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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 23:51
Tchad • Affaire des missiles Sam7 destinés à Boko Haram : N’Djamena panique et menace Khartoum Tchad • Affaire des missiles Sam7 destinés à Boko Haram : N’Djamena panique et menace Khartoum

Tchad, Affaire des missiles Sam7 destinés à Boko Haram : N’Djamena panique et menace Khartoum

 

A la suite de la fracassante et scandaleuse affaire des 19 missiles anti-aériens Sam7 saisis par les services spéciaux soudanais entre les mains d’un homme-lige du président de la république du Tchad – qui avait avoué les convoyer au Nigeria pour les remettre aux terroristes de Boko haram sur ordre du chef de l’État tchadien, les choses tournent tout simplement à la confusion. Il ne serait nullement même exagéré de dire qu’elles s’enveniment carrément  au point de commencer à virer à  une cascade d’incidents diplomatiques  – voire de  casus belli -  entre le Tchad, le Nigeria  et le Soudan. Pour l’heure, en tout cas, le Nigeria regarde le Tchad de travers, le Tchad garde les yeux baissés au sol, le Soudan, les yeux lançant des éclairs, ne lâche pas prise, et l’Afrique toute entière a le souffle coupé par la monstruosité d’Idriss Deby Itno.

 Après notre scoop, publié le 20 novembre dernier – sous le titre «Tchad • La collusion de Deby avec Boko Haram vient d’être définitivement établie au Soudan ! », qui avait suscité, nous le savons, un terrible bouleversement aux quatre coins de l’Afrique, et même au plus profond de la communauté internationale, il faut reconnaitre qu’Idriss Deby Itno est plus que gêné aux entournures : il a perdu le sommeil et ne pense plus qu’à se tirer par tous les moyens – même les plus absurdes - de cette grossière entourloupe qui vient de mettre une fois de plus, au grand jour la réalité de ses desseins criminels.

De prime abord – et il fallait s’y attendre – c’est au Nigeria que cette grosse information a créé un insubmersible Buzz : la presse nigériane, celle francophone, et même une foultitude de réseaux sociaux sur le reste du continent, sont littéralement tombés en transes.

Ensuite, c’est le président de la Fédération du Nigeria, Goodluck Jonathan Ebelle himself, qui s’est rendu dare-dare à N’Djamena dès le 24 novembre dans l’intention avouée de regarder Idriss Deby dans les yeux et d’obtenir des explications de la part de ce voisin dont il doit désormais avoir toutes les raisons de douter de la bonne foi, voire des intentions pacifiques.

La presse nigériane avait, en tout cas, particulièrement glosé sur ce voyage en catastrophe du président Goodluck Jonathan qui, avant d’embarquer pour le Tchad, avait publiquement déclaré à la presse « être choqué par cette histoire (…) aucun président ne saurait prendre un cas pareil à la légère, d’autant plus qu’un camarade président  - sur lequel il avait toujours compté sur la collaboration régionale pour mettre fin au calvaire nigérian – est  mis en cause »

Aussitôt débarqué à N’Djamena à la tête d’une impressionnante délégation à la tête de laquelle on n’a pas manqué de constater les présences du ministre des affaires étrangères Aminu Wali et celle du directeur général de l’Agence Nationale de Renseignement, Ayodele Oke, c’est au pas de course que le président Goodluck s’est consacré à une réunion de deux heures d’horloge au Palais Rose avec son homologue tchadien.

Côté tchadien, Idriss Deby était flanqué de quelques apparatchiks de son régime conduits par l’inévitable Moussa Faki Mahamat, ministre des Affaires étrangères et de l’intégration Africaine.

Bien évidemment, rien n’a transpiré du menu ni des conclusions de cette entrevue qui a dû être sulfureuse, mais au sortir de celle-ci, Le président nigérian, répondant aux questions de la presse locale, s’était contenté de dire, les sourcils tout de même froncés, que sa visite « rentrait dans le cadre des concertations permanentes avec son homologue tchadien ».

Une litote somme toute bien apaisante qui n’a trompé personne, mais n’a fait qu’entretenir davantage de lourds questionnements sur le rôle joué par Idriss Deby dans le convoyage des missiles anti-aériens Sam7 destinés à Boko haram.

En réalité, et selon des sources bien introduites au Palais Rose, le Président Tchadien a tout nié en bloc, la main sur le cœur, au cours de son entretien avec les officiels nigérians. Attitude qui n’a guère convaincu la délégation nigériane qui, tout légitimement, n’a pas tardé de s’approcher de Khartoum dans l’intention d’en avoir le cœur net.

Il n’y a pas qu’au Nigeria que l’arrestation de Mahamat Bichara Gnorti a suscité des vagues. Au Tchad, tout le gouvernement en a des sueurs froides, l’opposition est en pleine crise de nerfs, mais le plus affecté, c’est Idriss Deby Itno qui ne décolère pas, cherchant le moyen de se tirer à bon compte du guêpier dans lequel il se trouve..

