle, si petite soit-elle, à une coterie religieuse venue d’Europe où les occidentaux de diverses origines leur avait fait un bien mauvais sort. L’ONU n’avait pas à réparer un tort contre une minorité religieuse persécutée en Europe en créant un préjudice encore plus grand contre un peuple qui n’avait rien, absolument rien à voir avec ces persécutions religieuses. La question juive est une question de persécution religieuse et en aucun cas une question nationale. Dieu – Yahweh n’est pas un agent immobilier et il n’a jamais garanti l’usufruit d’une terre ou d’une propriété à quelque peuple que ce soit. Les radotages de la Thorah n’ont pas à être considérés par la communauté internationale ou par l’ONU.

La NR/ Vous êtes l’un des rares analystes qui croient que cette demande d’adhésion risque de piéger les Palestiniens eux-mêmes, puisque dans ce cas, ils doivent «renoncer à 80% de la terre de la Palestine de 1947, renoncer à Al Qods (Jérusalem) et renoncer définitivement au droit de retour sur leur terre pour les millions de réfugiés de 1948, 1967 et 1973». Vu le rapport de force actuel, dans quelle mesure cela serait-il réalisable ?

Robert Bibeau  L’un des grands problèmes de notre temps agité, excité, rapide et frustré, c’est l’égocentrisme, l’égoïsme et le narcissisme. Mêmes les analystes politiques se comportent comme si un événement historique  (un conflit entre un peuple autochtone et une communauté religieuse expatriée et exfiltrée) devait se régler du temps de leur vivant. L’histoire de l’humanité n’est pas soumise aux contraintes de notre narcissisme petit-bourgeois. L’histoire arabe au Levant date de siècles et de siècles et le rapport de force actuel entre la quatrième armée du monde défaite dans tous ses conflits depuis l’an 2000 et le peuple palestinien emprisonné, massacré et spolié depuis 1947 n’est qu’un court instant dans l’historicité arabe.

Robert Bibeau : Voyez-vous monsieur, un jour, les forces mauresques ont occupé l’Espagne chrétienne et cette occupation a duré 800 ans avant que le dernier calife de Grenade l’éblouissante ne soit chassé de la terre espagnole qu’il occupait. Qui aurait dit huit cent ans auparavant qu’un jour Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille expulseraient le dernier sultan mauresque de la terre ibérique, puis que l’Inquisition chasserait ensuite tous les juifs pratiquants de la terre chrétienne d’Espagne ? La Palestine dans dix, quarante ou cent ans redeviendra terre des palestiniens car les palestiniens résistent et ne veulent pas disparaître, et tant que ce peuple ne voudra pas disparaître, il ne disparaîtra pas.

La NR/  Vous êtes de ceux qui soutiennent le boycott comme moyen de pression sur Israël. En France, des activistes de la campagne BDS ont été jugés pour actes antisémites, alors qu’actuellement, on amorce une nouvelle campagne, celle de l’islamophobie. N’assiste-t-on pas à la judaïsation de la société française ?

Robert Bibeau : La judaïsation de la société française est un mythe. Le peuple français est parmi les peuples les plus athées de la terre. Ils ne sont pas du tout en train de se convertir au judaïsme. De plus, le peuple français dans sa grande majorité désapprouve les sévices que les israéliens sionistes font subir aux palestiniens. Mais le peuple français vit sous la dictature des riches qui lui imposent leur politique de soutien à leurs amis impérialistes israéliens avec lesquels ils font du commerce, du blanchiment d’argent, de la recherche sur les armes de destruction massive, armes que les israéliens testent ensuite sur le peuple palestinien (rappelez-vous les bombes au phosphore blanc et les armes à sous munitions avec résidus d’uranium appauvri lors du massacre de Gaza en 2008-2009) etc.

Robert Bibeau : Quand vous demandez, comme vous le faites, si je veux faire pression sur Israël, c’est qu’au départ, vous me coincez dans un dilemme que je refuse absolument. Votre question présuppose que l’État sioniste – la main sanglante de l’impérialisme au Proche-Orient – est incontournable, éternel, imbattable, qu’Israël est là pour rester et dominer et que donc la résistance palestinienne doit implorer les thuriféraires des impérialistes américains de céder un peu de terrain, un peu de droits, que la résistance doit «faire pression» sur la «grande puissance impérialiste» israélienne pour lui arracher quelques concessions. Tout cela est faux. C’est une façon de laisser croire, comme le fait Mahmoud Abbas, que la résistance veut 20% de la terre palestinienne. C’est faux, la vraie résistance arabe veut 100% de la terre palestinienne pour les palestiniens. La puissance impérialiste israélienne doit être totalement éradiquée du Proche-Orient, détruite dans ses fondements comme quelque chose de mauvais dont on ne peut récupérer ne serait-ce qu’une parcelle.  

Aucun compromis n’est possible avec cette puissance impérialiste ; tant qu’elle survivra, elle fera ce pourquoi elle a été créée, c’est-à-dire occupée, spoliée, tuée, dominée, exploitée. La contradiction fondamentale entre le peuple palestinien et le sionisme, qui est l’idéologie de l’impérialisme israélien, est de nature antagoniste. Ou bien la nation palestinienne opprimée disparaît ou l’impérialisme et l’État impérialiste israélien disparaissent. Les deux entités ne peuvent survivre sur le même sol national palestinien.

Robert Bibeau : Alors, non, je ne soutiens pas le boycott comme moyen de pression sur Israël, pas du tout. On ne peut faire «pression» sur un État pour qu’il se fasse hara-kiri et disparaisse. Je soutiens le boycott strictement comme moyen d’interpeller et de sensibiliser la population des pays occidentaux sur l’agression sioniste contre le peuple palestinien, sur la cause palestinienne, sur les souffrances et la résistance du peuple palestinien, etc. Le BDS est une vaste campagne de propagande pour la juste cause palestinienne. Voyez-vous, chaque fois que nous tenons une ligne de piquetage pour le Boycott – BDS, nous devons apporter de l’information, des tracts pour dire aux gens ce que nous faisons là. Chaque fois que l’on présente une résolution pour qu’une assemblée syndicale adopte une mesure de rétorsion ou de boycott ou de retrait des investissements, nous devons expliquer, justifier notre proposition et de la sorte, nous sensibilisons notre auditoire à cette injustice qu’est l’accaparement de la terre palestinienne par des religieux hystériques à la solde d’impérialistes véreux et mafieux, rien de plus.  

Le peuple palestinien ne sera jamais libéré par le boycott et par le BDS. À la fin, s’il est payant pour les grands et les petits capitalistes d’investir dans l’entité israélienne, l’intérêt capitaliste prévaudra si bien que vous aurez rapidement atteint la limite de l’efficacité de ce mouvement BDS.  

D’ailleurs, le peuple d’Afrique du Sud n’a pas été libéré par le boycott, c’est la petite bourgeoisie opportuniste et réformiste qui fait circuler ce mythe. L’impérialisme international comprenant sa branche canadienne avec Brian Mulroney, ex-Premier ministre réactionnaire, est arrivé à la conclusion un certain jour qu’il était préférable de démanteler la colonie de peuplement traditionnelle du Cap et de donner à la bourgeoisie noire locale le rôle de jouer, comme dans toutes les autres néo-colonies d’Afrique, au portefaix de l’impérialisme auprès du prolétariat national sud africain. La chose a été plus longue et plus pénible en Afrique du Sud qu’ailleurs en Afrique, à cause de l’importante minorité blanche raciste, voilà tout.

Robert Bibeau : La contradiction qui persiste au sein du camp impérialiste en ce moment à propos de la question palestinienne est celle entre une faction (l’Europe occidentale par exemple) qui pense qu’il est temps d’accorder un bantoustan au peuple palestinien et de laisser la bourgeoisie compradore palestinienne (l’Autorité palestinienne sans autorité et l’OLP) jouer son rôle fantoche d’entremetteur local pour la gestion et l’exploitation du prolétariat palestinien. L’autre faction plus intransigeante (sioniste israélien et USA) pense que ce temps n’est pas encore venu et que d’autres spoliations sont encore possibles, une faction sioniste complètement hystérique pense même que le génocide total du peuple palestinien est envisageable et réalisable, ce qui résoudrait définitivement la question palestinienne, ne pensez-vous pas ?  

Voyez-vous, la plupart des groupes occidentaux de «soutien au peuple palestinien» voudraient enfermer leurs adhérents dans ce dilemme : «Quelle faction impérialiste supportez-vous?» les «conciliants gentils» qui veulent en finir et redonner «rapidement» 20% de leurs terres aux palestiniens (ceux-là ne comprennent pas qu’Israël refuse ce deal plus qu’avantageux pour lui), ou la faction «négociatrice» des supporteurs du peuple palestinien qui envisage une négociation éventuelle pour rétrocéder quelque chose comme 10 ou 12% des terres palestiniennes à leurs ayant droits. Les deux groupes sont des suppôts de la théorie de faire «pression» sur Israël. Je ne fais partie ni de l’une ni de l’autre de ces factions de «soutien au peuple palestinien».  

J’ai écouté le peuple palestinien et les peuples arabes, et ce qu’ils veulent, c’est toute la terre spoliée, tout l’espace colonisé depuis 1947, avant la résolution de l’ONU. Alors, en bon militant d’une organisation de soutien, j’adhère aux revendications du peuple que je soutiens. Je ne me donne pas le droit de dicter au peuple palestinien ce que doit être sa lutte et ce qui lui revient de droit ou non, ou s’il devrait s’imposer des restrictions dans ses revendications. Ils ont droit à toute la terre et ils veulent toute la terre. Je veux toute la terre palestinienne pour les Palestiniens. Comme les choses sont simples quand on ne s’évertue pas à les rendre compliquées.

( * ) Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm.

   Source : La Nouvelle République

 

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SEIF AL- ISLAM KADHAFI et l’armée libyenne regagne du terrain sur terrain sur les combattants étrangers de l’OTAN.

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

SEIF  AL- ISLAM KADHAFI et l’armée libyenne regagne du terrain sur terrain sur les combattants étrangers de l’OTAN.

seif-et-les-touaregs.jpg

 

L’effondrement du dispositif de Kadhafi serait imminent, qu’ils disaient. Non, il s’est effondré renchérissaient-ils. Mais, la surprise est arrivée hier à Tajoura après la prière de vendredi. Selon le témoignage de plusieurs habitants de Tripoli, car Tajoura est situé à 14 kilomètres mais fait partie du district de Tripoli, de violents affrontements ont eu lieu dans la ville, aux abords de la Mosquée Murad Agha .