Mais avant même que le président nigérien ne mette les pieds au Tchad, dès le 21 novembre, soit trois jours après l’arrestation de Mahamat Bichara Gnorti, de pressantes dispositions occultes avaient été enclenchées, sur ordre du Palais Rose, dans le sens de l’obtention rapide et silencieuse de la relaxe du convoyeur des missiles.

 En effet, C’est d’abord le consul du Tchad à Al Jeneina, puis pratiquement dans sa foulée, le même jour, le général Hassan Abdraman Koyo, chef du 2ème Bureau du Renseignement Tchadien, qui avaient tenté une première intervention auprès des autorités soudanaises chargées des Renseignements généraux en vue de la libération de Mahamat Bichara Gnorti. Ces deux médiateurs se sont heurtés à un refus sec et ferme des soudanais qui leur ont rétorqué que le dossier n’en était encore qu’au stade des investigations.

Informé de cette fin de non recevoir, Idriss Deby s’est mis encore plus en colère et déclenché de suite un plan B en envoyant une véritable Task Force en mission commandée au Soudan, avec pour mission de ramener Bichara Gnorti par tous les moyens. Composition de cette délégation : Le général Mahamat Deliyo – gouverneur de la région du Wadi fara (Biltine), du gouverneur de la région du Ouaddaï,  le célèbre Abadi Sahir, Abdou Idriss Ergouno – chef de la Force Mixte Tchado-Soudanaise - , et Issack Ahmat Ardja, le consul du Tchad à Al-Jeneina.

Leur mission était simple : convaincre les soudanais à remettre le trafiquant d’armes en liberté par la corruption, l’intimidation ou la menace.

Malheureusement, les soudanais sont restés inflexibles : Pas question de relâcher cet individu dont l’enquête n’est qu’à ses débuts, et qui attend d’être transféré à Khartoum. Les émissaires d’Idriss Deby épuiseront toutes les stratégies, rappelant sans cesse à leurs vis-à-vis que Mahamat Bichara Gnorti était tout de même porteur d’un ordre de mission signé du chef de l’État Tchadien, et qu’à cet égard il jouirait d’une immunité incontestable.

Rien à faire, les soudanais sont restés rigides et imperturbables.

C’est alors, en désespoir de cause, que le général Mahamat Déliyo, à court d’intimidations tentera de brandir la menace de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. « Si vous refusez de libérer ce monsieur qui détient une autorisation présidentielle de son pays, je vous apprends que mon président m’a donné pour consigne de vous notifier que le Tchad va rappeler son consul en poste à El-Jeneina et chasser celui du Soudan à N’Djamena. Ce qui pourrait même aboutir à une rupture de nos relations internationales. »

Interloqués, mais pas le moins du monde désarçonnés, les soudanais répondront que le Tchad est souverain dans la conduite de sa politique diplomatique, et qu’en tout état de cause, le Soudan ne va pas rompre ses relations diplomatiques, mais que c’est une décision qui se traite à un niveau supérieur au leur.

C’est sur cette note rigide que l’entretien prit fin entre les émissaires d’Idris Deby Itno et les responsables des services de renseignements soudanais qui tiennent là, il faut l’avouer, un trop gros morceau pour le lâcher aussi facilement.

En tout cas, il se dit qu’Idriss Deby vit dans un état de rage permanente. Il ne décolère pas, et ne se calmera pas le moins du monde tant que Mahamat Bichara Gnorti continuera de séjourner dans les geôles soudanaises. Il sait que c’est là un témoin absolument encombrant constituant la preuve irréfutable de sa relation incestueuse avec les « islamistes » criminels nigérians. 

Évidemment, faute de le faire libérer, la dernière solution pour cet homme sans états d’âmes sera certainement de le faire assassiner en prison dans la logique d’effacer toute trace. D’ici là, le président Goodluck Jonathan a déjà obtenu des services de renseignements soudanais les premiers aveux de Mahamat Bichara Gnorti, et sait donc désormais, à quoi s’en tenir. Affaire à suivre...

Par D.D | Ndjamena-matin

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Mbombog Mbog Bassong* est issu d’une famille fortement christianisée, d’un grand-père maternel chrétien et d’un grand-père paternel chrétien. En 1988, il rencontre Mbombog Nkoth Bisseck qui marque le deuxième tournant de sa vie après celle de Cheikh Anta Diop en 1986 à Paris. Chez ce dernier, il prend conscience de l’importance de l’histoire pour l’éveil de l’Afrique tandis que le premier assure son éducation initiatique. Aussi se décide-t-il de rompre avec le modèle chrétien et découvre, dans la connaissance africaine, un réservoir de savoirs dont l’humanité a à peine tiré quelque enseignement digne d’intérêt.

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Source : Union Africaine