Selon des témoins, les brigades de Kadhafi ont pris par surprise et débordées les renégats de Benghazi en reprenant la ville. Les forces de Kadhafi avaient été accusées d’avoir commis un véritable massacre lors de leur fuite en août dernier, en abattant plus de 130 personnes de cette banlieue selon les médias « meanstream »…Hier donc, ce sont plutôt les mêmes populations qui les ont aidé pour la reprise de la ville.

Aucun média n’ose en parler. Les avions de l’OTAN n’étant plus là pour bombarder, ces brigades veulent mettre le cap vers Tripoli. Nous en sauront un peu plus dans la journée. Apparemment donc, le top départ de la reconquête a, me semble-t-il, été donné par Seif Al-Islam.

 

Patrick Aujard

Source: resistanceantiimperialiste

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Une nouvelle vidéo du Komandant SIMIOL. UN CHANTEUR AFRICAIN QUI PENSE A L'AFRIQUE ET NON AU FRIC

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Komandant SIMIOL

 

 

Une nouvelle vidéo du Komandant SIMIOL. UN  CHANTEUR AFRICAIN QUI PENSE A L'AFRIQUE ET NON AU FRIC

       simiol

 

                      


 

http://www.youtube.com/watch?v=aVh_cCSygSc&feature=share 

 

 


 

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Tribune Libre de Mbombog Ntohol De quelle manière L’Union Africaine peut-elle empêcher le gouvernement du CNT d’asseoir son pouvoir dans la Libye Africaine sans l’utilisation de l’armée?

6 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

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                          Tribune Libre de Mbombog Ntohol

De quelle manière L’Union Africaine peut-elle empêcher le gouvernement du CNT d’asseoir son pouvoir dans la Libye Africaine  sans l’utilisation de l’armée?


  

       Toute personne humaine, normalement constituée sait que plus de la majorité des citoyens des pays du Nord de l'Afrique, sont des Africains noirs. En  Libye c’est le cas depuis que la terre est terre.  Sous l’ère de la Jamahiriya du guide Mouammar  Kadhafi ces derniers étaient des citoyens à part entière.

Aujourd’hui avec l’avènement des rats au pouvoir avec l’aide de l’organisation terroriste de l’OTAN et des conseils des medias mensonges. Etre noir en Libye est pire que pendant la période d’esclavage aux Amériques. Le gouvernement des rats de Benghazi a même donné un ultimatum  aux noirs de quitter toute la Libye sous peine d’être égorgé comme si la Libye n’appartenait qu’aux rats.  Selon des informations du gouvernement légitime de Seif Al-islam Kadhafi, tous les jours au moins 300 noirs sont tués. L’objectif des rats et leurs soutiens est de réduire leur nombre, pour repeupler le pays de rats. Ainsi la gestion du pays sera beaucoup plus simple.

D’ailleurs les arrières petits enfants des esclavagistes avaient pris soins dans leurs medias mensonges avant le début de la destruction de la Libye Africaine,  de propager des rumeurs sur les combattants Africains noirs. Les infâmes personnes que tout le monde connait devront répondre de leurs actes un jour devant la vraie justice et non celle des rats et des terroristes.

Rien n’est figé sur terre, le monde est cyclique. Un jour  viendra et la justice des hommes aura son dernier mot.

Nul doute que, ce qui vient de se passer en Libye dépasse tout l’entendement humain. Comment peut-on détruire un pays entier et tuer plus de 100 000 personnes en l’espace de 6 mois tout simplement parce qu’on veut le pétrole ou l’installation d’une base militaire. LES AFRICAINS DOIVENT COMPRENDRE TOUTE LA LOGIQUE QUI SOUTEND UNE TELLE METHODE, ET EN TIRER LES CONSEQUENCES.

Et croyez-vous vraiment que ces massacres resteront sans punition ? Je ne le crois pas. Tout ce que je sais, on ne peut jamais vaincre une personne chez elle, l’histoire est la pour nous le rappeler tous les jours. Malgré la puissance du feu incommensurable de ce qui croit détenir la force avec eux. Un jour viendra un rejeton balaiera tout cela.

Rien ne dit que le gouvernement des rats de Benghazi tiendra longtemps. Car soutenu par des non-Libyens qui luttent pour le bien matériel. 

C’est la raison pour l’laquelle les paroles ne suffisent plus. Si l’Union Africaine ne peut pas envoyer une armée comme l’Union Européenne l’a faite pour détruire la Libye, alors elle peut au moins geler les avoirs et investissements Libyens sur le sol Africain pour :

-        Permettre au peuple Libyen d’Afrique de retrouver sa liberté, qu’on essaye depuis six mois d’enlever par les bombes et les massacres ;

-        Indemniser tous les Africains Noirs  non Libyens qui ont  tout perdu en Libye ;

-        Empêcher l’Union Européenne d’établir une tête de pont militaire pour la déstabilisation et la recolonisation de toute l’Afrique.

On ne peut pas se contenter des parlottes à la Jean PING qui dit : « on ne peut pas reconnaitre le gouvernement du CNT parce qu’ils égorgent les Noirs ». Et puis après ?

Il faut agir monsieur, seule l’action pourra empêcher cette tragédie d’arriver par la suite à toute l’Afrique.

Certains Africains Noirs, Africains ou Africains Américains, tels Jacob Zouma, Barack Obama, Abdoulaye Wade et toute la clique porterons une lourde responsabilité, on sait ce qu’ils ont pu faire pour l’OTAN aille bombarder la Libye ou la Cote d’ivoire, souiller la terre des ancêtres. L’histoire ne sera pas muette.

A Suivre…

 

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El-Djazira TV et Al-Qaïda, créations prouvées de la CIA et du Mossad.

5 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

El-Djazira TV et Al-Qaïda, créations prouvées de la CIA et du Mossad.

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Lors d’une session d’une Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (Copeam, Jordanie 20, 21 avril 2007), Mohamed Abassa, expert consultant en communication audiovisuelle, a donné une conférence devant les responsables et experts des télévisions et radios publiques du pourtour méditerranéen.

Le conférencier a failli être lynché par les services de sécurité jordaniens et ne dut son salut qu’à la protection des délégués européens et plus spécialement français. Les délégués arabes, délégués maghrébins compris, n’étaient guère préparés ni habitués à ce genre de discours technique sur l’audience des TV arabes et bien plus sur leurs perceptions par les opinions publiques arabes. D’autant que les arguments et preuves avancées par le conférencier pour établir la faillite des TV arabes et maghrébines sortaient d’un sondage euro-méditerranéen, financé par la Copeam et l’UE, portant sur treize grandes villes méditerranéennes dont sept capitales arabes. Les délégués arabes et maghrébins n’acceptaient pas l’idée démontrée qu’ils utilisaient les modernités techniques du 20ème siècle pour asseoir et poursuivre les féodalités sociales et politiques du moyen âge. C’est exactement comme si, en leurs temps respectifs, les rois fainéants, Dagobert en tête, Jeanne la folle, Charles Quint,  Louis XIV, Marie Antoinette, Napoléon, disposaient sans partage de la TV, des radios et du numérique pour asseoir leur pouvoir d’autocrates. C’est à ce moment précis de l’intervention que le son et les traductions furent coupés. C’est à ce moment précis que la sympathique représentante de la reine quitta précipitamment la salle suivie, bien évidemment, par le représentant du roi, ministre de son état. Il est vrai, pour l’histoire et l’anecdote, que le délégué algérien, HHC, accessoirement DG de l’ENTV, protesta un petit chouia en faisant une petite moue, mais vraiment petite, de protestation symbolique. La messe était dite ; le conférencier provocateur et dérangeur des tranquillités arabes fut exclu. Sans appel. Pas même des délégués algériens.

La communication de Mohamed Abassa, qui semblait fortement déplaire aux dirigeants des télévisions arabes tous présents à Amman, a été émaillée d'incidents inhabituels et assez révélateurs de l'état d'esprit des broadcasters arabes dès lors qu'on touche à la qualité et aux contenus de leurs télés: la traduction simultanée a été brutalement interrompue (arabe et anglais) et le débat tout simplement déprogrammé. 

Voici quelques extraits de cette communication consacrée, entre autres, à la chaîne qatarie El-Djazira dont on découvre aujourd’hui et assez tardivement les orientations sionistes. Cette chaîne a toujours roulé pour la défense des intérêts stratégiques d’Israël, du Mossad et de la CIA. Les faits démonstratifs de cette orientation avérée sont vérifiables à tout moment et sur l’ensemble des thèmes récurrents abordés par le conférencier. Très curieusement et très significativement, les qualités de membre du conseil scientifique et d’adhérent de la Copeam  ont été retirées à M. Abassa, juste après cette conférence. Comme quoi, le Mossad, assassin de Mohamed Boudia, veille toujours au grain. Al-Qaïda, El-Djezira, le bras armé et le bras médiatique du Mossad et de la CIA sont toujours là. 

Les dessous de la chaîne El-Djezira 

La chaîne privée qatarie a été créée et financée en 1996 par l'émir du Qatar Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani sur ses fonds propres, c'est-à-dire sur ceux de l'Etat étant connu que l'Etat c'est lui et lui c'est l'Etat. 

Cette chaîne réalise actuellement des performances d'audience qu'aucune télévision transnationale arabe ou autre n'a pu atteindre à ce jour ; plus de 45 millions de téléspectateurs dans le monde et, plus spécialement dans le monde arabe. Mais il faudra nuancer ces performances car un même téléspectateur peut être comptabilisé en audiences cumulées de 2 à 10 fois pour différentes audiences soit un public effectif d'individus regardant qui avoisinerait les 18 millions d'individus de 16 ans et plus par communauté d'audience. Cette performance est atteinte, hors information et documentaires exclusifs qui restent le monopole d'El-Djazira. 

Le deux poids, deux mesures d’El Djazira  

Il faut signaler aussi qu'en dehors des communautés arabophones installées en Europe, l'audience de cette chaîne dans sa version arabe reste quasi nulle dans les foyers européens du nord méditerranéen. 

Première interrogation.Comment se peut-il, se fait-il que cette chaîne soit souvent comptable des atteintes aux droits de l'homme dans la plupart des pays arabes et/ou musulmans et ne dise rien, strictement rien, sur les atteintes à ces mêmes droits dans l'émirat qatari où vit cette chaîne ou dans les autres émirats amis ? Comment se fait-il que les régimes théocratiques et féodaux arabes et/ou musulmans amis de Sa Majesté Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani dit le magnifique ne sont jamais critiqués par cette chaîne si regardante ailleurs et plus encore dans le monde arabe ? 

Il faut rappeler que dans l'émirat du Qatar, après Dieu, il y a Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani, celui là même qui a destitué son propre père du trône pour s'offrir le pouvoir. Dans ce paradis appelé Qatar et auquel El-Djazira ne reproche strictement rien. Au Qatar il n'y a pas d'opposition, pas de partis politiques, pas de syndicats, pas de presse libre, pas d'ONG, pas de droits de l'Homme, pas de société civile, pas d'associations, pas de droits de la femme. La femme a le statut officiel de viande parfumée autorisée aux seules fonctions de donner des enfants et du plaisir. 

Il faut rappeler aussi que l'autre chaîne qatarie Qatar TV, la demi-soeur d'El-Djazira, raconte à longueur de journée et à longueur d'année le bonheur infini de vivre sous le règne indiscutable de Sa très grande Majesté Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani, élu de Dieu à cette fonction comme nous le rappelle la divine télé de Sa Majesté. Il est aussi, accessoirement, un grand ami de l'Algérie par les riches liens que seules nos grasses outardes, plus que la diplomatie, savent créer et entretenir.

Les amis qataris de Bouteflika viennent régulièrement chasser l’outarde et la gazelle algériennes au mépris des lois nationales avec l’aide des Walis et de la maréchaussée algérienne. Les ministres algériens de l’intérieur et de l’environnement n’y voyant strictement rien à redire. Qui oserait dire au Président de la RADP de fermer sa braguette ou à l’Emir d’arrêter de déféquer sur l’Algérie ?

Certains pensent déjà à réfréner les hystéries cathodiques de la chaîne qatarie en privant son maître, l’Emir facétieux  de son dessert d'outardes algériennes. Plutôt que faire de bonnes TV arabes, essayons ces représailles outardières ; mais étais-je contenu par mes doutes qu'il en serait ainsi. Essayons l'outarde ; visons le ventre ; pas la tête ni le cœur ; peine perdue; ils n'en ont pas. 

Les choix iconoclastes d’El-Djazira 

Deuxième interrogation. Pourquoi El-Djazira s'attaque souvent aux seuls pays arabes et/ou musulmans dont les positions sont fermes avec Israël ? Pourquoi El-Djazira attaque régulièrement l'Algérie et à des moments précis: quand les relations algériennes sont tendues avec le Maroc ou avec les USA, quand les islamistes reçoivent des coups, quand l'islamisme décline. Qui donc gagne à soutenir les terroristes et à maintenir un climat de violence permanent en Algérie ? De toute évidence, ce sont les USA et Israël qui gagnent à ce commerce criminel qui consiste à tenter toujours de fragiliser l'Algérie pour tenter de la faire entrer de force dans le camp impérialo-sioniste. Le forcing pour créer l’Africom, l’exacte réplique d’El-Qaida, pour dominer tout le Sahel ; le grand rêve d’Israël.  C'est le but stratégique  de la chaîne israélo-qatarie dans ses fréquentes campagnes contre l'Algérie. 

Troisième interrogation. L'audience de la télévision israélienne étant nulle dans le monde en général et dans les pays arabes en particulier, le discours officiel de l'Etat israélien trouve bien meilleure audience en utilisant El-Djazira plutôt que ses propres réseaux dans le monde. Sinon comment expliquer ces facilités récurrentes qu'El-Djazira accorde tous les jours aux politiques et militaires israéliens pour s'adresser directement aux téléspectateurs arabes ? Durant la dernière invasion du Liban, des ministres israéliens intervenaient tous les jours et en direct dans cette chaîne, certains plusieurs fois par jour, jusqu'à 4 fois comme la ministre de AE Mme Tzipi Livni, jusqu'à 8 fois par jour pour le ministre israélien de la Défense M. Amir Peretz. Est-ce un hasard ? Est-ce vraiment un hasard ? Durant cette invasion, quatre envoyés spéciaux de la chaîne qatarie intervenaient directement et librement en direct à partir d'Israël. Connaissant le contrôle et le verrouillage total de l'information par l'armée israélienne en période de crise y compris sur ses propres médias, il est plus qu'étonnant qu'une telle confiance, une telle liberté de parole et de mouvement soient accordées aussi spontanément à une chaîne réputée pro-arabe et pro-islamiste. La propagande savante des laboratoires américano-sionistes a fait de cette télévision une chaîne d'apparence anti-israélienne et antiaméricaine pour la rendre populaire et crédible dans les chaumières arabes étant entendu que l'audience des TV nationales arabes est quasi nulle dans la plupart de ces pays. 

La majorité des scoops et autres artifices médiatiques à grands succès et dont on ignore à ce jour l'origine réelle ont en réalité pour seules fonctions médiatiques, celles de suborner le téléspectateur arabe dans un esprit de battue séductrice, faire accroire aux masses arabes qu'El-Djazira roule pour les causes des peuples arabes, ce qui, naturellement, est strictement faux. Au contraire, le fond de sa ligne exprime pour l'essentiel le point de vue américano-sioniste dans un emballage et un camouflage professionnels presque parfaits. Il est vrai par ailleurs que la sénescence et la désuétude des TV arabes contribuent pour beaucoup dans les réussites d'audience d'El-Djazira. 

Quatrième interrogation. Sachant par ailleurs que l'émirat entretient de solides relations avec Israël sur les plans politique, militaire, diplomatique, sécuritaire et commercial, sachant aussi que le grand Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani a offert son territoire, ses ports et ses bases militaires aux Américains pour perpétrer le plus grand génocide de ce siècle contre le peuple irakien (800 000 morts à ce jour), il est permis de penser que la chaîne El-Djazira n'est rien d'autre qu'une autre contribution, une autre infamie parachevant, par les médias aussi, l'excellence des relations israélo-qataries. Précisons aussi que la sécurité personnelle de l’émir et de sa famille est assurée en permanence par des agents et des officiers israéliens. Le bureau de liaison d’Israël au Qatar est plus important que l’ensemble des ambassades des pays arabes et islamiques à Doha. Etonnant ? Non. Pour faire son coup d’Etat, le jeune et gros prince a fait appel à des mercenaires israéliens pour s’emparer du trône de son père.  

Rappelons aussi pour l’anecdote salace que l’émirat du Qatar reçoit à longueur d’année  des  permissionnaires militaires américains en opération dans la région (Irak et Afghanistan) venus jouer au repos du guerrier auprès de cinq mille prostituées égyptiennes offertes par Hosni Moubarek en guise de contribution égyptienne à l’effort de guerre antiterroriste. Cela rapporte semble-t-il plus de 200 millions de dollars à la famille Moubarek et associés. Mais, comme toujours, ce sont les Saoudiens qui payent la facture comme contribution au relèvement du moral des troupes alliées qui protègent le royaume.

Il est vrai aussi que ceux qui se plaignent de cette chaîne, assez tardivement du reste, l’ayant utilisé à faire ou à laisser faire de moins mauvaises télévisions dans leurs pays respectifs. C'est la première et seule condition pour contenir et limiter les dégâts ravageurs de cette chaîne dont on découvre aujourd'hui seulement les nuisances et les ancrages avérés qu’elle a essentiellement avec le Mossad et la NED-CIA.

5ème et finale interrogation. Cette chaîne étant officiellement de statut privé, comment fait-elle pour survivre commercialement avec autant d’aisance  et de moyens ? D'évidence, ses recettes publicitaires semblent dérisoires comparées à ses immenses charges de fonctionnement. Qui paye la différence ou, en d'autres termes, qui soutient et finance la chaîne ? Le Mossad ? La CIA ? Sa majesté l'émir régnant ? Les trois ? Tout porte à croire que les gagnants politiques de cette chaîne à haut rendement d'influence sont les sponsors et les soutenants financiers cachés, jamais déclarés. Car, un professionnalisme de façade aussi poussé avec  un maillage géographique  aussi complet de la planète terre pour la couverture de l'événement nécessitent des moyens techniques et financiers considérables que les modestes recettes commerciales de la chaîne ne suffisent pas à couvrir. Loin s’en faudrait. C'est cela la première tromperie sur la marchandise qui consiste à faire croire et accroire aux téléspectateurs arabes que le miracle nommé El-Djazira tient aux seuls talents et audaces d'une cinquantaine de journalistes de génie. Trop gros, trop court comme explication. Le miracle nommé El-Djazira tient seulement et essentiellement aux génies diaboliques cumulés du Mossad et de la CIA et à rien d'autre. Le reste, tout le reste, c'est du blabla d'habillage et de camouflage jetés aux yeux des pauvres téléspectateurs arabes ballotés et  tiraillés entre les fausses séductions du Mossad et de la NED-CIA au travers d’El-Djazira et les horreurs cathodiques des dictatures arabes et maghrébines voulant à tout prix se maintenir au pouvoir. C’est ce que nous rappellent tous les jours l’ENTV et ses sœurs siamoises des dictatures du pire. Nous suffit-il de nous en indigner ? Assurément pas. Il nous agir.

Mohamed Abassa 

Pour Al-Qaïda, je vous invite à lire ce document américain d’une grande pédagogie cognitive, imparable :



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Implication US dans le terrorisme: l'Iran menace de faire des révélations.

5 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

Implication US dans le terrorisme: l'Iran menace de faire des révélations.                                                                    

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Ayatollah Ali Khamenei

 

 

Le guide spirituel iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, menace de publier une centaine de "documents irréfutables" attestant l'implication des Etats-Unis dans des activités terroristes au Proche-Orient, rapporte l'agence iranienne Fars.

"Nous avons cent documents irréfutables démontrant le rôle les Etats-Unis dans l'organisation d'activités terroristes en Iran et dans tout le Proche-Orient", a déclaré mercredi M.Khamenei dans un discours devant des écoliers et des étudiants. Le guide spirituel est intervenu à la veille de l'anniversaire de la prise de l'ambassade américaine à Téhéran lors de la révolution islamique de 1979.

"En publiant ces documents, nous porterons atteinte à la réputation des Etats-Unis et de ceux qui veulent se faire passer aux yeux de l'opinion internationale pour des défenseurs des droits de l'Homme", a-t-il indiqué.

M.Khamenei a fait cette déclaration en réponse aux accusations récemment lancées par les Etats-Unis contre l'Iran. Les autorités américaines affirment que Téhéran a fomenté une conspiration criminelle visant à assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington, Adel Al-Jubeir.

Le 11 octobre, le secrétaire américain de la Justice, Eric Holder, a annoncé que deux ressortissants iraniens avaient été mis en examen pour avoir tenté d'assassiner l'ambassadeur saoudien Abdel Al-Jubeir. M.Holder a précisé qu'il s'agissait d'une conspiration "conçue, organisée et dirigée par l'Iran". Selon lui, l'un des deux individus arrêtés possédait la double nationalité américaine et iranienne.

 

Source :  RIA Novosti. Sergey Guneev

 

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LES FONDAMENTAUX DE LA POLITIQUE OCCIDENTALE.

5 Novembre 2011 , Rédigé par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire

LES FONDAMENTAUX DE LA POLITIQUE OCCIDENTALE

 MI24

Depuis le début du 20ième siècle, l’Occident subordonne toutes les sociétés du monde, politiquement, militairement et économiquement. Sa domination sans partage repose sur l’usage massif de la force brutale. La clé qui explique le mieux sa domination sur le monde est la rapidité avec laquelle il propage la guerre. Il a écrasé le monde pas parce que ses idées, ses valeurs, sa religion étaient supérieures mais plutôt par sa force d’organiser et d’utiliser la violence à l’échelle planétaire. Il impose l’intégration des économies non occidentales dans un système économique par l’intermédiaire du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OMC et des autres Institutions politiques et économiques internationales. L’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine et le Grand Moyen-Orient représentaient pour lui le monde à conquérir. Dans la première moitié du 20ième Siècle, Carl Schmitt (1888-1985) a inventé le concept de la théologie politique. Il a couché sa théorie sur la politique internationale occidentale dans un livre intitulé (« La Théologie politique », Editions Gallimard, traduction française, paris, 1988, 188 pages). Schmitt compare le domaine de la politique à celui de la religion. Il a fait des préceptes théologiques une base fondamentale à la théorie de l’Etat. A titre d’information, les traités de Westphalie en 1648, ont défini le concept d’Etat-Nation. Schmitt affirme que les principes de cet Etat ne sont que des préceptes théologiques sécularisés. Le cœur de cette théorie politico-métaphysique est la définition d’une société en opposition à toutes les autres. La politique internationale devient le lieu de distinction du couple ami/ennemi. Ainsi pour exister soi-même, il faut repérer son ennemi et le combattre. Le couple ami/ennemi est le critère déterminant de la politique. Cette dernière doit être pensée en fonction de l’ennemi (intérieur d’un Etat ou extérieur), autrement dit de la guerre. La guerre pour Schmitt est l’acte politique par excellence. L’Etat souverain est celui qui décrète l’état d’exception. La guerre est inscrite dans la politique comme le Mal. Un monde sans guerre serait un monde sans êtres humains. Le Dieu religieux devient juge, tandis que le miracle devient l’exception à la jurisprudence. Nous avons vu comment cette théorie de Schmitt a été concrétisée par Bush et son gouvernement en 2001 pour juger qui dans le monde représente le Mal et qui représente le Bien. Schmitt a été admiré pour sa théorie et a fait des émules plus fanatiques entre autres : F. Hayek, N. Friedmann, B. Lewis et S. Huntington. La théorie de Schmitt a été intériorisée et mise en pratique comme étant l’acteur capital des relations internationales mais pas seulement. L’issue de la seconde guerre mondiale a été un autre acteur qui s’est confondu avec celui de Schmitt pour gérer les affaires internationales à savoir l’holocauste (la shoa). La politique basée sur l’existence d’un ennemi à combattre et l’holocauste se sont jumelés pour définir la gestion des relations internationales. Pour les théologiens et les philosophes de l’holocauste, il n’a jamais existé depuis la création de l’Univers un événement plus grand que l’holocauste et pour preuve. Hans Jonas a écrit un livre en 1984 intitulé (« Le concept de Dieu après Auschwitz », Rivages poche pour la traduction française, paris, 1994, 44 pages). Nous pouvons lire pages 13 : « Mais pour le Juif, qui voit dans l’immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divines, Dieu est éminemment le Seigneur de l’Histoire, et c’est là qu’ « Auschwitz » met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu…Dès lors, on devra certainement donner congé au « Seigneur de l’Histoire » Donc : quel Dieu a pu laisser faire cela ? ». Nous pouvons remarquer page 34 : « On devrait s’attendre que le bon Dieu brise de temps en temps sa propre règle, l’extrême retenue de sa puissance et qu’il intervienne par un miracle salvateur. Pourtant, aucun de ces miracles salvateurs ne s’est produit ; pendant toutes les années qu’a duré la furie d’Auschwitz, Dieu s’est tu. Les miracles qui se produisent viennent seulement d’êtres humains…Et moi je dis maintenant : s’il n’est pas intervenu, ce n’est point parce qu’il ne voulait pas, mais parce qu’il ne le pouvait pas. ». L’holocauste est tellement unique dans la création qu’il a changé Dieu en le rendant impuissant selon les théologiens de l’holocauste. Ce dernier devient plus important que Dieu du moment que l’holocauste est unique et son unicité est immuable alors que Dieu a changé en devenant impuissant. Aujourd’hui, on peut nier Dieu, l’insulter, insulter ses livres sacrés, les Prophètes, on ne risque rien et on peut même devenir un bon écrivain publié et primé. Mais si on fait le moindre écart en qui concerne l’holocauste, au mieux on est mort socialement et au pire  c’est la prison et même parfois la mort physique ceci en Occident démocratique, le champion des libertés. Beaucoup de personnes souffrent dans le monde en raison de cette loi scélérate pour laquelle toute l’humanité doit s’incliner et trembler. Au début des années 1990, les massacres en Afrique ont fait plus de 8 millions de morts selon l’ONU (Rwanda, Congo, Burundi) et cela n’a pas fait le moindre scandale. Norman Finkelstein qui est juif américain fils de déporté a sorti un livre d’enquête qui lui a valu le licenciement de l’université (USA) où il travaillait en prouvant que l’holocauste est une affaire de gros sous (« L’industrie de l’Holocauste », Editions La Fabrique, Paris, 2001, 157 pages) qu’ils ont touchés et continuent à soutirer des sommes colossales à presque toute l’Europe et bientôt à toute l’humanité. 
Selon Samuel Huntington qui a écrit en 1993 « Le choc des civilisations », l’indigénisation du monde est en route à l’assaut de la civilisation occidentale. Dans son livre page 202, il déclare : « Au début des années 1990, une filière islamo-confucéenne s’est mise en place entre la Chine et la Corée du Nord, d’un côté, et à des degrés divers le Pakistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye et l’Algérie, de l’autre pour s’opposer à l’Occident ». La kouchnérisation des relations internationales n’est pas en reste. Le 16 septembre 2007, Kouchner a annoncé qu’il faut se préparer au pire au sujet d’une guerre contre l’Iran. En 1990, Bernard Lewis concluait son analyse des racines de la violence musulmane par ces mots : « Il devrait désormais être clair que nous sommes confrontés à un état d’esprit et à un mouvement qui vont bien au-delà des problèmes des politiques et des gouvernements qui les incarnent. Ce n’est rien de moins qu’un choc des civilisations. C’est la réaction irrationnelle peut-être mais ancienne d’un vieux rival contre notre héritage judéo-chrétien et ce que nous sommes aujourd’hui, et contre l’expansion de l’un et de l’autre ». Graham Fuller cité par Huntington page 264 : « Une alliance islamo-confucéenne informelle pourrait prendre corps, non parce que Mahomet (sic) et Confucius sont antioccidentaux, mais parce que ces cultures fournissent un véhicule à l’expression de mécontentements dont l’Occident est rendu en partie responsable ». Le 27/08/2007, Sarkozy le chien de garde de l’Empire, dans son discours de politique étrangère, invoqua la confrontation entre l’Islam et l’Occident. A la page 349, Huntington va étonner plus d’un en écrivant : « Dans le même temps, un missile porteur d’une charge nucléaire est lancé à partir de l’Algérie et explose dans les environs de Marseille. L’Otan réplique par des attaques aériennes dévastatrices contre des cibles situées en Afrique du Nord ». D’après Huntington, ces missiles porteurs de charge nucléaire ont été installés par la chine et l’Iran en Algérie. Heureusement que le ridicule ne tue pas, on serait tous morts. Huntington insiste sur le fait que les Musulmans ont du mal à vivre en paix avec leurs voisins et qu’ils ont du sang à leurs frontières. Et que les pays musulmans ont des taux de militarisation et indices d’effort militaire supérieurs aux pays de l’Occident. C’est exactement ce qui se passe en Palestine occupée où les sionistes se présentent comme les victimes et les Palestiniens les agresseurs. On est dans un univers orwellien. Dans son livre « La stratégie du choc, Actes Sud, Canada, 2008, 672 pages », Naomi Klein pp-141-142, écrit : « On trouve l’expression contemporaine de cette méthode de fracture de la personnalité dans la façon dont l’Islam est utilisé comme arme contre les musulmans détenus dans les prisons administrés par les Etats-Unis. Dans la multitude des témoignages qui émanent d’Abou Ghraïb et de Guantanamo Bay, deux formes de mauvais traitements reviennent constamment : la nudité et la profanation des pratiques religieuses islamiques qu’il s’agisse de forcer les prisonniers à se raser la barbe ou à piétiner le Coran, de les enrouler dans des drapeaux israéliens, d’adopter des poses associées aux homosexuels et même de les toucher à l’aide de faux sang menstruel… » «  Comme la torture a pour but de fracturer la personnalité, il faut de façon systématique, déposséder le prisonnier de tout ce qui compose son moi, ses vêtements comme ses convictions les plus précieuses. Dans les années 1970, on s’en prenait à la solidarité sociale ; aujourd’hui, on s’attaque à l’Islam ». 
La théorie de Schmitt, le premier fondamental de la politique occidentale, sert à répandre les guerres classiques, préventives et humanitaires. Le second fondamental l’holocauste a permis la colonisation de la Palestine et le pillage des Nations. L’Afghanistan, l’Irak, la Libye sont victimes de cette politique. D’autres pays sont programmés en fonction d’un agenda américano-sioniste. Ceux qui sont en train de s’agiter en Algérie comme des mouches bleues dans un bocal, qui au nom de l’Islam, qui au nom de la démocratie, qui au nom des doits-de-l’hommisme pour pousser le peuple algérien à la faute doivent réfléchir à deux fois avant qu’il ne soit trop tard et pour eux et pour l’Algérie et pour leurs descendants. Ces gens doivent savoir qu’ils ne sont ni savants théologiens jurisconsultes ni démocrates républicains ni défenseurs des droits de l’homme en appelant l’impérialisme sioniste à venir les aider en Algérie pour les libérer. L’impérialisme n’a pas d’états d’âme ni amis ni copains, que des intérêts. Nous nous débrouillons entre nous pour régler nos problèmes. Et si ces gens qui ne sont que des idiots utiles, insistent dans leurs délires grotesques, ils finiront comme Mohammed Bellounis et beaucoup d’autres avec la malédiction eschatologique et celle de l’Histoire. 

Par Dr. Abdesselam Kadi  

source : alterinfo  

 

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